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p
/o
I
BULLETIN
DE LA
». t
SOCIETE DE GEOGRAPHIE,
Deuxième Série.
TOME XVII.
BULLETIN
SOCIETE DE GEOGRAPHIE,
Denùème Série.
Sontr IDii-erplirmr.
PARIS,
CHEZ ARTHUSBERTRANI).
IBBAIRB DE LA SOCliTÉ DK GBOCBAI>HI
■LUI HtUTlriDlLLI. ir" il
1842.
Sot. ^07- '^■„.'.V
BUREAU DE LA SOCIÉTÉ.
(ÉLECTIONS DU 10 AVRIL 1840. )
Président.
yice-Présidents.
Scnttu leurs.
Secrétaire.
M. ViLLKMAiif, ministre de riiislrurlioD publique.
M. le baron W *lck.iihaeii, membre de l'iuslitut.
M. le ctmtre-aniiral Dumomt d'Urtii.lk.
M. A. FlRMIN DlDOT.
M. Terraux-Compana.
M. d'Avizac
Liste des Présidents honoraires de la Société depuis son
origine.
MM.
1 e marquis de Lapi.ace.
\jà marquis de Pastoket.
Le vicomte de r.BATEAUBRiAZfi».
Le comte Chabrol de Volvic.
Becqdet.
1.6 baron Alex, de Humboldt.
Le comte Cbabroi. de Crousol.
Le baron Cuvier.
Le l>aron Htde de Neuville.
Le duc de Doudeauville.
J.-B. EvRiàs.
MM.
\j^. comte de Riomt.
DCMOITT D*URVn.LE.
Le duc Uecazes.
Le comte de Muhtalivet.
Le baron de Barawte.
Le iieuteiiani-général I'elet.
GUXZOT.
De Saltaudy
Le baron Tupiivier.
Le baron de Las (Iasl».
Correspondants étrangers dans r ordre de leur nomination.
MM.
Le docteur J. Mease, à PhiladelpW..
H. S. Tanner, à Philad< Ipliie.
\V. Woodbridgr, à Boslun.
Le major Edward Sabine, à Limerirk.
Le colonel Poinsett, aux Etats-TJnu.
Le col. d'Abrahamson, à Copenhague.
Le professeur Schumacher, à Altona.
L>E Navarrete, k Madrid.
Le docteur Reinoanum. à Berlin.
Lecapit. sir J. Franklin, à Londres.
Le docteur Kichahuson, à l.ondrrs.
Le. professeur Ravn, à Copenhague .
Le capitaine Graab, à Copenhague.
AiNswoHTB, à EdiniJ)ourg.
Le conseiller Adrien Balbi, àVienue.
MM.
Lecoiiiti-OnABCRGDEHEMso.a Flcrenie.
Le colonel Lono, aux Etats-Unis.
Sir Ji>hn Karrow, à Londres.
Le rapitaine Maconocmie , à Siduey
(Nouvelle-Galles '.
Le capitaine sir John Ross.
Le Ciinseiller de Macrdo, à Lisbonne.
Le proft'ss<'ur Karl Ritter, à Berlin.
P.-S. DU PoNCSAU, à Philadelphie.
Le rapi'aiiie G. Bace.
F. Dubois de MoNTPEREUx.à Noufehàtel.
Le cap. John WA^uiNoroN, à Londres.
Le col. Ferdinand {Visconti, à Naples.
P DE Angelis , à Biienus-Avres.
PARib. ~ IMPKIMhRIK HE ROi:it«JO(;r<IS KT M\KtlNlcr,
iM» J^ruli , 30.
BULLETIN
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE,
Deuxième Série.
Samr lDiz-«rptirmr.
PARIS,
CHEZ ARTHUSBERTRANI),
1.IBIÀIHZ DE LA SOCliri DK GÉOGRAf
lui HtuttrtcriLLi, B" a3
1842.
$s
Soc . "7 ■. «••_ «....
COMMISSION CENTRALE
COMPOSITION DU BUREAD
(Élection du 17 décembre 1841.)
Président. M. le coq tre-am irai Ditmoht d*Urvillb.
Vice' Présidents, MM. Jomard, di Laroqukttb.
Secrétaire-générai, M. Bsrtbslot.
Section de Correspondance^
MM. Bajot. MM. Lafond.
Barbie du Bocage. C Morean.
Callier. Noel-Desvergers.
Cochelet. D'Orbigiiy.
Dnbue. Texier.
Edwards. Wardfu
Jaubert.
Section de PMication, -
MM. Albcrt-Monlé al. MM. De Urcnaudière.
Ansart. De Montrol.
D'Avezac. I^ Ticomte de Saolaren».
Beblaye. Teruaux-Gompans.
Baron Costal. Tif ien.
D,.DÛx. ^ baron WaU*kenaer..
Baron de Ladoucetl««
Section de Comptabilité*
MM. Le colonel Corabœiif. MM. fsambert.
Daussy. L«* baron Roger.
Pyri^} Euux de Rochelle.
Comité chargé de la publication du Bulletin,
MM. Albert-Montémont. MM. Co<belet
Aniart. Daussy.
D'Avezac. Jomard.
Barbie du Bocage. De la Roquette.
Berthelot *^o"» de Rochelle.
CalUer. Texier.
M. CbapcUier, notaire honorairn, trésorier de la Société, rue de Seine,
M. Woirot, agent-général et bibliothécaire de la Société, rue de TUniver-
»ili , n* a^.
BULLETIN
DB LA
SOCIETE DE GEOGRAPHIE.
JANVIEB l84s.
PREMIERE SECTION.
MBMOiHES. EXTHAITS, ANALYSES ET RAPPORTS.
Notice sur la République de Centre- A érique ^ par
M. Maussioh de Candê , capitaine de ^pette.
La république de GentreAmérique est composée de
cinq États, savoir : Guatemala» San Salvador» Nicara-
gua, Gosta-Rica et Honduras.
Borné au nord et au nord est par le Mexique et le
Yucatan , l'Etat de Guatemala est le seul qui traverse
cette partie de l'Amérique dans toute sa largeur, et qui
ait ses rivages baignés par les deux mers. Il ne possède
en fait de port que la mauvaise rade foraine d'Istapa
sur la mer du Sud, le port d'Izabal dans le golfe
Dulce , accessible seulement au cabotage , et le port de
Saint«Thomas situé dans l'est du goulet, par lequel
le golfe Dulce communique avec la mer : ce dernier
port est excellent, mais sans habitants, et sans route
de communication avec l'intérieur.
&
r
BULLETIN
DE LA
» I
SOCIETE DE GEOGRAPHIE,
Deuxièma Série.
TOME zvii.
BUREAU DE LA SOCIÉTÉ.
( ÉLECTIONS DO 10 AVRIL 1840. )
Frésidrnt.
yice-Présidetits.
Scrutateurs.
Srcrétair»,
M. TiLLBMAiir, ministre de riiiilrurtioo publique.
M. le baron WALCKKKAsik,mfnibrederiuslitut.
M. le coutre-aniiral Dumomt d'Uhvii.ls.
M. A. FiRMIH DlDOT.
M. TKEnAUX-C0MPAN.1.
M. D Atizac
Liste des Présidents honoraires de la Société depuis son
origine.
MM.
1 e marquis de Laplack.
Le marquis de Pastorkt.
Le \icomtede Cbatxaubriani».
Le comte Chabrol dr Yoltic.
Rrcqort.
te baron Alrx. de Humboldt.
Le comte Cbabeoi. de Crousol.
Le baron Cuviee.
Le baron Hydr de Neuville.
Le duc de Doudeaox ir.i^.
J.-B. Eyrik».
MM.
Leeomte de Riort.
DCMOITT D*URTn.LS.
Leduc Dacazes.
Ijd comte de Muntalivet.
Le baron de Baraete.
Le lieutenani-général Pelet.
GUIZOT.
De 8ai.ta2V])y
Le baron Tupiuier.
Le baron de Las ('.Asks.
Correspomlants étrangers dans V ordre de leur nomination.
MM.
Le docteur J. Mease, à Philadelpbée.
H. S. Tanner, à Pbilad* Iphie.
Vi, WooDBRiDGE, à Boslun.
Le major Edward Sabine, à Limerit-k.
Lecolouel Poinsett, aux Etats-Unis.
Le col. d*Abrahambon, à Copenhague.
Le professeur Schumaciier, à Altona.
De Navarrete, à Madrid.
Le docteur Reinoanoii. à Berlin.
Le capit. sir J. Feanelin, à Londres.
Le docteur Ricrmuson, à 1 ondres.
Le professeur Rayn, à Copenhague.
Ix capitaine Graab, à Copenhague.
AtNswoRTH, à Edimbourg.
Le conseiller Adrien Ralbi, àTienue.
MM.
Leconiti'ORABERGDKHEMSO.a Florent e.
Le colont*! Long, aux Etats-Unis.
Sir John Rarrow, à Londres.
Le capitaine Maconochie , à Sidney
(Nouvelle-Galles !.
Le tapitaine sir Jobn Ross.
Le conseiller de Mackdo, à Lisbonne.
Le proffSS<ur Karl Rittrr, à Berlin.
P.-S. DU PoNCEAU, à Philadelphie.
Le rapi'aine G. Race.
F. Dubois DE MoNTrEREUX,à NeuftrhAtel.
Le cap. John Washington, à Londres.
I.e roi. Frrdinand iVisconti, à Naples.
P DE Anoelis , à Biienus-Avres.
i*AR4S. — IMPHIMKRiK MK ROnUtiOCNB KT MAHIINI2T,
rit» J.irMl>, 90.
BULLEÏIN
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE,
Deuxième Série.
Somf mir-firptifinr.
PARIS,
CHEZ ABTHUSBERTRAND,
lAlHE DE LA SOClÉTi DK GÉnCRitV
Soc. . "7
1842.
l .6)
négociant qui dt^sirerait envoyer des marcliandises à
Guatemala Fera prudemment d'ajouter quelque chose
au droit de «o p. o/o , sur lequel il devrait compter
uniquement, d'après les déclarations du gouverne-
ment de Centre-Amérique, s'il ne veut risquer de se
tromper dans ses calculs.
La principale exportation de rktat de Guatemala
consiste en cochenille récoltée dans les belles vallées
de la Antigua et d'Amatillan. 4)000 surons de celte
denrée sont expédiés tous les ans à Isabal, qui les
envoie à Bélise. 2,000 environ prennent la direction
de la mer du Sud , et vont s'embarquer à Istapa. Le
reste de l'exportation consiste en salsepareille , et une
faible quantité de cuirs.
L'Elat de San-Salvador, plus humide que celui de
Guatemala, produit peu de cochenille, dont les grandes
pluies d'été ruinent les récoltes , mais fournit en
échange à l'exportation de 6 à 7,000 surons d'indigo
d'excellente qualité. Les deux tiers de cette quantité
sont expédiés à Bélise par les ports d'isabal et Omoa;
le reste est embarqué pour l'Europe par la mer
du Sud.
Une industrie nouvelle dans le pays, et qui peut
donner de grands résultats pour l'avenir, est la culture
do mûrier, et l'établissement de quelques magnaneries
dans les deuxËtats de San-Salvador, qui a donné l'exem-
ple, et Guatemala, qui l'a suivi. Plusieurs* plantations
de mûriers ont été faites dans ces deux Étals , et ont
permis de faire divers essais qui ont donné des résul-
tats satisfaisants. La soie obtenue est fort belle et su-
périeure peut-être à nos premières qualités de France.
La beauté du climat, dans l'État de San-Salvador sur-
tout, donne ce résultat important, qu'un mûrier reste
( '7 )
couvert de feuilles loute Tannée. On peut donc élever
neuf ou dix générations de vers Tune après Tautre
sans manquer de feuilles, et se procurer ainsi neuf
ou dix récoltes de soie dans la même année. Cette
industrie est encore trop nouvelle pour donner des
produits appréciables dans le commerce , mais elle a
de lavenir. Sob ennemi le plus redoutable est une
espèce de fourmi voyageuse , nommée dans le pays
zampopOf et dont les tribus sont si nombreuses que
lorsqu'une d'elles rencontre un cbamp d*arbres à sa
convenance, une seule nuit lui suffit pour le dépouiller
entièrement de ses feuilles , et malheureusement le
zampopo aime beaucoup la feuille du mûrier.
Les importations dans l'Amérique centrale vien-
nent à peu près exclusivement de Bélise, où vont
s'approvisionner les marchands de l'intérieur; carie
golfe DulcCy dont la barre d'entrée ne peut livrer
passage qu'à des caboteurs, ne reçoit aucun navire
d'Europe. Bélise fait donc ainsi un commerce annuel
de i5 à 18 millions avec la république de Centre-
Amérique.
Les marchandises anglaises se composent principa-
lement d'indiennes et d'autres cotonnades à fort bas
prix. J'ignore si notre commerce pourrait soutenir la
concurrence pour le bon marché.
La plupart de ces denrées , dont à la vérité les ha-
bitants déplorent la mauvaise qualité, leur est four-
nie an prix de un réal (S"* de piastre) la vare rendue
k Guatemala ; et comme les frais de transport sont
énormes, on ne peut pas admettre qu'elle ait été
payée plus de la moitié de cette somme à Bélise.
Une opinion assez répandue à Truxillo, Omoa, et
même dans l'intérieur du pays , donne la préférence
XVII. JAiivifiR. 9. s
( l«)
aux tissus français sur ceux fournis par TAngleterre,
tant pour la durée des étoffes que pour la solidité des
couleurs. Cette bonne opinion pourrait être exploitée
avec succès par notre commerce , s'il avait surtout le
bon esprit ne n'envoyer que des marchandises de
bonne qualité, et capables de ne pas détruire les pré-*-
ventions favorables actuellement existantes cd notre
faveur.
Le commerce de détail offre dans toute la républi-
que de Centre-Amérique une particulaiîté bien re-
marquable, et qui fait voir combien, malgré les per-
turbations apportées par des révolutions continuelles,
le caiactère des habitants est encore empreint de celte
bonté primitive que nous retracent fes traditions es-
pagnoles du temps de la conquête.
Un marchand de l'intérieur descend à la côte pour
faire l'emplette de diverses marchandises dont il ts-
père trouver le débit dans son village. Au lieu d'aller
jusqu'à Bélise , il rencontre à Omoa , par exemple , ce
qui lui est nécessaire chez un négociant du lieu. Il
fait sa provision, convient du prix, et s'en retourne
souvent sans donner le plus léger à-eorapt«^, et sans
laisser de billet. Le vendeur le laisse partir sans dé-
fiance , bien que quelquefois il ne le connaisse nulle-
ment. Mais il sait que l'année suivante^ ou plus tôt si
la vente a été bonne, il reviendra lui enlever de nou-
velles marchandises et payer les anciennes, et il est
peut-être sans exemple que cette confiance ait été
trompée.
Cet usage, qui s'étend parfois jusqu'au grand com-
merce , rend chose presque inconnue l'usage des
billets à ordre, et le négociant de Guatemala qui,
dans un règlement de compte, se trouve devoir, par
( '9^
exemple» 9,000 piastres à San>Salvador , n^emploie
pas ordinairement d'autre méthode pour s'acquitter
de sa dette que d'expédier son argent à dos dlndîens
âson créancier, et ces malheureux , transformés vo-
lontairement en bètcs de somme , s'acquittent de ces
commisaions avec une fidélité qui fait honte à notre
ciMlisution européenne.
L'indien porte de tête, bien qu'il soutienne son
fardeau avec les reins. Une courroie qui passe en
dessous vient prendre son point d'appui sur le front,
qui supporte ainsi la plus forte partie de la charge.
Cet usage, que la conquête trouva établi de temps
immémorial , a dû finir par influer sur le physique
de ce peuple, et l'on doit lui attribuer « je suppose ,
cette forme particulière du crâne qui fait saillie der*
rière la tète en aplatissant le front. Cette idée, qui
peut sembler bizarre au premier coup d'œil, parai-
^ sans doute plus naturelle si l'on réOéchit que les
pères habituent leurs enfants â porter ainsi dès leur
bas âge , et qu'ils finissent par leur faire porter des
poids très considérables.
Les transports se font ordinairement à dos de mulet
dans toute la république; mais pour les marchandises
précieuses et fragiles , ou celles d'un trop grand vo-
lume pour être chargées sur une mule , elles sont
portées par les Indiens, qui se mettent huit bu dix
pour porter un colis suivant la grosseur. C'est de
de cette manière qu'arrivent journellement h Guate-
mala les chaudières d'alambics et autres que l'on en-
voie toutes faites d'Angleterre , et qui seraient trop
volumineuses pour être chargées sur une mule.
Le chemin d'Isabal à Guatemala est exécrable,
coimne le sont du reste tous les chemins du pays,
(80 )
dont aucun n*est carrossable. Tantôt suivant pendant
une assez grande longueur des têtes de ravins qui sont
de véritables précipices, tantôt montant à pic vers le
sommet de la montagne que Ton doit franchir pour
descendre également à pic de Taulre côté . il ne parait
jamais être entré dans l'idée de ceux qui les ont ou-
verts de tourner une côte ou d'allonger un peu la
route pour adoucir une pente trop rapide. Un fait
que j'ai remarqué à diverses reprises suffira pour don-
ner une idée de Tétat de ces chemins dans les monta-
gnes. Un arbre qu'une circonstance fortuite fait tom-
ber en travers sur le chemin n'est pas considéré
comme un obstacle plus grand que les autres aspéri-
tés de la route, et il ne viendra dans l'idée d*aucun
des muletiers de chercher à le retirer. Les mules pas-
seront par-dessus , ou s'il est trop gros et trop élevé
de terre , elles feront le tour.
Cette circonstance se rencontre dans tous les pays
de montagnes, c'est-à-dire sur les trois cinquièmes de
la route d'Isabal à Guatemala ; le reste du chemin qui
suit pendant une vingtaine de lieues la vallée du rio
Motagua est moins mauvais , et ressemble plus à une
route faite de main d'homme, bien que dans nombre
d'endroits elle ne dépasse pas les dimensions d'un sen-
tier. En arrivant cependant près de la capitale, la
roule s'embellit un peu , et des travaux récents ont
changé en une assez belle rampe , d'une pente au
moins praticable , le sentier par lequel on traversait
la gorge profonde qui sépare des montagnes le pla-
teau de Guatemala. Mais ces travaux ne s'étendent
pas encore aujourd'hui à plus de a lieues delà ville.
On traverse d'Isabal à Guatemala plusieurs cours
d'eau dont le plus considérable est le rio Motagua
( a> )
Faule de ponts, on les traverse à gué dans la saison se-
che; quand Teau grandit» on les passe en pirogues qui
transportent les voyageurs et les marchandises; les
mules suivent par derrière à la nage.
Il arrive parfois qu'une crue subite prend au dé-
pourvu les gens qui amènent leurs pirogues , et que
Ton ne trouve par suite ni gué ni bateaux d'aucune
espèce. Dans ce cas, le voyageur n'a d'autres ressources
que la patience. Il est rare que ces crues irrégulières
aient de la durée, et en attendant ^4 ou 48 heures, il
peut être certain que le gué redeviendra praticable.
Deux seuls ponts existent sur toute cette route ; un à
un lieu nommé la Sabaneta, où le cours d'eau à traver-
ser, sortantd'une gorge de montagne très profonde, est
presque toute l'année un torrent impraticable ; le se-
cond dans la dernière gorge que l'on traverse pour
arriver à Guatemala. Ce dernier est dû à la générosité
d'un Français qui avait probablement fait fortune
dans ce pays. Une inscription latine placée sur le pa-
rapet apprend aux passants que l'érection de ce pont
eut lieu pendant que le roi Louis XVIII régnait en
France.
Outre le râo Motagua , qui se )ette à la mer à 4 Heues
dans l'ouest d'Omoa , et qui pourrait servir au trans-
port des marchandises sur 6o lieues de son cours en-
viron , il y a plusieurs rivières aussi grandes et même
plus considérables qui devraient servir de communica-
tion naturelle avec l'intérieur , mais que l'insouciance
des habitants néglige d'utiliser. Le rio Ghamalacon,
dont l'embouchure est à quelques lieues dans l'est
d'Omoa, les rios Tinto et Romano dans l'est de
Truxilloy la rivière Herbial ou de Ségovie qui se jette à la
mer près le cap Gracias a Dios, et plusieurs autres en-
(«« )
coi*e, sont de grandes et belles rivières-destinées, quand
la civilisation aura fait pins de progrès dans ce pays, à
conduire dans son intérieur les productions étrangè-
res, et à faciliter ses propres exportations. Il est éton-
nant que l'appât d'un bénéfice assuré n'ait pas encore
engagé les spéculateurs à établir un transport par
eau, au moins sur le rio Motagua; car cette rivière
pourrait amener à peu de frais jusque près de Guate-
mala les marchandises que les muletiers transportent
d'Isabal , au prix moyen de deux piastres et demie à
trois piastres l'arrobe de vingt-cinq livres espagnoles ,
c'est À-dire de 5o à 60 fr. le quintal.
Toutes les embouchures de ces rivières sont occu-
pées par des établissements anglais, qui exploitent l'a-
cajou dont cette côte abonde. Ces établissements
souffrent généralement de l'insalubrité du climat, et
les Anglais y éprouvent de grandes pertes parmi les
colons amenés d'Angleterre; car les côtes de Hondu-
ras sont malsaines et fiévreuses comme toutes celles
des parties incultes des Antilles. En avançant de quel-
ques lieues dans l'intérieur, et quittant le bord de la
mer, cette insalubrité disparaît, et il ne reste qu'un
pays admirable de végétation , et qui n'attend pour
donner lés plus riches produits de l'agriculture que
les cultivateur» dont il est totalement dépourvu.
Toutes ces côtes sont si mal peuplées, que l'on peut
parcourir toute la distance qui sépare le cap Gracias a
Dios du fond du golfe , sans rencontrer un seul village,
ni même une simple cabane d'Indien , en exceptant
les deux seuls points de Truxillo et d'Omoa, autour dos*
quels sont venus se grouper quelques Caribals; c'est
le nom que l'on donne dans le pays à une aggloméra-
tion de cabanes habitées par dos mulâtres d'une ori-
( »3 )
gine particulière , el qui portent le ûom de Caiibes.
Jlgoore d'où ils tirent leur origine, et n'ai trouvé per-
sonne en état de m'en donner une explication satis-
faisante. Ils n'ont du reste, malgré la ressemblance du
Dom* aucun rapport avec les Caraïbes^ anciens habi-
tanls des petites Antilles.
Les Droits du Japon et de la Malaisie à la connaùsattce
delà religion chrétienne^ tirés des notes écrites pendant
des voyages faits en 1 837 t en partant de Canton sur le
nawre le Morrison et le brick l'Himmaleh.
Cet ouvrage, composé de a volumes io-i a, a été pu-
blié à New-York en iSSg. Le premier volume contient
uu voyage au Japon , et le second un voyage dans
l'archipel Malais. Comme ces deux voyages sont tout-
à-fait indépendants l'un de l'autre» et que celui dans
la Ualaisie a eu lieu le premier, nous commencerons
pardonner l'analyse de celui-ci.
En i836, MM. Olyphant et compagnie, armateurs
américains, résidante Canton, résolurent d'envoyer
on bâtiment dans les lies de l'archipel Malais, pour
tâcher d'y établir dcji relations de commerce , et en
même temps pour chercher à y introduire la religion
chrétienne. Dansce dernier but, MM. Slevenset Lays,
membres de l'Association des missions américaines en
Chine, furent adjoints à M. Fraser, qui commandait
le brick VHinimalehy destiné à cette expédition. M. Ste-
vens devait même avoir la suprématie sur le capitaine
Fraser, eocasde dissentiment; mais il mourut à Sin-
(«4)
gapoore» fut remplacé parM. Dickinson. M. Lays» qui
avait accompagné le capitaine Beechey dans son voyage
d'exploration, en qualité de naturaliste, a recueilli, dans
le voyage de VHimmaleb^ des notes qui font l'objet de
ce volume. Mais avant de faire connaître succincte-
ment les points qui ont été visités, nous croyons de-
voir rapporter ici les instructions qui avaient été-
données au capitaine Fraser par les armateurs du
brick 9 et qui feront parfaitement connaître le but de
ce voyage.
Canton, ce 26 noTembrt i836.
Au capitaine A,^V. Fraser.
•
Monsieur, nous vous invitons à quitter votre mouil-
lage actuel^ ( à Lintin) et à vous rendre en rade deMa-
cao.Lè, vous recevrez à bord de PHimmalehlUIL. Stevens
et LaySy qui doivent vous accompagner dans votre
voyage. Nous vous recommandons d*avoir pour eux
les plus grandes attentions.
En quittant la rade, aussitôt que ces messieurs vous
auront jointe nous désirons que vous mettiez en mer
dès que les vents et le temps vous le permettront, et
que vous touchiez à un des ports de la côte S.
d*Hainan, qu'Horsburg indique comme de bons mouil-
lages.
Nous ne croyons pas que vous deviez employer
aucune partie de votre chargement sur les côtes de
€hine; mais MM. Stevens et Lays pourront» par la
connaissance qu'ils ont de la langue , communiquer
avec les officiers chinois par rapport au commerce ou
sous tout autre point de vue qu'ils jugeraient conve-
nable ; nous vous recommandons de les aider en toutes
( «5)
choses , en cela aussi bien que dans leurs relalions
afec les Chinois.
A moins que la réception qui vous sera faite ne soit
très engageante » nous ne croyons pas que vous deviez
resterplus d'une semaine à Hainan. Si vous aviez beau-
coup de temps devant vous , un plus long séjour ici ,
et même une excursion sur les cotes de Tonquin pour-
rait être désirable ; mais nous vous engageons à vous
rendre à Singapoure sans toucher en aucun point de
la côte de Cochinchine.
En arrivant à Singapoure» vous remettrez la lettre ci-
jointe à H. Baleslier , qui fera en sorte de vous donner
tous les renseignements dont vous pourrez avoir besoin
dans votre voyagt*. Il vous aidera h former une petite pa-
cotille pour Bornéo des objets qui y sont géitéralement
recherchés» en exceplant toutefois Topium el les armes
à feu; vous prendrez aussi quelques articles pour des
présents. Nous espérons que vous serez rejoint à Sin-
gapoure par un membre de la Société des missions
américaines qui a été à Bornéo , et qui entend la lan-
gue de ce pays; si cela n'avait pas lieu, vous seri«'z
obligé d'aller à Batavia pour prendre un interpt clo.
Nous désirons cependant que vous n'ayez pas besoin
de relâcher dans un port hollandais , et que le temps
îoas permette , en quittant Singapoure le plus promp-
tement possible, de vous diriger sur la côte de Bornéo,
un peu au nord de la rivière de Sambas. En suivant la
côte nord-ouest de cette tle , vous pourrez communi-
quer avec les habitants, si la saison vous le permet,
sans perdre trop de temps.
Nous regardons la ville de Bornéo (Bruni) comme
voire destination , et nous appelons toute votre atten-
tion sur ses approches et sur l'intérêt qu'elle peut offrir.
( >6)
En conservant dans tos relations avec les autorités du
pays une conduite prudente et bienveillante» nous es-
pérons que vous pourrez parvenir à établir des rapports
avantageux avec cet important établissement Nous joi-
gnons ici une note des propositions que nous pensons
pouvoir vous faire obtenir un accueil favorable de la
part du rajah. Les messieurs que vous avez à bord pour-
ront sans doute vous aider beaucoup pour produire
l'effet désiré» Après avoir accompli le but de votre vi-
site à Bornéo en deux semaines , s'il est possible » vous
pourriez prolonger la côte jusqu'à la pointe N. de ^ette
lie et examiner en passant l'état de la population et
du commerce.
Nous avons une idée favorable de la position des Iles
Soulou , et vous pourriez chercher i vous assurer si
on y trouvera un point convenable pour y hasarder un
petit dépôt de marchandises.
Nous laissons à votre jugement de savoir si vous de-
vez visiter Hindanao ; mais nous désirons sur toute
chose que vous ne vous trouviez point en collision avec
les Espagnols.
Si vous aviez accompli votre croisière assez tôt pour
revenir à Singapoure à la fin de mars • vous pourriez
ensuite vous diriger vers Célèbeset examiner quelques
uns des points qui sont sous la domination hollandaise;
nous serions heureux de vous voir pousser vos investi-
gâtions jusqu'à Ternate.
Dans toutes vos relations avec les princes du pays ,
nous vous recommandons de leur faire quelques pré^
sents peu coûteux. Vous ferez en sorte que messieurs
les missionnaires puissent profiter de toutes les occa-
sions favorables pour faire voir leurs connaissances
médicales et leurs intentions bienfaisantes. En vous
( «7 )
proposant pour but de chercher à établir des relations
commerciales , prouvez aussi à ces messieurs que vous
désires concourir à les établir en quelqu'un de ces
points et comme médecins et comme chrétiens.
Il nous reste seulement maintenant à vous recom-
mander à la protection de celui dont nous espérons
pnr cette expédition avancer les desseins pleins de
bontés.
Signe Olyphakt et C** .
Note des pwposUions à faire au sultan de Bornéo
et autres princes.
1* Le pays d'où nous venons est les États-Unis d'A<-
mérique; il est civilisé et puissant, capable de se dé-
fendre contre tous ses ennemis , et de venger toute
injure qui serait Faite i ses habitants ; mais il n'est
guidé par aucune idée de guerre ou de conquêtes » et
n'a point de colonies.
9** Ses relations avec les autres nations sont pacifi-
ques et commerciales; ses navires traversent toutes les
mers, et ses marchands échangent avec toutes les na-
tions les produits de leurs industries mutuelles.
3* H invite les hommes de toutes les nations à venir
le visiter, leur accordant la permission de voyager li-
brement et de s'établir dans toutes les parties de son
territoire, et étendant sur eux la même protection que
sur ses concitoyens.
4* Nous avons des dollars, du fer, des habille-
ments, etc. , que nous échangeons pour du poivre , du
café, etc. , de votre pays. C'est pourquoi nous deman-
dons la permission d'en apporter ici, et nous voudrions
( 8« ;
que vous disiez à quelle époque et en quelle quanlilé
vous pourriez fournir vos productions.
5^ Nous viendrons régulièrement» si nous obtenons
ces renseignements ; nous prendrons de vous tous vos
produits superflus, et nous vous demandons de nous
dire ce que vous voudriez en échange.
6<> S'il vous était plus agréable que notre commerce
continuât journellement , et ne fût pas interrompu par
chaque départ, nous établirions ici un agent qui rési-
derait avec vous.
y^ Nous avons encore dans notre pays des hommes
très habiles à guérir les maladies; voulez- vous que
nous en amenions pour rester auprès de vous?
8^ Nous avons des livres écrits dans la langue de
notre pays, qui sont remplis de sagesse et de sciences;
nous y apprenons qu'on est plus heureux en donnant
qu'en recevant. Voulez-vous que nous vous amenions
quelqu'un capable de vous enseigner ces sciences ?
9° Notre gouvernement a l'usage d'envoyer au-de«
hors des consuls. Si vous désiriez qu'on en envoyât un,
nous porterons vos lellres pour cet effet à notre pré-
sident.
lo* Lorsque nous serons partis, si quelque autre
vaisseau de notre pays venait vous visiter, ou s'il faisait
naufrage sur vos côtes, nous vous demandons de Tac-
cueillir avec bienveillance. Si quelqu'un de l'équipage
se conduisait mal, nous vous prions de ne pas confon-
dre l'innocent avec le coupable , car vous savez qu'il
y a dans toutes les nations des hommes méchants.
Après avoir ainsi fait connaître l'objet de l'expédi-
tion , nous allons indiquer la route qu'elle a suivie ,
( »9)
OU du moins les notes que M. Lays a données sur son
▼oyage ; mais on doit avouer que son but principal
étant de répandre la Bible parmi les peuples qu'il vi-
sitait , on ne trouve que peu de remarques qui in*
téressent réellement la géographie.
UHimmalek quitta la rade de Macao le 5 décembre,
et arriva à Singapoure le i5 ; le temps ne permit pas de
visiter l'Ile d'Uaioan. Son séjour dans celte ville ne
donne lieu à M. Lays à aucune remarque importante.
Le 3o janvier , le bâtiment quitta Singapoure , et après
avoir passé auprès des lies Garimata , il arriva le 7 fé-
vrier en vue deTamakeke» petite lie basse et sablon-
neuse couverte d'arbres et de buissons parés de la plus
belle verdure, quoique le sol, qui parait être madré-
porique , semble peu propre à la végétation. Cette lie
est peu éloignée de la côte de Gélèbes. UHimmaleh se
dirigea ensuite sur Macassar , où il mouilla le 1 o fé-
vrier. L'accueil que l'on reçut du gouverneur hollan-
dais fut très amical » et H. Lays trouva un graiid débit
de ses Bibles , et surtout de deux petits traités impri-
més en caractères bugis qui plurent fort aux habitants.
M. Lays donne quelques détails sur les habitants de
Célèbes» et particulièrement de Macassar. Vers le mi-
lieu du XVII* siècle, les Macassarois atteignirent, dit-il,
le plus haut degré de prospérité maritime ; leur com-
merce s'étendait dans les parties les plus éloignées de
l'Archipel, et ils firent la conquête des lies Bouton et
Hylla , à la côte est de Gélèbes ; mais au commence-
ment du xviii« siècle ils furent subjugés par les Hol-
landais et leurs alliés les Bugis, qui avaient toujours
été jaloux de leur puissance. Cependant, quoique sou-
mis, les Macassarois n'en conservent pas moins une
certaine fierté, c Nous- sommes l'ancien peuple, » di-
sait on «Teox d*aD Ion fif à queli|a*iin qui lui disait
que M. Lajs avait apporté des livres bi^îs, voulant
faire entendre par là qo*on aurait dû penser à eoz
avant les aoires. Les Bogis sont an nombre de plosiears
mille aux environs de Macassar» mais leor ré^dence
esl dans la baie de Boni ; ib forment une coofédération
qoi présente un corioux mélange de despotisme et de
liberté , car les souverains bérédîlaires de buit États
tonnent on conseil qoi exerce les fonctions do gouver-
nement de l'Lnion , et qui choi^ssent on d'entre eux
poor président. Cependant l'amoor et le respect poor
one famille portent tou)ours le dM»ix do président dans
cette seole famille.
L'Uima%aleh quitta la rade de llacassar le 6 mars .
et longeant la côte méridionale de Célèbes» il relâdia
à Bontain, dont IL La} s donne one descnptioo soc-
dncle. U alla vi»ter one cascade située à qoelques mil-
les de la ville, et qooiqo*il éproovât beaocoup de peine
pour j arriver et regrettât qoelquefois de s*étre mis en
roule, cependant je sois bien aise maintenant, dit-il,
de n'avoir pas omis de viûler une si grande coriosité.
11 remarqua ausâ que tons les cinq jours les habitants
arrivaient de tous les côtés poor un marché qui se te-
nait dans l'intérieur de la baie. Le langage des habi-
tants est un peu différent de celui de llacassar; c'est
probablement un dialecte , car ils ont la face laige, le
nez aplati et la grande bouche des Macassamis.
Leur peau n'a pas cependant la rudesse qui distingue
ces derniers des Bugis. des Malais et des Javanai5^
Quant à leur industrie, on en rit peu de marque. Mais,
dit l'auteur , s'il plaisait k Dieu de les délivrer de Top-
pression des Européens, une nouvelle sphère d'activité
donnerait sans doute essor i leur industrie, et des
L
(3. )
missionoaires habiles pourraient essayer de leur don -
oer une meilleure direction.
De Bontain, VHimmaIeh se rendit à Teroate, en
passant auprès des lies Salayer^ Bouton et Hula.
M. Lays visita le volcan de Ternate, dont il trouva le
cratère plein d*eau, d'où s'échappaient continuellement
delà fumée et des vapeurs. Ici, dit M. Lays, l'usage
du kris est abandonné, mais on ne doit pas regarder
cela comme le signe d'une civilisation plus avancée, ou
Gomme l'effel d'une protection des lois plus efficace.
Leurs propres chefs, eicités à détruire tout ce qui
pourrait stimuler leur industrie ou les encourager à se
confier à leurs propres ressources, ont cherché à déra-
ciner tout ce qui serait dans le cas de leur donner un
sentiment d'indépendance. Nous avouerons que nous
avons peine à voir un homme de paix, comme un mis-
nonnaire, paraître regretter la suppression d'un usage
qui tant de fois donna lieu à des meurtres , et chercher
un motif de basse politique dans ce à quoi il devrait
applaudir. Au reste , M. Lays signale partout l'oppres-
sion des Hollandais, et les obstacles qu'ils opposent à
toute instruction qui pourrait développer les moyens
des peuples qui leur sont soumis. Il est certain que les
nations européennes qui ont établi leur domination
dans des contrées lointaines ne pourraient guère es-
pérer conserver leurs colonies, ou plutôt leurs con-
quêtes, si les habitants de ces pays étaient aussi in-
struits et aussi habiles qu'eux dans l'art de la guerre,
tandis que les Américains, dont le système est de com-
mercer avec tous les peuples sans y établir ni forts, ni
colonies, doivent avoir intérêt à développer la civilisa-
tion de tous ceux avec lesquels ils traitent. M. Luys vi-
sita aussi à Ternate un lac situé a ti ou 7 milles de Isi
( 3« )
ville. Ce lac, profond d*une quarantaine de mètres, n*a
pas d'issue, et se trouve plus élevé que la mer, ce qui
empêcha de le faire communiquer avec elle, comme
les Portugais avaient tenté de le faire.
DeTernate l'expédition se renditau détroit de Basilan
et à Mindanao. 1^1. Lays visita la ville de Zamboanga , et
fit quelques excursions dans l'intérieur pour examiner
le pays sous la domination espagnole ; il lui parut ad-
mirable. Le peuple qui l'habite est doux et bienveillant;
il parle l'espagnol avec assez de pureté > mais parait
misérable. La population de la ville de Zamboanga est,
dit-on , de 7,000 âmes et la garnison de 5oo hommes.
L'intérieur de la presqu'île occidentale de. Mindanao ,
derrière le territoire espagnol , est habité par un peu-
ple non pas sauvage mais indolent, et qui n'a aucun
motif de travailler; car le rajah , qui a seul le droit de
faire le commerce, s'empare de tout ce qu'il peut pro-
duire.
En quittant Mindanao, M. Lays se rendit à Bornéo,
et VJIimmaleh vint mouiller dans la rade qui se trouve
devant l'embouchure de la rivière de Bornéo. Cette
rade est abritée du côté de la mer par la longue lie de
Labuan et deux ou trois Ilots couverts d'arbres touffus.
Dans des temps plus prospères , elle était couverte de
navires du pays et de jonques chinoises, mais les temps
sont bien changés. La ville de Bornéo, comme les au-
tres établissements malais , a perdu ses richesses, son
activité et sa population, et ce n'est plus que très ra-
rement que les jonques chinoises et les vaisseaux de
Macao et de Manille font apparition dans cette rade.
M. Lays resta quelque temps dans la ville de Bornéo :
aussi donne-t-il des détails assez circonstanciés sur le
pays. Il eut occasion de reconnaître une veine assez
(53 j
puissante de charbon de terre située h « rtiîlles de la
riîiére dans un lieu àonl il indique la position. Les
maisons de la ville sont des deux côté» de la rivière ;
leurs pieds sont pour la plupart dans l'eau. Il es-
liroe qu'elles sont au nombre d'environ 760 au sud
elSooà Test, ce qui peut représenter, dit-il, iu,âoo
hâhilanls ; en outre dans d'autres quartiers on en
compte encore davantage. En t(tut il pense que la
ville et les environs doivefnt présenter une population
de 3o, 000 âmes au moins, qui, d'après leur dire,
proviennent d'une migration de Malais qui eut lieu il
y a environ 600 ans , et partit do Johore à l'extrémité
sud-est de la presqu'île de Malacca. MM. Lay»et Dickio-.
son résidèrent quelque temps danslepalais du sultan,
qui aurait bien voulu les retenir; mais il n'osa pas,
et se contenta de leur proposer de rester avec lui.
H. Lays ne fait pas une peinture très avantageuse de
ce sultan , qu'il représente comme occupé unique-
ment à extorquer de ses sujets tout ce qui peut avoir
quelque valeur, et qui se trouve entièrement sous la
dépendance d'un ministre , Muda Hasim, qui est à la
tète de toutes les affaires publiques , et qui parut à
M. Lays un homme très remarquable. Le but du voyage
de VHimmaleh était principalement d'établir des rela-
tions commerciales avec ce pays. L'importance de cet
établissement paraissait d'autant plus grande que tout
le contoar de la belle et intéressante lie de Bornéo est
investi et comme gardé par les Hollandais, excepté seu-
lement dans ce point, et qu'ils s'opposent avec la plus
jalouse persévérance à tout ce qui pourrait porter bé-
néfice aux naturels. Le seul port de Bornéo est en-
core libre; la rivière qui y débouche traverse une
grande étendue de pays, et le sultan parait avoir une
XTII. JAIfVIBR. 3. 3
(54)
grande influence surtout Tintérieur , dont les moeurs
semblent s'adoucir. Ce qui arriva pendant le séjour de
rHimmaleh confirme cette opinion; car un certain
nombre de députés ou de commissaires, si on peut
s'exprimer ainsi , vinrent soumettre à la décision du
sultan une question de division de territoire. Ces dé-
putés venaient de loin; ils avaient, disaient-ils, mis
un mois en route. Leur extérieur était sauvage et gros-
sier, leurs traits fortement prononcés; ils portaient
pour ornements d'oreilles et pour collier des dents de
tigre, et avaient une coiffure emplumée.
Quoique M. Lays regardât comme très important de
distribuer des Bibles parmi ces peuples » et qu'il lui
en fût demandé même par le sultan et son ministre ,
le capitaine ne voulut jamais permettre d'en débarquer
une seule , ce qui contraria beaucoup le pauvre mis-
sionnaire, qui fut obligé de se contenter de distribuer
force médecine ; car c'est une sorte de passion à Bornéo
que de prendre des drogues. Si, dit-il, dans une nom-
breuse société, quelqu'un se plaint d'un rbume et par-
vient à obtenir du docteur quelque chose pour le guérir,
tousles autres se sentent tout-à-coup malades commepar
sympathie, et il n'y en a aucun qui ne se crût traité
avec une grande inhumanité s'il n'emportait dans sa
poche une dose de médecine.
Une singularité très remarquable à Bornéo » est un
marché flottant, composé d'une multitude de canots
qui vont de maison en maison , des deux côtés de la
rivière , pour offrir leurs marchandises. La monnaie ,
au reste , n'est pas d'un usage bien commode , car elle
consiste ordinairement en grands morceaux de barres
de fer sans aucune marque. Si on en juge par cette gros-
sière méthode» on doit conclure que ce peuple doit être
(56)
exempt du défaut d'entasser , et heureux au moins sous
ce point de vue. Hais, d*un autre côté, la grossièreté
de la monnaie ne promet pas un grand goût pour les
autres 0(b)ets : aussi tout y est-il assez mal fait.
Les habitants de Bornéo ne connaissent guère les
aisances de la vie ; une natte pour se coucher , un peu
de riz et quelques poissons qu'ils mangent avec leurs
doigts t et une coquille de coco pour prendre de Teau,
voilà tout ce dont ils ont besoin. Ils mettent cependant
un peu plus de raffinement dans leurs habits , et les
femmes surtout, dans leurs harems, tâchent d'imiter
autant qu'il leur est possible les modèles européens
qu'elles peuvent se procurer.
Leur instruction doitnécessairementétre très bornée*
c'est principalement dans leurs communications avec
Singapoure qu'ils tirent le peu qu'ils savent. Cependant
ib ont une poésie et des romans où leur histoire est
mêlée à une foule de fables et d'absurdités. Us portent
presque tous des amulettes auxquelles ils attribuent
de grandes Tertu s. Quoique mahométans, ils né pa*
raissent pas fanatiques de leur croyance » et invitèrent
plusieurs fois MM. Lays et Dickinson a assister à leurs
céréntooies.
Les notes de M. Lays sur son voyage ne s'étendent
pas plus loin. On trouve à la suite quelques remar-
ques sur la météorologie de ces contrées, mais sans ob-
servations; sur la musique et sur quelques animaux ou
plantes observés à Bornéo, à Zamboanga et à Ma*
cassar.
Le premier volume de l'ouvrage que nous analysons
contient, comme nous l'avons dit précédemment , un
voyage au Japon exécuté en 1857, pour y ramener des
malheureux qui , après avoir fait naufrage, les uns sur
(56 )
les côtes de l'Atnèrique septentrionale, les autres sur la
côte nord de Luçon, se trouvaient réunis a Macao sous
la protection do révérend C. Gutzlaff» qui cberchait
les moyens de les rapatrier. M. King, armateur amé-
ricain , alors en Chine , se chargea de cette commis-
sion, et c'est lui qui en a donné le récit. M. S. W. Wil-
liam, membre de la mission américaine, et leD' Parker
voulurent bien s'adjoindre à lui. Pour ne donner aucun
soupçon aux Japonais, il fut résolu que le M^rison ,
navire de 564 tonneaux , commandé par le capitaine
logersoll, qui était destiné à ce voyage, ne serait pas
armé et ne porterait aucun livre chrétien , afin d'é-
diter toute distribution pendant le voyage. La cargai-
son qu'on y embarqua fut composée de marchandises
anglaises et hollandaises, de peu de débit alors en
Chine; enfin , pour ne laisser aucun doute sur les in-
tentions pacifiques de ce bâtiment, M. King y embar-
qua sa femme. Il restait ft déterminer vers quel point
on se dirigerait. On sait que le port de Nagasaki est le
seul qui soit ouvert au commerce étranger ; il eût donc
été naturel d'y aller; mais d*un autre c6té la présence
des Hollandais dans<:e port ne rendait pas convenable
de choisir ce lieu pour débarquer les Japonais, et en-
core moins pour entamer quelque négociation en fa-
veur des Américains. Jamais un Hollandais ne se sou-
cierait de voir arriver un compétiteur américain. Mais
comme le premier ob)et du voyage était de remettre
à l'empereur du Japon quelques uns de ses sujets, où
pouvaient-ils plus convenablement être débarqués qu'à
la résidence impériale même? Il fut donc résolu de se
rendre dans la baie d'Yedo.
Les motifs de ce voyage , dont nous venons de don-
ner l'exposé, sont contenus dans la préface de ce
(57 )
volume. M King, dans un chapitre d'introduction, donoe
ensuite riùstoire de toutx'S les tentatives qui ont été faites
par les Portugais, les Espagnols, les Hollandais^ les An-
glais et les Russes pour établirdes conamunications avec
ce pays, depuis le milieu de xvi« siècle» où saint Fran-
çois Xavier y prêcha la religion chrétienne, jusqu'à
DOS jours* Il ajoute que quelques baleiniers américains
avaient cherché à se procurer des vivres dans les ports
de la côte est de Niphon» mais avec si peu de succès que
ces tentatives n'avaient guère été renouvelées. C'était
donc une entreprise d'une grande importance pour les
États-Unis de tâcher de se faire recevoir amicalement.
Le JUorrûon p^riii de Macaole 5 juillet 1837. L'équi-
page se composait, y compris le D' Parker, M. Wil-
liam el les 7 Japonais, de 38 personnes , auxquelles
M. Gtttzlâff devail s'adjoindre aux lies Loo-Ghoo, où
il avait dû être transporté par le brick anglais /e Ral^gh.
Le capitaine aurait voulu visiter les lies Tabago-Xima,
mais il en fut empêché par le mauvais temps , qui ne
lui permit pas non plus d'approcher de l'Ile Typinsan à
moins de 8 milles ; toutefois il détermina la position
de la pointe E. de cette dernière, et trouva lat. 24° &6'
N., et long. I3â*a5' E. de Gr., ou i23° 5' E. de P.
Enfin, après une traversée assez pénible, le Morrison
mouilla le 1 1 dans la rade de Napakiang , où il fut
reçu » comme l'avaient été les capitaines Hall et Bee-
chey, avec bienveillance, mais avec soupçon. Pen-
dant son séjoiur en ce lieu pour attendre l'arrivée du
Raleigh^ M. King- ne put guère visiter le pays. Tout
prouve cependant, dit-il, la vérité de Topinion émise
par M. Klaprotb et Golowin, que les relations qui
existent entre Loo Choo et la Chine sont purement no-
minales, et que ces lies sont réellement sous la dqmi*
( 5S)
nation japonaise. Les habitants sont sans doute trop-
faibles pour empocher les étrangers de communiquer
avec eui; mais ils ne les reçoivent évidemment que
malgré eux , craignant d'offenser leurs supérieurs.
Le Ralei^ étant arrivé , M. Gutzlaff passa à bord da
iMormon, qui quitta la rade de Napakiang, le i S juillet.
Nous trouvons à la fin de ce chapitre la note suivante
qui n'est pas sans intérêt.
«Le brick de S. M. B. le Baleigh devait partir le len-
demain pour les lies Bonin , qui gisent à 800 milles
à TE. de la pointe N.-E. de Loo-Choo» et sur lesquelles
plusieurs de nos lecteurs ignorent peut-être qu'une pe-
tite colonie a été établie sous la protection de la Grande-
Bretagne. Ces tles ont été décrites par le capitaine
Beechey, qui les visita en 18^7. Il est encore incertain
si c'est le groupe que les Japonais découvrirent en 1 675
et sur lequel ils formèrent plus tard un établissement
de déportation. S'il en était ainsi > l'établissement
aurait été abandonné postérieurement; car elles étaient
encore littéralement inhabitées , ce que veut dire le
mot Bonin [Woo-jin^ sans homme) quand elles furent
redécouvertes en i883 parle capitaine Coffin.
> On dit que le Baleigh trouva cette petite colonie
dans un état si misérable, que, si l'on ne fait pas quel-
que chose pour augmenter le nombre des habitants
et surtout pour améliorerleur caractère, ces Iles auront
droit encore une fois à leur nom primitif. Cependant
l'Angleterre doit prendre des mesures pour soutenir
cette colonie à cause de sa proximité du'Japon. »
Le Morrison^ dans sa traversée de Loo-Ghoo à Yedo,
reconnut, le 17 juillet, une petite lie que M. King croit
avoir échappé aux recherches des navigateurs précé-
dents» Â moins, dit-il, que ce ne soit l'Ile Wukido»
(39) •
Elle se Irouverait , d'après nos observations, 24 milles
plus à 1^. qu'elle n'est marquée sur les cartes. Le s5
juillet , on éprouva un courant qui portait au S.«0.
avec une Force de 1 m.i/d à l'heure. Pour se soustraire
à son action . le capitaine se rapprocha des côtes du
Japon f où il trouva en effet un courant qui le porta
au N.-E. de 55 milles en 24^. Le ag, on aperçut le cap
Too-Toomy, puis le cap hou, situé à l'entrée de la
profonde baie d*Yedo ; le 3o on était en vue du cap
Souzaki , qui forme la limite de la baie vers l'Ë. A midi
on entrait dans le détroit qui forme l'entrée de la baie
intérieure au fond de laquelle se trouve la ville. C'est
un vaste bassin de plus de 60 milles de circuit, mais
peu profond. Le capitaine avait l'intention d'aller
mouiller dans le port Ouragnwa , où les jonques s'ar-
rêtent pour être visitées; mais déjà un coup de canon
s'était fait entendre dans le N. , un autre coup dont le
boulet porta à moitié chemin de la terre au navire, enga*
gea à jeter l'ancre dans une petite baie. Bientôt une mul-
titude de bateaux s'approchèrent, et le pont du navire
fut couvert de plus de 200 Japonais. On les reçut bien
et on les laissa visiter le bâtiment, afin de leur prouver
qu'il n'était pas armé; cependant on ne leur fit pas voir
les Japonais qu'on amenait , car le capitaine voulait
que les papiers qu'il avait fait dresser pour expliquer
sa mission fussent remis avant tout au gouvernement
dTedo. Aucun officier ne se présentant, on fut obligé
de les remettre à l'individu qui parut avoir la meil«
leure mine. On avait demandé aux naufragés japonais
à quoi on pourrait reconnaître un officier; leur réponse
fut : «Si vous voyez venir à bord un homme qui trem-
ble beaucoup , c'est un mandarin.tLa soirée fut très
pluvieuse et la nuit orageuse. On attendait le jour avec
impatience, espéranlqu'il amènerait quelque visite im-
portante, quand tout-è-coup une batterie de deux ou
de quatre canons qu'on avait établie sur la côte pen-
dant la nuit , commença à faire feu. Le navire avait
son flanc opposé à la côte, les boulets passèrent bien-
tôt par dessus; force fut donc de lever l'ancre promp-
tement et de s'éloigner; heureusement un seul boulet
atteignit le navire , mais fit peu de dommage. Dans
cette circonstance il était inutile de chercher à demain-
der raison de ce traitement barbare. Certes , si on avait
eu des canons à bord » on aurait répondu vigoureuse-
ment; mais une tentative de pourparlers était évidem-
ment inutile ; on avait dû recevoir à la ville et les pa-
piers envoyés et les rapports de ceux qui étaient venus
à boi*d ; il ne restait donc aucun doute sur la volonté
de repousser toute communication; dès lors, on ne pou-
vait songer qu'à ^'éloigner, et les Japonais eux-mêmes,
à qui on avait proposé de débarquer • demandèrent
instamment qu'on les emmenât. Le capitaine résolut
donc de se retirer et de faire une tentative sur un point
plus éloigné de la capitale.
En s'éloignant d'Yedo où la réception avait été si peu
amicale , le Morrison se dirigea sur la baie de Kago-
siœa, située- sur la côte S. de l'île de Satsuma. Cette
Ite est la résidence d'un des plus puissants princes du
Japon, et on espérait trouver en lui un peu plus d'indé-
pendance. On prépara donc un écrit pour lui remettre
et lui faire connaître dans quoi but on s'était présenté.
• S'il plaisait au prince , était il dit dans cet écrit, que
les marcliands américains fussent reçus dans un des
poris de sa domination « comme les Hollandais le sont
à Nagasaki, on ne doute pas que ce privilège ne lui soit
accoidé par l'empereur. Les marcliands américains
( 4. )
sont des gens honorables el pucifi'|ues , leurs navires
sont pourvus des plus riches cargaisons. La gloire du
prince de Satsuma et le bonheur de son peuple ne
pourraient que gagner dans des relations avec eux. •
Le 9 août, le Monison doulxlait le cap Misaki (Tschit-
sdiagoffde Krusenstem) et entrait dans la baie de
Kagosima. Pour éviter toute erreur, deux des Japonais
furent à terre et firent le récit de ce qui leur était ar-
rivé; leur histoire tira des larmes de tous les auditeurs.
Ln officier du prince vint à bord ; on lui fit voir que le
bâtiment était tout-à-fait inoffensif, el on lui remit les
papiers destinés pour le prince. La réception fut très
amicale , et un pilote envoyé exprès fit mouiller le bà-
thnent sur la côte O., devant le petit village de Chuge-
mutze. Quelque temps après, un bateau vintannon**
cer que le lendemain an officier supérieur viendrait
visiter le bâtiment ; mais en môme temps le paquet
que l'on avait remis pour le prince fut rapporté, ce qui
était de mauvais augure. Cependant une foule d'habi-
tants vinrent voir le navire et furent accueillis avec li-
béralité , quoique la plupart fussent à peine vêtus. Le
lendemain , on aperçut un grand mouvement sur fe
riviige : des officiers allaient de côté et d'autre ; deux
camps étaient établis vis-à*vis le bâtiment* Prudem-
ment, le capitaine fit tout apprêter pour lever l'an*
cre et mettre & la voile, d'autant plus que la brise était
faible. Bien lui en prit de cette précaution , car quel-
ques instants après le feu commença d'une batterie
de la côte. Heureusement *les canons étaient de petit
calibre, et les boulets ne venaient qu'è moitié chemin.
Dès lors cependant il fut reconnu qu'on ne pouvait
espérer aucune communication amicale , et on ne dut
plus songer qu'à ramener en Chine les pauvres naufra-
( 4t )
gés, qui lémoignaiont eux-mêmes une grande crainte
d'être misa terre.
Frustré dans l'espoir d'établir des relations com-
merciales avec le Japon , le capitaine IngersoU se diri-
gea sur les lies Loo-Choo, en longeant les lies Tanega-
Sima , Taka Sima et autres qui se trouvent au sud du
Japon, il eut occasion , dans sa traversée • de recon-
naître l'esactitude de la carte que Krusenstem a donnée
de ces lies , à laquelle il ne trouva à ajouter que quel-
ques rochers situés au large de Takasima et de Koro->
sima. Il découvrit cependant en outre une massed*îlot&
de roches situées par So** 60' N. et lag* 4' E. de Gr.
1 sG*» 44' £• de P. , qui ne sont pas portés sur les cartes*
Les vents ne permirent pas de visiter encore une fois,
comme il en avait le projet, les lies Loo-Choo. Il fut
forcé de se porter le long de la côte de Chine , et le sg
il mouilla de nouveau dans la rade de Macao.
Nous ne suivrons pas M. King dans le dernier chapi-
tre de cet ouvrage. Il contient un appel véhément au
gouvernement des États-Unis pour qu'il demande satis-
faction au gouvernement japonais de l'insulte faite au
lyiorrison, Le phn de conduite qu'illui trace serait de dé*
livrer lesilesLoo-Choo, et autres situées au sud, del'in^
flucnce du Japon, en bloquant le port de Ragosima, qui
eslleseulqui soit en relation nvocces lies. Enfin si le pou-
voir exécutif desÉlats Tnisne voulaitrien faire, M. King
fait un appel h la nation pour encourager les mission-
naires protestants, afin de répandre les lumières de
l'Lvangile et les bienfaits delà liberté sur les contrées
de l'Asie orientale. Ces sentiments sont sans doute très
beaux, mais ils sont hors de notre domaine scientifi-
que. P. Dausst.
( 45 )
EzTBA.IT (fwte lettre de H. h'Abbidib à M. Daussy.
3foâtaêlwwa , 2 1 juitiet t H4 1 .
Monsieur ,
Dès ma seconde entrée en Âbyssinie, je m'ap-
pliquai à l'usage des instruments à niveau» et, bien
que j'aie été content des observations faites à Timpro-
TÎsle, }'ai bientôt reconnu qu'il était impossible, d'ici
à Gondar, de compter sur la stabilité d'un instrument
posé sur la surface du terrain. Pour cela il me fallait
d'abord une cour d'où \e pusse éloigner à volonté les
hommes et les bètes^ puis il était indispensable de
faire garder l'instrument la nui|, car les \oleurs de
ces pays-ci aiment le cuivre jaune; enfin il fallait un
point d'appui solide. N'ayant jamais pu satisfaire à ces
trois conditions à la /bis, j'ai dû renoncer à toutes les
observations qui supposent que le tliéodollle ou la
lunette astronomique n'ont pas bougé pendant un in-
tenalle donné. J'ai été donc très en peine pour lihs
longitudes. Les distances lunaires prises au cercle ,
quoique très bonnes comme approximation ou con*
trôle, varient assez entre elles, sans motifs apparents,
pour que je n*en aie pas été très contenl. Par essai,
j'ai observé six éclipses des satellites de ^ à Ailwa;
mais les extrêmes diffèrent de cinquante et ime secondes
en temps, bien que j'aie observé avec tout le soin pos-
sible ! Bien plus, leur moyenne diffère de 24' en arc
d'une occultation que j'ai calculée quatre fois de peur
d'erreur. Le bureau des longitudes lui-même ne se fâ-
cherait donc pas si je n'observe plus 1^ et ses satellites.
(44)
Je ne compte plus que sur les occultations, parce
que mu lunette, quoique très portative, est fort bonne,
et que ralmospliëre pure d'Abyssinie me permet de
voir de très petites étoiles sur le bord obscur de la
lune. Mais il se présente ici un autre inconvénient :
sur sept occultations que j*ai observées à Adwa et dont
j'ai envoyé les détails à M. Scbumacher ( en lui de-
mandant de me fuireconnaltrç la méthode de M. Slruve),
je n*ai trouvé qu'une seule étoile dans le catalogue de
M. Baily ; et comme toute une carte est appuyée sut
Adwa, j'ai la mortification d'avoir observé pour l'ave^
nîr sans pouvoir jouir du présent; encore ai-je peur
que mes petites étoihfs n'aient pas été observées par
correspondance en Europe, ou que peut-être on ne
les trouvera pas oans les catalogues. D'ailleurs la lu-
mière de la lune est si gênante, et il est si difiicile de
veiller en voyage , que je n'ai jamais pu observer des
immersions sur le bord éclairé de la lune. Mes jours
d'observations sont ainsi réduits à quatre ou cinq par
mois, ce qui est fort imparfait. Tous ces inconvénients
m'avaient bien fait désirer la méthode de M. Struve.
D'après ce qu'on m'en a dit en Angleterre, elle con-
sisterait à observer alternativement la lune et une
étoile voisine , près du premier vertical , avec un bon
théodolite, et le cas le plus favorable est celui où la dé-
clinaison de la lune est égale à la latitude, qu'il faut
bien connaître d'avance. Le résultat du calcul se-*
rait r AA de la lune. Les officiers d'état-major russes
emploient cette méthode , et' l'on m'a dit que ces ré-
sultats étaient fort comparables à ceux des occultations.
Un savant à qui je proposais de me construire une
formule a& ovo^ me dit d'observer d'abord, et qu'il cal-
culerait ensuite. Mais il m'est furt difficile de me faire
( 45 )
tout-à-faît machine; el d'ailleurs» lorsqu'on ne calcule
pas sur place, on suppose souvent avoir très bien fait
une observation, entachée néanmoins de quelque erreur
qu'on ne peut pas corriger ensuite en Europe. Par
exemple, j'ai trouvé la latitude d'Adwa= 14"* 9' 5o'\ à
% oa 3^' près, et néanmoinsfut^ observation que je crus
soignée me donna i4^ 1 1'... sans doute par erreur de
lecluri».
Je me rappelle qu'en France vous me recomman-
dates les distances lunaires au théodolite. Je ne sais
comment je les avais totalement oubliées. Si ma vue se
renforce , je vous apporterai quelques observations de
ce genre. J'en ferai autant pour les longitudes par la
déclinaison de la lune lorsqu'elle est près de Téqua-
teur. Comme M. de Humboldt avait essayé cette mé-
thode» et qu'on n'en parlait plus, je l'avais crue trop
inexacte pour en rien espérer. Il est vrai que ce savant
observait au sextant, tandis qu'avec mon théodolite je
puis répondre de 3 à 4'^ dans la hauteur.
Le triste état de l'œil qui me reste ne m'a pas permis
de me livrer beaucoup aux observations. Voici tout ce
que j'ai pu faire depuis le mois de novembre.
Birberilh , sur la côte des Somal : 87 novembre
i84o. s hauteurs du soleil.
0 l5"» 4°' 610 30' \ Q^ «ngl«» horairrt donofcrool l'élit de la fmoDirr ,
16 59 6a O ( OiiniD. A. (employé dan* rob««rvalioii}. 8% 99 m 19 • S
i8 12.4 ^^ ^O (Cbrnn, D 5 bi» 00
19 24.8 63 O ; Différ^f. ..4M «9.»
Thermomètre 2y^ o
Même lieu 3 29 novembre i84o, à 8" 4" 5o" du
chrnn. A, j'ai observé l'immersion d'une très petite
étoile ( 7 à 8* grandeur) à peine plus brillante que la
lumière cendrée^ L'immersion eut lieu à environ 5 10*
(46 )
du disque lunaire comptés du N. vers TE., incertî-» '
Ulude de 2 secondes. Aussitôt après je comparai les
chronomètres.
Chron. A. fl>> 7"» 3i»4
— D. 5 33 3o.o
Même lieu ^ 5o novembre» bauleurs correspoo-
dantesdu soleil le soir très gêné par le vent(cbron.A.).
Uatin. Soir.
8*» I7" a4'C) 61» 3o" 3o'. 3>» 6« a'a
fbron. A. . , S b tS m Se
*Cbrt>n. I). . . • ftO
18 36 0
6a
0
4
48.8
19 52.4
6a
3o
3
38.0
ai 6.8
63
0
a
aS.a
aa 16.0
63
3o
1
10.8
Therm. a8 •
8
Tli<
?rm.
3oG 0
Diaprés des hauteurs du soleil hors du méridien , la
latitude de Bârberâh serait lo* 26' 5o*', et par des dis*
tances lunaires sa longitude serait 2** 58*" i5' 0* de
Greenwich.
Toudjourâh ( T' mars» 20 hauteurs de Canopus
prises autour du méridien et calculées par la formule
de D'Iambre m'ont donné pour latitude de ce lieu
Mi me lieu ^ 24 mars, doubles hauteurs du
( cbron. A).
7»» 59»» 48«a 85*» o- \ •
~ ' <*.hroiioiu. A. . 0 b 7 m 18 9
— B. . 1 • 0.0
8 I 5i.8
86 0
8 5 17.8
87 40
Thcrin. a9« 8
Même lieu 27 mars 1841. J'ai observé l'immer-
sion d'une étoile de 7* grandeur ( environ ) derrière le
bord obscur de la lune à environ 4^^ de la corne du
croissant comptés du N. vers l'E. (dans la lunette qui
renverse); l'incertitude est de 2 à 3 secondes; l'étoile
parut attachée nu bord de la lune pendant plus de 3o se-
47 )
condes; elle était ronde et bien définie, la lumière cen-
■
drée faible. L'immersion cul lieu à 711 3* l^o\ o.diiclirc-
nomètreB. Aussitôt après je comparai les. montres.
Chron. B. 7*» 11* o«o
— A. 6 3 34.8
Même lieu © «iSmars, 2 hauteurs du soleil Chron. A
probablement (carj'ai oublié de noter lequel).
8«» 32« 52»2
loa*»
48-
1 1
ao
36 1.8
104
20
0
f Cliron. A. 9b1in34W0
38 7.8
io5
ao
39 3o.a
106
0
> ~ B. 10 4 4.4
4o 53.a
106
40
4a 16.2
107
ao
1
Les obseryalions du soleil à Toudjourâhont été faites
par mon frère à cause dé Télat de ma vue; il y a aussi
observé cinq séries de dislances lunaires que je n'ai
pas encore calculées.
Vous serez sans doute tenté de me demander com-
ment j'ai pu passer cinq mois à B^rber^h et Toudjou-
rSh : j'ai parlé bien longuement de la cause étrange
qui m'y a forcé, dans une lettre adressée de Hodaydah
à rUniifers , journal quotidien qui se publie à Paris.
Si celle lettre vous tombait entre les mains, vous ver-
riez comment les Anglais m'ont transformé en un
agent de la politique secrète de S. M. le roi des Fran-
çais Cette absurde notion des Anglo-Indiens m'a fait
perdre presque une année entière.
H. de Goutyn , agent consulaire de France à Mou*-
saawwa, m'a montré la carte réduite de la mer Rouge^
publiée par le dépôt de la marine. Je ne sais vraiment
comment je ne vous ai jamais parlé de ce travail que
je comptais provoquer à Paris. J'ai consacré beaucoup
de temps à corriger la carte des Anglais , qui est loin
d'être parfaite. Parmi les oublis est 1° un port au N.
( 48 )
de Ckosayr, où j'ai trouvé refuge contre une tempête ;
2'' un lieu près Yambo ( Yambé), marqué 5o fathoms,
où j'ai passé la nuit à l'ancre entre deux beaux rocbers
à fleur d'eau : ce lieu d'ancrage est connu de tous les
pilotes arabes ; 3^ un bon ancrage découvert par un bâ-
timent anglais, et néanmoins oublié dans la carte an-
glaise. La nomenclature de la carte anglaise est surtout
au rebours du bon sens, et dans cette partie seulement
j'ai environ huit cents corrections à proposer. Telle
que les Anglais nous l'ont donnée, elle est presque
inutile à tout capitaine d'Europe qui, prenant un bon
pilote arabe à Mokba ou à Hodaydab , voudrait raser
une côte ou reconnaître une lie ou un écueil.. Qui
s'imaginerait, par exemple,, que l'Ile Wussaleat doit
se prononcer Fasaliate? que cape Benass est là pour
cap Bernasse (Bérénice) ?
Dans mes courses récentes chez les A'fôr ( Danakil
ou Ouda'elj j'ai encore recueilli un très grand nombre
de noms de lieux sur la côte, y compris celui d'une ri-
vière ayant plus de deux mètres de profondeur en été,
et qui se perd avant d'arriver à la mer. J*ai aussi une
liste minutieuse des ports , villages, etc., sur tonte la
côte depuis Zela' (Zeila de Sali) jusqu'à Mozambique.
Je sois forcé d'en conclure que les dernières caries sont
bien défectueuses. Hais cette liste ( en caractères ara-
bes) est si longue et si ennuyeuse à écrire , que je pré-
fère vous envoyer mes renseignements sur le triangle
pompris entre H r^r, Ras-Hafoun et l'emboucbure du
Jeb (i). Mes observations sur cette partie du globe ne
pourront blesser aucune susceptibilité, puisque la carte
(i) Ces renseifrnemenCa paraîtront dans le N* prochain. M. d'Ave-
sac a bien voulu prendre la peine de les diacuter et de les tracer sur
m
une carte.
(49 )
d'Afrique y présente un vide complet. J'aurais voulu
joindre à ma lettre une esquisse du pays ; mais le man-
que de cartes côtières , et par conséquent Timpossibi-
lité de reconnaître les positions des ports deDourdouri,
de Las Ghorey^ de Bosaso , etc., sur lesquels mes ren-
seignements s'appuient, me forcent à renoncer à ce
Iravail. Quant à ces points de la côte , je suis sûr que le
dépôt de la marine vous fournira toute satisfaction , et
pour ce qui est de l'esquisse du pays Somali, j'oserai
presque vous prier d'engager M. d'Avezac à s'en char-
ger. Notre savant collègue met tant de complaisance à
nous aider et tant d'adresse à faire usage de simples
renseignements pour établir un canevas géographique,
que je ne voudrais p îs, par vanité d'auteur, m'enlever
le plaisir de voir une carte bien construite, et je dirai
môme, mes renseignements bien critiqués par un géo-
graphe au fait de cette sorte de travail. Quant à la lon-
gueur absolue de mes journées , je n'oserai rien déci-
der : seulement je ferai observer que les chameaux
Somal sont plus petits que ceux d'Egypte et du Ma-
gbreb,dontM. Dusgateaélablila marche à s,oi 5 milles
par heure , d'après un parcours total de g55 heures.
L'habitant dfes rives du Webi qui m'a donné les ren-
seignements que je vous envoie est un homme de cin-
quante ans qui, depuis son enfance, a toujours par>
couru le pays Somali dans tous les sens , par mer et
par terre. Sa parole était grave , et il disait assez sou-
vent : Je ne sais pas ; pour m'inspirer beaucoup de con-
fiance. D'ailleurs il m'a dit les mêmes cliiiïres à plu-
sieurs jours d'intervalle. Il s'appelle Arrali, et a voyagé
avec Sait, qui reçut de son oncle les renseignements
que cet auteur donne sur le pays Somali. Sait écrit le
nom de son oncle Yunis ^younis).
XVII. JANVIER. 4* 4
( 5o )
Je vous transmets mes renseignements dans toute
leur naïveté et sans chercher à expliquer quelques con^
tradictions. Je désire bien que la nouveauté du sujet
puisse faire pardonner à vos^yeux l'ennui des détails.
Antoine d'Abbadie.
P. S, Je vous ai écrit de Bàrberâh , le si décembre
dernier» une longue lettre sur la mesure des hauteurs
par la température de l'eau bouillante. J'en fais men-
tion ici » parce que je l'ai enfermée dansunè lettre à
M. le capitaine Beaufort, où je priais ce savant de faire
des démarches à Londres pour que les mauvais rap-r
ports de l'agent politique d'Aden ne s'opposassent plus
à mon voyage vers l'intérieur. M. Beaufort nem'ayant
pas répondu , j'ignore si ma lettre vous est parvenue.
J'y avais joint une table calculée par moi d'après la
formule de M. Biot.
Cette lettre n'est pas parvenue. P. D.
Notices sub M. Davidson ,
recueillies par M. Dblak>iitb, consul de France a Mogador.
I.
Le i5 novembre 1837, un négociant anglais de
Mogador eut la bonté de communiquer à M. Delà-
porte, consul de France en cette place ,. un livre de
médecine et un atlas provenant des dépouilles de
M. Davidson, assassiné à Ighidy (le Ghidea de M. Gail-
lié) , et qui lui avaient appartenu.
L'atlas avait été donné à M. Davidson par M. Dys-
ney, architecte anglais', son ami.
•
( S' )
Sur la première page du livre de M. Davidson , se
trouvent des notes écrites de sa main , où il indique
les différentes dénominations données par les .Arabes
aux dromadaires» je veux dire aux chameaux- cour*
riers , d'après leur légèreté , et suivant le degré de
vitesse de leurs courses diurnaires (i).
Outre cela, il se trouvait dans le même livre de mé*
dedne une feuille volante de la main de H. Davidson
qui indiquait que le voyage de Wadnoun à Tomboctou
était de i3o journées, les jours de pause compris.
Voici ritinéraire tel qu'il est porté sur la feuille vo-
lante , savoir :
D'Akka à Touadenni. . * . . . i8 •
Séjour à Akka » 3o
De Touadenni à Taghaza 23 »
Séjoor à Touadenni » i5
De Taghaza à Araouào 7 »
Séjour à Araouan » i5
D'Araonaii à Tomboctou 7 »
Totaux des journëes. . . 55 60
•
ii5
En tout , 1 15 jours. La marche est de 7 heures par
jour. L'on fait S milles 1/2 anglais par heure.
Les quinze journées qui manquent pour compléter
les ceot trente indiquées par M. Davidson, seront
sans doute celles que Ton doit faire pour atteindre le
marché d'Akka , pauses et marches comprises.
Ces renseignements ont été sans doute recueillis
par M. Davidson à Wadnoun, où il a habité un assez
(i^ M« Delaporte donna, il y a déjà plusieurs années, quelques ren-
«eigoemenU mr cette espèce de chameau léger.
( Sa.)
long espace de temps » pendant sa résidence en c«;tte
contrée de l'Afrique.
II.
Benseignements donnés à M. Dblapobtb. par un Arabe
de IVadnoun , nommé Berbrahim , sur la mort de
M. Davidson, le xi^juin i83g.
Benbrahim » qui arrive de Wadnoun, a rapporté à
M. Delaporte que les Aribs ( peuplades arabes qui
hantent les déserts entre le Wadnoun et Araouan) ,
quoiqu'ils y aient contribué , n'étaient pas les au-
teurs du meurtre de M. Davidson , asassiné à Igbidy ;
mais un Berbère de la tribu des ItAtlah (Tatah) , du
nom de Weld-IIannah.
Ce Weld'Hannah était venu à Souq el-Am (ainsi
nommé à cause du grand marché qui se tient chaque
année dans cet endroit) dans l'intention d'y faire
Templette d'un fusil. M. Davidson assistait à ce mar-
ché, où la caravane dont il faisait partie était arrivée. Il
avait avec lui entre autres armes un beau fusil anglais
auquel il tenait beaucoup, et dont il s'était muni pour
son voyage à rinlérieur de l'Afrique.
Le Berber Weld-Hannah , après avoir parcouru le
Souq-el-Am dans tous les sens, ne trouva à son goût
que le fusil dont M. Davidson était possesseur, et qu'il
avait remarqué. Il s'imagina qu'en sa qualité de mu-
sulman , il n'avait qu'à le demander pour qu'on le lui
concédât , et dans cette persuasion, il aborda de suite
M. Davidson, et oiTrit de le lui acheter; mais M. Da-
vidson, qui ne voulait pas se séparer d'une arme dont
(53)
il avait besoin pour sa défense personnelle durant le
voyage long et périlleux qu'il éf ait en train de faire »
refusa net de la lui vendre.
Le Berber Weld-Hannah, éton é el formalisé en
même temps d*un refus auquel il ne s'attendait pas
de la part d'un chrétien ( car il avait reconnu M. Da-
vidson comme tel ) , résolut de s'en venger, et d'ob-
tenir sans débours , et au prix de la vie du mécréant ,
l'arme qu'il convoitait.
Pour mettre à exécution son infâme projet de ven-
geance et satisfaire sa convoitise , il se mêla dans la
foale dts voyageurs dans \acahar ou caravane dont
M. Davidson faisait partie , et fit route avec elle.
M. Davidson s'était fait une loi , quand la caravane
arrivait à itne station, de s'écarter du' lieu où elle s'é-
tablissait, et de dresser sa tente à part, afin d'être
plus à son aise, moins en vue, et par conséquent
moins exposé à être reconnu. Après plusieurs jours de
marche, on arriva à Ighidy, dans le grand désert, et
H. Davidson , suivant sa coutume , fit planter sa tente
dans un lieu à l'écart du centre de la caravane, et s'y
établit avec son escorte, composée de quelques Taca-
jantes.
Le Berber Weld-Hannah, toujours poursuivi par
l'horrible idée de consommer le crime que le fana-
tisme et la convoitise lui avaient inspiré , se glissa
parmi les Tacajantes , et saisissant le moment où, oc-
cupés de l'embarras du déchargement des bagages, ils
avaient laissé M. Davidson tout seul , il s'empara d'un
lies fusils de Tun deux, le déchargea sur le malheureux
\oyageur, et Tétenditmort sur la place. Son meurtre
consommé , il se saisit du fusil de sa victime , et se re-
tira, ou plutôt s'enfuit, content de s'être emparé de
(54)
rartxie qu'il avail convoitée , et heureux d'avoir ré-
pandu le sang d'un chrétien. C'est ainsi que M. Da-
vidson dut à rinstrumenl qui devait le protéger, la
cause de sa mort. Le bagage qu'il laissa après lui
devint la proie des gens mêmes de son escorte , des
Tacajantes sous la protection desquels il s'était placé.
Ainsi , d'après le rapport de Benbrahim , a péri ce
voyageur dévoué et courageux , dont la perte irrépa-
rable est déplorée par les amis de la science, par ses
nombreux amis, et par tous ceux qui ont eu l'avantage
de le connaître et de Tapprécier.
Il a recueilli au Wadnoun , où il a été l'hôte du
cheikh Beirouk, nommé dans le pays Sidi-Mobarek,
fils d*AbdalIah, filsde Sâlem el*Guelmymi, chef indé-
pendant des Arabes et des Berbères du Wadnoun , des
renseignements intéressants sur l'intérieur del'Afrique,
et entre autres une Notice sur le Wadnoun, accompa-
gnée d'un dessin de la ville » habitation ordinaire du
cheikh , et de plusieurs autres dessins. Cette Notice a
été imprimée en Angleterre» et distribuée à ses amis.
( Communiqué à la Société de géographie ^
par M. Jomard, )
OBSERVATIONS AU SUJ£T DBS NOTES PSiCÉDENTBS.
Malgré l'ancienneté de la première note, j'ai cru
devoir la communiquer à la Société , attendu que
l'itinéraire porté par M. Davidson sur le livre pro-
venant de ses dépouilles , parait évidemment dérec-
tueux et en contradiction avec les autres renseignements
(55)
doDDés par le même voyageur; mais comme on pour-
rait en user sans aucune reclification , il est néces-
saire d'en faire ici la remarque. Admettant qu'il n'y ait
point d'erreur dans le nombre des journées consacrées
aux séjours à Akka , à Touadeni , à Araouan , il est
d'abord singulier que le premier séjour à Akka , qui
est de 3o jours, soit mentionné après la marche d'Akka
à Touadeni ; il en est de même des autres. Mais ce qui
importe davantage, c'est le nombre de journées entre
Akka et Tomboctou, première marche 18 , deuxième
sS» troisième 7, et quatrième 7. Total 55. Or» le. voya-
geur parait admettre s4 milles anglais i/s par journée.
Ce serait en tout 1 ,347 milles i/a ou 44^*3 lieues de
France (s5 au degré). Il y a évidemment une grande exa-
gération,et il faudraitcorriger ou le nombrede journées,
00 le nombre d'heures de marche par jour» ou la lon-
gueur donnée à la marche d'une heure , ou peut-être
ces trois éléments à la fois. La position précise de
Tomboctou étant encore une question controversée •
on ne saurait, dans l'état actuel de la science , déter-
miner exactement l'erreur commise dans la transcrip-
tion de l'itinéraire précédent; mais on ne cramt nul-
lementde se tromper en affirmantqu'il pèche par excès.
On pourrait faire encore des observations sur la po-
sition respective de Touadeni , Taghaza et Araouân ,
celle de Taghaza surtout qui est renversée; mais ce se-
rait allonger cette note inutilement. J — d.
( 56)
Reconnaissance fie la cote occidentale d Afrique depuis
Sierra-Leonè jusqu au cap Lopez^par le capitaineVinAL.
Le Nautical Maf^azine de décembre i84k contient
l'extrait d'un rapport du capitaine Vidal sur le travail
qu'il a exécuté sur la côte d'Afrique.
Deux bâtiments étaient employés à cette importante
opération, CEtna et le Raven. 12 chronomètres furent
placés à bord, savoir, 10 sur VEtna et s[sur le Rauen.
Leur installation à bord , les soins minutieux avec les-
quels ils furent réglés ne paraissent laisser rien à dé-
sirer.
Après avoir réglé leurs chronomètres a Portsmouth,
ces deux bâtiments mirent à la voile le 18 décem-
bre 1837 (1), et atteignirent Madère le 7 janvier, après
une traversée longue et orageuse. Onze chronomètres
donnèrent pour la longitude de la maison du consul
anglais jâ"" 54',90 (s) (i9«i5' 18" de P.).
De Madère à Ténériffe (maison du consul anglais à
Sainte-Croix) on trouva , après un trajet de 7 jours ,
4o',i3 de différence de longitude. De Ténériffe à l'Ile
aux Cailles à Porto-Praya, en 7 jours, différence 7*
l6^8oO. De l'Ile aux Cailles à la Baie de Sable sur l'tle
Crawfort (une des lies de Los), en 9 jours, 9* 42'>72E.
De l'Ile Crawfort à la batterie du Nord de Sierra-Leone,
(1) Cette date n'est pas indiquée; mnis comme on trouve plus tard
que Texploration du capitaine Vidal a eu lieu en i838, il est à présu-
mer qu'il partit a la fin de 1837. P. D.
(a) En comparant les chiffres donnés plus bas, nous avons été
conduit à reconnaître que ce qui était indiqué dans le Nautical Ma-
^axine comme des secondes, était réellement des fi actions décima-
les de minutes. P. D.
( 5? )
en 9 jours , 33',58 £• , ce qui donne pour la longitude
de ces différents points:
Madère (mais, du consul aDgl.). 16** 54' 90 Gr. 19" i5' 18" Paris
$ir-Croix de Ténériffe (idem), .16 i477 18 35 10
DeauCaifles(P»Praya,iIe$.Ta£ro). 23 3i 5; 25 5 1 58
Bui« de Sable (lie Crawt'urt). . 1 3 48 85 16 9 i5
Sierra-Leone (batterie du Nord). i3 i5 27 i4 35 4^
Ces premières observations avaient pour but de vé-
rifier les positions des points ci-dessus, que le capitaine
Owen , en tSss et 1827, avait déterminées, et princi-
palement celle de Sierra-Leone » dont toutes les longi-
tudes de la côte d'Afrique devaient dépendre. Un se-
cond but était de s'assurer de la marche des différents
chronomètres. Le capitaine Owen avait obtenu pour la
longitude de la batterie Nord de SierraLeone iS*^ i4'»>
0., et comme la traversée de l'Etna avait été de plus de
six semaines pendant lesquelles on avait passé de la tem-
pérature de l'hiver en Angleterre à la chaleur exces-
sive de Sierra Leone, c'est-à-dire de 5o* à 84* Fahren-
heit (10* à ^8*", 9} «ce qui avait sensiblement altéré les
marches des montres marines , le capitaine Vidal crut
devoir adopter la détermination d'Owen pour point de
départ. La marche des chronomètres fut déterminée
par des hauteurs correspondantes du soleils observées
à Sierra-Leone (batterieN.) depuis le 3 février jusqu'au
11, et en partant de ce point , on détermina les diffé-
rences de longitude suivantes :
1^ cap Mesurado par lochron. en Sjoprs. ... 2" 25' 59 E.
lie cap Palmas idem en 1 1 jours. 5 3o 24
l/ansfï Accoodab, cap desTi'oiâ-Pomfes en 16 jours.. 11 la 37
Le Mât de Pavillon de Titway, près le cap Saint-Paul
en 19 jours i4 i3 64
1^ rÎTiére de Benio( factorerie Flope ) en 24 jours . . 18 21 10
Les îirs Adélaïde à Fernando-Po en 3o jours . . 22 > 79
(68)
L'intervalle entre les dernières observations à Sierra-
Leone , et les premières à Fernando Po étant d'un mois»
on a pensé qu'il serait hasardeux pour l'exactitude des
résultats d'étendre la mesure des différences de longi-
tudes plus loin , avant d'avoir soumis la marche des
chronomètres à un nouvel examen (i). Ils furent donc
réglés de nouveau sur l'Ilot Adélaïde du i3au somars.
La différence des méridiens fut ensuite mesurée entre
ce point et Grown-Sand dans la baie de Corisco, et trou-
vée, après une traversée de 1 1 jours , de 38',4 E., ce
qui compléta la série des stations chronométriques.
Revenant ensuite de Fernando -Po à Sierra-Leone dans
1( s mois de mai et juin , la différence entre ces deux
points fut trouvée dea2« l^8 parle moyen de lo chro-
nomètres en 3o jours , ce qui s'accerde très bien avec
la première détermination.
Au moyen des différences de longitudes ainsi obte-
nues et des latitudes observées en même temps » les
positions des principaux points de toute la ligne d'o-
pération se trouvaient déterminées ; il ne restait qu'à
(i) En admirant le magnifique travail du capitaine Vidal, nous
nous permettrons d'observer que d'après ce qui est dit ici , il semble-
rait que les différences de longitudes données ci-dessus entre Sierra-
Leone et Fernando-Po ont été calculées avant d*avoir obtenu les
nouvelles marches des rhronoroétres en ce dernier lieu. Nous croyons
quil n*y a ici qu'une erreur d'expressions; car il est évident que la
marche dans l'intervalle, nécessaire pour calculer les diffétences de
longitude , ne peut être appréciée que quand on connaît la marche
au départ et à l'arrivée. Nous espérons , au reste, que l'on publieia
les principales données de cette opération-, c'est-à-dire les marches
des chronomètres aux différentes stations, et leur état sur le temps
moyen de chacun des points principaux qui ont seivi de base au tra-
vail } car c'est le seul moyen de faire connaiue le def^ d'exactitude
sur lequel nn peut compter. P> D.
(59)
compléter la reconnaissance de la côte dans les espa-
ces inl rmédiaires.
Pour procéder avec la plus grande précision dans ce
travail , M. Vidal se servit de ses deux bâtiments , qu'il
mouillait à quelque distance l'un de l'autre pour éta-
blir une espèce de triangulation le long delà côle. Les
bases étaient mesurées entre les deux bâtiments au
moyen du son et liées aux positions principales. Des
embarcations suivaient la côte en en dessinant tous les
contours et se fixant de temps en temps par des relè-
veraents pris sur VEtna et le Raven ; d'autres prenaient
les sondes jusque par 300 brasses de profondeur.
Les courants étaient observés à chaque mouillage,
jusqu'à la profondeur de 3 brasses. L'heure de la plaine
mer et l'élévation de la marée étaient obtenues au
moyen de perches établies dans les principales stations;
maïs l'agitation de la mer ne permettait pas de comp-
ter sur une grande exactitude.
La déclinaison de l'aiguille aimantée a été observée à
terre avec le théodolite , et dans les principales stations
ou a eu aussi l'inclinaison et l'intensité.
Enfin y la hauteur des principaux points tant de la
côte que de l'intérieur a été mesurée au moyen du
sextant.
8 caries résultant de cette opération sont déjà an-
noncées comme publiées ; ce sont celles qui donnent :
1" — d« nie Sherboro au cap Mesurait a ;
a* — du cap Mesurada au cap Palmas;
3* — du cap Palmas au Grand-Lahou ;
4* — du Grand-Lahou au cap des Troîs-Pointes ;
5* — du cap des Trois-PoÎDies à Banacoe ;
6* — de Banacoe au cap Saint-Paul;
j' — du cap Formose à Feinando-Po ;
8* — de Fcmando-Po au cap Lnpez.
(6o)
Sur le phénomène diluuien ou erratique du nord de
rEurope,
L'Académie des sciences , dans sa séance du 1 7 jan-
vier dernier , a entendu un rapport de M. Élie de Beau-
mont sur un mémoire de M. Durocher, intitulé : Obser^
vaU'ons sur le phénomène diluifien dans le nord de C Europe ,
mémoire qu'il avait été chargé d'examiner conjointe-
mentavecM. Alexandre Brongniart. Quoique le phéno-
mène dont il s'agit soit plus particulièrement du ressort
de la géologie, c'est-à-dire qu'il ait rapport aux révolu-
tions que le globe a dû subir avant d'arriver à l'état où
nous le voyons aujourd'hui , et qui fait plus spéciale-
ment l'objet des études des géographes, j'ai pensé
néanmoins que la Société entendrait avec intérêt une
analyse succincte du travail et des observations de M. Du-
rocher.
Le phénomène diluvien ou erratique consiste, comme
on sait, en ce que l'on trouve à la surface du sol et dans
une couche de dépôt superficiel des blocs qui évidem-
ment ont été apportés là de fort loin , car ils n'ont au-
cune analogie avec les terrains environnants. Ces blocs
sont observés en Russie, depuis la Finlande jusqu'à
Moscou , en Pologne , dans le nord de l'Allemagne , en
Danemark, dans les Pays-Bas et sur les côtes orien-
tales d'Angleterre. En outre, on a remarqué qu'en
Scandinavie, en Russie, et en d'autres lieux où l'on
trouve des blocs erratiques , la surface des rochers se
trouvait marquée de sillons et de stries qui semble-
raient indiquer l'existence à une certaine époque d'un
courant violent allant du N. au S., et qui, transportant
des blocs, aurait sillonné les bords de son lit.
( 6. )
Jusqu'à présent tous les phénomènes qui entrent dans
ce vaste ensemble de faits , savoir , la production des
sillons et des stries d*érosion , celle du grand dépôt
erratique des plaines et du transportées blocs, ont été
coDsidérés comme formant un tout dont les diverses
parties sont connexes. H. Durocher , sans méconnaître
la liaison qui existe entre les différentes parties de cet
ensemble, y signale cependant deux séries de faits
assez distinctes , dont chacune lui parait susceptible
d'une explication à part. D'un côté sont les sillons et
les stries tracés sur les roches solides de la Finlande
et de la Scandinavie • ainsi que les amas de matières
de transport, en forme de longues chaussées, nom-
mées Osar; de l'autre est le vaste dépôt qui renferme
et qui supporte les blocs erratiques, tant dans les par-
ties basses de la Finlande et de la Suède que dans les
plaines de l'Europe centrale. Ces deux séries parais-
sent à M. Durocher appartenir à deux périodes essen-
tiellement distinctes. Dans la première, une grande
masse d'eau , partie des régions polaires et probable*
ment accompagnée de glaces, serait venue inonder les
contrées septentrionales, depuis le Groenland jusqu'à
lachafne des monts Oural. Lecourant, se précipitant du
nord vers le sud, aurait envahi la Norvège, la Suède
et la Finlande • démantelant les montagnes et les ro-
chers qu'il trouvait sur son passage , polissant leur sur-
face, et y traçant dessillons et des stries au moyen des
détritus qu'il en arrachait. Les mêmes masses d'eau
qui avaient passé sur la Scandinavie et la Finlande ont
dû se répandre sur l'Allemagne, la Pologne et la Rus-
sie, et y produire des phénomènes d'érosion et de
transport; mais, à mesure qu'elles s'éloignaient de
leur point de départ, leur vitesse devait aller en dimi-
(62 )
nuant. Du côté oriental, le courant a dû se perdre peu
à peu dans les plaines immenses de Tempire russe; et
du côté occidental, il est venu expirer au pied des mon-
tagnes de l'Allemagne, le Riesengebirge , TErzgebirge,
le Hartz. Peut-être même les eaux ont-elles ruisselé
dans les intervalles et sur les parties les plus basses de
ces montagnes pour se répandre plus au midi.
Pendant cette première période il y a eu production
de détritus de sable et de menus graviers; mais M. Du-
rocher pense qu'ils ont dû être en petite quantité là
où les roches sont solides. La violence de l'action et
son instantanéité ont dû plutôt avoir pour effet d'arra-
cher les parties saillantes des rochers et de produire
un grand nombre de blocs d'une très grande dimen-
sion; le tout aura été poussé le long des pentes des
montagnes, entraîné à des distances plus ou moins
grandes et accumulé dans les lieux bas de manière à
former des traînées ou osars.
Dans la seconde période, une mer plus calme au-
rait, donné lieu à la formation du vaste dépôt sédimen-
tai^e, qui ne sert pas seulement de support aux blocs er«
ratiques, mais qui en renferme aussi un grand nombre^
et qui couvre, sur une très grande étendue, les parties
basses de la Finlande et celles de l'Europe centrale.
La stratification régulière de ce dépôt et les coquilles
marines que l'on y a observées dans un état parfait de
conservation prouvent qu'il a dû se former dans une
mer peu agitée , où les courants étaient d'une force
peut-être un peu supérieure, mais comparable à celle
des courants qui existent dans les mers actuelles et qui
y déterminent la formation de bancs de sable.
Quant au transport des blocs erratiques qui sont
venus évidemment de la Scandinavie et de la Finlande,
( 63 )
H. Durocher suppose que, à la suite des hivers assez
froids, les blocs détachés précédemment des montagnes
ont pu se trouver enveloppés d'une ctoûte de glace,
qui, au printemps, se sera brisée en morceaux ca-
pables de les soutenir à la surface de l'eau. Les blocs
ainsi suspendus ont pu être entraînés fort loin par les
courants, tomber ensuite, et se fixer sur la couche for-
mée par les dépôts déjà faits ou même y pénétrer. Ce
phénomène de transport de blocs de rochers par les
glaces a été observé au Canada sous la latitude de 48
à 5o**, et cette supposition d'hivers plus froids en Eu-
rope pendant la période géologique qui a précédé im^
médiatement la nôtre serait d'ailleurs en harmonie
avec plusieurs autres résultats d'observations.
H. Élie de Beaiimont, en terminant ce rapport, a
proposé à l'Académie, qui l'a adopté, de voter des
remerciements à M. Durocher pour la communication
de ce travail.
(64 )
Ponlions dam le Kurdistan , déterminéeê astronomiquement
par A. G. Glascott , officier de la marine (T Angleterre.
Erz-rùm (consulat an(^lais). ,
Ruràjuk
Hassan-kaieh (extr. S du fort
Eïb-lcr
A(>'bveràn
Khunus ou Rhinis KaTeh. -
Kerawi '. . . ,
Musli vieux palais)
Mrzirah (près Kharput). . .
Palo (maison Sarraf).
Mezrrah
Chevli
Khags-koï
Ritlis (maison du Shérif BegV .
Van (jardin du médec. du Pacha)
Amis
Arjish • . .
Adgel-jivaz
Diyad'm(un peu au N .du village)
Bayazid
Vek Kilis;i
Malla Suleiman
Latit»! N-
39® 55' ao
39 57 I a
39 58 55
39 49 23
3ç) 28 ^o
39 21 42
38 53 16
38 46 3o
38 40 32
38 4a 5a
38 49 o
38 53 ao
38 43 la
38 33 54
38 39 o
38 58 ao
38 58 54
38 48 o
89 32 36
39 3 I 4^
39 38 a3
39 48 40
LORCITCOI E.
de Parkc
38«58' 6"
39 1 1 36
39 a3 16
3925 6
»
»
39 9 6
36 55 5i
37 37 5i
3750*6
38 7 16
39 17 36
3944^'
40 5o 1 1
41 8 a6
40 5f 6
40 i5 6
0 38 O.O.dvBai.
1 a4 o O.de Baj.
Va». N-O.
CBiSS7.
I
4*36
4
4
4
4
O
26
ro
5a
16
46
»
4o
M
»
4 i5
Les instruments employés étaient un théodolite» un
chronomètre de poche et un sextant de Cary don-
nant i5''.
Pour les latitudes, i3 ont été déduites d'observa-
tions de la polaire, 3 d'une moyenne entre des hau-
teurs de la polaire et des hauteurs circumméridiennes
du soleil , s de hauteurs circumméridiennes du soleil
seul » 1 (celle de Bayazid) de hauteurs égales du so-
leil. On ne doit la considérer que comme approchée.
Enfin les trois autres, savoir: Mezirah, Chevli et Khass*
Roi, ne sont qu'approchées^ ayant été obtenues par des
hauteurs du soleil hors du méridien.
(€5 )
Les diiTércnces de longitude ont été mesurées au
moyen du chronomètre en partant de celle d*Erz-rum
déterminée par les officiers de l'état-mojor russe.
Voici les hauteurs de quelques uns de ces points,
déduites d'observations barométriques par le doc-
teur E.-D. Dickson en i838.
Erz-rum. ....••
Karujuk
i1assan«Kaleb
Pic le plus haut au-dessus.
Eîblcr
AgliverâiB
RhuDus
Kerawi. •....•
Musfa
Mexirah
Pain
Mèzrah
Cherli
Ritles
Van (lac)
6,1 14
6,007
5,5o5
7,3o5
6,259
6,ao5
5,686
4,123
4^692
3,618
3,292
5,21 5
3,778
5,475
5,467
MMrM.
,864
,83 1
,678
,227
,908
,891
,733
,257
,43o
,io3
,eo3
,589
,i5i
,669
,666
Expédition du Niger,
L'intérêt que l'on porte naturellement aux progrès
de Texpédition anglaise du Niger nous a engagé à ras-
sembler ici et à coordonner ce qui en a été publié jus-
qu'à ce jour dans la Litterarjr»Gazette^ pour donner un
aperçu de cette expédition qui, malgré toutes les pré-
cautions que Ton avait prises pour garantir l'équipage
de l'influence funeste du climat^ n'a pas pu échapper
^ ses désastreux efTets.
Ce fut le i4 £toût que l'expédition entra en rivière
après avoir passé la barre sur laquelle il ne reste que
14 pieds d'eau (4"*. 5). Z^'^/Ac/f avait à la remorque
XVIf. JANVIER. 5. 5
( 66)
le schooner VAmèlia qai devait servir de conserve. Le
19 , Texpédilion était moaillée devant Tlle Alburka si*
tuéeà quelques millesde reiDboachure.Quelquess}inp-
tômes de fièvres s'étaient déjà montrés , mais la santé
était généralement bonne.Le 20. on quitta ce mouillage
et on fit 5o [milles environ en remontant, le 91 on en
fit autant; le 99 qui était un dimanche fut consacré
au repos» le «3 fut employé à chercher ce qu'était de-
venu le Wilhefforce qui avait pris un autre canal
sans que le capitaine Trotter le sût. Ce bâtiment re-
joignit l'expédition le a6 août à Eboe ; ce détour lui
avait fait reconnaître un nouveau bras de la rivière où il
rencontra de nombreux villages et une population plus
considérable que celle qu'on avait observée jusqu'alors.
Le 94 on fit encore 90 milles» le 95 août on fit 95 milles,
enfin le 95 au soir les quatre bâtiments se trouvèrent
réunis à Eboe , à 1 3o milles de l'embouchure de la
rivière d*après l'estime des roules. La rivière avait là
environ 900 mètres de largeur et une bonne profon-
deur. Les rives étaient couvertes d'une ajbondante végé-
tation parmi laquelle on distinguait le cotonnier , le
palmier» le bambou et beaucoup d'autres espèces
d'arbres. La profondeur varie depuis i3 fathoms (94
mètres) jusqu'à des bas-fonds assez dangereux. Le
courant est d'environ 9 milles à l'heure. La largeur de
la rivière au-dessus de ce point varie de 100 mètres à
1 mille 1/9. Pendant les 3o ou 4o milles suivants on ren-
contra peu d'habitations ; dans les 3o ou 4o milles plus
loin encore» on trouva quelques villages» ensuite la po-
pulation devint moins nombreuse et enfin nulle.
Six jours après le départ d'Eboe les bâtiments arri-
vèrent à Iddah. La fièvre commença à faire des ra-
vages : arrivé à 900 milles au-dessus d'Iddah» le capi-
(6?)
laine Trotter résolut de renvoyer à Fernando-Po le
Soudan sar lequel il fit placer 36 malades; il regardait
encore l* Albert comme en état d'atteindre Rabbah, et
de remonter le Quorra tandis que le fVUbetforce com-
mandé par le capitaine W. Allen aurait remonté le
Tchadda. C'était le 19 septembre que le Soudan descen-
dait le fleuve » et déjà le s 1 il se trouvait tant de malades
sur le IVilberforce qu'il fallut renoncer à gagner le
Tchadda , et qu'il fut obligé de suivre le SoudaniW ne
resta donc plus que r Albert. Le capitaine Trotter écri-
vait le a I septembre que malgré les nombreux obsta-
cles que présentait le climat , il espérait encore que le
bot qu'il s'était proposé dans cette expédition serait at-
teint. Les nombreux accidents qui arrivent à chaque
instant, disait-il, me tourmentent beaucoup; j'ignore si
j'aurai encore le temps de remonter la rivière cette
année ; mie demi-heure de plus peut changer la situa-
tion... )e serai certainement à Fernando-Po vers le
i5 décenabre.
Le Soudan en arrivant à Fernando-Po trouva le brick
k Dolphin qui prit les malades à son bord et les trans-
portai nie de l'Ascension ;maishuitmoururentdans la
traversée. Ce bâtiment devait, sous le commandement
(ieM. Strange, retourner joindre /'j^/i&^rf; mais VEthiope
étant arrivé à Fernando-Po , le capitaine Becroft con-
sentit à remonter la rivière et à aller offrir au capitaine
Trotter les secours domt il pourrait avoir besoin.
Les victimes de la fièvre d'Afrique étaient au i'*' oc-
tobre au nombre de lo , savoir : 5 ofiSciers, i4 matelots
et 5 soldats de marine. Ces pertes , quelque déplora-
blesquelles soient, sont certainement beaucoup moins
nombreuses que celles qui ont été éprouvées dans les
expéditions précédentes. En effet , tous ceux qui ac-
(68 )
compagnaient Mungo Park périrent avec lui. En 1816
le capitaine Tuckey succomba avec près de la moitié
des officiers et de Téquipage, et tous les savants, à Tex-
ception d'un seul. Le capitaine Owen perdit près des
deux tiers de son monde; enfin Laird, quand il arriva
au confluent des deux rivières , avait déjà enterré la
moitié des blancs qui composaient son équipage, et
plus de la moitié des officiers.
Quant aux résultats obtenus jusqu'à ce moment par
cette expédition , nous savons que des traités ont été
conclus avec l'Obi d'Eboe, et l'Attah de Egarrah pour
l'entière abolition du commerce des esclaves et des sa*
crifices humains. La tenue et la conduite de ces deux
princes, disent les commissaires, sont très impo-
santes.
Un terrain de 16 milles de long sur 6 de large a été
acheté pour y établir une ferme modèle ; il est sec et
élevé, et on y trouve |une montagne de i,aoo pieds
(SîiS") de haut qui a reçu le nom de Mont-Slirling. Le
schooner FAmelia est mouillé dans la rivière vis-à-vis
l'établissement. Le roi d'Eboe , ses femmes et sa cour
ont été très aimables à l'égard de ceux qui sont établis
à terre , et qui sont en très bonne intelligence avec les
naturels. Le capitaine Trotter terminait sa lettre du
a 1 septembre en disant : La ferme modèle va bien ;
elle est admirablement située.
Depuis que cette note a été écrite et même imprimée»
de nouveaux renseignements nous sont parvenus , et
l'arrivée du capitaine Trotter à Liverpool , où il a dé-
barqué le a5 janvier nous met à même de donner la fin
de cette désastreuse expédition , ainsi que la qualifient
les journaux anglais.
Après le départ du fVilbefforce. V Albert s'efforça
(69)
encore d'avancer en remontant; du 21 au 28 septem-
bre il gagna Egga à 5o milles au-dessus du confluent
du Tchadda et à environ 32o milles de la mer. Enfin,
le 4 octobre, Tétat de Téquipage ne laissant plus au-
cun espoir de continuer, le cap fut mis pour descen-
dre la rivière. Il ne restait en état d'agir è bord de
rÀlbert que le docteur. M' William, un matelot et
H. Stanger, géologue. On aurait même été obligé de se
laisser aller au courant sans Taire usage des machines ,
si H. Stanger, étudiant le livre de Tregold, et prenant
conseils d*un des mécaniciens malades , n'eût entre-
pris de faire marcher la machine. Tandis qu'il s'occu-
pait des fourneaux, le docteur M'William, tout en soi-
gnant ses malades , se chargeait de la conduite du bâ-
meiit au moyen de la carte du commandant William
Allen,
Le 9 , on se trouvait au confluent des deux fleuves ,
et le 13 on atteignit Eboe. On prit ù bord les blancs
qui étaient restés à la ferme, et qui étaient aussi tous
malades. Enfin, le iS, à environ 100 railles de la mer,
on rencontra le capitaine Becroft, qui, avec le navire
à vapeur VÉthiope^ venait au-devant de l'expédition,
qu'il conduisit à Clarence-Cove dans l'Ile de Fer-
nando-Po.
Le capitaine Trotter s'embarqua le s3 novembre
pour revenir en Angleterre rétablir sa santé. Il annonce
dans son rapport qu'il a laissé le schooner tAmelia
mouillé devant rétablissement; mais qu'il adû retirerde
l'un et de l'autre tous les blancs , et n'.y laisser que des
nègres. Il pense au reste qu'il serait nécessaire qu'un
bâtiment à vapeur fût envoyé l'année prochaine dans
le Niger, et qu'il pût aller jusqu'à Rabbath pour com-
pléter la série de traités qu'il avait faits avec les peuples
de ces contrées. P. D.
( 70 .)
Détroit de Dampier et île nouvelle dans les CaroUnes^
m
Le namére de novembre du Nautical Magazine con-
tient une lettre du capitaine Hunier , commandant ]e
navire le Marshall Bennett^ datée du détroit de Mindoro,
le 12 mar8i84i^ dans laquelle ce capitaine faitconnaltre
le résultat des observationsqu'il a faites danssa traversée
du détroit de Dampier , entre la Nouvelle«Bretagne et
la Nouvelle-Guinée. Les travaux de V Astrolabe^ en iSsy»
sur les côtes de la Nouvelte-Guinée , rendent inutile
de faire connaître la lettre du capitaine Hunter , dont
le principal objet était de faire voir que la position as-
signée à l'Ile Longue , sur les anciennes cartes » «st
fautive, et que cette ile se trouve comprise entre
S** is' et S'' sV de lat. S., et i44'' So et i45° 4' de lon-
gitude E. de Paris. (M. d*Urville-donne pour les mêmes
limites S^" i4' et 6* 28' S. et i44" 4o' et i44^ ^4' E. y
Hais nous croyons devoir faire remarquer que le capi-
taine Hunter a passé entre Ttle Rooks et la Nouvelle-
Guinée, tandis que M. d'Urville, et avant lui d'Entre-
oasteaux, avaient passé entre Tlle Rooks et la Nouvelle-
Bretagne. M. Hunter a trouvé le passage de TOuest
large et sain en se tenant à 6 ou 7 milles de la côte de
la Nouvelle-Guinée ; on voyait » dit-il , la houle briser
sur les falaises» et il n'existe certainement aucun dan-
ger au large de cette partie de la côte.
Le même capitaine annonce que le 10 décembre
i840| en se rendant de la Nouvelle-Irlande à la Chine»
il reconnut, par i"" Ss' N. et i64'' $6' E. ( \h%^ W E.
de P. ), un groupe de petites lies basses environnées
d'«n récif et ayant un lagon au milieu ; il pense que
ce ne peut être les mtoies que les lies Monteverde ,
placées par 5" 27' N. et i55» 48' E. (iSS" i«')- H croit
(7»)
au reste que ces dernières pourraient bien ne pas exis-
ter, du moins dans cette position , car il ne les a pas
fues. Quant aux autres lies, dit-il, je les ai eues en vue
pendant 3 jours, dont le dernier était très beau; j'ai
observé à midi la latitude de 3* 0 N., la terre restant
au N. i/4 N.-E. Pour la longitude, elle a été détermi-
née par 3 chronomètres, dont l'un surtout allait très
bien. On s'était trouvé le i*' décembre auprès de l'Ile
Gardner , dont on supposait la pointe E. par i59* 4' E.
(149* 54' E. ), et le i4 novembre on s'était réglé sur
lapo&îtion du cap Saint-George (Nouvelle-Irlande),
dont on supposait la longitude de 1 5 20 48' E.(i5o'* 9 8' E.)
Cesllesy quoique très petites, sont très habitées; la
race est belle, d'une taille au-dessus de la moyenne ;
son teint est brun; elle a de belles dents et ressemble
à la race qui habite l'archipel des Navigateurs. Nous
avions autour de nous 1 3 canots contenant environ
5o hommes. Les naturels paraissaient très vifs et très
satisfaits de voir des objets si neufs pour eux. Ils avaient
apporté pour échanger, des noix de cocos, une grande
quantité de petites cordes, un peu de poisson et d'autres
bagatelles, qu'ils donnaient pour des cercles de fer et
des couteaux. Leurs canots étaient taillés dans un arbre
d'un bois à grain fin; ils étaient bien faits et pourvus
d'un balancier ; quelques uns portaient 1 9 hommes.
D'après l'étonnement qu'ils montrèrent en voyant des
cochons, je crois pouvoir conclure qu'ils n'ont point
d'animaux dont ils fassent leur nourriture» et que leurs
aliments consistent presque entièrement en noix de
cocos et en poisso,ns. L'étendue de ces tles qui, y com-
pris te récif, n'est pas de plus de 12a i4 milles de cir-
conférence , m;e semble confirmer cette supposition.
Je dois dire cependant que nous avons attaqué ces
lies du côté du S. et de l'O. et que, vers le N.-E., le
( 74 )
moires. La Commission accueille celle offre avec beau-
coup d'iolérèU el décide qu'un exemplaire de son
Bullelin sera adressé à la Sociélé ethnologique.
M. Berihelot annonce qu'il a reçu un exemplaire de
la statistique des divers ministères du Venezuela .
et qu'il s'empresse d'en (aire don à la bibliothèque de
la Sociélé.
Parmi les autres dons faits à la Société se trouve la
collection des importants ouvrages que M. le ministre
de l'Instruction publique a bien voulu annoncer à la
Commission centrale dans sa dernière séance.
M. le Président vote des remerciements aux dona-
teurs, et ordonne le dépôt des ouvrages à la biblio-
thèque.
M. Daussy communique une lettre de H. d'Abbadie,
contenant une série d'observations astronomiques
faites par ce voyageur sur divers points de l'Ab^s-
sinie.
M. d'Avezac communique également une lettre de
M. d'Abbadie et une lettre de M. Lefebvre, dans les-
quelles se trouvent de précieux détails sur les mêmes
contrées.
M. de Laroqucllc lit ensuite une Notice qu'il a reçue
de M. le colonel Visconti, correspondant de la Société»
sur les travaux du bureau topographique de Naples ,
dirigé par cet habile ofTicier.
Ces diverses communications sont renvoyées au
comité du Bulletin.
La Commission centrale nomme pour faire partie
du comité du Bulletin, MM. Ansart, Cochelet et
Texier, en remplacement de MM. Boblaye» de Lare-
naudière et Noël Desvergers.
M. Jomard propose une liste d^ cinq candidats pour
{ 75 )
les deux places vacaoles parmi les correspondants
élrangers. La Commission procédera i ces élections
daos sa prochaine séance.
Séance (lu ai janvier i84s.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
H. le général chev. de Saluées adresse à la Société
la première livraison de la carte topographique des
États de S* M. le roi de Sardaigne en terre ferme, que
vient de publier sous sa direction le corps royal d'étal-
mafor général. La Commission centrale vote des re-
merciements à M. le général de Saluées, et renvoie la
carte à H. le colonel CorabœuF, pour en rendre compte
à la Société.
M. le vicomte de Santarem offre le i**" volume d'un
ouvrage qu'il publie par ordre du gouvernement por-
tugais sous le titre de Tableau des relations politiques et
diplomatiques du Portugal avec les diverses puissances du
monde , depuis Vorigine de la monarchie portugaise jus^
quà nos jours. M. de Santarem est prié de remettre \\w
comité du Bulletin une Notice sur cette intéressante
publication.
M. Thomassy fait connaître à la Société trois docu -
ments ignorés jusqu'ici , et très importants pour les
iciences historiques et géographiques. Le premier
concerne le prêtre Jean de l'Asie; le second, le prête
Jean de l'Abyssinie « et le troisième est une relation
firançaise du voyage de Magellan , dédiée par son
auteur Pîgafetta à Villiers de l'Ile-Adam , grand-mal-
tre des chevaliers de Rhodes. Ce dernier document
tendrait à prouver qu'au commencement du xvi' siè-
cle, le français était encore la langue des voyageurs
(76 )
aussi bien que celle des chevaliers. Quant aux deux
premières pièces , elles donnent une date positive, un
point de départ certain pour examiner Tétat des chré-
tiens de rinde et des chrétiens de TAbyssinie, D'après
l'opinion de M. Thomassy, ces deux questions, enve-
loppées jusqu'à ce jour de lant.d'inccrtitudos, se trou-
vent maintenant éciaircies, au moins quant à leur
origine. Ces documents inédits ont été découverts par
M. Thomassy durant une mission scientifique que M. le
ministre de .l'Instruction publique lui avait confiée
dans la Lorraine. La Commission centrale écoute cette
communication avec intérêt, et elle invite M. Thomassy
à lui faire une lecture plus étendue sur ce sujet.
M. Desjardins lit une Note sur les progrès de la civi-
lisation et de Tindustrie en Autriche. Cette communi-
cation est renvoyée au comité du Bulletin.
La Commission centrale avait à former ses sections
de correspondance et de publication ; elle désigne pour
en faire partie, savoir :
Section de correspondance. MM. Bajot , Barbie du Bo-
cage, Callier, Cochclet , Dubuc, Edwards , Jaubert ,
Lafond , C. Moreau , Noël Desvergers , d'Orbigny ,
Texier et Warden.
Stction de publication, MM. Albert-Montémont, An-
sart, d'Avezac, Boblaye, baron Costaz, Denaix, baron
Ladoucette, de Larenaudière , de Mnntrol, vicomte de
Santarem, Ternaux» Vivien, et baron Walckenaer.
La Commission procède à l'élection de six membres
adjoints; et elle nomme au scrutin MM. Conteaux,
Couthaud, Desjardius, Guigniaul, Imbert des Motte-
lettes et Tbomassy.
La Commission devait aussi procéder à Télection de
deux correspondants étrangers; mais une discussion
f 77 )
s'étant élevée sur les conditions à remplir par les can-
didats pour obtenir ce titre , la nomination des cor-
respondants a été renvoyée à la prochaine séance.
MEMBRES ADMIS DANS LA SOCIÉTÉ.
Séance du 7 jam^ier 1842.
M. le vicomte Léon de F^aboede, membre de la
Chambre des Députés.
H. le vicomte Charles Pajol, capitaine au corps royal
d'élat-major.
M. le docteur Parisbt, secrétaire perpétuel de TAca-
démie royale de médecine.
Séance du 2\ jani^ter 1842.
M. Viols, ancien directeur des comptes du trésor
de la Couronne.
OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ.
Séance du 17 décembre i84i«
Par M. A, £r/7za/z ; Orstbestimmungen bei eincr
lebersabrt von Ochozk nach Kamschatka und daraus
begrûndete Untersuchung der Stromungen im Ochoz-
ker oder Penjinsker meere. Broch. in-8. — Positions
géographiques de TOby , depuis Tobolsk jusqu'à la mer
Glaciale, corrigées par A. E. Broch. in-8. — Beo-
bachtungen der GrossedesLuftdrucksùberdenMeeren
and von einer sehr bestimmten Beziehung dièses Phà-
nomens zu den geograpbischen Coordinaten der Orte.
Broch. in 8. — Wanderung der Armànier Grigor und
Daniel Atanason durch Asien die schriebcn dièse Noti-
ten zy Semipalatinsk im jahre 1807. Broch. in-8. —
l'ebcreinige Thalsachen , welche wahrscheinlich ma-
(78 )
chen , (iass die Asieroïden der Augustperiode sich im
Februar» und die der Novemberperiode im Mai eines
jeden Jahres zwischen der Sonne und der Erde» auf
dem Radius Veclorderletzleren, befinden. Brocb. in-8.
— Archiv fur wissenschafiliche Kunde von Russland.
Erstes beft. in-8.
Par M. Delcros : Description des baromètres à ni-
veau constant et à niveau variable , et instructions sur
la manière de les réparer, de les observer, de les trans-
porter, et de corriger les dépressions de capillarité qui
les affectent, suivies d'une nouvelle table des dépres^
sions capillaires. Brocb. in-8.
Par M, Lœwenstem : Journey fromtbecityof Mexico
to Mazatlan witb a descriptions of some remarkable
ruins. Brocb. in-8.
Par M. Eugène Sicé: Traité des lois mabométanes,
ou Recueil des lois, us et coutumes des musulmans du
Décan. Brocb. in-S. — Mélanges poétiques. Brocb. in-8.
Par M. Bouffard : Carta geografica de la isla de
Cuba , para servir de ilustracion a la bistoria fisica ,
politica y natural de la misma isla , de D. R. de la Sa-
gra. Une feuille.
Par M. W. Ober^MuUer : Atlas etbno- géographique,
ou Lander und Wœlkerkarten. a* Division, les pays
et les peuples de l'Europe, de l'Asie antérieure et de
la Berbérie dans leur état actuel. Une feuille.
Par M, Demangeon : Nouvelle mnémonique à la
poriéede toutesles intelligences, et qui peut s'appren-
dre sans maître ; suivie de nombreux exemples de son
application à l'bistoire et aux sciences, i vol. in-8.
Partes auteurs et éditeurs : Annales maritimes et co-
loniales , novembre. — Nouvelles annales des Voyages ,
octobre. — Revue scientifique , novembre. — Journal
( 79)
des missions évangéliques, décembre. — L^Investiga-
teur , journal de l'Institut historique, novembre. —
Journal asiatique, septembre et octobre. — Mémorial
encyclopédique, novembre. — L'Écho du mondesavant
Séance du 'j jam^ier i843*
Par M. le ministre de r instruction publique : Collée^
tion de documents inédits sur l'histoire de France ,
publiés par ordre du Roi et par les soins du Ministre de
l'instruction publique, Sg vol. in-4. — Description de
TAsie -Mineure, faite par ordre du gouvernement fran-
çais de i833 h 1837, et publiée par le Ministre de
Tinstruction publique. Première partie : Beaux-arts ,
moDoments historiques, plans et topographie des cités
antiques, par M. Charles Texier. n'a i8« livraison, in-
fol. — Périple de Marcien d'Héraclée, Épitome d'Ar-
témidore, Isidore de Charax, etc., ou supplément aux
dernières éditions des Petits .géographes , par M. E.
Miller , 1 vol. in-8. — Fragments des poèmes géogra-
phiques de Scymnus de Chio et du faux Dicéarque ,
restitués principalement d'après un manuscrit de la
Bibliothèque royale, etc., par M. Letronne. 1 vol. in-8.
-«Histoire de la conquête et de la fondation de l'empire
anglais dansl'Inde, par M. le baron Barchou de Penhôen,
6 vol. in-8. — Histoire et description des voies de com-
munication aux États-Unis et des travaux d'art qui en
dépendent, par M. Michel Chevallier. Tome !•*• et 1"^
partie du tome 2 in-4 > atlas i'***, «• et 3* livr. in-fol. -— »
Voyage dans l'Amérique méridionale, par M. Alcide
d'Orbigny. 55* livraison. — Voyages dans les contrées
désertes de l'Amérique do Nord, entrepris pour la fon-
dation du comptoir d'Astoria sur la côte Nord-Ouest ,
par Washington Irving, traduit de l'anglais par P. N.
Grollier. 2 vol. in-8.
Par M, P. Jacquemont: Voyage dans l'Inde. 37. li-
vraison. — Par la Société ethnologique : Mémoires de
cette Société.Tomei", in-8. — Par In. Gustat^e d'Eich-
thaï: Histoire et origine des Foulahs ouFellans. 1 vol.
in-8. — Par M. Saint-Hrpolite:l^ec\\erchessuT quelques
points historiques relatifs au siège de Bourges (Avarich,
Avaricum), exécuté par César pendant l'hiver des an-
nées 53 à 5a avant notre ère. In-8. — Par M, JVarden :
Communication faite h la Société philosophique amé-
( 8o )
ricaine au sujet des trombes et relativement à un mè>
moire de M. Peltier sur la cause de ces météores, par
M. le D'R. Hare. Broch. in-iS.
Séance du ^i jam^ier.
Par M. le général chevalier de Salaces : Caria degli
Siati dis. M. Sardain terra firma. Opéra del realcorpo
di Stalo maggiore générale, i " P. — Cenni inlorno alla
formazione délia carta topografica degli Stati di S. M.
il Re. di Sardegna in terra firma. Broch. in-8. — Par
la Société géologique de France: Mémoires de celle So-
ciété. Tome IV, a' partie , in-4* -^ ^w M^ le vicomte
de Santarem : Quadro elementar das relaçocs politicas
e diplomaticas de Portugal corn as diversas potencias
do mundo, desdco principio da mooarchia porlugueza
aie aos nossos dias, etc. Tome Je% in-8. — Par M. H,
Meidinger : Die deutschen Volksslamme. Geographisch
und gescbichdich beleuchlet mit besonderer Berucksi*-
cbtigungder Sprachs. i Vol. in-8. — Dictionnaire com-
paratif et étymologique des langues teuto-golhiques. i
vol. in-8, — Par M, Desjardins : Tableau comparatif de la
superficie et de la population absolue et relative de tous
les Etats du monde , dressé d'après les documents les
plus récents, i feuille. — Par M. le comte Ad, de Caraman,
Des expéditions du colonel Ghesney dans le but d'é-
tudier la navigation de TËuphrate» etc. Brocb. in-8. —
Par M. Daily: Éléments de l'histoire du genre humain,
avec ligures, plans et cartes géographiques, i*' cahier.
Géographie. In -4* — Parles auteurs et éditeurs : Anna-
les maritimes et coloniales , décembre. — Nouvelles
annales des voyages, décembre. — Revue scientifique
et induslrielle , décembre. — Journal asiatique, no-
vembre.— Bulletin de la Société géologique. TomeXII,
feuilles 28-3 1. — Recueil de la Société polytechnique,
novembre. — Extrait des travaux de la Société centrale
d'agriculture de Rouen. 78% 80' et 81' cahiers. — An-
nales de la Propagation de la foi , janvier. — L'Investi-
gateur, journal de l'Institut historique, décembre. —
Journal général de la littérature de France , août —
L'Écho du Monde savant.
BULLETIN
D£ LA
SOCIETE DE GEOGRAPHIE.
FÉriiifiH i84s«
PREMIÈRE SECTION.
UÉMOtRES, EXTHAITS, ANilLYSES ET RAPPORTS,
ESSAI
SiR LA GÉOGRAPHIE DU PAYS DE SÇOUMAL,
A l'extrâmité de l'Afrique orientale ,
PAR M. D*AVBZAC,
S«ci4lair« de la Snciéié de géographie.
Observations préliminaires sur la transcription
orthographique des noms de lieux.
L'essai qu'on ra lire est fondé presque exclusive-
ment sur des informations recueillies à la fin de 1840
et au commencement de 1841 > àMosçawwa' et à Ber-
berah , par M. Antoine d'Abbadie , l'un des voyageurs,
sans contredit, le mieux pourvus des connaissances
variées et de la fine sagacité qui rendent profitable
l'étude des pays et des peuples peu connus.
VII. FÉVRIER. 1. 6
(8«)
Après rintérêt de préférence , qui , dans ces matières,
appartient aux renseignements itinéraires, M. d'Ab-
badie attache» a?ec raison, une grande importance è
déterminer aussi approximativement que possible les
prononciations indigènes des noms de lieux, au moyen
d'une transcription scrupuleuse des sons qui frappent
son oreille , et de l'orthographe usitée dans le pays.
Dans le cas actuel , c'est l'orthographe arabe qu'il a dû
prendre pour type; mais on sait que plus d'une diffi-
culté se rencontre dans la translation en caractères eu-
ropéens. Au surplus , quel que soit le système adopté
pour rendre par des lettres latines les éléments de l'al-
phabet arabe , il suffit que le tableau de correspon-
dance mutuelle des unes et des autres soit bien déter-
miné et ponctuellement suivi , pour qu'il soit aisé de
restituer l'orthographe originale , et de la reproduire
dans tout autre système donné.
Voici, indépendamment des indications déjà pu-
bliées à ce sujet par H. d'Abbadie lui-même » celles
qu'il nous a nouvellement transmises :
• J'ai fait • , dit-il » t tout ce qui était en mon pouvoir
pour bien entendre et bien écrire. Le *d est le tl ce-
rébral du sanskrit : on le retrouve en ilmorma , en
'afar et en bôdja (bichari). Hh est le hha fort des
Arabes, th le grand Ma, & le fatahh^ s le s, ad.
L'apostrophe indique le *ajrn, et la lettre ô cette
voyelle éthiopienne obscure dont le son se rapproche
plutôt d'un I très bref que d'un e tnuet français.
L'accent, parfois très senti chez les S,omai, est tou-
jours tonique et non diacritique . comme en fran-
çais. Mon système d'orthographe exige que toutes les
lettres soient prononcées avec leur son naturel en
notre langue , avec cette seule exception que IV est
toujours ouvert et jamais muet. •
(88 )
«Ne vaudrait-il pas mieux », mande't-il ailleurs,
• écrire Szomal que S,omal? On a pris goût, en Eu-
■ rope, à l'accolement de deux lettres pour exprimer
• an son étranger simple, et il serait peut-être bon
• d'éviter les lettres avec point ou apostrophe ; nous
• avons déjà ch (schyn] , kh (khâ), et MiM. Fresnel et
■ Lane écrivent ck pour le qaf^ ce qui est moins inso-
> lite que le q, liais je m'en rapporte à votre bon juge-
• ment. M. Fresnel avait écrit le ssad par fs , et j'avais
« jusqu'ici suivi son exemple ; mais les imprimeurs de
■ ce siècle ont dit adieu à l'/ longue, et ont mis mes
> deux ss au même niveau. »
La reproduction typographique des signes manu-
scrits par lesquels le voyageur différencie les consonnes
arabes qui n'ont point de correspondance exacte avec
celles de nos alphabets, présente en effet des difficul-
tés qui ne pourraient être levées que par la gravure et
la fonte de quelques caractères particuliers; mais la
forme et l'emploi de ces signes diacritiques est trop
variable et trop arbitraire entre les orientalistes, pour
que les typographes s'aventurent volontiers au milieu
de ce labyrinthe.
Il a cependant été fait une heureuse tentative à cet
égard; le croirait-on ? c'est en Angleterre , ce pays à la
prononciation et à l'orthographe étranges et sans rè-
gles, que cet exemple nous est donné, et c'est à la
Société royale géograpl^ique del^ondres que Thonneur
eo appartient. Là s'est trouvé un savant orientaliste ,
connu et apprécié de toute l'Europe , mon excellent
confrère et ami le révérend George- Gecil Renouard ,
dont rautorité a été assez puissante pour obtenir que,
dans la transcription des noms orientaux , on renonçât
complètement aux capricieuses formes sous lesquelles
(84)
se produisent les prononciations anglaises, et que Ton
se réduisit à un alphabet harmonique de la plus grande
simplicité.
J'en donnerai une idée générale en quelques mots.
On sait que Tarabe ne fait entrer dans le corps de
récriture que des consonnes, au-dessus et au-dessous
desquelles on trace les voyelles et les signes orthogra-
phiques ; on sait également que les consonnes ont des
formes peu variées entre elles, et pour les distinguer
il est nécessaire de recourir à des points diacriti-
ques» placés de même au-dessus et au-dessous.
Le premier besoin est de représenter les consonnes
qui forment ce corps d'écriture. Rien n'est plus aisé
pour celles qui ont, dans l'alphabet latin , des conson-
nes exactement corrélatives, telles que i, d^f^ /, m,
/i, r, J5, sur lesquelles il n'y a pas d'équivoque possi-
ble; et quand deux consonnes arabes, présentant des
articulations similaires , mais d'intensité diverse, n'ont
l'une et l'autre qu'une seule et même consonne latine
correspondante, telles que le syn et le sçad^ le f^etle
ihâ^ pour la représentation desquelles il n'existe dans
notre alphabet qu'une seule ^etun seul /, on s'est
contenté d'écrire un point au-dessous de cette s et de
ce t , pour créer sans embarras les correspondances
qui manquaient; on a de même consacré la seule let-
tre k à représenter le kâf^X, le qâf, en l'affectant, dans
ce dernier cas, du point souscrit; un simple A est en-
core , par le même moyen, devenu suffisant à transcrire
l'aspiration légère du hê et l'aspiration Forte du hhâ;
un point sous le <:/ a servi à créer pour le «f/iaef empha-
tique la correspondance en défaut, et un point sous
le jz a rendu le même service à l'égard de la pronon-
ciation persane et turke du dzâl. Le gym était naturel-
( 85 )
lemeDt représenté par le y des Angiqis, ainsi que le tsé
par leur th^ et le schyn par leur sh; l'apostrophe pour
le '/I//1, gk pour le ghayn^ kh pour le khâ , sont depuis
loDg-teinps d*un usage général parmi les orientalistes;
le w pour le wâw, Vjr grec pour le j^, complètent à peu
près ce système. Il reste seulement le zhd emphatique,
pour lequel on a adopté le z avec deujc points sous-
crits, attendu que le z avec un seul point était déjà
consacré au dz-dl, pour lequel cependant on admet
aussi» et plus communément, le dh avec la prononcia*
tjoD du d barré des Anglo-Saxons. Quelques doubles
emplois de ce genre , pour certaines consonnes , sont
UD inconvénient à faire disparaître de ce système, dont
ils déparent l'barmonie et la simplicité.
Quant aux voyelles, une juste appréciation de la
capricieuse variabilité de la prononciation anglaise a
fait complètement rejeter celle-ci, pour y substituer
celle des voyelles latines; et comme l'orthographe
arabe emploie en des cas fréquents les lettres eli/^ wâw
el/e, avec la fonction spéciale de rendre longues les
voyelles qui leur sont analogues , on n'écrit ces lettres
de prolongation que par un accent au-dessus de la
voyelle ainsi prolongée.
De remploi de tous ces procédés il résulte un corps
d'écriture qui, sauf les points diacritiques souscrits,
n'offre à l'œil aucune étrangeté ; et le lecteur vulgaire
n'est jamais arrêlé par aucune incertitude de pronon-
ciation , car les nuances signalées par les points dia-
critiques tiennent surtout à l'orthographe , et la lecture
naturelle des mots représente avec une approximation
suffisante leur prononciation usuelle.
L'avantage d'un tel système pourrait être rendu ap-
plicable aux lecteurs français , au moyen de modifica-
( 86 )
tipns très légères; et Ton pourrait d'ailleurs fonder^
sur remploi des points diacritiques avec les lettres
latines , un système plus complet encore sous le point
de vue orthographique. Hais les imprimeurs n*ont
point dans leurs casses ces lettres diversement ponc-
tuées; et, par ce motif, l'étude de beaucoup d'orien-
talistes a été de trouver, dans des combinaisons va-
riées des caractères usuels de la typographie, des
moyens de différencier orthographiquement, dans la
transcription , les consonnes arabes qui n'ont pas de
corrélations exactes avec, les nôtres. Les essais de ce
genre datent d'assez loin , et Langtès a mis en ordre et
propagé avec assez de succès le système de transcription
le plus généralement usité aujourd'hui i inalgré quel-
ques reluctances qui ne sont pas toutes justifiées par
le reproche d'étrangeté qu'on adresse à ce système.
La lettre h y joue peut-être, il est vrai, un rôle si
multiplié, qu'on serait exposé à de singulières accu-
mulations de ce caractère dans un même mot, si l'on
redoublait scrupuleusement , dans la transcription ,
les groupes représentatifs de telle ou telle consonne
arabe affectée du teschdyd ou signe de redoublement ;
et c'est bien pourtant une nécessité orthographique
devant laquelle on ne peut reculer, à moitis de repré-
senter spécialement le teschdyd lui-même : ainsi le
double hh étant consacré à représenter l'aspiration
forte du hhâ^ on écrira wahhed (unique), et il faudra
dès lors écrire mowahhhhed (unitaire), ce qui parait un
peu bien étrange. Ce n'est pas là le seul inconvénient
de cette méthode ; car le double hh peut exprimer à la
fois le grand hhâ simple, ou le petit hé affecté du
teschdyd; et il en sera de même pour la double s$^ pou<
vant exprimer à la fois le ssad simple ou le syn avec
( 8? )
lescbdjd. Mais cet ÎDConvénicnt disparaltruit, ainsi
que raccumulation des quatre hhhh » des quatre ssss^
et autres non moins rebutantes, au moyen de la sim-
ple adoption d'un signe particulier pour le tescbdyd.
M. Fulgence Fresnel , dont M. d*Abbadie parait vou*
loir adopter la métbode, s'est éloigné en quelques
points du système de Langiès , en préférant d'autres
associations de lettres pour certaines consonnes, en-
tre antres ck pour représenter le qâf: c'est à nos yeux
une aberration, car jamais correspondance ne fut
mieux établie que celle du q latin , fils du qofé ou
qoppa des anciennes inscriptions grecques, avec le qâj
arabe , né lui-même, aussi bien que le qofé cadméen ,
du fOtt/'punique ou syriaque.
Dans la citation que nous avons faite plus haut , d'un
passage extrait d'une lettre de M. d'Abbadie, il pro-
pose, pour représenter lesçml, le groupe sz,dé]iL
beaucoup employé avec cette fonction par les Alle-
mands, mais avec l'inconvénient d'associer deux let-
tres qui l'une et l'autre sont respectivement corrélati-
ves au sjrn et au zâ , de manière que sz serait à la fois
la transcription soit de la simple consonne sçad, soit
des deux consonnes sj-n , zà. Nous avons cru mieux
remplir le vœu de H. d'Abbadie en préférant au z le ç,
qui a l'avantage de n'avoir pas, dans son système, de
fonction propre quand il est isolé. (Et pour le dire en
passant, on pourrait, en profitant du même avantage,
éviter l'association équivoque de ts comme représen-
tant le tsê à trois points; mais on renoncerait ainsi à
l'analogie symétrique de transcription du tsé et du
(izàl,)
M. d'Abbadie écrit le schyn par c/i, Icgyrn par dj ;
cela est fort usité, mais nous y trouvons l'inconvénient
( 88 )
d effacer trop complétemenl (ouïe trace de la parenté
intime du schyn avec notre s^ représentant le sjn^ et
de la parenté non moins intime du gym avec notre g^
dérivés qu'ils sont tous deux de l'ancien ff,mel hébreu
ou punique; nous préférons donc, quant à nous,
écrire le schyn par les trois lettres sch^ comme les Al*
lemands et un grand nombre d'orientalistes, et le
gym psLT g/\ comme Erpénius.
Quoi qu'il en soit , nous n'avons point voulu modi-
fier à notre guise Torthographe de M. d'Abbadie , et
nous l'avons conservée autant que les moyens de la
typographie usuelle ont pu s'y prêter. C'est ainsi pa-
reillement que dans les diverses esquisses graphiques
que nous avons pi écédemment tentées, des itinéraires
ou des informations transmises par différents voya-
geurs sur quelques contrées africaines jusqu'alors
inexplorées, nous avons toujours conservé provisoire-
ment leur orthographe , sauf à reprendre ultérieure-
ment ces fragments pour les réunir et les coordonner
en un tout homogène, en les soumettant à une refonte
générale.
Ces observations préliminaires, fastidieuses pour
plus d'un lecteur, paraîtront, je l'espère, opportunes
à ceux qui avaient remarqué l'importance attachée par
M. d'Abbadie à sa transcription des noms propres géo-
graphiques orientaux, et qui sentaient le besoin de se
rendre compte des principes de corrélation orthogra-
phique sur lesquels sont fondées ces transcriptions,
qui leur semblaient d'un rigorisme insolite ^ et cho-
quant toutes leurs habitudes. Les explications que j'ai
données à cette occasion feront comprendre que
l'étrangeté de son orthographe disparaîtrait en grande
partie si les casses de nos imprimeurs contenaient
quelques lettres marquées d'un point en dessous.
( 89)
PREMIÈRE PARTIE.
ReIIS£IGNEMBNT9 RECUEILLIS PAR M. AnTOIKE D'AnBiDlB.
I.
Renseignements recueillis à Barberah en janvier 1 84 1 , sous
la dictée (VArrali , habitant des rives du Wébi.
(i) Lorsqu'on se rend de Bârbëriîh à Ougadâyn, on
couche le premier jour à Koulam ; deuxième jour, à
Hândja'seye , puits de bonne eau ; troisième jour, au
pied de la montagne- plateau, à Ckàla' ou le châykh,
%ieux château dilapidé et lieu de pèlerinage pour les
Szomal : là on prend des ânes pour monter; quatrième
jour, à Wâriim , puits sur le plateau. De là , il y a cinq
journées de désert sans eau jusqu'à 'Dollo (le 'd et très
doux, presque le ''d cérébral), où il y a sept puits, et
parfois , durant les grandes herbes , un village ambu-
lant.
Noms des puits de 'Dollo : i . Wâlwal, profond de 40
brasses* — 2. Oubôtali, 20 brasses. — 3. Yô'b, 25 brasses.
— 4* Wafodour, 85 brasses. — 5. Tâgabâyn, j5 brasses.
— 6,7. Theyen et Ourhe sont les noms des deux autres
puits de* Dollo : ils sont tousconstruits en chaux et pierre
par les gens d'autrefois, conquérants du Nord qui
venaient d*Arabie, avant l'établissement des Szomal, et
poussaient les autochthones devant eux.
(2) De *Z>ollo à Marérgour, trois journées à pied ou
deux 5 cheval. Entre ces deux stations est le mont Bor
qui a huit puits, savoir : Abt^-aile, Goulouweyn ,
Racko, Dourga'bo, EUalc , Biye-goûdoûd, Gelkousa>
rân (mot qui veut dire : dispute des chameaux), et un
autre dont j'ai oublié le nom. Murérgour comprend
cinq puits: Gideys , Godenlàboy, Eyden - mougga.
(90)
'/^osii-mâreb (mauvaise eau), Tourdouja » Idoule, Bâ-
bhâdo, Gerôsâley.LespuiCsdeMarérgour appartiennent
à la tribu Marehban.
(5) ^DoWo et Bour (ou Bor) appartiennent à la tribu
Myârwàlal. Sa tribu-sœur eslHôcka'boûI , qui a les puits
de Gâlàdi, Lo'^ob , HhenfSrdan et Eyg^lo.
(4) Hbawiest & deux journées de M^rehban : de Hbawi
à Aboga'l , cinq journées ; de là à Hliamâr, dix journées
à travers les Galla E'dnxale, gens féroces. Hbaniâr est sur
les bords de la mer, qu'on atteint en dix jours depuis
Aboga'l. Hbawi n'a point de cbef.
(5) Tboug est entre Gàlàdi et Hfiràr. De là , vers le
S.-E. et sur le Wébi, est KSrànle, ville plus grande
que B^rbërâb (lo ooo âmes au moins). De l'autre côté
du Wébi (sur la rive droite) sont les Galla qui font
la guerre avec nous : ces Galla se nomment Ala'. De
Kiirànle à Hsrïr, on va avec ânes, à cause des mon»
tagnes, en six jours, ou quatre à pied, ou trois à che-
val. Dans celte route, on traverse les Galla Hheban,
Aniyou et Babili, jusqu'à la tribu musulmane Or-
gobbo , laquelle est aux portes de Hârâr.
(6) Rahha/iwin (le premier n est fortement nasal) est
un district de cultivateurs, et a vingt villages. Il estarrosé
seulement par les crues du Wébi, dont il occupe la
rive droite. Les habitants s'habillent avec recherche et
parlent le Szomali, mais un peu corrompu. Le chef de
Rahhn/twin demeure dans la grande ville de Lock, et le
seuil de sa maison est baigné par les eaux du Wébi.
Hham^r est plus grand que Lock. Le Wébi gSnàna vient
à Lock. Rahba/?win est entre deux Wébi. Dans la saison
sèche , on porte l'eau de deux journées de dislance. On
sème dans la saison des pluies : il y a trois mois qu'on
semait (moissonnait?) dans Rahha^iwin. Le grain y
(9' )
reste en terre cinq mois comme dans Hhawi; à Uarur,
il reste neuf mois.
(7) En allant de l'occident vers le soleil levant, on
trouve Hârâr, Toug, -Z^ollo. Gâlàdi, Dolbahliante et
Hed)ârt^yn.
(8) De Gâlàdi, trois journées à Moudoug, qui a
vingt puits et appartient aux Medj^rt^yn.
(9) Après Wâràn , puits de la tribu llbabarguhadjis, il
V a cinq journées jusqu'à ^DoMo à travers le désert de
Haw.
II.
Réponses explicatiifes eV^rraU aux questions de
M. dJbbadie,
(10) De Mârérgour au Wébi, il y a cinq jotirnées.
(11) ilbawi est un pays froid; il y a beaucoup de
montagnes et beaucoup de blé dans leurs vallées.
(12) R&rànle est sur la rive droite du Wébi, qui fait
beaucoup de détours là. ( Ceci prouve que la pente est
déjà faible à Kàrànle. D'après l'ensemble de mes im-
pressions, je ne puis m'empêcber de croire que Kà-
rànle est sur la rive gauche du fleuve.) Imi est une ville
des Galla Ala', à six heures ouest de Kârànle et sur
Taulre rive. Imi a 4 à 5, 000 âmes.
(10) Je suis allé à cheval de DolbilUhanle à ^DoWo en
trois journées, ou quatre à pied, ù travers un pays
désert.
(i4) Je crois que, de l'embouchure du Faf^n dans le
Wébi , Jusqu'à KSrànle» il y a quatre à cinq journées.
(i5) Je suis allé de Thoug à H^r^r avec des ânes, qui
vont moins bien que leschamcaux. De Thoug au Wébi,
il y a trois petites journées, ou vingt-quatre heures on
<»xprès.
( 9« )
(16) Ockda est le nom du village à l'emboucliure du
Wébi dans la mer.
(17) Je connais le Doara par oui-dire : il arrose
Uhawi.
(18) Je suis allé de Hhamâr par mer jusqu'à Lama ,
en vingt-cinq heures» avec des vents variables de la
partie du N. et des vents de terre.
(ig) De Ilham^r à Ockda, trois journées par terre.
(9o) UhamUr est une ville grande comme Mokha; elle
est sur la mer dans une crique comme Bârbérâh. 11 y a
beaucoup de puits : on porte l'eau sur des ânes comme
à Mokba.
(«1) De K&rànle à la mer, je ne n'ai pas navigué sur
le Wébi. Hâwadle, Houroùsâde , Abôga'l , sont les tri-
bus en allant de Kârànle à Uhamâr. La tribu Chebelle
est aussi près du Wébi.
(32) Le Wébi ne se divise pas près de la mer. Sa
source est chez les Galla, près d'Abyssinie, dit on.
(20) Je ne connais pus la distance de Ras Hhafoun à
Ba'd.
(94) De .'/)ollo au Wébi, deux journées vers le S.O.;
de Blirbërâh à •Z>ollo S.S.O.
(25) Hhamâr est entre le Doara et le Wébi, mais plus
près du premier.
111.
Suite lies renseignements fournis par Arraù,
(26) Il y a encore douze puits dans Mârérgour ( je
supprime leurs noms). Le plus profond a vingt brasses^
et six heures de chemin est la plus grande distance
d'un puits à un autre. Deux d*entre eux sont au milieu
de rochers qui sont peu élevée.
(27) De Medj^rtâyn à '£>ou'^oub, deux journées sans
eau.
(93)
(a8) Le Wébi est loin de Marérgour. De 'Dollo au
Wébi, deux journées. Vus d'ici (Barbërâ), Marérgour
est au S.E. ou E.S.E.; ^Dollo est au sud. De Marérgour
au Wébi, il y a de hautes montagnes. Le Wébi coule
i fleur de terre dans Ougadâyn. Il y a sept Wébi, dont
un fient du grand lac d'eau douce ; on le nomme Wébi
GSnàna; il est très grand. Je ne sais pas les noms des
autres Wébi.
(99) De Marérgour à Nshiba , un jour à cheval. Ba'd
est un lieu tout près de lamer, au S. du cap Hhafoun;
de Ba'd à Marérgour, il y a huit journées à travers le
pays des Medjârtâyn, qui a beaucoup de puits. De
Marérgour aux vingt puits de Moudoug, quatre à cinq
journées; de là à Ba'd, quatre journées ; de Ras-Hlia-
foun ou Ras-Felâg à Moudoug . quinze journées.
(3o) De Marérgour au Wébi, les deux premières
journées sont en plaine sans eau ; ensuite viennent des
montagnes qui font chaîne jusqu'à Hhamar; elles n'ont
d'autre nom collectif que monts du Wébi. Au mont
Lôlmis , qui est en route, est le ruisseau Dourdour, qui
ne va pas au Wébi. Du Lôlmis on voit le Wébi entouré
d'arbres. Ce pays est plein d'éléphants» qui viennent
boire la nuit; le jour ils restent dans les forêts.
(3i) J'ai chargé mes chameaux dans Galàdi, et
après deux journées sans eau , suis arrivé le troisième
jour aux puits de 'Dollo qui sont à deux heures déplus
grande distance entre eux. D'Oubolali, avec bètes
chargées, jusqu'au Wébi, trois journées; de 'Z>ollo à
Thoug , trois journées. Thoug est un lieu cultivé ; il a
peu de chameaux, mais beaucoup de vaches. De Thoug
au Wébi, trois journées ; de Gâlàdi au Wébi, neuf
journées.
(3a) De B^rb^r^h à Thoug, la direction est plus à
(94 )
droite qu'à 'DoWo. Gulàdi est auS.S.E.; Marérgour
est entre les directions de '^ollo et de Gâlàdi ; Thoug
s*étend le long du Wébi. Imi est sur la rive gauche du
Wébi ; Imi est occupé par les Galla Babili et les Galla
Bor^m. Ces derniers ont beaucoup de café et de tabac»
qui vient à Bârb^râh par H^riir.
(33) Les Dolbâhhante habitent Nouga'l » nom de ré-
gion. Bour-DaMo et Bour-A'not sont de grandes mon-
tagnes, là ; chacune a son ruisseau^ plein de crocodiles,
et qui se perd sous terre; la grenade y croit. Du mont
Anot au port de Gha'sim, huit journées à pied ou
quinze en caravane, à travers un pays bien arrosé.
(34) Moudoug est le nom du pays des MedjârUyn.
(35) Du mont A'not à *Z>ollo. douze journées» à tra-
vers un pays sans eau pendant deux cl trois jours. Ces
lieux sont est et ouest. Davirale, BohotleetT^wali^ sont
trois puits avec peu d'eau et à six journées de chameaux
ou trois de chevaux. Ce pays désert sépare deux tribus.
W^damogour est une source trè^i abondante , à vingt-
quatre heuresde Tâwali. Nouga*l, chez les Dolb^bhanle,
est une source abondant^ et fameuse, entre deux mon-
tagnes. Il s'y trouve beaucoup de chevaux. Le ruisseau
de Nouga'l se perd en terre; mais si l'on y creuse, on
trouve de l'eau partout. Tout est Nouga'l pendant cinq
journées, de Wàda môghourau mont A'not De Bour
(mont) A'not à Moudoug, sept journées; de Kiir&ip
(sur la côte N. ) à Nouga'l, huit à neuf journées; de
DourdourL (sur la même côte) à Nouga'l, sept jour-
nées; de Las ghorey (ibidem), sept journée^; de Bo-
saso (Gha'sim) à Nouga'l . onze journées.
(36) Chebelle a trente villages de cultivateurs. Bour*
a' do et Gôlâb sont les plus grands villages. De Che-
belle à Rabha/zwin, quatre journées. De Chebelle à
ilhamâr tout est villages et cultures.
(95 )
(37) Wardeyn est le nom de la vallée habitée par les
Galla, près la tète (source?) du Wébi G^nàna. Tous
ces Galle sont de formes magnifiques; et leur peau est
d'un beau rouge ; ils portent chemise et turban. Leur
nom est aussi Wârdeyn. Ils s'étendent jusque tout près
de la mer. Lock est musulman , mais tout le reste du
Gânàna est au pouvoir des Galla. De Lock à Brawa
(sur la côte), dix journées.
(38) Nous connaissons le grand lac par oui>dire.
Oogadiiyn a quinze journées de long, de Lou^/oub à l'est
jusqu'à Môlmil à l'ouest. Sa largeur est aussi de quinze
journées. Galàdi et *Do\lo sont dans Ougadâyn. De
Hôlmil à Hàràr, quatre à cinq journées.
(39) La route de B^rberah à H^rar est ainsi qu'il suit :
première journée à Geri ; deuxième au puits de Zâley ;
troisième à *Z)âmàdare; quatrième au puits de Ilâràr,
qu'il ne faut pas confondre avec la ville : le nom Hâ-
râr, imposé à la ville , est exotique , le nom du puits est
szomali. Cinquième journée à Djidjôga» puits de la
tribu B^rtâle; sixième journée, à Borzou; septième 1
àBabili; huitième , à la ville Ada'r, nommée H^nlr par
les Arabes. Il n'y a pas d'eau de Djigdjôga à la ville.
IV.
Renseignements collatéraux , recueillis de diuers
informateurs.
A. D*après Kkamis ebn Thabet, pilote, natif de Sçour en Arabie,
homme instruit, et $crupqleux dans ses réponses :
(40) Bayoun est le nom qu'on donne aux habitants
des ports, entre Brawa dernier port szomali, et La-
mou ou Lama qui e^t le premier port sSwabhily.
(4i) Le Hbam^r d'Arrali eM une ville près de Miiga-
(96)
doucho; les Szomal le nommeot HhamSrâweyn ou le
grand Hhamar. On y parle szomali.
(49) Le Doara n'entre dans la mer que pendant la
saison des pluies ; d'ailleurs il se perd à environ trois
milles de la plage.
(43) W^rchaykh (oublié dans la carte d'Owen?) est
dans deux lies , au sud de deux autres qui sont les plus
petites ; il y a quatre brasses dans le port. De là à M&-
gâdoucho, le rivage est de sable blanc; au-delà, et
jusqu'à Brawa, tout le terrain est rouge. DeHàgSdou-
cho au Jeb, la terre est nommée Bâr el-BSnader.
(44) Les sources de Maa'ber et de Rhâzayn sont de
très faibles ruisseaux. Dhârab-Saieh a un petit lac d'eau
douce entre le Ras-el^djebel et le Ras-el^rommel, De là
au Jeb , il n'y a pas de cours d'eau ayant toute Tannée
son embouchure dans la mer. Le Wébi court nord et
sud, selon les Szomal 9 et à l'est du raontHây^râb,qui est
très loin, à tel point que du rivage on le voit tout au
plus comme une faible ligne à l'horizon. L'Ockda d'Ar-
rali est peut-être le village à Tembouchure du Jeb ,
seul point de toute cette côte dont je n*ai jamais su le
nom.
(45) J'oubliais que près de Brawa, et au sud , est un
petit ruisseau séparé de la mer par des sables où l'on
s'enfonce jusqu'au genou. Pendant les fortes pluies,
son eau descend jusqu'à la mer.
B. D'après *Ali Gharmaka, homme simple, habitant d'Ougadayn
( 23 novembre 1840 ] :
(46) H^r^r est une grande ville toute ronde, entourée
de murs et de Gallas , située entre deux rivières , et
plus grande que Mokha. Il n'y a pas d'ouvriers; mais
dans les nombreux marchés, on vend de tout , jusqu'à
de l'hydromel. On n'y perçoit pas de droits sur les cara-
[ 97 )
▼ânes. La plupart des maisons sont en pierre. Les ha-
bitants ont une langue h eux (variété du gourag'e qii
est un dialecte amharna). II y a un chemin très bon de
Ikrâr à Lama, à travers les Gallas, puis les Szomal, puis
les Sâwahhil; cette route est toujours habitée, et abonde
en viande et en lait. La ville de llâr^r a cinq portes»
mais point de château. La province Hâr^rguay com-
prend la ville et quelques villages voisins. Les Szomal ,
Gallas, et citadins, appellent leur ville Ada^r. On y im-
porte beaucoup de café d'Abyssinie (Chawa), où un
exprès se rend en cinq jours. De H^r^r au point où le
Wébi est navigable» on peut se rendre en six ou sept
jours; il en faut autant pour aller de là jusqu'à Lama.
f47)Le Wébi est large de dixbrasses dans OugadSyn ;
il est formé par sept tributaires dont les sources vien-
nent du Nil (pays de la haute Ethiopie).
C. D'après le Szomali '.Alj F*ahia Warsançeli , homina pauvre ,
qui a peu voyage, mais qai est très vërace dans ses rapports
( décembre 1 840, à Barberah ) :
(48) D'ici à Ougadâyn, il y a çinqà six jours en allant
le plus vite possible à dos de chameau. Dans la saison
sèche, le Wébi a plus de deux coudées de profondeur;
lors des crues, il a de cinq à six brasses. LesGallas
occupent la rive droite. D'OugadSyn à HSrâr deux jour
nées vers le N.O. On navigue sur le Wébi avec des ra-
deaux. Ougadâyn abonde en myrrhe , encens, gomme
et beau froment. Le Wébi sera haut en été (juillet et
août ). Il coule au sud de HXrâr, dont il est séparé par
une montagne. En six heures on se rend de Hârèlr au
Fafân , qui est un affluent du Wébi. La ville est entourée
par les ruissaux ErSr et Har^rwâgay, qui n'ont pas
plus d'un décimètre de profondeur. On ménage leur
XVII. FÈvRiBR. s. 7
( 9» )
eau pour la conduire dans les rigoles des pianlations
de café. Ces ruisseaux se jettent dans le Faf^n. En allant
de USrâr au Bor^n (Ghawa) on traverse les Ala' et les
Noio» tribus de Gallas. Les Aniya sont tout près. Les
Balboul sont des Gallas sur la rive droite du Wébi.
D. Un pécheur nrabe de Maskat, m'a dit :
(49) J'ai fait naufrage au nord de Mligâdoucho. Les
Szonial nous pillèrent, prirent nos esclaves» et nous em-
menèrent sur les montagnes , où ils nous mirent en
liberté. Nous arrivâmes en deux jours à MàgSdoucho,
et comme j'ai fait le chemin à pied» je puis bien affir-
mer qu'il n'y a par là aucune rivière qui se jette dans
la mer..(Réponse à mes questions sur le Wébi» que la
carte d'Arrowsmith fait couler par MSg^doucho.)
K. Un hornme de Harar, dont les renseignements sont embrouillés,
m'a dit :
(50) A trois journées de Hârâr est une ville nom-
uïée Aniya, où il y a 55 canons et 3 portes, et beau-
coup de maisons bâiics par des Turcs (Arabes?), mais
aujourd'hui totalement désertes. — Ba'd est à une jour-
née et demie de Gara'd, surlacôtc— Le Wébid'OugS-
dâyn se jette dans le Faf, qui se jette dans la mer au
sud de Brawa. ( Ce serait donc le Jeb. )
F. Selon *AIy Fahia, que je viens de revoir à Muus/awwa*.
(5j) 11 faut douze heures de route de Mag^doucho à
llamâràweyn, qui est derrière la petite lie et vers Tinté-
rieur, du côté du nord et un peu vers l'ouest. Le mot Gâ-
nàna veut dire queue, et s'applique au Wébi qui se jette
dans Vautre et forme comme sa queue. Le "Wébi prin-
cipal se nomme Wébigi-weyna, c'est-à-dire le grand
Wi^bi.
(99)
(5s) Karanle est plus grande que Mokha, et pleine de
moQSliques; toutes ses maisons sont des huttes de
paille. Imiy est plus grande que Kâr^nle. Immédiate-
ment au sud d'Imiy est un pays tout de hautes monta-
gnes; au nord d'Imiy il n'y a pas de montagnes. Kli-
rânle est au S.-O. d'Imiy. Celle ville est galla; mais il
y a beaucoup de Szomal Medjartliyn etWarsangeli. Les
environs sont un chaud tekama^ et étaient jadis déserts;
mais aujourd'hui on les cultive partout. Imiy a un gou-
gemeurgalla» qui se dit musulman. Klir^nle se gouverne
comme Bârbërâh, c'est-à-dire que tout étranger doit y
prendre un protecteur szomali nommé abbnn. J'étais
très jeune quand je visitai Kâriinle.
(53) Le Wébi porte radeau à Imiy (onn'y connattni
barques ni pirogues ) , mais n'est guéable dans aucune
saison. On y trouve des hippopotames et des croco-
diles. La marée se fail sentir à Imiy et à Kârânle ( ceci
fut dit de propre mouvement). Ces deux villes sont
toutes deux sur la rive gauche du Wébi : personne
n'oserait fixer sa demeure sur l'autre rive. Il n'y a pas
de montagnes sur la gauche du Wébi : sur la rive
droite elles sont très hautes ( il les comparait aux mon.
lagnes d'Abyssinie vues d'ici), et peuplées d'anthropo
phages. J'ai ow dire qu'il faut sept journées de cha-
meau d'Imiy à la mer.
(54) Nôbôr est le nom de la montagne noire et élevée
qui forme le cap Hhafoun ; de ce cap à Hhawi, il y a six
à huit jours de désert , selon le train que l'on mène.
(53) Imiy est un nom de tribu : Ksriinle est celui
d'un arbre dont le bois brûlé est odoriférarit, et qui
abonde dans les environs de la ville.
Clos h Mouszawwa', ce 1 8 août i84'«
Antoine d'Adiudib.
( ïoo )
SECONDE PARTIE.
S«8A1 DE COKSTBUCTIOII GRAPHIQUE DES RENSElGNENfiNTS
QUI PBÈC^DENT.
La construction graphique des renseignements ob-
tenus par M. Antoine D'Abbadie, tant à fierberah qu*à
Mosçawwa', sur le pays des Sçoumâl, offre d*assez
grandes difficultés à cause du défaut d'enchaînement
et d'homogénéité, de l'indécision, et même de la con-
tradiction formelle de plusieurs des indications qu'il
a recueillies de diverses bouches.
Quoi qu'il en soit» j'essaierai de remplir le vœu qu'a
exprimé le voyageur, de me voir pointer sur une carte
les détails qu'il a pu se procurer touchant l'intérieur
du triangle dont Zeyla', l'embouchure de Lamo et le
capGardafouy marquent les extrémités, vaste espace
resté absolument nu dans toutes lesmappes générales
ou particulières de l'Afrique.
Sait est le seul qui y ait inscrit quelques noms de
tribus, sans fixation de limites ni détermination de
chefs-lieux. Il est assez aisé d'établir la synonymie de
sa nomenclature avec celle que donne, soit dans sa
dernière lettre, soit dans une précédente communica-
tion (i), M. D'Abbadie, dont le scrupule graphique
s'attache, comme on sait, à reproduire les prononcia-
tions indigènes aussi exactement que possible. Voici
le tableau de celle corrélation :
(i) Voir Bulletin^ tome XI, pag. 33 1 à 34ode la 5«rie actuelle.
( lOI )
s ALT.
M. n'ABBADIK.
Ësa
Eysa.
Heberawul
Habârawal.
Abberjerhajjia
Habarg&hadjis.
Mijjerthayn
MâdjarlUyii.
Guddobesa
Gôdôboussi.
Betela
fiOrthelé.
Abbakul
Âbôga'l.
Wogadeen
Ougâdâyn.
Merrehan
Màrehhan.
Nowea
Hhawi.
Jado
?
Paf
Faf?(y7e//w).
Je prends pour canevas provisoire la carie de Sali,
sauf reclificnlîon ullérieure , s'il y a Heu, d'après les
travaux plus récents d'Owen. Mon premier soip est d'y
reconnaître ou d'y établir les lieux de la côte destinés
à servir de points d'appui aux renseignements de
M. D'Abbadie : Sur la côte nord» Barberab» Kar
rain, Lasgborey,Dourdouri, Bosaso ou Gha'sim; sur la
côte orientale» Râs Hbafoun» Gara'd, Ré^s'Awadh, l'em-
bouchure du Doara, Magadoschou, Brawah, l'emboq-
cbore du Jeb et celle du Lamo^
De ces treize noms, les deux premiers sont marqués
sur toutes les cartes . à une place que nous leur lais-
serons. ^
La position de Gba'sim nous est indiquée sur la carte
de Sait par la baie de Ghossim ; mais à côté de celle-ci
se trouve le Ras-Ghorey, que nous ne saurions» malg^ré
les rapports de consonnance , prendre pour le point
nommé Lasgborey dans les derniers renseignements
(35) de M. D'Abbadie; car les distances respecti-
ves de Vun et de l'autre à un terme commun (Nou-
( »02 )
ga'I) dînèrent entre elles de quatre journées , ce qui
exclut toute idée de voisinage immédiat. En cet en-
droit Sait mentionne deux vieilles tours, dans lesquel-
les s;ms doute sont placés les canons signalés précé-
demment par M. D'Abbadie comme existant à Gha*sim
d'après les informations recueillies à Mokha d'un pilote
sçoumâly (i) ; nous adopterons donc ce point pour
Templacemenl de Gha*sim , et nous chercherons Las
ghorey ailleurs.
Dourdoury ne figure ni sur la carte de Sait ni sur
celle d'Owen, ni sur la grande carte d'Afrique de D'An-
ville de 1 749 ; mais en se rapportant à celle de l'Ethio-
pie orientale, dressée en 1727 par ce grand géogra-
phe, et jointe à une dissertation de Tabbé Legrand à
la suite de la Relation irJbyssinie du père Lobo, on y
trouve inscrit le nom de Darduri en un point qui ré-
pond, sur la carte de Sait, à celui près duquel est Tlle
de Mete, tandis que ce dernier nom est donné, par la
carte de i 727, à l'île Aïs ou Brûlée de Sait et d'Owen,
conformes en ceci à la grande carte de D'Anville de
1749; mais comme, suivant toute apparence, Owen
et Sait ont simplement reproduit la nomenclature an-
térieure , sans vérification locale , ainsi qu'il arrive
presque toujours dans les travaux hydrographiques,
c'est uniquement entre l'œuvre de D'Anville en 1727,
et son œuvre de 1 749» que flous avons à prendre parti.
Or, en recourant à la liste fournie à M. D'Abbadie par
le pilote sçoumâly de Mokha • et la combinant avec les
derniers renseignements, nous nous déterminons à op-
ter pour la carte de 1727, et k placer en conséquence
les points de Dourdouri et de Meyd.
(1) BuKetiny iginc XI, p. 335.
( »<>5 )
Quant àLasghorey des derniers renseignements, il
nous semble être le même queLassoghey (p. 335) ou
Larsoghcy (p. 338) de la précédente liste, et devoir
être placé entre Meyd etDourdoury.
Voilà pour la côte septentrionale.
Quant à la côte orientale, le Ràs Hhafoun, Magado-
schou, Brawahy Juba ou Jeb, et Lamo ,se trouvent
déjà inscrits sur la carte de Sait, que nous avons prise
pour premier canevas. La carte d'Owen nous fournit
la position du Ràs 'Awadli ; la carte de D'Anville de
1749 nous guide pour l'application du nomde Doara ;
et une petite esquisse de la côte, jointe par M. D'Abba-
die à sa lettre, nous signale l'emplacement do Gara'd
cotre leRàs-'Awadh et le Ràs-etrKheyl.
Il nous reste à y ajouter Ba'd, Ockda et Hbnmar,
pour lesquels nous n'avons d'autres données que les
derniers renseignements de M. D'Abbadie.
Ba'd est dans le sud du Ràs Hhafoun, h une distance
indéterminée (aS) d'après Arrali , — à une journée et
demie de Gara'd (5o) suivant l'bomme de Harar. Nous
aurons à déterminer ultérieurement quelle est la valeur
odométrique de cette distance, et si elle doit être comp-
tée au nord ou au sud de Gara'd.
Ockda, suivant Arrali, est un village h remboucbure
duWebi (16); cette embouchure, dit le pêcheur "de
Maskat, n'est point à Magadoschou (49) ; l'homme de
llarar la met au sud de Brawah (So), et Khamis-ben-
Tsabet conjecture que Ockda est la village àTembou-
chure du Jeb, seul point de la côte dont il ne sût pas
le nom. Ces deux derniers témoignages militent pour
une position plus méridionale qu'elle ne résulterait de
(]uelques autres informations ('25, 4'» ^0 dont nous
nous occuperons tout-à riieuro. Quant à présent, nous
( >o4 )
adopterons avec M. D'Abbadie ridentitc du Jeb et du
Webî (5o).
Hbaraar est sur la côte (4, so), entre le Doara et le
Webi (s5), mais plus près du premier, ajoute Arrali,
qui cependant a pu aller par mer, en 25 heures, de
Hhamar à Lama (i8) , pendant que 'Ali Fahia compte
12 heures pour aller de Magadoschou à Hhamar
(5 1 ) ; d'où il suit que ce dernier point se trouve à en-
viron un tiers de la distance de Magadoschou à Lama
en parlant de Magadoschou, ou aux deux tiers en s'ap-
puyant sur Lama. Hhamar est en outre à 3 journées
de marche d'Ockda (19)» vers Magadoschou, derrière
et au N.O. d'une petite tle voisine du rivage (4if 5i) :
mais comme les cartes que nous pouvons consulter ne
nous montrent d'Ilots que vis-à-vis de Brawah, et au
nord de ce point, entre 1 10 et iSo milles de distance
à l'égard de l'embouchure du Geb, c'est-à-dire d'Ock-
da, et que trois journées de marche ne sauraient at*
teindre une pareille distance, nous ne trouvons en défi*
nitive , dans cette indication d'une Ile devantHhamar»
aucun repère dont nous puissions actuellement pro-
fiter.
A l'intérieur, une position encore nous est fournie
par la carte de Sait ; c'est celle de Harar, ou plus exac-*
temênt Ada'r, située à 175 milles de Berberah.
Ces bases établies, occupons-nous de la construc*
lion graphique des renseignements itinéraires recueil-
lis par M. D'Abbadie. Et d'abord établissons entre
Berberah et Ada'r la route de huit journées décrite par
Arrali (89) :
( io5 )
Dëpan de BSrb^râh.
• •
Geri
Zâley, puits
'Dâmàdare • .
H&râr , puits
Djidjôga, puits de la tribu Bârtàle.
Bôrzou
Babili
AdaV.
jour
8
Les 175 milles de distance totale, partagés entre ces
8 journées, donnent pour chaque journée une i^a-
leur mojenne de 32 milles : ainsi se trouve déterminé
le taux des journées d'Arrali, que nous adopterons
légalement a IVgard des autres informateurs pour les-
quels nous n'aurons pas d'autres bases de calcul.
D'après cette valeur de la journée de route» nous pla-
cerons Hhamar à 66 milles dans le nord d'Ockda (1 9) >
et Ba'd à 33 milles de Gara'd (60), en mesurant cette
dernière distance vers le sud, par suite d'un pressenti-
ment des conditions itinéraires qui vont successive-
mentse révéler à nous. Sans y insister beaucoup, nous
ferons cependant remarquer ici que Hhamar, ainsi
pointé sur la carte d'Owen, se trouve précisément der-
rière un récif qui représenterait le petit tlot signalé
par 'Aly Fahia (5i).
De Harar à l'emplacement de Ba'd, il se trouve en
ligne droite une distance totale de 44o milles, ce
qui s'accorde très bien avec une route de 21 à
Si journées, que nous pouvons relever dans les
renseignements de M. d'Abbadie, ainsi qu'il suit :
( >o6)
Départ de Harar.
Môlmil (38) 4 à 5 jours.
Thoug(5,7, i5, 3i, 38). . . 4
•/>ollo(7,3i). . - 3
Galadi (5 , 7) 3 ) i5
Moudoug (8, 34) 3
^Don^donh (27, 34) a
Ba'd (27 , 29 ) 2
21 à 22
Pareillement de Berberah jusqu'à remplacement de
Ubamar, la carte de Sait présente une distance de
600 milles en ligne droite, ce qui se rapporte fort
bien à une route de sg journées , dont les élé-
ments se trouvent consignés dans les informations de
M. D'Abbadie, et qui peut se résumer ainsi :
Dt^part de Berberah.
Koulam (i) i jour.
Mandja*seye, puits (i) i
Ckala*, ouïe chaykh, château (1). . . i
Waraniy puits (i) i
'Z>ollo, puits (2 , 3 , 28) 6
Marergour,de la tribu de Marehhan(2,26). 3
Hhawi (4, II) 2
f Abôga'l(4) 5
Uhainar (4) 10
Cetle route coupe la précédente à *Do\\o ; elle s'y
rattache encore à Moudoug par un embranchement
liant Marergour au RâsHhafoun^et à Bosaso ou Gha'sim,
ainsi qu'il suit :
( »07 )
Dppait de Marergour.
Moudoug (^9) 4 jours.
Bour 'Anot (35) 7
Gha'siin (33) , ou Ras lihafoun ('29). 8
19
Ce dernier iiinéruirc se rattache encore aux deux
précédents par une ligne de douze journées entre
*Do\lo et fiour 'Anot (3ô). Ces douze journées parais-
sentréparties en trois fractions inégales par les points
deTâwalietWâdamôgour; le premier est à six jour-
nées de chameau ou trois journées de cheval de ^Oollo
(35), et nous savons d'ailleurs (5,i3) que trois jour-
nées de cheval équivalent à 4 journées de piéton.
Wada môgour est à 24 heures de Ts^ali (35) ,
et nous savons d'ailleurs (i5) que 24 heures équi-
valent à trois journées; enfin, il y a 5 journées de
Wada niôgour à Bour 'Anot (35) ; en sorte que nous
pouvons résumer ainsi ce nouvel embranchement :
Départ de */)ollo.
Dawale , Bôhotle et Tawali. . .
. 4 jours.
Wâda môgour
. 3
Bour 'Anot. ......
. 5
12
Pour tracer maintenant ces diverses lignes sur notre
carie, nous formerons un premier triangle ayant ses
Irois angles à 'Z^ollo, Marergour et Moudoug, et dont
les côtés respectivement opposés mesureront 88 milles,
ïSa milles, et 66 milles. Nous formerons un second
Iriangle entre *Dollo, Moudoug, et Bour 'Anol, donlles
côlés respectivement opposés à ces trois points mesu-
reront (sauf raccourcissement ultérieur de l'un des
{ >o8 )
cotés) 1^54 milles, s64 milles, et iSs milles. Ces deux
triangles se touchent par la ligne de 1 3a milles entre
'Z^ollo et Houdoug, de manière à constituer ensemble
un trapèze dont les qpatre angles sont marqués par
'Z^ollo^Bour'Anot, Moudong et Marergours et chacun
de ces angles a des points d'appui déterminés déjà in-
scrits sur notre carte.
£n effet, Moudoug s'appuie sur Ba'd par une ligne
de 88 milles; Bour'Anot s'appuie sur leRàs Hhafoun
et sur le port deBosaso ou Gha*sim par deux lignes de
176 milles chacune; Marergour s'appuie sur Hhamar
par une ligne de SjS milles; enfin» ^Dollo s'appuie à
la fois sur Berberah par une ligne de 198 milles, et
sur 'Adar par une ligne d'environ s5o milles; mais
celte dernière donnée exige des explications dont nous
nous occuperons tout-â-l'heure.
Nous voulons auparavant employer quelques autres
indications odométriques dans l'espace compris entre
la côte nord et les trois lignes déterminées par les
points de Bosaso , Bour-'Anot » '&0II0, et Berberah. Il
s'agit de la source abondante et fameuse de Nouga'l ,
entre Wâdamôgour et Bour'Anot (35). située dans les
conditions de distance suivantes :
Du Bas K^ram 8 à 9 jours.
De Lasghorey 7
De Donrdoury 7
De Bosaso ou Gha'sim i ^
En prenant en ligne droite celte dernière distance,
sa combinaison avec la première viendrait asseoir Nou-
ga'l sur Wàdamôgour, ce qui n'est point admissible ;
il est assez naturel de supposer que la route de Bosaso
à Nouga'l passe par Bour-'Anol , ce qui nous permet
( ><»9 )
de subsliluer 3 journées ou 66 milles, appuyés sur
Bour-'Anot» aux ii )ournées à partir de Bosaso. Les
8 à 9 journées comptées du Ras-R^ram, combinées
avec cette nouvelle donnée , permettraient alors d'in-
scrire Nouga'l sur la ligne directe de Bour-'Anot k
'DoWo , à 3 journées dans l'est de W^damôguur. Mais
il faut obéir en mtoie temps à la double condition de
7 journées sur Dourdoury et 7 journées sur Lasgho-
reyi ce qui tend à infléchir vers la côte la route de
Bour-'Anot à ^/)ollo par W^damôgour et Tâvirali ; d'où
il résulterait, dans le côté Bour 'Anot Dollo du trian-
gle Bour'Anot-'Dollo-Moudoug, un raccourcissement
de quelques milles, pouvant attirer un peu plus à l'est
la position de ' /)ollo.
Occupons -nous maintenant de l'espace compris
entre 'Z>ollo et Ada*r : il s'y renconlre plus d'une diffi-
culté dont nous avons besoin de nous rendre compte
avant de prendre une détermination. La majeure par-
tie de ces difficultés provient d'une confusion relative
au nom de Wébi.
Ce nom parait applicable à diverses rivières ; car Ar-
rali dit que Rahba"wyn est entre deuxWébi (6); puis il
énonce qo'ily a septWébi (s8), dont l'un porte la déno-
mination spéciale deWébi-Ganàna (6, 28, ij. Si), eï
les autres des noms qu'il ignore : nous en conclurions,
sans hésiter, que Wébi est un nom appellatif, si le
silence, à cet égard, d'un homme aussi sagnce que
M. d'Abbadie ne nous retenait dans un doute forcé.
Quoi qu'il en soit, il demeure évident pour nous que
toates les mentions faites du Wébi dans les renseigne-
ments colligés par ce voyageur, ne sauraient s'appli-
quer h un seul et même Wébi , h moins d'être enta-
cbées*de8 contradictions les plus manifestes»
( IIO )
Ainsi, par exemple» Tbotig est à 3 journées du
Wébi (i5, 3i), et Galadi, qui est à 6 journées de
Thoug (3i)» est ainsi très bien indiqué à 9 journées du
Wébi ; d*un autre côté » le Wébi coule à 9 journées au
sud-est de 'Z>ollo («4)9 et Marergour , qui esta 3 jour*
nées de 'Z>ollo (fi), est ainsi très bien indiqué à 5 jour-
nées du Wébi (10); mais s'il est qliestion , dans Tun
et l'autre cas, d'un seul et même Wébi, comment 6a>
ladi, qui n'est, comme Marergour, qu'à 3 journées de
'Dollo, serait-il à 9 journées du Wébi, tandis que Ma-
rergour ne serait éloigné de cette rivière que de 5 jour-
nées? La contradiction est plus frappante encore h Vé-
gard de Thoug, qui tantôt est à 5 journées du Wébi
(i5, 3i), et tantôt s'étend le long du Wébi (33). Si.
* au contraire , on reconnaissait là deux Wébi distincts,
les contradictions disparaîtraient. Nous opterons donc
pour deux Wébi, entre lesquels nous aurons la facilité
de placer Rabha"wyn, conformément à Tindication
précise d' Arrali (6) .
Ici se présente une nouvelle difficulté , plus grave
que toutes les autres : où placerons-nous la rivière de
Magadoschou, que les Arabes font venir des montagnes
d'Abyssinie , et qui est appelée Webbe sur la carte de
Sait? La question est embarrassante ; et ce n'est pas la
seule qui viendrait entraver notre essai de construc-
tion, si nous voulions évoquer ici toutes les indications
que pourraient nous fournir les caries et les relations
antérieures. Mais tel n'est pas notre dessein ; et nous
voulons uniquement nous occuper des informations
transmises par M. d'Abbadie : nous ne pouvons
ainsi conduire à Magadoschou pas môme le Wébi de
' DoWo, car il est identique au Wébi d'Ougadâyn ou Wébi
Gunàna, qui se rend h la mer au sud de Brawali'(5o),
après sa réunion au Faf ou Wébigîweyna (ôi), lequel
( »!• )
vienlde plus loin. Il ne débouche à Magadoschou» sui-
fant le pêcheur de Maskat, aucune rivière (4g), ou du
moins » suivant les explications de Khamys-bcn-Tsabet,
aucun fleuve qui porte toute Tannée ses eaux a la
mer (44) > nous nous bornerons donc à figurer près de
Magadoschou un faible cours d'eau, entre le Doaro ou
Doara, qui vient de Hhawi (17, 26, 48)t et le Wé-
bigiweyna ou Faf, considéré comme identique au
Geb (45;» 44» 5o)» ^^ venant de chez les Gallas voisins
de l'Âbyssinie (as).
C'est sur le Wébi Gânàna que se trouve la ville de
Look 9 capitale des Rahha"wyn (6), à dix journées de
distance de Brawah (57), et probablement assez près de
la lète ou confluent du Gânnna au grand Wébi, dans
le territoire des Galla-Wardeyn , qui s'étendent depuis
Lock jusqu'auprès de la mer (07) : c'est ce Wébi Ga-
nàna qui est formé de sept affluents (28, 47)> ^^ ^^^^
le courant principal vient, dit-on , d'un grand lac d'eau
douce (a8» 38). Quel est ce lac? On pourrait supposer
qu'il est fait allusion au lac d'eau douce qui se trouve
dans l'ouest de Zeyla' « et non loin duquel est passé
H. Rochety le 5 septembre 1839, en se rendant à An-
cobar » et le 26 mars i84o, à son retour {a) : c'est là
que vient se perdre la grande rivière Hawasch, et l'on
pourrait être disposé à croire que cette rivière ne fait
que traverser le lac, pour venir couler près de llarar;
car on voit les anciennes cartes inscrire Auca-Couroula,
capitale.de Ad el, sur la rivière Hawasch, et Joam dos
Santos appeler cette capitale Arar (&). Mais, en ce cas,
(a) RocHKT, Voyage sur la côte orientale de la mer lloïKje , dans
le pays dAdel et le royaume de Choa; Paris , 184 1, Rr. in- 8", pag. 87
Cl 333.
6) JoAO XM)5 SiwTOS, Primelra parte da Ethiopia oriental; Evora,
1607, peCil in-folio; liv. V, rap. 17, f i34 v", roi. 2.
113)
M. Rochet n'eût pu manquer de traverser un courant
dirigé au sud , tandis qu'il n'a rencontré que la rivière
de Kilalou , dirigée au nord. Il n'est donc probable-
ment question ici que d'un de ces vagues oui-dire
sans autre fondement que des faits mal observés.
Quant au grand Wébi, qui naît au voisinage de
l'Abyssinie (s s)» nous le rencontrons d'abord à Imiy ,
grande ville des Galla-Ala', à six heures de Kârànle,
à l'ouest de cette dernière, et sur la rive gauche du
fleuve , suivant Arrali ( i a, Ss) ; Aly Fahia la met pareil*
lement sur la rive gauche (53) , mais au nord-est de
K^rànle (Sa) : peut-être faut-il ici renverser les terme;».
Déjà à Imiy le Wébi porte radeau , et la marée remonte
jusque là (63}. Suivant 'Aly-Charniarka, le point où le
Wébi est navigable se trouve à moitié chemin de Hâr^r
à Lamo , à 6 ou 7 journées de Tune et de l'autre (46) :
il n'est pas besoin d'ajouter que ce sont de grandes
joui*nées de dromadaire^ au taux de 60 milles, de
même que celles d'Aly-Fahia, qui n'en compte que
7 d'imiy à la mer (53), 6 à 8 de Hhawi au Râs-Hha-
foun (54)9 et a seulement de la frontière d'Ougadayn
à Harar (48).
K^rànle, voisine d'imiy, et placée également sur le
Wébi (5, 12, 53), est aussi une ville Galla(5s) à 4
journées au sud-est de Harar (5); on traverse sur cette
route, en parlant de Karhnle, les tribus Gallas de
Hheban , Aniyou et Babili , qui sont idolâtres, et celle
d'Orgobbo , qui est musulmane; en prenant à l'ouest
vers le Borân, on traverse les tribus Aniya, Ala', et
Noio (4^)» ^^^^ ^i''^ d'Aniyase trouve à 3 journées de
Hâr^r (5o). En allant de Kârànle à la mer, dans la di-
rection de Hhamar, on traverse les tribus de Hi^wadle,
( i-S)
HoDrous^de, Abôga'l et Ghebelle (ai); celte dernière
est à quatre journées de Rahha'Vyn (56).
Le Wébi coule dans le sud de Harar (48), et reçoit,
à quatre ou cinq journées de Kdrànle^ le Fafan (i4),
qui lui-même est à six heures de dromadaire de H^rar,
et reçoit les ruisseaux de Crlir et de IIararw<^gny ^ entre
lesquels est sise la ville de H^rar.
Karànle étant dans le pays Galla , tandis que Môlmil
est la limite occidentale des Sçoumâl Ougadayn , il en
faut conclure que Môlmil est dans l'est de Kârànle.
Telles sont les bases auxquelles je me suis arrèlé
pour construire graphiquement les informations n^-
cueillies par M. Antoine d*Abbadie sur le pays inconnu
des Sçoumàl : sans doute il règne encore beaucoup
d'incertitudes sur bien des points de ce tracé ; mais il
est quelques points, aussi, qui paraissent déterminés
a?ec une tolérable approximation; et ce résultat, quel*
que mince qu'il soit, mérite néanmoins d'élre accueilli
avec d'autant plus d'intérêt, que ce coin de l'Afrique
était, plus encore que tout antre, resté sur nos cartes
dans la plus complète nudité.
Peut-être M. d'Abbadie aura-t-il de nouveau l'occa-
sion de rencontrer des informateurs qui aient visité le
pays des Sçoumâl : la petite carte que sa confiance
en mes faibles lumières l'a porté à me demander,
aura du moins en ses mains celte utilité spéciale, qu'il
pourra la contrôler avec les dires des voyageurs indi-
gènes, en noter les imperfections, les rectifier, et
conquérir ainsi définitivement à la géographie quel-
ques notions certaines de plus.
d'Avezac.
Paris, février 1842.
xrii. FivRiBB. 5. 8
( '»4)
RENSEIGNEMENTS SUR L'ABYSSINIE.
Extraits de deux lettrés adressées à M, D'AVitZAC par
M, Théophile C» Lbfbbvub, lieutenant de vaisseau^
. voyageur en Ahyssinie.
Adoa, le aa mai i84i'
... Je reçus « à mon arrivée à Dixan, une lettre
d'un Fraoç'aîs qui étiàit auprès de M.Petit ; dans la pro-
vince de Cbiré , et cette lettre -m'annonçait que si ^e
voulais voir, avant qu'il ne mourûli, le second de mes
compagnons de voyage, il fallait laisser mes bagages
et me hâter de venir. Au moment où ce céurrierm'ar-
riva, j'étais au lit, menacé d'une apoplexie.... Je ne
pus me lever que le lendemain» et je partis, laissant
aux nouveaux compagnons de voyage que j'avais re-
crutés en France le soin de se tirer d'affaire avec
l'aide de l'Abyàsin Adgo, que vous coniiteissez ,' et qui
parle aujourd'hui passablement le français. 'Au <bout
de quatre jours j'embrassai mon bon docteur; mais je
craignais de le-setrer dans mes fcr^s, de peur d'éteindre
le reste de souffle -qi/il' y atait ènlili. Le lendemain
cependant il était un peu inièux , et pendant huit jours
que je demeurai p^ès de 'lui, ta'dOûval'e&cénce parut
faire des progi^ës. 11 était (tes mal couché, car toute la
maison avait été au pillage pendant 'six mois de ma-
ladie: je lui fis faik^e'ùn Kf^sdalMe, je Changeai sa
nourriture, et' je c'His n'aVoirHenU' éteindre quand )e
le quittai pour aller rejoindre 'M. Vîgàatkd, qui était
fort embarrassé, et n'avait pu faire avec le bagage , en
douze jours, qu'environ la marëfae de trois heures
pour un homme à mule. Cependant les lettres que je
( ii5 )
reçus de lui à ,4^ea m'apnonçant son arrivée pro-
chaine, )e cnispoa?pir.nie,pieUre au lit çl Tattendre.
J'attendis ainsi quinie joui^s; enQp les l^qn^qtiQS »
ânon le bagage , arrivèrent au complet, çt je pus
bientôt me .mettre en route poi^r le 3^miène, où se
trouvait alors Oubié. Ce voyage se fit sans ^fnba^ras»
parce qu'étant là avec l'autorité que ine donnait l'a-
mitié dp roi, personne n'osait mettre d'obstacle h
notre marche ; partout, au contraire , les vivres , qui
avaient été contestées pend.^pt iQpn absence , étaient
apportés avec assez d'abondapce pour que je d,usse
souvent les refuser.
Quelques minutes avant d'entrer au, camp deMoy e-
iâalo» un soldat d'Oubié vint nous,avertir que la cour
était assemblée» et que le roi ayant été prévenu de
notre arrivée, nous attendait depuis le matip. ^ous
fimes donc balte pour changer nos costumes de voyage
en habits de cérémonie , et bientôt nous fûmes dans
la tente royale , accompagnés de notre cortège d'am-
bassadeurs et d'Européens » que je fis asseoir au milieu
des ministres. Pendant que j'offrais mes compliments
anz Abyssins de marque qui se trouvaient là» j'eus
lieu d'observer l'étonnement de mes cpmpagnops ^e
voyage , qui s'étaient imaginé de trouver dftns Oubié
un honune ridicule et saiis dignité » et qui étaient loin
de s'attendre que la cour d'un roi nègre pût leur
imposer.
Après les premières paroles» je demandai la per-
mission de me retirer dans la tente qui m'avait été pré-
parée » pour me reposer des fatigues du voyage; et l'on
me fit conduire dans une vaste hutte construite en
bois et recouverte en chaume, qui était entourée d'une
haie, avec d'autres huttes ou cabanes du même genre
( >'(i )
mais plus petites» pour mes gens et ma cuisine. Je fus
à peine installé qu*on m'apporta une vache, deux
moutons, de l'hydromel, de la bière, du beurre , du
miel, du pain de blé et du pain de teff, de Torge pour
les mules; enfin, du bois à brûler , et de l'herbe poui
mes montures. Le roi nous fit dire qu^il nous enga-
geait à nous reposer le lendemain, et qu'il nous rece-
vrait le jour suivant pour accepter les cadeaux du roi
de France.
Dans l'intervalle il s'entretint avec ses ambassadeurs,
qui lui rendirent compte de leur mission, et quand
j'allai loi offrir les présents dont j'étais porteur, il me
remercia gracieusement et fit l'éloge de chaque chose.
Il continua à me faire envoyer chaque jour des vi-
vres selon l'usage h l'égard d'une personne de distinc-
tion , et me reçut de nouveau aux fêtes de Pâques. En
celte occasion , au moment où les guerriers qui assis-
taient au festin venaient d'entonner un chant de guerre
et d'élever leurs grands vases d'hydromel, il se retourna
vers moi, me priant d'engager mes compagnons de
voyage n lui faire entendre le chant de notre nation ;
j'allais m'en excuser avec politesse, quand Guebra-
Mariam , mon secrétaire, se levant avec précipitation ,
et regardant Oubié en face^ se prit à lui dire que les
Européens étaient accoutumés à des choses plus sé-
rieuses qu'une joule de poumons avec des ivrognes;
violence qui le fit mettre immédiatement à la porte,
el jeta du froid dans nos relations avec la cour. Nous
partîmes néanmoins dans d'assez bons termes, et non
seulement on nous donna toutes les mules de transport
qui nous avaient été prêtées, mais encore on expédia
des ordres au gouverneur d'Adoa pour qu'une mai-
son el des vivres nous fussent préparés, et pour qu'on
( "7)
Fournit aux ouvriers européens qui m'accompagnaient
tout ce qui] était nécessaire pour travailler: je fus ainsi
en mesure lorsque j'arrivai à Adoa , où la maladie de
H. Petit me forçait encore à fixer mon quartier-géné-
ral , d'établir une fonderie do canons et un atelier d'ar-
tifices de guerre. Doux Parisiens, qui avaient demandé
à me suivre , avaient en eux-mêmes trop peu de res-
sources pour se rendre utiles, et trop peu d'énergie
pour vivre en un pays où ils ne retrouvaient pas les ha-
bitudes de l'Europe ; ils ont pris le sage parti de s'en
retourner
Voilà la narration fort abrégée des événements qui
concernent mon groupe. II y a après cela le groupe du
consul de Belgique , celui de M. Combes , celui des
missionnaires, celui de MM. d'Abbadie, de M. Schim-
per, etc.; ce seraient autant d'histoires qu'il serait trop
tong de vous raconter ici. Je reprendrai une question
plus susceptible d*exciter votre intérêt, celle de nos
projets de travail, aussitôt que M. Petit, dont la santé
^ consolide de jour en jour d'une manière surpre-
nante (ce que j'attribue à la fois au moral que j'ai re-
levé et au confortable que j'ai apporté), sera en état de
monter à mule et de poursuivre le voyage.
Une de nos premières occupations sera d'étudier les
ruines d'une ville antique, que nous avons décou-
verte près du Tacazzé ; puis nous visiterons le Lasta, et
enfin nous terminerons par une tournée au paysGalla,
et aux sources de Guibié, si nous pouvons. En atten-
dant nous préparons un envoi de magnifiques collée-'
iioDs en tous genres; nous dessinons chaque jour, et
nous étudions le pays sous toutes ses faces. Je ne crois
pas être prétentieux en assurant qu'aucune expédition
(1.8 )
n*aura rapporté des travaùt aussi complets que ceux
que nous aurons à notre retour en France
Adoa, le 3o août i84i*
Dbns ma dernière lettre \e vous annonçais mon dé-
pai'ï prochain'; mais la iklaladie de M. le docteur Petit
iW'a reféhu ju^qti'iei , et je devrai' attendre encolre un
ibt>is dans' le Tigré pbdr être bien sûr que mon éloi-
gnemetit n'affectera pa'^ soi&' moral, et te le fera pas
retomber dans l'état de faiblesse où je Tai trouvé lors
de mon arrivée. Aujourd'hui il monte à mule et peut
rejprendre aVec activité ses travatix aux environs d'A-
doa
Demain matin j'irai au Hareb. continuer les travaux
de mes deux collaborateurs» et M. Vignaud , qui est un
excellent compagnon de voyage, m'accompagnera pour
faire les récherches géologiques et les dessins , chose
pour laquelle il oxcette , au grand contentement de
M. Petit, dont il peint les oiseaux et les plantes remar-
quables. Ce Mareb est quelque chose de terrible à
cause des maladies auxquelles on s'expose en visitant
ses bords ; mais je prendrai mes précautions , en re-
montant chaque soir sur les hauteurs qui l'encaissent,
et me dérobant ainsi aux miasmes produits par la vi-
goureuse végétation et le nombre considérable de
plantes en décomposition au milieu des chaudes mares
qui stagnent parmi les bambous et autres plantes vi*
vaccs. J'emmène avec moi des chasseurs, des bota-
nistes^ des zoologistes et des entomologistes; j'aurai
des mules pour porter les cailloux de M. Vignaud , et
j'espère, Dieu aidant, que nous ferons quelque chose
d'intéressant. A mon retour, si je ne suis pas mort.
C t»9 )
comme mon brave ami Dillon.je vous écrirai It* détail
de cette petite expédition , en y joignant le bulletin des
éléphants et des lions massacrés par notre petite armée.
Les nouvelles politiques du pays sont que le frère de
Cassaye » l'ancien rival d*Oubié , qui avait fait sa sou-
mission et avait reçu le gouvernement d'une province,
s'est révolté ; mais il n'a pu soutenir la lutte , et s'est
réfugié chez lesTaltals. Guébra-Rafaël , qui avait aussi
fait sa soumission l'année dernière » s'est également
révolté , mais il est serré de près et aura de la peine à
se tirer d'affaire. D'un autre côté , celles de Ras- Ali
vont mal» et il est probable qu'Oubié entrera à Gondar
l'année prochaine.
Nous préparons pour le Jardin du Roi un envoi de
cinquante caisses; nous attendons une bonne occasion.
...IIM. D'Abbadie sont revenus à Messoah;run
d'eux est à Halay. M. Blondel, consul de Belgique, est
arrivé à Rasso» mais là ses domestiques l'ont aban-
donné : c'est pourtant le commencement de la route ,
et jusque là il n'y a rien de difficile. H. Evins» voyageur
français, qui a voulu pénétrer au Ghoa > par le Lasta ,
a été assassiné : cette route est impossible à tout Euro-
péen qui ne sera pas accompagné» comme je le suis,
par des domestiques braves et habiles.
( »20 )
EXTRAITS
DE DEUX LETTAES ADRESSÉES A M. d'aVEZAC
P\K M. AIVTOINE D'A BB A DIE.
I.
Renseignements sur dwers idiomes de VEhiopie.
Mousçawwa' a8 août 1841-
J'ignoraia que l'on eût rien publié sur les langues
dankaly et galla» sauf un petit travail (in«i8) de
M. Krapf sur le galla. J'ai laissé à la Société asiatique
de Paris un travail plus considérable ; mais le man-
que de caractères éthiopiens en a fait ajourner l'im-
pression. Quant au vocabulaire dankaly, il y a ici une
erreur commune à Sait et aux historiens arabes,
erreur dans ce sens du moins que, lorsque l'usage
{quem pênes arbitriwn est et jus et norma loquendi) ne s'y
oppose pas, il faut donner aux langues leur propre
nom. Si l'on veut demander à un homme de la tribu
de Dankala s'il en sait la langue , on lui dit : *Afur af
tardige! Sais-tu la bouche afârl Qu'on lui demande
ensuite silesOuda'e} sont A'f^r,il répond dans Taflirma-
tive, et comprend sous le même nom toutes les tribus
voisines» dont j'ai fait une liste qui comprend plus de
cent noms, et que j'espère compléter.' Fait-on remar-
quer aux Danakil de Hh^nfâlàh (Amphilah de Sait) et
des environs, qu'ils ne parlent pas comme les Ouda'eU
on vous répondra : c Ma bouche esta'fâr, mais mon par-
ler (dialecte) est deBourê.»Bourê est le nom du district
qui s'étend depuis Mâkânnàlê, au fond de la baie d'Ans-
ley, jusqu'à Hharena; les A'fâr prétendent que leurs
ancêtres, émigrés d'Arabie , prirent terre dansBourê
( >«' )
et s'y établirent. D'après ces assertions, confirmées
d'tiillcars par des gens de différentes tribus, je me
crois autorisé h dire que la langue parlée depuis Azouli
(Âdulis] jusqu'au golfe de Toudjourrah, est la langue
a far; qu'elle a deux dialectes^ celui d'Ada'li , celui de
Bourê, et peut-être un sous-diulecte vers Awsa, et un
autre chez les Désamo.
J'ai un vocabulaire de 900 mots a'fâr écrits en
double pour éviter les méprises» et quelques phrases,
malheureusement trop peu nombreuses pour s'aven-
turer dans l'esquisse d'une grammaire. J'ai déjà re-
cueilli quelques centaines de mots de la langue saho ,
parlée depuis Azouli jusqu'aux frontières du Hamasên
etdesHâbâb. Elle est à la langue a'fâr comme est l'ita-
lien au français, et a contribué avec le tôgrôna et le
khasià la formation de la langue habâbi. Si ma santé
se remet, j'espère perfectionner mon travail sur la
langue des Seho ouChohou.
Puisque j'ai entamé le sujet des vocabulaires , je vous
dirai que mes mots szomal sont au nombre de 55o.
Les étranges prétentions de l'autorité anglaise à A'den
ayant excité ses agents dans Barberah et Toudjour-
rah à entraver mes innocentes recherches philolo-
giques, il m'a été impossible de faire un travail digne
d'un séjour de six mois.
J'ai une soixantaine de mots de la langue gourage ,
qui est un dialecte amharna, autant qu'il m'est permis
de juger; à peu près autant de l'ada'ri (dialecte de
lUrâr) qui tient de près à la précédente ; enfin des
aperçus des langues de Waratha et de Gomara, pays
nommé Sôdama par les Abyssins et Kafa par lesGallas.
Je n'ai pas deux cents mots de la langue bôdja ou
Uiasi parlée par les habitants de Gacli. Enfin je n'ai
( Ï2« )
pu ajouter un seul mot à mon vocabulaire hhamtônga
depuis mon départ d'Adwa.
Mais je sais que c*est'surtout du galia que vous voulez I
A Barberah, dès que mon irére m*eut rapporté la lettre
ilmorma , et que je lui eus donné l'assurance que ce
n'était nldo l'hébreu, ni du sanskrit^ ni enfin aucun des
caractères que je me rappelle, il écrivit à M. Reinaud
en lui envoyant \e fac-similé de la lettre et de l'écrit
arabe qui l'accompagnait. Durant mes loisirs forcés de
ToûdjoûrHh , j'ai fait ce qui était en mon pouvoir pour
déchiffrer cette lettre , mais je n'y ai pas réussi. Voici
le peu de résultats auxquels je suis parvenu :
1* Supposant que la langue employée est l'ilmorma,
et que le sens est à peu près le même que celui de la
lettre arabe, le système alphabétique est syllabaire
comme chez les anciens Éthiopiens , à l'exception que
les voyelles isolées sont représentées chacune par un
signé séparé, et non par un hamza syllabaire comme
en éthiopien. Le système serait donc analogue à celui
de l'ancien alphabet maldive.
9^ Ayant provisoirement adopté l'hypothèse ci-des-
sus, j'ai traduit la lettre arabe en ilmorma , que j'ai
éerit avec l'alphabet syllabaire des Éthiopiens. J'ai
ensuite compté mes caractères , et j'en ai trouvé 563 1
le texte inconnu en a 570 , en omettant ceui que je
crois être des signes de ponctuation. Cette opération
m'adonndF une assez forte présomption pour l'identité
du sens.
Je ne vous parlerai ni de mes tentatives ni des demi-
résultats auxquels je suis arrivé , ni des raisons qui
militent faiblement en faveur de la lecture des trois
mots: y"" fafaya répondant au thaybyn des Arabes;
2** ya obofisako, 6 mon frère; 3* yo, si. Dans l'étal
( »23 )
actuel de mes connaissances , je ne puis affirmer rien
de certain au sujet de celte lettre, sinon qu'elle est
yenoe de Limmou de la part du roi Abba-Bagibo.
Il est presque certain qu'on a écrit de droite à
gauche.
Tous les marchands de Derita qui ont fait le voyage
d'Unarya et que j'ai pu voir , m'ont affirmé que les
Gallas de ce pays n'ont pas d'écriture à eux. Fakieh-
Ahhm ed . dont j'ai parlé à la Société de géographie , a
cependan t dit le contraire à mon frère , et de son pro-
pre mouvement.
Comme les Gallas instruits ne viennent jamais par
ici , et que les plus habiles interprètes sont des mar-
chands qoi se bornent aux termes usilés dans le com-
merce, je n'ai pu obtenir certains mois du langage
relevé, qui m'auraient aidé puissamment à déchiffrer le
texte. Reste toujours une grande difficulté : Abba-Bagibo
est musulman ; la leltre arabe commence par la for-
mule ordinaire : El-khanido l'EIlah^wahhed-^ko, wa èl-
sfnlahj wa el^selam, etc.
Tous les interprètes que j'ai vus affirment que les
Gallas musulmans ne traduisent pas ces expressions ,
qu'ils les emploient en arabe , et aucune combinaison
ne les reproduit dans le texte si embarrassant qui nous
occupe.
S'il m*était possible de rentrer en Abyssinie , je vous
donnerais au bout d'un an des nouvelles de cette écri-
ture inconnue; mais les Anglais m'ont fermé l'entrée
parles tribus Oda'el , et Oubi ne me laissera pas passer
par ici. Mes études sur le peuple Orma ^galla) doivent
donc avoir leur terme. Je borne aujourd'hui mon am-
bition à étendre mon vocabulaire saho.
Durant ma maladie à Uhoddydàh, j'ai vu des gens de
( 1*4 )
Szana' qui in*ont navré par le récilde la destruction de
plusieurs livres sur l'histoire ancienne de l'Yemen.
L'Imam actuel deSzana' est chiite :il détruit toutce qui
se rapporte à la croyance orthodoxe, et des livres
innocents ont été compris dans la proscription. Si
j'avais eu assezde fonds, j'aurais fait le voyage de Szana'
pour opérer quelques achats : et j'émettrai le vœu qu'on
puisse envoyer de Paris un homme instruit. Le voyage
est sans danger, et il reste encore beaucoup de ma-
nuscrits dont on dispose à vil prix.
J'ai tant causé avec vous qu'il ne me reste ni temps
ni espace pour des renseignements géographiques. J'en
ai un grand nombre , malheureusement peu homo-
gènes. En attendant , je vous recommande » avec les
sentiments d'un père, le tracé de mes renseignements
sur le pays Szômali. Vous effacerez ainsi un vide dans
la carte d'Afrique.
Traduction liuérale, faite sur la version arabe (i), de la lettre il-
inorma d*ABBA-BoG*iBU, roi d*Enarea, au dedj-asmatcli Gotcao,
prince régnant sur Godjani,Damot et Açao.
■ Louange au Dieu unique : la paix et le salut sur
l'envoyé de Dieu , Mohhammed , après lequel il n'y a
plus de prophète. Et ensuite, salut parfait à Sa Présence
le général (s) Gôschoû Gana fils de Zawidy. O toi qui
(i Ceue version arabe est du style le plus barbare , et ne peut être
traduite que conjecturalement ; elle parait rédigée dans un langage
qui serait à Tarabe vulgaire régulier ce qu'est au français le patois
rréole de nos colonies. Cest le jugement qu'en ont porté MM. Rei-
naud,de Slanc et de Nully, à^qui nous devons celte traduction. — A.
(a) Le titre traduit ici par général est en arabe celui de oukyl^
qui a été substitué après coup au mot éthiopien schoum , qui avait
d abord été écrit, maib qui a été effaré, comme on le peut voir dans
le fac simiie que nous joignons à ce cahier. — A.
( ia5 )
liras cette lellre^ dis-lui: Sois, ô mon frère clans les
deux demeures, parlant avec ta langue coiuine (si c'é-
tait) la mienne, comme les obdées et la mer; or tu
m*as envoyé un message , et moi je l'ai pris dedans ma
main. Demande-moi , ô mon ami, la même chose que
je te demande , si tu m'aimes, ô mon ami , ô fraîcheur
de mon œil. Or je suis comme toi : si tu m'aimes , je
t aime. Et ne quitte pas , à ce mien discours , le pays
deGodron; mais à un voyageur (faisant) roule dans le
pays de Godrou , traite-le h ta manière du pays de
Godro, comme il (serait) traité dans ton pays et dans
mon pays. Et renouvelle ta parole : or aime-moi, et
accorde-moi (qu'il en soit) entre moi et entre toi
comme il en a été (avec) mon père et {comme il en sera
entre) nos enfants. Or (voici ce que) je le demande :
Accorde-moi ta fille ; je suis riche (en) chevaux excel-
lents , mulets excellents , vêlements de guerre , peaux
délions, terrains considérables. Or tout ce qui (est)
dans mp main (est^ comme à toi , si tu (le) désires dans
ton cœur. Et si tu me donnes ta fille, tu auras (à ta
disposition) mes terres et tout le reste; si tu désires
dans ton cœur de l'argent, (je t'en donnerai) tant et
tant (que ta voudras), quand même (tu complerais)par
mille. Et je t'en aurais envoyé si nous eussions eu la
sécutité des routes; mais j'ai eu peur (des périls) du
chemin. Tiens a ta parole: je demande ton amitié, et
situ dis: « Tout cela est bien venu, certes je veux
bien » ; (alors) j'aurai trouvé le bonheur par ton moyon.
> Sur ce , adieu.
» L'écrivain de la lettre , que Dieu le conseive, Ebn
EmyrGebrayl.
• Que cette feuille parvienne au tedjmasch Gôschoû,
fils de Djawydi.
( >26 )
» J'ai envoyé la lettre aux mains de Bâkscliy, fils de
Goramy : or l'individu (nommé) Bàkscby est fin route.
Je t'aime , ô mon père , comme tu m'aimes : or les
voyageurs entre moi et entre toi, traite- (les) comme
est traité ton ami dans ton pays.
> Sur ce , adieu. ■
II.
Renseignements géographiques sur la cote inéixdiwiale
de r Arabie,
A'yiât , 1 4 novembre i84i*
Jusqu'ici je m'étais abstenu de vous communiquer
un petit nombre de renseignements que j'avais re
cueillis sur l'Arabie I parce que je regardais lagéogr^a*
pliie de ce pays comme étant spécialement du domaine
de M. Fresnel. Ce savant orientaliste m'avait d'ailleurs
fait espérer» il y a près de trois ans, qu'il mettrait au
jour ses corrections pour la partie arabe de la carie
anglaise de la mer Rouge, D'autres travaux plus im-
portants l'ont absorbé» et si je prends l'initiative au-
jourd'hui, sur les côtes océaniques de l'Arabie, c'est
moins pour établir une absurde priorité qfxt pour
appeler sur les parties défectueuses de mon travail
Tattention et les* critiques des savants qui étudient et
font connaître ces intéressantes contrées. C'est pour
cette raison seulement que je solliciterai la faveur de
faire insérer mes noms de lieux dans le Bulletin de la
Société de Géographie, La réflexion qui termine mon
travail est sévère, mais juste, et quoique j'aie largement
à me plaindre des entraves de tout genre que MM. les
officiers de la marine militaire de l'Inde ont opposées
( ï»7 )
à mes recherches, je suis loin de chercher à me venger,
dans le champ scientifique, du mal qu'ils rn*ont fait
sous de singulières préventions politiques.
Les traditions SKÔQial» A'fâr» Seho et Togri^y m*ayanl
toujours renvoyé à l'Arabie pour Torigine de ces di-
verses nations, j'ai été naturellement amené à chercher
si lestribusde l'intérieur de cette vaste péninsule avaient
quelques unes de» coutumessingulières des tribus éthio-
piennes. Il faudrait trop de paroles pour démontrer le
succès de mes questions àoet égard. Reste la con^ parai-
son des langues. Celles de l'Ethiopie, que j'ai cru pouvoir
appeler sous-sémitiques» ayant certaines allures trèsdi-
vergentes des formes arabes, j'ai dû supposer qu'il pou-
vaity avoir dans la péninsule d'autres langues que celles
du ckoran et du Mahhrah. Khamys ebn Thabel, nalif
de Szour,et qui m'adonne mes noms de lieux, me dit
connaître de nom quatre langues totalement étran-
gères à l'arabe, quoique parlées en Arabie. La pre-
mière est parlée par la tribu Hhiiserit, à dix journées
de la mer; la deuxième est celle des Géra', qui vivent
depuis le cap Nos jusqu'au cap Hhâmâr : leur langue est
plus difficile que celle du Mahhrah; la troisième est celle
d'une petite tribu dont le nom m'a échappé ; la' qua-
trième est la langue des A'wamer qui vivent entre Aman
ou Oman et le cap Sogrâh. Enfm d'après des renseigne-
ments pris à Hhodâydâh , j'ai lieu de croire que la lan-
gue des ChSrky^h est différente de l'arabe. Celte tribu
indépendante et non musulmane est connue pour les
beaux esclaves qu'on en tire, et qui sont vendus tantù
Maskat que dans les ports de l'Yemen. Un courtier
d'esclaves , natif de Sz^na', m'a dit h cet égard :
• J'ai vendu plusieurs esclaves Ch^rkyilh : le nom
qu'ils se donnent est Ilhezban. Leur tribu demeure près
( '«8 )
(lu pays de Djof, à environ dix journées de Sz^aa*.
Ceux des frontières sont musulmans, les autres sont
infidèles. On prise beaucoup ces esclaves: une fille vaut
jusqu'à 180 piastres (960 fr.)i parce qu'elle est toujours
Goubadha (Qabàdhah) (i). Les esclaves mâles sont
aussi très estimés, parce qu'ils sont plus ronges (c'est-
à-dire plus blancs) que les Gourage. Ils ont l'habitude
de rester debout sur une jambe devant leur maître
(coutume Galla). Leur langue n'est pas l'arabe ; par
exemple: eau froide» sat; eau chaude» ^a/if; chose
qu'on peut manger» hhanti; bois à brûler, chah; feu »
hknmar ; y'iens^ khater ; va, bahfitn. »
Il y avait alors deux esclaves Ch^rky^h (on m'a dit
aussi mâchSrLyâb) à HodâydSh : l'une d'elles appar-
tenait à un Turc de ma connaissance, et je formiâ
aussitôt le projet d'étendre mon vocabulaire; mais je
tombai malade, et me vis forcé de venir chercher la
(1) Si, posthabitis studiis çeographicis , qun^rere velis quid sit Gu •
badha, tibi , quoniam nil sit impudicuni inter doctos, lubenter dicam.
Fœinina Gubadfaah, etiamsi innupta, aquae insidens, apertâ vulrà
aquam sua sponte absorbet et posteà reddit, aut, ut vice ioterpretis
fungar, bibit ac vomet. Quae facuUas eximii pretii existimatur, oam ^
coeante hero, famula laborem amantis soppediiat ; vir autein, omne
nisu remoto, compos voti fit. Qtiod inter nug<is orientales jani*
dndùm misissem, nisi plures,et inter cœteros Lutetiae Parisioruni
medicina! doctor qui Hhodayd'^h din incoluit^ crebris sermonibas ve-
ixim esse affirmassent. Khiioiys etiam, ingenii modesti vir, mihi de
Gubadba inierroganti respondit: « Chârkys filias urbe Maskat ven-
ditas vidi: di; aquae nbsorptione nihil unquam audivi. Ancilla Gu-
badba rara est et magni pretii, nam , egregiâ vi vulvse,marito maxi-
mum voluplatem afFf ri. Servœ Gubadb» non propri» sunt Cbâr-
kyae, sedinterdùm Gallnr, Gura{;ae, Ambarse sunt. Hcges tantummodo
rmunt. NisiCircàssiae servam velis nullam invenies pneterCbârkyMni
quH? pulchretudine forma? a ut albetudine pellis piivstct. »
( ^«9 )
saalé 9ur les froides montagnes des fronlières abys-
sines.
L*état de ma ?ue m'inspire toujours des craintes^ et
m'empêche de vous envoyer dès à présent les rensei-
gnements que j'ai recueillis sur les frontières du N.-E.
de l'Abyssinie.
Nonu de lieux sur les rivages de TArabie méridionale , depuis Mas-
kath jusqu'à Mokkâ, indiqués par Khamys ben Tsabet, de Sçour.
Haskalh (Rhamys dit que le s n'est ni un syn ni un
sçael),
Bender Séda'b , tout près de Maskatb.
Bender Hharàmil » idem; des palmiers tout près.
Bender Besâthyn , idem ; idem,
Bender el'Yésçsçâ , idem.
Khour el-khyràn , baie.
Ghobbet el-syfah , golfe.
RâsAbou-Dâwid, cap.
Bender Qerâyâd el-kebyreh : Grayad la grande.
Bender Qerâyâd el-sçaghyreh : Grayad la petite.
Bender Daghamar , petit village.
Bender Fin"s (le n" de ce mot est fortement nasal).
Râs Makélléh Oubér , cap.
Khour wa Bender Schâb; baie avec un ruisseau sur
lequel est un village du même nom.
Bender Théywy » sur un ruisseau du même nom.
Souq el-Bézâzeh, rivage très resserré entre les mon-
tagnes et la mer.
Bender Qalhât : Gâlhat , petite ville que Khamys ne
nommait jamais sans l'épithète Dârel-Benâyât
(pays des filles).
XVII, PtVRIfiB. 4* 9
( '3e)
Bender Sçour; baie profonde et ville très commer-
çante.
Schyya*, fontaine (hhasy)pTès de la mer.
Gebei Assouàs, montagne formant une falaise à pic.
Khour el-Hbagjar, baie de la pierre.
Ràs ei-Hbâd , cap.
Ghobbet el-Mynéb, baie.
Râs el-Hbamar , cap.
Ràs wa mersay Gjinz , cap et ancrage.
Bender el-Kbaddeh, tout petit village.
Râs el-Kbabbeh , cap.
Ghobbeh wa bender el-Daffah , golfe et bender.
Bender el-£schkbareh.
Gebei Gjalàny , montagne (dans les terres).
Gebel Sfânât , montagne ( dont l'extrémité est le cap
Gjinz).
Râs Roués , cap.
Gebel Sâréq : mont Sareg (sous le suivant).
Gebei el-Qaroun (mont des Cornes).
Séq^lâh, ancrage.
Râs Gjybscb : cap Djybcb.
Ghobbeh Scbaybélah, golfe.
Râs iihalf , cap.
0mm cl-Schéhhéw (om ech-chehhew) , rivage de ro-
chers isolés et perpendiculaires, visibles surtout
dans la basse mer.
Râs Gjèy : cap Dj&y (prononcé Je) .
Mosçyrah, lie ; ici est un village de cinq ou six maisons.
Râs Helmatayn, cap.
Sche'b Abou-Resâs, écueils.
Ghobbeh H bahchysch , golfe; il s'y trouve (rois écueils
parallèles, gisant nord et sud.
Gjezyreh Kénasçah , lie ; un écueil au sud ; il s'y est
( «51 )
engagé il y a six ans (i855) un bâtiment qui
dut jeter seize canons pour se dégager ; tout
ce golfe est tellement plein d'écueils , que les
plus petites barques n'y entrent pas. Tous les
riverains sont des voleurs.
Bender » tout petitvillage de pécheurs, dont le nom
. m'a échappé.
Gezyreh Uhamar; lie carrée bien plus élevée que nos
mâts, terminée par un plateau où l'on va pren-
dre la Gente des oiseaux pour la vendre à Ma-
kallah» où elle sert à fumer les palmiers. Il y
a 3o à 4o brasses, fond de vase, tout près de
l'Ile; on aime mieux s'amarrer à l'Ile même.
Ghobbet el-Dhalah ; très petite baie entre deux colli-
nes ; 9 brasses â 3 1/9.
RâsMerkaz, cap; montagne très élevée.
Râs cI-Gezyreh , cap ; ancrage au nord , par 7 h 8 bras,
ses , bon lors du kàs ou vent du nord. Ce nom
est celui des Arabes; les Indiens disent Râs
Madraka.
Bender Khascbâym; petit bender; 3 à 4 brasses.
Ghobbet el-Gjâzer, baie; eau claire. On y va jusqu'à
9 brasses, et l'on a ce brassiage lorsqu'on voit
les arbres de Mâder : on a préalablement
longé la terre au nord par 6 ou 6 brasses;
quand on esta s brasses, on va au sud jus-
qu'à ce qu'on voie les grands arbres : alors ,
quand on a 5 brasses (à 3 brasses on serait
sur recueil), on commence à séioigner de
terre. Des arbres on va au sud-est, et on at-
teint d'abord le mont Sograh , puis le bender
de même nom. Le mont court nord et sud ;
il est à pic à Test et à l'ouest.
( l^^ )
Râs Souqrah , cap et beader ; bois et eaux.
Gebel Souqrah , mont.
Râs Qarw&w , continuation du mont Sograh.
Gbobbeh Schirbélât , golfe.
Gezyreh Qibiy , lie.
Gezyreh Hâllâny , lie ; six maisons; fontaines à Test ei è
l'ouest , dans le sable. . .
Gezyreh Soudah , tle noire.
Gezyreh Ilhàsky » tle; tout petits ancrages à l'est et à
l'ouest y par 20 brasses.
Gezyreh Qirzâ'otb , Ile à l'est de Gibly, sur TécueiL II y
a un passage entre cette lie et Gibly en rasant
la dernière; aussi en rusant l'Ile noire à Test»
on passe entre elle et Hallany. On voit les bri-
sants à l'est, et une frégate peut y passer. On
s'amarre à terre dans l'Ile Hbàsky. Au nord-
ouest de Ub&sky est un petit écueil sans bri-
sants è basse mer , et se joignant à la terre.
Jusqu'ici tout le pays est Oman.
Râs Min"jy (/t" nasal), premier point du Mahhrah.
Gbobbeh Schouày Min"jy, baie.
Ghobbet el-Doum , golfe du Jom , mot désignant le
nebek » qui abonde là.
KhourHasék, baie; terre d*encen8. Tout près d'ici est
un ruisseau qui se jette dans la mer.
Râs Nous : cap Nos , eau qui coule du rocher.
Gbobbeh Mosayrah; golfe très petit; eau.
RàsMosayraht cap.
Hersày Jén"jary (n" nasal) ; port à l'extrémité ouest
de la baie , contre la montagne qui reste au
couchant.
Hersày Jén"jary eKsçaghyr : le petit Jenjary, au sud
du précédent ; 5 à 6 brasses.
( '33 )
Khajsat Haoneh ; porl complètement entouré de hau-
tes terres.
Rfts el-Zébayr, cap.
Bas el-Tbéyr , cap. A proprement parler , ces deux
caps n'en forment qu'un.
Ràs el-Henâny , cap.
HerhAth, dit Merbâdh par les Arabes. Cette Tille était
originairement un parc de chevaux , d'où lui
vient son nom.
Ghobbeh Youwéynah, golfe.
Bender Scalâlab; plus ancien et plus petit.
Bender el-IIhàfah ; plus grand.
Dhofàr; nom collectif des deux lieux qui précèdent.
KbourRysout, baie; les gens du pays disent Rysot.
La baie est profonde , et Ton y entre loin lors
des pluies. A Dhofâr il suffit de creuser une
coudée pour avoir de l'eau. Rysout est à i S ou
so milles de Dhofâr, et entre deux est un groupe
de maisons abandonnées ( le Chedjer de Berg-
baus?). Entre Rysout et Hhamâr est une petite
crique avec une lie devant : |e n'en sais pas le
nom.
Ràs Uhemâr, cap; port au sud, dans l'anse; 6 à 8 bras-
ses entre les collines.
Gbobbet ràs libemàr, golfe.
Rès Sçâyyr, cap.
Rhaysah Scheykh A Ces trois anses ont chacune son
KhaysahEkèk, > village, son ruisseau et sespfttu-
KhaysahHba'otbab, j rages.
Ràs dorbat 'Aly (i) , cap du coup d'Aly ; il y a trois ou
quatre lies très petites au pied du cap.
(i) Lisez Ràs ilhorbat *Aly. — • A.
( IH)
DomqoathiDoûmgôtb^ grand bàodàr.
El-Hhoutheh, plus grand que Doâmgôtb.
Ghobbeh Qemer : golfe Gâmâr. Il y a beaucoup de
bânadâr dans ce golfe» mais je ne les connab
pas ; nous n'y entrons jamais, parce qu'il y
a du sang entre nous depuis un temps im-
mémorial. Aux environs de Sogrâh il^ a
plusieurs de nos compatriotes (de Sçour)
établis. Toute la côte» jusqu'à M&rbath,. se
nomme Aman (?) ; de là à 'Aden» on dit Bâr
el Ilâgaf (Berr el Hhaqâf) .
Beader Fénthâs; joli port dans une baie.
Ràs Fértbâk, cap.
Bender, du même nom (?). dans la baie.
Hèswèyr; grand bàndàr, château » maison de pierre ;
peu d*encens.
Râs Dérgéhy cap.
Ràs Schérwéyn, cap.
Gbobbeb 'Atâb, golfe.
Bender 'Atàb, grand comme Hèswèyr.
Ràs Aqàb : capAgab.
Ghobbet ma el-Sèhouth: golfe Sâhouth, à l'ouest du
cap Agab.
Bender Sèboutb.
Wàdy el-Mesylah, vallon arrosé.
El-Hhàràyq ; jadis un beau blindâr chrétien; il n'y a
pas une àme aujourd'hui. Sept rochers, noirs
et comme brûlés» forment le rivage.
Reydeh; petit b^ndfir.
Reydeh el-sçeghyr : petit R&yd&b.
Ràs el-Qasçéyyr, cap,
Ràs Abou-Gheschoueh, cap.
Ghobbet Abou-Gheschoueh, golfe.
( «35 )
Bender Schermeh; détruit parles pilotes d'Oman.
D;s; grand bander; 3 brasses rasant la terre.
Gbobbeh : (petit golfe) .
El-Hhâmy, nommé ainsi à cause de son eau» qui vient
d'une source délicieuse.
Bender Déféyqéb; tout petit.
Bender Schehher.
RâsDhobbah, cap*
Bender Schehheyr.
Rokeb.
Râswa bender Mekelleh, cap et bândâr.
Foaeh; dans la baie^
RâsBroam, cap.
BenderBroum; entre les deux caps du même nom.
Ghéyl Bawzyr.
E14fâyreh; (colonie de Ghâhh&r).
*Ayn Tebâiéhh, source.
Gebel Yekblef» montagne ^
Qoroum el-Hhàmy : Gouroum el Hhami (nommés Nu-
soor et Munassoor dsius la carte anglaise).
El-Qem: el Gern, colonie de Dys.
Hhasan el-Kétsyry ; cbàteau ruiné.
Réyid, nom collectif des deux Redah (Rèydeh).
Rfts Hhasçaysçah» cap.
Hhasçà el-bhamrà, nommé aussi Râs eUbbamar.
El.Qéytber.
Râs el-Riymât (?) : cap lUêmat (comment l'écrire en
arabe?) (i)
Râs el-Relb, cap du Gbîen.
Ghobbet el-Relb» golfe du Chien.
(i)Râi Riyémat, ce semble:, par rn affecté cla kesr . ye, avec fa-
uhh, et éiif de prolongation. — * A.
( i56 )
Gezyret el-Rebsch : (ce mol signifie Jiente d'oiseatu;).
Râsel-Maqdéhhah, cap.
Magdéhhah; à 2 000 pas du précédent, et après l'en-
trée du golfe.
Gezyreh Qabbous? Ile Gabbous (espèce de guitare).
Abyâr 'Aly : puits d'Aly; ancrage.
Gezâyr 'Abd el-Ahhed; nom collectif de deux très pe-
tites lies et des Iles Râbchet Gabbous. Les tles
Hasky, Hâllany, Soudâb, Gibly et Gîzaout se
nomment collectivement lies du Fils de RbiiU
fan (Gezâyr Ben-Khelfàn).
Gezyreh ; lie dont j*ai oublié le nom.
Gezyret Hhasan Gbarâb : lie Hâs^n Gbârab (lie du Cor-
beau), ronde» rocheuse et fort élevée.
Gezâyr Scouméb, deux lies au sud de H&sân Gbirab.
Hâs el-Bisthân, cap. On jette Tancre au sud de la mon-
tagne , qui est très élevée. Lorsqu'on grimpe
jusqu'au sommet, on voit un grand entonnoir
qui communique avec la mer: on y trouve des
requins qui attaquent les chameaux (?).Nous
allons souvent y chercher du bois. Le trou com-
munique avec la terre par un petit sentier.
(C'est le cap Ruille delà carte anglaise.)
Gezyrat el-Rothl,lle, grande comme celle du Corbeau.
Khour el-Rothl, baie.
Gezyret el-'Asçydeh (l'A'szyd&b est une pâle épaisse de
farine, mangée par les Arabes et les Éthio-
piens). H y a très peu d'eau entre cette lie et le
cap A'szydSh, sans passage.
Bender Belhhâf; n ayant qu'une maison en pierre.-
Ghobbct el-'Ayn : golfe de l'Œil (1).
{\) Ou (le la suurci'. — * A.
( »37 )
Gebel Ha^rah, montagne.
Bender Hawrah.
Râs 'Arqéh. Ce cap est célèbre parmi les Arabes ù
cause de la difficulté de le doubler : j'ai eu des
cheveux blancs pour y avoir été retenu un mois
et demi. Il est de sable. Sur le cap sont de pe-
tites maisons (qpbbeh) qui le font reconnaître.
Oaâdy Mèyfâb , vallon arrosé ; il est au nord du Râs
el-Kelb, et non pas près de Hawra. Le mont
Hâyfeh a deux pics de hauteur inégale.
Hawar; on le connaît par ses dom; il doit être im-
médiatement après le cap A'rgeh.
Gebel el-Mokhânyt, montagne. Tout ceci est A'rgeh.
Le cap A'rgeh a un chaykh^ sans doute Ch^ykh
A'bderahman. Baddas de la carte anglaise. Près
HSwâr est une colonne de chaykh blanche.
Ouâdy 'Atsram, vallon arrosé ; (nom d'un arbuste) .
Qoroun el-Maqâthyn : cornes de Magathyn; trois pics,
dont le troisième après le b^ndsr.
Haqâthyn ; on trouve bois et eau à Msg^thyn ; il y a un
chaykh ruibé un peu à Test de la ville (la carte
anglaise n'indique qu'une !le ici). Il y a quatre
lies à peu près sur une ligne perpendiculaire à
la côte; entre la deuxième et la troisième, en
partant de la côte , est le passage des barques;
il n'y a pas d'autre passage pour ce qui excède
une très petite embarcation ; les gros vaisseaux
doublent le cap de l'écueil, et jettent l'ancre à
Touest de la quatrième île, par 5 brasses. La
première lie est couverte à la haute mer; la
deuxième n'est couverte que dans les malines;
la quatrième est la plus petite.
Maqàtliyn el-sçaghyr : petit Magattyn.
( i38 )
Gezâyr Adhâm (i) : (îles des Os) ; trois petites iles.
Soqrah : les gens du pays disent Ghoûgràh(Schouqrah).
Je n'ai rien visité à Touest jusqu'à Chougrâb.
Bender el-'Aâseleh.
Râs Séèlen (?) : cap Sêlân.
Gbobbeh Séêlen (?) : golfe Sêlfin.
Syrab ; port marchand d'A'den.
'Adén.
Adbrâs, ancrage (marqué 4 sur la carte anglaise).
Kbaysat el-Sabalan (KbSysàt [veut dire un sable en-
touré de rocbers).
Kbaysat el-scbeykb Abbmed.
Khour el-Tbawâhy, baie (back-bay des Anglais).
Byr Abbmed.
Scbeykh 'Atsmân.
Kbour 'Abbsa'n , baie.
Gebel 'Abbsa'n , montagne.
Gebel 'Amarân, mont et cap A'màran.
Gezâyr el-Gebel : iles de la Montagne.
Bender 'Amaràn ; à l'ouest du cap.
Gebel el-Qa'ou: monts de Ga'w ; trois sommités.
Kbour 'Amèyreb » baie.
Gebel Kharaz, dit aussi mont A'mâyràb.
Râs el 'Aârab, cap.
EI-'Aârab, ancrage; eau douce (hhasy) à une heure de
marche.
Tbérbèh» ancrage; après l'eau douce» marquée par deux
palmiers (et nommée Sekeya par les Anglais).
Gebel el-Manhhély ; mont qui marque le détroit.
Scbeykh Sa'yd.
Ghobbet el-Qoram : golfe Goram.
(0 Lisez GezAyr el-A'axhâm. — * A.
( '39)
Ihabàb, ancrage (nom d^une sorte de mouche).
Gezyreh Mâyyoun, lie (dite Périm chez nous).
Nahhl el-'Abyd : palmiers des Esclaves.
Hokhâ.
N.B,Lcs observations, en petit nombre^ enfermées entre
deux parenthèses , contiennent mes propres remarques. J'ai
renda Ghoubbah (Ghobbeh) par golfe , et Kkor (Rhour) par
baie, sans en garantir Texactitude ; car ayant laissé tous mes
livres arabes à Djiddâh , je n*avais le moyen de rien vé-
rifier.
Dans la portion de côte qui s'étend de M okha à Màkall^h,
on pourra s^é tonner de quelques différences notables entre
mon travail et les noms de la carte du capitaine Haines : à
cet égard, je ferai observer au géographe consciencieux
qu'ayant écrit sous la dictée de Khamys , je n'affirme rien
de mon chef ; et que ce pilote arabe , bien qu'il soit re-
tenu sur son dire une ou deux fois lorsque je lui opposais la
carte anglaise, a néanmoins, dans la plupart des cas, soutenu
ses premières assertions avec autant de persévérance que de
modération. Au surplus, les nombreuses corrections à opérer
dans la carte anglaise de la mer Rouge montrent qu'il n'est
pas donné à tout le monde de faire un travail sans défauts.
DÉPRESSION DE LA MER MORTE.
Extrait d'une lettre adresiée à M. D'Avbzag par M. le
colonel Jackson , secrétaire de la Société royale géo-
graphique de Londres.
Londres-, a5 janvier 1843.
Comme je suis sûr que vous devez, avec tous les
géographes , prendre beaucoup d'intérêt au curieux
( ï4o )
problème de la dépression de la iner Morte» je n'hésite
pas à TOUS communiquer les informations suivantes à
ce sujet.
Notre grand artiste bien regretté» sir David Wilkie »
en partant pour la Terre-Sainte » avait été muni d'un
baromètre avec thermomètre , et prié d'en observer les
indications sur les côtes de la Méditerranée et sur les
bords de la mer Morte » ainsi qu'en diverses stations
intermédiaires» et d'en prendre note. Il promit de le
faire » et il tint scrupuleusement sa promesse. La So-
ciété royale géographique de Londres a reçu commu-
nication d'une lettre de sir David » écrite à un ami peu
de temps avant sa mort» et contenant ses observations»
sans aucun calcul des hauteurs à en déduire.
Le soin de les calculer m'est échu » et je regrette
beaucoup que les observations de sir David n'aient pas
été assez complètes pour me mettre à portée d'en dé-
duire un calcul rigoureux de la dépression réelle de la
mer Morte au-dessous du niveau de la Méditerranée»
tant parce qu'il n'y a pas eu d'observations corres-
pondantes» que parce que sir David n'a point tenu
note des indications d'un thermomètre libre.
Dans cet état de choses» j'ai été forcé de suppléer
aux indications barométriques pour la Méditerranée»
par la moyenne de 5o pouces, et aux indications du
thermomètre par la moyenne de 12^,8 de l'échelle
centésimale, telles que les donne Shukburg. J'ai égale-
ment été obligé » pour faire emploi de la formule
usuelle» de supposer un thermomètre libre dont les
indications auraient été absolument identiques à celles
du thermomètre attaché au baromètre. Avec ces don-
nées » et après avoir rédoit en degrés centésimaux les
degrés de Fahrenheit observés par sir David, j'ai cal-
( Ml )
culé les observations, et le résultat ainsi obtenu est que
la dépression de la mer Morte au-dessous de la Médi-
terranée est de 1 199 pieds, ou en nombre rond isoo
pieds (365 mètres).
La hauteur de Jérusalem au-dessus de la mer, ob-
tenue de la même manière, est de 9 263 pieds (689 mè-
tres); d'où Ton conclut aisément, pour la dépression
de la mer Morte au-dessous de Jérusalem, 3 461 pieds
(1 o54 mètres).
Or ces résultats , quoique certainement dénués
d'une rigoureuse exactitude, par les raisons que j'ai
indiquées, sont assez voisins de ceux qu'ont déjù
fournis les précédents voyageurs. Ainsi MM. Moore et
Beke mettent Jérusalem à 3 600 pieds (793 mètres) au-
dessus de la Méditerranée, différence 338 pieds (io3
mètres); mais MM. JVIoore et Beke avouent qu'ils n'ont
fait que de grossières observations.
D'un autre côté , M. de Bertou met Jérusalem û
2 Ô61 pieds (7 19 mètres) au-dessus de la Méditerranée^
ce qui ne diffère de mon calcul que de 100 pieds (3o
mètres), différence moindre qu'on ne la trouve quel-
quefois entre les résultats obtenus par la formule, avec
et sans observations correspondantes. Par exemple, le
village deBroang.dansle Kounawar,cst,en calculant au
moyen d'observations correspondantes, à 7 473 pieds
fss77 uiétres) au-dessus de la mer, et seulement à
7 355 pieds (s s4i mètres] en calculant sans observa-
tions correspondantes; ce qui offre une différence de
i 18 pieds (36 mètres).
H. de Bertou donne, pour la dépression de la mer
Morte au-dessous de la Méditerranée, 1 338 pieds (4o6
mètres) , tandis que mon calcul donne, comme on a vu,
1 199 pieds* ( 365 mètres) ; différence i53 pieds (4i
\ 142 )
mètres)» ce qui, tout considéré, est peu de chose.
Enfin, en combinant la hauteur de Jérusalem et la
dépression de la mer Morte au-dessous de la Médi-
terranée » nous trouvons que M. de Bertou a obtenu,
pour la dépression de la mer Morte au-dessous de Jéru-
salem^ 3 693 pieds anglais ( 1 isS mètres), tandis que
mon calcul donne 5 461 pieds ( 1 o54 mètres); diffé-
rence 233 pieds ( 71 mètres ) seulement.
Ainsi, quoique le calcul des observations de sîr David
Wilkie ne puisse être considéré comme exact, elles
corroborent néanmoins les résultats de M. de Bertou
d'une manière assez satisfaisante pour nous convaincre
de l'exactitude de ce voyageur.
Mais, tout agréable que cela puisse être déjà pour
tout le monde, et pour M. de Bertou en particulier ,
je suis heureux d'ajouter que des données ultérieures,
beaucoup plus parfaites que celles dont je viens de
parler, me sont tout récemment parvenues , et qu'elles
se rapprochent tellement des résultats de M. de Bertou,
qu'on peut les considérer comme tout-à-fait identiques.
Mon ami le colonel Ghesney (célèbre par son explo-
ration de l'Euphrate) m'écrit qu'il a reçu une lettre du
colonel du génie Alderson , où se trouve consigné ce
fait intéressant, qu'une série de nivellements géodési-
ques a été exécutée , avec une admirable exactitude ,
de Jaffaà la mer Morte, par le lieutenant Symonds, du
même corps ; il en résulte que la dépression de la mer
Morte est de i 607 pieds (490 mètres) au-dessous de la
plus haute maison de Jaffa , laquelle est estimée à
200 pieds (61 mètres) au-dessus de la Méditerranée ,
ce qui laisse une différence de 1 4^0 pieds (427 mètres)
entre les deux mers ; ainsi la différence entre M. de
Bertou et le lieutenant Symonds est seulement de 67
(.43)
pieds (ai mètres), et peut-être , si l'oa connaissait
Texacte hauteur de JaSa, ces deux observateurs pour-
raient-ils se rapprocher encore plus : ils pourraient, à
la vérité t différer aussi davantage. Quoi qu'il en soit»
j'ai cru cette circonstance assez intéressante pour la
joindre au résultat de mon calcul des observations de
sir David Wilkie, et pour vous communiquer le tout
pour votre propre satisfaction , aussi bien que pour
celle de M. de Bertou.
Note additionnelle.
Dans la séance de l'Académie des sciences, du i3
janvier dernier, M. Arago a donné communication
d'une lettre où H. Humboldt lui fait connaître le ré-
sultat des observations de M. Russegger , qui s'est oc-
cupé aussi de la même question. Indépendamment
des recherches géologiques auxquelles il s'est livré
dans le bassin de la mer Morte, le naturaliste allemand
a mesuré géométriquement la différence du niveau de
cette mer à celui de la Méditerranée , et il a trouvé une
différence de aaS toises, ou 4^4 mètres.
En récapitulant les résultats obtenus jusqu'à présent
par les divers observateurs , on en formera la liste
suivante :
M. Jules de Bertou 4^^ mèires.
Sir David Wilkie 565
Lieut. Symonds 4^7
M. Russegger 434
ce qui procure une moyenne de. . . 4^8
bien voisine, comme on voit, du chiffre donné par
M. Jules de Bertou. *A.
( i44 )
DE GUILLAUME FILLASTRE
CONSIDÉRÉ COMME GÉOGRAPHE
A PIIOPOS D*UN MAKCSCRIT DE LA OÉOCBAPRIE DB PTOLéMKB ,
PAR M. RWUOND T|IOil\SSY.
Ce ms., format petit m-4^, de 8i4 feuiileU» dont
160 en vélin et 54 en parchemin, appartient à la bi-
bliothèque publique de la ville de Nancy , où il est in-
scrit sous le n° 1 1. Il est intitulé : 67. Ptolomœi Cosmo-
graphia (1).
Ecrit en longues lignes, ayant en général 36 lignes
à la page , et non réglé , à l'exception de quelques
pages intérieures, il présente deux écritures et deux
parties distinctes , toutes deux du commencement du
XV® siècle (i4o9-i4î^7)«
La première partie comprend les 160 premiers
feuillets , et contient la géographie de Ptolémée , tra-
duite du grec en latin par Jacques Angelo de Florence,
traduction dédiée au pape Alexandre V, qui fut élu en
i4og au concile de Pise. Or, comme ce pape mourut
en i4io, c'est entre ces deux dates que se trouve fixée
l'époque de la traduction et de la dédicace de Jacques
Angelo; ajoutons aussi, comme nous le prouverons
bientôt, l'époque de la transcription de cette pre-
mière partie.
(i) Ce ms. a déjà ëié, en i836, Pôhjet d'une publication due à
M. Blau, inspecteur honoraire de TUniversité. Cette intéressante
notice contient la carte du nord de l'Europe dont il est question
dans notre travail, ainsi que le teite descriptif dont e'ie est accom-
pagnée dans le ins.
( i4S )
Qoant à la seconde partie du ms., occupant les
54 feuillets de parchemin , d'une écriture postérieure
à la précédente, elle contient, comme l'indiquent les
premières lignes» s 6 tables géographiques, 10 pour
l'Europe» 4 pour l'Afrique » et 13 pour l'Asie, pré**
sentant le complément naturel du texte de Ptolémée.
Ce premier paragraphe indique aussi une carte géné-
rale qni précédait les 96 cartes partielles : totalem
tabttlam aiUe pesitam; mais elle a été arrachée de
notre ms. ; de sorte que cette deuxième partie de la
géographie de Ptolémée commence par ces roots :
Seamiur inginti-sex tabule quas supra in ultimo libro
describit Tholomeus («ic). Remarquons que l'écriture rie
ce texte indicatif des cartes est bien moins correcle
que la précédente.
D'un antre côté» l'auteur du second texte se trompe
en ne mentionnant que a6 cartes» car il y en a 37, en
y comprenant une onzième pour l'Europe, dont il
parlera plus tard , bien qu'il n'en indique que dix en
commençant; enfin, cette onzième carte de l'Europe
se trouve intercalée maladroitement entre la première
et la seconde carte de l'Afrique , ce qui indique assez
clairement qu'elle a été faite après coup : aussi est-il fa-
cile d^y reconnaître une encre et des caractères géogra-
phiques tout différents de ceux qui ont servi aux autres
cartes. Du reste, la même différence d'écriture distin-
gue du corps de l'ouvrage le texte écrit sur le verso des
feuilles de cet allas.
Revenons maintenant sur la date de chacune de ces
deux parties du manuscrit. Nous avons déjà montré que
la date de la première était fixée entre 1 409 et 1 4 1 o . dou-
ble époque de Télection et de la mort d'Alexandre V.
Remarquons ici, à propos de ce pape, qu'il est écrit
XVII. FÊVBiisB. 5. 10
( «46)
à l'encre rouge » sur la marge inférieure du i "feuillet:
Iste Alexanderjuit tempore magni schismatisfactus in Pi^
s€uio concilia anno 1409. Or, la simple rédaction de cette
note prouve évidemment que Jacques Angelo, l'auteur
respectueux de la dédicace au souverain Pontife» n*sf
pu écrire cette phrase Iste Alexatidert etc. , dont la date
est par conséquent postérieure au texte de ce traduc-
teur, et ne saurait en déterminer l'époque (i). Quel
est donc l'auteur de cette phrase écrite à Tencre rouge?
Comme elle date évidemment de l'époque où on a
peint tout au-dessous, sur la marge inférieure du ms. ,
les armes d'un cardinal, l'auteur de celles-ci nous
fera connaître l'autre. Or , ces armes sont de gueules
à la tête de cerf d'or, k la bordure dentelée du même ;
elles sont surmontées d'un chapeau de cardinal entre
deux G d'azur, dans chacun desquels est renfermée
une fleur de lis d'or , indice distinctif d'un légat de
France (s). Ces armes, aussi bien que l'initiale G«
nous révèlent donc le nom de Guillaume Fillastre, qui
fut cardinal de Saint-Marc en i4i 1 , sous Jean XXIII ,
successeur d'Alexandre V.
Sans examiner encore Tépoque où le ms. dut passer
aux mains du cardinal , il est toujours sûr que Guil-
laume Fillastre ne put y faire peindre ses armes , et
(1) M. Blau , dans sa nolice sur le même maniucrit (pa^e 6) ^ dé-
termine a tort ia date de la dédicace de Jacques Angelo d'après la
phrase en question , qui n'appartient pas à ce traducteur. C'est d'a-
près la durée du pontificat d'Alexandre V qu'à fallait la déterminer.
Cej»t faute d*avoir fait eette distinction que M. filau a également
confondu les dates des deux parties bien distinctes dont se compose
le ms. , et qu'il dit avoir été transcrites en i4a7)date qui ne s'ap-
plique qu'à la seconde partie et aux cartes géographiques.
(a) Voir le Gatlia putpufata , Paris , Lemoine , in-1:'', et la Notice
de M. filau, page 7.
( »47)
iurlOQt écrire la phrase en question, qu'après que le
fameux conôle eut déposé les trois papes coupables
delà prolongation do grand schisme; mais cette dé-
position , dont le cardinal Fillastre fut un des plus
'ardents promoteurs » n'ayant eu lieu qu'après que le
concile de Constance eut récusé tous les actes du con-
die de Pise » et par conséquent la validité de l'élection
d'Alexandre V» c'est seulemeot alors que celui-ci put
être désigné par les mots : hte Alexander fuit tempore
magni schismaUs, sans énonciation de la dignité de
souferaio pontife. Ce n'est donc qu'après ce grand
acte de souveraineté religieuse, qui déposa trois autres
papes pour élire Martin V comme pape unique o.i
lé^time» c'est-à-dire vers 1417 • que Guillaume Fil-
lastre aurait pu faire peindre ses armes et écrire cette
phrase sur notre ms. de Ptolémée.
Uu reste, à cette môme époque, il avait envoyé de
Coostance un autre manuscrit de Ptolémée à la biblio-
thèque du chapitre de Reims , dont il était le fonda-
teur. Ce ms. , coûime il le déclare lui-même dans sa
lettre d'envoi, qu'a fait connaître M. Louis Paris, était
aoe copie de la traduction de Jacques Angelo, qu'il
était parvenu à obtenir de Florence, après plusieurs
années d'attente ; raison de plus pour le bien conserver
en France, où sa rareté lui donnait alors un nouveau
prix. C'est alors encore que l'homme peut-être le plus
émioent de cet immortel concile, Pierre d'Ailly, deve-
nait aussi le premier géographe de l'époque. Ce qui
nous reste à dire de Guillaume Fillastre prouvera que
celui-ci était digne , par ses connaissances géographi-
ques, de marcher après lui dans l'histoire de cette
science.
Maintenant que nous connaissons Tauleur de la
( 148 )
phrase Iste Àlexander^ et que nous avons résolu la pre*-.
mière difficulté de notre ms. , remarquons que la pre-.
miére partie pourrait très bien avoir appartenu à Jac-
ques Angelo , et n'être que la traduction autographe
dédiée à Alexandre V, et accrue du texte de Guillaume
Fillastre et de la 1 1' carte de l'Europe dont nous avons
parlé. Avantd^expliquer la transposition et l'importance
de celte nouvelle carie , connaissons la date et les cir-
constances de la seconde partie du ms. • pour qu'il ne
soit plus possible de la confondre , comme on l'a fait»
avec la première»
A cet égard , nous trouvons tout ce que nous pou-
vons désirer dans le texte curieux qui précède la 4' carte
de TAIrique , et dans lequel l'Ethiopie et l'Iode infé«-
rieurc sont appelées la terre du Prêtre-Jehan. C'est à
propos de ce prince chrétien que l'écrivain se fait de
nouveau connaître à nous avec la date de son travail ,
dans le paragraphe suivant, que nous transcrivons ici
en entier à cause de son importance pour la question
si obscure et si controversée du Prètre-Jean.
« Quarta Âfrice tabula, tota pêne ad austrum et ullra Egip-
» tum, continet Getuliam, Libiam interiorem, Ethiopiam janctam
» Egipio , Nubiam , Indiam inferiorem que ad Ethiopiam vei^git et
a ipsain Ethiopiam , que suot sub zodiaco et omoes Ethiopes eciam
<• ultra lineam equinocciaiem, in tota latitudine zodiaci. Et in istis i
•• India et Ethiopia est terra presbyteri Johannis chiistiani, qui dicitar
• re{>nare super 7a reçes, quorum la sunt infidèles, reliqui chris-
* tiani , sed diversorum rituum et sectarum. Ultra equinocciaiem
» pauca est cognicio , nisi quod ibi est ampUssima regio A(^simba ^
» que sub ista tabula comprendilur et signaturin fine ad austrum. n
• Istius presbiteri Johannis duo ambassiatores, unus chris-
» tianus et alter infidelis, hoc anno domini mtUesimo quadrin^etesimo
n vicesimo septimo^ quo hae tabulœ descriplse fuerunt^ venerunt ad
» re^em Aragonum Alfonsam, quos yidit cum rege in Valencia do*
« niinua cardinalis de Fuio , legatus Sedis apostolicse ad dictum rc-
( '49 )
n {ren, el dixerunt ei quia venirent ad papam Martinum quintuin
B qoem Christianus repuubat Christi vicarium. Haec dicCus cardi
• oalis Papas letulit, me cardinali Sanù-Marci présente y qui has fec
■ describi tabulas ex graeco exemplari. •
Il résulte de ce texte plusieurs faits importants :
l'Que les cartes géographiques de la seconde partie
du manuscrit ont été faites en 1437;
9"* Qu'elles ont été copiées d'après un modèle grec;
3^ Que celui qui les a fait écrire était cardinal de
Saint-Marc en i497« ce qui nous révèle encore le nom
de Guillaume Fillastre;
4' Que Guillaume Fillastre est l'écrivain et l'auteur
du texte en question» où» en parlant de lui-même, il
d'ii me présente , à propos du récit que le cardinal de
Foix fit au pape Martin V de l'ambassade du Prêtre-Jean
auprès d'Alphonse , roi d'Aragon.
y Enfin , que la date du texte écrit au verso des
cartes ne peut être de beaucoup postérieure à celle
de l'atlas, c'est-à-dire à 14279 et doit probablement
appartenir à cette même année.
En nous résumant , nous savons donc que le ms. a
été composé , la prqmière partie par Jacques Angelo
de Florence , et la seconde par Guillaume Fillastre ,
auquel il faut joindre l'auteur des cartes géographi-
ques.
Quant à la manière dont ce& cartes ont été confec-
tionnées , elle est indiquée dans le texte écrit sur le
recto de la première carte de l'Europe , où on lit , au
3e alinéa :
« Et nota qnod ubi tabula tenet duas pa^^inas, habenda est ao «i
■ pictura etset stmul juncta ; itaque médium vacuum int«r duo nichil
' facit Et opportuit pin(;ere ab una parce solum , qaià pergimenum
• non potuisset sastiucre picturam maris ab utraque parte, piopicr
• nimiani biimiditatem pirinrc. Kl icleo fait pi(!tnra solum ab uiia
l iSo )
to parle , et in grosso pergamenQ , qaod postea fuit rasav et «te*
• puatuiD. ••
D'où il résulte que la peinture des cartes géogra-
phiques faites en 1497» l'a été sur un épais parchemin,
et que ce parchemin a été ensuite rasé>et aminci^ atte-
nuatum. Ce n'est donc qu'après ce travail que le texte
y a été ajouté sur la portion non couverte par la
peinture.
Quant à la 1 1 « carte de l'Europe , que nous trouvons
intercalée dans le ms. entre la i'« et la 2* carte de
TAfrique , cette carte est accompagnée d'un texte ,
comprenant avec elle quatre feuillets , dont elle oc-»
cupe elle-même deux pages, et le texte les six autres»
C'est de ce texte» écrit en caractères plus petits et
avec de l'encre différente , ainsi que de la carte en
question, revêtue de marques qui la distinguent de
toutes les autres , qu'il nous reste à parler.
Il pst d'abord évident que ce travail est d'une époque
postérieure : c'est un supplément ajouté aux dix cartes
géographiques de l'Europe , reproduites d'après Ptolé^-
mée ; et cette addition a été indiquée après coup sur le
verso de la io« carte, par la même main qui a écrit le
texte de la 1 1». Voici ce qu'on y lit:
• « Sequitur descriptio regionuin septeDtrionalium , videlicet Dan-
» marchie, que alias Dania Tel Dacia dicitar. Item Suessîe, Nover*
• gie, Grolandie, et iniulamm adjaceocioin , de qaâ>iis Tbolomeas
n Don pgit , sed oiiiûit,fonan illas regionee ignorans, ut irideri potett(i)
« in tertio libro , ubi agit de Dacia et partibus septentrioiialibus. Et
» in bac descriptione est tabula de illis regionibns , que est undecima
> Europe. Hec descriptio et tabula édite sunt à quodam Claudio
• Cymbricn. De boe suprà scribitur in descriptione octave tabule
•• Europe , in qaa eciani omittnntnr iste regiones. «
(1) Voyi'z en même temps la a« carte de F Asie.
( »5i )
Le lexle de ceile 8« corte de TËurope contient, en
effet, une mention de Claudius» avec des détails pour
rhÎBtoire de la géographie contemporaine » qui nous
prépareront à l'intelligence du texte de la 1 1« carte
sarajoutée. Voici d'abord celui de la huitième :
* « OctavA Europe tabula cofititi«t Sarmatiain Kurope, et AU» re-
giooes i|ae sunt ab Germaoia ad Keptentriooem versus orientem ,
in quibus est Polonia, Prussia, Litoauia et Asia, nraple regiones
nsque ad terram incognitam ad septentriunem ; partem Daciae et
Taurtcam Cher!>ODe>um usque ad Paludem Meotin ; et ibi Tbanay
fluvîos, qui dividit Europara ab Asia, in parte septentrionair et
▼ersàs orientem. Item continet, nitra quod ponit Tholomeus, No»
▼ergiam, Saessiara, Rossiam utraraqne, et sinom Codanuro dividens
Genoaniam à Nonregia et Snessia. Item aliam sinum ultra ad
septentrionem , qui omni aiuio con{*elatnr in tercia parte anni ; ai
altrà illum sinum est Grolandia, que est versus insulani Tyle, magiï»
ad orientem. Et iia tenet totam illam plagam septentrionalem us-
que ad terram incognitam. De quibus Tbolomeus nnltam fecit nien-
cionem , et creditor de illis non faaboisse noticiam, Ideo bec VIII
tabula est muUo amplior describenda. Propter quod quidam Clau-
dias Gymbrius illas septentrioales partes descripsit, et fecit de illis
labulam quejungitur Europe, et ita erunt XI
• Et tamen nullam facil mencionem de illis dnobus sinibus maria
Novergie et Grolandie. In bis regionibus septentrionalibos itunt
^tea diverse inier quas unipedes et pigmei ; item grifFonea snnt
in oriente vetat vide in tabnla. »
Ainsi , à l'auteur des cartes faites d'après un exem-
plaire grec sous l'inspection de Guillaume Fiilastre ,
auteur lui-même du texte de cette seconde partie , il
faut joindre encore l'auteur particulier de la carte
septentrionale de l'Europe » Ciaudius Cymhriciis.
Maintenant que nous connaissons la part de travail
qui revient aux diverses mains qui ont coopéré à ce
OIS., nous avons à revenir sur les deux parties distinctes
dont il se compose, et à examiner les progrès que cha-
cune d'elles constate dans l'histoire de la géographie.
V »52 )
1* Progrès de la géographie et des sciences en gé«
néral» signalés dans la préface de Jacques Angelo,qui
a é(é iroprîmée plusieurs fois.
s* Après Yexplicit où Jacques Angelo dit avoir ter-
miné heureusement sa traduction de la cosmographie
de Claude Plolomée d'Alexandrie» vient un traité des
règles de géométrie propres à dresser mathématique -
ment la cnrte générale de la terre habitée , conformé-o
ment au texte du géographe alexandrin.
3^ Le travail de Jacques Angelo intéresse encore
l'histoire de ces sciences , en ce qu'il indique de deux
manières les fractions de degré» par des fractions ordi-
naires et par ces fractions converties en nombres en-
tiers de minutes. — Les fractions ordinaires y sont
d'abord représentées en chiffres arabes écrits en noir;
mais à côté de ces fractions ^t \* *f la quantité de mi-
nutes correspondantes y est exprimée par des nombres
entiers, 3o, ao, i5 minutes, etc., écrits aussi enchif^
fres arabes , mais à t'encre rouge. Cette double manière
d'exprimer les fractions de degré indique d'abord la
simultanéité de deux méthodes de calcul , et en même
temps, si je ne me trompe, la récente application de
la division du degré en minutes. En effet , dans une
note ajoutée au verso du dernier feuillet du travail de
Jacques Angelo, Guillaume Fillastre croit devoir ex-
pliquer la concordance de ces deux méthodes, qui ex**-
priment en signes différents les mêmes fractions de
degré : preuve que cette concordance était alors chose
nouvelle et digne de remarque. Ce qu'il faut encore
remarquer, c*est que Claudius, l'auteur de la 1 1 écarte
de l'Europe, n'y admet que les nombres entiers de
minutes pour exprimer les fonctions de degré. Or les
pûnutes accusant une précision bien supérieure à celle
( "55 ;
(les fractions ordinaires employées jusqu'alors» cette
ne carte de l'Europe» ainsi que la note de Guillaume
Fillastre, constatent donc, ce me semble» un nouveau
progrès dans la mesure des positions terrestres : c'est
lin calcul plus rigoureux qui s'introduit dès lors dans
la géodésie.
4^ Celte lie carte de l'Europe fait faire à la géogra-
phie des premières années du xv« siècle d'immenses
progrès, en nous révélant l'idée qu'on avait alors du
Groenland et des régions septentrionales si peu coo>
nues jusqu'à cette époque. — Le texte joint à cette
carte, dont il donne la description» comprends pages
dums.» et a été publié par M. Blau» dans sa notice
déjà citée.
La seule observation que nous puissions joindre ici
a cet estimable travail sur le ms. de Ptolomée » c'est
que ce ms.» avec la carte de Claudius» peut seul don-
ner l'explication d'un texte géographique publié en
1570» et dans lequel l'énumération des grandes divi-
sions du globe ne comprend pas l'Amérique , alors
connue depuis près d'un siècle. Ce texte se trouve
dans la Sarmatia Europea de Striykowski , publiée
sons le nom de Gagnin , dans le recueil Rerum po-
lonicarwn 9 tom. i*%pag. 36. L'auteur, après avoir dit
que Ptolémée prolonge la Sarmatie jusqu'à l'Océan»
ajoute : • Terminari scribU [Ptolomeus) juxta sinum ve^
nedicum ad fines usque Engroneland terrœ incognitœ^
liUrà Norvégien regnum longé paCentis, »
Ces derniers mots, relatifs au Groenland» à propos
(le Ptolémée qui n'en a jamais parlé , mais auquel
Striykowski a pu attribuer la carte de Claudius jointe
à notre ms. du géographe alexandrin, feraient peut-
être supposer que cette carte du nord de l'Europe a
êlé consultée par l'auteur de la Sarmatia Europea,
vH
( i54 )
5* Enfin, les 4 derniers feuillets du ms. indiquent
la concordance des noms géographiques du xve siècle
avec ceux de la carte de Ptolomée » et c'est en ce sens
qu'ils contiennent toute une géographie comparée du
xve siècle avec les grandes divisions terrestres du géo*
graphe alexandrin. De plus» ils indiquent à quelle
langue appartiennent ces diverses nations: langue la-
tine , grecque , arabe, allemande, slavone» et autres
idiomes provinciaux désignés sous ce nom : spécialisa
Enfin , sur ces 4 derniers feuillets , les fractions de
degré y sont également calculées par minutes, comme
dans le texte de la ne table de l'Europe.
Or, tout ce travail appartient à Guillaume Fillastre,
et c'est dire assez que cet écrivain mérite d'être compté
parmi les géographes du xve siècle» Ami et disciple de
Pierre d'Ailly ancien chancelier de l'Université de
Paris , et docteur lui-même de cette université , il se
place naturellement , sinon à côté , du moins immé-
diatement après son maître, qui fut l'auteur àeVImago
mundi (i4io), du Compendium geographicum , etc. Ce
que celui-ci a faitpour appeler Tattention du xv^ siècle
sur la courte distance qui séparait l'extrémité orien-
tale de l'Asie 9 de l'extrémité occidentale de l'Europe,
Guillaume Fillastre, en publiant la carte de Glaudius
avec le texte qui la décrit. Ta fait également pour le
nord de l'Europe , qu'il joignait au Groenland, où il
est facile de reconnaître la terre de l'Amérique sep-
tentrionale visitée par les audacieux Norvégiens. En
somme , les travaux géographiques de Guillaume Fil-
lastre se composent :
i"" De tous les textes joints à la géographie de Pto-
lémée dans le ms. de Nancy ;
a* Des textes joints au ms. du même géographe,
( «55)
qu'il envoya au chapitre de Reims, en i4>7f et qui se
conserventencore aujourd'hui dans la bibliothèque de
cette ville ;
3* D'une lettre de so pages, que M. Louis Paris, con-
servateur de cette dernière bibliothèque, a fait con-
naître , et qui se trouve jointe à un ms. de Pomponius
Héla, également donné au chapitre de Reims par
Guillaume Fillastre ;
4"* De divers passages extraits de ses œuvres impri*
mées , et qui nous expliquent comment il se tenait au
courant des progrès d'une science qu'illustrait déjà
Pierre d'Ailly, et auxquels il contribua par ses pro-
pres écrits, en introduisant en France la traduction
latine de la cosmographie de Ptolémée par Jacques
Angelo.
C «56 )
DEUXIEME SECTION
Actes de la Société.
EXTRAIT DES PROCÈS-TERBAUX DES SÉANCES.
PRÉSIDBNCB DE 11. DUUONT d'uhVILLB.
Séance du I^ féifrier i84s.
MM. les membres adjoinls nommés à la dernière
séance adressent leurs remerciements à la commission
centrale» et promettent de coopérer acUvement à ses
travaux.
M. Donnet, membre de la Société» lui fait hommage
de la carte du chemin de fer de Paris à Orléans, qu'il
\ient de dresser pour la Compagnie , sous les auspices
de son savant ingénieur en chef, M. Jullien.
La Commission centrale procède à l'élection de
deux correspondants étrangers, en remplacement de
MM. Galindo et Gonzalez, décédés récemment» et elle
nomme au scrutin H. Erman » professeur à l'Université
de Berlin , et M. Kriegk^ président de la Société de
géographie de Francfort.
L'assemblée nomme ensuite la commission spé*
cîale du prix annuel pour la découverte la plus impor*
tante en géographie ; elle se compose de MM. Daussy,
d'Urville» Eyriès» Jomard et de Laroquette.
M. Thomassy continue l'examen du texte français
de la relation de Pigafetta» qu'il a découvert durant sa
mission à Nancy. Il énumère toutes les probabilités
qui doivent faire considérer ce texte comme l'original
même de rilluslre voyageur, alors surtout que le texte
( >57)
italien découvert par M. Amorelli est plein de contre-
sens, et n'offre qu'un bizarre mélange d'italien , de
vénitien et d'espagnol. M. le président invileM. Tho-
massy à communiquer à la Société la suite de ses in-
téressantes recherches.
M. de Laroquelte présente » d'après le compte-rendu
de H. le professe urRafn, un résumé des travaux de la
Société royale des antiquaires du Nord pendant l'an-
née 1 84 1 ; et il signale les nombreuses investigations
de cette Société dans les diverses contrées de l'Europe,
etjasqu'e dans le Nouveau-Monde, découvert et peuplé
en partie , dans les temps anciens , par les Scandinaves.
Cette communication est renvoyée au Bulletin.
M. le baron de la Pylaie ajoute, à cette occasion , et
comme preuve de l'extension des découvertes des Scan-
dinaves, depuis l'Amérique septentrionale jusqu'au
Brésil, les noms imposés par les Danois au Labrador
actoel, à Terre-Neuve, aux plages^ à l'embouchure du
Saint-Laurent, aux Etats de New-York, de la Virginie
et desFlorides. La preuve de la léalité de ces présomp-
tions est surtout confirmée, selon M. de la Plyaie, pur
l'idenlilé des objets antiques trouvés au Brésil, avec
les mêmes objets fabriqués par les anciens Scandinaves.
H. d'Avezac fait connaître à la Société que, d'après
les nouvelles parvenues à Londres , le lieutenant du
génie Symonds aurait effectué avec beaucoup de succès
une opération de nivellement depuis Jaffa jusqu'à lu
mer Morte, d'où il résulterait pour celle-ci une dépres-
sion de 4^7 mètres au-dessous du niveau de la Médi-
terranée; c'est 8 mètres de plus que le résultat qui
avait été communiqué par M. de Bertou.
M. Daussy communique une note dans laquelle il a
cberché à rassembler et à coordonner tous les rensei-
( 'S8)
gnements qui ont élé publiés jusqu'à ce jour sur Tex^
pédition anglaise du Niger.
H. Roux de Rochelle annonce la mort de M. Chau-
mette des Fossés , membre de la Société et ancien
consul général de France à Lima. M. Chaumette était
profondément versé dans l'étude des langues , et il
avait réuni pendant son long séjour dans TAmé-
rique méridionale de nombreux documents , .dont la
Société pourra apprécier le mérite lorsqu'ils seront
arrivés à Paris. La Commission apprend avec peine
cette fâcheuse nouvelle , et M. le Président prie M. Roux
de Rochelle de rédiger pour le Bulletin une notice sur
les voyages et sur les travaux de M. Chaumetle des
Fossés.
Séance du 1 8 février.
H. Viols adresse ses remerciements à la Société, qui
vient de l'admettre au nombre de ses membres.
M. Rivière écrit à la Société pour lui proposer re-
change de son Bulletin avec les Annales des sciences
géologiques qu'il publie. La Commission centrale ac-
cepte cette proposition.
M. le vicomte de Santarem offre à la Société son At-
las composé de mappemondes et de cartes hydrogra-
phiques et historiques depuis le xi* jusqu'au xvu* siècle,
pour la plupart inédites, et tirées de plusieurs biblio-
thèques de l'Europe, devant servir de preuves à son ou-
vrage sur la priorité de la jdécouvertede la côte occiden-
tale d'Afrique au-delà du cap Bojador parles Portugais.
La Commission centrale accueille celle importante
publication avec un vif intérêt , et elle vote des remer-
ciements à l'auleur.
La Commission accueille également avec intérêt l'of-
( '59 )
frequeluifait M. Daussy^ de la part de Taiileur, de la
Carie du théâtre de la guerre des croisades , que M. Jn-
cobs vient de graver sous les auspices de rAcadémie
royale des Inscriptions et Belles-Lettres, pour servir à
rinlelligence des écrivains de cette époque , et surtout
de l'archevêque de Tyr.
M. d*Avezac communique une lettre de M. le colonel
Jackson, secrétaire delà Société royale géographique
de Londres, contenant un résuma des observations
barométriques de sir David Wilkie, et du lieutenant
Sjmonds, sur la dépression de la mer Morte au-dessous
de la Méditerranée.
Le même membre lit un mémoire sur la construc-
tion graphique d'une carte du pays de Sçoumâl, à
l'eitrémilé orientale de l'Afrique, qu'il a dressée d'a-
près les renseignements recueillis par M. Antoine d'Ab-
badie, & Berberah, en i84o et 184 1*
M. Thomassy communique la suite de ses recher-
ches sur la relation du voyage de Pigafetta.
Ces diverses communications sont renvoyées au Co-
mité du Bulletin.
M. Roux de Rochelle entretient l'assemblée des
bruits fâcheux qui se sont répandus sur le savant
voyageur, le lieutenant-colonel sir Alexandre Burnes,
auquel la Société a accordé une médaille , à l'un
de ses concours; mais une lettre récente, commu
niquée par M. d*Avezac, ne confirme pas cette nouvelle,
et laisse, au contraire, l'espoir que cet officiera pu se
soustraire aux dangers qui ont menacé sa vie.
MEMBRES ADMIS DAKS LA SOCIÉTÉ.
Séance du \% février i849«
M. J. S. Jacobs , graveur-géographe.
H. Xavier Raymond.
( i6o ^
OUVRAGES OFFE
Séance du
Par M. Alexis Donnât .
le tracé du chemin de fer
pes, avec embranchement
de i/8oooo« I P*«. — Par
sur H. de Larochefoucau]
cien président de la Soc
séance générale du 3 déc*
Séance du i
Par M, le 'vicomte de S
mappemondes et de cart
riques, depuis le xi* jusqi
part inédites , et tirées d
1 Europe, den^nt servir d
priorité de la découverte c
que au-delà du cap Bojad
l'histoire de la géographie
gravées sous la direction d
publié aux frais du gouver
— Par M. Jacobs : Thealri
gestorum quo scriptores il
Willeimus, archiepiscopus:
rentur, mandatu Regiae In
AcademiaB disposuit et aeri
1842 , I f. — Par M. Dan
sur les lies Maldives et Yi
capitaine Robert Moresby,
in-8. — Rapport de M. le
M. Beaulemps-Beaupré sur
complémentaire, exécuté et
dentale de la chaussée de S ^««utuier de
Vauhello ; in-8. — Par M. Ri^ .K,êe : Annales des sciences
géologiques ; janvier 1 848. — Par les auteurs et éditeurs:
Nouvelles Annales des voyages; janvier. <— Annales
maritimes ; janvier. — Journal asiatique ; décembre.
— Journal des Missions évangéliques j janvier. — BuU
letin de la Société pour Tinstruction élémentaire;
décembre. — Recueil de la Société polytechnique ;
décembre. — L'Investigateur, journal de l'Institut his-
torique; janvier. — L'Kcho du Monde savant.
l
i
( '6o )
OUVBAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ.
Séance du 4 février 1842.
Par M. Alexis Donnet: Carie générale représentant
le tracé du chemin de fer de Paris à Orléans par Elam-
pes, avec embranchement sur Corbeil, dressé à Técheile
de i/8oooo« I P'®. — Par M, Roux de Rochelle: Notice
sur M. de Larochefoucauld , duc de Doudeauville , an-
cien président de la Société de géographie , lue à la
séance générale du 3 décembre 1841 ; broch. in-8.
Séance du \% février 1842.
Par M, le vicomte de Santarem : Allas composé de
mappemondes et de cartes hydrographiques et histo-
riques, depuis le xi* jusqu'au xvii« siècle, pour la plu-
part inédites , et tirées de plusieurs bibliothèques do
TËurope , deviint servir de preuves à l'ouvrage sur la
priorité de la découverte de la côte occidentale d'Afri-
que au-delà du capBojador» par les Portugais, et à
l'histoire de la géographie du moyen-âge , recueillies et
gravées sous la direction de M. le vicomte de Saolarem,
publié aux frais du gouvernement portugais; i v. in-f^.
— Par M. Jacobs: Theatrum bellorum a cruce signatis
gestorum quo scriptores illorum temporum. pi*aeserlim
Willelmus, archiepiscopus Tyrensis , facilius intellige-
rentur, mandatu Regiae Inscripl. et humanior. Litter.
AcademiaB disposuit et aeri incidit J. S. Jacobs* A. D.
1842, I F'*. -* Par jli. Daussy: Instructions nautiques
sur les lies Maldives et l'archipel de Ghagos, parle
capitaine Robert Moresby, traduites par M. P. D. ; 1 v.
in-8. — Rapport de M. le vice-amiral Halgan et de
M. Beautemps-Beaupré sur le travailhydrographique
complémentaire, exécuté en 1841» à l'extrémité ociù-
dentale de la chaussée de Sein, par M. le Saulnier de
Vauhello ; in-8. — Par M. Rivière : Annales des sciences
géologiques ; janvier 1842. — Par les auteurs et éditeurs:
Nouvelles Annales des voyages; janvier. •— Annales
maritimes ; janvier. — Journal asiatique ; décembre.
— Journal des Missions évangéliques^ janvier. — Bul-
letin de la Société pour l'instruction élémentaire;
décembre. — Recueil de la Société polytechnique ;
décembre. — L'Investigateur, journal de l'Institut his-
torique; janvier. — ^L'Kcho du Monde savant.
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BULLETIN
DE LA
SOCIETE DE GEOGRAPHIE.
IIAB8 l849.
PREMIERE SECTION.
MtMOIBBS, BXTRAiTS, ANALYSBS ET RAPPORTS.
Notice sur feu M. Chaumbttb des Fossés , membre de
la Société de géographie ^^ et ancien consul général de
France à Lima,
HsssiBURS ,
Vom arez eu plus d'une fois à rendre hommage à la
mémoire des savants et des hommes recommandables
que U Société de géographie a perdus. Ces éloges fu-
nèbres ne s'adressent plus à une cendre insensible;
mais la famille» les amis qui s'unissent à ?os regrets,
reçoitent ainsi quelques consolations dans leur peine :
les hommes qui suivent la même carrière sont encou-
ragés à poursuivre leurs^études avec persévérance , el
â laisser à leur tour quelque honorable souvenir. Cette
perspective de renommée n'est point une illusion vaine ,
XVU« MABS. !• 11
( «6» )
et l'espoir du suffrage de la poslérité est pour une âme
généreuse la plus noble des récompenses.
M. Ghaumelle des Fossés , dont vous m'afez invité ,
messieurs, à vous retracer les voyages et leslraTaux,
annonça dès sa première Jeunesse les plus heureuses
dispositions pour l'étude des langues orientales; et il
fut secondé par d'habiles professeurs, par H. Marcel,
qui, pendant l'expédition d'Egypte, avait été direc-
teur de l'imprimerie du Caire , et ensuite par H. SiU
vestre de Sacy. Tous deux s'intéressèrent vivement aux
succès d'un élève qui répondait si bien à leurs soins;
et M. Chaumette des Fossés avait fait auprès d'eux de
rapides progrès en arabe, en turc, en persan , lors-
qu'il se rendit à Constantinople , en iSos , pour y ter-
miner cette partie de ses études , et pour entrer dans
la carrière du drogmanat : il alla bientôt la suivre en
Valachie, puis il se rendit à Travnik, comme chan-
celier interprète du consulat général de France , alors
occupé par M. David, La société habituelle d'un consul
et d'un littérateur si distingué contribua au développe-
ment de ses connaissances, et lui fit attacher encore
plus de prix à l'étude. Son goût pour les voyages s'èlaî)
déjà déclaré ; ce penchant domina bientôt tous le^
autres : il devait occuper une partie de sa vie ; et plu
sieurs changements de résidence permirent à H. Chai
mette des Fossés de parcourir et d'étudier à loisir l
différentes contrées où il eut à remplir quelque m\
sion.
La relation de son voyage en Bosnie fui le fruit
plusieurs années de recherches et d'observations. ^
séjour et sa position lui donnaient la facilité de |
voir, de ne pas s'en tenir à un premier aperçu « €
recueillir des renseignements positifs sur tous les
( i65 ) .
jel8 dignes d*aUenlioD. Quoique son ouvrage se rap-
porte aux années 1807 et 1808, on y reconnaît encore
aujourd'hui un fidèle tableau du caractère des babi-
lanls. La Bosnie est le pachalik européen où les nn-
cienoes mœurs musulmanes ont le moins changé , et
où l'on oppose le plus de résistance aux innovations
introduites depuis la même époque dans les différentes
parties de l'empire ottoman. Cette constance dans les
habitudes est un effet de la prépondérance que la
population mahométane a conservée : elle est plus
nombreuse que celle de toutes les autres religions
réunies» et il Faut encore joindre à sa force l'ascendant
et l'influence que lui donne l'exercice de tous les em-
plois.
Avant dépeindre les administrations du pays, Tau-
teur s'attache à en décrire la situation , les principales
ressources, les productions riches et variées. Nous
voyons que ce pachalik comprenait, en 1807 • ^^ ^o&-
nie proprement dite , THerzégovine , la Rascie et une
partie de la Croatie. La chaîne de montagnes du Prolog
le sépare de la Dalmatie. On y retrouve de nombreux
vestiges de volcans éteints , et d'anciennes traditions
nous apprennent qu'une éruption eut lieu dans ces
montagnes le t^ novembre 1367. Depuis celte époque^
le même phénomène ne s'est pas renouvelé.
La Bosnie renferme plusieurs mines d'or et d'argent
qui furent autrefois en exploitation, mais qui s'épui-
sèrent, ou que les richesses minérales de plusieurs
autres régions firent abandonner. Le sel gemme y est
apparent sur plusieurs points, et l'on trouve dans la
vallée de Touzla un grand nombre de puits salés, dont
on fait évaporer l'eau dans des chaudières et par l'effet
de l'ébulUtion. Plusieurs sources d'eaux minérales y
( i6A )
ont acquis de la célébrité par leurs vertus curatives :
les unes sont situées près de Lebenilza» les autres an
nord de Yéni-Bazar ; celles-ci sont les plus renonainées
etjesplus fréquentées.
Le sol de la Bosnie est généralement composé d'une
couche épaisse de terre végétale : on trouve dans ses
vallées et sur les flancs de ses montagnes toutes les es-
pèces de nos. arbres forestiers ; l'auteur néanmoins n'y
a pas remarqué celle du ch&taignier. Tous nos arbres
fruitiers y prospèrent également, si l'on a soin de bien
choisir la température et les expositions. L'Herzégo*
vine méridionale a des oliviers. Les légumes et les gra»
minées de nos climats se recueillent partout, et la
plante la plus cultivée est le millet, dont la graine a
l'avantage de se conserver un grand nombre d'années
sans altération. On la préfère aux autres grains pour
l'approvisionnement des forteresses de Bosnie.
Ce pays a de gras pâturages : on y élève de nombreux
troupeaux ; et dans les contrées méridionales , les buf .
fles sont employés , comme les bœufs, aux travaux de
l'agriculture. Les habitants s'occupent de l'éducation
des abeilles : la cire et le miel sont peureux l'objet d'un
commence avantageux. On- exporte de leur pays une
grande quantité de céréales , et l'exploitation de leurs
forêts leur offrirait de plus riches- ressources « si les
voies de communication et les moyens de transport
étaient plus faciles.
La Bosnie a souvent changé de maîtres » depuis les
anciens lemps dont il nous est resté quelques traditions.
Les Romains la subjuguèrent, sous le règne d'Auguste ;
ils la conservèrent pendant quatre siècles, et ce pays
dépendait alors de la province illyrique. Les Sarmatesi
qui s*en emparèrent dans l'année oGQile l'ère chré-
( «65 )
lienne, y furent remplacés par lesGépides» en 479*
Les Bulgares , les Avares» les Serviens s*y établirent
successivement Les Hongrois» qui en firent la conquête
en ii36» y établirent des bans ou gouverneurs. Louis
d'Anjou » un de leurs rois, érigea la Bosnie en royaume,
en i355 ; mais cette* monarchie ne dura qu'un siècle ;
et Mahomet II , le conquérant de Constantinople »
ayant porté ses armes victorieuses jusqu'aux bords de
la Save, détruisit les dernières traces de l'indépen-
dance de la Bosnie, y établit un beylerbey» et fit de
cette province un des boulevards de son empire. Ce
gouvernement se compose de deux sandjakats ou pa^
cbaliks à deux queues. Sa population était de treize cent
mille âmes, en l'année 1808. Bosna-Serai, ancienne
capitale de la contrée, avant qu'on eût transféré ùT
Travnik la résidence du beylerbey , avait soixante mille
habitants. On en comptait quinze mille à Yéni-Bazar ,
principale ville de la Rascie, douze mille à Hostar,
chef-lieu de l'Herzégovine » sept mille à Travnik » huit
mille à Magley , six mille à Zvomik • cinq mille dans
chacune des villes de Banialouka et de Vichgrad.
quatre mille à Yaïtka» trois mille à Scopia, à Bihatch,
deux mille à Trebigne , onze cents à Vrandouk. Les
musulmans habitaient généralement dans les villes et
les gnuls ou forteresses ; le reste de la population était
dispersé dans les villages et les campagnes.
L'analyse que je viens de vous offrir m'a paru, mesn
Heurs, se lier étroitement au genre d'études et de
recherches qui vous occupent habituellement ; et c'est
dana le même esprit que j'ai à vous rendre compte de
plusieurs autres travaux de M. Chaumette des Fossés,
en regrettant de ne pouvoir vous soumettre qu'un rér
sumé très incomplet de ses derniers voyages. L'auteur
( '«6)
86 proposait sans doute d'en publier en France la re^
lation : ses espérances et nos vœux sur ce point ont été
cruellement trompés.
L'occasion de voyager dans le nord de l'Europe lui
fut naturellement offerte par les fonctions consulaires
qu'il eut successivement i remplir h Stettin et à Gothen-
bourgy depuis 1810 jusqu'en iSaS. Kn étudiant les
ressources commerciales de la Prusse et de la Suède ,
et les moyens d'entretenir avec ces pays de favorables
relations, il voulut donner à ses recherches encore plus
de latitude : il examina en détail le système des pêche-
ries, en remontant le long des côtes de Norvège, depuis
Bergen jusqu'à l'archipel de Loffoden , el de là jus-
qu'au cap Nord , et en longeant ensuite les côtes sep-
tentrionales de cette contrée jusqu'aux rives du Varan-
ger-fiord. Toute la province de Fin-Hark,qui comprend
une partie de la Laponie et qifi s'étend jusqu'à ce golfe,
fut parcourue en 1 SaS par notre voyageur : il y recueil-
lit de nombreux documents sur les moyens de procurer
quelque bien-èlre à une population rare et indigente ,
exposée habituellement à lutter contre la rigueur du
climat et lu stérilité du sol. Dans ces lieux où la végé-
tation dépérit , et où semblent s'affaiblir tous les prin-
cipes de la vie , l'homme est encore fidèle à la terre où
il a reçu le jour : s'il ne peut en obtenir sa subsistance ,
il la demande à la mer. Il exploite les pêcheries de ses
rivages ; et l'Océan lui rend avec usure le prix de ses
fatigues La famine du moins ne pénétrera pas dans sa
hutte sauvage : l'excès du froid y conserve pour son
approviàonnement les vivres qu'il n'a pas consommés ;
et tant qu'il lui reste \\k force de sentir son malaise et
ses souffrances » il appelle cela ne pas mourir.
Les observations de II. Chaumettc des Fossés sur le
( '6?)
Finmark se sont particulièrement dirigées vers cette
partie orientale de son territoire qui s'étend nu midi du
Varanger-fiord , et où sontsituésies villages de Neiden,
Pasvig et Peise , fondés par les Russes» gui avaient bâti
Arcbangei en j5d4 et Rola en i58o. La mousse de
renne que produit ce territoire y sert de fourrage
pour tous les bestiaux : les habitants du nord du golfe
sont obligés d'y recourir , et ils ont toujours joui du
privilège de venir recueillir cette mousse, et couper le
bois nécessaire à leur chauffage.
L'auteur s'attache à développer les moyens de donner
plus d'activité et de valeur aux pêcheries qui peuvent
s exercer dans plusieurs golfes de la mer Glaciale, pen-
dant les mois de juin, de juillet et d'août , et il croit
d'abord devoir entrer dans quelques détails sur l'insuf-
fisance des moyens employés par les pécheurs lapons
pour harponner les grandes baleines, que l'on ren-
contre entre le G7* et le 72' degré de latitude; il parle
de la pèche du requin {squalus maximus) qui fréquente
les côtes du Nordland et du Fin-Mark; de la pêche du
harengs qui abondait autrefois dans les parages de
Gothenbourg , et qui s'est retiré sur les côtes occiden»
taies de Norvège ; de la pèche de la morue , qui , dès
le commencement de février , attire un grand nombre
de marins dans les eaux des lies Loffoden , malgré les
fatigues d'une navigation , que l'impétuosité du Mal-
stroëm et l'escarpement des côtés de Norvège rendent
si périlleuse. *
A la suite de ses voyages dans le Nord, M. Chaumette
des Fossés parcourut une partie de la Russie euro-
péenne , et il traversa la Pologne et l'Allemagne pour
revenir en France. Quoiqu'il n'ait eu à publier aucune
relation sur des régions si connues, néanmoins ces
V i68 )
9orlod d'excursions tournent toujours au profit d'un
voyageur éclairé : elles lui offrent de nouveaux points
de comparaison entre les pays qu'il a visités» entre
leurs institutions, leurs mœurs , leurs degrés de lu?
mières et de civilisation.
. Bientôt une carrière nouvelle, et toute diOférenle de
celles qu'il avait parcourues, allait s'ouvrir à notre
observateur : il fut nommé en iSaS consul général de
France à Lima, et il partit avec l'intention d'étudier
sous tous les rapports ce nouvel État péruvien» dont le
berceau fut déchiré par la guerre civile , mais qui sem-
ble appelé à de si grandes^estinées.
La présence des agents politiques et ôonsulaires que
plusieurs gouvernements commençaient à entretenir h
Lima ne pouvait pas y être sans influence sur le per-
fectionnement de l'ordre sociul et sur celui des arts
qui l'accompagnent : le concours de ces agents, leur
instruction, leurs entretiens forment un nouveau foyer
de lumières; et comme ils sont généralement choisis
dans une classe d'hommes distingués par leurs coonaisr
sances , et accoutumés à de graves discussions sur les
intérêts publics et sur ceux de l'industrie et du corn-
merce, les principaux personnages du pays où ils sont
accrédités ont quelquefois recours à leur obligeante
intervention , pour connaître les établissements d'in-
struction, d'humanité, de bienfaisance que d'autres
nations ont adoptés, et qui contribuent à leur bien-être.
Eux-mêmes ils étudient a^ec soin les intérêts du pay^
où ils résident , et s'ils aperçoiveqt quelques principes
d'amélioration dont puisse profiter leur patrie, ilt» ont
soin d'en faire part à leur gouvernen^ent. Deux nations
peuvent ainsi s'enrichir par un heureux échange d^
pomraunications et de bons offices , qt ces services q^q-;
( i69 )
tuels impnmeDt un nou?eau caractère d'iotiimlé et d%
confiance à leurs relations. Mais nous n'avons point à
nous occuper ici de la mission politique de H. Ghau-
mette des Fossés : l'examen de ses voyages scienlifi-
ques entre seul dans le' domaine de la Société ée géo*
graphie.
Avant d'étudier spécialement un pays si nouveau
pou^ lui, AL des Fossés termina la rédaction de quel-
ques mémoires sur la Norvège, et il les lit imprimer
à Lima. C'était une espèce de disposition testamen-
taire envers l'Europe qu'il avait qniltée ; cependant
pouvait-il prévoir alors qu'il lui adressait un dernier
adieu ? 11 était dans toute la force de l'âge ; et ne con-
serve-t-on pas toujours, en «'éloignant de la patiie, l'es-
pérance de r£v^ni^ y terminer ses jours?
Ce voyageur en arrivant au Pérou voulut se rappro-
cher plus étroitement de cette nation dont il avait
étudié la langue ; il parvint à la parler et à l'écrire
aussi parfaitement que la sienne ; et la plupart des
mémoires qu'il composa furent rédigés en castillan.
Péjàil avait eu dans la plupart de ses voyages précé-
dents l'avantage de connaître la langue du pays ; ses
travaux en ling^istique avaient été très nombreux; et
petle étude l'avait mis habituellement en état de ne
pas être trompé par la malh^bileté ou l'inexactitude
d'un intermédiaire.
Un de ses travaux géograpliiques les plus impor-
^nts est la carte qu'il a publiée en t85o de la Pampa
del Sacramenio^ longue région péruvienne, située en-
fre le Rio-Ucayali et le Rio-Huallaga, qui tous deux se
jettent dans le liaragnon ou fleuve des Amazones. La
Cordillère des Andes sépare des plages maritimes les
pontrées plus orientales , où s'étend du sud au nord
( 170 )
cette province, anciennement occupée par des éta-
blissements de missionnaires. Une carte de sa situation
et du cours des grandes rivières qui en marquent les
limites avait été levée» en 1790 , par le révérend Ma-
nuel Sobreviela» gardien du collège d*Ocopa» capitale
de cette mission , et placée vers sa frontière méridio-
nale. Cette carte, antérieure de quarante ans à celle du
nouveau voyageur, put lui servir de guide ; mais éclairé
par ses propres recherches , il y introduisit un grand
nombre de corrections et de suppléments. Il faut en at-
tribuer tme partie à des observations plus exactes ,
plus détaillées; et nous en avons pour exemple et pour
preuve le tracé d'un certain nombre d'affluents du Rio-
Ucayali , qui ne se trouvent pas dans la carte la plus
ancienne. Quant aux additions de villages ou de ha-
meaux, elles s'expliquent en grande partie parTac-
croissement de la population qui a fait des progrès en-
tre les deux époques, et par les démembrements de
familles et les changements d'habitation , qui sont l'ef-
fet naturel du temps, et qui résultent des progrès de
la culture. La carte de M. Chaumette des Fossés est
donc plus utile à consulter aujourd'hui que celle de
son devancier. Tel est l'avantage habituel des observa-
tions plus récentes , lorsqu'elles sont faites par un
homme habile : elles sont pins complètes , elles corri-
gent les erreurs et multiplient les vérités.
Pendant sa longue résidence au Pérou , cet observa-
teur a recueilli de nombreux renseignements sor la
statistique et la population des différentes parties de
cette république , dont les provinces étaient celles de
Lima, d'Ayacucho, de Puno, de Junin* de Guzco ,
de Libertad et d'Aréquipa. On fit en 1 793 un dénom-
brement de leur population qui était alors de près de
( '7' )
quatorze ceoi mille âmes; en 1 856, elle s'élait accrue
de cent mille habitants : les deux tiers sont indigènes ;
le reste se compose d'étrangers , ou d'esclaves , ou
d'autres classes qui ne jouissent pas des droits décile.
Les nouvelles provinces de Truxillo . de Lambayeque »
de Jaen , de Maynas, venaient d*ère réunies au Pérou.
Lima et les huit vallées qui Favoisinent ont été l'ob-
jet spécial des observations de H. Ghaumette des Fos-
sés. Cette ville, fondée en i535 par François Pizarre,
avait d'abord reçu la population de Jauxa et de San-
Gallan, placées dans les Cordillères el moins favorable-
ment situées. On reconnut alors que le port de Gallao
faciliterait les arrivages, et qu'il valait mieux avoir
près de la mer un établissement important, que d'en
conserver plusieurs dans les montagnes, où le travail
était plus pénible pour les Indiens, répartis entre les
conquérants et attachés à leur service. La ville de Lima
prit le nom de los Rejres : elle devint la capitale du Pé-
rou ; elle en posséda les principaux établissements , et
l'accroissement de sa population vint & gagner de pro-
che en proche les vallées environnantes. Les progrès de
leur culture doivent être surtout attribués aux couvents
et aux monastères , auxquels appartenaient presque
toutes les fermes et les terres de ces vallées. Les ordres
monastiques y avaient commencé des défrichements ,
comme ils en avaient fait en Europe vers le milieu du
moy étalage ; et leur institution, considérée sous ce rap-
port comme sous beaucoup d'autres , avait contribué
aux progrès de l'ordre social. C'est surtout en Améri-
que et dans les possessions espagnoles que cette in-
fluence s'est fait remarquer : elle subsiste encore ,
môme depuis la déclaration de Tindépendance : elle
continue d'expier les fureurs d'une conquête qui avait
( >7» )
baigné du saog des iodiens leur riche et malheureux
lerritoire. Un grand nombre de pieux missionnaires,
commençant une expédition plus pacifique » sont allés
rechercher au milieu de quelques oasis et dans les con-
trées intérieures les débris de la population indienne
échappés au glaive du vainqueur. Le malheur et la
persécution en avaient ramené une partie à l'état sau-
vage : les missionnaires ont cherché à les rendre à la
civilisation ; ils continuent celte œuvre évangélique ; et
une récente institution, formée à Lima en 1840^ par
don José de Arriaga 9 évéque du diocèse de Maynas » a
pour but la propagation de la foi et de la civilisation
parmi les infidèles de l'Amérique méridionalcé Cet éta-
blissement est autorisé par le gouvernement péruvien.
Des souscriptions ont été ouvertes pour le soutenir; et
des travaux entrepris dans cette vue philanthropique
accroîtront un jour le bien-être d'une population plus
nombreuse.
Notre voyageur s'était toujours vivement intéressé
aux succès des missionnaires» depub qu'il avait ex-
ploré la conti*ée del Ssacmmenio ^ où l'on retrouvait
encore tant de traces des plantations et des cultures
qu'ils avaient commencées. Plusieurs tribus d'Indiens ,
rassemblés dans de nombreux hameaux, avaientperdu
en se rapprochant une partie de leurs habitudes sau-
vages, jet devaient ce premier bienfait aux apôtres de
morale et de piété qui avaient vécu au milieu d'eux »
et qui avaient embrassé leur genre de vie pour acqué-
rir sur eux plus d'influence. M. Chaumette des Fossés
parut lui-même s'attacher à l'œuvre des missionnaires;
il vécut long- temps parmi eux, lorsque ses fonctions
consulaires eurent cessé ; quelques uns de leurs hom*
mes instruits l'avaient particulièrement attaché : le goût
( >75 )
de l'élude le rapprochait d'eux ; il adopta leur genre
défie, une partie de leur règle, e1 sans appartenir à
leur institution , il put être considéré dans ses actes
comme un des révérends personnages de cette corpo-
ration reconoimandable, que les Indiens regardaient
comme leur bienfaitrice.
Pendant les premières années de sa résidence au
Pérou» U. des Fossés avait formé une collection d'an-
tiquités péruviennes, de livres publiés dans ce pays
pendant les trois siècles qui ont suivi la conquête, et
de diflTérents produits de l'ancienne industrie des habi-
tants. Tous ces envois furent expédiés pour Bordeaux,
lorsqu'il eut formée après quinze ans d'absence , le
projet de revenir dans son pays; et nous savons qu'en
effet ils y sont parvenus. Mais les caisses qui renfer-
ment toules ces acquisitions sont encore inlacles; c'é-
tait à lai de les ouvrir : elles restaient en dépôt jus-
qu'au moment de son arrivée; et depuis la nouvelle de
son décès, ses héritiers naturels ne les ont pas encore
à leur déposition. Nous sommes donc réduits, jusqu'à
présent, à de simples conjectures sur l'intérêt que
peuvent avoir ces collections; et les mêmes causes ne
nous ont permis de vous offrir qu'une notice très in-
complète des études et des observations de M. Chau-
mette des Fossés : il lui appartenait de coordonner
lui-même les nombreux [matériaux qu'il s'était pro-
curés; tout était préparé pour son retour en Europe :
il aTait quitté le Pérou pour se rendre à Panama ; il
avait traversé l'isthme , et s'était embarqué à Chagrc
pour New-York, d'où il allait revenir en Franco, lors-
qu'il a péri le 4 octobre i84i , dans cette première
traversée. M. Chaumettc des Fossés pouvait encore se
promettre de longs jours dans sa patrie; il n'a pas
( 174 )
même pu y alleindre un tombeau; et nous» qui espé-
rions le revoir, nous n'avons plus que des regrets à don-
ner à sa perte.
Roux DE ROGHBLLB.
Des phogrJss de In ciMsation et Je f industrie en
Autriche , par Gonst aiht Desjardirs.
11 est des États qui publient tous les ans les progrès
de leur industrie, de leur civilisation , la richesse de
leurs productions, l'augmentation de leur population.
Ces notices statistiques sont souvent trop avantageuses,
pour ne pas dire exagérées. L'Autriche ne fait aucun
bruit; elle observe, elle étudie les innovations, les dé-
couvertes de ses voisins , autorise plus tard des essais
chez elle, et lorsqu'il y a utilité, avantages reconnus ,
le gouvernement accorde des brevets; mais on ne sait
trop comment ces privilèges, concédés d'abord avec
connaissance de cause à un individu ou à une société ,
se trouvent en peu de temps la propriété d'un grand
nombre d'industriels.
Quelle que soit l'opinion qu'on ait du système gou-
vernemental de l'Autricbe, on est forcé d'admirer les
résultats obtenus après une guerre désastreuse de vingt
années et avec tant de peuples si divers de langage, de
mœurs, de principes, de religion, qui se trouvent réu-
nissons le même sceptre. Nationalité, us et privilèges
antiques de certaines villes ou localités , tout a été res-
pecté par l'administration. Ses actes s'écrivent et s'iai-
priment en deux langues en Bohême, en Gallicie, en
( 175 )
Iliyrie , en Italie ; dans ce dernier pays , Teoiployé
même du gourernement n'est nullement forcé d'ap-
prendre la langue allemande, qui est celle de TÉtat.
Quant à la Hongrie et à ses dépendances, un gouverne-
ment spécial et indépendant les régît. ( Voyez ce que
je dis Bulletin, n* gS.) Rien n'a été négligé pour la fu*
sion, la prospérité des diverses nations qui composent
Tempire autrichien. D'importantes voies de communi-
cation ont été établies , des routes superbes con-
struites : celle du Stilfserjoch , de Vienne à Milan par
le Tyxol, celle de la Styrie et de Tlllyrie, conduisant
d'une part en Italie , de l'autre en Dalmalie , ne le cè-
dent point aux belles routes du Simplon ou du mont
Cénis. Près de i , J»oo kilomètres de chemins de fer sont
achevés ou en construction , et au-delà de 1,800 kilo-
mètres sont concédés ou à l'élude. Des bateaux à va-
peur sillonnent depuis long-temps le Danube et la mer
Adriatique, et exportent les produits de l'industrie jus-
que dans le Levant. La richesse du sol , l'encourage-
ment accordé à l'agriculture , les progrès de l'indus-
trie, ont déjà mis les Étals autrichiens en état de se
passer presque de leurs voisins.
La population de tous les États héréditaires de l'Au-
triche peut être évaluée à 35, 5oo,ooo habitants, qui
se composent de cinq ou six races ou familles. La plus
nombreuse est la famdle slave , qui peuple toute la
Gallicie , la moitié de la Hongrie , les deux tiers de la
Bohème et de la Moravie, ainsi que de l'Illyrie et de la
Croatie (environ 16 à 17 millions); \^ famille germaine^
en Autriche , Styrie, Tyrol, cl qui csl répandue dans
les autres parties de l'empire : elle dépasse 6 millions:
Ul famille greco^- latine t dans le Tyrol méridional, le
royaume Lombard-Vénitien et les côtes de la Dalma-
( '7fi )
(ie i elle va à près de 8 millions , y compris plus àc^
9 millions de Valaques répandus en Transylvanie et
dans diverses provinces de la Hongrie : les Magyars oa
vrais Hongrois (plus de 4 millions) occupent le centre de
ce pays et une partie de la Transylvanie. Plus de6oo^ooo
Israélites sontdisséminés dans loutTempire» snrtoeten
Gallicie. On compte en outre de 4^ â So^ooo Zigenner
(Bohémiens) dispersés dans le nord de la Hongrie
et autres pays; enfin une quinzaine de mille Armé-
niens au midi de la Hongrie et de la Transylvanie.
La population du sexe féminin dépasse en général
de 9 1/2 pour cent celle du sexe masculin.
Les mêmes lois régissent les États allemands » c'est--
à-dire l'Autriche, laStyrie, une partie de rillyrie, le
Tyrol, la Bohême et la Moravie» ainsi que les royaumes
Lombard-Vénitien et la Gallicie. Ces pays forment les
dix gouvernements dont les chefs-lieux sont : Vienne ,
Gratz, Laibach, Trieste, Inspruck, Prague, Brûnn,
Milan • Venise et Lemberg. La Dalmatie , une partie
de rUlyrie , la Croatie militaire et les confins mili-
taires, sont gouvernés autocratiquement, et ressortént
de la chanceUerie de la guerre.
L'administration de la justice étend son ressort sur
tous ces Étals. Elle a une section spéciale à Vérone
pour le royaume Lombard-Vénitien.
L'administration des postes embrasse tous les pays
de l'empire, sans en excepter la Hongrie et ses dépen^
dances.
L'armée est formée de toutes les classes. Son effec^
tif en temps de paix est de 43o,ooo hommes ; en temps
de guerre , il peut aller à 700,000.
Toutes les religions sont tolérées^ quoique la catho»
liquc romaine soit la dominante. Le clergé n'est point
( «77 )
dépendant du pape , mais de rempereur. Les appela
à la cour de Rome sont même interdits, et aucune
balte ne peut être publiée sans une autorisation spé-
ciale du gouTernement. Le recensement de iSSy
porte la population catholique à 9â.oi4fS67f ayant
un clergé de 1 1 archevêques, i patriarche et 58 évê-
ques. Les catholiques grecs, au nombre de if^6b,%(^&,
ont I archevêque et 6 évêques; les arméniens i arche*-
Tèque. Les grecs non unis, au nombre de 2,790,94 > •
ont I archevêque et 10 évêques. Les prolestants de la
confession d'Augsbourg, i,s34f574« ^1 de la confes-
sion hehétiquo, 8,193.117» ont des consistoires à
Vienne , Pestb , Hermanstadt et Kiausenbourg» Les is-
rsélites en ont 1 à Nikolsbourg. L'instruction publi-
que est partout confiée au clergé. Ce sont des plaristes
ou des bénédictinis qui tiennent les écoles-primaires et
les collèges dits gymnases. On compte des premières
plus de iS,ooo et des d€rnière8 environ aoo; plus
34 lycées • 9 universités avec 54 écoles de philosophie ,
56 de théologie , 8 de médecine et chirurgie , des in.-
stKuta vétérinaires , d'agriculture , d'autres pour les
mines el forêts, enfin des écoles militaires. A côté de
la belle exécution des cartes des bureaux topographi-
ques de Vienne et de Milan, on voil avec douleur la
grotesque confection des cartes élémentaires , dont les
ptamies otit le monopole. Mais partout j'ai trouvé les
théologiens assez indifférents pour l'étude de la géo-
graphie» à peu d'exceptions près : aussi l'enseignement
en général n'y peut être comparé à celui de la Prusse,
du Wuiiemberg, et on pouvait autrefois dire aussi de
la Bavière. Cependant il existe d^ns les archives de la
bibliothèque de Vienne des plans d'études qui pour-
raient servir de modèle aux nations les plus civilisées.
XVII. MARS. 2. 18
( '78)
On a eu probableineDt de graves motiffl pour ne point
les adopter.
Tableau comparatif' des produits du règne minéral
en France et en Autriche.
Les produits des mines de tous les États de l'empire
sont la propriété particulière de l'empereur. Je com-
prendrai dans les chiffrés ceux de la Hongrie et de la
Transylanie, dont j'ai donné déjà le détail dans le Bul-
letin n* 93 du mois de septembre i84i.
Kn Franci*. En Autriche.
fh f*nirîron 4^600 marcs , principalemenf en
Hon^çrie et TraiisylvaDie, Giffipen et
Pëkih.
5,AOo marci Argent ia6,5oo marc» en lionjprte, TranayUaiiie ,
Bohême, Tyrol, Italie ei Galicie.
3,000 quint. Caivre 5a,ooo quintaux en Hongrie, Tianaylva nie.
Bohème , Galicie et Tyrol .
4,000,000 quint. Fer i,54o,ocx> quiotaox en Styrie, iUyrie,
Bohême, Tyrol , Hongrie , Transytranie,
Moravie ei Galicie.
aSyOOO quint. Plomb [Sf) à 87,000 en Hongrie, Transylvanie,
lllyrie et Bohême.
5,400,000 quint. Sel 5,35o,ooo en Autriche, Galicie, Dalmatien
Styrie, Tyrol.
30,000,000 quint. Gharb. 5,4oo,ooo Bohême, Styrie, Galieie, DaU
maiie, Morarie.
Productions du ( En prenant la moyenne des dii dernières an-
règne végétal ( nées, le produit des cëréates de tont Tempir»
en froment et seigle, f donne pour résoltat :
BN FROMBRT BT SIIGLB.
(iG5 \ 170,000,000 de boisseaux, principalement
dans le royaorae Lombard-
Vénitien , le Tyrol, FAutri-
rhe, la Morarie, la Bohême,
la Galicie, l'Illyrie, la Hon-
grie, etc.
i 3 à 3 { ,000,000 de boisseaux de maïs en Hon«
a une plus grande \ grie, Styrie ^ dans le Tyrol
compensation J méridional et Vltalie.
en pommes de terre,! 300,000,000 de boisseaux d*oiige et d'à-
châtaignes et 1 voine en Bohême, Galicie,
légumes. I Morarie , Styrie , etc.
l 65o,ooo de boisseaux de ris, en Italie
\ seulement.
( 171) )
Houblon, ne se trouve qu'tfn Bohême et Haute-
Auiriche.
35 à 38yOon quintaux de son en [talie seulement
On peut estinnlj^ \
"^j £ -n.*» ' I 4o à 4^,000,000 de feuillettes de vin, dont les
de feuilletés f ^ t i ■> ^ >o o • . ' ^ .
sapeneure est j '
connue. /
Tabac, plus de 80^000 quintaux , ^oat la Hon«'
grie les 3/4>
* Foin, plus de 360 millions de quintaux.
Rè^ne animal.
En France,
a,20o,ooo chevaux, a,5oo,o«o chevaux , dont plus de la moitié
en Hon{>rie.
3,000,000 d*ânes j
et plus de > 75,000 ânes, mulets.
3 à 400,000 mulets, }
8 à 9,000,000 ia,ooo,ooode hétes à cornes, dont la moitié
en Hongrie
34 ^ 35,000/100 3o,ooo,ooo de moutons, dont 2/3 en Hongrie
900,000 750,000'chèvres, en Transylvanie, Tyrol et
Illyrie.
4 à 5^000,000 8 à 9,000,000 de cochons , dont les 3/3 eu Hon*-
grie et Transylvanie.
De V industrie.
L'empereur Joseph II a donné la première impul-
'sioD à rhidustrie , et ses saccesseors ont fait tons leurs
efforts pour l'affranchir du tribut de l'étranger. Des
fabriques de draps, des filatures, se sont élevées en
Bohème et en Moravie ; Brûnn el Reibherberg fournis-
sent des draps qui soutiennent la concurrence de ceux
de Vemers et d'Elbenf. Ce sont pour la plupart des
Belges qui ont les plus beaux établissements à Brûnn
surtout. Ces deux pays , outre des fabriques de per-
cales» mousselines, toiles peintes, fournissent aussi ',
ainsi que la Silésie autrichienne, d'excellentes toiles.
La verrerie , les glaces et la porcelaine de Bohême
sont réputées.
( i8o )
La haute Autriche . plus riche par son agriculture
que par son industrie , a cependant une célèbre ma-
nufacture de tapis à Lintz.
La basse Autriche se distingue par tous les genres
de fabriques; elles fourmillent à Vienne et dans les
environs. Châles, étoffes de soie unie et façonnée, ru-
bans, mérinos, toiles peintes, calicoU, bijoux, fila-
tures, papeteries, chapelleries, tanneries, tous les
genres d'industrie y sont exploités. C'est la capitale
de l'Europe qui a le plus de rapport atec Paris; la
même maladie de centralisation s'y propage; les belles
fabriques d'étoffes de soie et autres de Milan, Ber-
game, Vicence, Venise . y ont des dépôts. On y trouve
étalés a?ec goût et élégance les produits de toutes les
villes manufacturières de l'empire. Toutes les grandes
affaires s'y traitent; c'est le centre du commerce :
aussi sa population, qui du temps de l'invasion des
Français ne se montait qu'à 95o,ooo âmes , dépasse
déjà le chiffre de 36o,ooo, et les locations y sont à un
prix plus élevé qu'à Paris.
L'industrie commence aussi à faire quelques pro-
grès en Hongrie : on y fabrique du drap , de bonnes
toiles, et surtout des cuirs. Une papeterie établie à
Fiume fouv^nit de très beau papier.
Le commerce maridme se borne aux villes qui bor*
dent la Méditerranée. L'ÉUt a trois ports francs,
Fiume, Trieste et Venise. Les bâtiments du commerce
peuvent s'élever à plus de 5,ooo. Les principaux artî>
des d'exportation sont : les produits des mines, la
soie, étoffes de coton et de laine, verrerie, grains,
bois , vins , houblon , cire, tabac, savon, menuiserie et
objets de luxe. Ceux d'importation sont : les denrées
coloniales, cuirs, pelleteries, chanvre et lin an|^is
et turc.
( >8i )
J'ai cru que cette esqaÎMe des progrès de l'industrie
en Autriche ponmt af oir quelque intérêt pour la So^
ciété de géographie. Je lui offrirai bientôt de plus
amples détails dans l'atlas physique, statistique» ethno-
graphique , etc. » auquel je travaille.
Paris, ai janvier 184a,
Noui^lle- Hollande , cote N,'0.
Une lettre de M. W. Earle, datée de Vittoria» le
i5 )uiUet 1841 » lue à la Société de géographie de
Londrea , annonce que la* colonie établie dans cette
partie de la Nouvelle-Hollande est dans un étal très
floriasant. Le commerce s'y porte avec assez d'activité :
ce sont principalement les Bughis et les Glûnois de
Macassar qui y viennent ; mais on attend l'année pro-
chaine des bâtiments de Siogapoore.
Une remarque très importante pour la connaissance
des habitants de ces contrées , c'est que les naturels
de l'intérieur paraissent être tout* à'-'fait différents de
ceux qui habitent les côtes : ce sont peut-être des Ara-
firas. H. Earle se propose d'éclaircir ce point» quoique
cela présente quelque danger; car» comme les Arafiras
de la Nouvelle^uinée et de Timor, ils évitent les
étrangers avec la plus grande crainte. Les naturels que
noua avons autour nous » dit M. Earle » sont considérés
comme des sauvages par les peuples de l'intérieur. Les
habitants de l'Australie ne peuvent prononcer ni Y s
ni Y/\ ce qui nous porte à croire qu'ils ne sont pas àfi
( '8«)
race océaoique. Les Mucassargis qui commerceni a?ec
aux » Us conoaisseot très peu. Cependant plusieurs de
ces Australiens, principalement ceux de la Carpen-
tarie» qui sont beaucoup plus doux que les habitants
de la presqu'île Cobourg » vont tous les ans à Ma*
cassar.
Une autre lettre de M. Earle annonce ce Tait impor-
tant.
Un pross ayant mouillé sur un banc de vase au mi-
lieu du golfe de Carpentarie» hors de la vue de la côte»
remplit des barriques d*eau douce puisée le long du
bord. D'après des recherches faites à ce sujet par
H. Earle , il lui fut dit par un vieux Nakodahs qu'ik
faisaient tous souvent la même chose , et que pour cette
raison ils avaient donné è la mer qui se trouve à Test
des lies Wellesley , un nom qui signifie eau douce. Il
paraîtrait donc d'après ce fait, qu'une masse d'eau
considérable se fait jour en ce lieu pendant la saison
des ploies et rend l'eau de la mer douce.
Les Hollandais» ajoute M« Earle » s'agitent autour de
nous. Notre établissement les a , je p«ase » retirés de
leur léthargie. Us ont attaqué l'Ile Sandal-^Wood , et
prétendent y établir une colonie. La capitale serait
sur les bords de la rivière cjfui est é la pointe N.-E. de
l'Ile.
Après avoir expliqué les motifs sur lesquels les Hd-
landais fondent leurs prétentions sur la propriété de
cette lie» et les moyens qu'ils emploient pour s'en em-
parer» en chargeant de cette expédition les habitants
de Bude sur l'Ile de Florès, H. Earle ajoute ; Je regarde
cette affaire comme d'une très grande importance pour
les intérêts de l'Angleterre. L'Ile SandaUWood est si
près de T Australie , que nous ne pouvons pas avec
( i«3 )
nidiSérenee la toir occupée par nos plus grandi rivaux
MUS le rapport du comiaerce.
lUiisaiCABifaiiTi topographiques sur l'isthme de Panama
9t sur les moyens de transport quijr sont offerts aux
voyageurs, — Extraits d'une lettre de LÀma^ le 5 mai
i84i ff écrite par a. Lbmpinb » consul général de France
en Bolipie,
( Gomniuntqaëg par M. I(. du M. )
MoNSIBtlB»
A l'endroit où » dans la mer des Antilles » débouche
la rivière dite le Ghagrès» se trooveiit une barre et une
passe étroite qui n*en permettent l'entrée qu'à des nii*
vires de faible tonnage, et d^un tirant d'eau de lo à
1 a pieds au plus. Quant aux bâtiments un peu forts ,
ils sont obligés de rester en rade à un mille ou deux
de l'embouchure de la rivière , et le mouillage y est
fort mauvais , surtout dans les mois où souflBent les
vents du nord. Un château bâti sur un rocher asseA
élevé défend l'entrée de la rivière. Toutefois , ce chà^
teau est dans un tel étatde ruines qu'il ne pourrait résis-
ter pendant quelques heures à une attaque régulière.
C'est là que le gouvernement de la Colombie, et ensuite
celui de la Nouvelle-Grenade, envoyait une partie
de leurs prisonniers d'État et des condamnés aux ga-
lères.
Le village de Chagrès se trouve si près -des bords de
la rivière de ce nom , que , lorsque les eaux grossis*
a|nt, elles baignent le pied d'une partie de ses maisons
( i84 )
Oa plutôt de 565 huttes; car toutes les habitations sont
en bambous , et couvertes de feuille» de palmiers. La
population ne se compose que de noirs ou de mu-
lâtres. Une chaleur forte se combinant avec l'humidité
rend naturellement cet endroit malsain: cependant
on en a beaucoup exagéré Tinsahibrité. Il Suflit aux
Européens nouvellement débarqués, pour s? soustraire
aux n^aladieSp d*évitertont excès, et de ne 8*exposcr ni
à la pluie ni aux rayons du soleil. La saison plirvieuse
dure de sept à huit mois en commençant en novem-
bre ou décembre. Dan» les autres mois de Tannée, il
n*y a à craindre que les inconvénients de la chaleur
pour ceux qui la supportent difficilement. Du reste , le
thermomètre de Réaumur ne s'élève guère alors au-
delà de t5 à s6 degrés.
La distance à parcourir pour se rendre de Chagrèa
à Panama est de ai à ts Ueues, dont i4 é i5 par
eau jusqu'au village de Crucis, et 7 par terre depuis
ce dernier point jusqu'à Panama.
De Chagrèa à Crucis, on navigue au milieu de lo*
rets où la nature déploie un luxe de végétation, dont
l'étrangeté charme autant qu'elle étonne l'Européen.
Pour ceux qui ont voyagé dans les autres parties de la
Colombie, c'est le Zulia» TUrénuque ou la liagdeleine
en miniature. Le Chagrèa a peu de largeur; mais sa
pente douce et son cours paisible offrent une naviga-
tion commode. Pendant 3 ou 4 lieues ses eaux ne
sont pas potables » «ittendu que celles de la mer vien-*
nent s'y mêler.
On n'a pour remonter la rivière d'autres embarcations
ifàe de petits canots effilés, d'un seul tronc d'arbre , et
que l'on appelle dans le pays caycos ; ils sont conduits
4 rame par deux hommes. Le milieu est recouvert p|r
( >S5. )
d€S brancbes de palmier. disposés en cintre. C'est sous
celte couverture » dont la hauteur ne ^ci^passe que ce
qu'il faut absolument pour pouvoir se tenir assis ,
que le voyageur se met à l'abri du soleil et de la pluie.
L'espace est tellement réduit, qu'il y a à peine place
pour deux personnes et de légers bagages. Les canots
qui ne transportent que des voyageurs emploient ordi-
nairement un jour et demi à deux jours pour se ren*
dre à Crucès. Quant aux canots qui remontent avec
des marchandises » comme ils sont plus grands et plus
pesants» il est rare qu'ils meitenl moins de quatre à
cinq jours pour arriver au même point. Ces derniers
portent quarante à cinquante charges . c'est-à-dire qua-
tre-vingts à cent vingt ballots, le ballot, étant l'un dans
l'autre, de la grosseur d'une masse ordinaire, et pesant
chacun de loo à i lo de nos livres.
A partir de Crucès, où, comme )e l'ai dit plus haut,
on quitte la rivière , le voyage se continue par terre à
dos de mules. Il existait autrefois jusqu'à Panama un
chemin pavé qu'avaient fait construire les Espagnols ;
mais ce chemin n'ayant pas été entretenu , on n'en voit
les traces dans certains endroils qu'à une accumula-
tion de grosses pierres déplacées, au milieu desquelles
cavaliers et montures risquent de tomber et de s'es-
tropier à chaque instant. Dans ces lieux bas, qui dans
les temps de pluie se convertissent en marais , on
court de plus le risque de rester embourbé, et même
de se noyer.
Le prix du transport des marchandises sur les em-
barcations est, par charge, de Chagrès à Crucès, de
deux piastres et demie à trois piastres , et de Crucès à
Panama, & dos de mules, de trois pi.^stres; en tout
de cinq piastres et demie à six piastres.
( «86 )
Je De crois pas in'écarler de mon sujet en ajoutant
ici quelques informations sur le service des paquebots
anglais qui viennent tant à Ghagrës qu'à Panama. Tous
les mois une goélette ou un brick de guerre destiné
aux transports des passagers et de la correspondance
est expédié de la Jamaïque pour Ghagrès» d*où après
quelques heures de relâche il part pour San Juan de
l'Amérique Centrale; au boilt de dix à douée fomrs,
il reparait à Ghagrès , d'où il efTectue enfin son retour
à la Jamaïque en droiture. On annonce qu^à compter
du mois d'octobre ou de novembre prochain, les bâti-
ments à voiles qui font cette navigation doivent être
remplacés par des bâtiments à vapeur. Dans la mer
Pacifique , le service |ne se fait pas encore aussi règu-
lièraroent que dans la mer des Antilles ; voici du moins
comme il est établi provisoirement. Tous les trente ou
quarante jours» une goélette è voiles se rend du Callao
à Panama, et vice versât en touchant à Payta et à Guaya-
quil. Elle est expédiée par la Compagnie anglaise à
laquelle appartiennent deux bateaux à vapeur qui
avaient été destinés à faire le service de paquebots sur
toute la côte de l'Amérique du Sud dans la mer Pacifi-
que , mais qui ne naviguent encore qu'entre Valparaiso
et le Catlao.
CoMPTE-BEHDU du Tabltau de la situation des étabiissemenis
français élans f Algérie en 1 84o.
»
Les tableaux publiés par le gouvernement sur la
situation des établissements frsoiçais dans TAigèrie
( '87 )
méritent d'êlre égolement consultés par les géographes,
les historiens et les hommes d'État. Le gouvernement
arendu ces publications annuelles, et nous allons, mes-
sieursyvous entretenir de celles qui se rapportent à Tan-
née 1 84o f ftans bous astreindre à l'ordre de matières qui
a été suivi dans cet ouvrage. Nous hoos sommes spécia-
lement arrêtés aux observations, aux événements qui
nous paraissaient plus propres à bien faire connaître
cette contrée depuis les temps anciens )usqu'fi nos
jours. Cet ordre chronologique a Tavanlage d'enchaî-
ner les faits les uns aux autres, de l'aire servir le passé
à FexpKcation du présent, à l'instruction de l'avenir,
et de classer avec plus de facilité dans la mémoir un
grand nombre de documents qui frappent moins l'at-
tention, lorsqu'ils sont épars et disséminés dans un
volume in-folio.
Dans cette vue, nous nous sommes d'jibord attachés
à un précis de la géographie et de l'histoire ancienne
de l'Afrique septentrionale; et cette partie de l'ouvrage
que nous examinons a dû être spécialement ana-
lysée.
Tout le nord de l'Afrique, compris entre la Méditer-
ranée et les déserts du Saarah , forme une même ré-
gion» dont les parties montagneuses sont générale-
ment occupées par les Kabyles ou Berbères , que les
anciens confondaient sous le nom de Libyens. Les pre-
miers étrangers qui s'établirent sur ce rivage, et dont
l'histoire est arrivée jusqu'à nous , furent les Phéni-
ciens et les Grecs : les uns se fixèrent près de Tunis ,
les autres en Cynéraique. On croit aussi que plusieurs
tribus d^Hémyarites passèrent d'Arabie en Afrique
avant la domination romaine , et qu'il y eut sur les
mêmes rivages une grande émigration persane qui y
( >88 )
poria le syslème du sabéisme. Les priocipauz objets
de leur culte étaient le soleil , la lune . les étoiles , Nep-
tune et Triton. Les Libyens faisaient aussi des sacrifi-
ces humains , de même que les autres peuples barbares
de Tantiquité. Us se partageaient en tribus nomades
ou numides et en tribus sédentaires.
Déjà on avait eu en Afrique des colonies phéni-
ciennes^ avant la fondation de Carthage par Didon ,
l'an 860 avant Tère chrétienne. Quoiqu'il nous reste
peu de souvenirs historiques de ses trois premiers siè-
cles , on voit que Carthage étendit de bonne heure son
commerce et sa puissance. Au temps de Gambyse et
de Cyrus , elle fit des conquêtes en, Sicile et en Sar^
daigne , et fonda des colonies sur la c6te d'Afrique »
après y avoir d'abord établi des comptoirs» des sta-
tions, des échelles. Sa politique avait pour but d'ou-
vrir avec les autres peuples des relations favorables à
sou commerce , et de chercher à occuper le long des
côtes maritimes différents posles,qui devenaient autant
de jalons pour sa puissance. La plus célèbre des an*
ciennes expéditions de cette nature est celle d'Hannon*
qui fut chargé de former des colonies sur les côtes oc-
cidentales d'Afrique. Il partit de Carthage avec une
flotte qui avait à bord trente mille hommes» en y com-
prenant les femmes et les enfants ; et il fonda six villes
de 5,000 habitants chacune. La plupart de ces fa-
milles étaient libyennes. Cai thage s'efforçait d'attirer
cette nation a l'agriculture ; elle fonda un grand nom-
bre de colonies dans les deux provinces de la Zeugilane
et de la Byzacène; elle se servit des indigènes pour
étendre son commerce avec l'intérieur de l'Afrique ;
elle eut d'immenses haras dans les plaines pour emlre-
tenir la cavalerie des Numides. Les esclaves noirs
( '89)
qu'elle faisait venir de l'Ëlhiopie étaient employés
comme rameurs à bord de ses navires. Son commerce
avec cette région lui procurait de Tor en grains, de
l'ivoire, des dattes, toutes les productions des tropi-
ques : la Sardaigne lui fournissait d'abondantes mois*
sons; elle tirait des Iles Baléares du vin, de l'buile ,
de la laine , des mulets; elle avait à Halte des tisseran-
deries « et la plus riche de ses acquisitions fut la Si-
cile.
Les guerres de Carthage contre Syracuse remontent
à l'année l^So avant Jésus-Christ; elles furent de lon-
gue durée; et Carthage jouit ensuite paisiblement de
sa conquête jusqu'à la première guerre punique , qui
commença en 964» et se termina par la perle de la
Sicile. La guerre des Mercenaires eut lieu immédiate-
ment après : Carthage en sortit triomphante ; mais sa
puissance, son ascendant sur les nations voisines se
trouvaient ébranlés ; elle avait moins d'auxiliaires lors-
qu'elle entreprit en 318 la seconde guerre punique, et
il fallut tout le génie militaire d'Annibal pour triom*
pher des armées romaines , se soutenir long- temps en
Italie avec les troupes qu'il y avait conduites , et lutter
dans son propre pays contre les factions jalouses de sa
gloire. Hais quand ses forces s'afTaiblissaienl en Italie ,
Rome à son tour menaçait Carthage; Annibal n'y fut
rappelé que pour perdre i Zama le fiuit de tant de
victoires ;et le traité qui suivit su défaite enleva à sa pa-
irie toutes les possessions qu'elle avait eues en Espa-
gne et dans les lies de la Méditerranée. La troisième
guerre punique acheva bientôt la ruine de Carthage :
cette ville fut détruite de fond en comble après un
siège de deux ans. Les sept cent mille habitants qu'elle
avait eus furent dispersés, et l'on en distribua le plus
( »90 )
grand nombre dans les différentes parties de Tl-
ialîe.
Rome , devenue maîtresse des possessions de sa ri-
vale , partagea entre plusieurs souverains un territoire
qu'elle ne pouvait alors gouverner seule. Massinissa ,
maître de la Numidie, fut le roi le plus puissant de
rAfrique : Cirta (aujourd'hui Consiantioe) était la ca-
pitale de ses Etats : ce pays fleurit pendant soixante
ans sous son règne et sous celui de Micipsa , et il se
couvrit de cultivateurs et de troupeaux.
Les Romains avaient gardé le gouvernement des cô-
tes ; ils y avaient fondé des colonies et répandu l'usage
de leur langue; la province d'Afrique obéissait à leurs
proconsuls, et ses relations de commerce avec l'Italie
étaient florissantes. Lorsque Jugurtha ayant enlevé la
Numidie à ses légitimes souverains» eut à soutenir la
guerre contre les Romains* il rccourulpour se défendre
à Talliance de Bocchus, roi de Mauritanie» et entraîna
ainsi dans ses querelles les régions occidentales de l'A-
frique, destinées à subir à leur tour la domination
des maîtres du monde.
Durant Ijs guerres civiles qui ensanglantèrent les
derniers jours de la république romaine, l'Afrique
soutenait le parti de Pompée. Elle recueillit quelques
uns des débris de Pharsale , et César vint s'emparer de
Leplis , de Cirta , d*Hippone : Caton et Scipion se don-
nèrent la mort, l'en h Utiqoc , l'autre après sa défaite
â Thapsus ; Juba et Petreius s'entretuèrent : la Numi-
die avait perdu ses défenseurs; elle fut érigée en pro-
vince romaine, et Salluste en devint proconsul.
Toute cette partie de l'Afrique restait immédiate-
ment annexée à l'empire romain ; elle était la plus
riche et la plus peuplée de leurs possessions sur ce con-
( «9' )
tinent» celle où leur agiieultore , leur commerce , leor>
industrie, étaient les plus florissants. Quant h la Mau*
ritanie, son sort fut plus variable. Ap^ès avoir eu Boc-
chas pour souverain , elle fut gouvernée par Rome :
Auguste Térigea ensuite eu royaume en faveur du fils
de Juba. Sous l'empereur Claude, ce pays fut réuni H
l'empire , et forma deux provinces, la Césarienne et la
Tintigane , du nom des deux capitales» que nous re<*
trouvons aujourd'hui dans Tchetchel et Tanger. L'Ita-
lie» la Gaule, l'Espagne y y ^ivoyèretit un grand nombre
de colons. La Mauritanie césarienne était, bien peu^
plée ; mais la Byzacène et la Numidie l'étaient encore
davantage. Ces deui provinces , plus rapprochées de la
Kcileet de l'Italie, étaient Clément plus faciles t^ dé-
fendre et à contenir.
11 y eut cependant en Afrique plusieurs révoltes con-
tre Rooie » parliculièreaaent sous les règnes de Claude,
d'Antooia-IHe , de Maximin , de Maximien. La viHe de
Cirta • à d^mi ruinée par Maxence , fut relevée par
Constantin dont elle prit le nom , et sous la domination'
de cet empereur, toutes les provinces du nord de TA»
frique reconnurent sa souveraineté , et furent généra-
lement administrées connne les outres parties de l'em-
pire. Le ricaire de l'Afrique était placé sous les ordres
du préfet d'Italie, et son diocèse se partageait alors
en cinq provinces. In Tripolitaine, la Byzacène, la
Nonndie et les Hauritanies sitifienne et césarienne qui
n'en avaieflt d'abord formé qu'une seule. C'était de la
préfecture d'Espagne que relevait i\ cet!e époque la
Mauritanie tingilane.
De nouvelles révoltes éclatèrent encore en Afrique
sous le règne de Théodoae, et sous celui d'Honorius.
La plus remarquable est celliî de Bonifuce , qui pour
( '9« )
résister à Tambition et aux attaques d'un rival préi à le
perdre , appela les Vandales en Afrique , où Genséric
vint s'établir en ^^j.
Les Vandales, venus de Sarmaiie, avaient passé dans
les Gaules, et ensuite en Espagne; ils entrèrent en
Arriqtie au nombre de quatre-vingt mille , et occupè-
rent les trois Hauritanies que Boniface leur avait cé-
dées. Celui-ci gardait encore les provinces les plus
orieQlales; mais il y fut bientôt attaqué par les Vauda-
lesi qui s'avancèrent en 4&& jusqu'aux murs d'Hip|K>ne
et de Cirta, et qui s'emparèrent ensuite de Carthage.
Genséric partagea les terres , suivant les formes usi-
tées che£ les peuples du Nord : celles qu'il se réserva se
divisèrent en deux portions , l'une pour le souverain »
l'autre pour ses guerriers, qui les reçurent à titre de
bénéfice , et à charge de service militaire. L'armée se
composait de quatre-vingts ctihortes, subdivi$éesen cen-
turies et décuries. On déti*ui8it les fortifications, où les
Vandales n'aimaient point i se renfermer. Genséric
créa une marine , conquit la Corse , envahit la Sicile ,
la Sardaigne , les Iks Baléares, dévasta les côtes dé
Grèce et d'Italie ^ et vint en 4^5 saccager Rome , qui
fut en proie pendant quinze jours à l'avidité et aux fu-
reurs de l'ennemi.
L'empereur Léon espéra réparer tant de maux,et une
flotte grecque , commandée par Basiliscus , fit en 468
un débarquement en Afrique; mais les vaisseaux fu-
rent incendiés par les Vandales, et Parmée fut presque
anéantie. Un traité de paix, conclu par Genséric en
476 » le reconnut maître de l'Afrique depuis la Cyré-
naique jusqu^à l'Océan, et lui laissa la Sardaigne , la
Corse , les lies Baléares , la Sicile.
Mais après la mort de Genséric , le royaume vandale
r 193 )
s'affttiklit rapidcBMOt Le» «ilaqo«s des tribus oomodes
definreot fréquentes sous le règne de ses sucoesseurs ;
ei lorsque Gélimer eut usurpé le trône sur Hilderic ,
dpnl la cause était protégée par Justinien » cet empe-
reur déclara la guerre aux Vandales* Bélisaîre débar-
qua dans la Byzacène a?ec So.ooo lumimes; il s*ein<-
para de Cartbage, défit Gélimer à Tricameron» et
détruisit eo trois mois toute sa puissance. Césarée ,
Septem 9 aujourd'hui Geuta, et toutes les villes des
Vandales furent occupées : op rétablit les églises chré-
tiennes envahies par les Ariens ; l'administration fut
réorganisée » et Bélisaire termina par la conquête de
la Sicile cette grande expédition » avant d'entreprendre
celle d'Italie.
Cependant on abusa bientôt de la victoire ; et sous
la domination byzantine» l'Afrique fut livrée & d«s
exacteurs qui l'appauvrirent, aux incursionsdes Maures
voisins de son territoire , aux séditions de l'armée « qui
prétendait occuper toutes les terres anciennement
données aux guerriers vandales. On fit venir d'Italie et
de Sicile de nouvelles colonies pour remplacer les dé-
bris de la population vandale , qu'on avait exilés ; et
Salomon » qui fut nommé gouverneur d'Afrique • re-
couvra une partie des terres envahies par les Maures.
Mais çeox-^i se réfugiaient dans les monts Aura^ , d'oA
ils tentaient d^ nouvelles incursions* L'autorité împé*
riale s'affaiblissait , les villes s'entouraient de retran-
chements pour résister à l'ennemi : les révoltes se re-
nouvelaient dans l'armée , «t ces troubles avaient
ébranlé l'État à plusieurs reprises, lorsque l'Afrique
fut envahie par les Arabes » devenus maîtres de l'É^
Nous n'avons pas A suivre ici l'histoire de cette cou*
XVII. MârBS. 3. ^i3
( '94 )
Itée fiouB le gouvernement des Arabes; elle n'appartient
point au volume dont nous offrons l'analyf e ; il en est
de même du temps où ce pays fut soumis aux Berbers,
et des guerres et des révolutions qu'il éprouva dans
le moyen âge jusqu'au commencement du xvr siècle #
époque où Barberousse s'en empara, et où commença
la domination des Turcs. Ces trois périodes histori-
ques sont devenues l'objet d'un travail particulier, qui
n'est point encore terminé » et qui aidera à suivre jus-
qu'à nos jours les annales de l'Algérie.
Nous nous bornons à rappeler qu'à travers les diffé-
rentes révolutions que ce pays éprouva , l'ancienne
Cirta continua d'y occuper le rang le plus remarqua-
ble. Cette ville avait joui d'une grande prospérité
sous Massinissa. Une colonie grecque y fut attirée par
ce prince, et sans doute elle y introduisit les arts de sft
patrie. Les plaines des environs étaient fertiles : on en
échangeait les denrées et les bestiaux contre les pro-
duits apportés par les caravanes du désert ou du pays
des nègres. Les Vandales ne s'emparèrent pas de Con-
stantine ; mais elle tomba au pouvoir des Arabes lors-
qu'ils se furent établis en Afrique. Le commerce de cette
place était considérable dans les xii* et xiii« siècles. Ses
principaux débouchés vers le nord étaient les ports de
Bône, de Stora, de Bougie surtout» qui devit>l Ten-
trepôt habituel des Italiens et des Catalans. Fisc » Ve^
BÎse , Gènes , Barcelone , avaient établi des comptoirs
à Bougie, qui relevait alors de Tunis; et la prospé-
rité du commerce de cette place se conserva )usq?i'à
la fin du XV* siècle. A celte époque» les Maures qui
venaient d'être chassés d'Espagne » se retirèrent dans
les différents ports du Maghreb» qui devinrent des lieux
de repaire pour les pirates. Ceux-ci s'étaient d'à-
( '95)
bord armés contre les Espagnols, et ils les ataieot for-
cés d'abandonner leurs comptoirs en Afrique ; mais ils
attaquèrent ensuite indistinctement tous les pavillons
des autres puissances.
Les Génois cependant avaient profité du départ des
Aragonais pour étendre leur commerce à Bône » à
Stora , à CoUo. Le sultan de Tunis et de Constanline
leur concéda la pèche et le monopole du corail ,
moyennant un droit annuel; et lorsque Rhalr-Eddin.^
successeur de Barberousse» se fut emparé de Constan-
tine dont il réunit le territoire à la régence d'Alger» la
France obtint à son tour le privilège de la pèche du
corail depuis Tabarca jusqu'au golfe de Stora.
Les voyages de Constantine à Alger se faisaient par
caravanes ; mais cette route directe était peu suivie. Les
communications de la même place avec le Midi ne fu-
rent jamais interrompues. On se dirigeait sur Biskarah
situé à sept jours de marche « et de là sur Tuggurlh ,
à douze journées de Biskarab. Pendant la domination
torque » Constantine entretenait avec Tunb des rela-
tions étendues , et une caravane de deui à trois cents
mulets se rendait chaque mois d'une ville à l'autre. La
population de cette place était alors de plus de 3o,ooo
habitants. C'était un entrepôt de produits agricoles o^
manufacturés » pour toutes les tribus voisines.
Le commerce de la France avec cette partie de TA-
frique fut toujours assez important Marseille, Arles,
Narbonne» entretenaient dans le xii* siècle des relations
avec Tunis» Bougie , Oran et d'aulres villes de ce litto-
ral. Philippe^le^Hardi t fils de Louis IX, fit, après la
mort du roi son père , un traité de commerce avec l'é-
mir de Tunis. Ce genre de relations languit pendant les
(aerres du xiv' siè^cle; mais il se ranima sous les rèr
( 19* )
gnes de Charles VII et de Louis ^Xl , et sertoot sous
celui de François I**, dont les traités avec Soliman II
garantirent la libre navigation des vaisseaux des deux
puissances. Les capitulations obtenues A cette époque
forent successivement renouvelées par SéMm II » Amu-
rah Ilf • Mahomet III et Achmet I*' ; elles le furent
également sous leurs successeurs; et d'autres traités
furent directement conclus avec les régences » lorsque
celles-ci devinrent plus puissantes » et que letnra rela«
tions de vassalité avec la Porte Ottomane commencè-
rent A s'affaiblir.
L'établissement des consuls qui furent chargés de
veiller à l'exécution de ces traités remonte au règne de
Charles IX. Ces agents étaient d'abord choisis par le
commerce de Marseille, et leur nomination appartint
ensuite au gouvernement ; eeloi d'Alger fut le plus an-
cien : il s'en établit ensuite dans les autres régences
barba resqués. Mais il était difficile d'y protéger con-
stamment les intérêts de la navigation et du commerce;
et la piraterie était entrée dans les habitudes d'une
classe noihbreuse qui aimait mieux s'enrichir par la
tiolence que par le travail.
La population de l'Algérie se divise en trois races ;
tes Arabes sont répandus dans la contMe méridionale ;
les Gbaouias occupent la zone centrale; les Kabyles
sont plus près du littoral.
Les Arabes, descendus des conquérants, habitent
sons la tente , sont nomades, élèvent des troupeaux de
moutons et de chameaux , vont chercher an loin les
grains qui leur sont nécessaires, bAtissent leurs villes
dans des oasis , où ils ont des palmiei*s et quelques ar-
bres fruitiers.
Les Chaoulas, plus agriculteurs que pasteurs, élè^
( >»7 )
venl cependant des troupeaux de bœafs et de mou-'
tons. Leur culture se borne aux céréales. Les habi-
tanls de la plaine m^Eit sobs la tente ; mais ils sont
plus sédentaires que les Arabes, et s'ils changent d'em-
placement . du moins U3 n'émigrent pas de leur terri*
ritoire. Ceux qui sont dans les montagnes d'Aourès et
de Bélennah se rapprochent des mœurs des Kabjfles ;
leur langue est distincte de l'arabe : cependant la plu-
part d'entre jeux entendent aussi ee dernier idiome.
Les Kabyles sont plus iiidustrieux qpie les Ambea et
les Chûoulas ; ils tissent des étoffes de laine , des^pao-^
Dters* des nattes, faites en feuilles de palmier; ils fon-
dent et forgent le fer, fabriquent de la poudre, élèvent
des bœufs 9 des muleta, cultivent l'olivier , le figuier,
la ligne, le blé de Turquie, aiment l'indépendance ,
sont braves, laborieux, souvent fanatiques • et soumis
à l'influence des marabouts qui leur prêchent la foi
nusulmane. Les Kabyles et les Chaouias parlent 4eux
dialectes de la même langue; ils représentent les ra»
ces vaincues. Les Chaouias ont plié sous le joug , afin
de conserver leurs biens; les Kabyles ou Berbers ae
sont léfiigiés dans les montagnes pour garder leur in-
dépendance.
Im population des Arabeset celledes Chaouias se par-
iBgent et ae constituent en «m grand nombre de tribus,
dont chacune a un chef particufier. Une grande iribu,
désignée sous le nom de aarch , se divise en plnsienrs
farkah ou séparations ; le feriLsh en plusieurs doaan ou
cercles ; le doumr se compose de tentes , et la tente ps-
présaaêela (amille. Les Kabyles se partagent également
en tribus , dont rorganisaition est plus militaire. L'en-
semble de cette population guerrière fournirait des
forces imposantes : c'est parmi elle que Ton a formé
( •<)«)
des corps de Zouaves, connus par leur intrépidité.
Les hommes à pied se groupaient pour combattre; les
cavaliers se dispersaient et combattaient isolément.
La division par tribus se reconnaît non seulement
llans l'Algérie » mais dans les régions plus méridiona-
les qui sont è peine explorées. Les Arabes , les Maures
tiennent cette organisation de leurs premiers ancêtres,
et ils la transmettent à leurs descendants : elle se fonde
sur la composition même de la famille, et sur la diffi-
culté d'agglomérer de grandes populations dans des
plaines de sable où les eaux sont rares , et où quel-
ques oasis seulement ont été disperiéel Chacune de
ces lies de verdure offre un abri où un petit nombm
d'habitants cherche à se réunir.
Si l'on parcourt les différentes parties de TAlgérie ,
on y retrouve encore la trace des anciens établis-
sements que les Romains ou leurs successeurs y
avaient formés. Cherchel nous a déjà rappelé l'an-
cienne Julia Cssarea. Les Romains avaient érigé
une forteresse à Médéah ; ib avaient occupé Milianah.
Guelma est situé près des ruines de Kalama; Msilah
près de celles de Siula. Les noms de Sétif • de Bdne ,
de Djidjeli rappellent ceux de Sitifis-Colonia, d'Hip-
pone , d'Igiigilis : Bougie occupait l'emplacement de
Saldes. Nous savons que Constantine occupait celui de
Girta : Tunis s'éleva près des ruines de Carthage; d'an-
tres villes eurent une origine analogue.
La trace des routes de communication, établiesan-
ciennement dans la même contrée , se retrouve égale-
ment : les unes partaient de Médéah pour Milianah ou
pour Constantine ; d'autres partaient de Kalama pour
se diriger sur Constantine ou sur Hippone. Pluûeurs
voies romaines passaient à Sitif , parcouraient d'orient
en occident le diocèse d'Afrique , traversaient les
( '99 )
monts Auras, le défilé des Portes-de-Per , et facili-
taient dans tous les sens la marche des armées et les
transports du commerce.
La direction de ces routes diiïérentes peut nous
éclairer aujourd'hui sur les moyens de lier entre elles
toutes les parties de l'Algérie. Les principaux travaux
que l'on a entrepris dans cette vue ont pour but
de faciliter les communications de la capitale avec
les autres postes les plus importants. D'autres routes
sont ouvertes entre Gherchel» Mfédéah, Hilianah ; d'au-
très ont été commencées entre Gonstantine et Philip-
peville» dont le nom rappelle l'origine, et dont les
progrès sont si rapides » que cette ville , commencée
depuis trois ans sur les ruines de l'ancienne Rusicada,
a déjà reçu une population de 4)O0o habitants.
Comment ne pas suivre avec un intérêt extrême
toutes les créations nouvelles , tous les établissements
naissants qui ont été conçus dans des vues d'amélio-
ration i de défense, de prospérité agricole? On dessé-
che prés de Bône les marais voisins de la Sybouse ; on
continue dans la plaine de Métidjah l'assainissement
du territoire; BoufTarich y devient le centre elle chef-
lieu d'une population qui se fixe et s'accroît sur diffé-
rents points. De nouvelles colonies sont appelées dans
les anciens lieux d'habitation que les indigènes ont
quittés , ou dont il faut relever les ruines. La culture
a été reprise dans les cantons où les chances de la guerre
avaient forcé de la suspendre ; et pour favoriser les
cultivateurs, on a formé & Alger, à Bône^ à Philippe-
fille, des pépinières d'arbres fruitiers et forestiers ; on
y a multiplié des semis d'arbrisseaux , de grains, de
plantes potagères qui s'accroîtront annuellement, et
dont on a déjà fait d'abondantes distributions dans les
terres environnantes.
( 900 )
Des essais d'amélioration si nombreux, et applicables
à tous les services » ne peu? en( être qu'indiqués dans
le résumé d'an ouvrage qui embrasse toutes les parties
de l'administration ; mais on en voit assez pour se con-
vaincre qu'un grand système d'organisation a été entre-
pris dans l'Algérie; qu'il est à présent saivi avec pené-
vérance et dans son ensemble; que l'on cherche à
concilier entre eux les intérêts des colons européens et
des indigènes, aies mêler dans différentes branches des
services civils et militaires; à étudier, à connaître sous
tous les rapports le pays et ses habitants. C'est dans
cette dernière vue qu'une coDunission scientifique a été
organisée vers la fin de iSSg. Les membres qui la
composent s'en sont partagé le travail. Toute l'histoire
naturelle est étudiée avec soin, et l'on a presque doublé
la Flore de l'Atlas , que nous devions au savant Desfon-
taines. Les monuments d'art et d*antiquité sont re-
cherchés ; on rassemble les documents historiques. De
grands travaux géographiques ont été entrepris, et l'on
a déjà publié un certain nombre de plaps et de cartes
qui joignent à la Qdélité des observations et du tracé le
mérite de l'exécution.
L'ouvrage que nous avons analysé renferme un grand
nombre de tableaux sur la statistique , les productions,
le commerce, et les différents services de l'Algérie, sur
l'armée • sur l'administration intérieure , sur la juv
tice , sur les finances. On voit qu'au i** octobre 1840 «
le nombre des troupes employées dans ce pays s'éle-
vait à 67,569 hopimes ; que la population européenne
était de s8»ooo âmes, et que celle des indigènes était
de 5o,ooo dans les lieux dont on avait pu faire le dé-
nombrement Quant à la population des nombreuses
^bus de Kabyles, de Chaouias, d'Arabes, qui sont dis*
( »oi )
séminèes sur ce faste territoiréi nous ne pouvons avoir
encore aucune donnée pour en Faire l'évaluation.
Ici nous bornons notre analyse , et si Tqp veut entrer
dans les détails d'une si vaste administration , c'est dans
l'ouvrage même qu'ils doivent être recueillis.
Roux DE ROCHBLLB.
NoTB de M» DE La R<K2Vettb sur les travaux de la
Société des Antiquaires du Nord.
La Société royale des Antiquaires du Nord , établie
à Copenhague, continue de mettre dansées travaux une
activité vraiment exemplaire. Ce n'est point au Dane*
mark proprement dit • ni k ses colonies d'Islande et du
Groenland que cette {Société borne ses investigations ;
e)le va puiser des matériaux non 8|9|ilement en Norvège
et en Suède , pays unis jadis au panemark sous un
môme sceptre, mais elle étend même ses recherches en
France • en Russie , dans les autres contrées de l'Eu-
ropei etjusque dans le nouveau monde» od pénétrèrent
aociennement les Scandinaves. Partout elle envoie des
observateurs et met à contribution les correspondants
qu'elle a nommés oo qui se sont offerts à elle dans
les diverses parties du globe ; et ces correspondants
méritent justement ce titre par les nombreuses et utiles
informations qu'ils lui transmettent , bonheur que bien
d'autres sociétés savantes ne partagent pas. Un extrait
do compte rendu de la dernière séance générale de
l'année i84i donne une idée df^ l'étendue de ses tra-
vaux. Pendant le cours de cette année les biblio-!
fhèqoes de Stockholm et de l'Université d'Upsal
ont été visitées par deux membres de h Société ,
( SOS )
MM. SiverUenet Paulseo^ et ils sont pai*venus, en sui*-
vant ses intruclioDs » à faire , dans ces deux dépôts si
riches en manuscrits dans l'ancienne langue du Nord,
une ample moisson de documents inédits relatifs à
l'histoire et à la littérature de la Scandinavie. Pendant
un voyage exécuté en Islande, Tété dernier, M. Jona&
Hallgrimson , voyageur naturaliste, a recueilli des ren-
seignements précieux sur Tancienne géographie de
cette lie célèbre. Son journal sera publié à Copen-
hague avec les copies figurées de plusieurs inscriptions
remarquables en caractères runiques , dont plusieurs
n'étaient point encore connues. Elles serviront à éclair-
cir quelques passages du Landnama , ainsi que la to-
pographie de l'Islande, à l'époque où cet ouvrage fut
composé» et elles peuvent être considérées comme un
supplément aux informations déjà données & ce sujet
par le pasteur Helgason.
M. Jôrgensen, établi au Groenland en qualité de mis-
sionnaire, avait déjà, sur l'invitation de la Société,
commencé en i S^o, dans le district de Jolianehaab, des
recherches sur les environs du golfe de Tunnudliarbik,
qui a obtenu une importance particulière par la dé-
couverte des ruines d'une ancienne église, près de RakS"
tarsuky établissement situé sur les bords N.-O. de ce
golfe » et qui est restée jusqu'ici inconnue. Il a continué
en i84i ses explorations dans la même contrée qu'il a
décrite avec soin; sa relation, adressée à la Société » est
accompagnée dune carte topographique et de dessins
représentant les plus intéressantes ruines de plusieurs
édifices construits par les premiers colons Scandinaves.
Profitant du séjour fait au Brésil en i84o et 18A1 par
la frégate Bellona , chargée par le gouvernement da*
nois d'une mission dans l'Amérique méridionale, H. le
pasteur Ponloppidan digne héritier d'un nom célèbre.
( «o5 )
et aumAoier de rexpéditîon , a voalii compléter les
infbrmaftions recueillies par le professeur Schûch, sa-
tant brésilien, sur une ancienne ville découverte en
1753 dans les savanes du Brésil. L'examen des inscrip*
tiens trouvées dans les ruines de cette ville faisait sup*
poser au professeur Schûcb que c'était une ancienne
colonie Scandinave ; mais on ne possédait que des in*
dieations vagues sur sa situation exacte ; car depuis la
découverte aucun voyageur ne l'avait visitée. Grâce- A
la recommandation de dom Romualdo , archevêque
da Brésil, M. Pontoppidan est parvenu & savoir que la
ville abandonnée doit être cherchée sur le côté méri-
dional de la Cerra do Cincora , et à l'ouest du Brazo
do Cincora» dans la partie méridionale de la pro-
vince de Bahia. C'est dans le rapport d'un )euDe
chanoine, dom Benigno Jozé de Carvalho e Cunha, en*
voyé sur les lieux par l'Institut historique et géogra-
phique de Rio-Janeiro , que le pasteur Pontoppidan a
puisé ses informations, et le secrétaire de cet Institut
a annoncé depuis que ce corps savant a adressé au
gouvernement un mémoire , pour demander que les
ruines de la ville découverte fussent explorées , et qu'il
espère que sa requête sera agréée.
Parmi les dons offerts ou communiqués à la Société
des antiquaires nous citerons :
— Plusieurs anneaux en or de différentes grandeurs
tfi^pf és^ dans les champs de l'île de Fiooie et des lies
de Falster et de Séelande ;
^ Des pincettes en argent venant du Chili , sem-
blables aux pincettes en bronze qu'on trouve, fréquem-
ment dans les urnes placées dans les lombelles du
Nord : offert par II. Krôyer, naturaliste de /n Bellona;
— Des urnes en argile et plusieurs instruments en
bronze, probablement d'origine slave , que le profes-
( «o4 )
seur 2yp&er de Neusobl a trouvés dans la Hongrie sep-
teotriooaie > remarquables par leur ressemblance a?ec
les mêmes objets découverts en Scandinavie. Ces objets
sont accompagnés d'une notice historique explicative
qui sera insérée dans les annales de la Société;
— Plusieurs armes et des ustensiles en pierre des
sauvages de TAmérique méridionale , entre autres des
haches de diverses formel, grandeurs et matières, dus
nu docteur Lund , établi à Lagoa-Santa dans le Brésil t
— Cinq vases antiques péruviens, très remarqua-
bles par leurs formes , par leur travail , par les pein»
tures qui les couvrent . etc. Ces vases , apportés par le
pasteur Pontoppidan , sont dans la belle collection de
vases du roi , ainsi que la représentation d'un oiseau
en argile, et une tète d'oiseau en bronze trouvée dans
une lombelle du district de Lima;
— Un arc indien avec six flèches, trouvés en Cali-
fornie par M. Pontoppidan ; les pointes en forme de
cœur, faites en partie en obsidienne noire et verdfttre
et en partie en cristal de roche, offrent une ressem-
blance frappante avec les pointes de flèches en silex
des tombelles de la Scandinavie; une scie en bois, bor-
dée de chaque côté de dents de chien de mer, parfai-
tement semblable à celles qu'on a reçues depuis peu
du Groenland ;
— Description avec trois cartes des environs de
Kolding, où l'on a trouvé dans une tombeile un diadème
en or sur lequel pn lit en caractères runiques anglo-
saxons : Lud 6 y c'est-à-dire, d'après la traduction de
M. le professeur Rafn : Cet ornement appartient â
Lodver (i).
f i) 1i« Saga d*Hervarar fan en effet mention d'un héros Scandinave
appelé Lôdver (Ludvig ] qui a péri dan.<( une grande bataille donnée
prè^ de Rolding, et cpii a été ènseveK sur le lieu où le combat fut livré.
( 905 )
Parmi les membres nouveUemenl admis on remar-
que le prince royal des Pays-Bas p le comte de Moges,
gooremeur de la Martinique . l'évêque de Maragnan ,
un parsy de Bombay, le savant Massakjee-Cursetjee, le
colonel Theil à Téhéran , le professeur Vanegas à
Buénoa^Ayres, etc.
SouvaxfiBS DB lOXKQtLtparM. le baron d'Hombbbs-Fibmas «
correspondant de l'Institut.
J'avais éprouvé, comme tant d'autres voyageurs»
combien sont au-dessous de la réalité les idées qu'on
se fait de l'immensité de l'Océan , de la hauteur des
Alpes et des Pyrénées, avant de les connaître. Lorsque
)'ai parcouru la mer de glace , quand )'ai admiré des
fleuves se précipitant du haut d'un rocher , quand j'ai
pénétré dans les entrailles de la terre» ces grandes scènes
de la nature étonnaient mon imagination , quoique
parfaitement décrites et représentées dans d'excellents
ouvrages : il en a été de même du Vésuve ; sa vue a
surpassé mon attente» bien que son histoire, sa for-
mation , ses produits me fussent déjà connus.
Je n'ai pas la prétention d'avoir fait des observations
nouvelles sur cette montagne célèbre , j'ai voulu gar*
der un souvenir de mon ascension et tracer mon iti«
aéraire à des amis qui doivent faire le même voyage.
Nous partîmes par le chemin de fer de CastellamarOf
qui dans un quart d'heure nous amena à Résina. Nous
visitâmes Herculanum , enseveli sous ce village. Nous
parcourûmes une longue rue pavée avec des trottoirs et
des rigoles poor l'écoulement des eaux , bordée de
maisons, et dans plusieurs dés appartements peints »
( ao6 )
frasque, des pavés en mosaïque ; nous Timea un temple
entouré de colonnes « des bains, des puits , des fours»
quelques tables et quelques ustensiles de ménage,
laissés en place . lorsqu'on emporta les meubles et une
foule d'objets de prix au musée de Naples.
Dans une maison de Résina on descend par un grand
escalier jusqu'à l'ancien théâtre d'Herculanum, dont
Tenceinle, les corridors, une partie des gradins , des
loges et la scène sont déblayés. Un paysan du pays,
en creusant un puits , avait trouvé des statues de bronze
et de marbre. Ce fut l'origine de la découverte des
villes enfouies depuis l'an 79 de l'ère chrétienne. Le
prince qui en devint le maître ordonna les premières
fouilles de ce quartier; ce fut par ce puits qu'on agran*^
dit, ou par l'escalier dont j'ai parlé, qu'on retira tant
de marbres précieux qui décoraient ce théâtre, les
nombreuses statues transportées â Naples, et entre
autres les deux statues équestres de Balbus père et de
son fils, qui étaient à droite et à gauche de l'avant-
scène.
On n'a pas continué ces fouilles, parce qu'il faut
arrivera une grande profondeur, dans une lave fort
dure , et qu'il faut indemniser chèrement les proprié-
taires des maisons bâties au-dessus ; tandis qu'à Pom-
péi ce ne sont que des scories, des laves friables ou des
cendres qui ensevelissent cette ville.
Les environs de Résina sont peuplés, et les vieilles
laves ont une fécondité prodigieuse. On y remarque
des vUla avec des jardins plantés de fleurs, d'orangers,
de figuiers, de mûriers et d'autres arbres, et surtout
des vignes vigoureuses, jusqu'à moitié de la montagne ;
c'est de cette Urre de feu, pour me servir de l'expres-
sion vulgaire , que provient le lacrjma chrùti.
( «05 )
Les Ia?es des éruptions plus récentes, dont nos
guides nous disaient les dates» ont coulé sur plu-
sieurs de ces vignes, et celle de i834> une des plus
considérables y recouvrit en même temps plus de cent
maisons. Les vignes amendées par les cendres du vol-
can n'en sont que plus fertiles, et les habitants de
ces contrées jouissent du présent, et semblent ou-
blier ou méconnaître les catastrophes terribles qui ont
anéanti leurs ancêtres , et qui men^icent toujours leur
génération. Les cultures cessent vers Termitage de Sofi
Sahator, où Ton fait halte; au-dessus on trouve encore
des châtaigniers sauvages, des genêts et quelques autres
arbrisseaui; toute végétation disparaît peu après : on
est tout'à-fait dans les laves, et l'on se croirait au mi-
lieu d'un désert affreux, si, en tournant la tête , on ne
découvrait la délicieuse Naples, et ses environs plus
enchanteurs, depuis le cap de Misène et les lies dis-
chia et de Procida, jusqu'à Sorente et à l'Ile de Capri.
Les derniers végétaux que j'ai observés en montant
sont Yartemisia variabilis et le medicago maritima ^
d'autant plus rems(rquables qu'ils font exception aux
règles de la géographie botanique , puisqu'ils se plai-
sent également à ces hauteurs et dans les plaines au
bord de la mer.
A 200 mètres de l'ermitage , on laisse les montures
sous la garde de l'un des guides. J'escaladai la mon-
tagne comme mes compagnons , tous plus jeunes que
moi, mais ce ne fut pas sans fatigue. La marche est fort
pénible sur ces laves fracturées , anguleuses, qui sou-
vent tournent et roulent sous les pieds. Quant j'arri-
vai sur le bord du cratère , j'étais épuisé et trempé de
soeur; mais ainsi que je l'avais éprouvé dans les hautes
montagnes ) je fus vite délassé par le plaisir d'avoir
( *iois )
nlleint le but, et si Ton veut par la plus grande légè-
reté de l'air. La chaleur du sol, la vapeur sulfureuse
et la fumée qui sortait de plusieurs crevasses, et celle
qui s'élevait en tourbillonnant du fond du volcan» noua
incommodaient un peu ; mais par compensation elles
séchèrent bien vite nos vêtements, et nous préservèrent
des mauvais effets que nous eussions éprouvés à la
même élévation , dans une atmosphère plus pure et
plus fraîche.
On ne peut guère s'arrêter sur les bords de ce gouffre;
nous en fimes le (our, du côté que le vent préservait
de la fumée sulfureuse. Les hommes qui nous acconà;
pagnaient avaient apporté des œufs, quelques fruits
et du pain ; ce petit repas nous parut ici bien meilleur :
les œufs furent cuits dans les cendres des scories. On y
enfonça un bâton qui s'alluma dans un instant; quel*
ques instruments en acier noircirent ou furent bron>
£és par l'effet des vapeurs qui nous environnaient.
J'avais lu jadis qu'un curieux était descendu dans
le Vésuve jusqu'au bain de lave bouillante, et d'après
l'idée que je m'étais formée d'un volcan, je pensais
qu'il avait été plus que téméraire. Je viens de me con-
vaincre du contraire ; la pente est moins inclinée in-
térieurement qu'^ l'extérieur du cône : en choisissant
le côté le plus favorable , il n'y a aucun danger, h
moins que le vent ne change la direction de la fumée.
Je descendis quelques pas afin d'apercevoir le feu , et
si la journée eût été moins avancée, j'aurais eu le temp^
d'arriver au fond.
La forme et la hauteur du cône du Vésuve changent
é chaque éruption* Avant celle de 1 854 » su lieu de
l'immense entonnoir dont nous avons suivi les bords ,
le cône s'élevait beaucoup plus, et son ouverture était
( «09 )
plus élroiie. Avaut 1899, il y avait sur l'un des côtés
une espèce de voûte sur laquelle on pouvait s'avancer
et regarder presque dans l'aie du volcan ; plus tard les
bords du cratère étaient fort aigus, aujourd'hui leur
évasemenl est assez large pour qu'on puisse y circuler
facilement.
La descente du Vésuve se fait du côté du rO.*S. 0.,
dans une sorte de ravin de cendres très incliné , où
l'on glisse plutôt qu'on ne marche; les pieds ne s'ar-
rêtent pas sur des points fixes; à chaque pas le sol
s'éboule; on descend d'un mètre ou deux» souvent
davantage. Mais cette cendrée ne s'étend que sur une
portion du cône ; on se trouve arrêté plus bas par des
scories et des laves fracturées, à travers lesquelles on
descend avec précaution jusqu'à l'endroit où* attendent
les montures , et bientôt on arrive à l'ermitage.
Je dois faire mention ici d'un observatoire que l'on
coDstrait à San Salvator, dont aucune relation n'a en-
core parlé, parce qu'il esta peine commencé. Il a fallu
avant de bâtir se procurer l'eau nécessaire , et l'on a
creusé l'année dernière une vaste citerne devant l'er-
mitage. Aujourd'hui plusieurs ouvriers élèvent le bâ-
timent qui sera meublé d'instruments de physique ,
d'un laboratoire de chimie ; et une commission de sa-
vants, sous la direction de H. Melloni , associé de l'Ins-
titut de France • ira s'y établir dans le temps des érup-
tions, pour étudier sous tous leurs rapports le volcan,
les laves et les modifications atmosphériques.
Nous nous pressâmes de remonter à cheval. La pente
à laquelle nous avions fait moins d'attention en mon-
tant est extrêmement, rapide et rocailleuse; il fallait
être harassés comme nous l'étions pour ne pas des-
cendre à pied. Arrivés à Portici, les derniers convois
XVII. MAàs. 4- i4
( «>o )
du diemin de fer étaient partis; nous primes des toi-
tures pour nous rendre à N aptes.
Nous aurions bien souhaité, pendant notre séjour
dans cette vi]le , jouir du spectacle d'une petite érup-
tion, que je me figure très en miniature par la cou-
lée de nos hauts fourneaux. Bientôt j*espère en avoir
une autre iroa[2;e en allant en Sicile. Le volcan du
Stromholi est presque continuellement enflammé, et
sort, dit-on, de phare pour ce voyage.
La Sicile fut séparée de Titalie pnr une révolution
du globe, d'après Pline , Strahon et Dibdore. Sparllan-
zoni et quelques géologues modernes partagent celle
opinion , et il en est même qui suppos?*nt qu'une nou
velle catastrophe pourrait encore les réunir. En at-
tendant je vais m'embarquer pour Messine; si la sai-
son trop avancée ne me permet pas de gravir TEtna
couvert de neiges , je connaUrai du moins Palerme ,
Syracuse, Catane. ie suis venu trop près de cette
ferre du soleil fit fies cyclopes, comme Tappelle Homère,
pour ne pas désirer de visiter un pays célèbre dans
l'antiquité et dans les temps modernes.
M. l'abbé Monticelli, secrétaire perpétuel de l'Aca-
démie royale de Naples, a formé un musée particu'
lier dei produits du Vésuve, qui . de Tavis de tous les
minéralogistes, sont plus nombreux que dans toutes les
autres contrées pliitoniennes. M. Monticelli en a pu-
blié le catalogue, et a lui-même découvert plusieurs
substances qu'il a dédiées à MM. de Humboldt, Davy,
Christian, Biot, Bendant, etc.
Plus récemment, M. le docteur Semola, delà même
Académie royale, a reconnu et décrit nn oxide decuivre
lamelleux, auquel il a donné le nom du professeur Te-
nore , son ami. rFe ferai connaître dans une autre oc-
( »11 )
casioD son mémoire, qu'il m'a donné avec des échan-
(liions de sa ténorite.
Je dois ajouter que M. Pilla , professeur de géologie
àNaples, a formé également une riche collection des
mioéraux du Vésuve et de la Somma : il nous promet
incessamment de nouveaux renseignements sur la for--
mation , la liaison de ces deux montagnes et la des-
cription de certaines substances encore inconnues,
rejetées par la première, ou découvertes entre les cou-
ches de la seconde. Quelques faits dont nous nous
sommes entretenus, et qu'il m'a autorisé à publier,
paraîtront, je crois , aussi curieux que neufs.
H. Pilla , qui est monté plusieurs fois sur le Vé-
suve, s*y est trouvé un jour, au moment même d'une
éruption, au bord du fleuve de feu qui en découlait, de
la gerbe de flamme , de fumée et de pierres calcinées
qu'il lançait et an milieu de l'atmosphère électrique et
desécllitsde foudre, bien plus à craindre pour lui que la
grêle de scories et de pierres qui le menaçait. M. Pilla a
obsei*vé plusieurs coulées de lave. Lorsqu'un obstacle
Tarrète» la lave s'élève^ s'amoncelle contre lui^ le ren-
verse par son poids, ou le dépasse et le recouvre pour
continaer son cours.
Le même savant a reconnu que la surface de la lave
se refroidit assez promptemenl : la matière qui conti-
nue de couler soulève cette croûte , qui se fendille né-
cessairement , et dont les débris roulent avec fracas,
mêlés de pierres calcinées et de scories lancées par
l'éruption. Les coulées sont plus ou moins abondantes,
se précipitent si elles s'ouvrent une issue dans les
pentes supérieures de la montagne , et marchent en-
suite plus vite ou plus lentement, suivant l'inclinaison
du sol» leur masse, leur chaleur ou leur fluidité.
( «i» )
La lave se renfle, forme des ondées; et quoiqu'elle
ait une grande ténacité, il s'y fait comme des bour-
souflures, des jets qui se tordent et semblent palmés.
Avec un bâton, on en détourne un filet, qu'on reçoit
dans un moule. Les coulées de lavecbarrient, comme je
l'ai dii , une croûte pierreuse, quelquefois fort épaisse»
qui est un mauvais conducteur du calorique. Le pro-
fesseur Pilla eut le courage d'y monter et de se laisser
aller assez loin sur ce fleuve volcanique , malgré
la pluie de cendres et de pierres qu'il évitait de son
mieux ; c'est le premier et le seul homme peut-être qui
ait tenté une telle navigation.
NapleSyle 98 iH-tobre 1841.
ExTBAiT cTun ouvrage sur la chronologie historique des
Etats-Unis d* Amérique,
L'Art de vérifier les dates, ce grand el bon ouvrage,
commencé par les religieux de la congrégation de
Saint-Maur, embrassait, lorsqull parut, toutes les
époques de l'histoire; mais le temps préparait d'antres
événements ; il amenait de nouvelles nations sar la
scène du monde : l'Amérique allait changer de desti-
née , et ce vaste continent, placé dans la dépendance
de quelques nations européennes, s'affranchissait de
cette domination, et se divisait en plusieurs puissances,
dont chacune devait avoir des historiens. Le soin d'en
retracer les annales et d'en suivre la chronologie histo-
rique a été confié à M. Warden, ancien consaUgénéral
( ««3 )
des Ëlals-DDis en France. Déjà il a fait paraître 8 vo-
lumes de cette publication. Celui que l'on annonce
aajourd^hui renferme un grand nombre de notions très
instructives sur la Louisiane , avant l'époque de sa
cession aux États-Unis» et sur la Virginie • le Massa-
chusetts et le Maine, jusqu'au temps où l'indépendance
de la confédération fut proclamée , et où chacun de
ces États eut une constitution particulière.
L'auteur a placé, en tète de son ouvrage, un ta-
bleau comparatif de la population des États-Unis , et
de la rapidité de ses progrès. Elle était en 1790 de
4 millions drames ; elle en avait 1 3 millions en 1 85o ;
et le dernier recensement, commencé en 1840 «nous
apprend qu'elle s'élève aujourd'hui à 17 millions d'ha-
bitants.
M. Warden ouvre les Annales historiques delà Loui-
siane par une description sommaire des nombreuses
tribus qui partageaient entre elles ce territoire avant
l'arrivée des Européens , et il indique les différentes
régions où elles se trouvaient placées.
La Floride, les rives de l'Atlantique, le Canada, étaient
déjà occupés par les colonies de l'Espagne , de l'Angle-
terre ou de la France , lorsque le Père Marquette, mis-
sionnaire p et Joliet , marchand de Québec , découvri-
rent le pays des Illinois et le Mississipi : le Père Hen-
nepin, Tonti et Cavelier de la Sale firent d'autres
voyages pour continuer cette exploration.
La Sale , qui avait descendu le fleuve jusqu'à son
embouchure , et qui était venu rendre compte de ses
découvertes au gouvernement français, fut chargé, en
1684» de retourner par mer sur les côtes qu'il avait re-
connues et d'y former un établissement. L'escadre
qu'il montait avec les hommes attachés à son expé-
diiion fit ¥oile ?ers le golfe du Mexique, dépassa les
parages qu'elle cherchait, et alla mouiller i rorcideol,
dans la baie de Saint-Beroard. La Sale fit dans l'in-
térieur du pays de nombreuses découvertes , dont une
mort tragique vint interrompre le cours. D'autres
voyages furent successivement entrepris par La lion*
tan • vers le hautMississipi et la rivière de Saint-Pierre;
par Le Sueur , chez les Illinois ; par Iberville , qui
fonda en 170a la colonie de la Mobile, reconnut ren-
trée du Mississipi, et forma sur ses bords un premier
établissement.
Crozat obtint en 171 s la cession du monopole de
la Louisiane : son privilège fut transféré en 1747 à la
Compagnie d'Occident, que Law avait créée, et la fon-
dation de la Nouvelle-Orléans fut commencée parBieo-
ville • frère d'Iberville , et associé à ses grandes entre*
prises. Les guerres de la colonie contre les Nalchez,
les Chikasas et d'autres peuplades indiennes sont rap-
pelées par &L Warden; et il décrit les vicissitudes que
subit le gouvernement de la Louisiane • depuis l'année
1 731 , époque où la Compagnie d'Occident abandonna
tous ses droits au gouvernement, jusqu'à l'année 176s,
où la France fit i l'Espagne la cession de cette colonie.
Les annales du pays sont continuées jusqu'à l'année
1800 : alors la Louisiane fut rétrocédée à la France
par un traité; mais la prise de possession en fut ajour-
née , et l'auteur rappelle les diflférents motifs qui por-
tèrent l'empereur Napoléon à faire en i8o3 la cession
de ce territoire aux États-Unis. Cette perte fut vive-
ment sensible à un grand nombre de Français, dont
les vœux et les regrets ne purent prévenir une telle dé-
termination. La précieuse acquisition que les Étals-
Unis venaient de faire leur fut effectivement remise le
( ««s )
So octobre de la même année. Le congrès partagea la
Louisiane en deux territoires; celui où la Nouvelle*
Orléans était placée fut admis en i8o4 au nombre des
Étals da l'Union , et sa constitution fut rédigée et sanc-
tionnée en 181 9.
La Virginie , dont H. Warden fait succéder le précis
historique à celui de la Louisiane , avait été reconnue
en i584 parles capitaines Hamidas elBarlow, que
Walter-Ralegb avait chargés d'une expédition pour le
Nouveau-Monde : Richard Greenville vint, Tannée
suivante « former dans Tlle de Roanoke un premier
établissement. D'autres voyages furent entrepris dans
le même but , et ces expéditions passagères amenèrent
en 1607 la fondation d'une colonie sur les bords du
JameS'Ritfer. On doit les premiers progrès de la Virgi-
nie au capitaine Smith, dont la vie aventureuse et les
glorieux services ont été rappelés dans notre histoire
des États-Unis.
L'administration de la colonie , ses rapports avec les
Indiens , l'accroissement de sa prospérité • sous le gou-
vernement de lord Delaware, de Francis Wiatt, de
Berkeley, son commerce, ses productions, au nombre
desquelles on doit citer le tabac, dont l'usage se ré-
pandit promptement en Angleterre , et de là dans l'Eu-
rope entière, sont retracés dans l'ouvrage deM. Warden.
Ce fut sur les frontières occidentales de la Virginie
que commencèrent en 1754 les hostilités entre la
France et l'Angleterre. L'auteur rappelle ensuite la
part que prirent les habitants au soulèvement des co-
lonies anglaises contre leur métropole , et aux mémo-
rables événements de la guerre qui amena leur indé-
pendance.
Les annales du Massachusetts forment la troisième
l »6)
section de cet ouvrage. L'auteur indique d'abord,
comme il l'avait fait pour la Virginie , les principales
nations indiennes qui occupaient ce territoire; il passe
ensuite aux expéditions de Cabot, qui découvrit en
1497 rile de Terre-Neuve et une parlie du continent
voisin ; à celles de Humphrey Gilbert en i583, de Leig,
de Barthélémy Gosoold et de quelques autres explora-
teurs. Cette colonie naissante reçut bientôt d'Europe
un grand nombre d'habitants ; Salem , Boston , Char-
lestown , Cambridge, d'autres villes furent fondées et
s'agrandirent rapidement; les dissidents, persécutés en
Angleterre pour leurs opinions religieuses, ckerctié-
i^nt un asile dans le Massachusetts, et dîfférenleschartes
furent tour à tour accordées, retirées ou modifiées par
le gouvernement de la métropole. Les cinq colonies de
la Nouvelle-Angleterre prirent en i643 le parti de se
confédérer, et de se promettre de mutuels secours dans
leurs guerres contre les Indiens, et dans celles qu'elles
auraient à soutenir contre les colonies françaises; elles
obtinrent après la mort funeste de Charles V la pro-
tection de Cromwell, et leurs privilèges furent ensuite
confirmés sous le règne de Charles II.
Celte colonie fut souvent en guerre avec les Indiens,
surtout avec les Péquods,lesNarragansets, les Abéna-
quis; elle prit une grande part aux opérations de la
guerre de 1755 , à la suite de laquelle l'Angleterre ac-
quit, par le traité de 1763 , toutes les régions situées
au nord du fleuve Saint Laurent et à l'est du Mississîpi.
Les premiers actes de l'i insurrection des colonies
anglaises éclatèrent à Boston dans l'assemblée du Mas-
sachusetts : on y demanda la formation d'un congrès
général, et la session en fut ouverte à Philadelphie.
En passant à la description de l'État du Maine, Tau-
( «"7 )
leur indique, suivant son plan habituel, les tribus
indiennes qui vivaient dans celte contrée, où Gosnold
et Pring abordèrent successivement en 1602 et i6o5, et
les explorations faites sur les mêmes côtes par de
Monts, et par Champlain, qui alla former un établisse-
ment au Canada.
Le gouvernement du Maine, organisé en i656 par
Willianà Gorge, Tut réuni en i65tf'à celui du Massa-
chusetts. Le Maine n'avait pas alors 90 mille habitants,
dispersés sur un vaste territoire ; et ce petit nombre ne
lui donnait pas assez de consistance pour qu'il pût
se soutenir seul contre les fréquentes attaques des
Indiens; mais en iSso, époque où il fut séparé du
Massachusetts pour former un État particulier, sa po-
pulation était déjà de 3oo mille âmes. Cette partie de
l'ouvrage de M. Warden est remarquable par les docu-
ments qu'elle renferme sur les régions voisines des
limites du nord -est, et sur les établissements foimés
près de la rivière de Sainte-Croix, qui se jette dans la
baie de Fundy.
M. Warden aura bien mérité de son pays par l'ou-
vrage qu'il vient de publier : personne n'était plus è
portée d'être bien informé et de recourir aux docu-
ments originaux; il inspire d'ailleurs de la confiance
par sa sincérité et par le bon esprit qui l'anime dans
tous ses travaux. R.-R.
Atl4S maritime prussien (Preussen's see Atlas).
Le ministre du commerce du royaume de Prusse
a entrepris la publication d'un Atlas maritime qui
( «>8)
doit se composer de deux cartes générales à Téchelle
de 7?«\**t de 7 cartes particulières, qui furmeroot en
tout 30 feuilles à une échelle de tt.'.ts ; et enfin d'une
série de vues des côtes, avec la description des phares.
Déjà cette dernière partie, qui contient aussi l'histo-
rique de ce travail, a été publiée en 1841 sous la forme
d'un petit atlas in-4'' oblong, composé de 10 pages de
.text€» d'un tableau descriptif des phares avec une
planche qui donne la vue de tous ces bâtiments, d'un
tableau d'assemblage pour la série des cartes, et de 14
planches de vues.
En outre, les deux cartes générales, ainsi que la
5« carte particulière, ont aussi été publiées ; cette der-
nière divisée en 4 feuilles donne toute la baie deDant-
xig, depuis le cap Brusterorl jusqu'au cap Rixboft.
Les opérations trigonométriques et topographiques,
exécutées depuis i833 jusqu'en iSSg par l'étatpmajor
général, ont servi de base à la reconnaissance hydro-
graphique des côtes. On trouve dans le texte du petit
atlas déj^ publié les détails de tous les soins qui ont été
pris pour rendre le travail des sondes aussi exact
que possible : celles qui ont été prises auprès de la
côte ont été déterminées au moyen d'angles observés
sur des objets terrestres; celles du large ont élé fixées
en latitude par des observations de hauteurs du soleil ,
et en longitude parle moyen de plusieurs chronomètres
réglés sur les positions les plus voisines. Enfin la dé-
clinaison de l'aiguille aimantée a été observée sur un
grand nombre de points, au moyen de deux excellentes
boussoles. Nous remarquerons que sur les cartes déjà
publiées de cet atlas les roses de vent sont tracées sur
le nord du compas et non pas sur le nord du monde ;
ce systèine est suivi aussi sur les cartes marines pu-
( 3'9 )
bliées par le bureau hydrographique de Copenhague ;
enoulre les profondeurs sont données en mesures an-
glaises et de deux manières* au-dessus de 3 brasses
en brasses de 6 pieds . et au-dessous de celle pro-
fondeur en pieds. Nous ajouterons que la sépa-
ration entre ces deux natures de sonde est tracée
par une ligne de points, triple et assez distincte pour
qu'il ne puisse y avoir d'incertitude. Lorsque des
écueils ou dangers isolés ont présenté une profondeur
assez petite pour devoir être exprimée en pieds , on
y a ajouté le mot pieds en toutes lettres. P. D.
Voici le tableau descriptif des phares.
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( «2» )
DEUXIEME SECTION^
Actes de la Société.
EXTRAIT DES PROCÈS-YERBAUX DES SÉANCES.
PRisIDRlfCB DE M. l'aMIBAL DUMONT d'oIIVILLB.
Séance du 4 mars 1 84s.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
M. Jomard fait observer^ au sujet de la présentation
de l'atlas de M. le vicomte de Santarem, mentionnée
au procès-verbal , quHl s'occupe aussi depuis plusieurs
années de former une collection de cartes du moyen-
âge pour en faire l'objet d'une publication, et qu'il
croit nécessaire de présenter dès aujourd'hui cette ob-
servation, afin qu'en publiant plus tard de son côté
des monuments que M. de Santarem a aussi fait entrer
dans son travail, il ne puisse encourir aucune accusa-
tion de plagiat.
M. de Santarem répond que loin de contester à
M. Jomard la priorité de ses projets de publication , il
a mentionné lui-même, dans la préface du volume des-
tiné à accompagner son atlas , les travaux que pré-
pare sont savant collègue.
M. Jomard déclare qu'il se trouve complélement sa-
tisfait de cette explication.
( 22« ;
M. d'Avezac ajoute qu'il avait conçu lui-même, il y
a quelques années, un projet semblable; mais qu'il
avait cru (devoir y renoncer, par déférence pour les vues
de M. Jomard, quand celui-ci lui eut fait connaître son
dessein de réunir en un seul corps une série des cartes
les plus remarquables du moyen-âge.
M. le Dr Kriegk, membre de la Société de géogra-
phie de Francfort , écrit à la Commission centrale
pour la remercier du titre de correspondant éiranger
qui lui a élé décerné dans une des dernières séances.
M. le ministre de la guerre adresse a la Société un
exemplaire du tableau de la situation des établisse-
ments français dans TAIgérie en iS^o, publié par son
déparlement. La Commission centrale vote des remer-
ciements à H. le ministre , et prie M. Roux de Rochelle
de rendre compte de cet ouvrage.
M. Jomard informe la Commission centrale de la
perle qu'elle vient de faire de M. le baron Costaz, un
de ses membres les plus distingués. Sur la demande
de M. le président, M. Jomard se charge de lire à la
prochaine assemblée générale une notice biographi-
que sur ce savant, recommandable à tant de litres.
M. Roux de Rochelle communique nne lettre de
M. du Ponceau , président de la Société philosophi-
que américaine de Philadelphie. M. du Ponceau re-
mercie la Commission centrale de l'envoi de ses intéres-
sants Bulletins » et annonce la mort de M. Yaughan ,
bibliothécaire de la même Société, auquel la Commis-
sion doit plusieurs communications utiles.
M. Barbie du Bocage annonce à la Société la pré-
sence de M. Georges Sumner, voyageur américain,
qui, après avoir parcouru les divers États de l'Union ,
partit en i838 de Boston | our se rendre en Danemark
( "3 )
et ensuite à Saint-Pétersbourg; il trav(»rsa toute ]a
Russie d'Europe , ? isita successivement les monts Ou-
rais, la Crimée » la côte et le pays des Abazes, le Pont-
Eaxin , Constantinople, Smyrne et les lies deFarchi-
pel, d'où il se rendit dans la Syrie, qu'il parcourut en
difers sens. De Déirel-Kammar à Balbec, il suivit une
route que les voyageurs n'avaient pas encore fait con-
naître; de Balbeck il se rendit è Damas, aux sources
du Jourdain , à Jérusalem , à fieyrout , puis en Egypte
et en Nubie, d'où il revint s'embarquer A Alexandrie
pour se rendre en Grèce; de là il passa aux Iles Ion-
nienneset en Italie^ pour remonter dans l'Europe cen«
traie et visiter l'Autriche, la Hongrie, la Transylvanie
et plusieurs contrées de l'Allemagne. M. Suraner, dans
le cours de ses longs voyages, s'est rois en relation
avec plusieurs savants qui ont apprécié ses travaux» re-
latifs surtout à la statistique et à la géographie.
La Commission centrale adresse des félicitations à
M. Sumner, et M. le président l'invite à vouloir bien
communiquer à la Société une Notice des nombreux
documents qu'il a recueillis dans ses voyages.
M. Barbie du Bocage communique des renseigne-
ments tnpographiques sur Tiàthme de Panama, et
sur les moyens de transport qui y sont offerts aux
voyageurs. Ces renseignements, extraits d'une lettre
qu'il a Toçue de M. Lemoioe , consul-général de France
en Bolivie , sont renvoyés au comité du Bulletin.
Le même membre annonce le départ de M. Soulange
Bodin , élève vice-consul de France à Smyrne , et il
prie la Commission centrale de lui adresser une série
de questions.
M. d'Avezac donne lecture d'un Mémoire qui lui a
été remis par M. R. Thomassy, sur les travaux géogra-
( 224)
phiqucft de Guillaume Pilastre , nolanmieDt âur les
annotations mises par le savant cardinal à un manus-
crit de la géographie de Ptolémée, conservé à Nancy,
et déjà connu par l'intéressante Notice de M. Blau , qui
a publié une curieuse carte du Nord » renfermée dans
ce manuscrit.
La Commission centrale nomme au scrutin une Com-
mission spéciale composée de MM. Eyriès, Jomard et
Roux de Rochelle pour s'occuper du concours relatif
au prix proposé par S. A. R. H*' le duc d'Orléans, en
faveur du navigateur ou du voyageur dont les travaux au»
ront procuré à la France la découverte la plus utile à
l'agriculture, à l'industrie ou à l'humanité.
( La suite des séances et des ouvrages offerts au numéro prochain. )
BULLETIN
DE LA
SOCIETE DE GEOGRAPHIE.
AVRIL 1842.
PREMIERE SECTIO]^.
MÉMOIRES, EXTRAITS, ANALYSKS ET RAPPORTS.
Des EivikRES naifigMes et flottables de V empire
de Russie,
Pendant ses longs voyages au nord et au midi de l'Europe de-
puis fSi5 jasquen i8i5, M, Cocbelet, qui dirigeait alors nne
vaste entreprise industrielle et ^oipmerciale , se. livra à nne étnde
approfondie des voies de communication par eau , U<'s divers
pays qo'îl par(t>urut , afin de fat:iliter le commerce d'échanges.
£11 Russie, oa lui remit, sur tes rivières navigables et flottablca
de ce vaste empire, un travail dont ou lui a garanti Texactitude,
Malgré son ancienneté, et comme il appartient à fa géographie
physique , M* Cochelet a pensé qu'il pourrait être consulté uli«
ieiiieijt. Il a donc cru devoir l'insérer dans le Bulletin delà
Société de géographie dont la direction lui a été confiée , en ob-
servant toutefois que dans l'état actuel de l'impulsion donnée
dans tous les pays aux voies de communication , il a dû être fait
certainement en Russie de nouveaux, travaux , pour rendre plus
facile la navigation des rivières.
I.
Rivières liimtit>pKes et- frbntiàres.'
La Russie étant bornée au nord et à Test par deux
océans, c'est principalement à Touest et au sud de ce
XVII. AVRIL. 1. i5
( 926 )
vaste empire que ses limites sont en partie arrosées
par des rivières.
Il y eD a de très remarquables » tant à cause de leur
grandeur que par les services qu'elles rendent au com-
merce avec les puissances étrangères.
Les rivières limitrophes au sud de l'empire sont
en général de peu d'utilité pour la navigation.
Le Pruth y qui sort des monts Carpathes dans la Bu-
covina , et qui se déctiarge dans le Danube» est jusqu'à
présent d*one faible importa nce hydrographique , de
même que les bouches dudit fleuve qui séparent la
Russie de la Turquie européenne et la Bessarabie de la
Bulgarie.
Le Dniestr descend aussi de la chaîne des monts
Carpathes et se perd dans la mer Noire. Ce fleuve est
navigable depuis Stria en Gallicie lors de la fonte des
neiges jusqu'au mois de juillet. A cette époque des
bateaux chargés de i.Soo à S^ooopouds déport, et ti-
rant de s à s i/s pieds décharge , peuvent le descendre.
On flotte du bois pendant toute la saison des eaux cou-
rantes. Jusqu'à présent la navigation ne s'est pas éton-
due au'-delà de vingt à trente bateaux par an. Ceux-ci
se rendent à Ovidiopold et Odessa. Ils remontent en
automne , à l'aide de halage à bras d'hommes.
Aucune branche latérale du Dniestr n^est navi-
gable.
La crue des eaux du printemps est de i4 à ao pieds
au-dessus des eaux de l'été.
La Fistule sort aussi des monts Carpathes; elle tra-
verse une partie de la Gallicie» du royaume de Pologne
et de la Prusse, oix çUe débouche prèa de la ville de
Dantûg dans la mer Baltique. Les habitant» du
royaume de Pologne profitent de la navigation de cette
( 2«7 )
rinère et de ses affluents pour envoyer leurs produc^
lions , el principalement leurs blés, à Varsovie , Danl-
lig et Kônîgsberg.
Le principal affluetit de la Vistule est :
Le Boug occidenial, qui sort de laGallicie, et devient
navigable depuis Ousllong près de Wladimir en XVoi-
hjnie. Il y passe jusqu'à cent soiiante embarcations par
an de i,5oo à â»ooo pouds de port et de â pieds de
profondeur.
Depuis la fin de juin jusqu'à la mi-septembre , la
rinère manque d*éau. En automne les bateaux re--
tournent,
>
Les rivières latérales du Boug sont :
La Moukhaifetz , du gouvernement de Grodna. Elle
débouche avec les eau^ du printemps quelques ba-
teaux et radeaux de bois ; le reste de Télé» elle n'ei^f
pas navigable ainsi que la Narew . du gouvernement
de Grodno, et la Bobra de la province de Bîalystok,
Le Niémen ou Memel sort du gouvernement de
Minsk , et se jette dans la Baltique près de la ville de
MemeL 11 est navigable jusqu'au mois de juillet, de-
puis l'échelle de Stoplz jusqu'à celle de Slosty» conti-
nueUemeot.. Il y pa^ae qui^tre c^nttià j^Li cepts barqaes
e| hfiteaQX de s,ooo à iS^ooo pouds de charge , et jus-
qu'à 5 pî^ds de profondeur au printemps» et % piedt
pendant l'été et l'automne. Les bateaux retournent en
automne.
Op flotte si|r le Niémen beaucoup de bois de con-
struction et quelques mâtures en radeaux; les bâti*
menks paosent au port de Memel i et la plus grande
partie à Kônigsberg par le canal de Frédéric et la ri*
vière poinvi^ laPrégel^
( 115.8 )
La crue des eaux an printemps est de lo à iS pieds
au*dessiis des eaux de l'été.
Des rivières latérales du Niémen sont navigables,
telles que :
a. La Chara^ jointe parle canal d'Oguinski aux eaux
du Dniepr. Elle n'est navigable jusqu'à présent que
jusqu'au mois de juillet. On travaille à ce qu'elle le
soit tout l'été. On y passe avec des bateaux de a,ooo
pouds de port et de *à pieds de profondeur.
h, La fVilia de sa droite est navigable avec les
hautes eaux au printemps, depuis l'échelle de Wileika
et Wilna. Elle transporte annuellement soixante à qua-
tre-vingts bateaux avec a à ^jooo pouds de charge et 3
à 4 pieds de profondeur depuis Yanof, et pendant
fout Tété.
c, La Neviega de sa droite est flottable avec les hau-
tes eaux du printemps depuis Ponewège , et navigable
pendant tout l'été depuis Keydany.
d, La Doubissa^
e, La Youria ,
J. La Meritchaïka ,
g. La Zeha ,
A. La Misitch ,
Petites rivières latérales du Niémen sur lesquelles ,
lors de la crue des eaux, quelques propriétaires rive-
Tains font descendre les bois qu'ils destinent an com-
merce.
La navigation du Niémen a lieu depuis Grodho jus-
qu'à Yourbourg en commun avec les puissances limi-
trophes.
La crue des eaux au printem)>s esrt de !8 pieds àti*
dessus de celles de l'été.
La }Vmdai^»n sort du gouvernement de Grodno , lé
( a«9 )
parcourt ain» qae celui de la Caurl£fnde» ei se jaUe.
dans la mer Baltique. On y navigoe, aju.prioleoips de-
puis Goldingen. On y remarque aussi ie^ilotlage de
quelques bois de construciioo au port de Windau.
Toutes les autres rivières de la Gourlande ne sont
pas navigables.
II.
Rivières en lt£[nes paraHèlen arec la frontière entre b Balti<)tie et l.i
mer Noire.
L Le Dniepr^ qui sort du gouvernement de Suap-
lensk» traverse celui deMogilef, dpvienlUmUe entre ceux
de Minsk, de Kief.et de Khers par^^sa rive droite « et
de ceux de Tschingof.el de Polteva par sa rive gauche ,
parcourt ensuite le gouvernement de.CatheiinoJilavv .
et forme ensuite à son embouchure dans la mer Noire
un golfe appelé Liman, en séparant le gouvernement
de Kherson de celui de Tauride.
Le Dniepr est navigable depuis Dorogoboucke » lors
des hautes eaux du printemps jusqu^à la fin de mai ;
depuis Smolensk' jusqu'à la mi*)uin^et depuis Mogilef
jusqu'à 'la mer Noire» pendant toute la saison des
eaux. Jusqu'à la fin de juin » les barques et les bateaux
peuvent naviguer ayec s à 4 pieds de charge » et pen-
dant le reste de l'été avec s pieds seulement.
Les bâtiments servante la navigation sont des. espè-
ces de barques fortes nommées baydaky et demi»bay-
dakag de 4»ooo à 10,000 pouds de pori, des domba de
i,«oo à «iSoo pouds de port, et donde, qui n'en ont
que 5on à 800.
L'activité de la navigation du Dniepr et de son bassin
( 930 )
eât d'environ sept oenls bâtiments de différeiils cali*^
bres , dont deu:^ à quatre cents descendept le fleuve
jusqu'à Kherson sans retourner, et d'autres au con*
traire depuis Kremçntchoug le remontent
Les cataractes ne permettent pas aux bàtknents de
remonter le bas Dniepr. Qn a nettoyé et approfondi
dans le lit des cataractes des canaux pour le passage
des embarcations à la grande cataracte de Nenasi-
tenskoi. On a percé un canal de dérivation à travers
du roc vif sur le côté droit du fleuve. On y a construit
deux grandes écluses à sas ; Tune et Tautre sont très
utiles. Si l'on exécute les mêmes dispositions aux au-
tres cataraptes • elles pourront être remontées avec les
embarcations.
Les hautes eaux du Dniepr sont à Smplensk ée 16
à to pieds , à Rief de so , à Krementchoùg de «o» aux
ctttoraetes de 8; au-dessous des cataraetes de 7 à is^
aux embouchures de & à 6.
Les rivières navigables latérales du Dniepr sont :
a. La Bérésina : de la droite» elle est iHivigable avec
les hautes eaux jusqu'au mois de juillet pour âne charge
des i/s pieds de profondeur depuis son embouchure
jusqu'au cariai de Jonction. Des bàtiifticats du Dni<^pr>»
les barques et demi-barques y passent Gacilement » suc^
-tout îusqu'à Bobruiss et Borissof avec phis de di^ouL-
lés jusqu'au canal de Bérésina qui forme la Aecoode
ligne de communication par eau ouverte entre le
Dniepr , la m^r Noire et la Baltique,
Le canal de Jonction a qu^ifcorse éduses à sas sur uim^
dislaîDce de 5o wersies. Il en exige encore une ou
deux sur le Sergoutche pour conserver leaeaux au point
de partage. Jusqu'à présent , il n'y a de l'eau suffisante
Que îusqu'w mois de juillet.
\ »5i )
La partie ftupériemre de la Bérédina eiige ebcore
beaucoup de travaux pour qu'elle soit navigable.
La crue des eaux au printemps est au point de par-
tage de 6 pieds; au débouché du canal de lo; à Boris-
sof de i8; à Tembouchure de la Bérésina de 9i i s4
pi^s.
b. h^Soja^ et
c. UYpont, de la gauche, navigables au printemps
pour le flottage des bois jusqu'aux environs de Mo*
tielevl et Roubeo; en été jusqu'à Tomel et Novoîe-
Hesto avec s pieds d'eau, et au printemps pour les
plus grosses barques du Dniepr.
Les inondations du Dniepr à sa pattie basse sont de
is k 96 pieds au-dessus des eaux de l'été.
d. Le Pr^te. Cette rivière est jointe par le canal
d'Oguinski à la Cbara» et fait la p*remière ligne de
communication par eau^ ouverte entre le Dniepr et
la Baltique. Elle est navigable au printemps vers la
mi-juin ju;iqu'à Pinen avec 3 ou 4 pieds de tire d'eau;
en été» elle ne l'est qu'avec 2 pieds«
Les ^bâtiments du Dniepr peuvent généralement na-
viguer sur cette rivière; on les déchargea Pinak dans
des bateaux de i»Soo à s.ooo pouds de port pour le
passage de la Yatsolda et du canal d'OguinskL Ils ne
tirent que s pieds 1 pouce d'eau. Lfi crue> des eaui^ ».
aux environs du can.al, est de 7 pieds.
Le canal est toujours navigable jusqu'à la gelé«î* Il a
dix écluses à sas sur une distance de 4& werstes» vers
son embouchure dans la Ghara. Le seul obstacle de
cette navigation existe dans la Ghara,. qui n'est n.avi-
gable que jusqu'en juillet On compte remédiei; à cet
inconvénient.
( 239 )
Aux environs de Pinsk , le Pnpeie est formé de plu-
sieurs rivières latérales :
1^ Le Gorisen avec sa rivière latérale le Slouiche. La
première est navigable au printemps iua<}u'à la mi-
juin, et l'autre jusqu'aux environs de Wolgesk pour
l'espèce de bâtiments qui passent le canal d'Oguinski,
et en été jusqu'à leur jonction. On travaille pour les
rendre navigables dans toutes les saisons.
%"" Le Stjrr^ à la droite du Pripete. Il est navigable
pour les mêmes bâtimenls jusqu'à la mi-juin.
S*' La Pina , à la gauche du Pripete , n'est naviga-
ble que pendant quinze jours du printemps par le ca-
nal du Roi , et la Moukchavitsa dans le Boug occidental.
Il a passé environ huit bateaux de la sorte marqués au
canal O^uinski.
4^ La Yatsolda de la même rive est navigable pen-
dant toute la durée de la navigation commune.
5^ La Ptitcha sur la rive gauche du fleuve apporte
beaucoup de bois, et environ huit barques des envi-
rons de Minsk.
6° VOucka sur la rive droite en fait autant des en-
virons d'Igoumène ( gouvernement de Wolhynie }.
Ces deux dernières rivières ne sont pas navigables
pendant les chaleurs de l'été.
e. La Desna sur la gauche du Dniepr. Elle est navi-
gable au printemps jusqu'à Briansk pour une charge
de i8 à 9o pouces de profondeur. Les bâtiments du
Dniepr peuvent y naviguer.
La Bolva est un rameau de la Desna , flottable au
printemps.
f, La Téterewa et
^. Le Rosse , sur la droite du Dniepr, transportent
nu printemps des bois de construction.
( s55 )
A. Le Pisiol et
1. La Worskia sur la gauche débouchent au prin^
temps dans le Dniepr avec une dizaine de barques et
quelques radeaux de boia.
Toutes les autres rivières latérales du Dniepr ne
sont que des torrents presque sans eau en été.
y. Le Boug orientai débouche aux embouchures du
Dniepr. Il est nangable pendant toute la saison des
eaux courantes jusqu'à SokoU pour des bâtiments qui
tirent 4 pieds d'eau , et jusqu'à Nicolaief pour des vais*
seaux de ligne. Le reste du Boug, depuis Sokoli jusqu'à
Viniiza, n'est qu'un torrent continuel d'aucun service
pour la navigation.
La crue des caqx à ses sources jusqu'à Vîniisa est
de is à 18 pieds, aux cataractes de 8 pieds, à Sokoli
16 pieds*
2. La Duna ocoitlenùaU, Elle a sa source près de celle
du Volga • dans le gouvernement de Twer. Elle sort du
lacDometx ou Okiivate, travi^rse les gouvernements de
Pskof et de Witepsk, forme la limite de .la Cour*
lande et de la Livoniç, et se décharge près de Riga à
Donamunde dans le golfe de Riga. Elle est navigable
dés ses sources avec l'Obscha , aux premières eaux du
printemps , pour une quinzaine de jours ou trois se-
maines jusqu'à Velige. Elle continue d'être navigable
jusqu'à Souragc pendant tout le mois de juin , et on
peut y naviguer jusqu'aux gelées , depuis son confluent
avec rOulla avec des charges de 30 pouces de tire d'eau,
après le commencement de juillet. Avant ce terme , on
descend la Duna avec'3 i/s pieds de charge.
Les bâtiments qu'on y emploie sont de grandes bar-
ques nommées sfrougui, de 6,000 à 10,000 pouds de
port , des barques simples ou domi-strougui de 3 à
(a54)
4*000 pouds, et des botes de 1,000 à i,5oo ponds de
port. On y flotte aussi beaucoup de bois de construc-
tioD , surtout des iDàU« L'un dans l'autre, il y a an-
nuellement de six cents à onxe cents de ces embarca-
tions qui débouchent au port de Riga.
Les bâtiments retournent en partie en automne jus^
qu'à Witepsk.
La crue des eaux au printemps est de «o à 3o pieds.
Les rivières navigables latéral» de la Dona sont :
a^ h'Oulla sur la rive gauche, la plus considérable
de toutes , parce qu'elle sert de débouché au canal de
Bérésina. Elle est navigable jusqu'à lami-juiil pour des
charges de 3 à 4 pieds de profondeur, et pendant
le reste de la saison jusqu'à la gelée pour des dbar-*
ges de s pieds seulement. Il y a déjà trois écluses à
sas ; on doit en ajouter encore deux ou trois potw
avoir constamment la profondeur nécessaire pendant
l'été.
Les mêmes bâtiments qui paésent la Bérésina voo|
également par l'Ouila.
La crue des eaux est de i5 à a4 pieds.
b. La Disna sur la rive gauche.
c. UOgr^ et
d. La Polotka sur la rive droite.
Ces trois rivières sont navigables pendant peu d»
jours du printemps. On y flotte des bois de construc-
tion.
e. La Solder- jéa sur la rive gauche débouche dans la
Duna sous le fort de Dunamunde. Elle est navigable
en passant du côté de Mittau depuis Bauske P9ur dea
bâtiments qui tirent s i/s pieds d'eau.
La Moucha et
( a55 )
La Laimiase jettent dans la Bolder-Aa, et traosper-
tent quelques bois de oonstroetien.
III.
Rifim» d«s o6tM Je k Livonie et de Y^gAow entre le folfis de Riga
tt c^i de la Neva, d^bovKhaot dan» la Balliqpie, Le golfe de Fii>>
laode et dans le lac Peipas.
1. La Treiden-Aa, Elle sort du gouvernement de Lî->
Toaie , district de Vinden , traverse une assez grande
partie de la Livonie en dirigeant son cours vers le nord,
ensuite vers l'ouest , et se décharge dans le golfe de
Riga au nord-est de cette ville.
Cette rivière est une espèce de torrent; cependant
au printemps elle transporte une cinquantaine de bar-
ques et des radeaux. On embarque les cargaisons à
l'embouchure de cette rivière » d'où on les transporte
ensuite par des allèges au pori de Riga.
s. La Fermera , petite rivière de la Livonie qui dé-
bouche dans le port de Pemau. Elle porte annuelle-
ment cent à cent vingt barques ou strougui de s,ooo
à 5,000 pouds de port. La navigation se fait au prin-
temps depuis Tellen avec 2 pieds de tire d'eau. En été»
on y navigue difficilement , parce qu*elle est remplie
de rapides et d'écueils.
La crue des eaux est de 1 9 , 16 à 90 pieds.
Toutes les autres rivières le long des cAles du golfe
ne sont que des torrents jusqu'au port de Natva» sans
aucune utilité.
5. La Narwpa sort du lac Peipua ou TscAiondskoié.
BHe sépare Ie7« arrondissement du i^^etlegoarveme-
ment d'fiatUenie do celui de Saint^Pèlersbourig. Elle «e
( 356 )
jette près de la ville de Narva , dans le golCe de Fin-
lande , formant une anse aasez large qu'on nomme
aussi souvent golfe de Narva. Cette rivière transporte
environ deux cent cinquante bateaux qui viennent du
lac Peipus. Ceux-ci sont de 800 à4f5oo poudsdeport»
la plupart pontés à cause du passage du lac. Ils dé-
chargent leurs cargaisons au-dessus de la grande cata-
racte. De là , ou fait le transport jusqu'aux magasins de
la ville par terre, d'où les chargements sont conduits
jusqu'aux vaisseaux par des allèges. Là Narowa supé--
rieure ne permet que s ou 3 pieds de charge. Au prin-
temps, on flotte sur dette rivière beaucoup de bois de
construction pour le commerce étranger. Ce bois des-
cend la Plussa j rivière latérale sur la droite de la
Narowa.
La crue des eaux au-dessus de la cataracte est de 10
pieds. Au-dessous, jusqu'au fort , de 5 à 6 pieds; la
partie inférieure jusqu'au port n'a que 5 à 6 pieds de
profondeur. Voilà pourquoi les vaisseaux ne peuvent
aborder jusqu'à la ville.
4. La JVelikaia ,
5. La Werro, et
6. V Embach, qm débouchent dans le lacPeipuSy Dfi
sont pas navigables, à l'exception de la Welikaia, der
puis le lac jusqu'à la ville de Pskof pendant.! 5 wersle^*
7. La Louga sort des marais du gouvernement de Nov-
gorod » passe dans celui de Saint --Pétersbourg , qu'elle
traverjM jusqu'à son embouchure dans le gulfe de.Pia**
lande. Elle débouche dans le port de Nai^a , par la
Rossona, beaucoup de bois de construction et .une
vingtaine de barques ordinaires qui descendent la ri«
vière aveo les eaux du printemps, ne liraot que s pieds
( «57 )
d'eau. En élé , ia Looga n'est qu'un torrent de peu de
profondeur.
La crue des eaux est de so pieds , et près du golfe de
6 pieds.
8. La Nei^a sort du lac Ladoga à Schlusselbourg, tra-
terse le gouvernement de Pétersbourg et sa capitale ,
où elle se divise en plusieurs branches , et se jette au-
dessous de celte ville dans le golfe de Finlande. EUé
compte de dix à douie mille embarcations de diffé*
rentes grandeurs qui y naviguent Ces> embarcatioDs
sont de 5oo à i a,ooo pouds de port. Elles peuvent
tirer jusqu'à 7 pieds de profondeur.
Les barques qui arrivent du Volga forment le plus
grand nombre de celles qui naviguent sur la Neva.
Les autres proviennent des lacs d'IImène, de Ladoga,
d'Onega, et principalement de l'activité de la- naviga-
tion proprement dite de Pétersboui^.
La crue des eaux au printemps est de 6 pieds. En
été, lorsque les vents de l'ouest régnent, elle est sou>
vent de 1 a pieds.
Le canal de Ladoga et ses annexes , ceux de Sias et
de Svir , ont une grande connexité avec la navigation
de la Neva. Le canal Ladoga ne peut contenir que des
embarcationsdontle tirant d'eau est de4 pieds 1 pouce.
On évalue à douze mille le nombre de celles qui y
naviguent annuellement. La crue des eaux est de
6 pieds.
Les canaux de Sias et de Svir permettept un tirant
d'eau de 6 1/8 pieds; mais les bâtiments qui y navi-
guent, étant destinés à entrer dans le canal Ladoga,
ne peuvent être que de la dimension et de la forme
de ceux qiri jjîaaseat dans ce dernier.'
Les rifières latérales qui affluent dans la Neifa sont :
( ^^ )
a. La Slûvianka , qui est navigahâe \ % werstes de
5on confluent. Elle sert principalement è trao^orleff
une trentaine de barqaes qui portent des briques.
h. 'UIjorcu Elle est navigable jusqu'à la fabrique de
Rolpino. Le tirant d'eau est de « i/ft pieds.
c. La Tosna. Lors des hautes eaux , elle est nat iga-
ble jusqu'au village qui porte son nom, et quand les
basses eaux arrivent, on y navigue jusqu'à 8 weistes
de son confluent avec la Neva. On c<mipte entiron cent
vingt barques et bateaux qui y passent , dont le tirant
d'eau est de 2 à 4 pieds.
iL La Mga ,
e. La Moiàa , et
f. La FonUmka^ sont flottables seulement peur des
bois de chauffage et de construction* On a focmé des
canaux des deux dernières rivières.
Sur la rive droite de la Neva il n'y a aucune rivière
remarquable pour Thydrographie. LtiLaitha ei la Ses-
xm ne ^nt pas nav^iibles.
IV.
iUvièrQt dk la fioliKide sur Icjf qife Fiavoit.
•
Quoiqu^l y ait des rivières dont la masse d*eau soit
^Considérable , telles que le Kumène , le Borgo , etc. « il
n'y en a aucune qui soit navigable » qu'à une très pe-
4ite distance de leur embouchure. On peut les coûai-
dérer plutôt comme des torrents.
Sur le golfe Bothni(|ne.
Oa cherche à rendre la rivière Kouhw laarigaUe. Les
travaux qu'on y fait continueroist jusqu'à ce qu'^m «it
attônt ce bot Jusqu'à présent , il n'y passe que quel-
( «39)
qoes bateaux et radeaux, à l'époque des grosses eaux.
En résumé, ou n'a encore que des renseignements
très vagues sur les rivières de la Finlande » qui est
réonie à la Russie seulement depuis 1809. D'après les
notions générales qui ont été recueillies , il parait que
toutes les rivières des côtes» depuis le Koumo jusqu'à
Tornes, ne sont que des torrents dangereux » dont la
navigation est bornée à leur embouchure.
V.
Rivières des deux océans.
«. Océan ieptentrional.
Entre le Peies et le Rem, les rivières ne sont d'au-
cune importance hydrographique.
1 . Le Kern sort du lac Komito dans le gouvernement
d'Archangel , et se jette dans la mer Blanche près de
la ville de Kendt. Son volume d'eau est considérable ;
mais sa navigation est nulle, à cause des chutes d'eau
et des cataractes dont elle est remplie. La ville de Kendt
aune centaine de b&timents qui tiennent la mer pour
la pêche de la morue.
a. Le fFigh sort du confluent des lacs Wigh et Audo
dans le gouvernement d'Archangel , qu'il traverse en
partie avant de se jeter dans la mer Blanche.
5. Le Soumo prend sa source dans le lac du même
nom , et se jette dans la mer Blanche.
4. VOnéga sort du lac Latcha dans le gouverne-
ment d'Olonetz, et se jette près de \à, viUe de ce qom.
Cette rivière est remplie d'écueils et de chutes » ipais
son volume d'eau est considérable.
5. La Duna septentrionale est formée de la réunion
( «4o )
des rivières de Soukhona et de Jough, qui prennent
leur source dans le gouvernement de Wologda , la
première dans le lac Konbenskûîe , et opèrent leur
jonction à Oustioug-Veliki. La Duna traverse le gou-
vernement d'Archange!, et se jelle plus bas que la ville
de ce nom dans la mer Blanche. Elle est navigable
jusqu'h Oustioug-Veliki, depuis l'endroit où elle quitte
le lac. Lors des basses eaux^ la navigation offre des
difficultés. On compte de quatre à six cents barques
qui y passent. Celles-ci se nomment karbassy. Elles
tirent de s h 4 pieds d*eau , avec i,5oo à 8,000 pouds
de porL On y flotte beaucoup de bois de construction
et des mâts pour l'amirauté d'Archangel.
Parmi ces rivières latérales on remarque ,
a. La fVôlogdn , navigable jusqu'au mois de juin.
b. Le Jough , et
c\ La Louza , qui sont navigables pendant toute la
saison des eaux. Depuis Nicolsk et Lalsk , elles portent
jusqu'à cent vingt barques du poids de celles de la
Duna.
d. La TVaga , et
e. La Yemtsa^ qui sont navigables, mais dont on se
sert peu.
J, La ff^ytchegda, qui est aussi navigable. On cherche
à la réunir au Volga par le canal de Catherine. Elle
descend quelques barques.
g. T.a Pinega, navigable, mais peu fréquentée ; elle
fournit beaucoup de bois de construction au port d'Ar-
changel.
Les autres rivières de l'Océan sepCénIrional sont :
6. Le Kouloi , dont la navigation est ancienne.
7. Le Mezène, et
8. La Petchora , dont la navigation est peu connue.
( 24l )
9. \JOb^ form^ de la réunion de la Ria et de la Katou-
nia, dont la première sort du lac Allai. Son cours est de
plus de 3,000 werstes ; son bassin est vaste , mais S(^s
affluents» l'Irliche réunie au Tobol, au Touza e( au Ta-
guil, et le Ket, servent seuls à la navigation.
10. Le Taze , dont la navigation est nulle.
11. Le Jenissei^ qui a environ a,5oo àS^ooo werstes
de longueur. On en Fait usage , ainsi que de la haute
Toungouska qui sort du lac Baikal.
19-1 5. La Piassma » la Khatanga , Yjinabaia et YO-
lenek^ qui ne sont d'aucune importance sous le rapport
de la navigation.
16. La Lena^ la plus grande rivière de la Russie. Son
cours est de plus de 5, 000 werstes. EUle sort d'un ma-
rais au pied des monts Baikals 9 à l'ouest du lac de ce
Dom. On l'emploie à la navigation ainsi que l'Aldan ,
la Uaia et la Yondoma.
17-81. La Yana^ Vlndigudrka^ VAlazeia^ la Koltna et
YOmolone sont peu importantes pour la navigation.
Leurs rives sont ou inhabitées ou occupées par des
peuples sauvages.
0<!éan orieotal.
t9. "VAnadyr^ et
93. La Kamtschatka ne sont pas navigables.
94- UOkhota pourrait servir à la navigation » mais
on n*en fait aucun usage.
95. "L'Amour f qui est formée par la réunion de la
Chîbka et de l'ârgounia. La première de celles-ci sort
de la jonction de rindoga et de l'Onona, qui appartient
à la Russie. Tout le reste est i la Chine.
iTii. AVRIL. 9. 16
( a4» )
VI.
Hivières entre le Volça et le Dniepr, qui débouchent vers la mer
d*Acoff et la partie orientale du Pont-Euxin.
1. Le Don , qui sort du lac Ivan dans le gouverne-
ment de Toula. Il traverse les gouvernements de Rai-
zan , de Tam1)of , de Voronège et le pays occupé par
les Cosaques du Don. II se jede près d'Azoff dans la
mer de ce nom. Sa longueur est d*environ i^ooo i^ers-
tes. Sa partie supérieure jusqu'au confluent de la Sosna
n'est pas navigable. Pour la rendre telle , il y aurait
besoin de dix-sept écluses à sas. On a eu le projet de
joindre le Don à ses sources aux rivières latérales
Chata et Oupa de l'Oka , et de réunir ainsi le Don au
Volga ; mais l'iiydrographie locale s'oppose à Texécu-
tion de ce plan.
Le Don est navigable depuis sa jonction avec les
rivières Sosna et Voronège pendant toute la saison des
eaux pour des barques et lodky jusqu'au mois de juin
avec 3 ou 4 pieds de tire d'eau. Pendant l'été , h 2
pieds jusqu'au vieux Tscherkask , d'où pendant toute
la saison on se rend jusqu'à la mer d'AzofT avec 4 ^
5 pieds.
La navigation du Don, depuis Voronège jusqu'à
l'échelle de Ratcbalnisk, ne comporte que quarante à
cinquante barques ou lodky du port de 3,000 à 5, 000
pouds.
AKatchalniskJa navigation augmente annuelleroeni
de deux cents à deux cent quatre-vingts barques et
bateaux. Cet accroissement provient du débouché du
Volga • qui se fait à l'échelle de Doubovka « et de là
( «43 )
jusqu'à KatchalnUk par terre, par un trajet de 60 wers-
tes , d'où Ton transporte des marchandises et du bois
pour la coostruclion des barques.
Vers les embouchures du Don , les Cosaques possè-
dent pour la pèche près de ti^ois cents bateaux, connus
sous le nom de dousLiz lodky. de 700 à s, 000 pouds de
port. Lorsque la saison de la pèche est passée, les Go^
saquer font aussi le cabotage avec leurs lodky entre
i échelle de Roslowskenin et le port de Taganrog. Les
Cosaques traversent souvent la mer Noire jusqu'à Con-
staotinople avec ces bâtiments, et vont même dans la
Méditerranée.
Le» bois et matériaux pour la construction de ces
barques viennent du Volga.
La crue des eaux est à Voronège de is à 14 pieds ,
h Ratchalnisk jusqu'à 90 pieds , et h Staroy-Tscher*
kask de i4 à 16 pieds au-dessus des eaux basses de
l'été.
Les rivières latérales du Don sont :
a. Le Khoper, sur la rive gauche » navigable jusqu'à
Borissoglebsk, d'où débouchent cinquante à soixante-
dix barques, et des bois de chêne.
b. La Medçedilsa, sur la rive gauche. Sa navigation
est pour ainsi dire nulle; c'est une rivière de steppe,
manquant d'eau dès le commencement de mai.
c. Vllotfiia • sur la rive gauche, n'a point également
de navigation. Il y a un projet de la joindre avec la
Kamcbenka du Volga par un canal de navigation ;
mais la théorie que l'on a adoptée démontre l'impos-
sibilité de l'exécution.
//. Le Sali 9 et
e. Le Manytck, rivières également de steppe et sans
navigation.
( »44 )
Le projet de joindre le Sali à la Sarpa du Volga coû-
terait de so à 3o millions de roubles.
/*. Le Donetz^ sur la rive droite, est une rivière très
considérable de ateppe, ayant boo werstesde cours. On
la nettoie pour la rendre navigable , afin d'offrir un
débouché au charbon de terre jusqu'à Taganrog et au-
tre» lieux situés sur la mer Noire qui manquent de
bois. LeDonetine pourrait èire navigable que jusqu'à
la fin de juin sans une grande quantité d'écluses. On y
manque aussi de bois pour la construction des bnrquea
et bateaux.
La crue des hautes eaux du printemps est souvent
de jo à 18 pieds au-dessus des eaux de Tété , qui n'ont
souvent qu'un pied de profondeur.
9.. La Eya a sa source dans le Caucase , district de
Stavropol, et se jette près du fort d'Eerr dans un
golfe de la mer d'Azoff. C'est une rivière de steppe sans
utilité.
3. La Allons sort du gouvernement d'Ecatlierinoslnw,
et se elte non loin de Taganrog. Sa navigation est
nulle.
4. Le Kalmions , petite rivière du même gouverne-
ment à l'embouchure de laquelle est situé le petit
port de Marienpol. Elle ne sert pas à la navigation.
5. Le Safffir, et
ti» Le Corassou de la Crimée débouchent dans ks
lagunes de Sivache, et n'ont point de navigation
comme toutes les autres rivières de la presqu'île de
Tauride.
VIL
Rivière» des côtes orientales et umdentales de la mer Nuire.
1. Le Kouban^snrï des monts Caucase, et forme la
( «45)
rimile de l'empire du côté des peuplades des monta^
fines. Il se jette ensuite par deux bras datis deux mera.
L*un a son embouchure dans la mer d'Azoff et l'autre
dans le Pont-Euxin. Un port servant è la flottille des
bateaux des Cosaques de la mer Noire est situé à sa
principale embouchure. Le Kouban pourrait être na-
vigable jusqu'à Ëkaterinsdun; mais les hordes des mon-
tagnards du Caucase empêchent toute navigation.
»• Le Rfon sort aussi de la chaîne du Caucase, tra-
verse la Mingrelie , et se jette par deux embouchures
dans la mer Noire, près de la forteresse de Poti, qui
forme la frontière entre la Russie et la Turquie d*Asie.
Ce fleuve n'est navigable que pendant lâ à so werstes
près de son embouchure. Pendant le reste de son
cours, il ne présente qu'un afi*reux torrent qui n'est
susceptible d'aucune navigation régulière.
5. Les petites rivières des côtes entre le golfe du
Dniepr et du Dniestr ne sont d'aucune utilité. L'em-
bouchure de la Bèrésnua est jusqu'à 3o werstes assez
profonde pour servir même de port; mais elle est obs-
truée du côté de la mer par un banc de sable d'une
wersle de longueur , où il n'y a que s pieds d'eau.
VIIL
Hivières de la mer Caspienne.
1. L'fm^a, fleuve considérable, qui a sa source dans
1rs montagnes au-delà des steppes des Rirghis-Cais-
sacks, qu'il traverse en les séparant du gouvernement
d'Orembourg. Sa navigation n'est utile que pour la
pèche.
s, UOural a sa source dans le gouvernement d'O-
( 346 )
rembourg»du côté occidental des montagnes de TOural.
Il sort près du fort d'Orsk, se dirige à l'ouest , puis au
sud , et se jette dans la mer Caspienne près du port de
Jourief par plusieurs embouchures. Son cours est de
5,000 werstes de longueur. II est profond ; mab sa na-
vigation est bornée à celle pour la pèche, faite à
ses embouchures par les Cosaques qui portent son
nom.
5. Le Folga , qui est un des premiers fleuves de l'Eu-
rope , le plus important de la Russie et le plus grand
après la Léia, prend sa source 4ans le gouvernement
de Twer» district d'Ostaschzof , traverse les gouverne-
ments de Twer, Jaroslaf, Kostroma , Mijni-Novgorod,
Kasan , Simbirsk, Saratof et Astrakan : il se jette
dans la mer Caspienne, après un cours de plus de
4 «000 werstes, par soixante-dix bronches qui forment
une multitude d'Iles.
Le Volga est navigable pendant environ 3«6oo.
wersles. Ses eaux arrivent par trois voies différentes
au port de Péterftbourg • qui le joint à la Balti-
que. Sa navigation est très étendue; douze à treize
mille embarcations de différentes grandeurs, depuis
1 ,5oo jusqu'à 80,000 pouds de port, sans compter une
foule de petits bâtiments riverains affectés au service
des propriétés sur les deuxrives,y naviguent constam-
ment.
Les embouchures sont peu profondes; elles ne
sont que de ô à la pieds, selon la direction des
vents.
La navigation commence à Astrakan. Depuis celle
ville jusqu'à Kasan et même jusqu'à Nijni-Novgorod,
les embarcations tirent de 4 ^ 8 pieds d'eau, et sont de
S9O00 à 8o»ooo pouds de port. Elles sont très Tariéest
( »47 )
parleurs forme, grandeuret dénomination. Elles comp-
tent jusqu'à TÎngt-lroîs différents noms et formes. On
remonte le fleuve pour la plus grande partie à voiles
jusqu'à Nijni-Novgorod, et quelquefois» quand le local
le permet, au halage ou à la rame.
Depuis Nijni-Novgorod jusqu'à Rybinsk, les bâti-
ments ne peuvent tirer que 5 à 5 pieds de pro-
fondeur avec un port de 5o,ooo pouds. Les embarca-
tions remontent à voiles, et souvent au halage à bras
d'hommes.
Depuis Rybinsk (échelle principale d'entrepôt, où
se partagent les trois routes d^eau pour Pétersbourg) la
navigation du printemps avec la partie supérieure du
Volga ne permet que s pieds a pouces de tire d'eau
jusqu'à la mi-juin, et après ce temps i pied 9 pouces,
souvent moins.
La capacité de port de la partie inférieure du Volga,
jusqu'à Nijni-Novgorod, est jusqu'à la mi-juillet, à
80,000 pouds par embarcation au maximum. Ordinai-
rement elle est de 6 à 3o,ooo pouds. Vers l'automne,
quand les charges diminuent, la navigation de cette
partie occupe cinq mille bâtiments environ, y compris
la navigation de la Kama et autres rivières latérales. De
Nijni-Novgorod à Rybinsk de 5, 000 à 36, 000 pouds le
printemps jusqu'au commencement de juillet, et après
de 5 à 19,000 pouds. Environ six mille bâtiments et
embarcations sont occupés dans cette partie.
De Rybinsk les charges sont de 2,5oo à 7,000 pouds.
Elles occupent environ six mille bâtiments. Entre Ry-
binsk et Tver, les embarcations remontent le fleuve au
halage avec des chevaux. .
La navigation supérieure du Volga au-dessus de Tver
occupe environ huit cents bâtiments, la plupart de 6 a
( «48 )
^•ooo pouds décharge, au priulemps pour a pieds 4
pouces environ de tire d'eau, et en été pour seulement
1 pied 9 pouces.
Aux environs de Tver» la crue des eaux est au
maximum jusqu'à 35 pieds environ au-dessus des
eaux de Tété; aux environs de Rybinsk jusqu'à 4o
pieds. A Nijni - Novgorod , passant Casan jusqu'il
Simbirsk, elle est jusqu'à 44 pieds, et au-dessus de
Simbirsk, elle diminue progressivement jusqu'à As-
trakan, de sorte que là elle est réduite de 6 à lo pieds
d'eau.
Les rivières lalérates du Volga sont :
a. La Sarpa, sur la rive droite , sort du gouverne-
ment d'Astrakan, et après avoir formé plusieursé tanga
larges, profonds, et pour la plupart remplis de joncs,
qui sont réunis par des canaux, elle vient se jeter
dans le Volga à 25 werstes au-dessous de la ville de
Tsaritsim, dans le gouvernement deSaratof.Elle n'est
pas navigable. 11 est question de la joindre au Sal, af-
fluent du Don.
ù. La Kathichinkuy sur la même rive, prend sa source
dans le gouvernement de Saratof, et se jette près de la
ville de Kamychine. C'est une rivière de steppe pres-
que sans eau. Pierre-le-Grand avait le projetde la réu-
nir au Don par un canal auquel on a travaillé.
c. La Yeroiidane, sur la rive gauche, a sa source à
6o werstes du Volga, dans les steppes. Elle coule au
àud-ouest à travers une plaine déserte » pendant «so
werstes. Cette rivière est considérable, maïs sa navi-
gation est nulle.
(L La Tereschka , sur la droite , petite rivière du goa-
vernemenl de Saratof qui traverse les districts de Kra-
linsk et de Volsk.
(»49)
e. VIrguis , sur la gaache . a sa source non loin de
l'Oural el des frontières des gouvernements d'Orem-
hourg et d'Astrakan ; elle parcourt de vastes steppes.
,/. La Saniara, sur la gauche. Elle prend sa source
dans les montagnes de l'Oural à 18 werstes de la ri-
\iere de ce nom. Elle parcourt des landes sèches» et
traverse le gouvernement de Simbirsk, où elle a son
embouchure. La Samara est navigable le printemps
jusqu'à Bouzoulouk. Il y passe quelques barques» et on
flotte beaucoup de bois de construction.
Le Kinel et le Tok sont deux branches assez consi-
(iérables de la Samara, mais sans navigation.
g. heSok^ surla rive gauche» prend sa source dans les
montagnes du gouvernement d'Oremhourg, entre dans
celui de Simbirsk , où il a son embouchure.
A. La Tscheremchane t sur la même rive, prend sa
source dans le gouvernement d'Orembourg, district de
Bougoulminsk. Elle coule dans le gouvernement de
Rasan, et entre dans celui de Simbirsk, où elle se réu-
nit au Volga. Son cours est de 200 werstes.
I. La Kama prend sa source dans les montagnes
d*Ouelsk au gouvernement de Viatka. Elle parcourt les
gouvernements de Viatka, de Perm, d'Oremhourg et
de Rasan. Elle se jette dans le Volga à 60 werstes au<
dessous de Kasan.
La Kama est la principale branche de la rive gauche
du Volga. Elle est navigable pendant Touvertore des
eaux jusqu'à Perm, et au printemps jusqu'à Kay. Elle,
porte de grandes barques de 6 à 10,000 pouds de port,
et tirant de deux et demi à quatre pieds d*eau. Près
de deux mille embarcations y naviguent.
k, La Sviaga » sur la droite du Volga , sort du gou*
vemement de Simbirsk. Son cours est parallèle ë celui
( 350 )
du fleuve; une trentaine de barques y naviguent au
printemps. En été elle n*est pas navigable.
/. La Fetlougttj sur la rive gauche, a sa source dans
le gouvernement de Kostroma, et passe dans celui de
Nigegorod, sur les frontières de ce gouvernement et de
celui de Kasan. Elle est navigable au printemps avec
3 à 4 pieds de port.
m. La Soura » sur la droite» débouche annuellement
avec les eaux du printemps quatre à cinq cents bar-
ques de 7 à i6,ooo pouds de port, et tirant 4 ^ ^
pieds d'eau.
//. VOka, branche principale de la rive droite du
Volga. Elle sert de débouché à sept gouvernements des
plus fertiles de l'empire (Orel, Toula, Ralouga, Mos-
' cou , Raizan, Vladimir. Nigegorod). Elle est navigable
nu printemps jusqu'à la mi-juin , depuis Orel avec
4 à S pieds de charge , et pendant Tété depuis Ka-
louga avec i8 pouces à s pieds de charge. Elle oc-
cupe , avec ses huit rivières latérales , mille huit
cent à deux mille embarcations de 6,ooo à 5o,ooo
pouds de port. En été la navigation est souvent entra-
vée par (ks bancs de sable mouvant.
o. VOnuja , sur la rive gauche , sort du gouverne-
ment de Vologda, et débouche dans celui de Kostroma.
Elle est navigable au printemps avec 3 pieds de tire
d*eau, et tout l'été jusqu'à la ville d*Onuju avec i8
pouces de tire d'eau. Sa navigation compte de quatre
à cinq cents barques.
p. La Kostmma^ sur la même rive; cent vingt à cent
soixante barques y naviguent au printemps. En été la
navigation est nulle. Elle reçoit la Vexa dans le gouver-
nement de Kostroma , qu'elle traverse , et se perd dans
le Volga , près de la ville du même nom.
( •-»&• )
q. Le Kotorosl^ à Jaroslaw, et
r. La Tscheremza, à RybÎDsk, ne sont paa navigables.
Elles n'onl d'impoi:tance que parce que leurs emboii*
chures servent de port d'hivernemeot, comme presque
toutes celles des petites rivières entre Nijni-Novgorod
elRybinsk.
L'échelle de Rybinsk est le port d'entrepôt central
des trois routes navigables ouvertes entre le Volga et le
port de Pétersbourg,
Les grosses embarcations du Bas-Volga y déchargent
et rechargent dans des embarcations de moindre gran-
deur» savoir :
Pour le canal de Marie , on fait usage de bâtiments
de s,5oo à g.ooo pouds de port, et tirant 3 à 4 pieds
d'eau. Les bâtiments sont pour la plupart pontés sur
Je passage des grands lacs Beloozero et Onega. Il y
en a mille à onze cents qui y passent.
Pour le canal de Tikbvine« on fait usage de bâti^
menlsde i,5oo à 9,000 pouds de port« et de so à 94
pouces de tire d'eau. On y compte de huit cents à mille
embarcations.
Pour le canal de Vychni Volotchok, trois à quatre
mille barques et bâtiments de 9^5oo â 6,000 pouds de
port» et '41 à 96 pouces de tire d'eau, et deux â trois
cenia barques pour la navigation locale du Volga su-
périeur.
s. La C/iexna, sur la rive gauche du fleuve» est navi-.
{able pendant toute la saison ouverte avec 4 pieds
de tire d'eau» Devant son embouchure , il y a un banc
de sable mouvant. La navigation de cette rivière est
fort ancienne. Les marchands de Novgorod et de Mos-
cou s'en servent pour leur commerce avec le port
d'Archangel. Ou y construit la plus grande partie des
( «52 )
harques pour la Davigalton actuelle du syslème de
VycliDÎ* VolskhoL , au nombre de deux mille à deux
mille cinq cents qui descendent le printemps à Ry-
binsk.
La navigation du canal de Marie prendra sans doute
de Textension quand on pourra longer le lac Beloo-
jKcro par un canal de dérivation, jusqu'aux embouchu-
i^s de la Korcba, dans lequel débouche le canal de
Marie. Les vents contraires du lac et la nécessité où
Ton est d'employer des bâtiments pontés apportent
quelques obstacles.à la navigation.
Aucune des rivières latérales de la Cbexna n*est na-
vigable qu'au printemps, pour les nouvelles barques
qu'on y construit pour l'échelle de Rybinsk.
ACm d'ouvrir une communication entre les ports
d'Archangel et de Pétersbourg, l'empereur Paul avait
fait faire un projet de canal de jonction entre la Chexna
«t la Porosovilsa ; le projet existe sous le nom de canal
de Kyrilof.
Le canal de Marie a «Swerstes de long et six écluses à
sas, dont trois servent à monter au point de partage,
ai trois à descendre dans la Vittegra. Les vents con-
traires retardent souvent la navigation. Afin d'y obvier
il existe un projet d'un canal de déviation entre Tem-
bouchure du Svir et la Vittegra. Il n'y a que la confec-
tion de ce canal , avec celui qui tournera le Beloosero,
qui puisse remédier aux inconvénients de la naviga-
tion.
Le Svir, qui joint les deux grands lacs d'Onega et
Ladoga, est navigable, quoique gêné par des écueîls et
rapides. De toutes ses rivières latérales il n'y a que la
Vagina , l'Ouslanka, l'Ofate et la Svoritsa qui sont em*
l^loyées au flottage des bois.
( «53 )
Le bassin du lac Ladoga a servi de passage à loule
lanaTigation du Svir, outre sa navigation locale, qui est
de mille à douze cents bâtiments et navires, dont
deux tiers sont des bàliments pécheurs. La navigation
de ce lac est aussi dangereuse que précaire. Pour obvier
aux retards et aux dangers, on a pratiqué des canaux
de dérivation sur les bords méridionaux du lac, depuis
le Svir jusqu'à la Neva. Les deux canaux de Svir et de
Sias sont fouillés 6 pieds au-dessous de Thorizon des
basses eaux. Il a fallu rétablissement de quatre grandes
écluses à sas et autres ouvrages servant à retenir et dé-
charger les eaux, pour donner au canal de Ladoga
4 à 5 pieds de profondeur.
La Sias, rivière qui forme la seconde route par eau,
entre le Volga et Pélersbourg, se jette dans le lac Ladoga
et appartient au système du canal de Tikhvinc.
Le Vulkhof, qui forme la troisième route, est jusqu'à
présent la plus fréquentée. Le canal de Ladoga, qui a
été commencé en 171g et achevé en 17^9, a io4wer8-
les de longueur sur dix sagènes de largeur, et a 4 & 5
pieds de profondeur; il reçoit les petites rivières
Doubna, Lava, Cheldikha, Nazia et Kabona. Les em-
bouchures des quatre premières sont bouchées par des
écluses de retenue pour faire servir leurs eaux à nour-
rir le canal. *
/. La Mologa , de la gauche du Volga , sert de débou-
ché à la seconde route d'eau entre le Volga et Saint*
Pélersbourg. Elle reçoit la Tschadogoschtcha, où tombe
la Somina. On y construit beaucoup de barques et ba-
teaux pour l'usage de la navigation du Votga et du sys-
tème de Vichni-Volotchok.
La Somina supérieure a été rendue navigable par
sept écluses à sas. Elle est jointe par le canal de Tikh-
{ >S4)
vîDe à la rivière Tixhvinka, lorrenl des eaux de la Bal-
tique.
Le canal de TîkbvÎDe a treize écluses à sas sur la dis*
tance de lôwerstes, et la Tixhvinka supérieure en a
également treize jusqu'à la ville de Tikhvine. Au-des-
sous de cette ville , la rivière est navigable sans rete-
nues ou écluses* Elle se jette dans la Sias.
u. La Tvertsa , sur la gauche du fleuve , est na-
vigable jusqu^au i*' juin avec les grosses eaux do
printemps, et plus tard par des réservoirs d'eau ména-
gés dans les branches latéralesde la rivière, et au point
de parlage des eaux du Volga et de la Baltique. Par le
moyen de ces réservoirs, on peut donner suffisan^ment
d'eau à la Tvertsa pour six à sept jours , et à quatre ou
cinq époques différentes pour faire remonter è chaque
époque six à sept cents barques qui s'assemblent à l'é-
dielle de Tver en caravanes » et attendent l'eCTet des
eaux des réservoirs. La Tvertsa est la troisième route
navigable de communication , et la plus ancienne ,
existant depuis 1708.
Aucune des rivières latérales de la Tvertsa n'est na-
vigable. L'Ossouga et l'Osselchenka , avec leurs réser-
voirs, ne servent qu'au flottage.
On tire les embarcations sur la Tvertsa au halage avec
des chevaux jusqu'à Yichui-Volotchok.
La Tvertsa » vers ses sources , est jointe par le canal
de Vichni-Vololchok. Ce canal a 1 ,600 toises de Ion*
gueur. A ses deux embouchures se trouvent deux
grandes écluses de navigation : une vers la Tvertaa et
l'autre vers la Tsna, par lesquelles sortent et entrent
les barques , et entre lesquelles le canal forme un vaste
bassin ou sas qui peut contenir six à sept cents ba-»
teaux et barques.
( 2^5 )
La Tsna, avec ses brancheA latérales, forme par plu-
sieurs retenues les réservoirs principaux du point de
partage de Vichni-Vololchok qui nourrit le canal de
jonction» et en grande partie les rivières Tvertsa et
Msla, durant les époques du passage des caravanes. La
rivière Chlina, qui <iébouche au-dessous du canal
dans la Tsna, est jointe par le canal-aqueduc de
Rloutchevo auxdits réservoirs du point de partage.
Pour augmenter les eaux de la Chlina, on y a joint en-
core le grand lac Yelié par un autre canal-aqueduc ,
connu sous le nom de canal de Velié. On travaille
aussi à établir un réseivoir secondaire dans la Chlina ,
au grand lac du même nom , point intermédiaire en^^
frêles deux aqueducs de Velié et de Rloutchevo.
Après la jonction des rivières Tsna et Chlina, au-
dessous du canal de Vichni-Volotchok, elles forment
un seul débouché dans lé lac Mstino, et c'est par ce
débouché que les barques et bateaux lancés par la
f^rande écluse de la Tsna au canal de Vichni-Volotchok^
toujours en caravane, passent dans ce lac, qui a i5
werstes de long sur i à 3 werstes de large. De ce lac
sort la Msta, à Tembouchure de laquelle se trouve la
troisième écluse de navigation, qui forme un second
bassin pour nourrir la Msta» pendant l'époque du pas-
sage des caravanes de barques.
Ce lac est nourri des eaux du point de partage,
des eaux superflues de la Tsna , de la Chlina et des
autres réservoirs secondaires de Roudnefet Berczaika.
On retient les eaux dans ce lac jusqu'à la hauteur de
i« pieds « avant d'ouvrir recluse de Mslirlinskaia par
laquelle les bateaux sont lancés avec quelque danger
dans la Hsta.
Celle-ci est navigable avec les eaux artificielles des
réservoirs jusqu'à la fin de mai. Jusqu'à cette époque ,
( '^56 )
les embarcations passent librement; mais vers lu fin de
mai, on ferme Téclase deMstirlinskaia, et la Msla est
alors presque à sec jusqu'au-dessous des cataractes de
Borovitchi , et ne devient navigable que par les eaux
artificielles du réservoir du lac Mstino » fortifié par
quatre autres réservoirs secondaii%s, ménagés dans les
rivières latérales de la Msta, Toubas , Doubka, Bere-
zaika et Ouvre. Les caravanes de bateaux passent qua-
tre à cinq fois par an , lorsque les eaux du printemps
finissent.
Au-dessous des cataractes de Borotvichi , la Msta est
naturellement navigable pendant toute la saison de
l'ouverture des eaux jusqu'à son débouché dans le
lac Ilmène. Les barques et bateaux passent la Msta
avec la même charge et tire d'eau que sur la Tverlsa.
Le passage des cataractes de la Msta et de Boro-
vitcbi est dangereux pour les embarcations. Elles y
passent rarement en grand nombre sans qu'elles
n'aient beaucoup à souffrir.
Aucune des rivières latérales de la Msla n'est naviga-
ble ; mais avec les eaux du printemps • on flotte du
bois de construction par la Tsna , Cblina . Berczaikn »
Vola et Ouvre.
Aucune embarcation passée sur la Msta ne peut re-
tourner, même avec les eaux du printemps.
Jusqu'en 1809, toutes les embarcations passaient
par Tembouchure de la Msta dans le lac Ilmène , et de
ce lac dans la Volkhof. Le passage par ce lac entraînait
de grands délais , et était très dangereux pour les frêles
b&timents. 11 périssait annuellement une centaine de
barques dans ce lac. Pour obvier à cet inconvénient ,
on a fouillé le canal de Sivers ou de Novgorod. Ce canal
longe les bords du lac, et joint l'embouchure de la
. ( .57 )
MsU ao débouché du Volkbof. C'est par ce canal que
passent maintenant les caravanes. Il n'a ni écluses
ni autres ouvrages hydrotechniques » et toute sa lon-
gueur est d'un peu plus de 7 werstes. Ce n'est qu'en
1797 qu'on commença à le creuser, et en 1800 , la
première caravane» profitant des eaux du printemps, y
passa sans obstacle , quoique le canal ne fût pas entiè-
rement fini.
Lac Ilmène. Il reçoit outre la Usta plusieurs autres
rivières qui sont toutes des torrents. Les principales
sont Tola , Yavane , Kounia et Chelone. Il donne nais-
sance au Volkhof, qui est navigable pendant toute
l'ouverture des eaux ; mais lors des sécheresses » la
navigation est très gênée iaux bancs de pierres schis-
teuses de Pschessky . et surtout de Petropaulovik ,
connus sous le nom de cataractes du Volkhof, où les
embarcations sont souvent contraintes d'alléger jusqu'à
10 à 13 pouces de tire d'eau. On a commencé à percer
ces bancs avec succès par des canaux ; mais tous ne
sont pas encore achevés.
Des rivières du Volkhof.il n'y a que le Tigoda qui soit
navigable pour quelques barques à une cinquantaine
de werstes de son embouchure. Tous ses autres af-
fluents sont seulement pour le flottage des bois.
-v. La P^azouza^ sur la rive droite du Volga, reçoit
à son embouchure la Gjatka. Toutes les deux ne sont
navigables qu'aux grosses eaux du printemps pour dix
i doiue jours. L'été , elles sont presque à sec.
jT. La Seligarouia, sur la rive gauche du fleuve , bcrt
à la navigation d'une cinquantaine de barques qui y
descendent au printemps^ ainsi qu'au flottage des bois
de construction. Elle prend naissance dans le lac Seli-
guer. Ce lac est destiné pour un réservoir par Tappli-
XVII. AVRIL. 5. 17
( 958 \
cation d'une éclufle de retenue au débouché de la Seli-
garovka , pour conserver les eaux du printemps dans ce
lac, à Tusage du Volga supérieur durant les basses
eaux de Télé.
Depuis le confluent de la Seligaroyka et du Volga •
ce fleuf e n'a plus de navigation. On n'y flotte que des
bois de construction au printemps.
Les autres rivières de la mer Caspienne sont :
4. La Kourna et
5. Le Terei , rivières considérables » maûi sans au-
cune navigation. A Kizliac, il y a une quarantaine de
bateaux pécheurs.
6. La Kouza est navigable è iso werstes de son em-
bouchure; mais elle n'est pas employée.
Notice sur H. LfiràvaB, ingénieur^ correspondani du
Muséum d'histoire naturelle, mort à Mohammed'Ali''
Polis ^ le ig octobre iSSg; par M. Cochblut.
Dans le cours de ma longue mission en Egypte ,
l'ai eu le bonheur d'être utile à un grand nombre de
mes compatriotes» et d'en faire entrer plusieurs au ser-
vice de Méhémet-Ali. Parmi ceux-ci» il en est un qui est
mort victime de son dévouement à la science » et dont
on n'a pas assez parlé. J'éprouve le besoin de dire quel*
ques mots sur lui, et de publier la dernière lettre qu'il
m'écrivit l'année de sa mort , de la nouvelle ville de
Mohammed Ali-Polis , située en Afrique, entre le 1 1*
et le 1 8* degré de latitude.
( «59)
M» LefèTre , qui avait été quelque temps au service
égyptien» parcourut les bords de la mer Rouge, explora
lemontSicai, et revint en France, mécontent de n'avoir
pu exécuter dÎTers projets d'utilité publique. C'était un
géologue distingué, d'une activité prodigieuse et d'une
volonté ferme, capable de tout entreprendre. Lorsque le
vice-roî d'Egypte, après avoir vu repousser par l'Europe
l'idée de son indépendance, conçut le projet de se rendre
dans l'intérieur de l'Afrique pour constater lui-même
la richesse des sables aurifères qui se trouvent àFeizan-
cor, à cinq lieues de Fazogloo , M. Lefèvre , que je ne
connaissais pas, mais dont j'avais entendu dire beau-
coup de bien , m'écrivit de Paris pour obtenir la faveur
d'être attaché à l'expédition en qualité d'ingénieur des
mines. Héhémet-Ali, qui n'aime pas qu'on quitte son
service sans motifs légitimes, et qui s'attache souvent
aux étrangers qu'il emploie , mais surtout aux Français,
fil quelques difficultés pour reprendre M. Lefèvre. Ce-
pendant, sur mes instances réitérées et par bienveil-
lance spéciale pour moi, il me dit qu'il lui donnerait le
rang debimbachi ou chef de bataillon avec 9,5oo pias-
tres ou 69& francs par mois , sous la condition que
mon protégé le rejoindrait au Caire avant son départ.
M. Lefèvre quitta Paris à la réception de ma lettre. Il
arriva à Alexandrie le 6 octobre 1 838. Il en partit le
lendemain pour le Caire. Le i4 suivant, il se dirigeait
sur le Sennaar et le Cordofan , voyageant à la suite de
Méhémet-Ali , et treize mois après son départ de Paris ,
le ig octobre 1839, il expirait dans la ville nouvelle
qui porte le nom de son illustre fondateur et qui avait
été bâtie sous la direction d'un autre ingénieur fran-
çais, M. d'Arnaud, qu'on lui avait adjoint. M. Lefè-
vre est mort d'une apoplexie nerveuse à la suite de
( s6o )
fièvres intermittentes dont il était atteint depuis quel-
ques mois.
On éprouve un sentiment douloureux de tristesse» et
l'ai surtout été vivement peiné en apprenant la fin
prématurée d'un homme dans la force de Tâge, instruit,
infatigable et courageux, qui ne s'était pas reposé un
seul jour depuis le moment où il avait remis le pied
sur le sol de l'Afrique. Mais, pour bien apprécier sa
perte , c*est de la bouche même de Méhémet-Ali qull
faut entendre le plus bel éloge de M. Lefèvre. • Je n'ai
» jamais connu , m'a-t-il dit quelquefois, un homme
^ aussi actif, aussi insouciant de la fatigue et des priva-
• tions. C'était quelque chose de curieux et d*amusant
» à la fois que de voir M. Lefëvre à la fin de nos lon-
>gues et pénibles journées, sous un ciel ardent et
» après avoir éprouvé de grandes privations. Il ne savait
t d'abord comment descendre de son chameau, qu'il
» faisait tourner long-temps sur lui-même pour Tobli-
• ger à ployer les jambes de devant J'ai dû quelquefois
t moi-même prendre sa bride et lui donner une leçon ;
» mais une fois à terre , il regardait autour de lui, et se
«dirigeait immédiatement, un marteau à la main, vers
• les collines les plus rapprochées. Il en revenait en*
» suite avec une charge de pierres dans ses poches, dans
> sa blouse, dans ses mains, et paraissait avoir oublié
• toutes ses fatigues. • C'est que M. Lefèvre craignait
qu'on parut la nuit ou le lendemain sans qu'il eût
eu le temps de faire ses explorations sdentifiques.
Ce qu'a dit de lui Méhémet-Ali , qui à i'êge de
soixante-dix ans n'avait pas craint aussi de s'expo-
ser à toutes les fatigues d'un long voyage au coeur
de l'Afrique , et qui a donné à tous les siens l'exemple
deU fermeté, est carectéristique , et fait son plus bel
( «6i )
éloge, surtout quand on sait comme moi que ce
prince n'est pas prodigue de louanges et qu'il est un
excellent juge des hommes. Mais cet éloge même ex-
plique la mort de M. Lefèrre « qui fut la suite d'un tra-
vail opiniâtre sous un soleil brûlant; elle est digne des
regrets des amis de la science qu'il culti? ait et de la géo-
graphie» auxquelles M. Lefèvre a?ait déjà rendu et s*ap*
prêtait encore à rendre d'utiles services. Peu de jours
avant sa mort, il m'avait envoyé de Famekah , sous le
11* degré de latitude boréale et le 3a^ i5' de longitude
de Paris, quatre caisses pour le Muséum d'histoire
naturelle» dont il était le correspondant» et que j'ai
fait parvenir à leur destination. Elles contenaient des
échantillons de ses premières découvertes en géologie,
botanique» etc.» etc. A son passage à Alexandrie , je
lui avais principalement recommandé de m'informer
des ressources et des avantages que les pays qu'il tra-
verserait pourraient offrir à notre commerce. Je
reçus de lui la lettre suivante» qui donne aussi des dé-
tails géographiques fort curieux sur des pays entiè-
rement inconnus jusqu'alors.
ji Monsieur Cochblbt , consul général de France en
Egypte et dépendances , etc.
Keri-Mohammed- Ali-Polis , ce 36 mai iSSg.
MoffSIBlIR LE CONSUL GÉNÉRAL »
Je VOUS ai promis , lors de mon départ d'Alexandrie»
et dans ma dernière lettre , quelques notes sur le com"
merce de ces contrées. Voici celles que j'ai pu me .
procurer.
Depuis Kartoum jusqu'à Fasoglo » les rives du fleuve
( S69 )
Bleu fouriiissenlau vice roi d*Lgyple, du beurre , des
peaux de'bœuf, du doura, du tamarin , de la gomme,
un peu d*or que les hubitanls appoiieDt pour payer
leurs conlribulions, lorsqu'ils ne peuvent pas le vendre»
ce qui arrive 1res rarement; car ils préfèrent le vendre
à perle à un élrangerque de le céder au gouvernement,
parce que les Turcs qui perçoivent les contributions
ont des poids exacts pour livrer au gouvernement, et de
faux pour recevoir du nialbcureux qui a pesé son or
chez lui » et lorsqu'il est au divan , il faut qu'il y ajoute
quelquefois jusqu'à un quart d'once. Celle mauvaise
foi des employés prive le gouvernement égyptien de
percevoir l'impôt du Soudan tout en or, comme cela
avait lieu autrefois. Celte contrée fournit encore une
espèce de toile de colon» nommée mamour , analogue
aux toiles de lin que l'on fait dans la Haute-hgypte. Les
djèlabcs ou marchands sont les seuls qui viennent tra-
fiquer avec les habitants de Kartoum, Wouadi-Médine,
leSennaar, Ressorcs; et, enfin une fraction va jusqu'à
Fasoglo. Ënlre ces deux derniers endroits soumis au
pacha , il y a des Arabes errants qui s'avancent sur la
route, assassinant pour voler. Quelquefois les cheiks de
certains endroits se permettent même de faire contri-
buer ces marchands. Plus loin , ils sont exposés à mille
dangers de la part des habitants des montagnes, qui se
font une guerre continuelle. Ceux qui s'exposent sont
des gens qui habitent ordinairement le pays situé entre
Resseres et Fasoglo, qui souvent sont parents ou alliés
à quelque mecke (roi) de ces contrées. Leurs retulions
avec les meckes des montagnes qu'ils parcourent leur
donnent une certaine sécurité dans les dépendances
de CCS rois, il ne leur reste alors de danger que la
route d'une montagne à une autre ; car, s'ils sont ren-
( s6S )
contrés par aoe troupe qui leur soit supérieure en nom-
4
bre , Tapp&t de ce qu'ils possèdent les fait altaquer ,
et assassiner s'ils sont les plus faibles : aussi sont-ils
armés d'armes à feu , ce qui leur donne un avantage
sur leurs adversaires* qui ne le sont que de lances ;
aussi tous les hommes et les enfants s'habituent ils
à ne pas faire un pas sans avoir leurs lances et
leurs boucliers. Ces marchands apportent du Caire
des conteries de Venise, des sabres droits faits en
Allemagne, des tapis de Syrie, des dattes du Don-
gula, des toiles blanches bordées de franges rouges •
des madrépolanes , quelques pièces d'indienne d'Eu-
rope. Ces derniers objets sont de luxe et se vendent
très bien. Les habitants de ces contrées, qui ont de
l'argent» sont friands de sucre; ils recherchent aussi
l'eau de lavande , qu'ils échangent avec des morceaux
d'or de la valeur de 5^7 francs, qu'ils donnent pour
une fiole de celte eau. Cette eau sert aux hommes k se
parfumer la tête. Les femmes des grands la projettent
sur des charbons placés dans un trou circulaire de 3o
à 35 centimètres de diamètre et de 4o à 45 de profon-
deur. La femme se place au-dessus et recouverte d'une
toile propre à retenir l'essence volatilisée ; elle se dis-
pose de façon à en diriger la vapeur sur des organes que
l'exercice a trop excités. L'huile essentielle de santal sert
â oindre le corps et les cheveux des grands des deux
sexes. Cette huile vient de l'Inde par Souakem. On
tire aussi beaucoup de sucre de ce continent. Le peu-
ple se sert de beurre pour se oindre le corps et la tète.
Les femmes des grands préfèrent une huile
qu'elles nomment delka, qui est composée de diverses
essences retenues dans de la moelle de bœuf, avec
laquelle le soir elles frictionnent le corps de leurs
( «64 )
maîtres et le leur ; c'est ce qu'elles nomment faire le
delka. Chez ces peuples» ces frictions donnent réveil
à leurs sens.
Le commerce de toutes les montagnes situées é
Touest et au sud-ouest de Resseres et de Fasogio étant
n peu près le même que celui de la montagne de Cas-
san » je passe au commerce de cette dernière, où les
djèlabes apportent du doura, du sel» des toiles de co-
ton fabriquées du côté de Resseres, des conteries de
Venise , dont les deux sexes sont amateurs ; quelque-
fois du sucre , et enfin des esclaves qui se vendent
pour de l'or. Voici quelques prix : un enfant mâle de
cinq à six ans se Tend un quart d'once d'or; au des-
sus, il se paie une demi-once ; un enfant de douze à
quinze ans une once d'or ou oki; un homme de vingt à
vingt cinq ans une once et demie. Il faut qu'il soit très
fort pour dépasser ce prix de moitié. Les petites filles
sont moins chères que les petits garçons de six ans ;
mais passé cet âge, elles augmentent de valeur. Celles
de dix à quinze ans sont les plus estimées; leur beauté,
leur embonpoint, ainsi que leur forte constitution, les
font valoir beaucoup plus qu'un homme , car elles se
vendent de deux à quatre oki. Au-dessus de cet âge, et
plus elles s'en éloignent, plus elles perdent en va-
leur. Alors elles sont employées aux usages domes-
tiques, à aller chercher de l'eau, i transporter de
lourds fardeaux, aller chercher le bois, etc. Celles qui
ont la quarantaine servent à écraser le donra sur nne
pierre pour faire la farine avec laquelle on fait le ki-
sera, bouillie analogue à celle de mais que mangent
les Basques, on la mérisa , espèce de bière que boivent
lesoirlesgensdecettecontréedc l'Afrique. En échange,
les cens de Cassan donnent de l'or qu'ils retirent des
( «65 )
terrains aurifères qui sToisinent les bords du Tournât;
ils paient aussi avec de For retiré des sables , mais
fondu et passé à la filière . afin d'en faire des fils de
diverses grosseurs, dont ils font des anneaux d'un poids
déterminé. La chaîne de montagnes nommée Dar-
Fôq, pays situé sur la rive occidentale du Tournât ,
commence à Logo, situé à trois ou quatre heures au
sud de Cassan. Ce pays continue jusqu'à la montagne
Dighecha , située à trois journées de marche au
sud de Benichangoul ou Singué. Cette chatqe est
composée de hautes montagnes courant du sud au
nord y où elles sont relevées. Le seul produit qu'elles
offrent aux peuples nombreux qui les habitent est l'or
qu'ils extraient des sables aurifères, qui recouvrent
presque généralement les bords des torrents que ren-
ferment les flancs déchirés de ces montagnes. Ces
peuples achètent tout avec l'or , car le peu de doura
qulls sèment pendant la saison des pluies ne peut suf-
fire à leur nourriture: aussi sont-ils obligés d'en ache-
ter de grandes quantités aux marchands de Resseres, h
cause de l'immense consommation qu'ils font de me-
rise , avec laquelle ils s'enivrent chaque soir. Au-delà
de cette série de montagnes le pays n'est pas connu.
A l'onest , on prétend que ce sont des plaines qui con-
tinuent jusqu'à Denca. Les montagnes de Singué ,
placées au centre de cette chaîne ^ et situées à une
journée de marche au sud-ouest de Cassan , ont sur
leur versant oriental le rillage de Benichangoul, où se
tient le mecke de ces montagnes. C'est aussi l'endroit
où se lient un grand bazar chaque année avant la sai-
son des pluies (fin d'avril). C'est à ce bazar que les
gens des montagnes environnantes viennent s'appro-
visionner pour passer la saison des pluies. Le second
( s66 )
grand bazar se lient k Farmaca. Les lances qui arment
tous les habitants de ces monlagnes proviennent du
Beriha ou de Fadasi.
Les gens de Resseres ou de Fasoglo vendent du
doura ajax montagnes précédentes pour de Tor qu'ils
tâchent de revendre pour des about nocta (père de la
goutte ). Ce sont des talaris de Marie-Thérèse d*Autri*
che. Tous ne sont pas reçus dans le commerce; il faut
qu'ils aient pour être bons les lettres S E au bas de
l'effigie; que le nœud qui soutient la robe au-dessus
de l'épaule soit entouré de perles ; que les perles qui
surmontent le diadème de cette impératrice soient
aussi très bien marquées : alors l'about nocta est bon ;
s'il ne remplit pas ces conditions ou s'il y a quelques
perles d'effacées j il ne vaut rien. Avec cette monnaie »
qui est très recherchée» on trouve toujours de l'or à
acheter à 3so piastres ou 16 talaris l'once de 5» ■^"- 64»
tandis que » avec les anciennes piastres d'Egypte , il se
paie 35o piastres l'once. Si les marchands ci-dessus
ont trouvé près de Resseres à se ^défaire de leur or
pour des about nocta , ils vont à Galabate ou à Gondar
en Abyssinie acheter des esclaves qu'ils vendent sur la
route de Resseres à Kartoum , pour des about nocta
de préférence à toute autre monnaie ; alors ils retour-
nent encore acheter en Abyssinie des esclaves qu'ils
revendent de la même manière. S'ils n'ont pu échan-
ger leur or contre des about nocta, ils l'échangent con-
tre du doura, des conteries, et retournent s'exposer de
nouveau dans les montagnes précédentes.
Les habitants do Resseres et Fasoglo revendent à
Tépoque des pluies (avril et mai) leurs marchandi-
ses aux. diverses peuplades qui avoisinent leur pays •
ensuite vont à Gondar se défaire du restant pour
( "«7 )
des dénis d'éléphants , d'hippopotames, pour du sel,
du miel et de la cire jaune ; d'autres portent des tala-
ris about nocta avec lesquels ils achètent les esclaves,
comme nous l'avons dit; Ces about nocta sont telle-
ment recherchés des Abyssiniens, qu'ils les estiment
quelquerois plus de deux fois leur valeur. Cette mon-
naie étant la première introduite dans ce pays, les habi-
tants n*en veulent pas d'autre.
Au nombre des provinces de l'Abyssinie qui avoisi-
nent les rives du fleuve Bleu , est celle dite Gallas-
Libane , située vers le sud-est de Resseres et le nord-
est de Fasoglo. Celte province est composée de peuples
guerriers très redoutés des Gomous. Ils ont Thabi-
tude de faire la guerre pendant la nuit , de tuer les
hommes, et de faire les femmes et les enfants esclaves.
Us sont peu sociables ; malgré cela , ils font des échan-
ges avec les peuples qui les avoisinent. Leur pays
fournit peu d'or, du café, des chèvres, des moutons,
des bœufs , des chevaux , du miel , de la cire et des
toiles de coton en abondance. Ces toiles sont blan*
ches ou bleues, et beaucoup de ces dernières sont à
fond blanc rayé de bleu ; d'autres sont rouge écarlate.
Ces toiles rouges sont très estimées ; elles servent à
rayer le bas des chemises blanches et des fardas que
portent les gens riches, ce qui est chez eux un luxe.
Les Gallas échangent ces chemises contre quatre ou
cinq morceaux de sel que leur apportent les habitants
de la province deGodjam située à l'est de Gpndar. C'est
dans cette dernière province qu'on exploite le sel
gemme , et c'est par erreur qu'on dit sel des Gallas ,
puisqu'ils ne se procurent ce sel que par échange. Ce
sel sert aussi de petite monnaie dans ces contrées ;
d'où lui vient le nom d'amolé sogueda (mesure de sel).
( «68 )
Les morceaux de ce sel ooi un empan de longueur; on
les subdivise en quatorze doigts pour les petites dépen-
ses. Les Gallas échangent les objets ci-dessus contre
des sabres droits, des lances, des conteries de Venise ,
des about nocta, et contre de Tor.
Le Bertha est constitué par une série de montagnes
qui commence à Fasoglo et finit à Binbichi , situé sur
la rive orientale du Tournât, et à quatre journées de
marche au sud-est de Benicbangoul. Il est formé par
de hautes montagnes courant du nord au sud où le sol
s'élève. Il est par les indigènes divisé en trois par-
ties. La partie inférieure , attenante aux possessions
turques , embrasse les montagnes situées sur les deux
rives du fleuve, depuis Fasoglo jusqu'à la rive orien-
tale du Tournât , s'appelle Djebel-Aouine ( montagne
des montagards ) ; elle s'étend au sud jusqu'à Fadoca.
Le dar Kamamil ou la seconde partie du Bertha, corn*
mence h la montagne de Fadoca , continue jusqu'à
Bimbichi ; ses limites sont l'Yabouse et la rive orien-
tale du Tournât. Le dar Fôq est placé en regard sur la
rive occidentale du Toumat , comme noua l'avons dit.
Le Bertha produit de l'or qu'on extrait des sables au-
rifères, du doura, du fer. Les Gallas méridionaux y
portent du sel, du miel, des bœufs, du beurre, des es«
claves , qu'ils échangent contre des sabres droits , des
lances , des conteries , etc.
Le pays des Bimbichi, situé au sud du Bertha, a pour
capitale Fadassi. qui est l'endroit où l'on fond et où
se travaille la plus grande partie de l'or recueilli dans
la partie centrale de l'Afrique orientale ; c'est aussi
l'endroit où se tient le plus grand basar de cette par-
tie do l'Afrique. Voici la route que suivent les mar-
chands qui vont de Fasoglo à Fadasai. De Fasoglo à
(«69)
Gassan » un jour de marche ( douze heures ) ; de Cas-
san èiBenichangouly un jour; de Beuichangoul ou Sin-
gué à Reriné, un jour; un jour de Keriné à Fassadour;
an jour de Fassadour à Bibi ; un jour de fiibi à Gaon ,
el une demi- journée de Gaon à-Fadassi.
Voilà , monsieur le consul-général , le peu de notes
que j*ai pu recueillir jusqu'à ce jour au milieu de mes
nombreuses occupations et de mes dangereux voya-
ges; î'espère les compléter si' ma santé continue d'ê-
tre bonne.
Je vous adresse une copie du rapport que j'ai envoyé
à Son Altesse , dans lequel vous verrez combien je
l'engage à faire après le Carif une expédition militaire
jusqu'au-delà de Fadassi. Si elle est dirigée dans le
sens que j'indique , il y a tout lieu de croire qu'elle
sera profitable aux intérêts de Son Allesse; au moins
tontes mes connaissances en géologie , ainsi que toutes
les informations commerciales et autres que j'ai prises
sur le pays» me portent à le penser. Je joins aussi à
votre pli une lettre pour M. Arlin-Bey, afin d'être
sâr qu'elle lui parviendra; vous pouvez en prendre
connaissance avant de la lui envoyer; vous y trouverez
quelques détails circonstanciés sur l'expédition de Fa-
doca qui pourront vous intéresser.
Daignez agréer , monsieur le consul général , l'ex-
pression de ma gratitude » etc.
LsFkVfiE.
( »7o )
NoTB sur la hauteur de Paris au-dessus de r Océan ,
par M. JoMARD.
Il résulte de la comparaison faîle entre les diffé-
rentes mesures directes opérées pour le nivellement de
la Seine, et les calculs des ingénieurs du Dépôt de la
guerre, une différence assez notable pour la détermi-
nation de la hauteur du zéro de l'échelle du pont de
la Tournélle au-dessus de la mer. Les ingénieurs des
ponts et chaussées ^ M. Poiret et ses collaborateurs )
ont opéré ce nivellement de Paris au Havre avec une
précision très grande; ils répondent à un décimètre
près de l'exaclilude du nombre trouvé ; ce nombre
est : hauteur au-dessus de la mer moyenne » 25*, 70.
D'autres ingénieurs des ponts et chaussées, MM. Em-
mery et Mary, ont trouvé que le sommet de la coupole
de la lanterne du Panthéon était élevé au-dessus du
zéro du pont de la Toumelle de ii7*,74* Tels sont
les éléments trouvés par le corps des ponts et chaus-
sées par des mesures directes. C'est le chiffre qui en
résulte qu'il faudra comparer avec les résultats des opé-
rations géodésiques.
Or, les ingénieurs-géographes ont obtenu trois ré-
sultatSy différant très sensiblement entre eux, pour la
hauteur de la coupole du Panthéon au-dessus de l'O-
céan , par les triangles conduits sur Cherbourg , sur
Cancalle et sur Brest. Les nombres sont i43'',44f
j43",84i lA^^^jâ; du moindre au plus fort la diffé-
(«7« )
rence est de i*»5ii. Il est vrai que la hauteur dont il
s*agit a été prise au-dessus du niveau moyen de la mer»
c'est-à-dire entre la marée basse et la marée haute.
D'après l'établissement des ports» il y a une diffé-
rence notable selon les lieux et selon les temps : c'est
une raison de plus qui explique la variation de i»32
qui, sur i45'",44» représente prés d'un centième. Il y a
quelques doutes sur la chaîne de triangles du parallèle
de Brest, et ce point est très éloigné de l'embouchure
de la Seine. Le point de Gancalle en est moins éloigné ;
mais il en est séparé par une langue de terre qui s'a-
vance vers l'Angleterre , et qui forme le département
de la Hanche. De Cherbourg au Havre . au contraire »
point d'obstacle, et la distance est médiocre.
D'un autre côté , il convient de former deux groupes
distincts des résultats obtenus par les deux méthodes »
avant de les comparer ensemble , plutôt que de pren
dre des moyennes pour chaque partie des opéra-
tions.
La hauteur trouvée par les ingénieurs-géographes, de
la coupole au-dessus de la Tournelle, est de 1 1 7"'i47 »
cette mesure diffère de 0^,27 en moins avec celle des
ponts et chaussées.
Maintenant» si on ajoute les deux mesures partielles
trouvées par les ponts et chaussées» c'est-à-dire 1 1 7"»74
avec 35"*.70, on trouve pour la hauteur totale du Pan-
théon au-dessusdela mer moyenne au Havre 14^"*» 44»
celte mesure s'accorde pleinement avec la mesure
géodésique de la hauteur du Panthéon au-dessus
de la mer moyenne à Cherbourg, et même sans
aucune différence par rencontre fortuite ; mais c'est
une grande présomption en faveur de l'exactitude
du nivellement direct. On ne voit donc pas de
{ 27« )
motifs suffisants pour augmenter d'un 46« Iflt mesure
(le a5",7o trouvée par les ingénieurs des ponts et
chaussées (i). Nous pensons» i* qu'il ne faut pas pren-
dre une moyenne enlre les moyennes provenant des
deux natures d'opérations, et que celles-ci doivent être
distinguées et non confondues; a° que les différences
entre les diverses hauteurs géodésiques du Panthéon
au*dessusde la mer, et la hauteur au-dessus de laTouF-
nelle, doivent être établies avec les seules mesures des
ingénieurs-géographes; 3** que la hauteur géodésique
au-dessus de Brest ne doit pas être comparée avec la
hauteur au-dessus du Havre « et qu'il en est de même
de celle de Cancalle^ 4** enfin, qu*il faut s'en tenir à
la mesure de sô'^jo trouvée parle nivellement direct,
laquelle se trouve parfaitement d'accord avec la mesure
géodésique déterminée par rapport à Cherboui^.
Nota. On a fait obsei*?er que le niveau moyen de la
mer pouvait être modifié et plus élevé à l'embou-
chure de la Seine qu'ailleurs ; mais les ingénieurs des
ponts et chaussées ont pris leur mesure au niveau
moyen qu'ils ont trouvé constant, entre la mer de
inerte eau et la mer de vive eau.
(i) La cote adoplëe récemment pour exprimer la hauteur du o de
la Toumelle au-dessus du niveau moyen de la mer est aG^ysS.
( Gompte-rendu de l'Académie des sciences, fbme XIV, lo.)
( «75)
Note sur les tra^^aux ds la Société des AtUiquaires du
Nord, de Copenhague^ par M. db la Roqubttb.
Dans la séance générale que la Société a tenue , le
«7 janvier 1849 , sous la présidence du prince royal,
H. le professeur Rafn a fait son rapport annuel sur les
travaux de Tannée 1 84 1 •
Parmi les ouvrages publiés par ordre de la Société
ou qui doivent être insérés dans ses Recueils, nous
avons remarqué :
1* Annales pour la connaissance des antiquités du
Nord, i84o-i84i.
a* Le tome r*" d'une nouvelle collection des anciens
Sagas d'Islande dans le teite original, accompagné
d'une carte de l'antique Islande eiàe fac-similé;
5* Le tome III des Relations historiques des actions
et des voyages des Islandais, composées en langue da-
noise , par M. Peterseu ;
4^ Des Mémoires ,
De M. Westergaard, sur les rapports qui existent
entre le sanscrit et l'islandais ;
De H. le professeur suppléant Liudberg, sur les mé-
dailles ou monnaies frappées parles émirs buidisques
( btddiske E mirer ) ;
De M. Finn Hagnussen, sur l'introduction etla pro-
pagation de l'astrologie dans le Nord ;
De M. Schiem , sur les plus anciennes émigrations
de la Normandie en Italie , et sur les expéditions des
Normands en Sicile ;
De H. le Prévôt Sabinin de Weimar, intitulé : Coa^
XVII. AVBIL. 4* *^
[ «74 )
palo, divinité païenne des Slavo-Russes, comparée a?ec
Baldur des anciens Scandinaves.
De M. Petersen» sur la reine Gunnild, et sur d'aulres
sujets relatifs à la littérature et à l'histoire de la Scan-
dinavie.
Le Prince Royal, président et protecteur éclairé de la
Société, l'a entretenue dans cette séance d*une pierre
runique, trouvée dans la maison d'un paysan entre Roi-
ding et Fredericia, et restée jusqu'à ce moment incon-
nue. Il a annoncé en même temps qu'il se proposait
de faire faire incessamment des fouilles dans les envi-
rons de Frederiksgave , sa résidence d'été dans l'Ile de
Fionie» contrée riche en monuments des temps an-
ciens, et qu'il s'empresserait d'en communiquer les
résultats.
L'un des objets les plus curieux envoyés depuis
peu au musée des antiquités du Nord , signalé par
Thomsen , est un encensoir sur lequel on lit des carac-
tères runiques avec l'inscription latine : Jacobus Rafus
mefedt. M. Thomsen cite aussi parmi les raretés que
le musée a recueillies une ceinture en or et ai*gent sans
aucune espèce de soudure, et qui a probablement servi
d'omemenl à la statue de quelque ancienne divinité»
Ce morceau précieux» par la matière et par les orne-
ments a été trouvé dans une tombelle près d'flelles-
ted» et offert par M. le comte de Moltke, ministre
d'État et des finances de Danemark, qui a donné quel-
ques renseignements curieux sur les circonstances aux-
quelles on a dû cette découverte.
Les rob de France et des Pa}s>Bas, et l'empereur
de Russie, ont fait don è la Société de plusieurs ouvra-
ges remarquables.
La Sociélé vient d'admettre au nombre de ses mem-
( «yS )
brés le prince Michel Slurdza, liospodâr de Moldavie;
don Benigno de Carvaibo e Cunha , chanoine de Ba-
bia; le conseiller d^tat Genty de Bussy, de Paris; le
conseiller d'État Erdmann , de Dorpat ; et le marquis
Cesimo Aidolfi , de Toscane.
ExTBâiT d*une lettre de M. Artin-Beyà M. Jomabd,
directeur de la mission égyptienne en France.
Le Caire , a février 184».
Nous voilà depuis plusieurs mois installés au Caire.
On s'y occupe beaucoup de la réorganisation des
principales branches de l'administration , dont les
circonstances que nous avons traversées avaient néces*
sairement dû retarder l'amélioration.
Dans les ordres qu'elle a donnés à cet égard » Son
Altesse ne pouvait pas oublier l'instruction publique»
objet constant de sa sollicitude. L'état de paix» une
domination moins vaste , devaient amener des modifi-
cations dans le système et la composition des écoles.
Hais le vice-roi a voulu que les réductions qui pou-
vaient résulter d'une nouvelle organbation portassent
»ur le nombre des élèves, dont les services publics exi-
gent aujourd'hui un nombre moindre, et non par sur
les moyens d'instruction. L*école préparatoire qui était
établie à Abouzabel a été réunie à l'école des lan-
gues sous les ordres du cheikh Refa'h. L'étude de la
langue française a été introduite dans le programme
de l'école préparatoire pour les élèves des deux pre-
mières divisions. Pour les autres écoles, le nombre des
( «76 )
élèves â élé reistreint dans la proportion des bésoioâ
actuels da service. Les écoles primaires des provinces
ont été concentrées dans les chefs-Iieax oit les moyens
d'inspection et de surveillance sont plos A la porié« de
Tadministration. Enfin , une m«illeure direction , une
impulsion plus forte ont élé données à l'ensemble des
éludes. Soliman-Pacha a été nommé inspecteur géné-
ral des écoles militaires, qui continuent toutefois A
èlre placés dans le département de Tinstraction pnbli*^
que , et réunissent par cette combinaison à Tavantage
d'être dirigées sous le rapport de l'instruction par un
habile militaire » celui de ne pas être en dehors du
système général de l'enseignement public. Il résulte
donc du travail de la commission, dont j'étais mem-
bre, que les nouveaux arrangements, loin d'être»
Comme ont cherché à le faire croire certains nouvel-
listes mal intentionnés , une réaction contre les idéêê
de progrès » marquent au contraire un pas de plus dims
la voie des améliorations.
Pendant que, sous les inspirations du vice-roi , nous
réalisons ici des réformes d'un aussi grand intérêt ,
Son Altesse , qui parcourt depuis trois mois là Hadte^^
Egypte, présidait en personne à des améliorations
d'un égale importance. Pour détruire autant quHI dé-
pend d'elle les entraves dont le commerce avait à se
plaindre , elle a commencé par supprimer les lignes
de douanes établies etaitre Cartoum et Alexandrie , en
ne laissant plus subsister que la douane d'Assouân, oA
les droits d'entrée seont acquiilés. Elle A en mèttie
temps porté son attention et l'activité que vous lui
connaisse): sur les besoins àé l'âgricuttof ê. Tons lés
IrâVaot que d'impérieuses circonstances avaient Aitt
suspendre ou négliger ont été repris ; une grande pnf-
( «77 )
fU de ce» Iraraux est déjà achevée * et le reste le sera^
dans le cooraBt de la saison. Vous comprendrez la pro-
digieuse impulsion que le nce-roi, par sa présence , a
donnée à ces opéralioflo capitales» quand [ejous dirai
qu'en canaux» digues» etc.^ il vient d'être fait qua^
mate millions de mikres cubes de terrassements. J 'écris
en toates lettres pour que vous puissiez croire à ce
chiffre. En outre « soixante-huit ponts » barrages ou dé-
versoirs ont été entrepris , et sont en pleine conslruc-
tioa. Des travaux analogues s*exécutent également dans
la Basse-Égypte sous la direction d'Ibrahim-Pacha »
d'Ahbas-Pacha et de Said-Pacha* Je n'ai donc pas
besoin de vous parler de la santé de Son Altesse ; vous
voyez que,gràce au ciel» c'est toujours le même homme*
tantpour la force physique que pour l'énergie morale.
Nous ne savons pas au juste quand le vice-roi sera de
selour au Caire. Je crois toutefois que ce sera assez,
prochainement ; car il vient de nous expédier l'ordre
de faire terminer prompteooent l'observatoire du Caire,
qu'il veut » dit-il, visiter et trouver fini à son arrivée ici.
Signé AaTiN-BsT.
Lettre adressée à M^ Coceelet par M. D'Ave^ac.
Paris, to uiaf 184^.
MOHSIEUR ET CHSa C0IIFB6bB »
Au moment où vous mettez sous presse le Bulletin-
du mois d'avril , confié à vos soins , je reçois de Londres
quelques nouvelles géographiques , que je m'empresse
de vous transmettre , dans l'espoir qu'elles arriveront
assez tôt pour trouver place dans votre cahier.
Mon excellent ami le capitaine William Allen , au^
(«-8)
quel nous deîoos la belle reconnaissance du Kouftrà
publiée par l'amirauté anglaise , et un charmant album
de vues du Niger, exécutées par lui sur les lieux mêmes,
et publiées à Londres avant son départ pour la seconde
expédition, si cruellement avortée : Allen, dis-je, à
peine rétabli de la fièvre africaine, vient de repartir de
'^Ascension avec les deux bateaux à vapeur le H^i/ber-
force et le Soudan , pour une troisième visite au fleuve
meurtrier » dont il brave les dangers avec un courage
si constant, une abnégation personnelle si grande, une
sérénité si parfaite. Trompant en quelque sorte le dé*
couragement qui s'est emparé du gouvernement de sa
patrie à la nouvelle des désastres dont le capitaine
Trotter était venu rendre compte^ Allen échappe, par
cette résolution inaltendue,aux ordres de l'amirautéqui
devaient suspendre toute nouvelle tentative et mettre
fin à l'expédition , mais qui ne lui étaient pas encore
parvenus. Au surplus , il est appelé par l'état périlleux
où se trouve rétablissement anglais du mont Stirling ,
au milieu de peuplades barbares et sans foi : peut-être
n'ira t-il point au-delà ; mais son pinceau facile fera
nouvelle provision de dessins, son accordéon appren-
dra i répéter quelques airs africains de plus , et sa
mémoire s'enrichira encore de vocabulaires indigènes.
Nuls vœux plus fervents que les miens ne le suivront
dans l'accomplissement de ses hardis projets*
Dans le Bulletin de février, dont j'avais la chai^ge ,
l'ai inaéré quelques communications relatives i la dé-
pression de la mer Morte ; Testimalion approximative
qu'en avait faite, en 1837 , M. Beke , n*} est point ou-
bliée : ce voyageur se croit en droit de soutenir, contre
l'opinion qui prévaut aujourd'hui chez nous, que le
Jourdain a dû couler originairement dans la mer
( «79 )
Rouge, et qu'il n'a été arrêté que par des confuhioDS
iFolcaniques. Il fait valoir h ce sujet des considérations
prises de l'élévation relative de la source du Jourdain
au-dessus de TAqabah d^Aylah. des formes du Wèdy-
el-Ghour, et surtout des texies bibliques. Les mêmes
motifs m'avaient fait objecter^ il y a long-temps, à l'o-
pinion de notre savant critique M. Letronne, la pos-
sibilité d'un mouvement de bascule qui eût causé à la
fois la dépression de l'Asphaltide et le relèvement d'El-
Satbehh ; mais )e n'avais garde de considérer ceiie pos^
sibUiiéj quelque plausible qu'elle fût, comme un fait
historique démontrable.
D'autres nouvelles, qui me sont adressées de Lon-
dres, se rattachent à l'essai sur la géographie du pays de
Scoumàl, que j'ai pareillement inséré dans le Bulletin
de février. Le capitaine Haines, qui commande à Aden,
a reçu du capitaine Harris ( chef de l'expédition dont
j'avais entretenu la Société de géographie en août 1 84 1)
des dépèches intéressantes apportées d'Ankober, en dix-
huit jours, par le lieutenant Barker, de la marine in-
dienne. L'expédition est en bon état de santé, et dans de
bons rapports avec le Négous, avec qui elle vient de con-
clure un traité de commerce. Le capitaine Harris s'est
procuré, de la bouche d'un villageois de Goubourouah ,
près d'Aliu-Amba, des renseignements assez étendus
sur le pays de Harar. La position de la ville peut être
estimée à i5o milles sud -ouest de Zeyla', dans une
riante vallée entourée de collines où se pressent , sur-
tout pendantl'été, ungrand nombre de tribus; au nord,
ce sont les Gourgourah , musulmans , soumis au Eysa-
Sçoumâl ; au sud, les Gallas-Argoubba ; et à l'ouest, les
Galla-Nouly et Alaa', païens en général, bien qu'il y ait
parmi eux quelques musulmans ; ce sont d'excellents ca-.
( 98o )
?alicrs » qui surprennent et pillent les Harary sur les-
quels ils tombent à Tiniproviste; mais ils n'ont jamais
pu pénétrer dans la ville, qui est bien défendue par
une muraille de pierre et de glaise» de la pieds de
haut et de 3 pieds d'épaisseur , percée de cinq portes,
avec une garnison d'environ soo soldats armés de
fusils, une centaine de cavaliers avec de longs épieux»
et à peu près autant de fantassins armés de la même
manière ou tirant de l'arc : c'est bien assez contre des
assaillants qu'effraie la vue seule d'une arme à feu. La
ville possède une mosquée gjami' avec deux grands
minarets» et plusieurs mosquées secondaires; les mai-
sons sont bâties en pierres et pisé , à terrasse , et blan-
chies à la chaux; les souTces sont abondantes alentour»,
mais il n'y en a aucune dans l'intérieur de la place.
Le pays est bien cultivé» et produit du café, du blé» du
miel» de l'orge» et une grande variété de fruits. Il y
arrive et il en part de nombreuses caravanes» dont
quelques unes ont jusqu'à s »ooo chameaux; on peut esti«
mer à s»ooo balles le café qu'elles en exportent et qui
sert à la consommation de l'Europe. Le chef du pays
a le titre d'émyr» et le gouvernemenl y est héréditaire
comme dans le Schoa; la séquestration des princes de
la famille régnante » l'habillement, les coutumes et les
mœurs» offrent aussi la plus grande ressemblance avec
celle. du Schoa ; la langue parait un dialecte de Tank-
harâa.
D'un autre côté» le docteur Beke est allé de sa per-
sonne explorer le pays au sud d'Ankober , et a recueilli»
sur le cours des rivières» des renseignements qui pa-
raissent concorder avec ceux que m'avait transmis
M. d'Abbadie. Le capitaine Harris a , dit-on ». donné à
ce sujet beaucoup de détails » dont je n'ai point encore
connaissance.
( »8. )
Pour sa part» M. Haines promet une recoDDaissaDce
de la côte entre Rfts-Fellis et Berberah; il en a confié le
soin au lieuteiianl Ghristopher» de la marine indienne.
Enfin, l'on m'apprend que les amis de John Lander
viennent d'ouvrir une souscription pour lui élever un
monument dans le cimetière où ses restes ont été dé-
posés : c'est un hommage auquel nous ne pouvons
qu'applaudir sincèrement et nous associer de tout
cœur.
Traduction iPune inscription coufique grax^ee sur un mar-
bre que H. Gauttibr d'Arc a rapporté de Dénia ( Es-
pagne ) , et dont il a offert une empreinte au musée de
la Société,
Au nom de Dieu clément et miséricordieux. O vous,
hommes , craignez votre maître , et redoutez le jour où
le père ne pourra répondre pour le fils ni le fils pour
le père , en rien. Certes la promesse de Dieu est véri-
table., et ne vous laissez pas séduire par la vie du
monde , et que l'orgueil ne vous aveugle pas envers
Dieu. Car lui connaît l'heure fatale ; il fait pleuvoir ; il
sait ce qu'il y a dans les entrailles de la mère. Personne
autre ne sait ce qui sera demain. Personne ne sait
dans quelle partie de la terre il mourra. Mais Dieu
sait toute chose.
Levisirillustre, le secrétaire distingué» le nobleAbou-
Amer-Huhammed » fils d'Amer, fils de
que Dieu lui fasse miséricorde I Qu'il épanouisse
son visage! qu'il anoblisse son séjour! qu'il le place
dans le Paradis ! Amen. O maître du monde, que Dieu
soit favorable à Muhammed et lui accorde son salut ! II
mourut jeudi , 8 de Djoumada i*% de Tan 479 [ 1086
E. V.]. Avec le secours de Dieu et sa puissance. Amen.
( aSti )
DEUXIEME SECTION^
Actes de la Société.
EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES.
PBÉSIDBNCB DE M. LE CONTRE^AMIBAL DUMONT d'uBÎIUJI.
Séance du i8 mars 1849.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
M. le vicomte de Santarem rappelle que ce qu'il avait
dit à la précédente séance doit être entendu en ce
sens qu'il n'a jamais eu l'intention de disputer la prio-
rité d'un projet dont il n'a eu connaissance qu'a-*
près avoir lui-même fait graver plusieurs des cartes de
son atlas. Il ajoute que plusieurs savants en Europe
s'occupvnt de publications semblables , notamment
M. de Hacédo » secrétaire perpétuel de l'Académie de
Lisbonne , dont les travaux remontent à trente-cinq
ans.
M. de DemidofT écrit à M. le Président pour lui en-
voyer le complément des feuilles qui manquaient k la
carte de Russie par Schubert . dont il a fait hommage
précédemment à la Société. La Commission centrale
( 2^^ )
accueille cette offre avec un vif intérêt , et vole des
remerciements à M. de Demidoff.
M. J. Lucas, de Baltimore, écrit à la Société pour
lui offrir un exemplaire de la grande carte de l'État
du Maryland qu'il vient de publier d'après les docu-
ments les plus authentiques. Celle carte» dressée pour
faire suite à cellts qui ont déjà été publiées par d'au-
tres États de l'Union, est accueillie avec tout l'intérêt
qu'elle mérite.
H. Jomard Tait connaître le résultat des diverses me-
sures effectuées pour connaître la hauteur du zéro de
l'échelle du pont de la Tournelle au-dessus de la mer ;
la cote se trouve fixée à 26" sS. Il soumet quelques
observ.nlions à cet égard. Renvoyé au comité du Bul-
letin.
Le même membre lit l'extrait d'une lettre de M. Jer-
vis.datéede Malte, annonçant qu'il revient de l'Inde, et
que le colonel Mac Niven a assisté aux opérations géo-
désiques de l'ingénieur anglais Symonds pour le nivet-
lementdu pays compris entre Jaffa etla mer Morte. Une
chaîne de triangles a été établie, et il en résulte que la
mer Morte est abaissée au-dessous de la Méditerranée
d'environ 1,600 pieds anglais (i,5oo pieds de France) •
Il annonce ensuite la mort du célèbre écrivain de
Gœttingen^ M. Heeren , à qui les^ sciences géographi-
ques et historiques doivent de signalés services.
M. Jomard informe l'assemblée que M. Madden ,
voyageur présent à Paris pour quelques jours, lui a
assuré que l'Africain natif de Tomboctou qui accom-
pagnait Davidson à son retour au pays natal , a ap-
pris de son père qu'il avait une parfaite connaissance
du passage de René Caillié à Tomboctou , et qu'il l'a-
vait écrit à l'Anglais auquel il doit la liberté.
( «84 )
Le même membre termioe par la lecture d'une
lettre qui lui est adressée du Caire , et qui expose les
grands travaux de canaux et d*irrigation récemment
exécutés dans la Haute-Egypte par les ordres du vice-roi,
aujourd'hui entièrement livré aux soins de l'agricul-
ture et à la réorganisation des écoles publiques. L'ob*
servatoire du Caire sera bientôt fini. Renvoi de ces^
communications au comité du Bulletin.
M. Roux de Rochelle rend compte verbalement de
l'opinion de la Commission spéciale chargée de s'oc-
cuper du sujet de prix proposé par M** le duc d'Or-
léans.
H. le comte de Castelnau , qui vient de terminer un
voyage de plusieurs années dans les diverses parties de
l'Amérique, est présent à la séance. Sur la demande de
H. le président^ M. de Castelnau veut bien se charger
de préparer une lecture pour la prochaine assemblée
générale.
Séance du i^ avril i84»*
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
H. le ministre de la marine annonce que sur la de-
mande de M. le contre-amiral d'Urville • il a destiné à
la Société un exemplaire du voyage de VAstrolahe et de
la Zélée. La Commission vote des remerciements à
M. le ministre et à M. d'Urville.
H. le baron de Derfelden de Hinderstein adresse les
trois premières feuilles de sa carte générale de l'archi-
pel indien , ainsi que le Mémoire analytique qui les
accompagne. La Commission centrale vote des remer-
( «85 )
ciem^nts à l'auleur, el elle prie H. Daussy de lui rendre
compte de ce beau trataiL
D'après les observations de la Commission spéâale
chargée d'appeler de noayeaa l'attention sur le prii
ofTerl par S. A. R. le duc d'Orléans, un membre pro-
pose , 1^ de réimprimerie programme de ce prix, et
de prier MM. les minisires de la marine, du commerce
et des affaires étrangères de l'adresser dans les ports
militaires et du commerce ainsi qu'aux divers consu-
lats; s* d'ajouter au programme un mot qui explique
que c'est en France ou dans ses possessions que la dé-
couverte doit être importée.
Un autre membre en appuyant cette dernière pro«
position demande qu'on rédige ainsi ce passage da
programme ««..au voyageur dont les travaux géogra-
• pbiqoes auront procuré à la France dans le cours de
• i84s la découverte la plus utile, etc. »
M» le comte de Gastelnau communique h l'assem*
blée un Essai sur les Séminoles de la Floride , qu'il
se propose de lire à la prochaine séance générale*
Séance du ib avril i84s-
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
M. le professeur Reinganum adresse à la Société, de
la part de M. Jacobs, de Berlin, des Commentaires
sur Hérodote , dans lesquels l'auteur traite plusieurs
questions géographiques importantes. M. Jomard
veut bien se charger de rendre compte de cet ou-
vrage.
M. Jomard communique une lettre de M. Linant,
( 286 )
l'un des ingénieurs français au service du ?îce-roi
d'Égjpte. Celte lettre contient des renseighcments cu-
rieux sur les grands travaux de canalisation exécutés
par ordre de Méhémet-A4i, et sur les nombreuses amé-
liorations introduites depuis la paix dans l'industrie ei
l'agriculture. M. Jomard est prié de remettre un extrait
de cette lettre au comité du Bulletin, en y joignant les
observations qu'il a présentées à l'appui de la commu-
nication de M. Linant.
M. Barbie du Bocage appelle l'attention de ses col-
lègues sur l'importance des dernières commonicalions
faites à la Société par M. d'Abbadie, et sur Tinlérèt
que présente pour la géographie la carte dressée par
M. d'Avezac d'après les observations de ce voyageur.
M. de la Roquette, au nom de la Commission du
prix annuel, fait observer qu'elle a rendu justice aux
travaux de M. d'Abbadie dans le rapport qu'elle se
propose de faire à la prochaine assemblée générale.
M. Roux de Rochelle lit une Notice sur la vie et sur
les travaux géographiques de H. Chaumette des Fos-
ses, ancien consul-général de France, et membre de
la Société. L'assemblée écoule cette Notice avec beau-
coup d'intérêt et la renvoie au comité du Bulletin.
M. Gauttier d'Arc offre à la Société pour son musée
l'empreinte d'un marbre qu'il a rapporté de Dénia ,
et sur lequel se trouve une inscription coufique qui se
rattache au séjour des Maures en Espagne; il pense
que cette inscription peut offrir de l'intérêt A cause
de la rareté des monuments de cette espèce ; un zèle
religieux peu éclairé ayant porté long-temps les vain-
queurs à effacer les traces du peuple vaincu. La Com-
mission centrale remercie II. Gauttier d'Arc de ce don.
( •-^87 }
et invile le comité du Bullelin à insérer une traduc-
tion de cette inscription.
MEMBRES ADMIS DAKS LA SOCIÉTÉ.
Séance du \*' avril 184».
M. Luc Antoine Conti de Pouilhag , avocat.
Séance du ïi avril.
M. Guillaume Plate, docteur en droit.
OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ.
Séances des i\ et \% mars 184 9.
Par M, le ministre de la guerre : Tableau de la situa-
tion des établissements français dans l'Algérie en 1840»
I vol. in-fol. — Par M, de Demidoff : Carte de la Rus-
sie» parle général Schubert, feuilles n** ]4t iS, 17* 19,
20, 94* s&» 969 98, 3o, 33 et supplément n"' 37, 33 et
39. — Par M, Amêdée Tardieu : Atlas universel de
géographie ancienne et moderne, dressé par Ambroise
Tardieu, avec un texte explicatif par Amédée Tardieu,
I vol. in-fol. — Par M. Lucas : A map of the state of
Har) land , 4 feuilles. — Par la Société royale des sciences
de Nancy : Mémoires de cette Société pour i84o, 1 vol.
in- 8. — Par M. F. MilUroux : Émigration à la Guyane
anglaise , 1 vol. in-8. — • Par les auteurs et éditeurs :
Nouvelles Annales des voyages, février. — Annales
maritimes et coloniales , février. — Journal asiatique ,
janvier. — Revue scientifique, janvier, — Annales de
la Propagation de la Foi, mars. — L'investigateur,
)oumal de l'Institut historique, février. — Mémorial
encyclopédique , décembre et janvier. — Bulletin de
la Société pour l'instruction élémentaire, janvier. —
L'Écho du monde savant.
Séance du i*' avril.
Par M. rintendant général de la liste civile : Galeries
( 9»» j
hisloriques du palais de Versailles, tome Vil» in-3*.
— Par M, P. Jacquemont: Voyage dans l'Inde» par Vîc*
lor Jacquemont • 38« et 39® livraisons. — Par M, le
baron de Derfelden de Hinderstein : Mémoire analytique
pour servir d'explication à la carte générale des pos-
sessions néerlandaises dans le grand archipel indien
par le baron G. F. Von Derfelden de Hinderstein ^ pu-
blié par ordre de S. M. le roi des Pays-Bas , etc , 1 vol.
in-ii. — Carte générale des possessions néerlandaises
dans le grand archipel Indien. 1'* liv. , 3 feuilles. —
Par M* Morin : Mémoire sur celte question : Quelle
est la nature de la matière éthérée ou répulsive remplis-
sant Tunivers» etc. , in-8. — Mémoire sur cette ques-
tion : Ne faut-il pas rejeter en géologie le système des
soulèvements , etc. » in-8. — Mémoire sur cette ques-
tion : Peut-on arriver h prévoir le temps , au moins un
an à l'avance , etc. , in-8.
Séance du 1 5 avril.
Par M. A. de Demidoff: Voyage daps la Russie mé-
ridionale. Atlas, 8* livraison. Observations météoro-
logiques faites à Nijne-Taguilsk (monts Ourals) » broch.
in-8. — Par M. Gaultier d'Arc : Ceyian ou Recherches
sur Thistoire, la littérature, les mœurs et les usages
des Chingulais, 1 vol. in- 18. — Par M. Reinganum :
Commenta tionis de Herodoli mensuris, br. in-4*-
Par les auteurs et éditeurs : Annales maritimes et co-
loniales , mars. — Nouvelles Annales des voyages ,
mars. — Revue scientifique , février. — Annales des
sciences géologiques , février et mars. — Journal ^a
l'Institut historique , mars. — Recueil de la Société po-
lytechnique, février. — Bulletin de la Société pour
1 Instruction élémentaire, février. — Séance de la So-
ciété d'agriculture de Caen pour i84i« — Journal de
la littérature de France. — L'Écho du monde savant.
BULLETIN
DB LA
SOCIETE DE GEOGRAPHIE.
MAI i84d.
PREMIERE SECTION^
MÉMOIRES. EXTRAITS, ANALYSES ET RAPPORTS.
Une épouvantable catastrophe vient de priver la
Société de géographie du président de sa Commission
centrale , M. le contre-amiral Dumont d'Urvilie. Le
8 mai , jour néfaste pour la Société , cet illustre navi-
gateur qui» sillonnant toutes les mers, depuis plus de
trente ans, avait échappé aux dangers de sa périlleuse
carrière , a péri, encore dans la force de l'âge, sur un
chemin de fer à quelques lieues de Paris. Sa femme
et son fils unique, enfant de la plus haute espérance ,
ont partagé son triste sort.
Une Notice historique devant être consacrée plus
tard dans le Bulletin à la mémoire de notre infortuné
président , et les discours prononcés sur sa tombe ,
que nous donnons plus bas , retraçant les principaux
traits de sa vie , nous croyons devoir nous borner à
faire connaître ici que ses obsèques , dirigées par le
département de la marine , qui en a fait tous les frais ,
ont eu lieu le 16 mai. Le convoi était accompagné par
le bureau et par un grand nombre de membres de la
Société de géographie. M. Villemain , ministre de
l'instruction publique^ qui la représentait comme
XVI. MAI. 1. 19
( «9» )
son président, tenait les cordons du poêle avec MM. le
contre-amiral Labretonnière , Beaulemps-Beaupré et
de Jussieu, représentant le corps de la marine , le
dépôt des cartes et plans et l'Académie des scien-
ces. Le deuil était conduit . en l'absence de parents
de M. Dumont d'Urville , par MM. Hombron , chirur-
gien major de la corvette rAshvlabe et Vincendon-
Dumoulin, ingénieur -hydrographe de l'expédition
au pôle sud , que le minisire de la marine avait dési-
gnés spécialement pour présider ces obsèques. Tous les
amiraux et officiers de marine présents à Paris assis-
taient ao convoi , ainsi que M. le ministre , le secré«
taire-général du département de la marine, et la plu-
part des chefs et employés de ce département, et du
Dépôt des cartes et plans. On y remarquait aussi un
nombre considérable d'officiers de la garnison , des
pairs, des députés, un officier supérieur de la maison
du roi , venu dans une voiture de la cour, des membres
de rinstitut « du conseil royal de l'Instruction publi-
que , du Muséum d'histoire naturelle » etc. , etc. , etc. ;
les maire et adjoints du onzième arrondissement, et les
élèves du collège de Louis-Ie^^Grand, condisciples du
jeune Jules d'Urville.
Une souscripiion a été ouverte dans le sein de la
Société pour élever un monument à la mémoire de
M. le contre-amiral Dumont d'Urville, sans rien pré-
juger sur le lieu où ce monument devra être placé. La
Commission centrale a chargé son bureau d'examiner
plus tard cette question , ainsi que toutes celles qui s'y
rattachent. Les souscripteurs, dont nous donnons à la
fin de ce numéro les première et deuxième- listes se*
tont tenus au courant des dispositions que le bureau
prendra à ce sujet.
( «9^ )
Discours prononcé sur la tombe de M» le contre-amiral
Dutnoni xtUn^dk par M, Dumoulin 9 ingénieur hy-»
drograpfie de T expédition au pôle sud.
Messieurs ,
Je laisse aux hommes illustres réunis autour de ces
nobles dépouilles le soin de dire tout ce que résume de
gloire et de dévouement la vie publique de M. le contre-
amiral Dumont d'LVvillev
Vous , amis, dignes compagnons de voyage de Tin-
fortuné navigateur» vous dont je suis aujourd'hui lo
mandataire dans ces tristes adieux « souvenez-vous avec
moi de ces paroles sublimes qui peignent si bien le
grand caractère de notre illustre chef, lorsque, au
tnîlieu des glaces du pôle austral , nos navires luttant
corps à corps avec elles , attestaient par leurs débris
noire triste impuissance : « Une seule pensée , disaît^it,
peut troubler mon âme ; c'est celle que tant d*hommes
jeunes eticore et riches d'avenir doivent trouver idi
une mort glorieuse , il est vrai , mais que seul parmi
vous je pouvais désirer. •
Et lorsque reparaît Tétoile du grand capitaine , lors-
que, délivrés de ces étreintes de glace, libres enfin,
des terres nouvelles se déroulent devant clous, nous
avons un tédooignage dé son afTection paternelle , en
voyant nos nomis s'in^crite les premiers sur la carte
dés terres Louis-l^ilippé.
n est inutile de vous rappeler idi ôes longs sillons
tracés par PJsfrolûbe et la Zélée à travers ces ïners se-
mées d'écuéils; H. DuiHodC d'UrvilIe les avait ^i
souvent parcourues , qu'il nous guidait d'un pas as^
( «9« )
sure au milieu de ces lies nombreuses , sur chacune
desquelles il comptait un ami.
Reportez-Yous avec moi, messieurs» à cette époque
douloureuse où la mort, s'abattant sur nos corvettes ,
marquait d'un jour de deuil chaque découverte » cha-
que récolte acquise à la science : combien alors cette
grande âme fut cruellement éprouvée! M. d'Urville
avait vu succomber le tiers de ses compagnons; le sil-
lage de ses navires était semé de cadavres, les dou-
leurs les plus aiguës tourmentaient son corps , et ce-
pendant il n'hésita pas. t Bientôt, nous dit-il, nous
• allons disputer de nouveau à des pavillons rivaux la
» gloire de la découverte du pôle sud. • Et pas un mur-
mure ne s'éleva de ces équipages trois fois décimés
par les maladies , affaiblis par mille privations , et dé-
sireux, avc')nt tout, de revoir la patrie. C'est qu'il
avaitsu gagner raffeclion de ses marins; il avait su sur-
tout mériter celle confiance aveugle qu'ils Iih avaient
accordée , et seul il pouvait encore les conduire à des
dangers nouveaux. Quelques jours après , les couleurs
nationales flottaient les premières sur ces terres mys-
térieuses dont les glaces éternelles défendent les ap-
proches. M. le contre-amiral Dumont d'Urville venait
de doter le monde d'un continent nouveau, de la terre
Adélie.
A ce nom, je m'arrête. Trois cercueils sont de-
vant vous , amis; je n'ai pas une parole de consolation
à vous donner. Comme moi , vous avez aimé cette fa-
mille malheureuse. Adèle Dumont*d'Urville , digne
compagne de notre illustre chef, la mort nous a tout
ravi ; elle ne nous a même pas laissé ce fils chéri par
vous pour relever dans le récit de toutes les vertus que
nous avons connues.
( «95)
Et c'est lorsque nous croyions avoir atteint le terme
de nos souffrances , qu'il nous était réservé d'avoir à
confier à la terre ces dépouilles glorieuses comme la
plus forte épreuve à laquelle nous puissions être
soumis.
Adieu donc , notre illustre chef ! adieu , famille in-
fortunée ! Nous vous avions offert aiùour et dévouement ,
nous ne pouvons plus aujourd'hui qu'arroser votre
tombe de nos larmes 1
DiscovwiS pronoftcé sur la tombe de M, le contre-amiral
Dumont d*Urville ^ par M. S. Bebthblot, secrétaire-
général de la Commission centrale.
La Société de géographie ne pouvait être frappée
d'une manière plus cruelle que par la mort du prési-
dent de sa Commission centrale. Organe de ses senti-
ments et de sa douleur profonde» j'apporte en ce lieu
et sur cette tombe l'hommage de ses regrets.
C'est une bien triste préférence que celle qui est ac-
quise aujourd'hui , messieurs , à celui qui vous parla
souvent de l'illustre marin dans vos séances solen-
nelles, à celui qui était si heureux de proclamer hau-
tement les succès du savant navigateur, de l'homme
courageux qui fut son ami , et qu'il vit débuter dans
une noble carrière, alors que prenait naissance cette
marine nouvelle d'où devaient sortir plus tard tant
d'hommes recommandables par leur expérience, leur
savoir et leur dévouement à la patrie.
Mon cœur est trop oppressé en présence du désas-
( «9i)
Ire qui confond toute une famille dans le même tom-
beau» pour rendre l'impression douloureuse que j'é-
prouve. Le malheur qui nous frappe est là si inattendu
et si vivement senti , que la force et les expressions me
manquent pour le dépeindre.
Emule de gloire des Bougainville , des Cook* des
Vancouver, des Lapérouse , Dumont d'Urville occu-
pera un rang distingué parmi les navigateurs qui , de-
puis la seconde moitié du dernier siècle , ont le plus
contribué aux progrès de la géographie. Comme le ca-
pitaine Cook, qu'il plaçait toujours en première ligne,
il fit trois fois le tour du monde ; comme lui , il con-
çut avec un rare talent des projets de campagne qu'il
poursuivit avec constance et accomplit avec autant
d*habileté que de courage; de même que lui encore i^
nul de nos marins n'a plus honoré ce métier si pénible
pour ceux qui veulent en remplir dignement les de-r
voirs. Ah ! Dieu me garde de soulever le voile funèbre
qui couvre cette tombe pour vous montrer le déchi-
rant spectacle qui s'offrirait à vos regards I Assez d'émo-
tions ont affligé nos âmes dans ces jours de deuil!
Mais dans la destinée de deux navigateurs également
célèbres, il est, messieurs, une fatale coïncidence que
je ne puis taire : les compagnons <)e Cook ne purent
rendre les honneurs militaires qu'à quelques re&les
mutilés de leur infortuné commandant, et vous savei
tous quellç triste dépouille mortelle nous réunit autour
de ce cercueil!
C'est à la mémoire de l'historien qui écrivit l'élogo
de Cook et de Bougainville que nous rendons hom-
mage , à la mémoire du marin intrépide qui montra
de si vives sympathies |>our ses illustres devanciers , h
(«95")
Dumont d'Urville qui retrouva l'Ile înhospilalière où
les vaisseaux de Lapérouse vinrent se briser , qui éleva
sur les rochers de Vanikoro un modesle monumenl au
navigateur dont le souvenir vivra consacré par le mal-
tieur et la gloire, à Dumont d'IIrville qui rapporta en
France les vieux débris de ce grand naufrage I
Depuis quelque temps l'inexorable destin choisit ses
victimes parmi ce qu'il y a de plus éminent et de plus
regrettable parmi nous. Nos plus hautes illustrations
contemporaines semblent attirer les coups du sort »
comme ces monts élevés qui attirent la foudre. Du*
mont d'Urville. qui avait tout bravé sur les eaux, périt
par le feu I Mais des hommes tels que lui ne disparais-
sent pas tout entiers ; leur souvenir reste impérissable
comme leur àroe; l'histoire des sciences géographiques
a déjà enregistré dans ses annales les grands travaux
qu'il accomplit, et la patrie» qui récompense les ser-
vices rendus, inscrira son nom dans ses fastes. Ce nom
restera attaché aux extrémités du monde comme celui
des Magellan, des Baflin , des Cook, des d'Entrecas-
leaux; on le lira sur les cartes, comme sur cette tombe,
prés de celui de l'épouse qu'il chérissait , du jeune fils
qu'il aimait si tendrement. La terre AdéUe^ le mo t
JCVrville^ File de V Astrolabe , rappelleront le théâtre de
ses dernières découvertes et tout ce qu'il fit [pour la
science dans la mémorable expédition qui a répandu
tant de lumières sur des régions presque inconnues
avant lui. Les secrets que la nature avait cachés dans
des mers mystérieuses , la direction et la tendance de«
courants magnétiques, lous les phénomènes qui peu-
vent intéresser la navigation, le champ de l'hydrogra-
phie élargi par son audace, ses deux corvettes sortant
( agC )
victorieuses d'une lulte acbaroée contre des montagnes
déglace, le flambeau de Tobservalion porté jusqu'aux
dernières limites des mers navigables , le pavillon na-
tional saluant les terres LouiS' Philippe, à trois mille
lieues de la France, voilà les titres de gloire de celur
dont nous honorons la cendre! voilà ses droits aux
hommages de la postérité !
Les qualités morales du contre-amiral d'Urviile se-
ront appréciées par tous ceux qui l'ont connu dans
l'intimité, comme le sera aussi le sentiment d'admira*
tion que ses travaux scientifiques doivent inspirer à
tous ceux qui savent le juger. Chez lui, la force d'âme,
l'inébranlable volonté • l'audacieuse résolution, éma-
naient de Tintelligence quil'éclairait. Vous, messieurs,
qu'il présidait si dignement dans vos séances, vous
avez pu apprécier tout ce qu'il avait conservé d'affec-
tion sincère, de pensées nobles et désintéressées, de
dévouement à la science, tout ce qui restait d'énergie,
en un mot, dans un corps usé avant le temps par de
longues fatigues, assailli par de précoces infi^rmilés et
souvent tourmenté parla douleur, mais qui semblait
se ranimer par l'étude , en présence de devoirs toujours
consciencieusement remplis. Entouré de la considéra-
tion de tous, si simple dans la haute position que lui
avaient valu ses services, si reconnaissant des égards
et des distinctions que vous lui dispensiez, pouviez-
vous penser que vous auriez sitôt la douleur de le per--
dre?.... Mais, c'en est fait, il n'est plus parmi nous '
Cette fois, c'est pour toujours!....
Adieu, Contre-Amiral ! honneur et paix à ta cendre !
Que mes paroles te soient consolantes, s'il t'est donné
de les entendre du séjour de l'éternité; elles te sont
( «97 )
adressées par un ami et.au nom d'une Société fière du
brillant reflet que tu fis rejaillir sur elle. Adieu , Dû-
ment d'Urville , adieu !
NoTB sur les trauaux hydrographiques exécutés dans le
wyaume de Naples, extraite de la communication Jaite
à M. de LA RoQUBTTB par Af. le colonel Visgonti , rfi-
rectear du Bureau royal topographique de ce royaume.
J'avais pensé qu'il existait dans le royaume de Naples
un dépôt hydrographique semblable à celui que nous
possédons en France, et pour compléter un travail que
je prépare depuis plusieurs années» j'avais prié M. le co-
lonel Visconti d'avoir la complaisance de me tracer l'his-
toire de ce dépôt, en y joignant une notice chronologique
de ses travaux. Il résulte des renseignements que ce sa-
vant ingénieur m'a donnés au mois de novembre 18&1,
qu'un semblable établissement, dont on m'avait assuré
que la direction lui était confiée , n'a jamais existé. Le
Bureau royal topographique à la tète duquel M. le co-
lonel Visconti est placé n'a pour objet que les travaux
relatifs à la grande carte topographique et militaire du
royaume des Deux-Sicilesy qu'on lève à l'échelle dern-t»
pour la graver à celle d'nrn* Ce Bureau est cependant
chargé , lorsque les besoins de la marine l'exigent , de
la construction et de la gravure de quelques cartes ou
plans hydrographiques, d'après ceux qui ont déjà été
publiés en France et en Angleterre , ou d'après les
notices hydrographiques fournies par des officiers,
de la marine napolitaine. Je consacrerai une notice
( ^«98 )
spéciale à ce Bureau topographique , en me bor-
nant aujourd'hui à faire connaître les différents tra-
vaux hydrographiques exécutés dans le royaume de
Naples depuis cinquante ans environ jusqu'à nos jours.
Le premier de ces travaux est l'Atlas maritime des
Deux-Siciles , dont la première partie, en 25 feuilles ,
qui ne comprend que les côtes de la partie continen-
tale du royaume , fut publiée en 1792 par Rizû Zan-
noni. Cet atlas, qui jouissait autrefois de quelque
réputation, contient des erreurs très graves quant 4 la
configuration des côtes , aux positions géographiques ,
aussi bien qu'aux sondes.
Le second travail, consacré à l'hydrographie des cô-
tes du royaume de Naples baignées par la mer Adria-
trique, ainsi que des côtes ottomanes et des lies Ionien-
nes , depuis Budua dans l'Albanie autrichienne jusqu'à
Parga, comprend les Iles de Gorfou,deParo et d'Antiparo.
Voici xe qui donna naissance à cet intéressant travail,
M. Visconti faisait partie du corps royal des ingénieurs
gjéographcs du ci-devant royaume d'Italie , lorsque le
lieutenant-général comte Cafarelli , à celte époque mi-
nistre de la guerre et de la marine de ce royaume ( à
Milan), le chargea de la construction d'une grande
carte hydrographique de la mer Adriatique, à l'usage
de la marine militaire. Une semblable carte était d'au-
tant plus nécessaire, qu'à cette époque les côtes orien-
tales de cette mer étaient presque inconnues. Les côtes
du royaume furent levées à la planchette et sondées
avec toute la précision possible ; et en 1808 M. Visconti
parcourut les côtes de l'Istric, de la Dalmatie et de
l'Albanie , jusqu'à Budua , pour y prendre des relève-
ments, et pour déterminer astropomiqitemcnl les lali-
( a<)9 )
tudes et les longitudes du plus grand nombre possible de
points de ces côtes. Ce fut pendant cette excursion scien-.
tifique que M. Visconti rencontra à Cattaro notre savant
et Yénérable collègue M. Beautemps-Beaupré, premier
ingénieur^ hydrographe en chef de la marine. Deux
officiers ingénieurs-géographes italiens avaient été en-
voyés à Corfou , alors au pouvoir des Français » pour
lever les côtes de cette lie , ainsi que celles de l'Albanie
vis-à-vis de Corfou , et pour déterminer avec cin cercle
répétiteur de Bellet et un chronomètre de Berthoud »
la latitude et la longitude de cette lie par les occultations
d'Aldébaran» qui devaient arriver le 22 octobre 1812 et
le 8 mars 1813. La dernière fut observée très distinc-
tement à l'immersion et à Témersion ; mais le mau-
vais temps empêcha d'observer celle du 22 octobre 1812.
Les dernières guerres de l'empire français retardèrent
en Istrie et en Dalmatie les opérations topographiques
^t hydrographiques de détail relatives à cette caite. Le
magnifique travail de la topographie et de l'hydrogra-
phie de la Ic^une de Venise» sur une très grande échelle»
avançait seul et fut terminé sous la direction particu-
lière die M. le colonel Denaix , à cette époque capitaine
au corps royal des ingénieurs^géographes italiens. On
n avait gruvé que 3 feuilles de la grande carte hydrogra-
phique de cabotage de la mer Adriatique en 2Q feuilles,
et une grande partie des 2 feuilles de la carte générale
hydrographique de la même mer» lorsque le royaume
d'Italie cessa d'exister. M. Visconti dut se rendre à Na-
ples» où le roi Joachim Murât l'appela au mois de mat
1814 , et, à peine arrivé, lui donna la direction de la
section topographique du ministère de la guerre et ma-
rine (1). Cette section n'étant alors composée que d'un
(i) La (;Meire cl la marine ne formaienf à ciatr r'piM|iif? ri ne lu»-
( 3oo )
petit nombre de dessinateurs , et ne possédant pas les
instruments nécessaires aux opérations géodésiques,
M. Visconti crut devoir en demander la réorganisation.
Sur son rapport, un décret du 29 septembre (1814),
adoptant le plan qu'il avait proposé, créa un dépôt
général de la gueiTe dont il fut nommé directeur ; il
était tout-à-fait organisé comme celui du ci-devant
royaume d'Italie. Cet établissement dépendait du mi-
nistère de la guerre dont il formait une des divisions,
et son chef conférait directement avec le ministre pour
toutes les affaires du Dépôt.
Les événements politiques survenus à Naples en 1815,
et la réorganisation de l'armée effectuée en 1816, ne
permirent pas de s'occuper des opérations nécessaires
pour terminer la carte hydrographique de la mer Adria-
tique , en ce qui concerne le royaume de Naples et
la Turquie, que M. Visconti considérait conmie un ou-
vrage qui lui était tout-à-fait personnel , mais auquel
son gouvernement ne semblait pas attacher une grande
importance. Pour stimuler son zèle , cet ingénieur eut
recours à l'intermédiaire du colonel Gampana , direc-
teur de llnstitut géographique et militaire de Milan ,
qui avait porté auparavant le nom de Dépôt général de
la guerre, et grâce aux démarches de cet officier, le gou-
vernement autrichien, dont les troupes se trouvaient à
cette époque à Naples» demanda et obtint la continua-
tion des opérations. Des officiers de l'état-major de
ment encore aujourd'hui dans le royaume de Maple* qa*un seul
département, divisé néanmoins en deux sections ayant une adminis-
tration et un budget distincts, et portant pour titres, l'une Branche
de la guerre j Tautre Branche de la marine. Cette dernière ne s'oc-
cupe que de la marine militaire.
( Soi }
Tannée autrichienne furent mis à la disposition de
M. Visconti» et le gouvernement napolitain fournit les
fonds nécessaires. Les côtes, depuis le Tronto jus*
qu'à Sainte-Marie de Leuca » furent levées à l'échelle
àe 77^ par les oiBciers autrichiens et par les ingé-
nieurs-géographes napolitains ; ce travail formait une
bande de la largeur de prés de 2,800 mètres» La
marine de Naples ayant fourni trois grandes barques
armées et bien équipées, avec chacune deux pilotes
habiles, le tout aux frais du Dépôt général de la
guerre; toutes les côtes furent sondées avec le plus grand
soin sous la direction des ingénieurs-géographes napo-
litains, pendant le cours des années 1817 et 1818.Quant
à l'hydrographie des côtes de la Turquie , il était indis-
pensable , pour pouvoir l'entreprendre , d'obtenir la
coopération de la marine napolitaine , qui sous divers
prétextes refusait de l'accorder. M. Visconti ne se rebuta
pas , mais il était cependant fort embarrassé sur les
moyens d'atteindre le but qu'il se proposait, lorsqu'un
habile officier de la marine anglaise, M. le capitaine Wil-
liam-Henry Smyth, avantageusement connu par ses tra-
vaux sur l'hydrographie de la Sicile'(l) , lui offrit de l'ai-
der dans^ son travail , offre qui fut acceptée avec un vif
plaisir. L'amirauté anglaise ayant accordé l'autorisation
nécessaire , le capitaine Smyth prit sous ses ordres , à
bord du sloop Pj4dpenture {2) , quatre officiers ingénieurs-
géographes que M. Visconti lui désigna. Ces officiers
(i)Cei u>aTaax ontëlé publiés en iSaa en 3a feuilles par le Bu-
reau hydrographique de Famirauté de Londres,
(a) Cest avec le même navire que le capitaine King a fail, de i8a^
à i83o y le beau travail de l'hydro(rrapliie de la Terre de Feu et du
détroit de Magellan.
( 3oa )
furent poumis d'un cercle répétiteur, de planchettes «
de boussoles à lever, etc., etc., etc., et chargés parti-
culièrement des observations astronomiques , des trian-
gulations et des opérations topogxaphiques de détail.
M. Visconti donna en même temps au capitaine
Smylh, afin de les vérifier, les deui grandes feuilles
de la carie générale hydrographique de la mer Adria^
tique , en majeure partie gravées à Milan , et sur le»*
quelles manquaient seulement les côtes napoKtaines
et celles de Temptre ottoman et des lies Ioniennes, de*
puis Budua jusqu'à Parga. Le brick autridiien il f7*-
/(tMV, alors en station dans l'Adriatique , et sur lequel
on avait embarqué deux officiers de TétatHOBajor autri^
rfaien , fut mis sous les ordres du capitaine Smydi pour
concourir aux opérations relatives à l'hydrographie ées
côtes ottomanes et ioniennes de l'Adriatique; elles iu«
reni toutes terminées dans le cours des années 1818
et 1819.
La p<irtioii de ce travail qui concerne les côtes du
royaume de Napies a été gravée et publiée pur le hv^
reau lopograpfaîque de ce royaume en IS feuilles» à
l'échelle de ?..\u-, et eDe a été ensuite fondue aivec la
portion relative à la Tvrqnie et aux des Ioniennes, dans
la grande carte hydrographique de cabotage de la
Adriatique en 20 feuilles, pubKée en 182& par Fi
tut géographique mïitaire de Milan. Une reamt|ue
essentielle A faire, c'est que dans cette carte, aâuî
que dans l'hydrf^raphie générale de l'Adriatique en
deux grandes feuiHes, il est dit quVUes ont été dres-
sées sous la direction dé l'éfat-major généni autri-
chien, sans qu'on y fasse la momdre mention des
travaux du capitaine Smydi, ni de ceux du colonel
\ isconti et des ingénienrs-géographes napolitains. Ces
\ 3o5 )
omissions rendent nécessaires quelques explications»
Tout ce qui concerne la projection dans ses main*'
dres détails appartient entièrement au colonel Visconti;
et comme il avait emporté tous les calculs et leurs ré-
sultats pour la projection de chaque feuille de ce grand
ouvrage, lorsqu'au mois de mai 181 A il quitta Uilan
pour se rendre à Naples » ce fut à lui qu'on s'adressa
pour enToyer tout ce qu'il fallait dans la première de
ces villes. Quant aux observations astronomiques do*
puis Trieste jusqu'à Budua , elles appartiennent à
MM. Beautemps^Beaupré et Visconti; elles ont même
servi à dresser la carte des provinces illyriennes de
l'atlas supplénoentaîre du Précis de la »éogmpfue uni-
iferseUe de Halte-Bf un.
La topographie des côtes, depuis Trieste jusqu'au
Tronto » ainsi que des lies du Quamero » est due aux
officiers ingénieurs<géogmphe& du ci • devant royaume
dltalie ; et c^est à M. Auguste Denaix » en ce momeirt
colonel au corps des ingénieurs géographes de France,
qu'on est entièrement redevable de la topographie et
de rhydrographie de la lagune de Venise ; quaikt au
restant des côtes du ci-devant royaume d'Italie , elles
ont été sondées par M. Prina , ingéraeur-géographe de
ce royaume.
Les ingénieurs géographes napolitains peuvent s'aW
bribuer complètement la topographie des côtes du
royaume de Naples » depuis le Tronto jusqu'à Sainte^
Masie-ile-Leucai ainsi que le sondage de ces côtes, car
ils ont dû rectifier le peu de travail £Eiit par trois offi«
eiers de rétat-ma|or autrichien en i8i7 et iSift.
La triangulation k long des eôtes d'Italie ^ depuis
Trieste jusqu'à ScapeiMbno, près de Sinigag^» fait
partie de la triangulation de Itk haute Italie opérée par
( 3o4 )
les ingénieurs-géographes français et italiens. De Sca*
pezzano à Martepagano, dans la province d*Abruue,
les triangles ont été faits par les ingénieurs-géographes
napolitains que M. Visconti s*empressa d'envoyer, en
181 A , dans les provinces d'Ancone, de Macerata et de
Fermo , pour prolonger la chaîne des triangles de la
haute Italie jusqu'en-deçà de la frontière du royaume
de Naples» auTronto, avant que ces provinces fussent
restituées au pape. Cette triangulation fut ensuite por-
tée le long des côtes napolitaines de TAdriatique jus-
qu'à Sainte-Marie-de-Leuca , en y rattachant, par les
lies de Fano et de Saseno , en Albanie , l'Ile de Corfou,
ainsi que la côte de Cimerva!, par d'autres triangles
faits à Corfou, où l'on mesura deux petites bases de véri-
fication. Toutes ces opérations géodésiques ont été ^
faites par les Napolitains, les Autrichiens n'y ayant
contribué que pour une chaîne de triangles faite sur
les côtes de l'Abruzze par M. Brupacher, l'un des meil-
leurs ingénieurs-géographes du royaume d'Italie, atta*
ché maintenant à l'état-major autrichien.
On est redevable des observations astronomiques ,
des plans et de l'hydrographie des côtes ioniennes et
turques, depuis Parga jusqu'à Budua, au capitaine
Smyth , aux officiers de la marine anglaise , et aux
quatre ingénieurs -géographes napolitains travaillant -^
sôus les ordres et la direction de ce capitaine. Quant .^
aux Autrichiens, ils ne s'occupèrent avec leur brick
il Feloce qu'à dresser quelques mémoires nautiques
dont il n'a pas été possible de faire usage. ^
Le travail des sondes à travers l'Adriatique a été fait .
par le capitaine Smyth et par la marine autrichienne.
On. est redevable de la topographie, de l'hydrogra- .
phie et de la géodésie des côtes autrichiennes en Istrie, ^
( 5oS )
I
en Dalmatie et en Albanie , jusqu'à Budua» à M. Ma-
riant , très habile officier ingénieur • géographe du ci*
devant royaume dltalie. Lorsqu'il a exécuté ce trarail,
qui a été fait arec le plus grand soin , il faisait partie
de l'état-major autrichien ; il est chargé maintenant de
la direction des opérations et des calculs géodésiqucs
à llnstitut géographique militaire de Vienne. Nous ne
devons pas omettre » parmi ses autres travaux, le beau
portulan de l'Adriatique, publié à Milan en 1830.
On doit enfin à M. Beautemps-Beaupré les plans
hydrographiques de la rade de Pirano , des ports de
Quieto, de Parenzo, d'Umago, de l'entrée du Lemo,
des environs de Pola , des ports de Pola , Zara et de
Spalatro , du détroit de Pasman , des environs de Se-
benico et de ceux de Raguse , des ports de Molonta et
du golfe ou bouches de Cattaro.
Il faut reconnaître que les Anglais ont été bien plus
consciencieux que les Autrichiens; car lorsqu'en 1827
le Bureau hydrographique de l'amirauté publia la carte
hydrographique de la mer Adriatique , en 6 feuilles,
il s'empressa de déclarer qu'elle avait été dressée d'a-
près les opérations des Autrichiens , des Anglais et des
Napolitains , exécutées sous la direction des colonels
Campana (1) etVisconti, et du capitaine W. -H. Smith.
Le troisième travail hydrographique du Dépôt géné-
ral de la guerre , aujourd'hui Bureau royal topogra-
phique du royaume de Naples, fut le sondage des côtes
du golfe de Naples, de celui de Pozzuoli et de Baja,
des côtes d'Ischia , de Procida et de Gapri , et de la côte
d'Amalfi , depuis Saleme jusqu'aux bouches de Capri.
(i) Le colonel Campana, ne àNaples, était à cette époque direc
tenr de llnstitat géographique militaire de Milan.
XVII. MAI. 9. 90
( 5o6 )
Ayant gardé, en 1819, Vune des barques que la ma-
rine du royaume de Naples avait mises à sa disposition
pour rhydrographie faite en 1817 et 1818, le colonel
Visconti s'en servit pour le sondage des environs de
Naples dont on était occupé à graver la carte levée
4_i^^. quatre ingénieurs-géographes attachés à son
bureau furent employés à cette opération. Il aurait
désiré continuer ces sondes sur la côte , depuis le
canal de Procida jusqu'à la frontière près de Terra-
cine; mais les événements politiques de 1820 suspendi-
rent tous ses projets (1) . Ce troisième IravaU a été pubUé
en 15 feuilles , et M. le colonel Visconti en a fait hom-
mage à la Société de géographie.
Une vive contestation s'était élevée entre la commune
de la ville de Brindisi {Brindes) et la direction générale
des ponts et chaussées au sujet de ce port célèbre, que
la direction proposait d'abandonner à cause du mau-
vais air , en transplantant ailleurs les habitants de cette
ville, qui compte tant de siècles d'existence. Avant
d'adopter un parti , le roi de Naples nomma une com-
(i) Plu» occupe de travaux tcientiBques que de politique, à la-
quelle il délirait retter ëtraDger, le colonel Visconti n'atfsitta même
pu ans assembUea \t^i\eê des élections lors de la révolution qni
éclaU à Naples dans les premiers jours de juillet i8ao. Nommé p»r
le roi le 1 1 du même mois,run.des membresde la Junte provisoire de
gouvernement , il ne crut pas devoir refuser ce témoignage d'estime ;
et élu peu après député de la ville de Naples , il considéra comme
un devoir de répondre à la confiance de ses concitoyens en siégeant
en cette qualité dans le parlement. Ces distinctions qu il n'avait poîaC
spllicttées lui firent perdre plus tard tous ses emplois. H reiU toute-
fois membre ordinaire de l'Académie royale des sciences de Naples.
A r avènement du roi actuel, il rentra dans| Tannée avec son ancien
grade de colonel , et le directeur du Bureau royal topographique étant
mort cinq ans après , M. Visconti fut cboiii pour le remplacer dans
ce poste, quM occupe encore aujourd'hui.
( 3o7 )
mission mixte composée de deux officiers de marine ,
de deux ingénieurs-géographes , dont l'un fut le colonel
Visconti, alors directeur du Bureau royal topographi-
qae» etc.» etc. ; elle fut chargée d'examiner les moyens
propres à assainir Brindisi et ses enTirons, et à amélio-
rer et conserver son beau port Cette commission , pré-
âdée par le colonel Visconti , leva avec la plus scrupu-
leuse précision le plan topographique et hydrographi-
que de la rade et du port de Brindisi , à l'échelle de
«•~^. Ce plan, qu'on peut considérer comme le qua-
trième travail hydrographique du Bureau royal topo-
graphique , n'était pas encore publié à la fin de 18A1 ,
mais il doit l'être en ce moment (mai 18A2] à l'échelle
Le plan de Brindisi est le dernier des travaux hy-
drographiques du bureau dirigé par le colonel Vis-
conti, car les caxtes marines qu'on y a gravées ou qui
sont prè^ à l'être ne sont que des copies de celles qui
ont été publiées en France et en Angleterre , et d'après
les positions géographiques les plus récentes et les
meilleures des différents pays connus. En voici le
détail:
1« Collection d'un grand nombre de plans hydro-
graphiques de ports, rades , ancrages, etc., etc., de la
Méditerranée, où on a reproduit presque en entier
tout ce que le capitaine W.-H. Smyth a publié ;
2* Grande carte hydrographique de la Méditerranée
en trois très grandes feuilles , à l'échelle de nr.TT^ sur
le parallèle moyen de 38' 30' de latitude. La gravure
de la première feuille était presque terminée à la fin
de ISil, et l'on s'occupait de la gravure des autres. On
a placé dans les espaces vides de chaque feuille les
plans des ports principaux , des détroits, etc., etc.
( 5o8 )
Notice sur les cartes hydrographiques des cotes de
IVoruège , par M. de la Roquette, ancien consul de
France en Norvège,
Lorsque, à la fin de 1784, le roi de Danemark créa
le Dépôt royal des caries de la marine ( KongeligSoc-
kaart ÀrchW)^ dont ia direction fut confiée à M. de Lo-
venôm , capitaine de vaisseau de la marine royale da-
noise, mort contre-amiral en 1896» les côtes de Norvège
étaient pour ainsi dire inconnues. On n*en possédait
que de mauvaises cartes hollandaises dont l'ignorance
et l'insouciance des marins se contentaient , quoi-
qu'elles fussent faites presque au hasard , et sans au-
cune espèce de critique dans la fabrique des Van Reu-
len. Un capitaine de la marine marchande danoise
avait bien publié une carte de la côte méridionale ;
mais elle ne méritait guère plus de confiance.
Sur les représentations de M. de Lôvenôm , deui
officiers géographes , HM. le lieutenant de dragons
Vibe, et Aubert, lieutenant au corps du génie » furent
chargés en 1 785 de relever la côte de Norvège depuis
Drontheim {Trondhiem) jusqu'à la frontière de Suède.
On leur adjoignit M. de Grove, officier de la marine
royale , auquel fut confié spécialement le relèvement
détaillé des lies» écueils» etc. » la description des côtes et
les instructions nécessaires aux marins. Déjà antérieu-
ment à cette époque une suite de triangles avait été me-
née » de 1779 à '7^o> ^^ '^ frontière de Kongsvinger le
long des frontières du royaume jusqu'à Trondhiem»
et de ce point, en suivant les côtes de la mer, à Bergen»
Christiansand , . Frederikshald et Christiania > et plu-
(309)-
sieurs bases avaient été mesurées près de Kongsvinger
et de Trondhiem ainsi quesurlelacFŒmund(»ie/7iii/u;{-*
sàè ). Ce fut après que ces travaux astronomico-trigo-
nométriques eurent été terminés par les frères Vibe et
par MM. Rick et Aubert , que les officiers désignés par
M. de Lôvenôm s'occupèrent du relèvement des Côtes
de Norvège. Pendant l'espace de quatorze ans, MM. de
Grove, Vibe et Aubert relevèrent une étendue de côtes
desSo à 5oo lieues marines de soau degré (i),coupées
par un grand nombre de golfes profonds et de bras de
mer^et bordées d'une immense quantité de grandes et de
petites îles, ainsi que d'un nombre infini de rochers^ d'é-
caeils^de petits hauts-fonds. Sou un climat aussi rude, les
opérateurs ne pouvaient employer que quelques mois
de la belle saison aux investigations qui leur avaient
été confiées; souvent ils étaient forcés de les interrom-
pre par suite du mauvais temps » des brumes et d'une
multitude d'accidents. Ceux qui connaissent le pays et
qui ont mis la main à l'œuvre peuvent seuls apprécier
le mérite de ces officiers et les difficultés qu'ils eurent
à surmonter. Leurs travaux eurent pour résultat sept
cartes marines des côtes méridionales et occidentales
de la Norvège , accompagnées chacune d'instructions
nautiques. A ces instructions furent jointes des vues
des côtes et des montagnes principales, dont on avait
indiqué les points les plus marquants auxquels les re-
lèvements se rapportent. On y a donné aussi quelques
notions sur le flux et le reflux de la mer, et sur les cou-
(i) On doit faire observer que les Danois comptent 4 minutes de
Uiitude pour on mille on lieue marine de i5 au degré; le mille de
Norvège , dont nous aurons occasion de parler, est plus grand que le
aille danois y car il nen faut qu un peu moins de dix ( 9,846 ) pour
un degré de latitude.
( 5io )
ranls principaui qui ont lieu à chaque partie de la côte
décrite.
On a enfin tracé sur les cartes quatre échelles de
longitude selon les différences de méridiens prises dans
la Connaissance des Temps alors publiée, savoir:
Entre Paris et Copenhague, de ib^i/^'iB"
— Paris et Greenwich. . «'«o
— Paris et Pico i g*
D'après des observations faites en i fti 5, la différence
entre les méridiens de
Paris et de Copenhague, est de lo'^iS'So'^
Paris et de Greenwich.. . . s*so'i5(i).
Après la publication de ces cartes particulières, dont
la minute fut dressée k Téchelle de 6 pouces décimaux
pour un mille de Norvège, ou iisgS mètres, M. de
Lovenôm fit construire une carte générale de la partie
septentrionale de la mer que nous appelons mer d'Al-
lemagne ou mer du Nord , et à laquelle les Scandinaves
ont donné le nom de mer l'Ouest {FèsterSôèn). Elle
renferme la plus grande partie de la céte de Norvège
décrite dans les sept cartes ci^dessus mentionnées* La
première de ces cartes, terminée en 1791» comprend
le TrondhiemS'Leed (s) » long et étroit chenal qui
(1) Suivant la Connaisiance des temps de 1843 , la diflîéreace entre
tes méridiens de
Paris et de Copenhague est de lo"" i4' ao"
Paris et de Greenwicli de a® ao' a4"
(a) Leed tstan terme partîoulier difficile i traduire exactement en
françaîa et qui si^ni&e proprement le chemin qui mène à ... M. Lo-
venôm avait proposé do le rendre par /« rivière île ... Il faudrait dire
alors c|u*on le deecend , quand on va au large , et qu'on le monte locs»
qu'on va dans Tintérieur vers Trondfaiem.
(3.1 i
mène de la mer à Trondhiem» ainsi que plusieurs
tles , parmi lesquelles on doit signaler Hilteren ,
Froyen , Smoelen elErUaag, et les écueils depuis les
Ilots de Halten au nord» et s'élend jusqu'à la mon-
tagne de Stevenshest (i), près de Cbrisliansund au
midi , c'est-è-dire depuis le 64* i s' jusqu'au 65* a' de
latitude nord. On a joint aux instructions nautiques la
▼ue du mont Kopperen , prise de l'Ile de Halten , celles
de la côte et des Iles » de l'Ile de Halten, de la côte»
depuis la montagne de Kopperen jusqu'à celle de Sto-
venshest, de la tour de Suulen relevée h TE.^S.-E., de
l'entrée de la passe du golfe de Ramsôe , de la pointe
de Titter-Odde» de lacôte, depuis la montagne de Tus-
teren jusqu'à l'Ile de Skibnœs, prise tout près des lies
de Grib, de la côte entre les montagnes de Stevenshest
et de Tosteren . et enfin celle de l'entrée de Christian-
sund.
La carte n* s, publiée en 1795» s'étend du port de
Christiansund au nord » ao promontoire de Sladt Land
inclusifement» on du 65^ 8' au 610 69' de latitude
nord , et comprend les Iles de Hareid-Land, Gursk ,
A?er, Oiter , Frey, Sols» etc. » la presqu'île de Stadt*
Land, dont les montagnes aont très élevées et les côtes
fort escarpées; les golfes ou Fjord de Lyngvœr, Har*
rôe, Molde» Rovde, Vandelv, etc. ; les ports de Chris-
tiansund et de Molde. Les instructions nautiques qui
(1) La latiCnde de la montagne de Stevenshest , point de la plas
kaaie importance poar les marins , et qu'on découvre à la distance
de i5 à 16 lieues quand on se trouve par son travers, n'ayant pu
être calculée que postërieurement k la confection die cette première
carte, Stevenshest y est placé une minute trop au noird. L'erreuv a
été reeoanve depuis , et cotte potîfiOD est rectifiée dans la û$ru
suivaate.
( 5i2 )
accompagnent celte carie (n*2] sont suivies des vues
de la côte, depuis la montagne de Tusleren jusqu'à
celle de Guleberg, entre les écueils de Fuglen et Fol-
lingen, de la côte, depuis la montagne de Stevenshesl
et d'une partie des Iles deRomsdal, à l'entrée du détroit
deHaavœr, à une lieue et un tiers à l'O.-N.-O de Plie de
Ohna, et enfin celle des îles et de la côte à une lieue
à l'ouest , corrigé de la pointe nord-ouest de l'Ile de
Rondoë.
La troisième carte, qui parut en 179a, s'étend du
promontoire de Stadt-Land au nord jusqu'à l'Ile de
Blom [Blomâe) au midi» ou du 6a* 1 3' au 60® 3o' de la-
titude nord. Elle comprend les Iles de Bremager-Land »
d'Indre-Sullen , d'Yttre-SuUen , de Hatle, de Fosen,
de Rad, de Holtzen , de Blom» etc. ; la presqu'île de
Sladt-Land , le chenal septentrional {nord Leed) qui
conduit à Bergen, le golfe de Vandelv, etc. L'espace
compris dans cette carte ne renferme aucune ville,
lieu ou port de commerce, et la côte n'est fré-
quentée que par des bfttiments qui se livrent au cabo-
tage. On trouve à la suite des instructions nautiques ,
des vues de quelques Iles remarquables en avant de la
côte, sous le Si*' 3o' de latitude , et de la côle depuis
l'Ile de Yttre-SuUen jusqu'à celle de Holtzen.
La carte n* 4» publiée en 1798, s'étend depuis le
60* 35' jusqu'au 58® 5o' de latitude nord, c'est- à^-dire
depuis Holtzen jusqu'au mont Egefjeld, situé sur la
côte de Jedderen. On y trouve une partie du clienal
septentrional {nord Leed) et tout le chenal méridional
{sjrdLeed) qui conduisent à Bergen, ainsi que l'entrée
pour aller à Stavanger. Elle renferme aussi les Iles de
Store-Sartor, Stor {Stor-^Ôe), Tysnœsi Ask. Bôm,
Garm, etc.; les golfes de Herlôe, de Biôrne, de Strande,
( 3i3 )
deSelboe, d'Hardanger, deBômmel, elc. ; les ports
de Bergen , de Stavanger, etc. , dont la latitude ob-
serfée avec soin par les officiers qui ont relevé la
côte , a été trouvée pour la cathédrale de Bergen de
6o*«5'33'' i/« (i), et pour l'église de Stavanger de
58*'58'i5'^ Les instructions nauliques pour la carte
n* 4 sont suivies de la vue de l'entrée du bras
de mer ou golfe de Bômmel ( Bômmelfiord ) , et de
celle des lies et de la côte prise à une lieue et un tiers
de distance, à l'ouest de l'Ilot de Feysleenen.
La cinquième carte, publiée en 1800» s'étend depuis
la montagne d'Egefield jusqu'à Ghristiansand , dont la
latitude a été fixée par un grand nombre d'observa-
tions à 58*8' 4'' et la longitude à 4«3i'55" à l'ouest de
Copenhague. Elle renferme beaucoup d'Ilots, mais pas
d'Ile remarquable par sa grandeur. Parmi les golfes ,
nous citerons ceux de Topdal , de Grôn, de Ros, de
Lyngdal , de Lister et de Fœdde ; on y trouve plusieurs
portSy savoir: Ghristiansand, Flekkeroe» Mandai, Far-
sund. Flekkefjord et Eggersund, et le cap Lindesnœs,
l'extrémité la plus méridionale de la Norvège , dont la
longitude occidentale du méridien de Copenhague a
été reconnue être 4«43'55''etla latitude 57<'â8'. H. de
Lovenôrn avoue que la montagne d'Ëgef jeld, placée
sur la carte n* 4 au 6^58' 3o" de longitude occiden-
tale du méridien de Gopenhngue , doit être portée, et
elle l'a été effectivement sur la carte n* 5 au 7*4'
du même méridien. Les vues qui accompagnent les
instructions nautiques de la carte n^ 5 sont celles de
(1) M. de LoTCUôrn reconnaît cepemiant que la- longitude de
Bergeo , ainsi que celle des autres points indiques sur la carte , doit
être portée de Si' 46" plus à louest.
( 3i4 )
la côte à Toucst du cap LÎDdesnœs, de la côte depuis l'Ile
de Markoe jusqu'à celle de Ryvingen. de la côte près de
Mandai , et de la côte entre Ilellesund et Christian-
sand.
La carte n® 6 » publiée en 1 801 , s'étend depuis Cbris-
tiansand jusqu'à rentrée du golfe ou bras de mer de
Langesund ( Langesunds Fjord) . La côte contenue dans
cette carte court pour ainsi dire en ligne droite du
S.-O* au N.-E. La côte et les terres élevées de l'inté-
rieur ont peu de points bien marquants. La seule lie
un peu considérable est celle deTrom {Tromâè); nous
citerons parmi les golfes ceux de Fossund » Belle .
Sôndeler, Oxe» Topdal; on y remarque le détroit de
Tromôe entre l'Ile de ce nom et le continent, ainsi
que les ports de Gbristiansand . Lilleaand» Grimstad»
Arendalf Tvedestrand, Ôster-Riisoer et Kragerôe.Les
vues qui accompagnent les instructions nautiques po*jr
la carte n<* 6 sont celles depuis Ghrisiiansand, par
le travers de Tile de Flekkerde» de la côte entre
BuksteenenetHovdefield»par le travers de FUed'Ulvôe-
sund , la côte entre Buksteenen et Hovdefield par le tra-
vers de Runkenes , de la côte entre Grimstad et Tro*
môe , de la côte par Tile de Trom ( Tromâè) y de la côte
par le travers d'Ôster-Riisôer, par le travers de l'Ile de
Jomfrueland » et celle enfin de la côte entre l'Ile do
Jomfrueland et le golfe de Langesund.
La carte n* 7 qui parut en i8o3 s'étend depuis
'lie de Jomfrueland jusqu'à la frontière de Suède , et
comprend, outre une multitude d'Ilots* les Iles Uval
{Hml-Ôeme), Kiôm. Nôtter, Krager et Giel; les
golfes de Ghristiania et de Langesund , ceux de Bonne ,
de Drammen, de Sande, de Mosse, de Prie, dépendant
( 5«5 )
du premier, le détroit de Svine {Sifine Smd)^ qui sé-
pare au midi la Norvège de la Suède > et les ports de
Christiania capitale du royaume, de Drammen,ToDs-
bergt Laurvig, Frederiksvœrn , Skien, Porsgrund,
Dr5bak, Moss» Frederikstad , Frederikshald et la forte-
resse deFrederiksteen, au siège de laquelle Charles XII,
roi de Suède, fut assassiné. Les vues qui accompagnent
les ipstructions nautiques sont celles de la côte près
Laurvig, à Tonest et à l'est de la même ville jusqu'à Tlle
de Fœrder , de la cdle près de Frederiksvœrn jusqu'à
la même tle de Fœrder, de la côte orientale du golfe
ou bras de mer de Christiania » et enfin de l'Ile de
Fœrder relevée au N. i/4 N.-O. è environ 4 Keues de
distance.
Lorsque la carie ci-dessus fut publiée pour la pre-
mière fois en i8o3^, on ne possédait encore que des
cartes très imparfaites de la côte adjacente de Suède ,
dont il était cependant nécessaire d'ajouter une partie
pour compléter cette carte ; c'est ce que les opérateurs
danois firent de leur mieux. Hais en 1806, le lieu-
tenant-colonel Gustave de Klint , célèbre hydi'ographe
suédois , ayant publié & Stockholm une carte du golfe
de Bohus [OfverBohus Bugten), M. deLôvenôm s'em-
pressa de mettre à profit les informations qu'elle con-
tenait pour corriger dans la carte n* 7 la partie de la côte
suédoise , et on en fil paraître en 1817 une 2* édition.
Christiania et Frederikshald sont les deux principaux
points de cette carte. La latitude du premier , évaluée
en 1769 par le père Hell et par le professeur danois
Holm à Sq" 3l^'So^\ était, suivant Rick et Yibe, qui
avaient observé dans un autre endroit de la ville » de
Sg* 55' ao'^ , et en la réduisant au même point où les
premiers avaient établi leur instrument, elle serait de
( 3'6)
Ô9° 44' 4^'% conformité qui a déterminé M. de Lovenôrn
h porter à 5g^ 44' 4^'^ 1^ latitude du château d*Agershuus»
forteresse de Christiania (i). Quant à Frederikshald ,
le père Hell place cette ville au Sg"" 5^ 5o"de latitude ,
le professeur Holm è ôg** 7'ig''» Vibe à by" 6' 49". Mais
comme ce dernier avait établi ses instruments à la for-
teresse d'Overberg, située au sud de le ville» Lovenôrn
a cru devoir placer cette dernière h 5g^7'ii'' de lati-
tude. On a adopté pour la longitude de Frederikshald
1^7' à l'ouest de Copenhague, ce qui correspond avec
les nouvelles cartes suédoises.
On s'était servi d'instruments assez imparfaits pour
dresser les sept cartes hydrographiques des câtes de Nor*
vège dont nous venons de parler , et qui comprennent
l'espace situé entre le 64* 1 3^ 1 &" et le 67® 48' de latitude
nord, aussi quelques erreurs se sont^elles glissées dans
ce travail. Il est, en effet, démontré aujourd'hui qu'il
n'existe pas entre toutes ces cartes une concordance
complète; c'est entre les caries portant les n*' 4 et 5
qu'on a remarqué ce défaut de concordance , et il pa^
raltrait qu'un examen attentif des cinq autres n'a pas
fait jusqu'ici découvrir de différences sensibles. La pre-
mière de ces cartes, le n"* 4> renfermant l'étendue de
pays compris entre le 58* 5o' et le 60^ 35' de latitude
nord ; et la carte n*" 5 s'étendant du 57*" 47' au ^8'» 5 5' 3o",
I9 portion de côte qui se trouve portée à la fois sur les
deux cartes, et dans laquelle on peut signaler ces dé«-
fauts de concordance qui en font supposer d'autres ,
renferme ainsi un espace de 5'3o" en latitude.
(i) L'observatoire de Christiania est situé d'après les observations
de M. le professeur Hansteen au 69° 54' 5" de latitude
et au 8" 34' 3i" de longitude orientait
du méridien de Paris.
(3.7 )
Gomme \es groupes d'i\ois{Skjœrgaarden ) ou plutôt
de rochers placés sur ces 5' 3o" s'éloignent à peine du
continent de 3/4 de mille de Norvège ou de 8^70 mètres
la portion de côte qui se trouve tracée en même temps
sur les deux cartes est très étroite, et oQre par consé-
quent peu de points qui soient communs aux deux
cartes et sur lesquels on puisse signaler des défauls
de concordance. Nous citerons cependant ceux-ci :
NOMS
DU POINTS COMMUM
portés
lor les deux cartes.
Pointe D.du8torkJœr
Ektrémité U plus
j DéridioDale des ro-
chers de Skoddene.
Ctp \igdil (FigdUs-
)
Fond du golfe de Haf
I [HafêfjordBuna). .
Fanal de Daisnaten
{P^arde)
Fanal d*EgeQeld
{rarde)
CAKTR N^ 4.
Longitude
m
du néridian
d« Pari».
Latiittdc.
3» r 30" 58*» 53' 30"
3 10 30 58 5:2 0
3 14 90 58 52 0
I
I
3 19 40 58 53 40
3 29 0 58 53 50
3 16 40 58 51 10
CAUTI H" 5.
Longitude
•M
du méridien
d« Paria.
Laiiiiide.
Q S
3« r 0' 58«53'30"
3 5 0
3 8 30
3 14 0
3 22 40
3 11 0
58 52 0
58 52 0
58 53 40
58 53 50
58 51 10
5' 30"
5 30
550
5 40
6 20
5 40
Il résulte du tableau qui précède, que tous les points
signalés ont sur les deux cartes \i même latitude ; mais
qu'en longitude ils diffèrent de 5' So'^ à 6' 90".
Parmi les points ci-dessus indiqués • les deux der-
niers p c'est-à-dire DaUnuten et Egejjeid^ tous deux
situés dans la Fogderie ou district de Jedderen et
Daleme» jimty ou préfecture de Stavanger , dépendant
du Stift ou province de («hristiansand » sont des points
tirgonométriques.
(5.8)
Les labiés pour 1 795 et 1794 donnent leur situation
ainsi qu'il suit :
llOlft
4m paîMi.
OatHiolcD.
DISTANCE
èl» méridien.
M ■■■«■>.
41756 SUD.
IS01O1 m.;.
DISTANCB
i la perpendie.
LATITUDE
ralculét.
MS'IS? i/t aun.
(166556 m.)
56* 53- 56" 5
obacr?é«.
S8*5S'tS'
MatlTàTlOB*.
L'annc
d« Non»«K« (àtm)
— 0,62748 mdt
N01f5 DES POINTS.
OtinittUD.
EK«r|«ld .
OISTARCI A LA MKHIDIEN.
da KoagiTÏngar*
571t40 tuD. (S5Q007 met.).
561354 aoB. (9H00O m.).
DISTANCE A LA PEirBRDIC.
da KoBgtvingtr.
SilUS MU. îif7610 m ).
906136 auB. (1M566 m.).
D'après les calculs que M. Vibe a faits avec les tables
de H. le professeur Hansteen , et dont il nous a donné
coDQmunication , on voit d'après ces données que
Dalsnuten et Egefjeld seraient situés savoir :
Dalsnuten par 58* 54' W àe lat. N. et par 3» s6' 5o^ 8
de long, orient, dumérid. de Paris.
Egefjeld» 58<' 5s' is" de lat. N. et au i* i4' 26" 7 da
long, orient, du mérid. de Paris.
En comparant ces résultats avec ce que donnent les
cartes n*' 4 et 5 , on trouve :
(3i9)
I.ATITUDI.
NOMS
POIHTI.
DtlsnoteD.
EgeQeld. .
SDITANT LIS TABLIS
POUR 1793 ET 1794.
Calculée.
Obiervée.
68»53'58"S58«Ô3'15"
SarJei
CAITIS
n*« 4 et 5.
S8«&3'&0'
58 M 10
CALCULII
par
M. TIBB.
&8«&4'44"
58 5« 12
OBIBlTATIOm
uisoinms a l*mt du siaiBiiir di pahu.
1
NOMS '
BEI POINTS.
SUB LA CABTB
W4.
SUB LA CARTB
W«5.
CALCULBB
PAB M. YIBI.
DaUouteo
EgeQeld
8« J9' 0"
8 16 40
8» JX 40"
3 11 0
30 M* 30" 8
3 14 26 7
On ^oit par ce qui précède ,
1* Qae les latitudes calculées par H. Vibe d'après
les tables des distances à la méridienne et à la perpen-
diculaire sont d'environ une minute plus fortes que
celles portées sur les cartes n"" 4 ^1^ S , et que la latitude
de Dalsnuten calculée d'après les tables se trouve de
4&^ 5 plus faible que celle que cet officier a évaluée par
ses calculs ;
t* Que les longitudes calculées par M. Vibe tombent
entre celles portées dans les deux cartes, en faisant
obsenrcr toutefois qu'elles se rapprochent davantage
de celles de la carte n* 4 > V^^ s'étend vers le nord »
que de celles que donne la carte n* 5.
Postérieurement b la publication des sept cartes hy-
drographiques dont nous venons de parler, on ter-
mina, dans l'intertalle de i8o5 à i8o6, la portion de
( 3«o)
triangles qui reslail à lever entre la forteresse de
Kongsvioger et Christiania , ainsi que le long des fron-
tières de Suède jusqu'à Frederikshald. En sorte
qu'avant i8i4 « c'est-à dire avant l'époque où la Nor-
vège cessa de faire partie intégrante du Danemark pour
être unie à la Suède , toute sa portion méridionale
était ceinte d'une série continue de triangles. Le point
le plus septentrional des cartes dressées était l*lle de
Halten, située dans la Fogdene ou district de Fossen,
province ou stift de Trondhiem (Drontheim); au nord
de CG point on n'avait fait aucune observation. Cepen-
dant la longue côte du Nordland et du Finmark, sur
laquelle il n'existait d'ailleurs aucun phare» étant fré-
quentée par un grand nombre de navires qui s'y trou-
vaient exposés à de fréquents naufrages, on ne tarda
pas à reconnaître qu'il devenait indispensable de lever
sans retard' des cartes hydrographiques exactes depuis
Trondhiem jusque par-delà le cap Nord et le golfe de
Sv£9Xk%et {Varanger fjord) c'est-à-dire jusqu'à la fron-
tière de Russie. En iSso, sur la proposition du général
major d^Aubert, le même officier qui avait concouru
d'une manière si active à la confection des sept pre-
mières cartes » le déparlement des finances de Norvège
soumit à ce sujet un projet au storthing, et demanda les
fonds nécessaires pour son exécution. L'allocation ac-
cordée ayant été jugée trop minime, le projet resta mo-
mentanément suspendu jusqu'en i884f que l'assemblée
nationale de Norvège se détermina à allouer la somme
demandée par le gouvernement. Les préparatifs préli*
minaires furent longs» et la confecûon des instruments
qu'on avait commandés à fétranger prit tant de temps,
que ce ne fut qu'en i8s8 qu'on reçut trois théodolites
de Munich» deux sextants de Stutlgard» et deuxchrono-
( 3ai )
mètres d'Allona , et qu'on fut en mesure de commen-
cer rouYrage. Pendant le cours de celle année, les
lieutenants de génie Vibe et Paludan, et le lieutenant
de faisseau Hagerup» furent envoyés pour explorer les
lieux, le premier comme trigonomèlre , et les deux
autre comme^shargés des détails. On mita leur disposi-
tion trois grands bateaux pontés , et , outre les instru-
ments énumérésplushaut, ils furent pourvus d'un com-
pas azimutbal, d'une boussole et de trois pianchelles.
Les ^points les plus septentrionaux que M. Ditley
Vibe (i ) avait déterminés en 1 786, étaient \eStorkorperen^
• • • «
rochersitué sur la terre d'Orland {Orlandet) etl'llede Jul-
tingen, la plus méridionale des lies Tarv {Tarvoerne).
La distance de ces deux points avait été trouvée par le
anciens triangles de sg,95g aunes (18798 mètres).
Gomme ces points sont situés à peu près par 63''48'.de
latitude et que la plus septentrionale des anciennes car-
tes hydrographiques ne s'étend que jusqu* à 63* 1 3^ on
dut établir une nouvelle triangulation vers le Nord en
partant du côté Storkorpen-Jullingen ; ces diverses opé-
rations occupèrent une grande partie de l'été de 1828.
Pendant le cours de cette année , le réseau de triangles fut
étendu juqu'à Volfield, près de l'entrée du golfe de
Namsen {Namsenjjord), situé au ôV 35' de latitude , et
les opérations de détails se poursuivirent jusqu'à la
presqu'île à^Oxbaasen , sur les confins de la fogderie de
Nummedal, sous le 64° 96'. L'année suivante (1829),
la triangulation parvint à l'Ile de Hestmand {Hestman-
iâe), dépendante de la fogderie de Helgeland, sous le
66* Ss'» et les opérations de détails jusqu'aux lies Vigfen
{Figien âème), situées au 64* 55', dans la fogderie. de
Nommedal.
(1) De la oiéme famille que le lieutenant de (jënie du même nom.
XVII. MAI. 3. «il
(5i. )
Comme dans celle année qui vcnail de s'écouler le
réseau de Iriangles s*élail avancé d'un degré el demi
plus loin que le travail de détails • les trois observa-
teurs s'occupèrent, pendant l'été de i85o, de ces
derniers travaux, qu'ils poussèrent jusqu'à l'église de
Vig, dépendante de la fogderie d'Helgeland , et située
BU 65* Se')' de latitude.
A celle époque» les officiers chargés des opéralioD»
hydrographiques ayant reçu l'ordre de diriger l'éta-
blissement de quarantaine formé dansle Bronâè'Sttnd ^
ce ne fut qu*au commencement de juillet i83i qu'ils
purent reprendre leurs premiers travaux ; aussi n'y eut**
il qu'un pelil nombre de triangles qui furent déter-
minés pendant celle année , où on établit des signaux
jusqu'à Gilleskaal, fogderie de Sallen , sous le 67* de
latitude; les opérations de détail n'arrivèrent que jus^
qu'à l'église d' A Istadhoug, fogderie d'Helgeland. par
le 65- 55'.
En i833, le capitaine du génie Broch remplaça
comme trigonomètre le lieutenant Vibe, auquel on aivait
confié spécialement la construction et le dessin des
cartes hydrographiques ainsi que la rédaction des ins*
Iructions nautiques qui doivent les accompagner. Le
réseau de triangles fut étendu jusqu'à Voisnekkeo , <iaiis
la fogderie de Sallen » situé au 68** parallèle » et les
détails se poursuivirent jusqu'à Nœs6e , dans la fog*
derie d'Helgeland» sous le GG^^Si'. Ce fut pendant le
cours de celte même* année que M. le professeur Han-*
steen , directeur de l'observatoire de Christiania , qui
avait succédé dans la direction des travaux hydroigra-
phiqucs au général major Aubert, mort en ift3i » se
rendit à Trondhiem. Il était accompagné du iieuteoaAl
dti génie Vibe. et il devait vérifier par ses propres ob-
( 5«5 )
sei*vatioD« faites sur plusieurs stations trigonométri-
ques voisines de l'ancienne série de triangles, Texac*
titude de rasimuth de différents côtés. La môme an-
née, le lieutenant Vibe commença, d'après les instruc-
tions de M. Hansteen , la construction de la première
des nouvelles cartes marines. Elle ne fut terminée qu'en
i855, et s*étend de Haltenôe à Lekôe, ou du 64* 8' au
65° de latitude nord. Nous avons déjà fait oonnaitre que
les matériaux en avaient été réunis par M. Hagerup ,
lieutenant de marine, par Tingénieur Paludan, et par
M. Vibe, lui-même.
En i833, d'autres occupations n'ayant pas permis
aux lieutenants Hagerap et Paludan de continuer le
travail de détail, les lieutenants Due, du corps de
la marine, etRynnîng, de l'armée de terre, en furent
chargés à leur place. La triangulation fut continuée par
le capitaine Broch jusqu^à Lôdingen, sous le 68'' 3o' de
latitude ; ce même o£5cier fit également celle de la plus
grande partie des tles Lofoten. Quant aux opérations
de détail , elles furent poussées jusqu'à Bodôe » chefr
lieu du Nordiand , dont la latitude est de 6y^u\\ Les
trigonomètres ne firent rien en i834 ; mais pendant le
cours de cette année le travail de détail fut amené jus-
qu'à Hamerâè, dans la fogderie de Salten, au 68^10'.
On savait que par suite de l'imperfection des instru-
ments dont on s'était servi pour établir l'ancienne série
de triaogles, il existait quelques erreurs dans la lati*
iudei et la longitude de Kongsvinger, premier point de
départ , ainsi que dans l'asimuth des côtés des pre-
miers triangles ; on avait enfin reconnu une légère
erreur dans quelques angles. Or la nouvelle série des
triangles étant uniquement basée sur l'ancienne» dont
elle était une continuation , était nécessairement af-
( 324 )
fectée de toutes ces inexactitudes. Aussi le professeur
llansteen jugea-t-il utile, afin de rendre toute la nou-
velle série de triangles indépendante de l'ancienne, de
lui donner immédiatement une autre base en s'ap-
puyant sur le nouvel observatoire de Christiania» dont
la latitude et la longitude sont déterminées avec une
suffisante exactitude. Le capitaine Broch reçut à cet
elTet l'ordre de porter une nouvelle série de triangles
de l'observatoire de Christiania à l'église cathédrale de
Trondhiem» et de lier ensuite celte chaîne avec le
travail fait en 1828 par le lieutenant Yibe. Cette lon-
gue opération fut heureusement terminée dans un
seul élét à quelques triangles près qu'on y ajouta
en 1837.
A son retour d'un voyage qu'il avait fait au Brésil et
dans la Méditerranée, le lieutenant Hagerup reprit , en
1 835, ses travaux trigonomé triques, et porta le réseau
de triangles jusqu'à Senien , au 69* 10' de latitude , et
le» fficiers chargés des détails complétèrent la plus
grande partie des lies Lofoten et Vesteraalen. Dans le
moment où le temps était le plus favorable pour le
travail , les trois opérateurs durent se rendre sur dif-
férents points de la côte du Nordland pour y faire*
(1 après le désir témoigné par l'amirauté anglaise , des
observations sur les marées* Le capitaine Broch lia
la série de triangles avec Kongsvinger pour contrôler
l'ancien travail, et mesura pendant l'hiver une base
sur la glace dans le golfe de Christiania. £n 1 836, le
réseau de triangles fut étendu jusqu'à Loppen dans le
Finraark» sousle 70''95' de latitude, et les opérations
de deiail se terminèrent à jindâè» lie située au 69* 1 1'.
Ce fut cette même année que parut la seconde carie
hydrographique construite et dessinée comme la
( 395 )
première par lelieutonantVibe, et dont les malériaiix
afaicnt été préparés par les mêmes officiers ; elle avait
été terminée en i835, dont elle porte la date, et s'étend
de Lekôè à Donnœsôè, ou du 65'* 6' au 66^ 5' de latitude.
La triangulation se termina en 1857 h Nordkyn, dans le
Finmark, sous le 71"* 10' de latitude; et les travaux de
détails s'étendirent au nord de Tromsôe, mais ne dé-
passèrent pas le 70*. Une troisième carte ayant pour
extrêmes limites, d'un côté Donnœsoe, et de l'autre
Fleina etSandhornet, c'est-à-dire le 66* 4' et le67»7',
et construite également par H; Vibe, fut publiée dans
le cours de ladite atmée.
Deux autres cartes ont été publiées depuis, l'une
en i83g renfermant l'espace qui s'étend de Fleina et
Sandhornet à Tranôe , ou du 67* 5' au 68* 1 a\ et com-
prenant la partie méridionale des Dos Lofoten jusqu'à
Vaagekallen et Skraaven; et l'autre, qui a été termi'*
née à la fin de 1841 9 s'étend du 68^*9' au 69** 16'» et
renferme le reste des lies Lofoten et les Vesteraalen »
avec la portion du continent située à l'est. Pour con-
struire ces deux dernières cartes, M. le lieutenant Vibe
a fait usage des matériaux dus aux travaux du capitaine
du génie Broch, du lieutenant de vaisseau Due, et du
lieutenant d'infanterie Rynning.
Ces cinq cartes sont accompagnées d'instructions
nautiques rédigées par M. le professeur Hansteen, et
de plusieurs vues des côtes, qui offrent des points
remarquables utiles à connaître des navigateurs.
Il est probable que quatre cartes devront encore être
dressées avant de parvenir à la frontière russe; la des-
cription des côtes de Norvège sera alors complètement
terminée. Selon des calculs nécessairement approxi-
matifs , la première de ces dernières cartes compren*
( 3âG )
(Ira rile de Trotns {Tromsât) , les golfes de Lyogen
{Lj-ngenfjord), d'Ulv [Uhjjortl) et de Kaa (ATo/i/^a/v/j,
Quœnangen, Alten-Talvig , avec les iles qui bordent
la cote.
On trouvera dans la seconde, Hammerfest» l'Ile de
Sor {Sorôè) et Seihind , avec les îlots et rochers envi-
ronnants.
La troisième contiendra les caps Nord et^ordkyn »
les golfes de Porsanger [Porsangerfjord)^ de Laxa
{Laxejjord) et de Tana {Tanajjord), avec les Ilots et ro-
chers qui en dépendent; et la quatrième et dernière
enfin donnera Vardôe » Vadspe , le golfe de Varanger
{Varangerfjord)^ ainsi que le reste de la côte orientale,
et probablement aussi quelques portions du territoire
russe placé sur la limite frontière.
A partir de Nordkyn , promontoire à Test du cap
Nord» et le plus septentrional du continent de TEu-
rope(7i^ jo'), la côte de Norvège n'offre pas d*lles sur
lesquelles on puisse trouver des points de triangula-
tion; elle manque en même temps de ports où il soit
possible de mettre à l'abri le bateau du trigonomètre
pendant qu'il se livre à ses travaux; le pays enfin, à
cette haute latitude, n'offre aucune espèce de ressource
quelconque; il est tout à-fait inhabité, et on peut dire
sans exagération qu'il est inhabitable. Les difficultés
résultant de cet état des choses ayant paru insurmon-
tables, on renonça au projet qui avait été d'abord
formé de continuer le réseau de triangles plus à l'est,
en prolongeant la côte. On désirait cependant remplir
la lacune qui existait entre le Nordkyn et la frontière
russe, lacune que tous les efforts de courage , de pa-
tience et de talent des officiers norvégiens n'avaient pu
remplir directement. On dut donc chercher à attein-
(5«7)
dre le même but par un moyen indirect. Le lieutenant
des ingénieurs Hagerup reçut l'ordre de mener une
suite de triangles jusqu'au fond des golfes de Tana el
de Varanger, et de pousser son travail jusqu*au point
extrême ^ui touche à la Laponie russe, en liant son
réseau avec Vardôe et Vadsôe, dont la latitude et la
longitude ont été déterminées en 176g par le père
Hell, jésuite et astronome autrichien qui s'était rendu
dans le Pinmark pour y observer le passage de Vénus
sur le disque du soleil. Ces travaux , dont une partie a
été effectuée en i85g» sont aujourd'hui terminés» et
|oot fait espérer qu'avant peu d'années on possédera
une collection complète de bonnes cartes des câtes de
Norvège (1).
(1) Cest an phénomène curieui que nous croyons devoir signaler ,
^o'oo ne rencontre jamais de glaces sur les cotes septentrionales et
occidentales de la Norvè{;e, dont les poits sont ouverts toute Tannée ,
même pendant les hivers les plus rudes, tandis que le pays est cou-
vert de glace et déneige. Ce n'est que dans des cas eitraordinaires , et
que Ton considère comme des prodiges, que dans Tespace de quelques
sièclei on a tu ces ports pris par les glaces. On m*a assuré à Trondhiem
qu*on n'avait jamais entendu dire que le golfîe de ce nom, et même, ce
qui paraîtra plus extraordinaire, la rivière Nid qui s*y jette , eussent
été pris par les glaces, tandis que le golfe de Christiania Test tous les
ans. En 1887, j*y ait fait pendant plus de quatre mois consécutifs,
des courses de plusieurs milles en traîneau, et j*ai vu scier la glace
depuis Cbri^ttiania jasffo'à Drobak , poar que les navires retenus dans
ie premier de ces ports puuent sortir du golle, et gagner la mer alors
entièrement libre et navigable. M. de Lovenôrn pense qu'il faudrait un
traité fort étendu pour expliquer les raisons de cette espèce de phé-
nomène. En outre on ne rencontre jamais de glaces flotanttes dans la
haote mer; mais en hiver les tempêtes y sont fréquentes, la mer ora-
geuse, les nuits longues , et le peu àt jour qu'on a n'est guère qu'une
erépoaculc. En cette saison lecielest généralement couvert et chargé
^t nuages.
( 328 )
Ce grand travail terminé, et même auparavant, le
gouvernement norvégien aura à en entreprendre un
autre d'une très haute importance pour la navigation
des côtes de Norvège.
On présume , d'après différents renseignements qui
ont été recueillis; que le long de ces côtes, à partir et
même un peu au-delà du cap Lindesnses jusqu'à Var-
dôebuus, et peut-être même encore plus loin, s'étend
une série de bancs de sable qu'on croit contigus, quoi-
qu'ils paraissent être interrompus par plusieurs pro-
fondeurs considérables, portant différents noms; sui-
vant les différents points qu'ils occupent, mais connus
généralement sous la dénomination de Havbrœn^ mot
qui signifie littéralement le pont de la mer. Près des
côtes des îles Lofoten et Vesteraalen , ce banc se rap-
proche de la terre à la distance de a à 3 milles * près
du district de Sondmôr et autre» points de la côte occi-
dentale, il en est éloigné de lo à i s milles (i}> etmème
plus. Sa profondeur varie de 3o à 4o et jusqu'à 80 et
même 100 brasses (Favn) (a), et la quahté du fonds est
aussi variable que la profondeur, quoique cependant
ia majeure partie se compose de sable et de coquilla-
ges. On a proposé y pour déterminer la situation exacte,
les diverses profondeurs et la qualité du fonds de ce
banc, dont il est facile de concevoir que la connais-
sance est d'une extrême importance pour les naviga-
teurs qui fréquentent ces parages, d'armer un .grand
navire qui emploierait deux étés à le visiter soigneuse-
ment. On en dresserait ensuite la carte» et oa aurait
(1) Le mille de INorvèçe s» 1 1 agS kilom.
(a) Le favn ou brasse de Norvège se divise en 3 aln ( aunes ) o»
6 pieds , et égale i ,88a4 mètre.
(5«9 )
soÎD. lorsque les caries hydrographiques du Nordland
et du Finmark seraient terminées , de porter la position
de ce banc sur ces cartes. Il est probable que ce tra-
vail • déjà approuvé par le gouvernement norvégien ,
sera adopté par le Storthing» s*il ne Test déjà^et qu'il
ne tardera pas à être exécuté.
NovvBLLK Note de M. de la Roquelte sur la SocUté
lies antiquaires du Nord,
Dans la réunion IrimeslncUe du s8 avril 184^ , M. le
professeur Rafn » secrétaire de la Société des antiquaires
du Nord , a entretenu ce corps savant d'un mémoire
transrois par le célèbre naluralisle et voyageur Henri
R. Schoolcraft , membre de la Société et agent indien
des États-Unis dans le Micliiliimackinack. Ce mémoire
est relatifà la découverte faite récemment dans la vallée
du Mississipi d'une pierre de graaifakke , plate et char-
gée d'inscriptions, trouvée en creusant une grande et
ancienne tombelle. Un dessin, représentant la pierre
et les vingt-quatre caractères qui y sont tracés entre
des lignes parallèles, est joint à l^envoi fait par
M. Schoolcraft. On croit que cette pierre , placée
dans la tombe à côté d'un squelette et de plusieurs
morceaux d'antiquité , était une amulette ou un sou-
venir généalogique. M. Rafn , après avoir examiné avec
attention les caractères qui forment l'inscription, et les
. avoir comparés avec ceux qu'on employait jadis en
Europe , et parmi lesquels il comprend l'ancien gal-
lois» l'anglo'Saxon , l'ancienne langue du Nord, etc..
( 33o )
s*est cru fondé à conclure que Tinscriplion esl due à
des Européens qui se seraient élablis dans ces conlrées
avant le x* siècle. Ces Européens pouvaient bien pro-
venir , suivant le docte professeur , de la presqu'île py-
rénéenne , ou de rirlando , dont les habitants» suivant
les relations des saga , ont fixé vers cette époque leur
domicile en Amérique. En accusant réception à M. Rafn
de son intéressante communication , je Tai prié de me
transmettre un fac slmile des vingt-quatre caractères
tracés fur la pierre , d'entrer dans quelques détails sur
les motifs qui ont déterminé son opinion , et de m'en-
voyer en même temps le texte des saga auxquels il fait
allusion.
Dans cette même séance » S. A. R. le prince royal
de Danemark, président de la Société» a annoncé qu'il
avait fait faire sous ses propres yeux des fouilles près de
Buddinge» dans l'Ile deSélande. Quelques unes des tom-
belles qui ont été creusées avaient sans doute été déjft
explorées, car on n'a rien trouvé dans les caisses en
pierre qu'elles contenaient. En poursuivant les recher-
ches, on a été plus heureux» et parmi plusieurs objets,
en bronze plus ou moins bien conservés» on a décou-
vert un magnifique bouclier chargé d'ornements en
spirale 9 etc.
La Commission d'antiquités a présenté à la Société
plusieurs objets curieux offerts pendant le trimestre ,
et M. Thomsen a cru devoir fixer plus spécialement
l'attention sur une ceinture en brome» dontM.Reutxe,
devienne, a fait hommage. Elle a été trouvée auprès
d'Arles, en France » et se compose de plaques minces
unies ensemble par des anneaux, et enrichies d'or-
nements.
M. Finn Magnussen a fait un rapport sur deuik hrès
( 35i )
anciens poèmes allemands» écrits sur des feuilles de
parchemin , découverts à Hersebourg par un savant
danois, M. Georges Waitz » qui en a envoyé de%/ac si-
mite avec des éclaircissements de M. Jacob Grimm. Ces
deux poèmes, qui paraissent ofTri rie plus haut intérêt
au savant irlandais, traitent des anciennes divinités de
la Germanie , et ont été vraisemblablement composés
en Thuringe dans le temps du paganisme. Autant qu'on
peut en juger par les morceaux communiqués, ils sont
écrits en langue allemande. Le premier de ces poèmes
a été composé à l'occasion d'un mariage; le second
est un véritable Formulaire de conjuration ou d'exor-
cisme paien pour guérir un cheval malade ou blessé.
Les noms de plusieurs des divinités qui y sont désignées
correspondent à ceux des divinités connues des Scan-
dinaves. Ainsi, on y lit fréquemment les noms de ff^o-
tien, BaldeTf Sunna, Fnia, FoUa^ Sinthgunth, écrits
presque de la même manière dans les royaumes du
Nord. La comparaison de ce formulaire de conjurations
avec celai qui était adopté en Scandinavie fournit une
noQvelIe preuve de l'extraordinaire extension des my-
thes Scandinaves, et de l'extrême importance des Edda.
Au nombre des nouveaux membres qne la Société
des antiquaires du Nord a admis dans son sein , nous
citerons :
S. A. R. le prince régnant de Lucques , Charles de
Bourbon, infant d'Espagne, et dom Aureliano de
Souza e Olivcira Goulinlio de Rio- Janeiro.
{ 33a )
Géographie prototype de la France,
par Denaix (i).
Avec cette épigraphe :
L'élude rationnelle d'un pnys est la
clef des configurations du globe : par*
lout les formes des superficies terres-
tres se présentent dans le même ordre
et avec les mêmes analogies.
Depuis long-temps la division du globe en bassins
de rivières est regardée comme la plus rationnelle et
la plus propre à faciliter l'étude de la géographie et la
connaissance de la configuration des terrains. Au
moyen de celle division , la description d'une contrée
devient claire et se retient aisément Toutefois» pour
tirer de celte idée première tous les avantages qu'elle
promet, il était nécessaire de poser quelques princi-
pes, d'établir quelques défini tions« et de les appliquer
à un exemple. Tel est le but du nouvel ouvrage de
M. Denaix» dont les eiforts soutenus pour le perfec-
tionnement de la géographie méritent d'être honora-
blement cités. La manière de traiter la géographie qui
(i) Géographie prototype de la France, contenant des éléments
d'analyse naturelle applicables à tous les États; ouvrage dédié au duc
d*Aumale, par Denaix, ancien élève de TËcole polytechnique, et
lieutenant-colonel d'état-major y chef d*administration au Dépôt gé-
néral de la guerre. Un volume in-8" de aao pages et une carte im-
primée en deux couleurs. Paris, Imprimerie royale, i84t ; chez
Tautenr, rue d*Assas, 5; Gh. Picquet, géographe du roi, quai
Conti, 17; Dumoulin, libraire, quai des Augustins , i3. Prix, 7 fr.
5o cent.
( 355 )
a été adoptée par ce^saFaot^ requiert sans doute une
certaine application d'esprit pour être comprise ; mais
quelle est Tétude utile^ qui n'en exige point ? L'expé-
rience ne nous apprend -elle pas que l'on n'acquiert
point de véritables connaissances sans travail?
La géographie prototype de la France est divisée en
cinq sections , et terminée par un appendice.
La première section a pour titre : Exposé sommaire
des lois hjrdrogéiques» Après avoir défini un bassin , une
portion de la surface du globe dont les eaux pluviales
et fluviales se rendent dans le même réservoir , Tau-
leur considère successivement les bassins dont le ré*
servoir est intérieur; les bassins dont les réservoirs sont
des golfes ou des méditerranées; le bassin de l'Océan ;
enfin les bassins des eaux courantes. Uneloibydrogéi-
qoe qui est commune à tous les bassins , c'est que leur
grandeur varie comme celle des réservoirs qu'ils ali-
mentent. Les bords ou sommets des bassins dont le
réservoir est intérieur sont continus et présentent une
courbe fermée. Les crêtes des bassins dont les réser-
voirs sont des golfes ou des méditerranées ont une so-
lution de continuité aux détroits » par lesquels ces mers
et ces golfes communiquent avec l'Océan ou avec la
mer principale.
Les crêtes du bassin de l'Océan sont déterminée^ par
les sommets et les cols des chaînes de montagnes et des
dos de pays qui partagent les eaux pluviales et fluviales»
entre l'Océan et les mers méditerranées ou intérieures.
L'auteur désigne par le nom de dorsale la grande chaîne
longitudinale qui opère ce partage en Europe ; il ap-
pelle costales les longs contre-forts qui en partent, et
sous'costales les branches que ceux-ci projettent» Il en
fait une description qui ne laisse rien à désirer.
( 354 )
Passant aux fleuves, M. Denaix fait remarquer que
la crête de leurs bassins, après avoir embrassé dans
son circuit un pays immense, s£ rapproche et ne laisse
vers leur embouchure qu'une solution de continuité
d*une largeur souvent si peu considérable, qu'on pour*
rait la regarder comme le détroit d'un golfe terrestre
limité par les sommités du bassin. C'est ainsi , dit-Il •
que la crête du bassin de la Seine, après s'être écartée
au midi jusqu'aux sources de l'Yonne, au nord jus-
qu'à celles de l'Oise, se rapproche au dessus du Havre
et de Honfleur, et ne laisse plus au bassin qu'un dé-
bouché de 1 5 kilomètres.
De cette loi générale , et de l'intervalle qui se trouve
entre les embouchures des grands fleuves, le colonel
Denaix dérive cette autre loi : le contre-fort qui sépare
les bassins de deux fleuves ne forme d'abord , entre les
sources des affluents opposés qui les alimentent, qu'une
simple crête ou une croupe de peu de largeur; mais à
un certain point, cette croupe se bifurque , et finit par
renfermer, entre ses branches de prolongement, une
espèce de golfe terrestre occupant tout le triangle com-
pris entre le point de bifurcation et les embouchures
des deux fleuves. Dans ce triangle , les côtés bifurques
projettent les branches que l'auteur appelle sous-cos-
tales ou sous-contre forts du premier, du deuxième, du
troisième ordre , selon qu'ils sont des ramifications
premières, secondes ou troisièmes, du contre-fort prin-
cipal.
Pour achever de faire connaître le système de l'au-
teur, nous citerons quelques unes des définitions qu'il
emploie, et qu'il nous parait utile d'admettre dans la
géographie pour pouvoir l'étudier avec fruit. Le co-
lonel Denaix appelle fleuve dorsal , tout fleuve dont le
( 335 )
baasÎQ est limité au fond par les crêtes de la chaîne
principale, et sur les côtés par celles de deux contre-
forts fluviatiles ; et fleuve cojto/, tout fleuTe dont le bassin
est limité au fond par la crête d*un contre-fort partant
de la dorsale. Il fait entre les fleuves costaux une dis-
tinction ingénieuse qui nous parait fondée : il appelle
appendicidcUre QUÛevLve^ par exemple» tel que la Somme»
qui commence entre deux dorsaux contigus ( la Seine
et la Meuse) , mais tiibutaire de deux bassins mari-
times différents ( le canal de la Manche et la mer du
Nord. ) L'Escaut est également un fleuve costal appen-
dicnlaire. La Charente est un fleuve costal sttbintrant^
parce qu'elle naît et se développe dans le triangle com-
pris entre deux fleuves dorsaux contigus qui appar-
tiennent à un mènae bassin maritime, savoir : la Loire
et la Garonne. Un fleuve costal» tel que la Seudre»
par exemple , est dit axUlaire , lorsqu'il a son cours
dans le triangle compris entre un fleuve dorsal et un
fleuve costal subintrant supérieur (la Gironde et la
Charente dans l'exemple cité).
Les désignations précédenles étant applicables aux
rivières donnent à la méthode de l'auteur une grande
généralité. Ainsi rill, qui coule en Alsace, est une ri-
vière dorsale, parce qu'elle naît dans l'ensellement com-
mun aux deux chaînes du Jura et des Vosges, qui est
le col deValdicu. La Nièvre, l'Arronx, l'Allier, sont des
rivières dorsales. L'Andelle, l'Epte et l'Oise , affljuents
directs de la Seine , et qui ont leurs sources près des
crêtes d'enceinte du bassin de ce fleuve , sont ce que
l'auteur appelle des rivières faîtières , tandis que la
Marne et l'Aube, autres afllucnts de la Seine , sont des
rivières dorsales.
La d(!uxième seclion contient l'application des prin-
( 556 )
cipes que nous venons d'exposer, à une classification
des fleuves et des principales rivières de la France. La
troisième est une revue analytique des fleuves et des
rivières dont les noms servent ou peuvent servir à dé-
terminer la situation physique des déparlements. La
quatrième traite de la situation respective des départe-
ments relativement aux lignes d'enceinte et aux lignes
de partage ou de réunion des eaux , qui déterminent la
configuration générale de la France. L'auteur a joint a
cette section un classement des départements, établi
suivant l'ordre de leur situation physique relative • et
d'après le rang qu'ils tiennent eu égard à leur étendue,
à leur population et à leur revenu territorial. Enfin la
cinquième section considère les chaînes de montagnes,
les montagnes et les lignes de faite dans leurs relations
réciproques, et dans leurs rapports avec la distribution
des eaux. Elle complète l'ouvrage.
L'appendice renferme deux tables alphabétiques
raisonnées.. Tune, des chaînes et chaînons de monta-
gnes ; l'autre , des principaux canaux exécutés ou en
cours d'exécution.
Enfin , la carte qui est jointe à l'ouvrage représente
clairement, par des procédés nouveaux, toutes les divi-
sions naturelles et administratives de la France qui ont
été envisagées par l'auteur, et elle donne pour chaque
département, en quatre colonnes disposées sur les
côtés, sa superficie, sa population, ses revenus territo-
riaux et ses impôts directs.
A.
(357 )
ExpÉDiTioM par terre de la baie Denon {\) au poit
du Roi George y par M. Eyrb.
C'est certainement un spectacle digne d'observation
que de ?oir le vaste continent de la Nouvelle-HoUaodev
dont les côtes étaient à peine connues il y a cinquante
ans, se couvrir d'une population étrangère qui en-
vahit incessamment tous les points. Indépendamment
de l«'i côte orientale, où croit et se foripe un nouvel
État» et peut-être bientôt un nouveau peuple, des
postes sont établis sur presque tout le contour des
côtes septentrionales , occidentales et méridionales.
Déjà des tentatives ont été faites avec plus ou moins de
succès pour aller d'une de ces positions à l'autre en
suivant la côte. La relation récemment publiée des ex-
péditions du capitaine Grey, d'abord dans la partie
nord-ouest , el ensuite sur la côte occidentale depuis
la baie des Chiens-Marins jusqu'à la rivière des Cygnes,
a fait connaître les di£Bcutés que présente cette partie
de la Nouvelle-Hollande à cause du manque d'eau. On
a pu 7 voir aussi que dans les environs des établisse^
ments anglais les relations avec les naturels commen-
cent à s'établir sur un pied assez amical. L'analyse
suivante d'une expédition par terre le long de la côte
méridionale de ce continent nous a paru mériter l'at-
tention des personnes qui sont curieuses de suivre les
(i) La baie Deooo, de Baudin ( baieFowler de Flinden) e»t à I e»t
do cap Mansard, sitaë sur la côte de la NoaTelle-Hollaode par
33* 9' de lat. S. et i3o'' f de long. E.
xyn. MAI. 4* >s
3S8 )
progrès des établissements anglais dans ces pays. EU*
est extraite de la Literary Gazette du 19 février i%l^%,
P. D.
ExPBDiTiON par tetre de la baie Denon ou de Fotv/er au
port du Roi George^ par M. Eyrb.
M. Eyre partit de Fowler's Bay le si février 184 1. ac-
com pagn é d'un inspecteu r et de trois naturels; ils avaient
des provisions pour neuf semaines et dix chevaux. Lors-
qu'ils entrèrent sur le territoire de l'Australie occiden-
tale» ils trouvèrent que le pays qui entoure la grande
baie australienne (1) sur une étendue de plus de 5oo
milles consiste entièrement en une formation fossile»
dont l'élévation au-dessus du niveau de la mer varie de
s 00 à 3oo pieds (60 h 90 mètres) , et qui forme une espèce
de plateau sans arbres ^ sans gazon, et couvert dans
beaucoup d'endroits de broussailles impénétrables. On
n'y trouve absolument aucune trace d'eau douce, et
ce n'était qu'en creusant dans le sable auprès de la
mer, dans les points où le grand banc fossile n'allait
pas jusqu'à la côte, que l'on pouvait s'en procurer un
peu ; encore futon obligé de parcourir des espaces de
1 5o à 1 60 milles sans pouvoir en trouver une goutte :
aussi on se trouva deux fois pendant sept jours sans eau
et presque sans nourriture. Ces dures privations por*
tèrent deux des naturels à piller, en l'absence de M. Eyre^
les provisions qui restaient : ils tuèrent aussi le surveil-
lant, et disparurent. Éloigné de Powler's Bay de 4^0
(1^ Ce que Tautenr appelle la grande baie atutraiienne est ce Taste
cnfoDcemenl que forme la cète méridionale de la NonTelle-Hollaode
•mre la preaqaUe qui borne à 1*0. le golfe Spencer et l'archipel delà
Recherche.
( 559)
milles, et d'environ 600 du port du Roi George. M.Ejre
préféra continuer sa route avec le seul naturel qui lui
fût resté fidèle , et n'ayant plus que quelques chevaux
trop faibles même pour les porter. Un peu à TE. delc^
pointe Malcoixn, il rencontra pour la première fois un
fort étroit espace de terre couvert d'herbes; mais ce ne
fut qu'après avoir dépassé le cap Aride qu'il trouva ^n
petit lac d'eau douce. Le pays consistait alors en dunes
de sable couvertes de buissons; le terrain était oolithi-
que, avec quelques pointes de granit
M. Eyre traversa quelques criques qui lui parurent
devoir communiquer avec la mer, et pouvoir offrir un
abri à des embarcations.
Derrière Lucky-Bay et les lagunes qui sont à l'O. de
la baie de l'Espérance , on rencontra un terrain assez
fertile; l'eau était abondante, mais le bois manquait.
A environ 1 6 milles au N.-E. du cap Riche , on ren-
contra une rivière considérable dont l'eau était salée
et qui venait du O.-N.-O. Elle paraissait tombeir à la
mer en un point où Flinders a marqué t une baie de
sable imparfaitement vue; > le pays dans les environs
de cette rivière paraissait meilleur, et on aurait sans
doute pu y trouver de bons pâturages pour des mou-
tons ou du bétail. A l'O. du cap Riche, on commença
à voir de grands arbres , tels que le mahogany, le gom-
mier rouge, le casuarina, et autres que l'on trouve aux
environs du port du Roi George ; mais comme le pays
ûtué entre ce port et le cap Riche a été déjà examiné,
M. Eyre ne juge pas à propos d'en donner la descrip-
tion. Sa relation est terminée par le paragraphe sui-
vant:
Le s juin , je rencontrai le baleinier français le Mis-
sissipi, du Havre, conunandé par le capitaine Rossiter.
( 54o )
Je reçus de ce capitaine Taccueil le plas aimable et le
plus hospitalier pendant les douze jours que je passai
à bord pour donner à mes chevaux le temps de re-
prendre des forces ; il me fournit aussi très libérale-
ment les vivres qui m'étaient nécessaires pour conti-
nuer mon voyage jusqu'au port du Roi George , où
j'arrivai le 7 juillet» après un voyage qui, en raison
des sinuosités, est de plus de io4o milles. Pendant les
680 derniers je n'étais accompagné que d'un seul na-
turel du port du Roi George, nommé Wylie. Nous
n'avons rencontré dans ce trajet qu'un petit nombre
de naturels , dont la plupart étaient timides , mais
assez bien disposés. Le langage qu'ils parlaient était
exactement semblable à celui du port du Roi George
jusqu'au cap le Grand , et cette similitude doit proba-
blement s'étendre jusqu'aux grandes falaises • c'est-
à-dire jusque par environ 134^ i/s E. (las^io'E. );
mais au-delà de ce point le langage était totalement
différent, et Wylie n'en comprenait pas un mot.
( 54i )
DEUXIEME SECTION.
^#<
Actes de la Société.
EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES.
PaàSlDBNCB DB y. LB CONTRE- AMIRAL DUMONT d'urVILLB.
Séance du 6 mai i48s.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
H. le ministre de la marine adresse à la Société le
4* volume du catalogue des livres composant les bi-
bliothèques de son département.
M. d'Avezac offre» de la part de Tauteur » un ouvrage
intitulé : Les États-Unis et la Havane^ souvenirs d'un
voyageur, par M. J. Lôwenstem, et il présente en son
nom un des deux exemplaires qu'il possède d'une His-
toire philosophique et politique du commerce, de la
navigation et des colonies des anciens dans la mer
Noire» par M. Formaleoni.
La Commission centrale vote des remerciements aux
donateurs , et ordonne le dépôt des ouvrages à la bi-
bliothèque.
M. le contre-amiral d'Urville fait hommage au mu-
( 5-'.» )
sée de la Société d'une statuette représentant une di-
vinité qui lui a été donnée à Samarang (île de Java ) ,
et qu*il a rapportée de son dernier voyage au p6le an-
tarctique.
M. de la Roquette propose de faire faire pour le
Bulletin une lithographie de cette statuette» et sur sa
demande, M. d'Urville veut bien s'engager à rédiger
une Notice qui sera jointe à la lithographie.
MM. Berthelot et Roux de Rochelle expriment à
M. d'Urville les remerciements de la Gomission cen-
traie, et ils proposent à cette occasion qu'il soit pris
des mesures pour conserver les objets précieux qui en-
richissent déjà le musée de la Société. Cette proposi^
tion est renvoyée à la section de comptabilité.
H. Jomard annonce qu'il a reçu la fin du manu-
scrit du voyage au Soudan , par le cheikh Mohammed
el Tounsy. La première partie comprend le voyage au
Darfour» traduit au Caire par le D' Perron, sous les
yeux du voyageur. Ce voyage est accompagné d'une
esquisse de cette contrée par le cheikh » d'une carie
dressée par M. Perron, et de deux planches relatives
aux mœurs et coutumes des habitants.
M. Eyriès annonce qu'il est chargé par M. de An-
gelis, correspondant étranger de la Société à Bue-
nos Ayres » de remercier la Commission centrale du
titre qu'elle a bien voulu lui accorder, ainsi que d%
l'envoi de ses publications.
H. Flachenaker lit un Mémoire sur les ruines de
Carthage. L'assemblée écoute cette lecture avec in*
térèty et elle invile l'auteur â vouloir bien communi-
quer son travail au comité du Bulletin.
(545 )
ôeance extraordinaire du i3 mai i849*
M. Jomard» premier vice-président de la Commission
centrale • appelé par an événement tragique à présider
l'assemblée, occupe le fauteuil; il s'exprime en ces
termes : ■ Messieurs, la plus triste» la plus imprévue
des catastrophes a imposée votre bureau, à ce qui reste
de votre bureau, la nécessité de vous réunir pour vous
consulter sur ce qu'il y avait à faire dans cette doulou-
reuse circonstance. Vous ne verrez plus diriger vos
délibérations ni siéger au milieu de vous votre digne ,
votre illustre président, le contre-amiral d'Urville :
nous avons senti le besoin de devancer le jour de nos
réunions périodiques , de pleurer avec nos collègues »
d'invoquer le secours de leurs lumières. A peine trente
heures étaient-elles écoulées depuis la séance où M. d'Ur-
ville présidait la dernière assemblée, que la mort la
plusafTreuse l'enlevait à la Société, aux sciences, à la
carrière des découvertes. Nous pensons» messieurs, que
vous jugerez avec nous que c'est le moment de consa-
crer par une manifestation solennelle toute l'étendue
de nos regrets.
Voici les propositions que vous soumet le bureau ,
qui , attendu Turgence, a appelé à se joindre à lui les
deux anciens présidents de la Commission centrale.
1* Le secrétaire-général sera invité à rédiger une no-
tice bistori(]ue en l'honneur de M. Duroont d'Urville ,
et cette notice sera ins/^rée au Bulletin, et accompagnée,
s'il est possible , d'un portrait. M. Berthelot sera invité
aussi à exprimer les sentiments de la Société le jour
prochain des funérailles.
'A* Une souscription sera ouverte au sein de la So-
( 544 )
ciété pour élever un moaument en l'honneur du conlre -
amiral Dumont d'Urville.
S"* Tous les membres de la Société présents à Paris
seront invités à assister en corps aux obsèques du contre-
amiral d'Urville. »
Le président provisoire termine en disant que le
ministre de Tlnstruclion publique , président de la So-
ciété» a donné & ce projet une entière adhésion» et
annoncé qu'il souscrirait personnellement et rccom-
manderait cette souscription à MM. ses collègues, mem-
bres du conseil.
Les diverses propositions faites par le bureau sont
mises successivement aux voix et adoptées à l'unanimité.
Un registre de souscription est ouvert , et tous les
membres présents s'y inscrivent immédiatemenL
La Commission centrale décide ensuite qu'il sera
adressé aux journaux une note ainsi conçue :
c La Société de géographie a décidé , dans une
1 séance extraordinaire du i3 mai courant» qu'une
> souscription serait ouverte dans son sein pour élever
• un monument à la mémoire de H. le contre-amiral
>Dumont d'Urville, président de sa Commission cen-
» traie, et victime de l'affreuse catastrophe du 8 mai.
«Toutes les personnes qui désirent s'associer à cet
«hommage rendu à l'illustre navigateur peuvent sous-
• crire chez M. Noirot, agent de la Société , rue de VU-
université, sS» ou chez H. Chapellier, notaire, rue de
» la Tixeranderie , iS. »
La séance e«t levée à lo heures.
Sécuice du %o mai i849*
Les procès-verbaux de la séance du 6 mai et de la
séance extraordinaire du i3 mai sont lus et adoptés.
( 345 )
En verlu de l'article 5 du règlement supplémen-
taire, le premier vice- président occupe le fauteuil.
H. le ministre de l'instruction publique, président
de la Société» demande que son. nom soit inscrit sur
le registre de la souscription ouverte pour élever un
monument à la mémoire de M. le contre-amiral d'Ur-
ville.
IL de Démidoff» ancien vice-président de la Société,
écrit qu'il s'associe avec empressement aux marques
de souvenir que la Commission centrale veut consacrer
à son illustre président , M. le contre-amiral d'Urville,
auquel la science européenne est redevable de tant de
consciencieux travaux. Mais, au lieu d'un monument
élevé dans un cimetière, M. Démidoff voudrait qu'un
monument modeste et de la nature la plus durable fût
■
érigé au Heu où naquit le courageux navigateur ; qu'une
inscription rappelât ses travaux, sa fin déplorable, et
la place qu'il occupait dans la Société de géographie.
Si la Commission centrale adoptait celte idée, M. Dé-
midofF s'estimerait heureux de concourir à sa réalisa-
tion pour une souscription de cinq cents francs.
M* Eyriès fait observer, au sujet de la proposition
de H. Démidoff, que les compatriotes de H. d'Urville
ont le projet de lui élever un monument dans sa ville
natale.
M. E. Vail , citoyen des États-Unis , membre de la
Société, écrit qu'il s'associe également au pieux hom-
mage dû à l'illustre marin dont les utiles travaux et
les belles découvertes ont tant ajouté au domaine de
la science.
M. le ministre de la marine écrit que , sur la de-
mande de M. de la Roquette , l'un des vice-présidents
de la Commission centrale, il a prescrit les mesures à
( 346 )
prendre dans les ports pour recevoir les souscriptions
au monument*
M. Gau , auteur du voyage en Nubie ^ et l'un des ar-
chitectes de la ville , offre de se charger gratuitement
du projet et de la direction des travaux du monument
que la Société se propose d'élever au contre-amiral
d'iîrville.
MM. Constant Dufour etGarrex» architectes, pen-
sionnaires de Rome , offrent également leurs services
pour l'érection de ce monument.
M. Caunais, graveur^ offre aussi de graver une mé^
daille d'après un médaillon qu'il possède de l'amiral
d'Urville.
Sur la proposition de M. le président, une Commis-
sion spéciale composée de MM. Jomard » de la Roquette,
Berthelot, Daussy et Albert Montémont. est chargée
de prendre toutes les mesurés nécessaires au sujet de
la souscription pour le monument.
M. de La Renaudière écrit d la Commission centrale
pour demander que M. d'Urville ne soit pas remplacé
comme président dans le cours de cette année, et cela
comme marque de haute estime pour sa personne et
pour ses travaux , comme un hommage rendu à sa mé-
moire , et comme un témoignage de douleur pour sa
fin tragique et déplorable. La Commission centrale
s'associe avec d'autant plus d'empressement au vœu
oxprimé par M. de La Renaudière, que diaprés ses rè-
glements il n'y a pas lieu à s'occuper en ce moment
de ce remplacement.
M. Jomard donne à l'assemblée des détails sur la
cérémonie funèbre du i6 mai, et sur le nombreux
concours des personnes empressées à rendre les der-
niers devoirs à l'illustre amiral.
(3i7)
La Commission centrale décide que les discours
prononcés sur la tombe par H. Bertheint , au nom de
la Société , et par M. Vincendon-Dumoulin , au nom
da corps de la marine, seront insérés au Bulletin.
H. Albert Montémont dépose sur le bureau plusieurs
exemplaires d^une ode qu'il a composée en l'honneur
du contre*amiral d'Urville.
M. le baron de Derfelden des Hinderstein écrit à la
Société pour lui annoncer l'envoi d'une nouvelle feuille
de sa grande carte de l'arcbipel Indien. Instruit déjà
de la mort tragique de H. d'Urville , M. le baron de
Derfelden paie un juste tribut de regrets à la mémoire
de l'illustre navigateur, dont les travaux lui ont été si
utiles pour la confection de cette carte ; il propose en
même temps & la Société de faire insérer dans le Bul-
letin une notice historique sur la vie et les travaux do
M. d'Urville , et de l'accompagner de son portrait. Le
désir exprimé par l'honorable M. de Derfelden se trouve
rempli par la décision prise par la Commission cen-
trale dans sa séance extraordinaire du 16 mai.
La Société royale de Londres adresse le volume de
ses Transactions philosophiques pour l'année i84i> le
Bulletin de ses séances , et un Recueil d'observations
magnétiques faites le aS septembre iS^i à l'observa-
toire de Greenwich.
M. le lieutenant-colonel Sabine écrit à la Société
pour lui offrir le Recueil des observations magnétiques
faites dans les observatoires de Toronto au Canada, Tro-
vandrum aux Indes orientales, et à Sainte-Hélène, les
:i5 et 26 septembre i84if ainsi que le Rapport du ca-
pitaine James Ross sur son expédition aux terres an-
tarctiques. M. le colonel Sabine regrette de ne pouvoir
entretenir des relations plus fréquentes avec la Société
( 348 )
qui a bien voulu Tadroeltre au nombre de ses corres-
pondants étrangers ; mais il suit ses travaux avec le
plus vif intérêt , et il s'efforce de son côté de contri-
bueraux progrès de la science par ses recherches sur
la physique du globe.
M. Lûdde adresse h la Société les premières livrai-
sons du Journal géographique qu'il publie à Magdc-
bourg.
M. de la Roquette communique une Note qu'il a
rédigée d'après des renseignements qui lui onfété fouri
nis par M. le professeur Rafn » sur les travaux de la
Société royale des antiquaires du Nord. Cette Note est
renvoyée au comité du Bulletin.
M. Berthelot communique» i* un tableau statistique
de la division actuelle du territoire de la république de
la Nouvelle-Grenade; a"* un rapport du ministre des
relations extérieures du Venezuela ; 5* l'extrait d'un
journal publié à Garaccas, contenant des renseigne-
ments sur une grande entreprise agricole dirigée par
M. le colonel Godazzi. M. Berlhelot se charge de re-
mettre au comité du Bulletin un résumé de ces divers
documents.
Le même membre annonce qu'il a reçu du Venezuela
un caisse contenant divers objets d'antiquité et d'his-
toire naturelle ; il se fera un plaisir d'en offrir une
partie au musée de la Société.
VL Barbie du Bocage lit une Notice sur le tremble-
ment de terre qui a eu lieu en 1 84o dans le district
d'Ërivan; cette Notice» qui a été rédigée par un officier
du corps impérial des mines» et qui renferme des dé-
tails très circonstanciés sur cette catastrophe » est ren-
voyée au comité du Bulletin.
La Société philo technique adresse des billets pour
sa séance publique du 29 mai» et l'Institut historique
( S49 )
en adresse pour les réunions de son huiliëme congrès.
Ces billets sont distribués aux membres présents de la
Commission centrale.
lUtVBBB ADMIS DANS LA 80GIÉTÂ.
Séance du 6 mai i842«
M. J.*B. Tassin , géographe.
OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉtA.
Séance du 6 mai.
Par M. le ministre de la marine : Catalogue général
des livres composant les bibliothèques du département
de la marine, tome IV. Histoire et belles-lettres. —
Par M. Lowenstem : Les États-Unis et la Havane , sou-
venirs d'un voyageur, i vol. in-8. — Par M. d^Auezac :
Histoire philosophique et politique du commerce , de
la navigation et des colonies des Anciens dans la mer
Noire, avec l'hydrographie du Pont-Euxin, publiée
d'après une carte ancienne conservée dans la biblio-
thèque de Saint-Marc t par M. Formaleoni , u vol. in-i 2.
— Par t Académie de Rouen : Précis analytique de ses
travaux pendant Tannée 1 84 1 •
Séance du 20 mai.
Parla Société royale de Londres : Philosophical Tran-
sactions for the year 1841. Part. H, in-4. — Procee*
dings of the 'R. Society , n** 49 et 5o.— The Royal So-
ciety, 3o^ november 1841. — Observations magnétiques
faites le s5 septembre 1841 » à l'observatoire de Green-
wich, par M. Airy. in-4« — Par M. le colonel Sabine :
Observations made at the magne tic observa tories of
Toronto in Canada , Trevandrum in the East Indies and
St. Helena , during a remarkable magnetic disturbance
on the sS ^^ «6 ^ of september i84i , in-8. — Copies
( 55o }
of such Extracls from Ihe Despatch ofcap. Jamea Ross
from Van Diemen'sLaDcl, aswill show Ihe natuie and
exlent of Ihe discoverics whîch are aaîd lo hâve heen
made in a high Southern latitude, in-lt, — Par M. Ber-
thelot : Tableau statistique des nouvelles divisions de la
République de la Nouvelle-Grenade. — Rapport sur
les relations extérieures du gouvernement de la répu-
blique de Venezuela , in-8. — Par M, Liidde : Die Me •
thodik der Erdkunde oder Anleitung die Fortschritle
dcrWissenschaft der Erdkunde in don Schul-und aka-
demischen Unterricht leichter und wirklich einzufûh-
ren, i v. in-8. — Zcitschrifl fur vergleichende Erdkunde,
i" et a" livraisons , in- 8**. — Par M. Albert Montèmont :
Ode sur Tcimiral Dumontd'Urville. — Par les auteurs ei
éditeurs : Annales maritimes et coloniales, avril. —
Nouvelles annales des voyages, avril. — Revue scien-
iifique et industrielle , mars et avril. — Journal asia-
tique , avril. — Bulletin de la Société pour l'instruction
élémentaire, mars. — Journal de Tlnstitut historique»
avril. — Annales de la Propagation de la foi, mai. —
Journal des missions évangéliques , avril et mai. —
Recueil de la Société polytechnique, mars. — Mémo-
rial encyclopédique , mars. — Bulletin de la Société
industrielle d'Angers, n^' i et 2 de i84a* — L'Écho du
monde savant.
( 35i )
SouscBiFTiON oui^erte dtuis le sein de la Société de gén-
graphie ^' pour le Monument à élever a la mémoire du
contre-amiral Dumont d'Urvillb.
Liste des Souscripteurs jusqu*au i^ juin.
HM. ViLLBMAiN, président de la Société.
Le maréchal duc de Daliia.tie.
Deiiidoff y ancien vice-présid. de la Société.
Un AnoRYME.
Lieutenant général baron Pblet, président
honoraire de la Société.
JoMARD , viceprésid. de la Commis, centrale.
De la Roquette. id.
S. Bebthelot, secrétaire-général.
P. DàussY» membre de la Commis, centrale.
Roox DE Rochelle. id.
R. Thomasst. id.
Colonel CoRABOEUF. id.
De LARBNAVDlliRB. id,
J.-B. Etri^s. id»
Bajot. id.
Capitaine Couthaud. id,
Alcide d'Orbignt. id,
Barbie do Bocage. id.
Colonel Deraix. id,
Gabriel Lafond. id,
Ahsart. id.
De Montrol. id,
ÀLBEET-MoNTéMORT. id,
GuiGlflAUT. id,
D'atebac. id.
Baron Walcrbnabr. id,
Dbsjardins. id,
Ch. Tbxier. id,
Coghblet. id.
Vicomte de Santarem. id,
D. B. Wardbn. id.
De Frobervillb, membre de la Société.
LoWEHSTERR. id,
DiSAUGIERS. id.
De BRikRE. id.
Eugène A. Va il. id.
Paradis. id,
Jacobs. id.
loo IV.
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10
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5
5o
10
10
(35« )
MM. BoHAiN , membre de la Société. lo
Cagigal. id, so
Ramon de la Sagra . i(L 9^
Bérard , cap. de vais. id, ^o
Headtrmps-Bbaupré , iagéDÎeur-hydrographe
en cbef , membre de la Société. ao
D*AlLLEBOUT DE RAMyBSAI, îd. lO
Dbvotenay. irf. lO
Drodyn de Lhuys • directeur au ministère des
affaires étrangères, membre de la Société. 4<>
Général Aupick , membre de la Société. lo
GiBAUDBAU DE St-GeRTA1S. » id, lO
C.-L.-F. Panckoucee. û/. 5o
M** Ernestine Parckoucee. 95
Baron Dupin , adjudant-général en retraite. 5
Un AifONYyE. %
Le Saulnier de Vauhello, cap. de corvette. 5
Chazallon, ingén. -hydrographe de la marine, t
De Tessan. id. lo
Kbller. id. a
Grfssier. id, 5
PiERRON , attaché au Dépôt de la marine. a
A. Chevalier. id, a
Cabteron. id, 5
Ahglitiel , bibliolhéc. du Dépôt de la marine. &
Chevalier , secrétaire du Dépôt. a
Hanbt-Cléry , capitaine de corvette. 5
Vice-amiral Halgan, direc. du Dépôt de lamar. 5o
CHAUCHEPRAT,secrét.-gén. du minis. de lamar. ao
Le Doyen » libraire. a 5o
O. Mac-Carty. 5
JuLLiER , de Paris. 5
Blohdeau y employé au Dépôt de la guerre. 3
SiRBY , ancien marin. a
Lartigub , capitaine de corvette. i o
Bravais , officier de marine et professeur. 1 5
Darohdbad, ingénieur-hydrographe. 5
Lbcoq, 1 er graveur de l'état-maj. gén. à Turin, i o
B'" Dblbssbrt » associé libre de l'Académie des
sciences , membre de la Société. 3o
A. Favbel. ô
Total. . . • 1719 ''• 5o
BULLETIN
DB LA
SOCIETE DE GEOGRAPHIE.
JUIN i848«
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
du 17 juin i84a«
DISCOURS
PAR M. VILLEJIUIN,
Pair de France, Ministre de rinstniciion publique, Président
de la Société.
•
Il y a six mois, messieurs , é pareille réunion , dans
cette même enceinte^ siégeait à votre bureau le contre-
amiral célèbre sur lequel se fixaient tous les regards
de l'assemblée. Tin trépide et savant marin que la même
corvette avait porté dans trois voyages autour du
monde, qui le premier, sur une des plages barbares de
la Polynésie» avait enfin retrouvé quelques traces de
LaPérousCy et qui, des mers équatoriales sept fois
traversées , s'avançant sur les derniers flots navigables
des mers antarctiques , avait pénétré entre des monta-
XVI* JVllf. 1. 93
( 554 )
gnes de gkce jusqu'aux lieux OÙ le génie de rbommen'a
plus à découvrir que la siérililé et la mort de la na-
ture. Tant d'efforts et de souffrances » les fatigues et
l'inquiétude d'un long <Sotllman4etnent avaiébl affaibli
son corps, mais non sa vigueur morale ; et en voyant
la force de résolution et de pensée , la ténacité labo-
rieuse empreinte dans les traits expressifs de cet
homme, encore au milieu de la vie^ on se disait que
la science avait beaucoup à attendre de liô» et qu'an
récit bientôt acbevé de son dernier voyage, il ajouterait
encore de vastes et d'iniportanls travaux. Vaine espé-
rance 1 Fausse sécurité de la vie! Celui que tant de pé- .
rils cherchés si loin , que tant de fléaux et d'abîmes
avaient épargné, toul^à-conp» aui portes de Paris, au
milieu de nos arts, il est enveloppé dans un affreux
désastre. Rien ne reste de lui , ni la compagne qu'il
avait immortalisée en donnant son nom chéri è une
des lerref avancées du cercle polaire » ni le fils dont il
avait formé avec tant de soin Tintelligence prématurée,
et qui. déjà familier avec la plus difficile des langues
d'Orient, excellait aussi dans les fortes éludes de nos
collèges, comme l'attestent quelques pages qu'il écri-
vit peu de jour« avant le 8 mai , et que nous avons de-
mandéied â ses matt^es pAO^ les déposer ti«As les archi-
ves d^ volk^ Société, Àeute fèroilley)^i« itiisM apiM loi
rUlustre et ftofèriUM ti'UHillë.
Qtie n« Vous ii-i^i été èontté , tnesèieuftv , d'uvoir À
recoeUUk*cet enfftt^t orphelin, à l'élev^lr p^M* la stnetipe»,
h l'etotobrer de Taffiéctioti que vooft portiét au père !
Mais, héfasl Voué b'AVèfe pu,^ î&^^ cMie femille.
r^clAM^r t|i^è quelques débris è peini» rbcoMiaisM^lM,
pbUr )é^ t&hgwn^^ Uk) imônâAiistvt fëvièbre, comme
H^Urvflle MUtiéfbts ^igeà lui^mdnre Mr le« nschem
i 355 )
fuuestes de Vanikoro on pieux cénophate h la ipémoire
du plus regretté de ses prédécesseurs.
Un autre soin vous reste, c^estde seconder, cVstde
h&ter la publication des manuscrits presque complets
qu'a laissés d^Urviile. L'Iiomme est tout entier dans les
exemples et dans les travaux qu*il lègue à Tavenir •'
c'est en les recueillant qu^on Thonore.
Ce devoir de justice , messieurs , nous avons n le
remplir envers un autre voyageur, moins célèbre dans
sa vie et datts sa mort, mais dont la perte récente,
après des fallgae's inouïes, dôil laisser un toucbant
souvenir, tt. Nestor l'Hôte fut uil de ces hommes que
la science va Siiisir au thilieu deé occupations qui leur
sont le plus étrangères, qu'elle pénètre de sàvocalibh
paissante , et que trop souvent elle marque pour ses
victimes. T)rès jeune, et assujetti à un obscur emploi ,
le bruit des belles découvertes de Ghampolliôh vint
exciter soh enthousiasme et sa cUriosilé. I) ne rêve
plus que rÊgypte ; il consulte toutes les reproductions
de ses monuments; il étudie la langue copte, cette
clef imparfaite de l'idiome antique caché sous les liié-
roglypbes;et il fait un premier voyage de quelques
mois sur les ruines de Thèbeà à la suite de Champol-
lion. Formé k Cette grande école, à peine de retour en
France , il aspire ft contimiet" l'ioeuvl^e interrompue Âe
son illustre maître. Aidé des secours de l'État, il repart
avec ardeur; et,p'ehdant dix-hoit mois, parcourant suir-
tout les KeuiekK^bre inexplorés, il parvient à s^appro-
prier par l'empreinte ou par le crayon utl choix dé ces
innombrables images répandues pour aihsi dire sur
toutes les pierres taillées de l'Egypte . et qui pren-
nent d'autant plus Àb prix à nos yeux , qu'elles
sont pour noua les étplréftsionè ënéore iriédilès d'hn
( 356 )
grand livre d'histoire, que le génie moderne com-
mence à déchiffrer. Mais , dans la traversée da retour,
un accident de mer détruisit en partie ce trésor, et
gâta toutes les empreintes qu'il avait prises par un pro-
cédé aussi simple qu'ingénieux pour compléter la col-
lection de ses dessins , tracés avec une admirable net-
teté. Il n'a dès lors d^autre pensée que de retourner
vers les mêmes monuments, de refaire les calquée
qu'il a perdus» et d'étendre ses recherches dans le
Delta et le Fayoum. Aidé dans ce noble projet par
ceux qui le regrettent aujourd'hui) il recommence sa
iàche. Les dessins coloriés du tombeau de Skhaï dans
la Thébaïde » les peintures d'une des salles du palais
à'Jménopfus à Louqsor, la série chronologique des an-
cêtres de MœriSj la copie des sculptures ^^Ahydos ^ les
calques ou le dessin des représentations trouvées dans
les grottes funéraires d^Emaù de Tell-Amama^ de P^ï-
naula et àiEll-TM^ les empreintes de bas-relieEs et
d'inscriptions enlevées aux tombeaux qui entourent les
pyramides de Sakkarah et de Ghîzé, forment sous sa
main le plus riche supplément qu'on ait pu donner aux
découvertes de l'Institut d 'Egypte età cellesde Champol-
lion. Peut-être même pensera-t-on » en admirant l'in-
fatigable patience et les recherches variées de Nestor
THôle , qu'il n'était pas possible à un voyageur isolé de
faire davantage, et que des fouilles» entreprises à
grands frais, pourraient seules dans l'avenir offrir des
résultats comparables à ceux qu'on doit à la savante
industrie d'un seul homme.
Mais ces travaux, messieurs, ne s'accomplissent pas
sans de rudes souffrances. Épuisé par un effort continu
sous le soleil brûlant de l'Egypte , souvent malade el
sans secours, M. l'Hôte ne revint en France que pour
(357)
y languir quelques mois, et succomber à des maux com*
pliqués et douloureux, que nul art ne put soulager.
Les recueils précieux qu*il avait si habilement prépa-
rés, et qu'il a payés de sa vie, ont élé soumis par moi
au jugement d*une commission savante , et seront, je
l'espère, bientôt publiés : seul honneur que nous puis-
sions désormais rendre à tant de désintéressement, de
courage et de dévouement pour la science I
Pendant que le dernier continuateur de la descrip-
tion monumentale de l'Egypte était ainsi frappé pré-
maturément , la Société de géographie perdait un des
hommes qui furent associés, dès l'origine, à la rédac-
tion de ce grand ouvrage , M. le baron Costaz , un des
témoins de l'héroïque expédition de Bonaparte eu
Egypte. Nous avions également à regretter le savant
modeste qui avait rempli la mission de chargé d'af-
faires de France h Lima , et qui rapportait dans notre
patrie de précieuses observations recueillies pendant
un long séjour.
Au milieu de ces pertes redoublées, le goût de la
science ne s'est pas aflaibli ; on semble concevoir
au contraire que l'état général du monde donne cha-
que jourplus d'importance et d'intérêt à la géographie,
qu'elle n'est pas seulement une science spéculative,
mais un des instruments les plus actifs de la politique et
du commerce. Les observations scientifiques de M. d*Ab-
badie et de M. Lefèvre dans l'Abyssinie, les communi-
cations de HH. Linant et Art}m-Bey sur une nouvelle
source de prospérité qui s'ouvre en Egypte, les études
topographiques de M. Lemoine en Bolivie , les rela-
tions de M. de Gastelnau sur l'Amérique septentrio-
nale, les rapports d'une foule de voyageurs étrangers,
le savant travail imprimé par M. Callery à Macao ,.
( 358 )
et la reproduction plus étendue et presque epcyclopé-
dique qu'il veut en faire à Paris , la publication remar-
quable d*un consul français sur les événements de I9
Chine, tout constate Tintérèt qui s'attache aujour-
d'hui à la connaissance précise des régions les plu»
lointaines. On sent que les grandes puissances de
TEurope peuvent être touchées en un moment sur tous
les points, et que Tunivers est parcouru par un fil élec-
trique.
Les recherches mêmes d^érudition offrent , à part la
curiosité scientifique, un intérêt d'utilité présente,
parce que souvent elles remettent sous nos yeux des
choses qui n'ont pas changé, et que le passé même fait
mieux comprendre. C'est ainsi que les commentaires
géographiques de M. Léon de Laborde sur r£j:o£^r et les
jyombres peuvent éclairer d'une vive lumière beaucoup
(le fuits relatifs à TOrient moderne; c'est ainsi que,
dans la collection des documents les plus anciens pour
l'histoire des découvertes sur la c6te occidentale d'A-
frique, M. le vicomte de Santarem a réuni des instruc-
tions précieuses pour notre temps et pour notre pays.
Étude des monuments antiques, appréciation compa-
rée des travaux modernes, application active de la
science par les voyages; tels sont en effet , messieurs ,
les éléments divers du progrès scientifique, tels sont
les résultab que vous voulez encourager par vos con-
seils et vos efforts.
Vous ne serez point abandonnés dans cette no-
ble t&che. A notre dernière assemblée , je regrettais
l'insufiisance presque absolue des secours accor-
dés par l'État pour les voyages scientifiques. Une telle
plainte aujourd'hui n'aurait pluH d'objet Le sentiment
patriotique des Chambres a compris cette observation,
dès qu'elle leur a été présentée ; et , sans discussion ,
( 3*9 )
elles ont volé le crédit demandé , dont le bon emplo
assurera, je n'en doute pas, ràecroissement ultérieur,
pésori^di^ f. dan9 celte carrière si pénible et quelque-
fois si périlleuse de la science active , de la science dé-
vouée aux missions de découverte^ il y aura plus de
ressources et plus d'avenir pour le voyageur , il y aura
quelques secours et quelque appui pour les intérêts
de famille qu'il peut laisser après luii Espérons q^e
l'émiilatioa des hommes capables de servir la scieaco
et le pays en sera doublement excitée! ]Et ^om^
messieurs, éclairés piyr les téa)oigna|^flk des grandq
corps scientifiques , pénétrés de Tesprit géoéreifx
qui vous inspire, remplissons exactement le i^an
dat (^u\ DM)ua est confié ; que riep. ne soit donné au
hasard ou à la Faveur : que tout soit réservé pour les
fortes étMdes , pour le^ vqcatiooa incontestables et bien
préparées » pour le zèle uniavi talent^ pour leshomn^ea
enfin , tels qu'on en compte déjà beaucoup, instruits
^r vos conseils , et anim^ par votre Ipionorable adop
liool
( 36o >
RAPPORT
Sur l& concoure au prix annuel pour la decoui^erte la plus
importante en géographie^ fait au nom (Tune Commission
spéciale par M. de La Roqcettb.
La Commission centrale ayant désigné MM. Eyriès ,.
Jomarâ , Dumont d'Urville, Danssy, et moi pour exa-
miner la question du prix annuel pour le concours de
l'année i859,mes collègues ont jugé convenable de me
confier le soin de vous rendre compte du résultat de
notre examen.
Aux termes du programme , nous avons été appelés
■
â rechercher quels sont lesvoyages qui ont été efTectués.
pendant le cours de Tannée iSSg.etsi, parmi ces voya-
ges, il en est qui aient produit des découvertes mar-
quantes en géographie; et ensuite, h défaut de voyages
ayant pour résultat des découvertes de cette espèce,
quelles sont les communications les plus neuves et les
plus utiles au progrès de la science géographique que
des voyageurs ont faites à la Société pendant la même
année.
Avant d'entrer en matière , nous croyons nécessaire
de faire observer qu'en s'écartant peut-être des disposi-
tions textuelles du programme^les commissaires qui ont
eu. à s'occuper du concours pour l'année i838, entraî-
nés sans doute par le sujet » ont fait une mentiop dé-
taillée de la plupart des grands voyages exécutés en
iSSg, ainsi que des communications faîtes à la Société
par des voyageurs dans le même intervalle de temps.
Éviter des répétilions devient donc pour nous une tâ-
che difficile ! Afin que nos successeurs n'aient pas un
semblable embarras à surmonter» nous nous renfer-
( 36i )
merons aussi strictement que possible dans les limites
tracées par ^otre programme.
Pendant le cours de l'année iSSg, quatre expédi-
tions remarquables ont été faites dans les mers po-
laires, savoir : vers le pôle antarctique , par MM. d'Ur-
ville, John Balleny , capitaine baleinier anglais, et
Charles Wilkes» delà marine militaire des États-Unis ;
et dans l'Océan polaire arctique , par MM. Peler Wil-
liam Dease et Thomas Simpson , officiers de la compa-
gnie de la baie d'Hudson.
Nous nous bornerons à citer M. d*Urville, parce que
les résultats de sa navigation ont élé déjà amplement
examinés par les commissaires du concours pour l'an*
née ]838 , qui lui ont accordé le prix.
Le second de ces voyageurs , M. le capitaine Balleny ,
commandant le navire VÉlisa-Scott^ parti de l'Ile Gam-
bell au sud de la Nouvelle-Zélande, se trouvait, le
7 février i83g, par 67" 7' de lalil. S. et par i65^ 5' (1)
de long. Ë. du méridien de Greenwicb ( ]6a« 4^' ^®
Paris). Le g, il dislingue des terres entourées de gla-
ces présentant de hautes falaises perpendiculaires, et il
reconnaît distinctement qu'elles forment trois lies sé-
parées d'une étendue assez considérable. D'après ces
observations, l'extrémité occidentale de l'Ile du milieu
doit être placée au 66* 44' de lat. S. et au i63* 1 1' de
long. £. (i6o®5i' de Paris); ces lies ont été nom*
mées lies Balleny. Le 1 1 , U aperçoit à l'O.-S.-O., par
66« 3o' de lat une autre terre couverte de neige d'une
hauteur qu'il suppose être de 19,000 pieds (anglais).
Le 1 9 , il voit encore la terre et une montagne du som-
(1) Les loD^tndes données ici diffèrent de «selles qui se trouvent
rapportées dans le vol. XII du Bulletin, p. 84. CeU vient de ce au'on
a adopté ici celles qui ont été déterminées par les observations faites
an poit Chaiky, tandis que les premières avaient été obtenues au
moyvn de la niarrhe des clironomètres au départ d^Anj^lelerre.
( 3&» )
mel de laquelle s'élevait de la fumée , et que d'autres
indices lui font juger volcanique. Le 3 mars , des appa-
rences de terre se présentent encore au S. -O. derrière
(les montagnes de glace qui ne permettent pas d'ap-
procher. On était alors par 65® lo' de lat S., et
1 1 7° 4' de long. E. ( 1 1 4" 44' àe Paris).
Tels sont les faits qui résultent du journal du capi-
taine Balleny. Il est fâcheux que tous les renseigne-
ments fournis sur cetle navigation soient fort succincts
et incomplets; que le capitaine Balleny n'ait point visité
les terres qu'il a aperçues, et que nous n'en possé-
dions pas de cartes.
C'est aussi vers les parages antarctiques que le lieu-
tenant Ch. Wilkes a, d'après les ordres du gouvernement
des États-Unis, dirigé ses explorations. Ayant mis à la
Yoile le 1 8 août 1 838 avec cinq navires , dont le com-
mandement lui avait été confié, il arrive à Rio-Janeiro
le s3 novembre après avoir visité les lies Madère et du
cap Vert, et constaté que onze écueils ou dangers qui
étaient marqués sur nos cartes et effrayaient les navi-
gateurs doivent en être effacés ; il procède ensuile à la
reconnaissance du Rio-Negro de Patagonie et des côtes
environnantes, se rend de là à la Terre de Feu, y laisse
une partie de sa division , et se dirige avec le reste
%ers l'océan Antarctique entre le io5^ de long. O. (107*
90' de Paris) et la côte occidentale de la terre de
Palmer ; il revient ensuite rejoindre les bâtiments qu'il
avait laissés à la Terre de Feu, et arrive à Vatparaiso
le l'S mai 1839. Au mois de décembre de la même
année, il part de Sidney, rencontre, le 10 janvier i84o,
la première lie de glace par 6 1» de lat. S. , entre dans
une baie couverte de glaces au 64* 1 1^ de lai. et 164^
53^ dç long. E. Dans la matinée du 19, il aperçoit U
terre au sud et â l'est , et se trouve le même jour par
( 36S )
ggo 2of de lat' ^ 1040 27' de long. E. Le sd . «e trou-
vant p«r 67^ 4 1' de la^. et i47° 3q' de long. E. ( i^fi**
10' de Paris), le point le pJus avancé queTexpédi-
lion ait atteint , il croit apercevoir des indices dénotant
1«* voisinage de lu terre. Mais une barrière infrancbis-
fable de glace arrête sa marcbe; aussi appelle-t-il ce
iieu baie du Désxipfjointeinent. Forcé de rétrograder jus-
qu'à treize fois consécutives, Wilkes atteint le 28, à
midi , le 66° 33' de lut. par t4o<' 5q' de lofig. E^ (iSS»
10' de Paris) ; la terre y était encore en vue dai^ la
direction du sqti ; c'était probablement la même que
M' d' Dr ville a nommée J délie. Le commandant amé-
•
ricaiu s'en approche; mais le vent était tellement im-
pétueux, qu'il y eut impossibilité d'aborder; il çn était,
le 9 février, à envii^on 60 milles, ^yant d'immenses fa-
laises de glace entre son navire et cette terre à la-
quelle il donne le nom de Continent AnJ arctique. Elle
ne cesse pas d'être visible le 8 (1) et le 10;. on la dis-
tiogu^ eocore le 1 s par 64* 57/ 4^ lat. et 11 a*" de Icin^.
£. ,etle i3 par 63" 11' de lat. et ^07* 4^' de lon|;. Ce
dernier jour, elle n'est plus éloignée que de trois à quatre
Plille^; mais le bâtiment se troMvait entouré de mo^nta-
gnes de glace cojç/'^es et garnies de fragments de terre.
Un prend sur l'une d*ellés de nombreux échantillons de
sable I de pierre et de quartz, dont quelques uns pe-
saient cent livres. Le 1 7 du même mois de février , se
trouvant par 64* de lat. S. et 97*" 3o' de long. E., op
voit de nouveau la terre , mais alors à une grande dis-
twce. au S.-O. Emprisonné pour ainsi dire par les
glaces qui tournaient au nord et à Test , Wilkes ne
pouve^nt avancer que d^ns la direction de l'ouest, est
eonlraii9[t de se retirer aj^rès avpir parcouru près de
(i. Par 65" 3 de Ul. S. et 127' 7' lon(j. E. (i^J* 47' de Paris).
( 564 )
6o degrés en longitude le long de la bande septentrio-*
nale des nouvelles terres antarctiques, dont il confirme
l'existence sans avoir pu cependant y poser le pied.
L'observation que nous avons faite en parlant du
voyage du capitaine Balleny peut s'appliquer à l'ex-
pédition du lieutenant Wilkes. Nous ne possédons à
ce sujet que des rapports fort succincts et pas de
cartes.
La quatrième expédition dans les mers polaires
dont nous avons à vous entretenir, celle de MM. Dease
et Simpson, a été, ainsi que nous l'avons déjà dit, di-
rigée vers, le pôle arctique. On sait qu'en 1 77 ■ »
Samuel Hearn visita la rivière qui fut appelée Copper^
Mine ou de la Mine de Cuivre, et reconnut qu'elle a
son embouchure dans une mer ouverte ; que dix-huil
ans plus tard (178g), Alexandre Mackensie, en se diri-
geant plus à l'ouest, descendit le fleuve qui porte si
justement son nom , et atteignit la même mer polaire
au 69^ i4' de lat. ; qu'en i8s6, Franklin et Back lon-
gèrent la côte à l'ouest de ce dernier fleuve l'espace
d'environ 070 milles , et que , forcés de s'arrêter, ils
laissèrent une lacune entre le point extrême, terme
de leur exploration et le cap Barrow. Celle lacune •
MM. Dease et Simpson l'ont remplie en 1837.
Partis le i^' juin du fort Chippewyan sur le lac
Athabasca , ces voyageurs descendirent d'abord le
Mackenzie , et arrivèrent dans la mer polaire à Te'm-
bouckure la plus occidentale de ce fleave que Fran-
klin chercha vainement, et qui est située au 68*
49' de lat. N. par 136*" if de long. O. du méridien
de Greenwich ( iSS** Ô7' de Paris ). Comme Franklin
et Back, ils longèrent la côte en se dirigeant & l'ouest
au milieu des glaces jusqu'au Retum-Beef, qui fait
parlie de celle chaîne d'écucilseld'ilols qui court pen-
( 365 )
(lant l'espace de 900 milles parallèlement à la côle, à
la distance d'environ une demiJieue. De ce point» qui
n'avait été dépassé ni par Franklin ni par aucun autre
voyageur, en suivant toujours à l'ouest 160 milles
d'une côte non encore explorée, ils arrivèrent au cap
Barrow, auquel M. Elson, master du Blossom, était par-
venu en venant du côté opposé , et atteignirent ainsi
le but qu'ils s'étaient proposé.
On sait aussi que ces mêmes voyageurs» après avoir
remonté en bateau la rivière Dease , et avoir traversé
les lacs Dismal.t que Simpson avait découverts Thiver
précédent, se rendirent de l'embouchure de cette ri-
vière, où ils se trouvaient le 6 juin 1 83o , au fleuve
Coppermine, dont ils descendirent tous les rapides;
que, parvenus à l'embouchure de ce fleuve dans l'o-
céan Glacial le 1*' juillet, ils y furent emprisonnés par
lesglaces jusqu'au 17» et que, poursuivant avec la plus
grande difficulté leur course à l'est le long de la côte,
ils doublèrent, le sg , cet autre cap Barrow qui leur
doit son nom, et qui s'af ance dans le golfe du Couron-
nement {Coronationgulf), Ne pouvant traverser le golfe
Bathurst, que couvrait en ce moment une couche
épaisse déglace, pour se rendre directement à la pointe
Tumagain^ ils se virent forcés de faire un circuit de
i4o milles par le détroit arctique {articsound) et les lies
Barry, et après avoir doublé le cap Flinders, ils se trou-
fèrent enfin le so août arrêtés de nouveau par les glaces
au 68"* 1 6' de lat. N. par 1 09^ 3' de long,0. : c'était le môme
lieu où , à la même époque rie 1 8si i , Franklin avait
eu la mer libre. On sait enfin que là , Simpson , se
séparant momentanément de Dease, entreprit par
terre une excursion en se dirigeant d'abord à Test, et
ensuite au nord-nord-est et au nord-est , en suivant les
anfraciuosttés de la côte ; que pendant les dix jours que
( 366 )
dura celte excursion pédestre, il découvrit au ii4)rd une
grande terré qu'il ûppela Terre Victoria, dont la pointe
nord-<^5l reçut le nom de cap Pelly; que, monté sur
un terrain élevé, il vit au midi de cette terre «ne vaste
mer etilièretnent libre de glaces, et parsemée d*une
multitude d'Iles de diverses grandeurs. Il avait suîii
I xo milles d'une côte vierge encore d'exploration dans
ce court espace de dix jours après lesquels il dut re-
joindre Dease. Le S septembre , ils étaient rentrés tous
deljx dans lé Coppermine. L'année suivante ( i SSg), an
mois de juin, Dease et Simpson descendirent cette
même rivière dans des canots. Après avoir atteint ia
chute appelée Bloûdy Fall , ils explorèrent la rivière
Bichardson^ découverte etl i836 , et dont l'emboudiure
est située au B7<' 54' de lat. N. et au ii5*56'de long. Q.
Deasé et Simpson ]^ébètrent ensuite dans les intervalles
des glaces , et attei]gnent le cap Barrow do sommet
duquel iU aperçoivent avec autant de surprise que
de Satisfaction le grand golfe du f40u rondement (Coro-
nation Gulf) . complètement libre de ^laeesi Prenant
terre au cap Franklin, ils doublent, le 97 et le a8v le cap
Âlèxander. Entre ee dernier cap, situé au 68<*56'de lat.
N. et m6* 40' de long. O. , etun autre point remarquable,
qui est par lat. 68^3i'etlong. gS^'io', laoôte arctique
forme une baie qui s'étend au sud jusqu'au 67* ^o\
Vers le ct^ntre de cette baie, une rivière deux fois aussi
large que le Coppermine , et à laquelle ils donnent le
nom de rivière de l'Ours Blanc ( ff^hiie Bear Btvét) se
découvre à leurs yeux; elle se jette dansb mer Glaciale
par 6^" a' de lat. et io4* i5' de long. Des Iles innom-
bràbleë se montrent k peu de distanœ^ Vere l'est » les
Voyageurs anglais découvrent et traversent un long dé*
tirolt large de 10 milles à chaque extrémité , et formant
dàlfis lis ttillieu un étroit chenal de 3 milles saulemeni.
( 36; )
obstrué par des Iles. Ce détroit les conduit à l'embou-
chure de la grande rivière du Poisson , du capitaine
Back; après avoir traversé cet estuaire, ils prennent
terre par 68* 4' de lat. et g^" 55' de long. , sur un
rocher qnî rieçoil le tiotn de cap Brûannîà; Ils ) élè-
vent une pîle conique de i4 pieds de haut pouf con-
slatet la prise dé possession. Simpson fait remat-quer
ici que , par suite dé la proximité du pôle tnagtié-
tique , la bbusïole tie donnait plus de rébultatd cer-
tains, mais qu on y suppléait par des observations
astronomiques. Après avoir poussé leur exploration de
cette côte jusque par 68* 58' N., él gS* 7' 0., ils sont
èfifitt forcés de rf^venir sur lieurS pà^, et traversent dé
nouveau Tembouchlite de la rivière de Back. A l^ouès't
du eâp Ogle, le^ voyageurs pénètrf^nt dans une baie
lohgué et étroite, s'ètôndant jusqu'au 68^ paratlète,
et \h en sortt^nt pohr suivre pendant i^espâcé de 60
milles les côtes d'utie teire couveKe d*ôssenient)3 dé
rennes et de boeufs musquéà , et offrant dés traces dé
quelques anciens campedients cleë tlaturels. Ob avait
pris d'aboitl cette tei^re pour deUl lies ; mais on éroit
reconnaître maintenant qu'elle foriAe la partie inérl-
dionale de la Boôthia^ où se trouve le éap Félix du capi-
taine Jao^es Ross. Parvenus au 68^ 4 1 ' de lat. et par gS^^
^t' de long. O., à 57 milles seulemetit du point éx-
trème reconnu par le capitaine James Ross, te!} voya-
geurs terminent l'exploration de celle côte, et traver-
sent, le %h août, le détroit déjà visité quelques jours
auparavant. Us explorent ensuite la côte de la terre f^tc-
toria pendantrespacedeplusdèkSn milles, et rentrent,
le 16 septembre, dans le Cbppertnine après avoir accom-
pli la plus longue navigation en bateau qui ait été faite
dïih^ la mer polaire. Grâce & ces intrépides Voyageurs,
il ne tlistë pluà à f ètîonn^itro que le Ibnd du golfe de
( 368 )
Bootbia » dont le circuit jusqu'au détroit de la Furyet
l'HécIa» est évalué par les Esquimaux à 4 ou 5oo milles.
C'est aujourd'hui , à ce qu'il parait . la seule lacune
qui existe dans la géographie des côtes de l'Amérique
septentrionale. Elle eût été probablement remplie, si
les vents contraires et des glaçons énormes n'eussent
pas empêché le capitaine Back de compléter l'explo-
ration de ce golfe avec les canots de la Terror, et de se
réunir ensuite à MM. Dease et Simpson à la rivière du
Grand Poisson ou de Back.
Outre les voyages aux mers polaires dont nous ve-
nons de vous entretenir , d'importantes explorations
ont eu lieu par terre dans l'année i SSg. Vous connais^
sez déjà par de précédents rapports celles qui ont été
faites dans l'Asie-Mineure par M. William Ainsworth ;
dans l'Arménie , le Kurdistan et la Suûane par
M. Texier, et dans la Guyane par H. Schomburgk» et
vous avez reçu pendant la même année des communi-
cations du plus haut intérêt de MM. Antoine d'Abba-
die et Lefebvre sur l'Abyssinie; de M* Bertou, auquel
la science doit des recherches curieuses sur l'emplace-
ment de Tyr, sur la dépression de la vallée du Jour-
dain et de la mer Morte , ainsi que sur les trois vallées
successives qui s'étendent entre cette mer et le golfe
Arabique, et qu'il a parcouru le premier; enfin» de
M. Botta, qui vous a fourni des informations si neuves
sur l'Arabie méridionale. Nous nous proposons d'arrê-
ter plus spécialement votre attention sur les voyages de
M. Schomburgk et de M. d'Abbadie.
Au mois de novembre 1 834 • 1& Société géographi-
que de Londres ayant décidé qu'une expédition de dé-
couvertes serait chargée d'explorer l'intérieur de la
Guyane anglaise» d'abord pour faire des recherches
sur la géographie physique et astronomique de cette
colonie, et ensuite pour lier les positions qu'on aurait
établies avec celles de H. le baron Alexandre de Hum-
boldl sur le haut Orénoque , le soin de diriger cette
expédition , qui devait durer trois ans, fut confié à
M. Robert Hermann Scbooiburgk. Il quitta George-
Town, chef-lieu de la Guyane anglaise, le si5 septem-
bre 1 835 y et dans ses premiers voyages terminés au
mois de juillet i838, remonta l'Essequibo jusqu'à la
cataracte de Guillaume ly^^ située au 3^ i4' Sa'' de
lat N. , c'est-à-dire 4o et quelques minutes de latitude
plus au sud que le confluent du Rupunoony, considéré
comme la limite de la colonieducôté du Brésil; explora
les rivières de Berbice et de Corentin ; remonta ensuite
de nouveau l'Essequibo jusqu'à sa source dans la Sierra
d'Acaray par o* 4>' de lat. S. ; mesura la hauteur de
l'Ataraipu ou roc du Diable, ainsi que celle des monts
Carama ,et retourna au fort San Joaquim sur la rive orien-
tale du Takulu, non loin de son confluent avec le Rio-
Branco. Après avoir attendu dans cet établissement
portugais jusqu'au ao septembre la fin de la sai-
son des pluies, IL SchomburgL remonta le Rio-
Branco et ses affluents, visita les montagnes de Cristal,
que Nicolas Uortsman passe pour avoir fait connaître le
premier en Europe , ainsi que la chaîne des monts
Roraima, se dirigea ensuite au sud, pois à l'ouest, suivit
le cours du Périma, et se trouva, le 96 décembre,
à une chute de cette rivière appelée Warimième
dont il put fixer la position au 3* l^i' ^&' de lat. N.
Ne pouvant plus continuer , sa route par eau »
Schomburgk se dirige par terre , au commencement de
janvier 1 839» par-dessuades montagnes de 5 à 600 pieds
de haut à travers lesquelles coule le Kaimakuni; et il
reconnaît que le Merewari est placé sur les cartes
XVII. JUIN. 2. !24
( 570 3
trop à Touest. Il venait d'entrer dans le syslètne
fluvial de TOréfioque» et se croyait au moment d'en
atteindre les sources ^ lorsque ses guides indiens , ef-
frayés par la nouvelle d'une incursion des Kirishanas
qui habitent les montagnes entre l'Orénoque et TO-
camo, refusèrent positivement de poursuivre leur
voyage dans cette direction» et il se vit obligé de re-
tourner sur ses pas* Son seul espoir maintenant était
d'a;tteindre Esméralda ; il y parvient enfin le st février.
Le but qu'on lui avait fiiLé était atteint : ses observa-
tion scommencées sur la côte de la Guyane se trou-
vaienlliées sur le hautOrénoque avec celtes de M. de
Humboldt. La badteur du mont Duida , situé à peu
de distance d'Esméralda» est mesurée par Scbomburgk,
et ses calculs coïncident d'une manière très remarqua-
ble avec ceux que l'illustre savant prussien avait faits
près de quarante ans avant lui. 11 fisc ensuite, d'après
huit observations de hauteur mérîdieniie d'étoiles, la
latâlude d'Esméralda A 3* 1 1' 9'' ; suivant M. de Hum-
bcridt , elle serait de S* 1 1'. Après avpir quitté cette
place , SchombuTgk descend l'Oréttoque daps la direc-
tion ouest^nord-ouest , abandonne bientôt la branche
principale de ce fleuve pour -entrer dans sa brandie se-
condaire, qui porte le nom de Gassiqoiare ou Caseiare,
la descend en se dirigeant vers le sud-ouest jusqu'à sa
jonction avec le Rio-Negro, et arrive, le 4 mars, mu
village de San Carlos , où M. de Humboldt se trouvait
en 1800. Le 26^ Schombur^ était parvenu au pointde
jonction du fiio-Neg^o et du Rio-Branco; il remonte
cette dernière rivière en se dirigeant au àovd*est, at-
teint de nouveau le fort San Joaquim , le sa avril , et
poursttlvunt sa roule au nord , se retrouve è Geoi^ge-
Town le ao juin 1839. Il a ainsi fait en sept iHois,
( 37« )
pendant son dernier voyage , un circuit qu'il évalue à
fl,aoo aiillea , et reconnu les sources des affluents sep-
tentrionaux du Takutu , celles du Gazoni et du Parawa t
le Mazarunî , les afBuenIs du Parioia , le Merewari ,
i'Orénoque» et les affluents septentrionaux du Rio-
Negro jusqu'à son confluent avec le Aio^Branco, qu'il a
remonté en vingt jours l'espace de 3oo milles en étu-
diant le pays et ses habitants » et déterminant la posi-
tion d*un grand nombre de lieux par des observations
astronomiques que tout porte à croire exactes. De l'a-
nalyse succincte que nous venons de faire des voyages
de M. Schomburgk , il résulte que non seulement il a
rempli les inlentions de la Société géographique de
Londres, mais qu'il a , surtout dans ses dernières ex-
cursions, étendu fort avant et presque exclusivement
ses recherches dans le Venezuela et la Guyane brési-
liemie , en cherchant peut-être à étendre un peu trop
les limites de la Guyane anglaise.
Quoique oesQÎt en 1 838 que I0 principal voyage.de
M. d'Abbadie en Abyssinie a été exécuté , comme c'e$t
peodanftle cours de Tannée iSSg qu'il l'a communi-
qué è la Société, et que et voyageur est retourné dans
ce pays tera le mîUeu de celte .dernièi^ année pour -y
continuer ses explorations , nous croyons que ces tra-
vaux ne sortent pas du cadre de notre programme.
Parti de France au mois d'octobre 1837, ^' d'Abba-
die se rend d'abord à Alexandrie , de là au Caire , où
il s'arrête pour se perfectionner dans la langue arabe.
Il traverse ensuite le désert, arrive à Chossavr» où il
s'embarque sur la mer Rouge, et atteint Djeddah,
port le plus important de cette mfBr après Mokka, «t; sur
lequel il nous donne de curieux renseignements. Pois
retournant en AfHqoe , il reste près de deux mois
( S;^ )
dans l'Ile de Moussccwiivou, qu'il .faii bien connaltie, et
visite ensuite la province de Tœgrdy et Gondar* Là,
répuîsement de ses ressources pécuniaires le force» à
son grand regret , de rebrousser chemin , et de gagner
rËgyple » résolu de revenir bientôt poursuivre le cours
de ses lechercbes; ce qu'il n'a pas manqué de faire;
car après un séjour de quelques mois en France » on le
retrouve avant la fin de i SSg dans TAbyssinic , qu'il
parcourt encore en ce moment • eu voyageur aussi in-
struit qu'intrépide. Mous lui devons , outre des infor-
mations précieuses sur plusieurs localités de TAbyssi-
nie.sur les mœurs et les divers dialectes de ses habitants,
iin itinéraire du pays des Somtdi qu'il a recueilli à Uokka
de la bouche d'un pilote de cette tribu, sur laquelle il
iious a fourni une intéressaate notice. Zélé correspon-
dant de la Société, M. Antoine d'Abbadie a déployé
•depuis le commencement de ses voyages en Afrique et
en Asienne rare persévérance, et a montré un cou-
rage eitraordinaire que le malheur qui Ta frappé n'a
pu abattre. Il consecre noblement sa fortune et son
existence à l'extension des connaissances gèographi*
ques » et en lui accordant aujourd'hui uae distinction ,
nous ne ferons qu'acquitter une dette déjà ancienne.
Les importants travaux hydrographiques exécutés en
Norvège pendant ces dernières années , s'ib ne peuvent
atrictemènt parlant être considérés comme de Yérita-
hles voyages de découvertes, ont nécessité néanmoins
•des excursions multipliées» qui ont fait faire des con-
(|uèles à la science géographique , et sous ce rapport
ils ne sauraient être passés sous silence dans notre
exposé. Les côtes septentrionales de Norvège » à partir
des Ilots d*Halten dans la province de Trondhiem , si-
tués au 64"^ I s' de lal. N. , n'étaient pas encore scienli-
(375)
iiqaeiiienl connus, lorsque en i8sHdcso£Bciers norv^
gîens^ appartenant au corps du génie et de la niarine(i )
furent chargés de les explorer. Placés dans Torigine (!i)
sous la direction de M. le mnjor-général d'Aubert , et
depuis la mort de cet officier-général , arritée en t85i ,
guidés par M. le professeur d'astronomie Hansteen,
directeur de l'obserratoire de Christiania » connu du
monde savant par son voyage en Sibérie » et par ses
observations ou plutôt ses découvertes sur le pôle ma-
gnétique, ces officiers ont eu à vaincre toutes sortes de
difficultés pour remplir la mission qui leur avait été
conCée. On sait, en effet, que les côtes de Norvège,
coupées par un grand nombre de bras de mer et par
des golfes profonds qui pénètrent fort avant dans les
terres , sont bordées d'une immense quaT>lité*de gran*
des et de petites lies et d'une multitude de rochers et
d*écueils, et que, dans ce climat si extrêmement rude ,
on ne pt^ut employer ordinairement qu'un ou deux
mois de la belle saison , qui souvent n'en a pas davan-*
tage , aux investigations que le mauvais temps , des
brumes ou d'autres accidents forcent f équemment
d'interrompre. Pour explorer une contrée d'une nature
(i) Ce sont MM.Vibe et Hagerap, officier» au corps des ingénieurs,
et Paladan, officier de marine. Plus lard, on leur adjoignit MM. le ca-
pitaine des ingénieurs Broch, M. Due, officier de marine et Rynning ,
lieutenant d^infanterie.
(3) Nous ne parlons ici , et ce ne sera même que d'une manière fort
succincte, que des travauxbydrograpliiqnefldesirdtes de Non'ègeexé-
cotés depuis que ce royaume a été uni k la Suède, et qui n*ont été
commencés qu*en i8a8. Le rapporteur termine en ce moment, et
publiera prochainement dans le Bulletin de la Société de géographie
une Notice détaillée stir ces travaux, ainsi qne Hur les ira\aiix de
néme nature eff<'Cturs antérieurement pendant le iempK on U Nor-
v^e dépendait du Danemaïk.
( 574 )
aussi dilDcile, pour fiier par des opérations aslro-
nomîcolrigonométriqiies des posilions qui jus )u'h*
lors D'avaient pas roèmc été examinées, les officiers
norvégiens onl dû faire des excursions muUipliées. aou*
▼ent périlleuses, tanièl en bateau dans Vintérieur des.
bras de lùer et des golfes entre les lies et les rochers,
et le long de côtes déchirées et semées d*écueils • tan-
tôt à pied pour donlourner ces mêmes bras de mer et
ces golfes, et pour suivre les anfractiiosîtés du terrain.
Arrivés à Nordkyn, dans le Finmark sous le 71* 10'
de lat. N. , des difficultés nouvelles , et telles qu'on les
jugea insurmontables, ne leur permirent même plus
de continuer leur réieau de triangles plus & Test en
prolongeant la côte. A partir, en effet, de ce promon-
toire placé à l'est du cap Nord , et le plus septentrio-
nal (lu continent de l'Europe » la c6le n'offre pas d'Iles
sur lesquelles on puisse trouver des points de Iriangn-
lotion ; elle manque en même temps de port où il sait
possible de mettre à Tabri le bateau du' trigonomèlre
pendant qu'il se livre h ses travaux ; le pays enfin , â
ct:tie haute latitude, n'offre aucune espèce de ressource
quelconque ; il est tout-à*fait inhabité # et il n'y a peut*
(Mre pas d^exagéralion à dire qu'il est inhabitable. Il
restait cependant une lacune importante entre Nord-
kyn et la fioolière de Russie; lacune que tous les et-
torts de courage , de patience et de talent des officiers
norvégiens n'avaient cependant pu remplir directe-
menl.. On dut donc chercher à atteindre le même but
par un autre moyen. M. le lieutenant du génie Hagerup
reçut l'ordre de mener une suite de triangles jusqu'au
fond des golfes de Tana et de Varanger, et de pousser
son travail jusqu'au point extrême qui touche à la
Laponic russe en liant son réseau avec Fanl&e et f^tf//-
( ^1^ ^
S9êt doDl la lalîlucle ei la longilude oui éié déleriDÎaéc&
eo 1769 par le père Hell, jésuite aslroooaie auirickieo».
qui s'était rendu daos le Fiomack pour y observer le
passage de Vénus sur le disque du soloil. Ces travaux»
dont une partie a été effectuée en JiSSg, SQPt aujour-
d'hui terminés; et Us renseignements qui Qous soi^t
parvenus nous pi>rteiit ^ espérer qu'avant peu d'an-
nées OD possédera une cïoJAeotîoA complète M bonnei^
cartes hydrographiques de toutes les côles de Norvège.
Outre les sept qui avaieni déjà été publiées avant 18 14
sous la direction de M* de L(>vendm» et qui s'étendent
du chenal long et étroit qu'on peut iippteler la rivière de
Trondbiem ( TrondAi^s Leed!) jusqu'aux frontières de
Suède» lef oflicier» norvégiens en ont fait paraître
depuis i8s8 jusqu'à ce moment cinq nouveUes cartes»
toutes dressées par M. le lieutenant du génie Vibe» et
comprenant l'espace de côtes qui s'étend des tlolsd'Hal-
ten au 69* i6\ Les deux dernières renferment les Iles
Lofoten et Vesleraaien , ainsi que la portion du conti-
nent située à l'est de ces lies. Ces belles opérations qous
ont paru dignes d*ètre mentionnées honorablement.
Plusieurs voyageurs russes, suédois et danois, parmi
lesquels nous nous bornerons à citer le D' Lund, qui
explore depuis plusieurs années le Brésil» ne sont pas
restés inactifs» et leurs travaux occuperaient sans
doute une place distinguée dans le concours que vous
ouvrez à toutes les nations; mais les informations que
nous avons pu recueillir à se* sujet sont encore mal-
heureusement trop vagues et trop incomplètes pour
qu'il nous soit permis d'en faire mention ici. Espé*
rons que ces lacunes ne tarderont pas à être remplies.
Après ce compte -rendu des voyages et des décou-
vertes géographiques qui peuvent se rapporter à l'an-
( Ô7« )
née 18.Î9 , <*l qui sonl parrenus à notre connaissance ,
voIreXommission croit devoir conclure son exposé en
▼00s proposant d^accorder des médailles d'argent en
première ligne , à MM. Dease et Simpson» et ensuite à
M. Schomborgk et à H. Antoine d'Abbadie.
Pour élre fidèles à la détermination que nous atons
annoncée en commençant, nous ne ferons que men-
tionner simplement ici le nom du capitaine James
Ross, auquel la science géographique doit tant de re
connaissance pour sa récente expédition aux mers
polaires antarctiques. Ce sera aux commissaires que
vous chargerez de vous présenter un rapport sur le
concours annuel pour l'année 1840, à vous faire con-
naître et apprécier les importantes découvertes de ce
célèbre navigateur.
Signé EybiIss, Johard» Dcmost d'Ubvillb^
Daussy ,
DB LA^ RoQUBTTE , fnpporteuT^
Parii, i5 avril 1843.
/ • ••
f» . » •• • •
% • »tfi ••«•••
( 5/7 )
RAPPORT
fait au nom d'une Commission spéciale^ sur le Prix
offert par S. A. R. Ms' le duc D*OBLBi!fS , pour la
découverte la plus utile à l*agriculture , à V industrie ou
à l*hwnanité.
Messibubs ,
Une Commission • composée de Mi\l. Ëyriès , Jomard
et de moip eut à examiner» au commencement de
Tannée dernière » les travaux des navigateurs et des
voyageurs qui auraient procuré à la France la décon-
verte la plus utile à l'agriculture» à Tindustrie ou à
rkomanité. Cette Commission eut l'honneur de vous
rendre compte du résultat de son examen. Elle pensa
que toutes les eonditions du concours ouvert sur cette
question par S. A. R. VL^ le duc d'Orléans n'avaient
pas encore été remplies» et elle vous proposa, mes-
sieurs, de le prolonger jusqu'au i*'' avril i845.
Les mêmes membres ont été chargés, dans une de
vos précédentes séances» d'appeler de nouveau l'at-
tention .des voyageurs sur une question si importante ;
et c'est dans ce but que nous venons vous entretenir
encore du sujet qui leur est proposé.
La géographie » considérée isolément et réduite à sa
dénomination littérale» se bornerait à la description
de la terre; mais elle a voulu emprunter l'appui de
toutes les sciences qui pouvaient agrandir ou éclairer
son domaine. Ses premières limites sont franchies ;
elles embrassent la nature , et s'élèvent par degrés & la
recherche des plus grandes lois de Tunivers. Nous
(578)
Toulons connaître le rang qu'occupe noire globe dans
le système pianélaire auquel il appartient; nous étu-
dions les rapports de ses révolutioas avec celles des
autres corps célestes : c'est par là que nous mesurons
nos propres mouvements et notre marche dans cette
route semée d'étoiles» où nous trouvons no^ phares»
nos signaux et nos guides.
Si nous nous attachons moins à nos rapports avec ces
grands monuments de la création , et si nous descen-
dons des hauteurs du ciel pour abaisser nos regards
sur la terre , il ne nous suffit plus d'observer les phé-
nomènes qui éclatent à sa surface et qui varient selon
}es saisons , la température et d*autres causes physi-
ques et accidentelles; nous désirons connaître les
richesses dont la terre est ornée ; nous suivons Tes ra-
ces vivantes qoT la parcourent. L'homme, placé à ta (été
de la création » se met en rapport avec tous les objets
qui l'environnent; et plus tes connaissances géographi-
ques que nous acquérons se rapprochent de nous et de
notre condition sur fa terre , plus elles nous attachent
et nous paraissent utiles ; elles ont pour nous nn in-
térêt personnel ; et s*il faut comprendre au nombre
des pins précieuses conquêtes de la science la connsds-
sance do bien que l'on peut faire aux hommes; jamais
sujet de prix ne mérita mieux d'exciter Témulation
des voyageurs que celui dont nous vous entretenons
aujourd'hui.
Parmi les productions de la terre, nous avons A re-
marquer avant tout celles qui furent destinées & no-
tre usage , soit qu^elles concourent & notre bien-être
ou atf soutien de la vie, soit qu'elles prêtent aux arts
tot à l'industrie quelques nouveau! secours ; et si elles
appartiennent à des régions éloignées , nous désirons
( 579 )
pouvoir les naturaliser dans notre patrie. Mais ces
transmigrations eiîgent beaucoup de Hiscernement et
de soins; elles ne peuvent pas être tentées au hasard ,
et des études préliminaires paraissent indispensables
pour qu'on puisse essayer, avec espoir de succès, Tac-
climatatîon des végétaux et des animaux étrangers. La
nature lésa soumis à des conditions locales qui peuvent
difficilement changer. Ainsi les plantes qui se dévelop-
pentet acqaièrentlenrspicrs belles proportions dans les
ReuxaèelIesT sont indigènes, dépériraient dans d'autres
contrées moins hospitalières; ainsi les animaux conser*
vent dams le pays tiattfl leur force et leur beauté ; mais
souvent une émigration lointaine les affaiblit, les al-
tère, et déprave l'ceuvre de la- nature : leur race de-
vient impuissante et stérile, et s*il leur reste quelque
entraldém^irl vers la compagne de leur servitude , leur
famille languissante et abâtardie ne verra pas une se-
conde génératiot).
Chaque espèce organique ou vivante , soit qu'elle
adhère au sol, soit qu'elle en parcoure librement ht
smrface, aurait-elle donc été parquée dans une en-
ceinte phisoo moins vaste, sans pouvoir jouir aiffeurs
de toole la plénitude de la .vie? El quand la nature lui
assigna une patrie, ne pèul^on pras du moins ch(*rcfaer
i en étendre les limites ?
Qnefqties savants se sont occupés de T'examen de
cette question : hoos avons plusieurs ouvrages sur la
géogrâplilè botanique et ïoolo^ique, depuis que les
thivaux de l'illustre de Humboldt ont ootert ou étendu
cette carrière, et nous pouvons offrir comme un des
plus récents exemples de ce genre de recherches les
voyages qae M. AiigUàtédé Sàtnt-Hilâire a faits l'année
dernière vers le nord deTEurope, pour étudier jusqu'à
( 58o )
Droulh«im la géographie des plantes et les difTérenles
phases de leur germination; il les a oliservées dans
toutes les conditions de leur existence, de leurs défe-
loppements et de leur détérioration » jusqu'aux extrê-
mes limites où leurs semences avortent et disparais-
sent. Il avait, dans cet examen attentif, à tenir compte de
la rigueur ou de la douceur de la température» à remar-
quer la variété des expositions et les causes qui peuvent
modifieras efTetsdelalatitude»soitqu'elles tiennent à la
qualité du sol, soit qu'elles dépendent du relief de la
terre et de ces inégalités de surface qui font rencontrer
différents climats dans une même région , depuis l'a*
baissement de ses plaines et de ses vallées jusqu'i la
cime des montagnes qui les couronnent. Si les travaux
dont s'occupe H. de Saint-Hilaire ne rentrent pas
d'une manière inunédiate dans les conditions de ce
concours, du moins ils offrent un sujet d'en^ignemenl
aux hommes dont vous encouragez les recherches. Et
en efTet, des notions de géographie botanique peuvent
seules assurer la marche et les succès du voyageur qui
désire faire dans son pays d'utiles importations d«
végétaux étrangers. C'est en étudiant les xones botani-
ques , c*est en rapprochant par analogie les lieux , les
climats • les expositions , que Ton parvient à ne pas
confondre des projets de naturalisation bien conçus»
bien préparés » ayant pour eux toutes les chance» de
succès, avec ceux qui pourraient être tentés inconsidé^
rément, et sans que Ton se fût rendu compte de leurs
obstacles et de ce qu'il y aurait d'incompatible entre
l'ancien et le nouveau soL Le voyageur, privé de ces
notions premières , adopterait au hasard les plantes
dont l'utilité l'aurait séduit; il ne verrait que l'avan-
( 58' )■
(iige de uuus enrichir de leur culture ; il oublierait que
leur prospérité tient au sol natal, et que, dans lu terre
d*ezil, leurs vertus peuvent disparaître.
Lorsqu'il s*agit d'accroître nos conquêtes en agri-
culture» de les faire servir à notre usage habituel , de
rendre utiles à Thumanité l'acquisition des plantes
qui ont des qualités curatives, mais qui peuvent les
perdre dans une autre contrée , nous ne pouvons trop
insister sur le besoin d*éclairer l'expérience par la
théorie. Une pratique intelligente peut seule inspirer
de la confiance; elle évite les tâtonnements» elle
épargne les erreurs.
Sans prétendre embrasser dans son ensemble la
géographie botanique » il faut du moins en étudier les
branches que l'on est intéressé à connaître, et dont il
s*agit de faire une utile application. Vouloir le bien est
ouable» savoir le faire est un mérite de plus ; et la
science a souvent une bonne part dans les services à
rendre aux homnles. Rien n'est fortuit clans l'accrois-
sement de nos moyens et de notre bien-être ; la nature
en a créé le germe, mais c'est Tintelligence humaine
qui le développe, le fait fructifier, et tend à enrichir
chaque pays de tous les êtres vivants et dé tous les corps
organisés qui peuvent y être à notre usage. C'est par
ces secours et ces emprunts mutuels que les sociétés
fleurissent, que l'agriculture, les arts et l'industrie sont
dans un état progressif, que le génie des sciences
plane sur l'édifice social , non point pour se perdre
dans des spéculations vagues et abstraites, mais pour
éclairer les hommes sur le sage emploi de leurs res-
sources, et sur le bien-être qui leur est réservé.
Si nous avons indiqué l'étude de la géographie bota-
nique ou zoologique comme utile au voyageur qui aurait
( 58a )
à choisir dans d*au(re5 pays les plantes ou Jes animaux
susceptibles d*êlre acclimatés dans le nôtre, d'autres
connaissauces sont nécessaires à l'homme jqui désire-
rait procurer à la France des découvertes utiles à son
industrie. Il doit , pour arriver à un progrès, remarquer
les points où nous nous sommes arrêtés » les machines
qui nous manquent , celles qui peuvent être perfec-
tionnées; il doit connaître les besoins de la main-
d'œuvre , la différence de prix qui résiulterait des inno-
vations, et les éléments de succès et de prospérité que
Von pourrait s'en promettre. L'homn^e dépourvu de ce
genre de lumières, courrait le risque d'imporler dans
son pays des procédés d'industrie moins parfaits ou
déjà connus , de répéter ce qu'on aurait mieux fait avant
lui , et d'encourager des emprunts quelquefois plus
dispendieux que ne le sont les importations habituelles
du commerce.
Que restert-il , messieurs ^ & conclure des observa-
tions que nous venonsde vous offrir» sur la difficulté de
procurer à la France des découvertes utiles à l'aj^ricul-
ture» à l'industrie ou à l'humanité ?, Loin de no,us la
pensée de décourager les voyageurs qui tendraient à un
si noble but! mais nous avans voulu montrer Tappui
qu'ils pouvaient trouver dans leç sciences, particulière-
ment dans celle de la géographie botanique et xoolo-
gique • et dans la connaissance de notre statistique in-
dustrielle. Nos remarques sont un hommdgc ren^u à
la science , k celle dont vous vous occupez» à celle qjui
calcule tous les éléments du bien être et de rovdre,/M>-
cial. Les voyageurs instruits vous saproot gré de. Tap-
pel que vous leur faites en les invitant à accroître la
somme de nos biens. C'est à eux surtout ^qu'fypm^rtient
l'espérance du succès : .vous cherchez, lemérit^jé^l : lui
( Ô85 )
.seul doil remporter sur les prétentions et les tilres équi-
voques; et en développant le sujet de prix qui vous oc-
cupe en ce moment .^ vous indiques par quel genre
d*éludes on peut s'en rendre plus digne.
Quoique votre Commission n'ait à porter aujour-
d'hui aucun jugement sur un concours dont le terme
n'est pas expiré, elle croit pouvoir rappeler que, dans
son rapport de rannéedernière^elle a mentionné de*
vant voust de la manière la plus honorable, les services
rendus par M. Perrottet à l'agriculture de nos oolonies»
$es établissements de magnanerie dam l'tle de Bour-
bon, et l'introduction qu'il a faite en France du mû-
rier mu/iicaule^ dont on peut tirer un sijgrand parti
pour nourrir et élever les vers à soie.
Cette citation offre un exemple du genre de senrices
que notre agriculture ou nptre économie rurale pour-
rait attendre des voyageurs» soit qu'ils fissent pour
l'acclimata lion du thé des essais plus heureux que
ceux de M. GujUemin» dont ûqus avons apprécié le
sèle, et dont nous regrettons la perte récente; soît
qu'ils tentassent en Algérie la propagation de la codie -
nille» comme l'exemple en a été donné précédemment
par M. Berthelot dans les lies Canaries; soit qu'ils
pussent naturaliser sur notre sol quelque plante, pro-
pre à la teinture, ou quelque pla&te médicinale et utile
à l'humanité; soit enfin qu'ils tendissent à per(e4)lion-
ner différentes branches de notre industrie.
Les transplantations lointaines aont un des problè-
mes les plus rares et les plus di£Qcîlea de Tagriculiure.
Elle est généralement routinière s elle craint leç inno-
vations ; et si elle a £ait en ce genre des tentatives in-
fructueuses, elle devient plus défiante, et attejqd :qtie
la marche lui soit tracée par d^s hommes moiqa .timi-
( 384 )
(les ou plus écluirés : elle doutait de Teipérienee, mais
elle adopte le succès.
Parmi les acclimatalioDs que la culture a faites sur
notre territoire, nous pouvons remarquer celle de la
renouée, ou de la persicaire des teinturiers, désignée
par les botanistes sous le nom depofygonum iinctortum,
et nous la regardons comme une des plus heureuses
importations dont on ait enrichi notre sol et notre in-
dustrie. Cette plante noua vient de la Chine, où l'on
connaît depuis long- temps ses qualités isolorantea, et
l'on espère que son emploi pourra rivaliser et rempla-
cer, en cas de besoin, celui de l'indigo, dont l'achat
et la consommation deviennent si dispendieux.
Avant de songer à ses propriétés tinctoriales, qui
n'ont été soumfses en Europe que depuis quelques
années à des expériences régulières et positives » nous
avions fait usage du pastel, iscUis îinotoria; mais la fé-
cule que l'on parvenait k extraire de ses feuilles n'était
ni assez, abondante ni assez riche de couleur pour
suffire à nos teintures et pour être recherchée. Lepatjr"
gonum offrirait plus d'avantages; on a commencé à le
cultiver en pleine terre dans le midi de la France ; et
quoique cette filante , qui est vivace dans l'Asie orien-
tale, ne soit plus qu'annuelle sur notre territoire, où
elle ne s*élève communément que de 5o à 80 centt*
mètres , elle y conserve assez bien ses propriétés colo-
rantes, pour qu'il faille en encourager la culture, et
pour que nous citions particulièrement cet exemple
aux voyageurs qui tenteraient d'autres importations
dans notre patrie.
La Société d'encouragement pour l'industrie natio*
nale favorise également l'augmentation de nos richesses
botaniques; et depuis plusieurs années, elle tient an
( S85 )
prix en réserve pour celui qui aurait introduit et cul-
tifé en France quelques plantes utiles à l'agriculture ,
aux arts et aux manufactures. Ainsi les coolifs d'ému-
lation se molliplient , et d)e flalleurs témoignages d'es-
time et d'approbation sont offerts aux hommes qui
se consacrent à de si utiles recherches.
Un champ encore plus vaste leur est ouvert par le
programme que nous venons , messieurs, de remettre
sous vos yeux : il inlércsse h la fuis les progrès de la
géographie, Tagriculuire , l'industrie, l'humanité ; et
noas désirons que rinvilntion de prendre part h ce
noble concours puisse animer le zèle des voyageurs ,
et valoir à la France d'utiles découvertes. II était digne
du Prince Royal de les favoriser» d'y attacher un prix
n honorable à mériter, et de convertir en bienfaits
pour la patrie les encouragements promis à la science.
Signé Eyri^s, Jouard,
Roux Dfi Rochelle^ rapporteur.
«^
xvn. juiK. S.
{ 386 )
NOTICE
sur le baron Louis Costaz , membre de l'Académie des
sciences et de la Commission centrale de la Société de
géographie.
La Société vient de perdre uo de ses membres les
plus éminentspar les hautes fonctions dont U avait été
revêtu y pomme par son zèle ardent pour les sciences,
par la justesse de son esprit et par Télévation de son
caractère , le baron Louis Gostaz, membre de rinstilut
de France et de l'Institut d'Egypte « conseiller d'Et«t,
ancien tribun^ préfet» directeur {général des pools et
chaussées, et intendant des bâtiments de la CouroniMi-
II appartient à d*autres de raconter en détail sa vie po-
litique et administrative; c'est comme son compagnon
de voyage dans la célèbre expédition d'Egypte » comme
son collègue dans la commission qui a dirigé la publi-
cation du voyage , enfin comme étant sorti de l'école
non moins célèbre dont il était l'examinateur» quej'ai
à vous parler de sa vie scientifique. Cet hommage est
justement dû à l'administrateur» à l'homme de bien »
à Tami dévoué de la gloire nationale » à l'homme enfin
que Napoléon honorait de laplus haute estime. Je pein-
drai d'un seul mot la considération dont il jouissait à
l'armée d'Orient, si riche en hommes supérieurs» et
ce mot appartient à l'illustre Monge : • Adressez-vous
A Costaz, me disait-il» c'est la troisième personne de
l'armée. •
Les commencements de Louis Costaz ont été modes-
tes; l'étude des mathématiques l'occupa jusqu'à vingt-
{ '^67 )
deux ans : e*étail la grande époque de 1789;. il était
alors professeur d'une étole militaire; plus talrd (en
l'an tu), U était chargé d'etamioer \ea candidats à 1*6^
cole polytechnique* La grande École normale le compta
parmi ses chefs de conférence ; peu après, il profeaa^
lea ixlatbéBaaliqu«s dans uike dés écoles centrales de
Paria. Dès ce tettpi^ il s occupait des principes et des
restorlsde radaûoîslration publique «, et particulières-
ment delà léig^sWtion relative à l'industrie et A Tafrir
culture» matière qu'il n*a cesaé d'éclairer par sed re^
cherches lumineuses ei pat dès travaux duraliJe» qui
sont passés dans nos codes.
On sait que le milieu] de l'an vi(m»rs 1798) ftitsîgnalé
par lespréparatifsd'une mystérieuse entreprise, confiée
a une arméeappeléearmd'e^/'^/i^/e/tfr/^^iCeu^quien i'air
aaient partie ignot aient toussa dâsUnatian» le chef ex-<
ceplé et bien peu avec luL Le iinomphaleur de l'Uali^
choisi! ses collaborateurs scientifiques dans l'École po^
lytecbnique, et, àla tète»Monge, Berifaollet, Fourier*
Costazy Conté» Lepère, professeurs ou chefs d'écoles «
a?eç une vingtaine des principaux sujets qui en étaient
sortis, et déjà admis dans les services publics, tels qi|e
Malus et Lancj:et, pour ne pas parler dosvivaets*
L* expédition» partie de Toulon le 19 mai , était dé>H
inatlresse de Ja capitale deTEgypte le 24 juilteU l'in*
sUtut du Caire ouvrait ses séances dès le a5 août 1
11. Costaz fut nonaraé l'un de sesmembres dans Lt sec-
■
tion des sciences ma thématiques. U était souvent coor
suite pour les détails de l'organisation civile du pays et
pour les questions d'économie polHique...Il accompa^
goait le général en chef Bonaparte , lorsque q9lui pi
découvrit les anciens veat^gf s du canal dc^.Sufz ou can;^
des Peox-Mers ; il le suixit ausfi. flans rpxpédition d^
( 3«8 )
Syrie. Il avait fondé avec DesgeneileB le Courrier de C É-
gypte^ îournal scientifique et politique : il y inséra la
relation de la traversée du désert» et il donna à Tlnsti-
tut un mémoire intéressant sur la marche des sables et
les dunes mobiles.
Après la victoire d'Aboukir» le général en chef, qui
avait vu le portefeuille rapporté de la Haute-Egypte par
Denon , résolut de faire eiplorer complètement les in-
nombrables trésors tl 'antiquités que renferme la Thé*
baf de. Une nombreuse commission d'ingénieurs, d'ar-
tistes et de naturalistes fut désignée et partagée en deux
divisions : l'une de celles-ci fut placée sous la direc-
tion de M. Gostaz. On sait quels furent leurs travatix »
qui ont embrassé toute la région depuis le Fayoun
jusqu'à la Nubie. Pendant ce temps, le gouvernement
de l'Egypte avait passé aux mains de Kléber \ artiste
lui-même » il reçut les voyageurs à leur retour avec une
grande distinction ; plus tard , il leur accorda des pas-
seports pour la Prance^avecdes recommandations près*
santés pour que leurs observations fussent publiées par
l'Etat. Ces passeports ne furent point ratifiés par la
Croisière anglaise. M. Coslaz resta quelque temps en-
core en Egypte ; il lut à l'Institut divers mémoires qu*on
trouve dans la Déôade égyptienne; il fut attaché à plu-
sieurs commissions d'administration et de comptabi-
lité, et il fut élu membre du conseil privée le pays étant
déjà presque mûr pour jouir des bienfaits de notre ci-
vilisation et être régi à l'européenne. Partout il donna
des preuves de sa haute intégrité , de son zèle et de sa
capacité pour les affaires. La rectitude de son jugement
et Tordre qui présidait à tous ses travaux avaient leur
source dans la culture des sciences exactes : partout il
portait Tesprit mathématique. Son mémoire sur les
poids ei mesures modernes de l'Egypte sera toujours
consulté (il pour la précision et la solidité.
On est peu surpris que le Premier Consul, à son re-
tour enFrance, Tait accueilli honorablement et chargé
de fonctions acti?es. Appelé au tribunat, il s*y occupa
des lois des finances, du système du crédit» du régime
des banques , de la fabrication des monoaies , et il ta\
élu président de l'assemblée. Le chef de l'État le nomma
commissaire pour la fondation de l'École des arts ei
métiers, projetée h Gompiëgne; et, après avoir cour
couru, en 1794» s^v^c CI. Pierre Molard et l'abbé Gré-
goire, à la création du Conservatoire des arts et métiers
de Paris^M. Costazse porta au nombre des premiersfon-
dateurs de la Société d'encouragement pour l'industrie
nationale. Ce n'est pas son moindre tilre à l'estimer
publique , puisque , depuis quarante ans , la Société a.
rendu et ne cesse de rendre à l'Etat les plus signalés,
services. En i8o4> il fut nommé préfet du département
de la Manche. Il y a laissé la réputation du plus vigi-
lant et du plus habile administrateur.
En 180g, il devient intendant général des bâtiments
de la Couronne. En 1812, il est élu candidat au Sénat
conservateur; l'année d'après» conseiller d'Etat, puis
directeur-général des ponts et chaussées , jusqu'au
moment où s'éteignit l'étoile de Napoléon. Il suivit à
Blois la régence et perdit tous ses emplois; pendant les
Cent-Jours, il fut nommé commissaire extraordinaire
dans le Nord; peu après, il se voua à la retraite.
C'est là que le nouveau gouvernement alla chercher
le savant administrateur pour le faire entrer dans le
grand jury de l'industrie. H. Costaz en fut nommé le
(1} T. Afnnnirt Je t Egypte pour Van Vlll. Imprimerie do Kaire.
( 39o )
rapporteur en 1819; irok autres rapports aeitiblables
lui avaient déjà élé confiés. Q a su feîre de ces ècrilale
tableau exact de nos arts dit ers ; c'est phis encore, c*est
rtiîstoire raîsonnée de leurs perfectionneraenta aoc-
cessîfs.
M. Coslazfut un des premiers à se joindre au noyau
des fondateurs de la Société de géographie. Cet esprit
si juste , cet homme si national appréciait Tutilité el
l'urgence d'une telle création dans Hotérèt de noire
commerce et de nos relations lointaines , comme dans
celui des découvertes scientifiques et de la civilisation.
En 1899, il fut nommé vice-président de la Société»
et, en i835, Tun des membres de la Commission cen-
trale.
Ses connaissances variées et solides lui ouvrirent ,
en i85i» les portes de TAcadémie des sciences; il y a
été le rapporteur habituel du grand prix de statistique,
et il a constamment fait preuve d'un esprit plein de
sagacité. La statistique menaçait d'envahir le domaine
des autres sciences : M. Costaz a contribué h établir ce
principe, que la statistiques pourobjet et pour limites
les choses susceptibles d'énumération , et pour instru-
ment les nombres fournis par l'expérience; d'où il suit
qu'il fautécarter d'un concours de statistique les pures
descriptions qui manquent de ce caractère.
Comme homme privé , M. Costaz a laissé des souve*
nirs non moins honorables que comme savant , ou
bien comme homme public. Jamais personne n*eut un
commerce plus sûr, un caractère plus égal et plus con-
ciliant , une raison plus élevée et plus aimable à la fois.
Sa mémoire était remplie d'anecdotes; il racontait avec
enjouement et facilité. Ennemi de la prolixité verbeuse,.
(391 )
il écrivait at ec concision , sans sécheresse : son sty.e
avail souvent du nerf et toujours de la clarté.
On doit i M. Costas plusieurs mémoires ou obser-
vations insérés dans la Décade égyptienne^ dans le
Courrier de V Egypte , dans la Description de t Egypte
publiée aux frais de l'État, dans la collection de l'In-
stitut» enfin dans le Bulletin de la Société de géogra-
phie. Pour ne parler que de ce qui touche aux sciences
géographiques » je citerai les recherches sur la couleur
de Teau de la mer, le mémoire sur les sables du dé-
sert, les observations sur lesBarabras et leur langage,
le mémoire sur les arts et les usages des anciensÉgyp-
tîena» la description des tombeaux des rois à Thèbes,
enfin l'exposé d'une nouvelle manière d*exprimer les
hanteors absolues des positions géographiques. Il ne
m'appartient pas de faire connaître le mérite de ce der-
nier écrit, et je ne puis que renvoyer au recueil de la
Société. J'en dirai autant d'un rapport au sujet de
l'oairrage ^e l'ancien préfet de Rome , H. le comte de
Toumon (i), sur la statistique des États romains.
Je termine cette faible esquisse d'une vie aussi pleine,
aoiai honorable x puisse-t-^ile trouver bientôt un digne
lûtorim!
JOMABD.
(r) ▼. Bulfetitt Je fa Société dg géographie, d«* ii8el lai.
(39« )
ESSAI
SUA LB9 SàlllHOI.B$ OB L4 FLOaiDE»
Par M. F. de Casuinatt.
La Floride , dont noas eroirions qae le doux nom
rappelle le luxe de végétation» si nous ne savions qu'il
n*est qu'un souvenir du jour de sa découverte» me
semble être une des régions du globe les plus dignes
d'attirer notre attention et de devenir l'objet de notre
étude : car si chez elle les fleurs* ces brillants ome«
ments de la nature , semblent fatiguées de oe couvrir
que la terre , et s'élancent en s'entrelaçant jusqu'au
sommet des arbres, le sol lui-»mème nous présente un
phénomène des plus remarquables : partout se for-
ment des cavernes profondes» partout des rivières jaiU
lissent des entrailles de la terre; ici vous voyez un
Qeuve majestueux rouler tranquillement ses eaox ,
puis, instantanément, disparaître à vos yeux pour se
remontrer de nouveau à une distance conaidértible»
et former ainsi de nombreux ponts naturels; là des
lacs étendus apparaissent tout-à-coop dans des lieox
qui de tout temps produisirent le mais de l'Indien.
Dans le nord, cette région, qui, sous ce rapport» est
semblable à bien d'autres parties des États-Unis, offre
les preuves de la civilisation la plus avancée au milieu
de la barbarie du désert; de beaux et vastes bateaux k
vapeur sillonnent constamment ses fleuves , portant A
la mer mexicaine les riches produits des plantations
éparpillées sur leurs bords, tandis que, sur les mêmes
rives, l'écho retentit encore des cris du sauvage et des
hurlements des animaux féroces ; mais dans le sud« ces
( 395)
rois de la forèl exercent encore seuls et d*une ma*
DÎère incontestée leurs droits d'occupation, caries ma*
rais sans bornes qui couvrent cette contrée ont jus-
qu'ici présenté aux blancs une barrière infranchissa-
ble. Celte région tremblante et vaseuse» connue sous
le nom 6'Et^erglades, semble appartenir à une forma-
«
tion seulement ébauchée encore» et peut peut-ôtre
nous donner la conception de ce qu'étaii le globe ter-
restre lorsqu'il échappa h la main incommensurable
qui venait de le créer.
Enûn , est"*elle aussi sans intérêt cette population
sauvage elle-même, qui depuis des siècles défend con-
stamment sa liberté contre les trois puissantes na-
tions qui ont occupé alternativement la Floride, et qui
n'abandonne chaque pied de son territoire qu'après
l'avoir couvert du cadavre d'un guerrier ?
Notre objet est de dire ici quelques mots de ces
Indiens et de la région qu'ils habitent.
Lors de leur découverte par les Espagnols, les Flo-
rides étaient habitées par des nations nommées Ya«*
messes, Polarches et Caloosas.
Ces peuples furent , il y a environ cent quarante
ans, entièrement détruits par une portion des Musco-
gis ou Creeks qui, abandonnant leur patrie , vinrent
s'établir en Floride. Us reçurent des autres Indiens le
nom de Semmoles, qui signifie réfugiés. Bientôt ils de-*
vinrent une nation poissante et guerrière , qui conti-
nua à se recruter des mécontents des autres tribus.
Les Muscogis eux*mèmes viennent probablement du
Mexique (isthme de Panama) , car des vieillards me
dirent souvent qu'autrefois leurs pères habitaient une
contrée couverte de montagnes , du sommet des^
quelles la vue emrbrassait deux mers. Ne voulant pas sa
(394)
soumelire aux Espagnols, ils vinrent s'établir sur les
bords do Mississipi. d'où ils furent encore chassés lors
de rélablissement des Français,
Les Yamesses étaient, dit-on, de couleur très ob-
scure, et quelques personnes pensent que la tribu des
Ocklawahaws est formée de leurs descendants; ce-
pendant l'opinion la plus répandue est qu'ils ont été
entièrement massacrés. Bartram raconte que , suivant
des traditions indiennes, le grand marais à*Ockéfa^
noké serait habité par des èlres d'une extrême beauté»
que les Séminoles nomment filles du soleil; et cet au-
teur pense que quelques malheureux re^es de la na-
tion des Yamesses ont peut-être été chercher un re-
fuge dans cet endroit inaccessible , et qu'apparaissant
à des époques éloignées ils ont ainsi excité des idées
superstitieuses; cependant, dans ces derniers temps
(décembre i838), les troupes américaines, comman*
dées par le général Ployd , ont pénétré dans ces ma-
rais, et n'y ont aperçu aucune trace d'habitants. D'a-
près le rapport des Espagnols, la population indienne
de la Floride était autrefois aussi compacte que celle
du Mexique, et l'on sait que la puissante nation des
Shawnées vient aussi de cette région. Noos ne nous
étendrons pas ici sur l'histoire des Séminoles » mais
nous dirons seulement que cette nation belliqueuse»
après avoir toujours combattu avec courage contre les
Espagnols et les Anglais, a su résister égalen^ent jvs«
qu'ici à tous les efforts qu'ont fejls les Américanns pour
la transporter au*delà du Mississipi, et qu'aujonr dirai,
après plusieurs années d'une guerre d'exterminatitm,
les malheureux restes de cette célèbre tribu, dispersés
et sans chefe, prirent vivre, nus dans les bois, traqués
comme des bêtes fauves, et n'ayant d'autre nourriture
(5»5 )
qu« le manioc et le» fruits, taiiYages» plulét que d'aban'-
dooner les os de leurs pères. Cependant, si cous ne
pouvons refuser ud soupir de compassion à cette race
héroïque» gardoniH^nous de penser que les rêves creux
de quelques prétendus philosophes sur Tbomnae aao-
vage , se iroQveni ici plus qu'ailleurs réalisés ; car le
Séiuiopi^ « à pari les nobles qualités que nous avons
reconnue» en loi* est un barbare sans foi, qui ne se
plaii que dans le sang , et pour qui les cris de la vic->
lime attachée au poteau sont une déUcieose musique*
Semblable a^x autres sauvages, il ne eonnalt point la
pitié, el la chevelure de la jeune fille esl pour lui un
trophée aussi glorieux que celle du guerrier. Parcou*
rons actuellement les différentes phases de la vie de
l'Indien. Aussitôt après sa naisaance» l'enfanl, main-
tenu svr une plancbeUe el entomré de bandelettes et
de grains de verroterie, esl attaché au des de sa mère
par des courroies de coir. Lorsque celle-ci travaille
dana les champs» elle le suspend ainsi é.m)e branche
d'arbre* Les enfants sont élevés avec une grande dou-
ceur, et de bonne heure prenneni des habitudes d'in^
déii^e^dance. Jusqu'à dix , el môme douze ans , les
deux sexes soni sans vétemeni; mais avant cet âge les
gaiiçosA conçoivent déjà des idées guerrières» el affec**
lent de mépriser les femmes, ils passent tout leur
leiii|>4 é essayer leur adresse à tirer de rare* Quelqma
années plus lard, ils joignent un parti de guernersi et,
s'ils reviennent avec le seailpe d'un ennemi , ils sont
regardés comme taisant pastie de la portion virile de
la natioflu Les occupations dn guerrier consistent à
chasser et à combattre , tooé le reste est laissé aux
femmes. Le guerrier séminok est brave et allier»
Leraque le général Jackson eut vaincu les Indiens Mi^
( 396)
kasoukis^ leur principal chef, Nèomaltha^ se présenta à
lui, et lui dit : « Tu es un grand guerrier, mais ceux
qui t'ont précédé n'étaient que de ? ieilles femines. Toi
tu es un grand chef, fais-moi mourir dans les toar-
ments, car, si tu étais mon prisonnier, je voudrais
voir jusqu'où s'étendrait ton courage, i Lorsqu'il ap-
prit qu'on lui laissait non seulement la vie^ mais que
de plus on lui accordait des terres , il s'écria : c Gon>
duisez*moi loin , bien loin , car ne pouvant plus com-
battre les blancs, que j'exècre , je veux au moins ne
plus les voir. • Il vit. encore dans rAricansas. Nous
venons de parler des Mikasoukis : c'était un peuple de
républicains, et leur nom signifie sans chefs hérédi-
taires.
Les Séminoles, de même que les autres Indiens du
Sud, ont des esclaves noirs qui partagent avec leurs
femmes les travaux de l'agriculture, c'eAtȈ-dire la
culture de quelques champs de mais peu étendus ; ils
les traitent généralement avec douceur» et leur laissent
faire ce qui leur plaît, poui*vu que leur récolte se fasse.
Ces nègres habitent généralement de petits villages h
côté de ceux de leurs maîtres. Ils sont vêtus et nour^
ris comme eux, et les accompagnent à la guerre, où
ils se distinguent généralement par leur cruauté,
même parmi les sauvages, qui semblent cependant
avoir poussé cet effroyable vice à son dernier degré.
Je vis un .jour une ferme qui la nuit précédente avait
été attaquée par les Indiens : deux hommes avaient
été tués les armes à la main, leurs cadavres mutilés et
leurs chevelures enlevées; une femme avait été brûlée
vive, puis coupée par morceaux, et deux jeunes en-
fants rôtis vivants; autour du feu. Ton voyait encore les
traces humides de sang laissées par les pas des sau*-
(597 )
mges qui avaient dansé autour de ces malheureuses
victimes en se r^nt de leurs effroyables souffrances.
Nous apprîmes ensiûle que la femme ne fut tuée qu'a-
près avoir été coodatnnée à voir ses enfants torturés
sous ses yeux. Parmi ces Indiens si barbares en temps
de guerre » l*on trouve cependant des lois sévères qui
protègent la vie humaine, et forment un singulier con -
traste av^ la corruption et les passions effrénées des
blancs qui les avoisioent. Ainsi l'adultère est puni de
la mulilation du net et des oreilles» et un vieux clief
qui étail en cet étaU en m'avduant l'origine des cica*-
trices qui le défiguraient » ajouta : • C'est la loi , c'est
bien. »
«
L'homicide est puni de mort, mèkne lorsqu'il est in-
volontaire. Peu de jours avant mon arrivée aux villas
ges de la rivière d'Apalachicola, deux jeunes getis, liés
depuis leur enfance 'd'une étroite amitié, étaient en*-
semble à chasser, l'un eut le malheur de tuer l'autre
par mégarde ; le coupable se présenta devant le conseil
des chefs» et une sentence de mort fut rendue. Conduit
devant sa maisonv le malheureux partagea le peu qu'il
possédait entre sa femme et ses enfants , puis s'age-
nooillant en penchant la tète, il reçut du plus proche
parent du défunt un coup de massue qui lui brisa le
crâne* L'état d'ivresse et la qualité de chef ne sauvent
jamais le coupable.
Leur langue a de gronda rapports avec celle ties
Creeks, dont elle n'est même qu'un dialecbe.
Les principaux plaisirs des Séminoles sont les danses
el le jeu de paume ; leur danse de^ guerre ressemble à
celle des autres nations. Us .ont aussi les danses du co-
chon, du cerf, de l'aligator» de. l'opossum, etc., dans
lesquelles ils imitent les cris et les mouvenients.de ces
{ 598 )
animaux. La plus remarquable de ces danses est celle
du maïs vert, sorte croffranHe qa*îls font à une d&f'uiilé
inconnue des prémices de leurs récoltes, et qninp-
polle des coutumes semblables des peuples de Fànfr-
quilé.
Ils s'accompagnent souvent en dansant de tambou-
rins, ou s'attachent des coquilles auk pieds et aui ge-
noux, qui s*entre-choqaent à cbacoD de leurs aHNlt^
ments, et produisent le son des castagnettes. Pour le
jeu de paume • ils se mettent généralement de viogt-
cinq à cinquante de chaque côté; ils sont nus, avec
une pièce d'étoITe autourdes reins; lear corps est peint,
et ils se mettent des plumes dans les cheveux. Ils se
préparent souvent h cet exercice par des îeûoes, et
quelquefois se font des incisions avec un couteau aux
bras et aux jambes poorsesaigner et se rendre, di^en(-
ils, plus légers. Alors un chef lance la balle entre les
deux groupes, et le parti qui Ta reçue le premier dosie
fois est réputé vainqueur, ils ne doivent jamais saisir
la balle avec la main, mais la recevoir avcè adresse au
moyen de deux petits bâtons. Ils mettent beauceup
d'acharnement à cet exercice, qui se termine rarement
sans que quelques blessures graves ne soient reçues. Il
est fort rare que les femmes soient admises aux danses
des hommes; cependant quelquefois tous les iiidividas
de chaque sexe se réunissent sur deux lignes en fac«
Tune de l'autre; pois, se prenant par la maio, ils
avancent et reculent en chantant un atr grave et mo-
notone.
Les vieillards sont généralement fort respectés de
même que les chefs; ceux-ci so«kt héf édttaîres ou élus
pour leur courage à la guerre ; les premiers sont ce-
pendant généralement plus influents que les demie;
1 399 )
Les Séminoles n'enterrent pas leurs morts > mais le
plus souf eut les déposent sur la terre » dans les bois,
en les couvrant de lianes et de branches , aiin que les
animaux sauvages ne puissent en approcher. Les pa^
rents et les amis du défunt tiennent régulièrement,
pendant des années» couper l'herbe d'alentour, afin
que le feu que l'on met souvent aux forêts ne puisse
les consumer. Assez souvent aussi ils déposent leurs
morts dans le tronc de vieux arbres « quelquefois a
une grande élévation.
Les huttes sont généralement faites de branches re-
couvertes de feuilles de palmier ou d'écorce de pin.
Celle qui est destinée au conseil est presque toufours
de grande dimension. Leurs villages sont permanents.
Les canots sont faits en écorce ou creusés dan» le
tronc d'un arbre; ils sont tellement étroits, qu'on
homme peut à peikie s'y asseoir* et que le moindre
mouvement suffit pour les faire chavirer.
Les femmes séminoles, de même que celles des au-
tres Muâcogis, sont généralement douées d'un physi-
que plus agréable que la plupart des autres Indiennes.
Quelques filks de chefs ^ possédant des esclaves et pas-
sant leur vie nonchalamment étendues sur des nattes ,
peuvent même passer pour jolies. Elles sont généra-
lement nubiles 4 douse on treîte ans, et k vingt^-cinq
elles peuvent être considérées comme étant sur le dé-
clin de latie. Leur habillement consiste en une longue
robe de toile brodée de petites perles et de paillelles,
en mocassins ou souliors de peau très ornés, et en une
pièce de toile ou de drap dont elles entourent leur corps
et qui recouvre aussi leur tête. Les hommes portent le
plu» ordioairement uûeehemise de chasse faite en toile
ou en peau de chevreuil , de longs bas de cuir» des
mocassins, et s'enveloppent quelquefois d'une couver^
ture. Us ceignent leur tète d'un mouchoir rouge. Ils
portent constamment un couteau à scalper et une lon-
gue carabine (rifle). Lorsqu'ils sont en guerre, ils vont
généralement nus, ayant le corps couvert de peintures;
ils se servent alors souvent de l'arc et de flèches empoi
aonnées , et le tamahac est constamment à feur main.
Quelquefois ils se font des boucliers en peau d'alliga»
tor qui sont à Tépreufe de la ballet le plus souvent
ils se rasent la tète en ne conservant que la mèche ca-
ractéristique. L'on raconte que dans un combat un
vieillard blanc ayant été blessé, un sauvage s'élança sur
lui pour le scalper , mais que le premier portant une
perruque, la chevelure enviée re^ta dans la main du
vainqueur, qui . revenu d'un premier instant d*étonne-
ment , la rejeta avec dédain sur le pauvre blessé , qu*il
quitta sans l'achever, en s'écriant : «Le lâche, il a coupé
sa chevelure d'avance. » Du reste cette opération n'est
pas toujours mortelle » car j'ai vu à Washington un of-
ficier qui l'avait subie ; mais sa santé a'en est toujours,
}e crois , ressentie.
Pour achever dé faire connaître l'Indien de la Floride,
il nous reste à dire quelques mots desforéls qu'il habite.
Les bords de la mer sont couverts de sveltes pal-
miers , dont la tète gracieusement bercée par les vents
semble un éventail naturel accordé à ces régions brû-
lantes par la bienveillante providence ; puis viennent
des forêts de pins gigantesques , qui s'élançant perpen-
diculairement à plus de i5o pieds, offrent les pibs
beaui bois de constructioQ qu'aient vus les chantiers
de la marine. Derrière ceux^'ci la scène change subite»
ment, et d'épaisses forêts de mille sortes de bois^ se pré-
sentent à l'œil fatigué de la monotonie des arbres rerts.
( 4oi y
Laie magOiolia éUle avec profuaîoase» feuUlea setn*
blablea A cCimmtDse^ spatules» iaodîa que l'air, e^l
eas^umé par aqs beUea el énq^ooseft fleurs: ai éciaian-'
les de blaBolieur ; car ce.a'eai plua cet arbodto^Ie noa
serres earopéeuneai. c'e^t' ibi un arbre d^s forMs qui
peut presque limiter de force avec nos cbênes oeatebai-
resj il est entremêlé de^^ot espèces d'ilex* de saasa<-
fras, de catalpas» de leumrs, de cè4rcs, de gommiers»
au milieu d^^quels se distinigue aussi le magnifique
chêne vert» dont le; f^illage éternel donne à toutes les
saisons Taspect consUnt de l'été; partout le oomierde
la Floride éblouit les regards par sa splendeiur ar^n-
tée; raaalea prodigue $a conoUe» semblable. A un gra-
cieux papillon , et le sumac étale avec orgueil le magni-
fique éclat de. aas bouqneU écarlates. Tous ces arbrea
û variés sent éilroîtement entrelacés par des lianes
sains no0)bi«> yéritablbs alliances de ces fiancéa>de la
nature. Parmi elles. Ton distingue. las. vignes sauvages^
les clématites» les cdnvolvulès» qui tcfUf s'élançant
avec hardiesse el en formant de bizari^es festons îiis^
qu'aux cimes les plus. élevées» semblent être dtesitnés
à nous démontrer la force de Tunité » car cés: bibles
raméanx aio» réunia.fbraieot mie barrière compté-^
tement infranchissable. De longs-parasites semblables
à des mousses et pendant de toutes les brancheapiMir»
raient au premier abord être pris pour le hmon laissé
par un fleuve après lihe crue extraordinaire» et répan-
dent sur tout cet ensemble quelque chose de singuliâ-
remant mélancolique » et dont l'àme .est fortement
èmoe, car ces tilhndsta formeni souvent une maaae
assez épaisse pour intercepter les rayons du soleil et
condHinoeir ninfii ovfte perpétuelle obscurité les aspat-
ceç quelles recouvrent 3 alors Textrème humidXié dé*
( 4o« 1
truit rapidement les jeunes pousses d^s arbreft , et bien-
telles géants des fopêta^toaibefit; eux âûsst, renversés
lee uns sor les auti^eig^; minés par- Tadion iomible
«nais ooYiftmue de cet qofnemi caobéi Maisparidut od
l'air 'p«ut librement ciYctilêr, combien est admirable
la dîtérsUé de formes et de nuances dé ees mille sortes
de^fl^rsqui reeofivrent^faltèrefnént le sol! Qoel pin*
«eau pCNirrait rendre avec vérité ees corolles et ces gra-^
pe$ «si brillances , dont les ravissa^itës couleurs soiit
Aussi eupérîeupes aux plus beaui ta{^s que la natiirre
l'éfst à 1-ait, c'est>à»i)ireDi(eu à l'bomme i
Mais s'il est impossible d'exprimer' le luxe qu'étale
la tégètation dans ces contrées lointaines, combien ne
reirt*il pas plus* encore dé décrire ie^ myriades d'anU
maux qui les péupletitl Im niât, le sommeil du vqfjra^
geur est sans cesse interrompu par* les hurlements du
Idup et de la panthère, parles aboiements du crocodile
et le mugissement de la grenouille .gigantesque. Aussi^
làt que le font apparaît^ ces habitants dés ténèbres
feiqnt comme Tange déduià l'bspeci du )oste; alors
il» sont remplacés par des oiseaia 891» nombre , dont
rèelatante parure ne peut être égalée, que par le dé^
lid^ux ramage ; > l'on voit s'éntoe}ouer » parmi les
i^lneàux» le perruche <le k Gàrolkie « lé cardinal*^ Toi)-
se»uimoqwor\ les geais, les troopiales, et tast d'au-
tre» meosiures de* la. trib^ ailée. liiiseau^moucbe cher-
ebe; partout le neotar dee corolles,, ^t des papillon^
aua splendides reflets seipbleht être lès fleurs de Taire
de légers* écureuils couvrent 'les branodieS' des arbres,
lPOils= lesquels pfttuvent de aombreilx troupeaux de
daims/ Mais parmi tous pcs^ Aires si gradeux, quel
contraste ne forme point le bideM serpent A somiettear,
dontVaspeot fa»cine d'faorreor tous les animaux, et
les jette sans défense sous ses crochet» mortels 1 Des
( 4o3 )
tortues ÎDnoinbrables sillonnent aussi dans tous les
sens ces terres toujours humides, et deviennent la
proie dé Taigle à tète blanche » qui quitte pour les sai-
sir les cimes les plus élevées où il établit sa demeure
féodale, et au^essous de laquelle sa tient le stupide
▼autour, attendant avec une lâche patience les restes que
veut bien lui abandonner le roi des régions éthérées.
Mais lorsque le soleil e«t parvenu au milieu de son
cours , l'étouffante chaleur engage toute la nature au
sommeil et au repos, et alors tout semble mort dan»
le désert; le bruit et k mouvement du matin font
place au calme et au silence , et lorsque les ombres de
la nuit viennent de nouveau étendre leur voile sur
l'épaisseur des bois , alors , comme si ces contrées si
favorisées avaient encore le privilège de conserver quel-
que chose de la lumière qui s'en va , des milliards de
mouches à feu traversent l'air dans toutes les direc^
tions, et produisent 9 chaque soir, une illumination
plus belle cent fois que n'en obtiennent nos cités k
force d'art et de frais.
Telle est la Floriiie d'aujourd'hui; elle forme un
contraste bien grand avec cette région de jardins , cou-
verte de villages florissants , peuplée de nations nom-
breuses et déjà avancées dans .les* aris que novt9 pei--
gnent les pi*emiers conquérants espagnols ; bientôt son
aspect changera encore , et le génie américain y por-
tera son cachet : ses chemins de fer et ses canaux;
mais avant, le dernier fils de l'homme rouge aura dis-
paru l Faat*il donc que partout notre race commence
par détruire avant que de fonder ; et notre mîKsation
eat-eiHe doi^e up arbre dont les branches ne peuvent se
développer que lorsque ses racines sont baignées dani»
te sang!
F. D£ GASTRLNiL^'.
( 4o4, ) .
T
Letteb iie m. le colonel Y^bjs km à M, Fillemain , pair
itai au département
(le l ^Instniciion publique .
Monsieur lk Président,
Veuillez bien en mon nom, je iraua.prie • laite. b<>m-
mage A la Société de géogi:aphie de J^ Irpis^ème et
aveat-rderoière. livraison de mon Atisi» physique , polir
tique et historique de la France.
Dans le texte joint à cette npuvelle production « je.
résume en peu de pages les précepl^i^ d*aaalyse géo-
graphique qui fo&t depuis loogrtemps l'objet de mes
études. Ifon premier essai sur cette mutière date de
1897 ; un autre a paru en i853.
En revenant sans cesse avec une patience prête à
po 'échapper sur des applications d'où je press^^ntAÎs
que devait sortir une théorie complète ^ je^uàseafia
parvenu au but que je me proposais. d'atteindre ; et
c'est le terrain que nous avons le plus d'intérêt à bien
connaître . qui eat l'objet final de mes explorations* Je
n'ai rien négligé , ni pour en déterminer \p$ former
d'une manière absolue • ni pour établir ientre ces for-
mes les liens et les rapports nécessaires, pour que
chaque chose soit aperçue de son. véfitabl<$ point de
vue.
Je ne pouvais obtenir ces résultats .^ii'en me péné-
trant bien de l'ensemble et de la coxmeKion des faits
dans lesquels* se révèlent les lois hjtdcogéiques , qu'ea
m'assurant de la généralité de ces lois par des études
faites en différents lieux et sur les meilleures cartes
( 4o5 )
connues; qu'en donnant des dénomtnalions coinmu'-
nes aux lignes càracténsliques qui se • présentent
toujours de la même manière dans l'ordre des con-
sidérations successivement amenées par l'analyse géo-
graphique, continuée nécessairement jusqu'aux moîor-
'drés parties Constituantes.
Sachant très hien qu'on est peu porté à s'engager
dans des foies nouvelles lorsque de prime abord on
n'efn saisit pas la nécessité, j'oserai direj avec la con-
fiance que donnent' des recherches ton^iencienses ,
que dans ma géographie prototype 'de la France Se
tronvenl indiquées tes voies à suivre pour procéder
méthodiquement à l'examen des configurations nnlu-
rellesqui déterminent la structure géographique d'un
pays ou d'une contrée, et que cet ouvrage-donne les
*moyet>s d'acquérir en très peti de temps des connais-
sances plus positives et plus durables que celles que
ToTi se procure en se traînant dans lés errements de
la routine ; errements bons seulement pour les exerci-
ces de mémoire pratiqués dans Tëlnseignement élé-
mentaire, mais insuffisants pour développei' le juge-
ment qu*il serait utile de cultiver dans les classes su-
périeures.
' De tels avantages nie permettent d'espérer que dans
' peu d'àtmées on possédera des géographics prototypes
des divers États de l'Europe , et qu'ainsi mes essais
auronf répandu des germes qui ne pouvaient manquer
de porter leu^s fruits. ' ' ■
•' Pardonne^ , monsieur le Président, un moment d'en-
traînement' de la part d^nn auteur surpris ^quc les
analogies constantes qùtae révèlent dans la ct)rréktion
des 'formes* hyprogéiques dos superficies terrestres
soient pour aihsi dite demcat*ées jusqu'à présent ina-
( 4o6 )
perçues. Une harmonie générale règne en eOfel dans
les dépens) ances réciproques des plans de configura-
lion du sol, comme dans le système organique des
êtres. Nonobstant les immenses différences de confor-
mation qui subsistent dans Téchelle entière de ceux-ci,
il y a dans chaque individu deux principes ( solide et
fluide ) , dont la pondération entretient la vie • et ces
deux principes , autrement r^artis dans notre corps
planétaire , constituent de môme son existence, et les
forces fécondantes par lesquelles se trouvent liées entre
elles toutes les créatures.
C'est ainsi des rapports de même espèce entre les
parties de corps tout^à-fait disseniblables que pro-
viennent naturellement les noms nouveaux introduits
dans mes préceptes d'analyse géographique pour in-
diquer implicitement « ici comme là , les relations qui
existent entre les masses solides et liquides.
Dans ce néologisme, il n'y a donc de systématique
qu'une application faite ùi extenso , puisque Tordre
systématique résulte bieii manifestement de lois uni-
verselles.
Pour ce qui est des planches dont se coo^pose l'a-
vant-dernière livraison de l'atlas de la France» elles
sont au nombre de quatre. L'une, sous le nom d'a-
vertissement » a pour sujet l'exposition du plansuivant
lequel est conçu l'ouvrage; une autre» ûomme carte
analytique complémentaire , présente d!une manière
tout-à-rait nouvelle le linéaire d'un^ carte ^physique
qui paraîtra dans la qualri^me livraison, et fera con-
naître, par des procédés également inusités jusqu'à ce
)our, le modefé figuré de notre territoire» ou la con*
nexion et les hauteurs relatives de $m formes caraclé-
risliques; la carte analytique a pour objet particulier
(407^
d^iodiquec eQ..dé4aîl l«ft.U*iiGéfii0u la :pr6jeoiion Ha--
mpnlale de.iouie^ 1q3 ligoës hjdro|;iiquts» et die ttmdr
)rer )e§ ^afpvriê de wf% dMBÎQOf adininislpaliv^S' a? ôt
Jea clîvidÎQna naturelles» - ' . , . '
.SwsjladAPMÛpMioD dtf i^ant^/todale, yeiplréaafU^
daoa *ua :Daftffie' <adre i'eitipUeeiiiaM féspactif. . dsa
grands fyi[^ ^ dM priocjfi^lisa pMiefiaiobsif «îgoûsuriakp
q^kf^Q^ 9âr uaMPfi^on * a0iirtp%t ibxaiIjiasiQBaeiit. aoi^
p^r 1 opiMSiMlan libQ0tnAque v l^el Wei^va* ti^ èi di(fèi»»t|
titres, depuis Charles-le-Chauve jusqu'à Lo^ia^^Vll^
liés aux vicissitudes de notre anciçnjpe n^çttf^rpj^î®*
Cette page est un mémorandum géographique et histori-
que où Ton retrouve saos peine les noms de lieux et de
personnes » dans lesquels se résument les illustrations
de famille consacrées dans nos fastes.
Le passage des anciennes divisions administratives
de la France aux nouvelles, marquant une époque
d'un intérêt assez grand pour que le travail fait par
l'Assemblée constituante soit rappelé dans toute son
intégrité primitive, j'en fais l'objet d'une carte spé*
ciale où les anciens gouvernements se trouvent com-
parés aux départements. Pour ce point de départ, je
reproduis dans des colonnes marginales, et les divi-
sions et subdivisions territoriales qui existaient avant
17899 et les déparlements entre lesquels alors elles
ont été démembrées. J'indique réciproquement pour
chaque département les anciens pays dont ils ont été
formés. Là se borne le contenu de ma troisième li-
vraison.
Dans ce que j'ai déjà fait paraître et dans ce qui me
reste à publier se trouvent consignés l^s divers chan-
gements successivement apportés au premier ordre de
choses.
( 4o8 )
La série de mes études offre ainsi un ensemble et
des Hem que Ton chercherait vainement dans les atlas
historiques que Ton possède. Par les sacrifices que j*ai
Taits, par les soins que j'ai pris pour que ces études
répondant aux vues dans lesquelles elles m'ont été de-
HMindées » il m'est permis de croire que les hautes
|>#otietiOM qui ont soutenu mes efforts ne me feront
pas défanl, quand je suis en* meaure de. garantir
foirmellement la posribilité d'atteindre bientôt au but
indiqué.
Veuillez agréer, etc.
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PROGRAMME
OJSS PDIX PKOPOSés K!H 1842.
I. PRIX ANNUEL
PODH LA DiCOUYBBTE LA PLV8 IMPOATARTK
Bit ciOGEAPHIB.
•
La Sodété oïïtt sa grande médaille d'or au Tdyà-
geur qui aara fah, en géographie , pendant le cours
de Tannée i84o, la découverte jugée la plus impor-
tante parmi celles dont la Société aura ei| connais-
sance; il recevra» en outre » le titre de Correspondant
.perpétue)» s'il esl Étranget, ou ceLui de Membre» sHl
est Français, et il jouira de tous les avantages guJL ^ont
attachés à ces titres.
A défaut de découvertes de ce^e espèce » des mé-
dailles d'argent ou de bronze seront décernées aux
voyageurs qui auront adressé pendant le même temps
à la Société les notions ou les communications les
plus neuves et les plus utiles au progrès de la science.
Ils seront portés dç droit, s'ils spijit étrangers , sur la
liste des candidaU pour les places de correspondant.
11. FttlA rUINUK
; ■• ;''ffî ^'f .-• .r* i**." j^rf " ^'frî^^^iF". h r ...
II. PRIX FONDÉ
Médaille (Cor lîe fa valeur de â,ooo fi'ancs,^
S. A. R. le duc d'Orléans offre un prix de fleux mille
francs au Navigateur ou au Voyageur dont les travaux
( 4io )
geograpuiques auront procuré à la France ou & ses
Colonies, avant le i*^ avril i84Sf U découverte la plus
utile à l'agriculture, à l'industrie ou à l'humanité.
S. A. R. ayant bien voulu charger la Société de géo-
graphie de décerner ce prix , la Société s'attachera
de préférence aux voyages accompagnés d'itinéraires
exacts ou d'observations géographiques.
' 1 1
/ '
Les Mémoires contenant l'exposé dès découvertes doi-
veqt être envoyés franc de, port et SQO^ le ppuvept du
j^résideinl de la Société» à Paris, rue de, l'Univeirsiti, 9.3*
t I
m. NIVELLEMENTS BAROMÉTRIQUES.
Deus médaillés dur de la Tfokut 'dé iùt^ y rancg'4ha^tûi^.
' Deux médaille^ d'eùcôuragémeni ionC oÉfërtei aux
<
auteurs des nivellements barométriques les plus^ten-
dus et les plus exacts faits sur les lignes de partagé des
eaux des grands bassins de la France.
Ces médaillés , dé la valeur de ceiit fràtics chacune »
seront décernées dans Ta première âs^eihbiéë générale
annuelle de 1 8A3.
Les mémoires et profils, accompagnés des' cotes et
des éléments des calcub , devront être déposés au bu-
reau de la Commisf^oi^ centr^le^auplus tard, le 3 1 dé-
cembre i849.
Les fondft dé ces dëut ihédailies'ont'été faits par
M. Pbiuiot, membre de la Société.
( 4«t )
»
IIEDXIBMB SBCTION.
Acte» d9 U flooiétè.
EXTiU.iT DES PaOCES.VERBi.IJX DES SÉANCES.
PBiSIDBUCM DB M. WMABD.
* t
SéaneëdadjtuntBit.
Le procès-verbal dé la dernière séance est lu et
adopté.
H. le ministre de l'Instruction publique annonce à
la Société qu'il vient de mettre à sa disposition un
exemplaire de la Monographie de la cattiédrale de
Chartres, publiée sous, les auspices de son départe-
ment par IIM* Lassus« Amaury-Duval et Didron, ardu-
tecte.
M. Léon de Laborde adresse à la Société un exem-
plaire de son Commentaire géographique sur la Bible.
M. d'Avezac est prié d'en rendre compte.
M. le vicomte de Sanlarem fait hommage de ses
Kecherches historiques et bibliographiques sur Amé-
rie Vespuce et ses voyages. M. Berthelot est prié d'en
rendre compte.
M. Warden adresse le 1 7* volume de l'Art de vérifier
les dates, contenant la suite de la Chronologie his(6ri-
I ' 1 '
(4«« )
que de rAmérique ; il joint à cet envoi diverses bro-
chures sur les chemins de fer, la navigation , le sys-
tème pénitentidif^; et rinslroctioo aux États-Unis.
M. le secrétaire-général présente la 7* feuille de la
carte générale du grand archipel indien » dont l'envoi
a été annoncé dans la dernière séance par M. le baron
de Derfelden de Hibderstein. Celte Nouvelle feuille est
renvoyée à M. Daussy, qui a bien voulu se charger de
rendre compte de celte intéressante publication.
La Commission centrije vote des remerciements aux
donateurs , et ordonne le dépôt de leurs ouvrages à la
bibliothèque. '
M. Francis Lavallée , vice-consul de France à la Tri-
nidad de Cuba , annonce à la Société qu'il lui a fait en
* 1841 plusieurs, envois, et entre autres un exemplaire
de la grande carte topographique de l'Ile de Guba^ La
Commission centrale regrette vivement que ces envois
ne lui soient point encore parvenus.
M. X-B. Tassin et M. Plate, admis réceniment'dans
la Société, lui adressent des remerciements, et prô-
mettent de coopérer à ses utiles travaux. M. Platé
ajoute qu'il se propose d'offrir à la Société un Mémoire
sur la géographie de Constantin Pôrphyrogédète , et
qu'il se fera un devoir de contribuer par sa sqû^grip-
tion,à l'érection du monument de M. le contre-amiral
d'brvilie: ■• • ■■"■' • . "'""■■ •,.:■'.'
M. de la Roquette communique une Note sur les^tra-
vaux de la Société des antiquaires de Drontheim. nen-
voi au comité du Bulletin.
M. Jomard rend compte , au nom du Jbureau et de la
. Çpmmission spéciale, des mesuresprises'pourla soas-
crmlipn au. monument destiné au contre-amiral d^lk-
ville. Le montant des souscriptions s'élève jusqu'à ce
( «'3 )
jour à'i5o4 fr. So c. M. Ramon de la Sagra, arrivé
hier de Madrid , Tient de souscrire poor 5o fr. Une
circulaire a >été adressée aux membres de la Société ;
il en sera eiiToyé des;exen)plaîres dans les ports de
France.
M. Joinard présente leyatf-^f>iWi^ d'une 4rès ancienne
carte y consente 'dans la caUiédral» d'Jflereford en An-
gleterre, et faisant partie de la;première livraison; de»
Monument» de la géographie;- carte dont il a- été^fait
mention dans Je Refcutîl périodique delà Société* Une
Note -descriptive sera foséiréeJKi^Bunelin. ' A ' >
Le même membre donne lecture d'une lettre parti*
culière de M. le colonel Yisconti, renfermant des dé-
tails sur le progrès de la carte du royaume dé'NapIes
au 80000* et de la carte des environs de Naples au
sSooo'. 11 annonce que le gouvernement autrichien a
danné des ordres pour les opérations géodésiques des-
tinées à se relier avec la triangulation napolitaine et la
vériGcation du travail des PP. Maire et Boscovidi
dans les États romains.
M. Roux de Robhelle communiqué une lettre de
M. Gourlier, architecte, qui offre ses services à la*
Société poùrle monument à élever h la mémoire de
M.'le contre-amiral d'Urviile.
La Commission centrale fixe sa prochaine assem*
blée générale au vendredi 17 juin.
Sur la demande de iM. Roux de Rochelle, fondi^e
sdr les précédents établis dans la Société ; M. de la Ro-
quette Tend compte' vei'balement des conclusions du
rapport* qu'il doit faire à la prochaine assemblée gé-
nérale, au nom dé. là Gomriiissiéi) spéciale du' concoure
pour le prix annuel. .
M. Tltomaasy lit une Notice snr Didier Augnon ^^géù-
{ 4i4 )
graphe de Léopold 1*% duc deLorraîoe, qu'il regarde
oomme ayaol été au camaiencament du xnii* siècle
le Casaioî de la Lorraine ; il dressa la carte de aoD
duché sur un échelle & peu près égale à celle de
la grande carte de France. D'après les obserfalions
qui lui sont faites par plusieurs membres » M. îlio-
msasy annonce qu'il se propose de compléter sa Notiez
dans son prochain voyage à Nanoi.
M. Daussy donne lecture de plusieurs Notes qu'il a
extraites des re?ues anglaises sur les derniers voyages
des Anglais en Afrique. Renvoyé au comité âm BuK
letin.
Procès*verial de la séance générale du ij Juin i84^«
La Société de géographie a tenu sa première assenai
blée générale de i84s le vendredi 17 juin, dans l'une
des salles de l'Hôtel-de-Ville » sous la présidence de
M. Villemain , ministre de l'instruction publique. Un
concours nombreux de membres nationaux et étran-
gers assistait à celte solennité.
Dans un discours écputé avec le plus vif intérêt»
M. le président paie un juste tribut d'éloges et de r9«
grets à la mémoire du contre-amiral d'UrviUe» enlevé à
la science et à la Société de géographie par l'affreuse
catastrophe du 8 mai ; il remplit le même devoir en-
vers M. Nestor L'hote» jeune voyageur que la mort a
frappé k son retour d'Egypte» où il était allé compléter
les belles découvertes de Ch^onpolUon. M. le ministre
rappelle les noms de plusieurs voyageurs qui parcour
rent en ce moment» sous les auspices de la Société» les
diverses contrées dn globe» et ilaigQe)»AVft(tw|îoi|de
( 4»5 )
l'assendhlée les recherches de quelques safûnto sur la'
géographie du moy engage* M. le ministre invite la So-
ciélé i pouriîmre lé ooiird de ses utiles travaux avec le
lèle dont elle a dé|à donné tant de preuves. Le gou-»
vemement» dit^il, quivient d'obtenir du patiiotisme
des chambre^ un crécBt pour renoonragenwnt dés^
voyagesde découvertes et des recherches scientifiques»
m labandonnerapas daos sa noble iàobe.
M, d'Aveaac , secrétaire de la Société»: Kt Ito. procès*
verbal de la derhière assemblée géniale: ; la rédaction,
en est adoptée. .
11 donne ensuite communicatioh .de la correspon*
dance et de la liste des cartes et des «mvrage^ déposés
sur le bureau.
M. le comte de Las Cases écrit qu'il regrette vivement
que le malheur dont il vient d'être frappé l'empèehe
d'assister h la séance, et de se retrouver an sein d'une
assemblée qui rend de continuels services à la science
et à l'humanité.
M. le colonel Denaix écrit à M. le président pour lé
prier de faire horomage à la Société de la trœsième
livraison de son Atlas physique» politique et historique
de la France , à laquelle est joint un cahier de teste
résumant les préceptes d'analyse géographique qui
font depuis long-temps l'objet de ses études. Il rap<
pelle à cette occasion Tenchalnement mutuel des tra^
vaux qu*il a scNicessivement publiés.
M. Jomard présente cinq planches* formasit la pre-
mière livraison de son recueil dté Mwmmems de itt
géographie : elles offrent ]efac*iimile de la grande ms^-
pemonde du xiii* siècle de Richard de fiddinghâm ,
dont l'original se conserve don» la eathédr^e de Hti-
refbrd, en Angleterre, et celui d'un globe céleste arab»
(4i6 )
koulique du ii' siècle « conservé au cabîiiel géogr.i*
phique de la Bîbliolhëque royale.
' M. le président fait ooniialtre à la Société ks notns
desDouYeam mesobres qu'telle a acqau depuis sa'der»
nîère assemblée générale, et il proclamé ceux des can*
didats proposés pour iètre^adoûs dans oetle séance.
M. de La Roquette, au nom de 'la Commission du
concours au prit annuel pour la découverte t a plus<
importante >en . géographie , passe en revue dans son
Rapport les divers jvéyagés qui , aux termes du pro-
gramme^ ont été exécutés dans l'année iSSg. Après
avnir analysé ceux de MM. Dease et Simpsotn sur les
côtes septentrionales de TAmériqùe du Nord, de M. de
Schomburgk dans la Guyane anglaise, et de M. Antoine^
d'Abbadie en Abyssinie , la Commisision du concours
propose à la * Société de décerner une médaille d*ar-
gent à ohacisfu de ces: voyageurs; elle réserve ^Hiur l'an-
née prochaine lesdroilsd'eM. JaimeoRoibs» chef de la
dernière expédition anglaise dans les mors antarc*
tiques.
' IL d'Aivesiic annonce. qu*au moment même où la
Sociélé de géographie décerne à M. d'Abbadie un té-
moignage pubUodu'prix qu'elle attache à ses travaux,
ce voyageur justifie par de nouveaux services colle
macqn'e d'un intérêt si bien mérité. Déjà privé d'un
œil , hors ■ d'état en ce moknent de se tenir debout ; il
n'en poursuit pas moins les explorations auxquelles il
s'est livré avec, un sicompletdévouement, et M. d'Ave*-
sac vient de recevoir' de lui up mémoire' él^ndu sur la
région située au nord*«st de TAbyssiiûe.
. M. Roux de Roèhelle, au .Inom d'mi^.'S^4)on4e.cpfn*
mission, appelle de nouv<eau raltenlMiitidesvpy^g^urB
sur le sujet du (prix- offeirti par)$. .A»;R% If i|uç;4!Qj^
(4*7 ^
léans pour les travaux |çéog. aphicjucs qui auront pro-
curé h la France la découverte la plus utile à l'agricul-
ture» au comme^eou à rtiodianité*
M. Jomard, dans une notice biograpliique, ra^pellft
les travaux scientifiques et la carrière aidroiijislrative.Bi
activement remplie de M. le baron Gostaz, son ancien
compagnon dk voyage dams l'expéditmi d'Egypte.
M. Francis de Casteinau , dans un Essai sur la Flo-
ride, présente un tableau varié des mœurs et des usages
de ae& babilants» lat il fait une deacrîi^kin attrayante
du climat et de ia belle végétation de eette contrée^ •
Conforméaiei|t à ses statuts, TAssemblée procède
au. renouveU^nieat des mâmbces de sion-liu#êtfa pour
V^n^é^ j84»-43,.,^ellei noipipe.au aDrulîn' panr eto'.
faire partie ;
Président. «^ M. Cui|io.'Grid«m^ $ niAiétre daragii**:
y, . ouUuréei^ucotpiBafcâ; ; -
!H. Bmtf de Rocbeli» , ancien WHinîstf^pié»
nipotepA. .de FMOQeiWS Ëtli(a*l^pi$;; •
M. Ifi baroû Rog%r% ^anciep députée ; • ,
M* Coc)ielet|, nopien ^opmilrgéqéral de
(
, France an Egypte ;.
Il* DroD^n de Lhoyst dîrai^teur «u*
flainÎAtère des affaires étifasgèr^s»
Swerèêaift^ '^ M» Ansart« prefesseur de rUniverailé*
. If'AiHiemblée nomme égalemept ap. sei^OtHi M. Gui-
gpiaMt» membre de Tlttslitut ek profestieur de géi^ra-
pim à ta faculté d^& letlrea» à laifilace vaeapta dln« la
Commission centrale par le décès de M* ie b^ron
Costaz.
La séance tsi levée & dix heures et demie.
t
I
XVII. JUIN. 5. «7
-(» ■ I
. • .' ••
I > Il
(■•4t»,)
MEUUnKI» ADMIS DANS LA SOCIÉTÉ.
•-.■ '• ' • '
Séance géèiémh du Xf juin i&49« ■'
M. Châtiés Balahksque.
W. Jean Cliarles Ducoir.
T
OVtR 16<ftOrFeBTS A LA SOCIÉTé. >
Séance du ij'nùt.
Par M. Léon de Labonlê : 'CommeD taire géographi-
que sur l'Exode et les Nombres, i vol. m-(^ avec lo car-
les4 '--Pat M. Warden : L'Art de vérifier lès dâteh.
tome XVil, «uite 'de la chronologie historique tl#
rAmérN;fie'i(Ëlats-Unis), i vol. in^. *-^ fieporl artd'
estimâtes of Ibe Eogineers of'lhe Philadelphie, 'B^^'^'
moQtDWiiand Norrislovni Rail Road/in-S. ^ Ahi#-
tory of the Lebigh coal awd ncivigution' company , in-8.
— ^*€io«nmotlio6tSon, from the boferrd» of trustées of Ihe
Girard collège for orpkàns; fi^6. -^ Elevenlh aMIinh
report of the inspeclors of Ihe eastèrh state Peniten-
liary of Peniisyltlattià , in^S^ — The nthih annual re-
port of the house of reftiigé' of PhMadelpliia , in 9- -y
Par M: le\>iJùômteié^Àtarem i Rtehercbe» historiques ,
rrilîqoeis ef bîhKogr&pbfqtteis boi^ Améric Vespuce et
ses voyages ,• t vol: lu *;8^ -^ Par les auteurs et ikti^
tears: Noovelbs antiAlës des voyages, mai. -^ Mémo-
rial ^tioyolopédique «, ' ateril. -* Sullettn de ia SoeMlé:*
pour 'nnsboction éléMefitatre,' avril. -^L'Eeho d<i%
iuntidc* savant. i - j . i » »
Séance^ généra ff du i j y/ii/t»
Par M, le minisire de r instruction publique : Collection
de documents inédits sur l'histoire de France. —
^' K II /f
( A^9 )
i*' SMm^^ jflùft^ir^ po/Hifiif' Les Oiiui^oli t'«gi9lM6 dés
Qrrdfa rendu? pdr tet noui" da roi , eie. ^'par IL It^oomle
j^^ugnol. Tofueil^; i^')l^-idiS. -^Papiers d'État du
c^r(tipal4eGcaov«Ik» par M. Cb« Wms; UnmeUL-^
^,' S^IB* Hi$iom des $denc9s et tks letBns, Le» quaku
livres des Roîs* irMuihi no^ Cranç^is dis xti' siècb, etc/,
par M. Lierouzda Lûscy, t ^oL iD*4»"^ Mboographtc
dW ia caUb^drale^é' Cbanlres. AcchiteeUire , stuipture
«i fii^ti^iure sur verre , par M. Las^u*.' 8UiUiairp«lpM^
tare .sur mpr» par H«.Aioaury Dufak Texie deseripMf ,
p4r SI» DidroQ* Pabiiè par>rdre dû roi .e4f>arIés>sowvs
.de M* te nûmsirede rios4rujolion. pobliqiae, .r^> livrais
3<Nfr» îilifV -^ DetfmplîoD de l'Ane-Miiieqre:; Biitf pshr
Qrd^e du gp^fit-aefll^pl fraoçaîarjdei&SSià ift37».ekxi,
■par. Charles T^^ier» 19* à e^'livraîson^^liitf';— Voyage
àfu^ VAt^^nqae^ méridionale» par.M4Al é'Orbitgaj,
^6Vi;59«Uvr. . , • .. . ''•'•..'''
Par Afi /^ nftni^ire tte.h^giiprne :'Dépaite0iekit du.Paé-
deCaWi^^ extrait 4e Ift' oarie .iDpograpbique de Iti
Fraçce » • l^vée per le^ oûlcîers d'élal^Ba^or el gr(i^^*
au Oépét» généca] de la (^T6r,rev aiHb'l«;îdikîedtio«ii du
Ueote^aatigéliéeeil baron Pelel^ &fe«iUds.'>U^.Déparlb-
.m09t <te S!t»ia#-et-;MaraQv extrait dé} la -catté. I6}jagril-
ifhîquedf^ U :Fraoca, etc., % feMlWé^—. Cartes dès
.pffQVrlnc^ 4'lQran » d* Alger et. de Constântîne ^ drtesées
a^uDépôb général fie la guette par ordi« da MiJe uii^-
r^cblilidiif 4e\D4l«ri«lKu sous la directipn >de li« 4je
Meulfinant-i^Bér^.Pelet, ^ CauHl^^^»-* CaT|é ditt eh-
▼irpns de:3on.er dressée* au Bépèt f)éiftèral< d^ilb
gueirm» eitc^ L.Céuîile^.r-^ Préfets dti^rs (<>)•. pdlirHb
ÇOflt d«'Algfir , desditfHéi» euiDôpolideda gufeurf etcla^sâs
dans liordrescbroiiolegiqis^ de-leur-iprésentalion-,
1 feuille. — Carte de la régence de Tunis, dressée au
('4^0 )
DépéL générai de la guerre, eic, d'après ks^ebsTervà-
lions et les reconnaissances de M. ^Patbe % capitaine de
.voisseaù danois, de M. Rricpt de Sniote-Marie, capt-
(iiine d'élat-xBa)or, et d'après le^ - renseignements fe^
cdeiiiîs par eux, ^ feuilles. '--^ Environs de Tletnecen^
.Mosciira, Cberdàell, Booflitirik, Medeabj Milianith,
'Mflilah* Ûjid)eli et Séiif^ 9 feuilles. . .1 i' .. i
• PatiM le VÊÙùsU^ delà mariMe; PilotO' frauda ts .•cm-
^uiènae partie y -comprettaàl les .cfMe» sepletilK'ensteH
(l^'Fr«.née,i dépuis fiurfleor (uSqu'â OqnbeNjue, levées
eOif&iS; i%ii^y\\^ih et i.8d6>/ [Kir (es ingéhieuiis - hj-
drogi'arphi^s de Idiiqarînèv s^us liesierdreéide M. BoBiu
•AM|nfiSifieaupréviàgé'Biei]r4iy drogrôphe en chef (• f)u^)fé
«paviQrdrfe du noi :au DépAt générai^ia m^ibé ; if t(M.
épi^K — Cartes.: hydrographiques publiées au dépAI
puerai de lànîaritie, de décembre i^^\ % }uin r84s.
— N*' 94^' Carie des Iles Maldives, levée' ef^t1^36 parr
MH..A. Moresby et F.^T. Poweli: -^ 94S. Carie des lies
>Cb«lgos, jkiiép en i857ipapHM. Mnr^sby et PbweU. ^
944* -Ckirte ^ côtes dePratice » pai^ti^ ôniti^pri^e enti*e
la pointe de BarfieiM* et le cap d^ 1» Hève:'-^ ^^S^Carle
dea oètesdeFiiatrcetf partie compfise -entité IKtes et
Saint^VaUvy en^Geus* '^ç^^et 947- CttrCé rfes^tiôtlîs
4le Fmncfe, partie eoMprîte - entre Fécdthp <ft la
^loiBte'de Saint^nentîh, et>eQire'4a< pointe ^de ^iM-
-QueotinÈ et Calnisi "^ 9^81 Carte dlesoMèsdëPràhbe.
Rallie bomprîse ènlne <le cap Grii^Kezèt }a.'frbrt(t<èfi^
-lie Belgique, —949. ^G«l*te |iaHtcul«èfei4ets cèles '^
iffraàce, cours de U Beine "dcfjltiisle^'^trciil )<i.^qii%
HoaHepr. -^ 96b. ^Cârtë paiilèutière A^i' odtes de
^Framoet, partie cbmpris^ '^nlrei^le de B^s^ ël *9ètt-
anrFrfy.— ^n95iv Plaà de^ |ialeeii>>éà de^^lâ^'i^d^'it^
( /l«» J
Horlaiz. — gSa. Plan de la rade de Toulon el de
ses divers mouillages. — 953. Plan de la rade , des
ports et passes de Port-Cros (lies d'Hyères). — 954*
Plan de la baie de Reikiavik (Islande) • levé en i84o
par les oflBciers et ingénieurs de la Recherche. — 95a.
Carie d^s mers Australes, partie comprise entre les
méridiens du cap de Bonne - Espérance et du port
du Roi Georges » dressée par M. Daussy. — 966. Ciarte
particulière des côtes de France , partie comprise
entre Beg^an-Fry et l'Ile Tome. — 957. Carte des
c6tesorieniales.de Chine, dressée d'après les maté-
riaux les plus récents. — g58. Carie de la côte N.-0«
de Madagascar , dressée par M. Bèrard , capitaine de
vaisseau. — Instructions nautiques sur les lies Maldi-
ves et Tarchipel des Cliagos , par le capitaine R. Mo-
resby , traduites par M. Daussy, 1 vol. in-8. — Notice
sur le golfe de Honduras et la république du Ccnti'e-
Amérique , par M. Maussion de Candé, capitaine de
corvette, in-8. — Note sur les Esquerquis( Méditerra-
née), par M. Darondeau , in-S. — Voyage en Islande
et au Groenland, 3o« , 3i^, Sa^ et 33^ livraisons de
l'Atlas historique. — Voyage autour du monde sur la
corvette /a Bonite. Zoologie» par MM. Evdoux et Sou-
leyet; texte ^ tome W, 1'* partie. Planches, 9« livrai-
son. Botanique, par M. Ch. Gaudichaud. Planches,
3e livraison. — Voyage autour du monde sur la frégate
ia réfius* Relation par M. le capitaine Du Petit-Thouars.
Tome m. — Voyage au pôle sud et dans TOcéanie sur
les conettes V Astrolabe et la Zélée , eiécuté par ordre
du roi pendant les années 1837 , i838, 1839 et 1840 ,
sous le commandement de M. J. Dumont d'Urviile ,
capitaine de vaisseau, publié par ordonnance de S. M.
Histoire du voyage par M. Dumont d'Urville; tejcte ^
(4« )
fome !••', i**" et a. parties. Planches, i"*» à §• livrai-
son. Histoire naturetle. Zoologie par MM. Horabron
et Jacquinof. Planches , i*"» et t^ livraisons.
Par M, le ministre des affaires étrangères : \ayBi^e»
pittoresques et romantiqoes dans l'ancienne France ,
parNM. Cli. NocKer, Tayloret deCaiUeax. Languedoc^
1 38^ à 1 4G^ et dernière livraison. Picardie , 67* h j%*
livraisons.
Par M. le colonel Denaix : Géographie prot«»type de
la France , contenant les éléments d'analyse naturelle
applicables à tous les États, 1 vol. in-8. —Atlas pliy.
sique , politique et historique de la France , 3^ lU.
/^ar TIf. £e/*/A^o^ .* Histoire naturelle des lies Cana-
ries. Tome 1", contenant rethnographie et les annales
de la conquête.
Par M, A. de Uetnidoff : Voyage dans la Russie
méridionale et la Crimée , oli8ei*vation8 scientifiques.'
Tome H , feuilles 99 é 107. Plancfwes, i6« li?. — Ob-
servations météorologiques laites à Ni)ne Taguîlsk el à
Vicimo-Outkinsk (monts Ourals) . année 1 84 1 » 1 v. in-H.
Par M, Francis de Caste^nan : Vues et Souvenirs de
l'Amérique du Nord, 1'* et s* liv.
Par M. Ramnn de la Sagra : Caria geografica de la
isia de Cuba para servir de ilustralion à la hiatoria
fisiea, politîca y naUiral de la mesma isIa, i l'eoille.
Par M. de Brière: Méinoire sur rinflttence récipro*
que du symbolisme religieux et des arts d'imitation ,
brochure in*8.
Par U. le baron AL G, de Siune : Description de
rAfiiqne ^lar Ibn-Haucal , U*aduit de l'arabe» 1 voL
in-8.
Par la Société royale géographique tie Londres : Jour-
nal de cette Société. Tome XI » a* partie.
( 4a5 )
SouscBiPTiolf ou%ferte ekuis le sein de la Sociêiê de géo"
graphie , pour le Monument à élesfer a la mémoire du
contre- amiral Du mont d'Urville.
Ijate des SouM^ripteurs du 17 juin jusqu'au 5 juillet.
, fr. c.
UM. le chev. de Lbrcis a, membre de la Soc. 5
César Morbau , id, 5
Jules Flbutblot, id. &
Auguste B ABDEL ^ id. 1 6
J.-G. Tassin, id. lo
Alex, Aguillon» ancien député du
Var, membre de la Société. 20
DUTEHB. id. 5
Abel de Mi>L4BTic. id. 10
CoBTAIfBBBrî. id. 5
Baron de Dbbfbldbh de Hindebstbix. id, So
Auguste G ADY. 10
Total. . . i4ofr^
Montant de la première liste. • . . 1,719(^.50
Total GànliBAL. . . . i^Sôy^r-âo'
» ^.^ % i» ^ %» ^ %**%■%•»% m* • ^^ %.'•■••■% ^ *'*^ ^"^ ^ «^^ ■* •^■^ '
TABLE DES MATIÈRES
C0llT■^ula
DANS LE XVII' VOLUME DE LA 2» SÉRIE.
N<»97à 102.
(Janvier à Juin 1849. )
PREMIÈRE SECTION.
llàMOlRBS, EXTRAITS, ANâLTSBS BT RAPPORTS.
Notice sur la répabliqae de Centre-Améi iqae , par M. Macssios
Di CAHoi, capitaine de corvette 5
Leif droits dtt Japon et de la Malaisie à la connaiaaanre de la
reli^Km chrétienne, tirés de notes écrites peodant dei voya-
ges foiti en 1837 , en partant de Canton sur U savûre ie Mo-
riisonet le brick CHimmaleh, Analyse par M. P. Daosst. a3
Kttrait d'une lettre à M, Daussy, contenant les premiers résul-
tats des observations astronomiqaes faites en Abyssinîe^ par
M. Aotoine d'Abbadib 4^
Kensei5iiements recueillis par M. Delaportb, consul de France
à Mâgâdor, sur la mort du voyageur anglais DaMton. . . 5o
Reconnaissance de la côte occidentale d'Afrique depuis Sierra-
Leone jusqu'au cap Lopex, par le capitaine Fidal^ par
M. P. Daosst 56
Sur le phénomène diluvien ou erratique du nord de TEu--
rope. (P. D.) Go
Positions dans le Kurdistan, dëterminces astrODomiqneinect
par ^. O. G/ascolt.( P. D.) 64
Expédition du Niger. (P. D.) 65
Détroit de Dampier et île nouvelle dans les Caiolines.
(P D.) 70
?)<He «ur lllr Hunier. ( P. D. ) ;i
rA(rii|jae ûvifpl^a, fK^r |M.. u'AyssAp.
de lieui 9i
» • • • •
BADiB. ....... . . .. ...,,. , . • . . i 89
If p^rfU, l^ù 4e cpiif ipiçûo» (fraplii^ue.d»^ ren^d^ni^r ',...;.
menti qui précèdent . , , , , * ,100
^cnseignemenu sur rAbyMii»e« -^ Eiii'^îu 4# dem le|ii^ de
M. T«-C. '. LftrKpvRB, iieoieaaol de vaiiiâeafi •., fl4
. Çjitniits de deux leUn-s de M. Antoine p'AstAOïib à M. €A^
vexac.
I, ^f^q«çignçpRÇ9lf[ 'fliir dixei-K i|li<7i^»4eJ!l&tbi<»fiie. .. . . lïo
Traduciion littérale, faite %ur J« versidA i^'abe» ^ !•'
leftrfrilniorBia 4'ALba Bit^'ibo ifoi 4'*En<ineA>4iiide4j- - '
asm^icb Q^i;ha^ » ^14196 r,^an|^#Mr 094jflte)»>na<- i.
II. Rennei^ements géographiques sur la côte iQeKidÎMwUe
• j. ^e l'Arabf^r »; •• » ► ..,,', ,. . « .... . ^%6
^ Noms di*s lieux sur les 1 ivugf s ^* l'iirabie mériflion .
o^^;ilepui:i Mafk.'^t^jttsqiia ^fakhil, iodiqura par / i
Khaiiiys ben Tsabet de <^onr. • *., «..«..: 129
Ue'pr^oii d^ U.4i»fMr.J)Aor4{i«-Mr.g|UyrAit)d'iinft lettre da M. In
Londres. .,...*.... . ,» •. 139
'fe^tf fttf'Ulipifl^lie^ ^ ... 1. ^ . * 145
DeGuitlaum^ ^Àl^l^'fî F<^H^éf^ (|9(R"n4)0f6Di^4pb«Jb pr«>t>ori d*(|ii .
manii|)p^U de jt .^VQr^l^lïit) /dl Pmi^m».«.ipHr M. HaynKM^d
y 1 HOMA89T. • «■. »■• • * « «•'•■•4 •' 144
Iiote^f^^fpf.J|f.. CJjfpufiffi^ , dff ^mk-i «B^iibce «W JA^caciëtr
,^ . de (géographie ^ et .^i^i<m cpf^sv^ ^4>^ri>| de Ec^^cn à Lima,
par M^ ^cx 1)^, EoGiMP.Li|. . . . . . . . « * 161
Qes progrès de la civilfsal^i) jçl-.iJe lMi(lu«iri« «H'AMriche,
parM^,Ço!«8^A!0i'r.D^si>4Oi7f^ ,; ► .in. 1^4
Note f^^ \^,p^\opÀ^^^^f'^fii/i.(^ii6K^i C^,.*p. \.de la NoMUffilkv.
^^\\fV^t)t rt4-JuHT:* ..Ml*. 1^. •. • ' « • . • «.-•♦' iHi
ï*«"^«W'W^»^W**Wf»*MWW'#H«-. r|«J»in^»4e/Faiia«ia |îi.s«r. ,
. , les moyens de transport qui y sont offerts jgx vo>m|;«»M)i44 «p^r ^
M. Lbvoiiib, consul -(rt^ntTiil dp Fi^tnre en Bolivie i8.>
(4«6)
Com|fte-r«ndb du Tablêttv de U'«t«ri«iéii dw éUMiiaeincoU
Cmiçaif dan* VA\géne en 1^4^, par M.'Amx< OBllociinjLs. . i8ti
Note de M. BB La ftoQoem sur les-m^nx-de la Soelété d<^
aiiciqiiaires do Nord soi
EieuniK>ii ev Vésuve, Soaveaift de 'voj^es, pto"!!. le baroor
* D*Hoi»BEi-FlUlâS
Analyse de roavmge de M. WâmtoBS sar la clir«md'ogie Iiistt>ri-'
qœ des ÉtaU-Unis. ( R.-R. ) si«
Note sur l'Atlas maritinie prtissieiL ( P. D. ) 117
Des rivières navigables et flottaUes de Fempire de' Russie ,*
pa^M. CoCKCET 1Î5
Notice sur M* Lefèure , ing^ëoiear, correspondant da MusHin
- > d'histoire uaturefle, moita Mohammed- AH-Mis, le 19 oeto-^
bre 1839, par M. OociECBf . . . aSS
Voyage fed Settaaar et au Cordofàa. ^-^ Lettre de -Sfl'têfèmre
àH. CwMieCf'Consol-^én^ral de-Rranceen Égyfrte. :' . . 361
• Note smr la hauteur de Pari» au-dessus éb X'Otêtn^ par
M. JmiARD 370
Note sur les travana de la Société des Antiquaires ' du Nord ,
par M. ns La RoQurns. 373
Extrait d'une leitiH: Je M. ÀRTis-Rst à Èf. fontard^ directeur de
la mission égyptienne en France. '^'jS
Lettre de M. d'AtB.%c à M. Cmhtht vat le nooi^au voyage du
capifatne Allen au Niger , lu dépression de la mer- Morte, '
. sur l'expédition anglaise en A byssinie, etc '277
.Traduction d'une inscription cou£k]ue gravée'sur tito maH>re
rappdrtédeDenia KUpagkie), parrM. OitfrrtEttVAac.' . . 3êi
Obsdqnee de M. le contre-amiral Dumont tTUrviUe^ présidektt '
de la Commission centrale de la Société. . • 289
Dfseéurs prononcé par M. DDMOctlK', ingéaleof-bydro-
grapke defekpédiiftoftt au pMe Éttd.' *. 291
Discours prononcé par M. 8. Bcrthuot , secrétaire» '.
général de la Commission centrslif.'. . • ' * 193
. Notice sur les travaux hydrographiques ekécutéVt dalis ' IV ':
royi^ume de N;iples, par M. le colonel VtM:»Rrh, cori^espoh-'' '
« daiit étranger de la Sortété, diri>cletir du 'Bureau royal tri-
pogtaphtque. (Bxthiit d'une comfttuèièati<Wi mfe'â'M. ^ Ea" ' '
. t il. Il « , »/ » ' I ï/
( 4a7 )
Notice >ur .\e» ««ries byiàroi^Apbi^M*** d*i$ côl««.ile Norvè{'^« • ^
par ^. de Là Roquette, ancien consul de France en Nof vè^e- 34^8
Note de M. de La Roqdbttk («ur la Société des :inli(|i}aire« du
Nord 3'i9
Compte-rendu de la géographie prototype de la Fiance, par
AC le colonel Denatx (A... ) 33i
Expédition par terre de la baie Denon an port du Roi Georges
( Nouvelle-Hollande j, par M. fy IV. (P. D.) 337
Notice tMMi k baron LQuiiCfiim^^ meqpl»re4erAdadcinia4es
Kcien««i Qt de.b Q«iiiiwMi«n «enlMle de U ^ocii^é de fj/ê^'
graphie) |Kie M. JjpsHAi». « ^..>. i 386
Essai sfMT l^n S^miiioL^ de i« Floride par. M. Francis déGAlm -
Ufttrede M. le colonelriE(ta4ls>à M< VilUmmm^ aaini«ir«iid«i.M i
rinstmction pnbliipie , président de bi Société 4*^4
DEUXIÈME SECTION.
iCTES DE LA SOCliT^.
y^ssetnblée générale du 17 juin i%^a.
Discours prononcé par M. Villimair , ministre de l'Instruction
publiqne, président de la Société 353
Rapport sar 1<* concours au prix annuel pour la découverte la
plus importante en géographie, fait an nom d'une Com-
mîisiun spéciale, par M. de La Roqubttk, rapporteur. . 36 o
Rapport fait an nom d*une Commission spéciale sur le prix
fondé par S. A. R. M*' le duc n'OaLéAES , par M. Roux de
RocBBLLB, rapporteur 377
Programme des prix proposés par la Société en 1843. . . . 4^9
Procès-verbaux des séances de la Commission centrale, de
janvier à juin . . . 73, i56, aai, 3q8, 28a, 34i et 4i<
Procès-verbal de la séance générale du 17 juin i84>* • • 4^4
Membres admis dans la Société. . 77, iSq, 387, 349 ^^ 4'^
Ouvrages offerts^ la Société. . . 77, 160, 187, 349 et ibid.
V 4i8 )
Listes deh SoiiS4*ri|near« »u m^omiieiit de M. le ronire^^ninl
Darnoof ffCrviUe 35i cf 4^3
flaucves xnwm «r 17* Toiuiti.
Esquisse da papde Sçottttlài à ï^txrémké ohentale de TAIPi*
qoe , d'apràs le» renscigaeniêMs rectiili» par M. AnCoî^e
i>*Am4die, a Berberah, eo i84o et 18419 pM" Bl. wfAtaMAC . Si
Fac-simlle de Torigiiiial ea bngiw et earaetèrei ilMoHna, Ift
de la ▼ersion eo arabe Talgaire de la Haate-Edùopie^ d'utfe
lettre d» p»i d'Enarae •« prinêe de Oôdjam. . . '. . « i!l4
na l»B LA TABLB DU 1 7* fOUJME.
BULLETIN
DE LA
* f
SOCIETE DE GEOGRAPHIE.
Deuxième Série.
TomE anriii.
BUREAU DE LA SOCIÉTÉ.
(SLBGTIONS DU 17 JUIN 1842.)
Président,
Fiee»PrésidêHit.
Serutateurt,
Sêeréiaire.
M. Cnsur Geidaisb, minUtre de rA^culture et du
0)mineree.
Roux DE RoauiABy ancien ministre de Fr. aux Ét.-Uois.
baron Rooia, membre de la Chambre des Députés.
Drout* de Lhuts, direct.an ministère des Aff.Étrangères -
CooiBUXt ancien consol-gcnéral en lîsypte-
V. ÀHaàAV, professeur de rUniTeraté.
C M.Rc
(m. le
(m.
Liste des Présidents honoraires de la Société depuis son
BfSf*
Le marquis de Latlacs.
Le marquis de Pacto&it.
Le vicomte de CBAimAUBaiàvo.
Le comte Chabbol db Toltic.
Beoqvbt.
Le baron Auu. db Humboldt.
Le comte Cbabbol db Cbodsou
Le baron Cutibb.
Le baron Htdb db NBunLLB.
Le doc de Doudbautillb.
J.-B. ETBiàs.
angine,
MM.
LeoomledeRiAVY.
DuMOVT d*Ubvillb.
Le duc Dbcabbs.
iiexomte de MovTALnrsT.
Le baron de Babastb.
Le lieutenant-général Pblbt.
GoaoT,
Db Saltandt.
Le baron Tupihibb.
Le comte de Las Casbs.
TiLLBMAIV.
Correspondants étrangers dans Vordre de leur nomination.
mSAm
Le docteur J. Mbasb, à Philadelphie.
H. S. TAniBB, i Philadelphie.
W. WooDBBiDOB, à Boston.
Le major Edwabd Sabivb, à Umerick.
Le colonel PoiirsBTT, aux Etats-Unis.
Le col. d*Abbabaiuov, i Copenhague.
Le professeur Scbumacub, à Altona.
De Nayarbetb, à Madrid.
Le docteur Rbivgahom, à Berlin.
Le capît. sir J. Fbahxliv, à Londres.
Le docteur RiciAmosov, à Londres.
Le professeur Raph, à Copenhague.
1<e capitaine Gbaab, à Copenhague.
A.11ISWOBTB, à Edimbourg.
fiC conseiller Adbibh Balbi, àVienne.
MM.
LecomteOBMiBaoDBHBMSô,à Florence.
Le colonel Lovo, aux Etats-Unis.
Sir John Babbow, à Londres.
Le capitaine Maoovocbib , a Sidney.
I^ capitaine sir Johv Ross.
Le conseiller de Macboo, à Lisbonne.
Le professeur Rabl Rittbb, à Berlin.
P.-S. DU PovGBAu, i Philadelphie.
Le capitaine G. Bacb.
F. DuBOisDB MosTPSBBuXfà Neufcbétcl.
Le cap. John Washvotov, à Londres.
Le col. Ferdinand Tiscoirri, à Naples.
P. DB AvosLis , i Boenos-Ayres.
Le docteur Rbibob. à Francfort.
Adolphe Ebhav, à Berlin.
PARIS. ^ IMPIllMfcaiB DB BOUIGOGIIB BT MlBTINBT,
ru» laeob, M.
BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE,
Benxième Série.
t4me 9ix~\)uitiéme.
PARIS,
CHEZ ARTHUS-BERTRAND, *
LiamAIRB DB L« SOClità DE GSOGRAPHIE,
■na ■iDTirioiLLi, ■" al.
COMMISSION CENTRALE.
COMPOSITION DU BUREAU.
(Éleclion da 17 décembre 1841.}
Président, M. le contre-amiral DuMOirr d*Uiitii.i.b.
Piee'Présidenti, MM. Jomard, dk Lâboquctts.
Seeréttùre^ffénêraL M. BiRTBsidDT.
Section de Correspondance.
MM. Bajot. UM. Ufond.
Barbie do Bocage. C. Moreau.
Callier. Nod-Desvergen.
Gocbelet. D*Orbigny.
Dubuc. Tester.
Edwardi. Warden.
Jaubcrt.
Section de Publication.
MM. Albert-MoniénMHit. MM. De Lareoaadière.
ÀDiart. De Montrai.
D*Avene. Le Ticoate de Santaron.
Boblaye. Ternau-Gompani.
Denaix. Vivien.
Giiigniaut. Le baran Wakkenaer.
Baron de Ladouoette.
Section de Comptabilité.
MM. I^ colonel Gorabœof. MM. Xamhvt.
Dauay. Le baron Boger.
Eyrièt. Bonx da Bodialle.
Comité chargé de la publication du Bulletin.
MM. Albert-Montémont. MM. Cockelet.
Amart. Danmy.
D'Avaac. Joniard.
Barbie du Bocage. De la Boquette.
Berthelot Bonn da Bochelle.
XSalUer. Tezier.
v>:.
M. GbapeUicr« notaire bonoraira, trésorier de la Société, me de Saine.
M. Noirot, agent-général et bibliotbéeaire de la Société, ma de l*UniTar-
•Hé , •« a).
BULLETIN
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE.
JVILLBT l849.
PHEMIÈRE SECTION»
MÉMOIRES, EKTBAITS, ANALYSES ET RAPPORTS.
PasiiiBa V0YA6B à la recherche d$$ sources du Nil-Blanc,
ordonné par Hohammbd-Aly , vioe^roi d* Egypte.
Article commaniqué par M. Johaad»
L'expédition envoyée par le vice-roi d*Égypte sur le
Bahr-el-Abiad ou le Nil-Blanc a été citée dans le Recueil
périodique de lu Société (Cahier de juillet i84o).
Depuis long -temps j'attendais la relation officielle
pour la faire connaître aux lecteurs du Bulletin : je
crois faire une chose qui leur sera agréable en pu-
bliant la traduction française de celte relation qui
vient de m'èlre adressée par le premier secrétaire in^
terprète du vice-roi ^ Arlin-Bey. Une expéditioii de
4oo hommes sous la conduite d'un officier égyptien, et
tentée pour l'unique but des découvertes» est la pre-
mière de celte espèce ; le journal d'observations qui est
à la suite de la relation est dans la forpie des journaux
(6)
tenus par les Européens ; enfin ce voyage esl un des
premiers fruits de la noufêlle civilisation introduite en
Egypte depuis un quart de siècle ; il mérite donc, sous le
rapport du pays commesoosceloi des personnes qui lonl
exploré, de fixer l'attention» quelque incomplets et im*
parfaits d'ailleurs qu'ra soient les résultats (i). Il rap*
pelle l'expédition envoyée en i8t4par le pacha de Tri-
poli au pays de Bornou, et à laquelle se joignirent le^
célèbres voyageurs Denham.Oadney etCIapperton, à la
différence que son chef Bou-Khaloum n'avait qu'un
but politique, et qu'il voyageait tout autrement que
le capitaine égyptien. Au reste, le problème des sour-
ces du Nil n'a jamais cessé » et peut-être qe cessera
pas de sitôt , d'être l'objet de la curiosité universelle
chez tous les peuples.
Le voyage du capitaine Selim , à partir de Khar-
toum t a duré i35 jours ; il donne des renseignement^^
sur le cours du Babr-eUAbiad , sur ses aCQuents » sur
les peuplades qui en habitent les bords , et sur les
productions naturelles qui s'y trouvent ; il a servi et
doit servir de point de départ pour les découvertes
pltérieures : nous le saluons comme Taurore des nou-
velles explorations que le génie entreprenant de Mo*
hammed-Aly promet à la géographie et aux relations
commerciales. i — D.
[i) Oa essaiera de ioiiidre une esquisse de carte à ce document ,
oè l'on troave, en outre de ridnéraire, huit obserraiioni de latitude
faites à l'aide d'un ocunt et d'un seitanc, mais auiquelles on ne peut
accorder une grande confiance.Quant aux traits un peu naïfs un Mcit
et ans imperftctioof du style de la relation (qui laisse à détâror toii|
plus d'un rapport) , on a cn^ devoir les laisser subsister; elles récla-
ment rindulgence du lecteur, ainsi que les obscurités et les foutes pro-
venant de réciitore do naduscrit. Pour Torthographe des noms d«;
lieux , nous avons conféré le Journal avec les Tahleaux de Titiné-
raire. On annonce ^ue leaBcond voyage a prodait des résultais plus
précis quant aux positions géographiques.
(7)
JOURNAL
du voyage fait par Sbiih Bim achi, capitaine dejrégate^
chargé de l'expédition envoyée par S. A. le vite-roi
d'Egypte^ pour découvrir la source du fleuve Blanc.
INTRODUCTION.
Il esl de d^vow el de nàcemté d^adreater des re*
merciements » des actions de grftee et des prièfes sans
nombre au Créateur des humains» à celui dont l'exis*
tence est nécessaire et réelle . à celui enfin dont la
main puissante et le pouvoir sans bornes ont décoré les
pays du soudan avec cette végétation vigoureuse et les
a peuplés de cette grande variété d'hommes qui font
aujourd'hui l'admiration el l'étonnement de nous tous
humbles créatures.
Qu'Allah soit satisfait i jamais du chef-d'œuvre de la
création, de la crème des créatures, de l'extrait de
tout ce qui existe , c'est-k-dire du père de Qftsem , du
bienheureux Mohammed ainsi que de son illustre et
généreuse postérité !
Cette fois , avec l'aide de la faveur étemelle et di-
vine, la volonté du conseiller de la gloire, du frère ju*-
meau de la puissance, de noire bienfaiteur, de notre
auguste maître enfin, s'étant fixée à ce que le cours du
Bahar Abiad ou fleuve Blanc, qui serpente dans les
pays orientaux du Soudan , fût exploré , ainsi que les
mœurs, la religion et les autres circonstances et parti-
colarités qui concernent les peuplades diflérentes qui
habitent les parties orientales et occidentales de ce
pays , et à ce que k peu de notions et de cartes que
des relations anciennes ont pu faire obtenir , fussent
(»)
complétéesy nous fûmes» grâce soit rendue à Dieu, dé-
signés pour remplir une mission si glorieuse.
Persuadés que désormais la relation d'un pareil
voyage ne manquera pasde dater dans Thistoire^etd'èlre
ainsi un motif de gloire et d'honneur pour les personnes
préposées à son exécutioniet désireux que nous sommes
de remplir les désirs et d'acquérir l'approbation de S. A.
notre auguste mailre, nous résolûmes de dépenser
tous nos efforts et toute notre aptitude à sa réussite.
Le g de Ramadan» année isSS de l'hégire, en
rertu d'un ordre supérieur, ^oo hommes commandés
par un sagh-qol-aghassé, et tirés des i*' et 8* régi-
ments d'infanterie cantonnés au Sennaar, nous furent
confiés. On nous accorda également cinq dahabyéh ye*
nues d'Egypte et armées chacune de deux pièces de ca-
non; trois au très nous furent données dnSennaar, ainsi
que deux qyasèh et quinze canots munis de huit mois
de provisions, et suffisamment de munitions de guerre.
Après avoir ordonné et régularisé le service, moi et
Suleiman Kachef,nous descendîmes dans une dahabiéh,
le Français Ibrahim-Effendi (i) dans une autre, et ainsi
de suite, le poste de chacun ayant été désigné.
Diaprés un ordre de S. A., du 97 de Redjeb iiSS, et
que je reçus le 5 de Gha'bAn 1 s55, il m'a été enjoint de
prendre avec moi, dans le cas où il en témoignerait le
désiFt le nommé Abd-el-Kérim-Effendî» agent du gou-
vernement anglais (s) ; mais il me prévint deux jours
avant notre départ qu'il était dans l'intention de faire
le voyage par terre, habillé en Taqrair (S), ce qui fui
consigné dans le journal. Le samedi 9 de RamadAn
H g^, nous partîmes de Khartoum.
Le rivage de cette partie est garni de quelques aiv
bres et habité par les deux qabylèh ou tribus Omdour*^
(1) M.Thibnut JV. du H. (a) Un indigèiip. NMR. (3)Petit-étre Faqyr.
(9)
màn et Fetqâbp dont les habitants s'occupent d'agri-
culture.
Nous rencontrâmes sur la route deux Ilots.
Le soir nous nous arrêtâmes â ih à l'orient dans un
endroit nommé Reikéléh.
Dimanche^ lo Ramadan i»55 (17 novembre iSSg).
— Le matin, on a passé Sh i/s à communiquer les or-
dres nécessaires aux officiers, à leur apprendre les si-
gnaux dont on aurait besoin pour s'entendre d'une
barque à l'autre , après quoi on s'est mis en route. A
6^, on a rencontré du côté de l'orient la tribu de Fit-
khab(i) pet du côté deToccident celle de Djoumahyéb; â
8b, on vit à l'orient la tribu de Djabélyèb, et du côté de
l'occident celle de Mak-Mohammed-Djoumabyéh, puis
.celle de Mohammed-Ouadréhal-Djoumahyéh; plus loin
du même côté» â environ 5 milles de distance* on vit la
.montagne de Mandbarab; à 9b, du côté de l'orient, sur
le bord du fleuve, la montagne Adbly ; à lo^, sur lie
bord occidental du fleuve, on vit la montagne Bariméh,
derrière celle-ci on voyait deux autres petites mour
lagnes nommées Barmil etBadiléh. Les deux rives sont
habitées par la tribu Moussa-Makbouléh (s) ; ces lieu^
sont remplis de broussailles. Les observations relatives
à la profondeur et à la largeur du fleuve sont indiquées
au tableau de cette journée. Nous rencontrâmes dans
.cette journée sept lies; nous avons passé la nuit à
Cheikh Moussa-Makbouléh.
Lundis 11 Ramadan isâS. — Pendant que nous
étions à Khartoum, ayant été pressés, nous avons fait
jcalfater nos dahabyéhs et nos barques à la hâte, et
quoique en ce moment elles ne fissent pas d'eau; dans
(i) Siins^doute la même tribu que celle de Fetqâb mentionnée |>lti>
^aut.
(3j 1^9 Ta(f(eaux donnent MaqboulFh.
( lo)
la journée d'hier pendaDt que nous étions en route, les
dahabyéhs et les barques ayant fait un peu d'eau, il a
fallu s'arrêter pour les calfater; d'un autre côté la fa-
rine des troupes» dont l'origine était très ancienne et
ayant un goût amer, ne pouvait être donnée pour ali-
ment : alors nous avons remis au cheik de Moussa-
Hakbouleh jS ardebs de dourrah et 5o ocques de fa-
rine et nous en avons pris un reçu. Après avoir fait
connaître cette circonstance à Abdoullah-Effendi, sous-
gouverneur de Khartoum, nous parttmesalors à 8h, sur
les deux rives du fleuve nous vîmes la tribu deMoussa-
Makboulebet quelques arbres de santhe {souni?)\; etde
distance h autre quelque peu de broussailles ; sur la
rive orientale» dans quelques endroits» les rives sont es-
carpées. Les lies que nous avons rencontrées sont in-
diquées dans le tableau de cette journée. Vers le soir
Suléiman-Kachef ayant envoyé 4 bœufs » on les a dis-
tribués aux troupes» et nous avons passé la nuit à Ro-
lèh-Mab.
Mardi, is Ramadan isS5. — Le matin à il> ( Ala tur-
que), nous nous mimes en marche; à 4h un des soldats
se dirigeant vers le gouvernail pour satisfaire un besoin,
tomba dans l'eau et se noya. Sur la rive occidentale on
voit quelques arbres de santhe» et les lies qui sont in-
diquées dans le tableau de cette journée sont entière-
ment couvertes d'arbres de santhe, à Tezception de
l'Ile de Salyah qui pendant les basses eaux du Nil est
cultivée. A 7^^ nous arriv&mes au petit chantier de bar-
ques» qui se trouve sur la rive orientale du fleuve;
pendant que nous étions à Rhartoum» nous avions pris
une centaine de fers de lances sans manches; noosflmes
faire les manches dans cet arsenal » et pour cette rai.
son nous nous sommes arrêtés dans ce lieu; dans la
direction S.>0. se trouvait la tribu de Uassnyèb.
( »• )
Mercredi^ i3 Ramadnn 19 55. — Le matin à 5h nous
nous mimes en roule ; à 8h nous vîmes la montagne
d'Arachqoul qui se trouve à une distance d'environ
9 milles de la rive occidentale du fleuve» les six lies qui
sont indiquées dans le lableau de cette journée ainsi
que les deux rives du fleuve, sont couvertes d'arbres de
sanlbe. La rive occidentale est escarpée en quelques
endroits et cultivée en d'autres. Les deux rives sont ha-»
bitées par la tribu de Hassnyèh ; dans cette journée
Suléiman-Kachef nous a]fant envoyé 4 bœufs, les sol-
dats en firent leur dîner. Nous avons passé la nuit au
lieu nommé Chabbachah (1) qui se trouve sur la rive
orientale du fleuve.
Jeudi, 14 Ramadan 1 s55. — Le matin à 3b je fis par-
tir l'expédition. J'ni vu les lies indiquées dans le ta-
bleau, les deux rives du fleuve sont couvertes de mimo-
sas. A 4^ j® u)^ trouvai aux dix sakyéhs construites par
le général Mustapba-Bey, à côté desquels se trouvait sa
cabane. Quand je me suisrenda aux deux sakyéhs et à la
cabane du nommé Uendjazy, j'ai rencontré unSchlouk
monté sur une barque conduite par dix marins ,
ledit Hendjazy vint à notre rencontre avec un Schlouk,
Je lui demandai alors où était le cheikh des Schlouks.
dans sa réponse il m'apprit qu'il se trouvait à l'Ile Lak*
daooihyèh près la cabane du cheikh Akhmet; je lui dis :
«Nous ne sommes pas venus ici pour faire de mal à per-
sonne ; nous voulons seulement trouver la source du
Nil^Blanc ; que l'on n'ait aucune crainte de nous ; nous
continuerons notre route vers le but désiré ; S. A. notre
mattre nous a ordonné de faire du bots et donner des
cadeaux à toutes les tribus qui viendraient nous voir. >
.J*ai envoyé deux individus avep deux Schlouks vers le
(i) Cliebpchc daii$ les Tableatix.
( «a)
cheikh des Schlouks, et j'ai retenu la barque du Schlouk
avec huit marins comme otage. Dans ce jour les sol-
dats ont lavé leur linge et nettoyé leurs armes, et se
sont occupés de leur propreté personnelle.
Du côté de Toccident se trouvait la tribu de Has*
snyèb.
Nous jetâmes Tancre au milieu du fleuve» où noua
passâmes la nuit.
Ferulredi, i5 Ramadan, — Le matin de bonne
heure nous nous sommes mis en route.
A 7h, nous étions à la cabane du cheikh Elias. Jusque
là les rives du fleuve ainsi que les Iles qui sont indî-
quées dans le tableau sont couvertes de mimosas ; mais
rile Honbalah est beaucoup plus longue que les autres.
A son exirémilése trouvent quelques palmiers. I«à sont
revenus les deux individus envoyés au cheikh des
Schlouks, ils nous ont annoncé que le cheikh Hydriss
ainsi que lous ses Schlouks s'étaient mis en fuite» et
comme nous devions prendre le cheikh Elias pour guide
ainsi que Suleiman - Rachef l'avait précédemment
annoncé au Pacha» gouverneur du Soudan. Mais ledit
cheikh ne s'étant pas trouvé dans sa cabane » nous
envoyâmes un exprès pour le chercher à Dharyéh où il
!> 'était transporté. Dans celte journée , un des marins
élant venu à décéder» nous passâmes la nuit â l'ancre
au milieu du fleuve.
Le samedi^ 16 Ramadan. — Nous passâmes ce jour
dans la cabane ,
le lendemain , dimanche» à Sb» est arrivé le cheikh
Elias Akhmet» et nous lui annonçâmes qu'il devait par-
tir avec nous. Dans sa réponse » il nous a dit qu'il ne
connaissait pas la langue des Schlouks» maisqu'nnde
SCS parents qui se trouve dans le Dharyèh , nommé
llidhoun, connaissant la langue des Schlouks» serait
( «3)
plus convenable pour accompagner l'expédilion. Ayant
approuvé son avis > nous envoyâmes quelqu'un pour
chercher Hidhoun; le lendemain, lundi, notre en-
voyé revint» et nous annonça qu'il ne l'avait pas trouvé ;
alors nous envoyâmes le cheikh avec deux soldats pour
amener Hidhoun ; le mardi » 19» à leur retour avec
ce dernier» il était 9^. La journée étant très avancée ,
nous passâmes la nuit dans ce même lieu.
Le mercredi 90. — Le matin , à 31^ » nous nous
sommes mis en route. Les deux rives du fleuve ainsi
que les iles consignées dans le tableau sont couvertes
de mimosas; File de Habah est plus longue que les
autres. A ces lies commence la patrie des Schlouks;
ils n'ont d'autres occupations que la chasse aux hippo-
potameset aux crocodiles. Cependant^I'été, la tribu des
Bakharahs (1) venant habiter le voisinage du fleuve» les
Schlouks leur font souvent la guerre » et s'emparent de
leurs bestiaux. Le caractère belliqueux des Schlouks
et les avantages qu'ils remportent sur leurs ennemis
tient à ce qu'ils sont bons nageurs, et qu'ils possèdent
une grande quantité de petites barques. Après le cou-
cher du soleil , nous jetâmes l'ancre au milieu du fleuve
en face de Tlle de Chawal.
Jeudi 91. — Le malin , nous partîmes & \^. Jusqu'à
6^» les deux rives du fleuve et les lies qui sont marquées
dans le tableau sont couvertes de mimosas ; la barque
n* 1 1 ayant fait un peu d'eau , nous fûmes obligés de
nous arrêter pendant deux heures pour la réparer.
A 8h » nous étions à la fin de l'ile Habah. Les deux
rives du fleuve et les iles mentionnées dans le tableau
contiennent quelques mimosas et beaucoup de brous-
sailles.
, 1) Boukharas dan» le» Tahlcau.\.
( »4 )
A loli, lors de noire passage à Moukhai-Abou-
zèd y nous sommes dans le fleuve qui avait s brasses
de profondeur. A l'ouesl se trouvait la tribu de Khal-
kéyéb , qui fait partie du gouvernement de Kordofan»
On voyait beaucoup de bœufs.
Sur la rive orientale, était le gouvernement AboodU ;
nous jetâmes Tancre au milieu du fleuve pour j pas*
ser la nuit.
Vendredi ^%. — Le matin, au moment de notre
départ, une de nos dahabyéhs ayant eu une grande
voie d'eau» une grande partie de nos provisions et
munitions était tout-à-fait mouillée. Alors nous sor-
tîmes tous les objets qu'elle contenait , et nous passâ-
mes deux jours à réparer la dahabyéh , et à dessécher
et nettoyer le matériel.
Dimanche 94* — Le matin » nons nous sommes mis
en route. Les îles indiquées dans le tableau, ainsi que
les deux rives du fleuve , contenaient quelquesmimosas,
un peu de tamarin, et des forêts de diflérenls arbres;
de distance en distance se trouvaient aussi des brous-
Stiilles.
A 4^, sur la rive orientale , nous vîmes à une dis-
tance de 6 milles la montagne nommée Naufhour (1), et
dans l'île de Hossrbann (s) se trouvaient quelques hip-
popotames a la suite les uns des autres; sur la rive occi-
dentale s'est montrée la tribu de Bakharah qui faisait
pattre ses bœufs.
A 5fa nous vîmes l'Ile de Dzèlath (3)» qui contenait
une quantité considérable d'hippopotames.
(t) Nefmir (Tabieaux). (1) Mousràn (TMeamx). {^)Màî(Tm-
hieaux).
( i5 )
A 1 oh, Ters lafin de l'Ile de Mossrhann, nous vîmes une
cabane déserte, et la nuit s'approchant, nous jetâmes
l'ancre au milieu du fleuve» et nous y passâmes la nuit.
Lundi 25. — Le malin, à i^, nous quittâmes l'extré-
mité sud de l'tlede Mossrhann, et quoique cette lie se
trouve située sur la partie orientale du fleuve, en face
d'elle nous vîmes , sur la rive occidentale , les tles men-
tionnées dans le tableau.
A 3h» du côté de l'orient, nous aperçûmes la petite
montagne de Djamathy : les îles situées soit vers l'est ,
soit vers l'ouest , et qui sont indiquées dans le tableau,
contiennent quelques mimosas et difliérentes espèces
de broussailles. Sur la rive orientale , à une distance
assez considérable , on aperçut la tribu de Bakharah ;
sur la rive occidentale commencent les habitations
de la tribu de Dinnkhah (i); pour renouveler notre pro-
vision de bois, nous approchâmes de la rive orientale,
après quoi, je fis ranger la petite flottille sur deux files;
je fis jeter Tancre ; le Reiss de la Ddahabyeh n"" 3, Ben-
Hassouhan , meurt pendant la nuit.
Mardi 96. — Sur le matin , nous fîmes enterrer le
Reiss en question; le vent étant tout-à-fait calme ,
nous nous sommes mis en route qu'à 5^. Jusqu'à lo^,
sur les deux rives se trouvaient quelques mimosas, peu
detamarins et des forêts composées de différents arbres.
Après quoi , les rives du fleuve , ainsi que les Iles indi-
quées dans le tableau . sont couvertes de broussailles.
Sur la rive orientale nous aperçûmes de distance à
antre quelques familles de la tribu de Dinnkhah et
quelques éléphants. Pendant la nuit, nous jetâmes
Tancre au milieu du fleuve.
(1) C'citl le nvm oonna soue le notn de DmiIcr ou Denkr.
( •'5)
Mercredi 27. «^ Sur le matin le vent ne se faisant nul-
lement sentir , nous nousmimes en route en nous ser-
vant de la rame.
A 7^, ayant senti le besoin de faire du bois, nous
approchâmes de la rive orientale « et après avoir fait
notre provision de bois , nous nous mimes en route.
Sur les deux rives on voyait quelques mimosas et peu
de tamarins; lestles qui sont indiquées dans le tableau
contiennent aussi quelques animaux ; sur une d'elles
je vis. une cabane appartenant aux Schlouks, ainsi que
deux chiens. Sur la rive orientale habitait la tribu de
Dinnkhah» dont on apercevait quelque individu de
distance en distance.
A 10^, sur la rive occidentale du fleuve, six indivi-
dus de la tribu de Bakharah s'approchèrent de l'eau en
criant: Grâce, pour l'amour de Dieu 1 Alors nous appro-
châmes d'eux et leur demandâmes de qui ils étaient
les serviteurs ; ils répondirent qu'ils appartenaient à
Sélim Bakharah; nous leur dîmes qu'il se faisait
tard , et que s'ils avaient quelque chose à nous dire, ils
n'avaient qu'à revenir le lendemain; ils répondirent
qu'ils viendraient sans faute. A cet endroit les rives
du fleuve sont couvertes de broussailles ; nous y passâ-
mes la nuit
Jeudi aS. — Sur le matin nous nous sommes mis en
route , et après une marche d'une heure , nous vîmes
sur la rive occidentale plus de 3oo individus armés »
appartenant à la tribu de Bakharah, qui nous criaient,
comme la veille : Grâce, pour l'amour de DieuIDansU
but de savoir ce qu'ils nous voulaient, nous leur en-
voyâmes un petit canot , qui ramena dans notre daha-
byéh un de leurs vieux cheikhs , nommé Hydhar. Nous
lui avons dit que nous n'avions pas l'intention de leur
( «7 )
faire du mal, et conformément aux ordres de S. A.* nous
Tavons couvert de vêtements brillants et nous avons
enveloppé sa tète d'un turban magnifique. Nous le fîmes
descendre dans le canot en lui disant que s'il y avait
d'autres cheikhs dans sa suite» il pouvait les amener vers
nous. Alors il s*en alla, et ramena un autre cheikh avec
lui. Après les politesses ordinaires, nous le couvrîmes
également de superbes habillements ; ils paraissaient
contents et heureux . Les enfants et les femmes qui ac-
couraient en foule les voyant ainsi vêtus exprimaient
une joie bruyante. Après quoi * nous demandâmes à ces
cheikhs pourquoi ils quittaient leurs tribus pour venir
habiter isolément les rives du fleuve; dans leur réponse,
ils nous apprirent que leur habitation ordinaire était
dans ce lieu , et qu'ils payaient leurs contributions au
cheikh Abdourrahmân, homme tyranniqpe et injuste ;
il tue les uns, direot-ils, et sépare les autres de leur
famille , ainsi qu'il a fait de nous ; ils nous prièrent de
leur donner une recommandation au gouverneur Yous-
souf-Bey, gouverneur de Kordofan. Alors Suleiman-
Rachef, d'accord avec moi , écrivit une lettre en arabe
que nous leur donnâmes pour porter à Youssouf-Bey.
Pour nous montrer leur reconnaissance, ils nous en-
voyèrent six vaches et six autres bestiaux, moutons et
chevaux que nous avons distribués aux troupes.
A 7^ nous nous sommes mis en route ; sur les deux
. rives du fleuve on voit quelques mimosas et un peu
de tamarin. Sur la rive occidentale , habite la tribu
des Bakharah et se trouve le gouvernement de Kor-
dofan.
La rive orientale est habitée par la tribu des Dinn-
khah. Ces deux tribus, pendant l'été, habitent les ri-
ves du fleuve , et pendant l'hiver se retirent dans la pro-
XVllI. JUILLET, a. a
( >8 )
▼ince de Dharhah (i). Le fleuve est bordé de brous->
sailles. Nous jetâmes l'ancre à une égale distance des
deux rives.
Vendredi sg. — Le matin, avant de nous mettre en
route, nous fîmes plusieurs observations sur le fleuve,
dont les résultats sont inscrits au tableau. Sur les
deux rives du Nil se trouvaient quelques mimosas et
des forêts d'autres arbres; outre cela le fleuve était
bordé de broussailles : seulement à loh nous vîmes
sur la ri?6 orientale un palmier et les lies indiquées
dans le tableau ; sur la même rive commençaient les
habitations des Schlouks ; ceux-ci se mettaient enfuile
dès qu'ils nous apercevaient de loin. Une grande
quantité d'élépbanis» et, de distance à autre, quel-
ques individus se présentaient à notre vue.
A iol>, nous approchâmes de la rive orientale peur
prendre du bois , et nous jetâmes l'ancre au milieu du
fleuve , où nous passâmes la nuit.
Samedi 3o. — Les deux petits canots que nous
avions, ainsi qu'un dahabyéb du soudan , étaient res-
tés en arrière ; le matin , nous les flmes attacher aux
autres dahabyéh, et nous nous sommes mis en route.
A5^ nous vîmes sur la rive orientale quelques pal-
miers.
A 6^, nous aperçûmes la montagne appelée Taffah*
fam(9), à une distance de s milles du fleuve, et qui
est bordée de palmiers. Sur la rive occidentale se
trouvaient les cabanes des Schlouks , et quelques fies
qui sont indiquées dans le tableau. Dès quelesScblouks
nous eurent aperçus , ils prirent la fuite , et furent se
cacher dans les forêts et les broussailles environnantes,
(i) Dharyeli, Voy. p. i3.
{i) OuTaffafain, on litTaça-MaUm dans les Tableaux,
l 19 )
en laissant sur la place leurs volailles et leurs bestiaux.
Comme nous avions pour but de rassurer ees gens, et
les rappeler à nous en d'autres occasions, on ne tou-
cha à rien de ce qui leur appartenait. D'autres fois
nous voyions quelques hommes et des enfanis, mais
on n'apercevait point leurs bestiaux; il paraîtrait qu'ils
les transportaient en d'autres lieux. En toute occasion
ces-gens n'ont pas manqué de fuir notre présence; ils
avaient pour habitude d'allumer des feux de distance
à autre , pour s'avertir d^un danger imminent. Les deux
rives du fleuve et quelques îles contenaient un peu de
tamarin et des forêts composées de divers arbres. Plus
loin, les deux rives, ainsi que les lies mentionnées dans
le tableau, sont couvertes de broussailles. Nous jetâmes
l'ancre au milieo.du fleuve pour y passer la nuit.
Dimanche^ 1*' chawaL — Ce jour était la fête des
musulmans , on a tiré le canon de tous les daha-
byéhs, et hissé tous les pavillons. Les deux bords de
la rivière sont garnis de broussailles. Les barques
n'ayant pas pu approcher du bord, on a fait la'
prière au milieu du fleuve ; après avoir fait la prière ,
nous nous mimes en route. Sur la rive occidentale ,
les Schlouks avaient abandonné leurs habitations , et
comme ils venaient de les quitter nouvellement »
sans emmener leurs bestiaux , ils étaient cachés dans
les broussailles. On voyait à un mille de nous , sur
une même ligne , 4o à 5o villages où demeuraient ces
Schlouks , la construction de leurs cabanes avait une
forme conique , la partie inférieure jusqu'à la moitié
était en terre , et le reste jusqu'en haut en broussailles.
Quoiqu'on vit de temps à autre quelques individus,
nous n'avons cependant aperçu aucuns bestiaux ; quand
nous sommes arrivés à la hauteur de ces villages,
nous avons vu près du rivage quatre Schlouks; notre
(80)
drogman , Hydhoun» leur a adressé la parole , en leur
disant de ne pas avoir peur, el que noire inleolion
n'était pas de leur faire du mai , et il leur a envojé
une petite embarcation ; leur cheikh , nommé Redjeb
Abdallah et Djourhab-Hiehh sont venus sur nos daha*
byéhs , en apportant deux dents d'éléphants pour
cadeaux. Nous les avons traités convenablement, en
donnant à chacun un helistant» un chàl , et des ver*
roteries ; et au fils du feu cheikh Abderrahmân » une
fourrure avec des verroteries.
La tribu des Dimmab étant près de 'là, nous leur
avons dit d'envoyer un homme à leur cheikh. Aussitôt
ce cheikh sorti, nous avons vu à Tinstant même les
Schlouks rentrer dans leurs cabanes, avec leurs fem-
mes , leurs enfants et leurs bestiaux ; comme ils
nous avaient déclaré que les principaux chefs de ces
villages devaient venir nous voir le lendemain, en
conséquence nous nous sommes retirés au milieu de
la rivière, et nou^ avons jeté l'ancre à ii^» c'est-A-dire
une heure avant le coucher du soleil.
Lundi, s chawal. — De bon malin, nous avons vu sur
le rivage dix cheikhs de Schlouks , qui sont venus sur no-
tre dahabyéh, que nous avions envoyée; ayant reconnu
que cinqétaient les principaux, nous leur avons donné
des habillements, des sonnelteset des verreries, etaux
autres cioq seulement des verreries. Voyant qu'ils
étaient enchantés de cette réception, nous leur avons
assuré qu'ils pouvaient être parfaitement tranquilles ,
et que nous avions l'ordre de S. A. de bien traiter tous
ceux qui ne mettraient pas d'obstacle à notre marche,
et de leur donner des cadeaux» ajoutant qu'ils devaient
avertir le plus tôt possible leur meki de l'assurance
que nous venions de leur donner. Aussitôt qu'ils furent
partis 9 nous vîmes paraître 9,000 Schlouks tout nus et
( >« )
urniés, chacun portant un bracelet en dent d'élé-
phant, ou en fer ou en bronze. Les femmes et les hom~
mes avaient quatre dents du devant de la mâchoire
inférieure arrachés; les femmes portaient une four-
rure noire » et aux pieds un bracelet en fer ; les
Schlouks portaient au bout de leur lance une gerbe de
plumes d'autruche comme ornement. Il est d'usage
que les malades et les célibataires se couchent dans
des cendres et la fiente des animaux , par conséquent
leur figure est colorée yar ces ingrédients. Ils font la
prière devant un arbre entouré de roseaux , auquel on
suspend des peaux avec des plumes. Dans ces villages
se trouvent beaucoup de vaches» de chevaux, de mou-
tons et de pouleb; ils ont aussi des chiens ; leur cul*
tui*e est dudourrah, du sésame, du mais, des haricots et
du tabac. Ils nous ont apporté pour les soldats, à titre
d'hospitalité, quatre bœufs» six moulons.et deux dents
d'éléphant ; le rivage est couvert de mimosas , de
différents arbres et de broussailles. Nous jetâmes l'an-
cre au milieu du fleuve pour y passer la nuit.
Mardis 3 cAhm'a/.— Gomme, le soir, le vent du nord
était un peu fort , et que les vagues étaient fortes , Teau
entra dans la troisième dahabyéh; le haut delà mâture
delà septième dahabyéh s'est cassé. Et comme le vent
ne permettait pas de le rétablir, nous sommes restés là
jusqu'à 9h, c'est-â-dire Sh avant le coucher du soleil ,
pour faire ces réparations. Nous avons quitté cet en-
droit en prenant^ avec nous, deux Schlouks pour guides.
Chemin faisant^ nous avons vu les habitations de ces
Schlouks (environ quarante habitations). Nous avons
aussi vu plusieurs de leurs barques et quelques indivi-
dus ; comme nous avions besoin debois h brûler, 2i 1 1 '*
nous nous sommes approchés de la côte orientale; un
( Va )
matelot de la sixième dahabjéh elaul moolé sur uo
arbre pour couper du bois, esl tombé mort sur la place.
Sur la rive orientale sont des arbres dispersés» la me
occidentale est couverte de cabanes de Scblooks » on
\ Toit aussi quelques arbres épara. Les flots indiqués
dans le tableau et les rives sont couverls de brous-
sailles nommées HomsoufiL Nous jetâmes Fancre au
milieu du fleuf e et nous y passâmes la noiL
Mardis 4 chai^aL — Nous noussorames mis en route
le maûn à 4^. Le vent ayant c^ngé, noua nous som-
mes arrêtés pendant sh. Ensuite nous avons continué
notre route. Après avoir fait une roule de 8 milles vers
Test nous sommes entrés dans un golfe , par consé-
quent nous nous sommes trouvés sous le vent , et noua
n*avon8 pu sortir de cet endroit qu'à 1 1^ ; du cèle
de l'occident nous avons vu 1 1 hameaux de Scltlouka-
Uénayaq; il y avait là des palmiers qui donnent le
fruit domm (dommiers); sur les deux rives on voyail
des taouuins et parfois des mimosas • et sur le rivage
des broussailles. Du côté de l'occident, est le ha-
meau de cbeikh-Tchak. Vis-à-vis, on voit une tren-
taine dç hameaux , des tamarins et d'autres arbres
de différentes espèces , et du côté de Tooest et loin
du rivage , on voyait les habitations des Dinnkhah.
Pendant l'été , cette peuplade vient habiter sur le ri-
vage. Du côté de l'occident, on ne voit que des peupla-
des de Schlouks, Nous jetâmes l'ancre en cet endroit
pour y passer la nuit.
Jeudis 5 chawaL — Le matin nous nous sommes
mis en route; nous avons rencontré sur la rive occi-
dentale de nombreux Schlouks armés. Hydhoun, qui
se trouvait dans la dahabyéh,leur a demandé d'où ils
gênaient; k leur réponse qu'ils venaient de Chémek,
nous avons pensé qu*iU nous étaient envoyés. Alors
nous leur avons expédié une chaloupe pour prendre le
cheikh » nommé Hydris-Suleiman-ttedieb. Lorsqu'ils
60Dt venus dans notre dahabyéh, à noire demande
de nouvelles , ils ont répondu qu'ils étaient envoyés
par le méki ; ils nous demandèrent où nous allions ,
quel était notre but en voyageant ainsi ; si notre inten-
tion était de leur faire la guerre ; que dans ce cas , ils
ea informeraient leur méki ; ou si nous étions simple-
ment des voyageurs; enfin que nous leur disions quel*
que chose. Alors nous avons répondu que, conformé*
ment à la volonté de S. A., nous avions l'intention de
découvrir la source du fleuve blanc, que notre in-
tention était de ne faire de mal à qui que ce fût , et
qu'ils ne devaient pas avoir peur de nous. « Si votre
méki vient nous voir avec de bonnes dispositions, nous
le traiterons bien et nous lui donnerons des cadeaux;
allez, i Ensuite nous avons donné des vêtements à ces
trois chefs dont nous avons gagné l'amitié» ils sont partis
très satisfaits de nous, et nous nous sommes mis en
route du côté de l'occident. On voyait des hameaux des
Scblouks, quelques tamarins et d'autres arbres ; et du
c6té de l'orient on voyait quelques hameaux de Dinn-
khah déserts; sur les bords du Qeuve il y a des endroits
qui sont escarpés. Nous jet&mes l'ancre au milieu du
fleuve en cet endroit, et nous y passâmes la nuit.
f^endredi^ 6 chawal. — Nous nous sommes mis en
route le matin; nous sommes arrivés au hameau
nommé Diroak où réside le méki. Nous avons vu sur la
rive occidentale du fleuve , Suleiman , un des cheikhs
(qui a été habillé hier), avec deux autres Schlouks qui
nous attendaient sur le rivage par l'ordre du méki.
Lorsqu'ils nous aperçurent , ils nous dirent de nous
(«4;
arrêter où nous étions , qu'ils allaient prévenir leur
méki. Après ces paroles, ils partirent, et nous nous
ancrâmes au milieu du fleuve , selon ]*usage militaire.
A 6^ les trois cheikhs que nous avons vus hier, avec plu-
sieurs Schlouks armés, sont venus; ils avaient fait revê-
tir l'un d'eux d'une'chemise indienne, comme si c'était
le méki. Lorsque nous avons vu cela, nous avons en-
voyé une embarcation pour faire venir les trois cheikhs
avec le kiaya du méki et un autre grand cheik, dans no-
tre dahabyéh. Lorsque nous eûmes demandé si le méki
était venu, ils ont répondu que celui ^ui était habillé
d'une indienne était leur méki. Notre guide nous a
fait un signe pour nous faire savoir que ce n*était pas
le méki. Quoique nous ayons compris, nous n*avona
pas voulu avoir l'air de douter que ce fût réellement le
méki. Outre quiB nous avions habillé les cheikhs qui
sont venus, nous avons mis dans une enveloppe trois
couteaux , huit cloches et deux pièces de mousseline»
une ceinture en cachemire anglais et différentes es-
pèces de verreries. Nous les
avons fait acc«>mpagner par le cheikh-el-Akhmet, Hy->
dhoun et le reiss Hassan, et nous avons envoyé
le cadeau au méki. Comme le méki se trouvait dans
un Ilot vis-à-vis des hameaux éloignésde nos dahabyéh.
ils 8*y rendirent, ce jour-là ; ne les ayant pas revus ,
nous ne pûmes rien savoir, mais nous vîmes le
nommé Ali-Mohammed de la tribu de Djahélinn ,
qui faisait commerce avec les Schlouks. Le soir nous
avons jeté l'ancre, comme à l'ordinaire, au milieu
du fleuve, pour y passer la nuit.
Samedi, ychawaL — Le matin, le vent soufflant très
fortement du nord , nous avons rapproché nus daka^
)>yéhs de la côte, et avons fait sortir nos troupes pouf*
( aS )
les nettoyer et pour le lavage , prenant les précautions
nécessaires. A lo**» c'est-â-dirA s** avant le coucher du
soleil y les trois personnes que nous avions envoyées
pour accompagner les effets et pour aller chez le méki,
sont revenues et nous ont déclaré que dans le hameau
où se trouve leméki» il n*y avait pas d'hommes et qu'il
n'y avait que des femmes; lorsque nous avons vu cela,
nous nous sommes adressés au kiaya pour être présen-
tés au méki et comme ils nous ont dit que ce n'était
pas dans leur usage d'être présenté au méki» nous
sommes revenus » et nous avons compris que le méki
ayant eu peur s'était caché dans un autre endroit.
Vers le soir il nous est arrivé quelques Scblouks
qui nous apportèrent cinq bœufs maigres. Après les
avoir distribués aux soldats , nous jetâmes l'ancre au
milieu du fleuve » où nous passâmes la nuit comme à
l'ordinaire.
Dimanche » 8 ckûwaL — Nous nous sommes mis en
roule; nous avons trouvé du côté de l'occident un Ilot
qui était couvert de hameaux et de mimosas , et du
cété de l'orient nous avons vu deux tleï qui étaient cou-
vertes de broussailles. A 5"» vers le rivage occidental
du fleuve, nous avons trouvé encore des hameaux de
Scblouks parsemés d'arbres et de sycomores» nous
avons vu beaucoup de Scblouks avec leurs lances , et
vers la côte orientale nous avons rencontré plusieurs
Dinnkhahs qui nous regardaient de loin. A cause des
forts vents» les neuvième et onzième dababyéh ayant eu
les voiles déchirées, restèrent en arrière. Par conséquent
nous jetâmes l'ancre du coté de la côte orientale devant
ledit hameau. Lorsque les barques sont venues nous
rejoindre» nous avons réparé leurs dégâts. Ensuite nous
nous sommes mis en roule, et nous avons rencontré»
( 86 )
vers la côle occidentale, plusieurs Schlouks armés de
lances, qui nous regardaient; les deux rives étaient
élevées de deuxpalmes. Les tles qui sont indiquées dans
le tableau sont couvertes d'arbres et de broussailles ;
comme nous n'avons pas trouvé le nom de ces lies, nous
les avons indiquées dans le toft/eou par numéro. A
1 1^9 nous nous sommes approchés delà côte orientale
pour faire du bois» après quoi nous nous sommes re«
tirés pour nous ancrer* comme à l'ordinaire, au mi-
lieu du fleuve.
Lundis 9 chawal. — Nous nous sommes mis en
route ; le temps était couvert et le vent à Test Nous
avons vu sur la câte occidentale plusieurs hameaux de
Schlouks et,. des deux côtés, quelques palmiers. Vers
"h^ nous sommes arrivés à un endroit où coulait une
rivière dont l'eau ne ressençiblait pas & l'eau du fleuve
Blanc , car elle avait la couleur rougeàtre. La lar-
geur de l'embouchure de celte rivière était d'un
quart de mille ; lorsque nous avons vu qu'elle se je-
tait dans le fleuve Blanc, Suleiman Kachef nous a
dit qu'elle se nommait Bahr*el*Séboth, et qu'elle
coulait du côté de Hékyadèh; dans l'idiome des
Schlouks , on non^me ce fleuve Bahr*Tetkhy. Mais
comme notre mission était de continuer le fleuve
Blanc, nous ne sommes pas entrés dans cette rivière,
et nous avons continué notre route directement. Vers
ie côté de l'occident, i l'embouchure de la rivière,
il y avait un petit hameau de Schlouks, mais les habi-
tants s'étaient sauvés. Nous avons vu sur notre route »
à une demi-lieue du fleuve , plusieurs hameaux de
Schlouks entourés de palmiers, depuis 6k jusqu'à 8h ,
nous n'avons rencontré ni hameaux ni individus. A
9^, nous avons rencontré , sur la côte occidentale »
( «7 )
deux ou trois bameaux et sur la côte orientale des gira-
fes et quelques hippopotames.
A peu près ait milles du fleuve , nous avons vu
trois montagnes couvertes de forêts» et du côté de
l'occident loin du fleuve , nous avons vu quelques ha-
meau?^, avec quelques individus et quelques arbres.
La rive du côté de l'orient était un peu escarpée ; les
deux côtés de la rive et les lies indiquées dans le to-
bteau éiaieni couvertes de Homsouffet débroussailles;
ces broussailles se prolongent depuis les rives du fleuve
jusqu'à 3 milles d'espace de chaque côté ; les habi-
tants de ce hameau, tout en se sauvant, nous regar-
daient. A 1 ih ( 1^ avanl le coucher du soleil ) le vent
i»e calma » et comme nous avions des barques derrière
nous » nous nous arrêtâmes , et jetftmes l'ancre au mi-
lieu du fleuve , comme de coutume.
Mardi j lo chawaL — Le matin, à notre départ, le
vent était du nord , et le temps était couvert de broaii*
lard. A s^ nous avons trouvé, vers le côté d'occi*
dent, i a ou $ milles de distance, i8 hameaux:
c'est là la limite des Schlouks; è peu près à 3o mil-
• les du côté du sud , il y a une montagne ; du côté
de la rive occidentale on ne voit rien , et quoique nous
ayons regardé av(*c des lunettes, nous n'avons pas vu
autre cboseque des broussailles et quelques éléphants;
loin du fleuve nous avons ¥u des hippopotames.
Depuis 5h jusqu'au soir nous n'avons rien rencontré.
Pendant la ni;iit, nous avons remarqué dans le loin-
tain, sur les deux rives orientale et occidentale, des
feux allumés. A gh nous nous sommes approchés vers la
rive orientale pour prendre le bois dont nous avions
besoin; ensuite nous avons continué notre route. Les
^'ivesdu fleuve étaient couvertes de broussailles quis'é-
( «8)
tcndaîenl jusqu'à 9, milles; l'eau é(ait stagnante dans
les broussailles; il en résultait une odeur désagréable
et il y avait beaucoup de moustiques. Le soir nous avons
jeté Tancre au milieu du fleuve , où nous avons passé
la nuit.
Mercredi, ii chacal. -^ Nous nous sommes mis en
route le matin. Vers 41^ du matin nous avons vu du
côté de l'orient, A un mille du fleuve, un petit lac
entouré de broussailles , et nous avons vu du côté de
l'occident un autre lac dont l'eau était noirâtre: la lar-
geur de 6e dernier lac est de 3 milles. Nous som-
mes allés, avec Ibrahim-Effendi etSuleiman-Rachef,
dans un'petit canot pour le sonder. Après avoir cbe-
miné pendant 3 milles, nous avons trouvé une pro-
fondeur de s palmes i/a^et nous nous sommes assurés
que le fond était de. terre noire ; les eaux n'avaient
aucun courant. Comme nous n'avions pas assez de
temps, nous n'avons pu reconnaître si c'était un golfe;
seulement les eaux difi%rent par la couleur des eaux
du fleuve Blanc, dont le courant est de i mille 1/3
par heure ; la largeur est de 100 pas et la pro-
fondeur de 3 palmes 1/9. Nous avons jeté Tancre au
milieu du fleuve, dans cet endroit, où nous avons
passé la nuit.
Jeudi, 12 chawal. — Le matin, de bonne heure,
nous nous sommes rendus au lac pour prendre des in-
formations plus exactes; nous nous y sommes rendus
par la rive occidentale ; après 4*^ de marche , les bas-
ses eaux nous forcèrent k changer notre route ; qooi-
qu'ayant changé de direction pour éviter d'être engravé,
le bateau n^ 10 s'est engravé. Nous n'avons pu le
dégager qu a 7k, quelquefois par manque de vent • et
d'autres fois par vent contraire. Jusqu*à notre airivée
( *9)
daDS le lac, à chaque heure» nous avons jeté la sonde,
el nous avons trouvé quelquefois une brasse et d'autres
fois deux brasses de profondeur; nous avons reconnu,
quoiqu'il n*y eût pas de courant d'après le rapport
du matelot monté dans le hunier» que ce lac commu*
niquait avec plusieurs autres , et que des deux côtés
on voyait des îlots couverts de broussailles noiriltres ;
en avançant plus» la profondeur est d'une brasse , et le
fond est noir comme le fond des lacs; on ne voit au-
tour de ce lac ni hommes ni bestiaux, seulement dans
le lointain on apercevait des feux. Nous avons jeté l'an-
cre en cet endroit, où nous avons passé la nuil comme
à l'ordinaire.
Vendredi^ i3 chawfd. — Le matin, le temps était
couvert; n'ayant pas de vent nous avons marché à la
rame jusqu'à ce que le vent d'est soit venu. Nous avons
vu trois palmiers du côté de l'orient.
A 4^, è 2 milles de chaque côté des rives , il y avait
des Toukouls (cabane) d'une forme différente de
celles que nous avions vues jusqu'à présent. Quoi-
que nous ayons 4 hommes sur la côte occidentale et
6 sur la côte orientale , nous n'avons pas pu reconnaî-
tre à quelle peuplade ils appartenaient.
A 5^ le vent tomba; jusqu'à lo^ nous avons fait
route avec les rames.
A 11^9 nous nous sommes approchés de la rive
orientale pour prendre du bois. En prenant ce bois ,
nous avons vu qu'il y avait là des sangsues : nous en
avons pris pour nos besoins personnels. Jusqu'à ce
moment la couleur de l'eau n'est pas changée ; elle a
toujours mauvais goût et mauvaise odeur , la profon-
deur est toujours d'une brasse, enfin l'eau est toutà-fait
stagnante , nous étions donc dans les eaux d'un lac.
( 3o )
A lo^ i/s , Suleîman Kachef, les adjudants ma-
jors Rouslem el Ibrahim Effendis, le capitaine Fez-
houllah et le capitaine aide-de*cemp Abed Ressoiil
Effendi, réunis pour décider quelle direction nous de-
vions prendre , c'est-à-dire prendre la direction du
fleuve Blanc , ou continuer le lac. Après délibération ,
comme notre mission est de trouver la source du
fleuve Blanc , nous avons décidé de continuer notre
roule sur ce fleuve » et nous avons signé. Nous sommes
retournés à force de rames.
Samedi^ i4 chawaL — « A 8^, nous sommes arrivés
près de Bahr-el-Abyad. Quelques unes de nos barques
étant restées en arrière n'ont pu nous rejoindre qu'à
i]h, elles barques nous ayant atteints, nous avons
couché vis-à-vis le Bahr-el«Abyad.
( La suite au prochain numéro, )
EXTRAIT
en ce qui concerne la géographie du Cornpte^rendu de
r j4cadémie des sciences de Saint-Pétersbourg pour
i* année i84i » par M. Fuss, secrétaire perpétuel \ In
dans la sé/ince publique annuelle du 3 1 décembre 1 84 1 •
( CommuniqUG par M. DArsfiY. )
Nous remarquons d'abord que l'Académie impériale
russe a été, par un rescrit impérial du 16 octobre der-
nier , réunie à l'Académie des sciences. En vertu de
cette décision» l'Académie sera désormais composée
de trois classes, dont la première renfermera les
sciences dites exactes et d'observation , c'est-à-dire les
sciences mathématiques-physiques et naturelles; la
(5i )
seconde aura pour objet de ses recherches la langue
et la littérature nationales; la troisième enfin» l'his-
toire» la philologie classique et orientale , et les scien-
ces politiques. Ces trois classes se réunissant une fois
par mois formeront rassemblée générale ou la confé-
rence de l'Académie ; elles tiendront en outre chacune
des séances séparées.
Géographie,
Une grande opération géographique a été commen-
cée en i84i sous la direction de M. Struve» premier
astronome de l'Académie . par M. Schîveizer de Zu*
rich ; elle a pour but l'évaluation géoméirique aussi
exacte que possible de la surface des gouvernements
et des districts de la Russie européenne , l'un des élé-
ments Içs plus essentiels de la statistique» et sur lequel
les meilleurs ouvrages s'accordent si peu, que la dif-
férence entre les mazima et les minima des chiffres
cités est vraiment désespérante. Ce travail s'exécute
d'après la nouvelle carte spéciale (Podrobnaia-Karta)
publiée par l'état-major, en ayant égard comme de
raison aux déterminations astronomiques des lieux.
On a commencé par les huit gouvernements visités
l'année dernière par M. Koppen, et cette partie ache-
vée, le travail sera continué à fur et à mesure. —
M. Baer a présenté à l'Académie une carte du district
de Kola» levée par le professeur Iliddendorf lors du
voyage en Laponie qu'il fit en 1840 avec M. Baer» et
dans laquelle le cours de la rivière de Kola est recti-
fié, La direction de cette rivière, d'après le levé de
M. Middendorf, s'accorde assez bien avec celle qui est
indiquée sur une ancienne carte publiée par l'Aca-
( 02 )
demie , et forme un angle presque droit avec la direc-
tion que lui donne la Podrobnâia-Karta.
Physique du globe. — Météorologie.
Nous devons à M. Baer un calcul du mouvement
journalier de la température de Boothia » endroit situé
sous une latitude fort élevée , et offrant par 1& quelques
points de comparaison avec Novaîa-Zemlia. On se sou-
viendra peut-être de certaines anomalies frappantes
observées dans la marche journalière de la tempéra-
ture sur différents points de cette Ile remarquable. On
avait trouvé nommément qu'à Matocbine-Gliar« le
maximum de la température avait lieu en novembre à
6*" du soir , en décembre vers minuit » et en janvier à
9^ après minuit. Les observations faites dans le détroit
de Karskié-Vorota avaient indiqué» quoique d'une
manière moins prononcée, les traces d'une pareille
source de chaleur. Ce phénomène ne se retrouve pas
à Boothia, qui, généralement, oflre quelques différen-
ces marquantes dans la température journalière , ce
qui doit être attribué aux différentes directions des
vents dominant dans les deux contrées.
M. Borénius de Helsingfors, a communiqué à l'Aca-
démie un calcul comparatif d'un grand nombre d'ob-
servations de la longueur du pendule constant par
rapport aux éléments de la force magnétique terres-
tre, travail d*où il parait suivre que les observations
faites dans le voisinage de l'équateur magnétique don-
nent une plus grande longueur du pendule que celles
instituées sur des points éloignés de cet équateur :
ainsi les deux maxima se trouvent-ils à proximité des
points d'intersection des équateurs magnétique et géo-
graphique.
( 33 )
^ M. Koppen , dans im rapport détaillé et accompa-
gaé d'une carie des sources du Volga et de la Dvina
occidentale , a rassemblé une foule de notices impor-
tantes et de données authentiques sur la quantité d'eau
fournie par le Volga supérieur et moyen , sur l'abon-
dance et l'état des forêts qui bordent ce fleove et sur
la consommation du bois dans le pays qu'il arrose.
L'intérêt général que présentent ces notices a engagé
M* Baer à les publier dans son Recueil.
M. le capitaine Reinecke qui est chargé de la levée
des côtes de Finlande a rendu compte , dans un Mé-
moire accompagné d'une carte , de l'établissement de
marques inaltérables sur les rochers qui garnissent ces
côtes» afin de pouvoir mesurer l'abaissement successif
do niveau de la Baltique. Cette pièce» si importante
pour les observations futures, sera publiée avec la
carte dans le Recueil des mémoires des savants étran-
gers. On sait que de semblables observations sur les
changements de niveau de la mer Caspienne s'exéoù*
tent dans certains intervalles de temps à Bakou » d'a>
près des instructions dressées par M. Lenz.
Voyages scientifiques.
M. Fuss signale d'abord le voyage de M. Kupffer en
Sibérie , où il a été visiter les observatoires magnéti-
ques qui y sont établis» et auxquels il a été porter des
baromètres et thermomètres tous exécutés à l'atelier
mécanique de l'Académie, et comparés entre eux, en
sorte qu'on peut espérer d'obtenir bientôt des données
exactes sur la climatologie de la Russie asiatique.
M. Helmersten a été chargé l'été dernier d'examiner
les gisements de houilles dans les gouvernements de
Toula et de Kalouga , et d'en déterminer au juste l'âge
XVlll. JUILLET. 3. 3
(56)
trouvé des ÎDdices indubitables que des arbres à tiges
épaisses croissaient autrefois tout près de la mer, tandis
que leur distance actuelle de la côte comporte 3o vers-
tes et au-delà. La partie occidentale du pays des Sa-
moyèdes ne parait point receler dans son sol de restes
d'animanz antédiluviens, aussi peu (i) que la Laponie;
il est donc d'autant plus digne de remarque que nos
▼oyageurs aient trouvé, en-deçà de la Petchora et à
proximité du lac Ourdiouga (célèbre à cause du phé-
nomène de la marée qu'on y remarque régulièrement),
la mâchoire d'un jeune mammouth. Cette pièce, ainsi
que toute la récolte du voyage, a été déposée au musée
de l'Académie.
Une expédition scientifique enfin se prépare pour
Tannée prochaine. Une correspondance active que l'A-
cadémie a eue , dans ces derniers temps , avec diffé-
rentes autorités locales de la Sibérie, Ta conduite à
considérer que le seul point de l'ancien monde qui
n'ait jamais éii visité par aucun homme civilisé , et
qui par conséquent doit être représenté inexactement
sur toutes les cartes, se trouve dans l'enceinte de la
Russie. Ce point , à la vérité très difficilement accessi-
ble» est le pays situé au-delà de Touroukhansk, entre
les rivières Piassida et Khatanga, et jusqu'aux bords de
la mer Glaciale. Une telle lacune une fois remarquée,
l'Académie dut employer tous ses eiTorts pour la faire
disparaître , à moins de s'exposer au reproche mérité
d'une indiiFérence blâmable dans une question im-
portante relative à la géographie du pays. Or, une pa-
reille expédition, pour être mobile avant tout dans un
(i) Celte phrase est un peu ambiguë, maU elle .eti 4«sluelle ; on
dojl l'interpréter, je pente, de mémeifue la Laponie, P. D.
(37)
pays où les moyens île transport sonl des plus (TiiTiciles,
ne doit être ni trop compliquée dans son but, ni trop
nombreuse dans son personnel» ni trop restreinte dans
sa durée; elle doit être conduite par un savant jeune
et vigoureux, plein de zèle et d'ardeur» familiarisé d*a-*
vance» s'il se peut, avec les difficultés qu'opposent à
l'exploration les intempéries d'un climat rigoureux et
la nature âpre et sauvage des régions polaires, et par-
dessus tout il doit posséder les connaissances variées
requises pour la mission difficile dont il se charge.
L'Académie peut se féliciter d'avoir trouvé toutes ces
qualités réunies dans la personne du jeune docteur
Middendorf dont on a plusieurs fois cité le nom dans
ce rapport, et qui, à cet effet, quitte l!uoiversi(é de Kiev
où il occupait la chaire de zoologie. Dès que les prépa*
ratifs seront achevés, il se mettra en route d'ici» m^^i
d'instructions détaillées de la part de nos phyûciens
et naturalistes. Une branche de cette expédition s'oc-
cupera à étudier les mœurs et les usages des différents
peuples qui habitent le nord de la Sibérie. Notre pro<»
cbain compte-rendu donnera, nous l'espérons, les
détails ultérieurs de cette entreprise intéressante.
Notice sur les noui^eaux établissements agricoles fondés
au Venezuela,
(Ëitrail du Liceo Fenetolano^ par M. Berthblot, ««crçiaire-généraii
dr la Société de géographie ).
Si les nouvelles républiques américaines se voient
dans la nécessité d*appeler chez elles des colons étran-
( 58 )
gers pour peupler el mettre en culture de vastes es-
paces encore déserts , et hâter les progrès de la civiii-
satioû, il est aussi des nations dans la vieille Europe»
qui ont besoin de se débarrasser d'une population sur-
abondante qui commence à compliquer les problèmes
deTéconomie sociale, et ne cesse d'inspirer des craintes
pour son avenir. Dans l'état actuel des relations interna-
tionales entre le nouveau monde et l'ancien » les États
placés sous Tempire de ces deux nécessités opposées
peuvent aujourd'hui trouver le moyen d'y remédier
mutuellement : l'Amérique , en offrant ses terres in-
cultes et délaissées à des familles actives et laborieuses
qui vont chercher sous un autre ciel un meilleur bien-
être; l'Europe , en acceptant une ressource providen-
tielle pour cette portion de ses enfants qui doit ren-
contrer sur un sol vierge une vie plus facile et un
avenir plus rassurant.
Quinze siècles avaient fait oublier aui races du Nord
l'habitude des migrations lointaines. Aujourd'hui les
descendants de ces hordes guerrières qui poussèrenl
leurs conquêtes et établirent leur domination dans les
contrées occidentales de l'ancien monde , ont besoin
comme leurs ancêtres d'aller peupler d'autres pays.
Hais quel contraste présentent ces migrations paciGques
avec les barbares invasions des temps passés 1 Jadis c'é-
taient des hordes sauvages se jetant à main armée sur
des nations à demi expirantes sous l'excès des prospé -
rites qui avaient lassé leur fortune. Aujourd'hui , au
contraire, ce sont des entreprises civilisatrices formées
d'hommes simples » laborieux , aux mœurs douces el
rassurantes. Les premiers n'eurent pour but que lo
ravage et la rapine ; les seconds viennent pour fécon*
( 39 )
der el prodaîre par leui* indualiie , leur économie cl
l'emploî ÎQielligent de leurs bras.
Il appartenait au Vene&ttela d'anlîeîper sor les autres
républiqMes amériosioes pour mettre à profit ce mou*
vement civilisateur qui porte les Jiahilants de Faneien
inonde vers le nouveau. Les hommes placés à la tète
du gouvernement ont compris tout oe qu'il y avait à es-
pérer pour l'avenir du pays d<vns cet échange de be«p
soins réciproques , et c'est pour réaUser leur espoir
qu'ils ont chargé le colonel Codfoii d'un plan de co<^
Ionisation qui nous semble devoir conduire aux plus
heureux résultats.
Le colonel Codazzi veut ohoiûr ses colcms parmi les
populations industrieuses de rAllemagoe. Il associe i
son entreprise des hommes sobres, a^ccoutaJOEiés an tra-
vail , ei portés volontairenaeni vers l'émigration. C'est
9ksec ces élémeots qu'il fonde des villages agricoles
dans de petites vallées rapprochées les unes des au-
tres» et situées de manière à s'entr'aider motoellesncnt
Les terres dont iJ feit choix sont des monlagmes vieiiges
dans la cbsloe côtière eolre la Guayra et le petit port
de Maya. Cette région , qui avoisine la partie la plus
peuplée de la province de Caracas , jouit «f «ne bonne
température ; le clioist en est saîu^ et la proximité de
la mer ouvre un facile débouché aux produits du sol* La
colonie modèle, dont le eoiooeJ Codacai va .diriger les
premiers travaux, deviendra un cancre d'attrastm
pour les migrations successives^ Les preoûers travaux
oonsistent dans le déboisement, O0 br^le ensuite les
arbres abattus • et» le sol que couvraient les anciennes
forêts une fois déblayé» 00 prépiwfe la terre pour les Iat
boursetles nouvelles plantations, afin que les colons
Irouveftt toul disposé & leur activée et n'aient plus rien
(4o )
à craindre des mauvaises influences des défriehements.
Nuus avons foi dans le bon succès de l'entreprise du
colonel Codazzi, car nous connaissons' ses moyens d'ac-
tion. Dans un rapport présenté à son gouvernement et
imprimé à Caracas, il s'exprnpe lui-même en ces
termes :
t J*ai attaché une grande importance au ckoii des
localités qui m'ont paru les plus propices aux nou-
veaux établissements agricoles. J*ai exploré moi-même
une partie de la Cordillère qui borde la côte, en faisant
ouvrir des sentiers dans les épaisses forêts qui cou-
vrent lès coteaux et les vallées que je veux mettre en
culture. Celle région montagneuse me parait réunir
toutes les conditions désirable^ à la réussite de mon
plan de colonisation. Le succès de l'e ntrepriêe dépend
entièrement de celui du premier établissement. J'&i
donc recherdié pour lui tous les avantages de position,
en le situant dans le voisinage de la mer pour faciliter
l'exportation des produits. L'excessive fertilité du 8ol«
l'abondance des eaux et la douceur d*un climat analo-
gue à celui de l'Europe lempérée, ont en outre déter-
miné mon choix.
■ La haute région de la Cordillère de la c6te» A par-
tir du cap Cadera jusqu'aux montagnes d-Aguacaliante,
offre les mêmes avantages sur toute son étendue » soit
vers les sommets de la chaîne, soit sur les plateaux qui
dépendent de ce système orographique. Ces terrains se
trouvent compris entre l'altitude de y,«oo et de i»5oo
mètres. Leur température moyenne est de t6à 18** cen-
tig. Ils forment divers plateaux inclinés et une suite de
collines que l'industrie des colons rendra facilement
productives. Le blé, l'orge, la pomme de terre, les lé-
guminepses uliles^Ies plantes potagères et presque tous
(4i )
les fruits d'Europe peuvent croître et prospérer dans
ces terrains à côté du cafier et de plusieurs autres
produits du sol américaiD.
sLe but que je me propose est de fonder une colonie
qui serve de modèle à toutes celles qu'on voudra éta-»
btir sur le même pian , qui soit la source de la future
prospérité de la région circonvoisine» et devienne un
centre de richesse et de civilisation. Plus d'une fois» du^
rant mon séjour en Europe, j'ai eu de longs entretiens
avec deux savants recommandables , qui, par leur
connaissance do climat et de la nature du sol du Ve-
nezuela» pouvaient fixer mes idées sur le meilleur sys^
tème de colonisation et le choix de l'emplacement le
plus convenable. Je veux parler de MM. de Bumboldt
et Boussingault, dont les travaux ont tant contribué à
illustrer l'histoire physique et naturelle de ma patrie
adoptîve. Leur savante approbation doit servir de gar
rantie pour le succès des établissements agricoles que
j'ai en vue.
»En tirant presque exclusivement de l'Allemagne les '
éléments de cette colonisation, à laquelle les États-Unis
de l'Amérique du nord doivent le rapide accroisse-
ment de leur population et les progrès de leur agri^
culture, on m'objectera peut-être que les colons alle-
mands ne rencontreront pas au Venezuela , comme
dans les États de l'Union , un climat analogue à celui
de leur pays, et des conditions d'existence qui les ha-
bituent aussi promptement au changement de Keu.
Mais à cet égard je répondrai que le Venezuela peut
leur offrir les mêmes avantages et les mêmes ressour-*
ces. $i dans ce pays les saisons diffèrent de celles de
l'Europe, on y trouve des climats pareils, et au lieu do
neige et tle gelée, une végétation continue, des pluies
( 4u "^
siboDdanteft,qui rcproduiseol ilons lu ré^çiuii muBla-
gneuae le prinlemps et Taulomne des pays tempérés.
1 II ne s'ogit pas ici d'une de ces spéoulatioDS
dans lesquelles on engage des oentaines de mal-
heureux ramassés sans choix, et dirigea vers «ii
Eldorado imaginaire. Qu'importe à ces spéoulateors
sans conscience la moralité des hommes séduits
par des promesses illusoires? Ils no s* en inquiètent
pas plus que de leur bien-êlre. Accumalcr à bord
d'un vaisseau des aventuriers sans aveu, auxquels
la misère peut seule faire supporter looles sor-
tes de privations; les transporter en Amérique pour
les distribuer ensuite rbez les planteurs, A un prix
quatre fois plus fort que celui Ae leur engagement,
telle est respèce de traite des blancs qui est venue rem-^
placer celle des noirs en désespoir de cause. Mats l'en-
treprise que je suis appelé à diriger, formée d'autres
éléments, présente aussi d'autres garanties. Le gou-
vernement vénézuélien , qui en fait les premières avan^
ces , la prend sous son patronage. L'inWrét direct du
chef de la colonie nouvelle se trouve intimement Ké
avec celui des individus qui doivent la fermer, el la
prospérité des colons sera la source do sa fortune^
Pour arriver é ce but, je obcfisis des gens de bonnes
mœurs, qui rettreroni les premiers avantages de leurs
laèeiirs , et doot les serviceii pourront répondre aus
besmns de l'entreprise. Je prends toutes les mesures
ponr assurer leur commodité pendant le voyage, afln
qu'ils arrivent sur les lieux dans an i>on état sani»
taire ; je leur procure , dans leurs nouveaux foyers ,
une position qui les dédommage amplement du sacri*
fioe qu'ils auront fait en quittant lewr padrie. Si» au
bout d'une année , ces familles européennes peuvent
(45)
écrire à leurs parenlA ou à leurs amis : « Nous sommes
contents de notre sort; le pays nous convient smis
tous les rapports ; notre colonie est bien afoîsinée ;
nous avons toutes les facilités désirables pour le trans-
port et la rente de nos produits ; nous sommes pro-
priétaires d'une portion de terrain plus que suffisante
pour nos besoins; nous jouissons de toute la plénitude
de nos droits sous l'organisation administrative que
noos avons établie nous-mêmes pour le bon ordre de la
colonie. Libres pendant seise ans de toutes cbarges ,
redevances ou contributions, de tout service civil ou
militaire» nous payons facilement par notre travail les
avances qu'on nous a faites, et noua avons encore
cinq ans pour nous acquitter sans intérêts. Notre situa-
tion est prospère, et un avenir beureux nous sourit
déjà. 1 Si le colon peut écrire en ces termes , le succès
de l'entreprise est assuré , et une voie large et pro-
gressive reste ouverte sans obstacles à l'émigration eii'^
ropéenne. Chaque année de nouveaux colons vien-
dront augmenter la population des vallées où le sys«>
tème agricole aura réussi ; les premiers fondateurs
chercheront des aides pour de nouvelles exploitations;
ils tenteront de nouveaux essais , agrandiront leur do*
maine , et les cultures prendront sous leur direction
un développement progressif. Alors s'établira une ro-
tation qui, sans de grandes avances, imprimera un
grand mouvement agricole , et donnera la vie à la con*
Irée, en y répandant tous les germes de la civilisation.
Alors aussi les anciens propriétaires des terres, du lit-*
toral,que domine encore un vieux préjugé, cesseront de
conserver comme un trésor ces immenses forêts vior-*
ges dont ils n'ont su tirer aucun porti ; ils okerciie-
ront \fiB moyens de les utiliser ^n les laissant défricher
(M )
par les enfanls d'une race laborieuse » qui descendrânt
des montagnes voisines pour venir cultiver ce» terres
d'une température plus chaude , mais qui les paie«
ront de leurs sueurs par une excessive fertilité.
■ Dans la portion de territoire que j'ai pu parcou-<
rir, depuis la vallée d'Uricaro jusqu'au port de Maya,
on peut élablii* facilement 3o,ooo colons distribués
dans onze villttges agricoles, dans différentes voilées
ou sur des plateaux, à une ou deux lieues de distance
les uns des autres. L'établissement principal pourra
contenir 8»ooo âmes. 11 sera situé au centre de
cette région, à cinq lieues du port de Maya, et à six
du grand bourg de la Victoria. ( ybjr. la carte.) Bien
que je me sois restreint, dansledéveloppemeot de mon
système de colonisation, à l'espace compris entre les
deux points indiqués , c'est-à*dire aux deux versants
des montagnes comprises entre Uricaro et Maya, ce
système est sùlceptible de s'étendre beaucoup plus
loin i car il peut s'appliquer avec les mêmes avantages
dans les montagnes d'Aguacaliente , de Patanemo , Vi*
girima, Turiamo, Ocumare, Choroni, Cuyagua et
Ghuaoi où plus de 60,000 habitants pourraient trou-
ver à s'établir. Les terres situées dans la Cordillère
qui se ditige vers le cap Gadera » l'exploitation des fo-
rêts vierges de Hontalval et de Nergua, et celles de l'in*
térieur qui appartiennent au Cerro del Pao et se ra«
mifient vers le cap Unare , fourniraient des moyens
d'existence à plus de 900,000 colons. Ainsi les deux
seules provinces de Caracas et de Carabobo, dont le
climat réunit toutes les conditions désirables pour les
Européens, pourraient recevoir une augmentation de
population d'environ 400,000 âmes. Celles de Gumana,
Ba'rquisimeto , Trujillo , Merida et Bàrinas» qui possè«
( 45 )
dent d'excellents terrains pour la culture, alimente-
raient facilement un demi-million d'habitants sous un
climat salutaire , et tout fait espérer de voir en peu
d'années le Venezuela doubler sa population , si Tad*
ministration du pays sait mettre à profit les pre-
miers succès de la colonisation , et lui imprimer une
impulsion puissante et eflicace.
• Deux opérations fondamentales sont nécessaires
pour commencer l'exécution delà première entreprise»
les chemins et les déboisements ; les chemins pour fa-
ciliter les abords delà colonie, et les déboisements
pour préparer l'espace qui doit être mis en culture.
Mais ce déboisement serait fatal à l'Européen ; il tom-
berait lui-même avant l'arbre qu'il voudrait abattre ,
car il se forme, dans les lieux nouvellement défrichés,
une atmosphère produite par la ferment^ition des sub-
stances végétales et les évaporalions d'une terre hu<
mide qu'échauffe un soleil ardent, almosp^hére délé-
tère dans laquelle celui qui n'eiit pas ncdim:até ne peut
vivre sans danger de mort. Il est donc indispensable
de laisser au créole le soin de préparer ce sol vierge ,
que le colon cultivei^ ensuite, lorsqued'autres influen-
ces atmosphériques auront changé sa constitution.
» Après le défrichement , on commencera la plan-
tation du mais , des légumineuses et des autres végé-
taaxnécessairesàralimentationdesnouteaux habitants;
on tracerale village qu'ils doivent occuper, et l'on pro-
cédera à la construction des édifices qui leur seront des-
tinés. Je m'embarquerai alors moi-même pour l'Eu-
rope, afin d'aller chercher les 60 ou 80 familles que
je dois transporter sur les lieux. Un de mes agents ou
associés sera chargé , pendant mon absence , de faire
les travaux, d'ouvrir le chemin qui doit conduire à la
( 46)
coia » el de lenir prêls pour mon retour les animaux
domestiques qu'on distribuera aux colons. Ceux qui
arriveront au moisde novembre de cette année (1849),
efieciueront leur débarquement au port de Maya. On
pourvoira immédiatement au transport de leurs per-
sonnes et de leurs effets. UnefoUrendoeè sa destination,
chaque famille prendra possession de sa nouvelle de-
meure, des animaux domestiquesi des uAensiles de la-
bour et des approvisionnementsqui lui seront cédés. Dix
00 douze joursderepos, et Tusage de vivres frabauffiroot
pour rétablir les colons des fatigues du voyage. On pro-
cédera dans cet intervalle h la répartition et à la con*
cession en toute propriété des terrains déboisés el
préparés pour les cultures» puis un mois sera accordé à
chaque propriétaire pour palissader ses terres , et y
faire les dispositions qu*il jugera convenables. G'esl
ainsi que sans grande fatigue et au moyeu d'.une nour-
riture saine et confortable ^ ils pourront attendra •
en s'acclimatent, la fin de la saison des pluies, pour
prendre ensuite une part active aux travaux dés que coai-
menceral'été de ces contrées. Ce seradonodans le couv-
rant de décembre, quand l'humidité et la fraîcheur
régnent encore dans la région montagneuse* que s'exé-
cuteront les premiers labours. Trots |ours de la semaine
seront réservés à la culture des terres du chef de la co^
lonie (1 ) » et trois autres à celles des colons; de manière
que les premières seront pour eux une école d'eoaei-
gnement , une sorte d'apprentissage du système agri*
colc à suivre , et dont ils répéteront la pratique sar
leur propre terrain. Ils pourront introduire en oulre
(1) Les journées de CraTsil sur les terres du chef de la coIoDie
roiit pay^ au prix rourant ed usage chei les tiillivatetirs de la vallée
d'Aranaa.
(47)
dans leurs propriétés les cultares qu'ils jugeroni^plus
convenables, cl y faire Tapplication des méthodes qui
lear pamtlrunt plus avantageuses, i
Le projet du colonel Codaczî ne ponvait manquer
d*oblenir l'assenliment général au Venezuela au mo*
ment où l'administration du pays dirige toutes ses
vues vers les intérêts matériels. Cette république nu-*
jourd'bui ne peut plus rétrogader dans la voie progrès^
sive qu'elle s'est ouverte. La stabilité du gouvernement
esi à jamais assurée ; tous les motifs de dissensions in*»
testinès qu'avaient fait naître la guerre de l'indépen-
dance et les désirs intéressés de quelques chefs ambi-
tieux onl disparu. Après le licenciement de l'armée »
l'esprit militaire a élé i*emplacé par l'amour de Tordre
et delà paix, et le bon sons des masses a fail justice
des utopies de ces prétendus pjeilriotes, toujours dîs^
posés à exploiter à leur profit l'etaltation popu^
larire.
Le gouvernement vénétuelien a tenu compte au co^
lonel Codazzi de son bon vouloir, et par son décret
tto 3i6 novembre i84t # le pouvoir exécutif, plein de
confiance dans les heureux résultats que l'on doit
espérer du système de colonisation proposé , a auto-
risé en faveur du colonel Codaai un jprèl de i5,ooo
piastres sur les fonds d'émigration, avee faculté de
porter cet emprunt jusqu'à 60,000 piastres au fur
et à mesure que le réclameront les besoins de l'entre-
prise et son plus grand développement Un dès plus
riches capitalistes de Caracas , M» Martin Tovar , dont
la répulalion de probité et le désintéressement patrio-
tique étaient déjà bien accrédités , s'est constitué
caution pour le mcmiant des sommes qui ont été li-
vrées au colonel. Une ordonnance du président de la
nisçnâitiofis »MaiÂkes ;
Li( «tkt'f 'f*^ la aoixv«iiie cuumie. et ceux qui meammt
cbâcjBe» et*» ia dîreclMa fie ceii<^ qii'«€i «rzaniaera 9ur
l« m«nn«i piao, fimt tenus ;
:* De a'aâm^Ure que des famitUys hamiéi>!S^ laiii»-
rieuses et recr>aau*is dans un état sutitairs- satiaiafr*
sont;
«r lia iVroAt choix cle pcetisrefice cie meflops diiaà
les fi»f?^*^ ievMU en â^ d'étie utilisés p«MV iss tan-
?aax agricoles;
3^ lis devrotti instalt^r dans la cslofliîe «a prête* et
4^ Ds recherelk^rsiUr aobMkà que powble
les im^ggatiis européess» no certain nombre d'
lel§ queSMfons,cikarp<xUiers, Cor^roos,
taUleur» de pierres , ci>rdoQnîers et Uilieuis;
5* Ils procéderimi inmiêdîa lèvent à la coaafenKÛm
des édifices ponr te logeaient des colons ci les
do coite;
6i* Le plan des fiilages et bamcaox ptofelcs
'f Enfin , Us <le«ront r^ncttre
radminialfation dés^née on éUI des pcopio de lo
loDiCt et me ftalistiqne do OMmcaenl de la
tioa«
Le pian qoi ai euipe^pf celle Kotice àommm la
lion ci le fieové do terrain de k nouvelle colonie» et
des diOfaenis points de la chaîne cAlîève
)i occnpfa par des élabl
Le Toj p cette rificre ffoi féomt ooîoofd'hni aoa
borda les principales cnllnres, amse nne des volièos
(49)
qu'on peut considérer comme le cenlre de la richesse
agricole de la province de Caracas. Celle rivière cir-
cule au milieu de deux rameaux de monlagnes de la
cèle et de Tinlérieur. Suivant un cours de 55 lieues
depuis sa source jusqu'à la mer » elle est grossie par
Ireale-neuf grands torrents et une multitude de ruis-
seaux qui traversent des gorges et des vallons de l'as-
pect le plus pittoresque, et dont les terres vierges
réaliseront les espérances du cultivateur. Le Tuy est
facilement navigable à partir d'Araguîta sur un espace
de a4 lieues, il prend naissance dans un vallon circu-
laire d'environ une lieue et demie de diamètre, entouré
d 'une Cordillère dont les cimes ont presque en général
une altitude de ii»3oo mètres au-dessus du niveau de la
mer. Un col ou défilé donne accès dans ce vallon du
c6té do l'orient. La base des monlagnes est formée par
des coteaux en assises qui descendent graduellement
jusque dans le fond du vallon , dont le sol est à 5oo
mètres au-dessous des crêtes environnantes. Plusieurs
torreniss'échappent de trois diflEérentes gorges qui acci-
dentent les flancs des montagnes adjacentes, et forment
par leur réunion le premier cours du Tuy, dont les
eaux, sauvages roulent alors au pied des escarpements
de la Cordillère » et se précipitent entre les rochers à
travers une sombre forêt pour recevoir plus loin le Rîo>
Maya » dernier terme des cultures et des habitations
qui bordent jusqu'à ce jour les rives du Tuy.
Vers le vallon supérieur, et au point de jonction des
trois gorges indiquées , s'étendent plusieurs petits pla-
teaux admirablement placés pour asseoir le village cen-
tral de la colonie Tovar, à laquelle le colonel Codaui a
voulu, par un juste sentiment de reconnaissance, impo-
ser le nom de ses généreux protecteurs , Martin Tovar,
XVIII. JUILLET. 4* 4
{ 5o )
ce ciloyen si recommandablepar ses vertus miques, et
80Q neveu Manuèl-Philîppe Tovar^ qui a suivi eon noble
exemple I et a doté rétabUstemenl agricole de s lieoes
carrées de terres cultivables rju'il possédait dans cette
région montagneuse,
• La présence de l'homme, éoril le colonel CodazKi*
est venue donner une nouvelle vie h cette oontrée silen^
cieose où régnait naguère la plus triste solitude. On
entend aujourd'hui retentir de toutes parts les coups
redoublés de la hache qui abat les arbres gigantesques
que les siècles avaient respectés. CesanUques repaires
de la végétation primitive où Thomme n'avait jamais
pénétré , sont traversés maintenant par des travailleurs
qui dirigent des bêtes de charge avec les vivres et uitenai*
les dont ils ont besoin pour l'exploitation^ Quelques
cabanes commencent à s'élever sur ce même emplace-
ment où l'on construira ensuite des habitations ploa
commodes. Les plantes utiles viendront bientôt rem-
placer lo végétation vigtmreuae qui couvre /le sol où
doivent se développer plus tard toutes les ressources
die l'industrie européenne.
iDéjà un chemin de 6 lieues d'étenduc^à rexéeotioo
duquel ']\i présidé avec l'aide de aoo hommes ^qiie le
gouvernement avait mis sous mes ordres, conduit de
la colonie au bourg de la Victoria, et ouvre une com^
muoicatioo prompte et fiacile aveo la vallée d'Aragua
et les parties tes plus peuplées de la province. Une autre
voie de communication ne tardera pas à s'ouvrir vers la
côte dans la direction dit port de Ma^a , et plus tard
une autre route sera conduite par la crête des plateaux
jusqu'il la capitale de la république. Un chemin de fer
est en projet pour le service de cette dernière route ,
qu'on considère comme la plus importante ; oar les
(5. )
denrées de la colonie qui pourront être Iransportées
en quelques heure» et sans de grands frais h Caracas .
s'y vendront h un prix des plus avantageux. Sx ce
projet s^exécote; si par un embranchement on peut
lier des communications rapides avec la vallée d*Ara-
gua et le district de Turmero, les produits agricoles de
cette contrée, si éminemment fertile, doubleraieiit de
valeur» et le développement de Tinduslrie s'étendrait
tout le long de la Cordillère , qu'on regardait aupa-
ravant comme un obstacle aux entreprises dirigées
dans un bat de colonisation .
iLa qualité de ces terres vierges, ajoute le colonel ,
ne saurait être plus propre aux cultures qu'on veut in-
troduire. Une immense couche d'humus accuse sa
fécondité. De grands arbres aux dimensions colossales
et de l'aspect le plus imposant, semblent défier la ha-
che du budberon. Le palmier à cire déploie avec or-
gueil son élégant feuillage, et s'élève à plus de 60 pieds;
les bois les plus précieux pour la marqueterie et la
teinture peuplent les forêts des alentours; les quin-
quina abondent sur les crêtes quecouronnent une foule
de v^étaux toujours verts et sans cesse baignés par
les nuages qui versent leur rosée sur celle végétation
luxuriante. »
Le vallon dont on a fait choix pour le premier essai
de colonisation est abrité des vents du midi et do nord,
tandis que les brises de Test qui y pénètrent par le col
du Tuy , viennent le rafraîchir. Un fait remarquable
est consigné dans le rapport dont nous ne donnons ici
qu'un extrait Durant le premier mois employé au dé-
boisement, les soixante travailleurs que dirigeait le
colonel Codazzi n'ont pas rencontré dans les halliers
une seule couleuvre ; ce qui viendrait à l'appui de
(5. )
l'opinion de plusieurs naturalistes - voyagears qui pen-
sent que la propagation des reptiles ne peut s'effectuer
dans plusieurs localités » et mèine sur de vastes espa-
ces» que sous certaines influences de température.
Voici les renseignements que. nous fournit encore, le
colonel Codazzi sur l'état climatéri(|ue de la ûouTelle co-
lonie» et sur les cultures qu'on peut introduire avec le
plus d'avantage^ Les pluies commencent en avril ; elles
deviennent très fréquentes en mai , et durent presque
sans interruption jusqu'à la' fin d'octobre. En novem-
bre , décembre et janvier régnent les vents dn nord »
accompagnés de grains passagers et de quelques ora*
gcs. Les brumes sont assez fréquentes . surtout dans la
haute région » pendant la saison d'hiver ; mais elles se
montrent plus rarement avec les vents du nord et pen-
dant les mois d'été. La température du vallon ou colonie
Tovar est ordinairement de 16'' à 17** cent à 1 oh do
matin, de 90 à si* A midi. Le thermomètre placé aa
soleil marquait ^o^ 56 à la même heure, et 43*^8 h
ih 3/4- Entres et 6^ du soir il descendait à 16, même
à 14^ , tandis qu'aux mêmes heures du matin , il ne se
soutenait qu'entre 8 et 10*. Selon ces observations , la
température du lieu serait d'environ i5«; mais pro-
bablement qu'elle montera & 18^ après les défriche*
ments.
Si l'on juge» d'après l'altitude comparative et la
température des endroits analogues qui' ont été mis en
rapport » on pourra récolter en décembre , janvier et
février le café qu'on aura semé en mai et en juin deux
années auparavant. Le cambure brun et celui de lu
Dominique, ces deux bananiers si utiles (1 ), produiront
(i) ^tu$a rosacea tt Musa regia.
( 55 )
au plus lard au bout de quatorze ou quinze mois.
L'arracach* cette espèce d'ombellirère à la racine fa-
rineuse , planlèe au mois de juin » donoera sa récolte
huit mois après, et 'durera trois ou quatre ans. L'i-
goame ne mûrira qu'après quatorze mois. Les pommes
de terre de la qualité de celles qu'on cultive dans le
canton de Tocuyo, et qu'on sèmera en mars, seront
bonnes à recueillir en septembre , tandis qu'on récol-
tera en janvier les autres variétés que l'on peut semer
en septembre* Le tabac planté à la même époque mu*
rira en février; il en sera ainsi des pois chiches.
L'oi^e ensemencé au commencement de la saison des
pluies, acquiert bientôt sur ces hauteurs la plus belle
apparence, et donne un excellent grain. Le blé n'a
besoin que de rester cinq mois en terre pour pouvoir
être moissonné ; semé en juin , on le coupera en no-
vembre ou en décembre. Les légumineuses» les plan-
tes potagères et la plupart des arbres fruitiers de l'Eu-
rope tempérée trouveront sur ces terrains le climat le
plus convenable à leur développement Le mais, la
plus utile des céréales de l'Amérique, produira au bout
de six mois de plantation. Mais la culture de la yuca,
de la canne à sucre, dej'indigo, du coton et du cacao,
obtiendra peu de succès dans cette région monta-
gneuse , tandis qu'on pourra y tenter celle de la vigne
avec l'espérance d'en retirer de bons produits^
D'après les dernières nouvelle^ qui nous sont par-
venues du Venezuela, le colonel Codazzi sera de
retour à Paris très incossammenl^ et passera aussitôt
en Allemagne pour y réunir les soixante ou quatre-
vingts familles qui doivent Tormer le noyau de la co-
lonie.
Les encouragements du gouvernement vénézuélien,
(S4 )
l'appui du chef de TÉtal , d'Aatooio Paez , présîden
actuel de la république » de cel illuslre ciloyen qoe la
reeoofiaisftafice de ses comp airioles a élevé au pouvoir,
et gui répond si dignement à la confiance publique ;
rapprobalioQ des hommes les plus distingués par le
rang qu'ils occupent et les services qu'ils ont rendus
au pays» tout semble concourir dans cette entre-
prise pour en garantir le succès; car le but spécula-
tif, l'intérêt du colonisateur s'effacent ici devant l'im*-
portance des résultats. Il s'agit d'implanter la civilisa^
tion, et avec elle tous les bienfaits de Tindustrie» dans
des contrées que les anciens possesseurs avaient laissées
en friche , abandonnées à une nature sauvage ; il s'a*
git de réparer l'oubli de plusieurs siècles, de profiter
de l'heureux cosmopolitisme qui gagne peu à peu tous
les peuples dji;i monde civilisé; de tirer parti de ces
relations inlernalionales^ de cet échange réciproque
de besoins qui s'établit chaque jour d'une manière
plus iqlime entre les habitants des deux hémisphères.
Peut-être que la colonie Tovar et le vallon pittores-
que où elle a pris naissance deviendront un jour un
grand centre de population* Une ville du premier ordre
commandera alors les vallées voisines « l'activité et l'in-
dustrie ^ répandront ^uf toute la région adjacente •
et cQtte carte où ^e J(^gurent maintenant qu'eç projet
les établissements agricoles qui appellent en ai4e les
émi^ranls européens, nous signalera des bourgs popu-
leux , des cijlé^ ncUes et Qoriss£intes* Il m'a donc paru
curieux de consigner dans le Bulletin de la Société de
géographie ces premières tentaslivesi a^o qupn puisse
retrouver un joMr, dans ce Recueil de documents, This-
toire de la colonie naissante , la description du lieu
de son berceau , le nom de son fondateur » celui des
(55 )
honlnies qui oDiconcoura à sa créatîoû • ol les moyens
nûs en csovre pour arriver ^ux résultais que nous es*
pépoM.
NOUVELLES ET MÉLANGES GÉoaRAPHIQUES.
Notice sur la Nom^eUe Zélande, suiifie de remarque» sur
la hauteur des lames près du cap Horn,
Parmi les groupes d*lles appartenant à TOcéanie , il
y en a peu d'aussi remarquables que celles de la Nou-
velle-Zélande.. Sa grande étendue , ses magnifiques
productions végétales , Tinnocuilé de ses animaux , la
bonté de son climat, la belle conformation de ses ha-
bitants» quoique encore anthropophages, ont attiré de-
puis la découverte de cette terre promise Tatlention des
navigateurs. Quelques uns des plus célèbres en y sé-
journant assez long-temps ont étudié les mœurs des
indigènes et les ressources qu'offrait leur patrie. Des
Anglais venus de Botany-Bay ne tardèrent pas à s*éla-
blîr au milieu d'eux.
La France ne voulant pas rester en arrière et per-
dre une si belle échelle au Tond des mers du Sud ,
encouragea ses enfants à s'y rendre. Aussi suivons-
nous aujourd'hui avec le plus vif intérêt les efforts
qu'ils font à la presqu'^tle de Banks, où déjà leur petite
colonie est en pleine prospérité.
Nos pêcheurs de baleine qui fréquentent très sou-
vent les parages de la Nouvelle-Zélande, y trouveront
désormais une relâche sûre, et jouiront à terre ^ au
milieu de leurs compatriotes, de toutes les douceurs
du repos.
( 56 )
Bien qu'on ait déjà fait un grand nombre de des-
criptions de cette contrée , on voudra peut-être bien
accueillir les détails suivants qui m'ont été adressés par
un simple matelot » Edouard Vardou , revenu Tannée
dernière des mers du Sud sur le baleinier la Meuse du
Havre. S'ils n'ont pas le mérile de la nouveauté, ils au-
ront au moins Tavantage de faire connaître l'état dans
lequel se trouve aujourd'hui une partie de la Nouvelle-
Zélande , destinée sans doute à subir une grande ré-
volution sociale.
« Lorsque nous entrâmes dans la baie des Iles, un
pilote nommé Salomon vint au-devant de nous, et
nous fil mouiller dans l'anse de Williams Coroccol .
principal chef de cette baie. Un de nos matelots en
carguantia balancine du grand perroquet, larguée mal
à propos , tomba dans la mer; il en fut retiré aussitôt
par une des femmes qui ramaient dans une embarca-
tion gouvernée par un officier anglais.
• A peine eûmes-nous jeté l'ancre, que notre navire
fut environné tribord et bâbord d'un grand nombre de
pirogues remplies d'indigènes (Maourys). Ils monlè-
tèrent à bord, poitant tous des oignons, des aulx et
des poissons qu'ils échangèrent avec plaisir pour du
tabac. Il nous restait une assez grande quantité de
cretons, résidu provenant de la fonte du lard de ba-
leine, et nous fûmes très étonnés de voir ces indigènes^
hommes , femmes et enfants , se jeter sur ce grossier
aliment , et le dévorer avec une extrême avidité.
■ Les Zélandais nous engagèrent ensuite par signes
h accepter en échange de chemises de laine ou de tout
autre vêlement de celle nature, leurs femmes pour
notre plaisir et leurs enfants pour nous aider dans nos
divers travaux. Ils cherchèrent aussi à nous faire corn--
• ( 57 )
prendre que noua pouvions garder les premières à
bord jusqu'au moment où nous remettrions à la voile,
en ayant soin , bien entendu , de les déposer à terre le
jour de partance. Cet usage immoral se pratique jour*
nellement plutôt avec les Anglais et les Américains
qu'avec les Français.
t Dans une course à Korora-Reka » j'ai été frappé du
nombre des chemins frayés dans les montagnes voisi-
nes du village de ce nom. De leur sommet on découvre
à 84 milles de distance en mer , et il est facile à la vigie
qui existe à Korora-Beka même de signaler un navire
venant du large. Je remarquai aussi que les environs
de la baie des Iles étaient couverts de bruyères et de
bois de haute futaie»
« Au fond de cette baie se trouve celle de Pomare ;
les montagnes qui l'entourent offrent un aspect ravis-
sant; les belles forêts qui les garnissent sont générale-
ment, composées d'arbres dont le bois agréablement
nuancé ressemble à l'acajou. Les rivières sont ornées
de bambous qui forment au-dessus, dé leur cours de
gracieux berceaux de verdure.. On trouve dans cette
partie de la Zélande un fruit qu'on nomme cerise » de
la grosseur d'une noix, mais ayant le goût de la
pomme. La terre prodoit, comme en France « toute
sorte de légumes et de (leurs d'Europe.
• L'eau des rivières est assez bonne à buire; mais
elle renferme une foule de petits vers rouges , ce qui
fait qu'on est exposé à la \oir se gâter plus rapidement
que toute autre dans les pièces à eau.
»0n pèche dans la même localilé aussi bien que sur
les côtes de France un grand nombre d'espèces de
poissons. Les coquillages» notamment les moules et les
huîtres, sont aussi très abondants.
( 58 )
» Les bœufs que Ton se procure aujourd'hui à l'a Nou-
velIe-Zélanâô tirent leur ongtne de Sidney ; ils se sont
propagés dans Pile, mais ils ne sont pas ^os, pèsent
environ trois cents livres , et se vendent sur le pied
de 1 a à i ,4oo fr.
■ Dans le voisinage de la baie de Pomare , les^ indigè-*
nés sont encore à moitié anthropophages ; leor regard
est dur et farouche; leur chef» qui porte le nom de la
tribu, est le plus odieux de tous ceux qui se parta-
gent la côte; mais heureusement il n*est pas le plas
puissant. Au reste, toutes ces Iribus se ressemblent
sous le rapport du caractère, et je ne sais, en vérité, à
laquelle les Européens pourraient donner la préfé-
rence. En attendant^ M. de Pompalier, à la tète des
mbsionnaires établis au milieu de ces sauvages» a
beaucoup d*inilnence sur eux. Ce digne pasteur est
déjà parvenu à faire respecter les Français.
»Les Zélandais ^ont d'une adresse extrême , surtout
dans la confection des tissus en crin végétal {phormium
tenax). Les haches en pierre (jade axinien) sont ce-
pendant ce que les hommes font de plus remarquable
en instruments ; elles coupent aussi bien que celles
dont on se sert dans nos ports. Ils font aùesidee anpes
qui imitent par leur forme la fleor-de-lys-.
» Ces sauvages , si habiles dans le maniement des
zagaies, des massues, etc. , le sont jusqu'à présent
fort peu dans celui des armes k feu. Ile redoutent tel-
lement la détonation qui suit la déllagration de la
poudre , qu'ils déchargent le fusil en le tenant der-
rière la tête et en Tair, ce qui fait que leurs coups por-
tent rarement.
iTous les ans, à une époque fixe, les tribus se dé**
clarent la guerre : leur arme favorite est la sagaie; ib
(59)
se senreni aussi de la hache à main; ils emporicnt
pour leurs campagnes une partie des vivres recueillis
dans le cours de raunée, U mettent eti magasin à
chacun de leurs campements, et ce sont les Femmes qui
flODl chaînées de les distribuer ; on épargne la vie d*un
homme qui tombe blessé. Le vainquent ne rend les
prisonniers que moyennant un certain nombre de co-
chons et de sacs de pommes de terre. Ces guerres an*
nuelies et cruelles paraissent avoir principalement
pour but de se procurer des vivres.
>Les hommes ne savent guère que se battre, et 8*a-
bandonnent ensuite à la plus grande paresse; ce sont les
femmes qui travaillent le plus. Elles pourvoient à l'exis-
tence commune , en allant elles-mêmes sur le bord de
la mer chercher des coquillages» pécher du poisson» et,
dans l'intérieur de l'Ile , arracher des pommes de terre
ou toute autre racine. •
J'ai extrait de la même relation maritime du matelot
Vardou le passage suivant qui est relatif à la hauteur
des vagues :
i On est encore bien loin de s'accorder sur la plus
grande hauteur que les lames ou vagues sont suscepti-
bles d'atteindre dans les plus fortes tempêtes ; on les
a tour à tour portées jusqu'à loo pieds, et réduites à5o
seulement*
• Le ig mars i84o, étant par le travers des Iles Gha-
tam , nous essuyâmes un coup de mer affreux : heureu-
sement pour nous, le navire gouvernait comme un
poisson. Lorsque nous eûmes dépassé de quelques de-
grés ces ties , le plus beau temps du monde nous ac-
compagna jusque par le travers de la Terre d^ Feu.
Là , nous fûmes de nouveau assaillis par la tempête ;
nous étions à sec de toile, fuyant devant le temps. Les
(6o)
vagoes s'élevaient sans exagéralioD ao moins à i oo pietis
de haaleor; ce qui noos le fit croire • c'est qu'il ; avait
des ukstanls où nous ne Tojions nallement la mâtme
d'an navire français qoe noos ne pûmes hèlcr» el qui
pouvait être ik un quart de mille de distance de
par le bossoir de tribord. Celte mer affreose noos
doisit josqoe par le travers des Iles Halooines où nous
reçûmes une lame qoi, en «liCeriant par «desaos notre
couronnement • m'arracha de la barre du gouvernail »
ainsi qoe mes camarades situés près de mot , el noos
eniraloa k l'aulre esirémilé du navire, »
Dr Eugène Robebt , membre des Cotnmissions
sdefiti/iqties du Nord,
Navigatioh du capitaine Btcroftdans ta rivière Formasa,
le Quorra ou Niger ^ et le Vieux^Calebar,
Le capitaine Becrofl » commandant le navire à va-
peur TÈthiope^ remonta» en avril i84o. la Formosa ,
grande el belle rivière qui se divise en deux brandies ;
il remonta Tune pendant 5o milles, el l'autre pendant
70. Il Tut arrêté par des productions v^étales qui crois-
sent en si grande quantité, qu'elles rendaient impossi-
ble d'y pénétrer. Comparant la pureté de l'eau avec
celle qu'il avait vue quelques années auparavant dans
le Niger, M. Becrofl conclut que la Formosa était tout-
i-fait différente de ce Qeuve. Obligé donc de renoncer
à IVspoir d'atteindre le Niger par celle route , M. Be*
(6. )
crofi vint reprendre la branche de ce fleuve Dommée
Warrie « et il rejoignit le cours principal un peu au-^
dessous d*Eboe. Parli d'Eboe le s6 mai , il fut retardé
par le peu d'eau qu'il y avait alors , et ne put atteindre
Rabbah que le s5 août II en repartit le 7 septembre*
et parvint le 1 1 un peu au-dessus d'une ville nommée
Noui^elle^Bajibo , par environ g® l^o de latitude nord et
à moins de s heures de Lever. Ne pouvant pas aller
plus loin, il revint à Bajibo» où il fit un peu de com-
merce. M.Becrofl pense qu'il n'aurait pas pu atteindre
Boossu et y arriver en moins d'un mois» à cause de la
rapidité du courant. UÉthiope revint ensuite à Rabbah,
où il resta jusqu'au 90 septembre et regagna enfin la
côte par le 'Warrie le 3o octobre.
Pendant les six mois de séjour dans le Niger , on
n'éprouva partout que des marques d'amitié de la
part des chefs et des peuples. Le pays au-dessus d'Idah,
à 900 milles de la c6te, parut très beau; le sol était
fertile , le climat agréable, et les habitants paisibles et
désirant faire le commerce. Le colon et l'indigo sont
indigènes, ce dernier surtout est de bonne qualité,
filais les exhalaisons pestilentielles de la rivière s'op-
posent à ce que le commerce puisse s'établir autrement
que par un bateau à vapeur monté entièrement par des
nègres, sous la direction d'officiers et d'ingénieurs
européens bien acclimatés; encore ce moyen présen-
terait-il de grandes difficultés.
Après avoir été ensuite au secours du bateau à vapeur
V Albert^ et l'avoir reconduit à Fernando-Po, M. Be-
croft remonta la rivière du Vieux-Calebar jusqu'au-
dessus d'une ville qu'il nomme Dukestown, et des vil-
lages de la compagnie de Guinée; il trouva que cette
rivière, au-delà du point où la marée se faisait sentir ,
(69 )
étuit très peu considérable, et comme il eût été impru-
dent de la remonter avec le bâtiment , M. Becroft loua
un canot des naturels avec âo rameurs, et, accompagné
de son chirurgien et de deux matelots , il remonta la
rivière jusqu'à une ville très peuplée nommée Ommannj
qui était à environ 70 milles au N.-O.i/a-N. Ommann
estsitoée sur une lie qui fournit aux habitants du Vieux-
Calebar beaucoup d'huile de palme et des provtsîoiis.
M. Becroft et son chirurgien furent reçus dans la ville
avec beaucoup d'amitié : c'étaient les premiers blancs
qui y étaient venus.* Le peuple du village d'Etone refusa
de les laisser venir à terre , d'après l'opinion ( à ce que
Ton dit ) que le chirurgien portait avec lui la petite^
vérole.
I/e Putuna. '
Les missionnaires catholiques dans le grand Océan
sont établis depuis quelque temps sur l'Ile Futuna »
nommée aussi Allou-Fatou , et qui est vraisemblable-
ment celle que Schonlen visita en 16161 et à laquelle
il donna le nom de Horn. Rrusenslern la place pari4''
18' de latitudes., et 179* 30' de longitude E, de Paris.
Voici quelques détails extraits d'une lettre d'un mis-
sionnaire • en date du mois de mai i84o.
Futuna (c'est le nom que les naturels donnent à cette
ile, que les géographes nomment Horn ouAUou-Fatou)
peut avoir de neuf à dix lieues de tour; elle est d'une
grande fertilité, et, vue de la mer, elle semble en sortir
comme un bouquet de fleurs et de verdure. Les eaux y
sont bonnes > abondantes et très limpides. Je ne crois
pas que la population atteigne tout-à-fait 1,000 âmes
(65)
Autrefois, elle çomplait un pluA grdsd nombre d'habi-
tants; mais les guerres fré^pjenkes donl elle a été le
tbé&tre Font tellement dépeuplée • qu'aujourd'hui on
trouve beaucoup de ses vallées entièrement désertes.
Il y arrive de^ands tremblements de terre. Une nuit
)e fus éveillé par une secousse si violente» qu'il me
sembla que toute l'île allait s'engloutir. Dans l'espaise
de 24**» i'en comptai dix-neuf autres, puis elles devinrent
plus faibles et plus rares. Gel événement me fit conjec-
turer que Futuna était assise sur un volcan , et que
c'était peut-être le volcan même qui l'avait formée. Le
peuple de Futuna est très hospitalier. Il n*est pas enclin
au vol 9 comme le sont la plupart des autres naturels
deTOcéanie. A notre arrivée, on nous fit l'accueil le
plus cordial, et on n'a cessé depuis de nous témoigner
une sincère bienveillance.
MONUMENT A LA MÉMOIRE DE RENÉ CAILLIÉ.
Vers la fin de l'année dernière a été inauguré le
monument voté par souscription en l'honneur de
René Gaillié. Presque tous ceux qui ont pris part é la
souscription étant membres de la SociâTÉ, et leurs
noms ayant été mentionnés dans le Bulletin, on doit
naturellement trouver dans ce Recueil la description
du modeste mausolée, et le récit de la cérémonie (i).
Le célèbre voyageur est mort à Labadère, près de
Pont-l'Abbé, département de la Charente-Inférieure,
arrondissement de Saintes; c'est là, au cimetière de
cette comjOQune, que le monument a été érigé. Sur un
socle de O"*, 7a de haut et de 2"^, \ 7 de côté , en belle
(1) L'impression de celte note a rti' retarilre à cause de raboii'
dance des matières.
164 ]
pierre Urée de Grazanne , ft*élève un bloc carré en
forme de pyramide tronquée, haut de i"*, 63 sur i*, 5a
de largeur en bas et de i", o8 en haut; ce bloc » d*un
poids considérable , el de la même pi<?rre , est un mo-
nolithe. Il est surmonté par une troisième pièce, aussi
monolithe ; c'est un couronnement en forme de cor-
niche égyptienne, haut de 4i centimètres avec tore et
liste; aux quatre angles sont des palmetles, et au
centre , l'urne funéraire.
Voici les inscriptions qui ont été gravées sur les dif-
rentes faces :
Facb du Nord. Facb no Son.
A la mémoire de
Rénë GaiUié ,
né A Maozë
le m novembre nnocxcix,
mort à Labadère
le XVII mai Mnoccxxxviii ,
le seul Européen
qui ait tu et décrit
' Tembocton.
Le XX avril
HDOOCXXXVIII,
par
une découverte
mémorable
au centre de l'Afrique ,
il
a illustré
sa patrie.
Face db l'Ookst.
Face de l'Est.
Son nom
sera placé par
la postérité
' non loin de ceux
de
Browne , Homemann ,
Mungo Park ,
Denham ^ et
Clapperton.
Au voyageur infatigable,
patient et intrépide,
à Tobsenratenr attentif
et ingénieux , .
à rhomme persévérant,
ferme et stoîque
au milieu des périls :
les admirateurs
de son courage!
Sur le socle on a gravé les noms des souscripteurs
(66)
(douze noiassoFichaque face), l^r 6a formé et par sa
iBaasd^tetké c,oiia|i/ucti<Mi«8t de4aplu9'grande solidité,
et pour aiàfli dire iodestrâotible ( i ) »
. Dès k màkîa du dimaiiohO) 7 novembre, les habi-
taat9 des campagnes des eûnrons de Poot-rA^bbé s'é^
taieDt )6nils h ceux de cette commune pour célébrer
rînaugtiratioD. Ni les mauvais cbemins ni le mauvais
temps n'avaient détourné personne; l'affluence était
immense. Elle ne s'explique pas seulement parle dé-
sir de Tendre hommage à un compatriote qui s'est
illustré» encore moins par une curiosité frivole; un
autre motif animait les * assistants, t Caillié, disaient-
»ilsy est un enfant du peuple» un enfant de la cam-
»pagné , un des nôtres en on mot : il nous est permis
» d'être fiers de son nom , dé sa vie , de ses décodver-
• tes. Il a prouvé que' le toit de Vartisan et le chaume
• dcrlabonreuf pouvaient aussi' abriter un noble cœur,
i une âme capable de'grandës choses. »
- Le cortège, conduit par M, le cérame de Tanlay , sous
préfet de Saintes, s'est mis èfn àiarche vers midiv II
était ainsi composé ; les^ membres 'dû conseil munici(5al
de ^nt-l'Abbé ^ la gatdé nationale en grande tenue ,
les maires des communes du canton, les notables de
l'arrondisbement, lès èksdésias tiques des paroisses envi-
ronnantés, Madame veuve Caillié, arccoaipagnée de ses
quatre énfents.'.«. A > heures, au son des cloches, le coif-
té^ éijt entré dans l'église ; ela pris place autour d'un
catafalque" élevé dans le chœur. Quatre ^èunés filles
vètuesde blanc occù^ient les angles, et j>or(a[ient cha-
Guhe à la maiii' une couroïtne d'itiamortelles. Le clergé
i
(1) Le projet a'^té creeé par M. J. et exécuté '|iar M. Prevot , ar-
«biiecle de 3ainteé«
XVni. JUILLET. 6. 5
( 66)
edt venu ensuUe prendre plaoe , et les prières j ks
champs funàbres ont oanuieAcé^ Apvès la eArémo»
nie religieuse, M. Berodat» le oUi4 de Ponit l'Abbé,
a prononcé un discours ^ la fois graf e et leuébaiit ,
qui a été suivi d'un chant li trois Voix, composé exptès
pour la fête f et exécuté aveo on parfait eûsêii^d par
les jeunes élèves de la nouvelle école de chaAl, Piiié
le corlége s'est rendu au cimetière t et s'est rangé aa^
tour du monument.
M. le sous préfet a prononcé alors au dîaeoors plein
de nobles paroles j où la Société de giographùs a étd
rappelée honorablementé Après avoir montré k ses
auditeurs le point de départ de Rékié GâiiUé^ ella mfr-
rite , relativement plus grande qu'il a eu de s'élavcr
de Tobscurilé à une renominée g)orieus6 , en magis-
trat a pris de Ih un texte pour donner A la |e{|neafls
de généreux conseils, c JL'exepiple do CaiUîé » a-è^il
tdit, est un grand enseigjnemeat, puisqu'il s'est. éLsTé
• par le Iravail et par le courage au niveau des hom-
» mes qui ont le plus honoré le nom français. *
Le Dr Clémot, premier chirurgien en chef de l'hôpW
f al de la marine à Rochefort » qbei^ de l'oralsoD fttaèbrst
a pris ensuite la parole. Inspiré pav \^ su)et» il a abordé
des considérationa d'un ordre auf^érièuri et U à captivé
tout l'auditoira au plus haut degipè par son diaceim,
que nous regrçltops de ne pm^oir raprodoirSé Le der*
nier discours a été ç^lpi de M».Bl^nohdtoo^ ea^itûne
de corvette en retraite, dont les paroles pleines 4'inté*
rét ont excité aussi l'c^t^ntion générale. Lea feOMs
fiUes ont ensuite çouTonpé la tocnbe^^ le d^smier
adieu a été prononcé , et l'assemblée s'est dissoute
sous l'impression d'une vive émotion» Le seUTonir
de cette fête funèbre , de ce triste et pteux detoir
(«7)
aocompU par k famâHe , les amis , les compatriotes
du foyageur » avec Tintert ention de la religion et celle
de l'aotorité pabliqae , a laissé et laissera long-temps
encore dans les âmes l'impression la plus toadiafnte
et la plus salutaire.
iV. B. Dès a¥ant rachètement de la tombe de Pont*
l'Abbé , la Société de statistique de Niort et le conseil-
général des Deux-^SéTros ont Yoté une colonne airec
buste k ériger dans la TiUe natale de René Gaillié ,
c'estnà-^ire à Mauzé. La Société a décidé en outre que
le portrait serait placé dans la salle de ses séances. La
souscription a été promptement remplie , et le gou-
yemements'y est généreusement associé. Nous ren-
drons compte de la cérémonie qui a eu lieu le 96 juin
dernier. J— D.
NovaiiistfMOie sur ta Mappemofkde de Herefùrd^ publiée
en six grandes ptanehes eolonees, /ac-similê.
( Première livraison des Monuments de la géographie ,
ptr M. JOMARO. )
La carte conaenrée dans la cathédrale de Hereford
depuis longues années est restée long-temps peu con-
clue : il eA était ainsi lùème en Angleterre , lorsqu'on
jSSo je m'adressai à sir John Barrow pour avoir la no-
tice desancinmefi èartes qiJi pourraient exister dans éi^
venses bibliotbkpies de i'An^eterre. Ce docte voyageur
voalut bienme procurer d'abord U fac-similé èe la petite
oas^ de k biMiotbèqm oottonienne citée par PlayfaSr ,
4t il me fil otmaeltcé en même temps l'existence d'tjHDte.
grande mappesùonde qu'il pensait exister iflereford.
(68)
mais sans y joindre aucune descriplion , at(en<|u qu'il
en a?ait seulement entendu parler^ Depuis lors, je fis
des démarcdies répétées pour en obtenir mfac-nmile;
la négociation dura pluaieura aonéeè. C'est alors que
la Société royale géographique de Londres s'occupa
de cette carte et en fit faire une copie très exacte pour
sa collection.
Je ne puis en donner ici qu'une idée 1res générale.
Cette carte a été exécutée sur étoffe ei coloriée ; sa di-
mension est d^environ ■'"«GS sur i*,56. Le dessin ne
remonte pas au-delà du commëncemenlduxiii^ siècle,
s'il n est poMérieur. Cependant, la coniposîii^h-pn-
milive de, ('ouvrage doitélre antérieure de besuceup.
L'était des connaissances géographiques y f si au-^de^-
sous de celui que suppose la géographie d'Edrii^; et
même la description du globe par Dicuil , sans parler
d'autres traités non moins connus. Il est vrai que dans
ces temps reculés , les notions scientifiques se répan-
daient lentement, et que dans tel ou. tel pays.» elles
étaient plus ou moins avancées , selon les circonstances
fortuites qu'aujourd'hui il est difficile d'apprécier. On
ne peut , en effet , déterminer le degré des con-
nabsances pour une époque donnée que d'une ma-
nière relative., c'estrà-dire poiir chaque pays, et pour
i|in^i,dire pour chaque autbnr diffirent C'est ce qui
A'és^lte de la comparaison 'attentive des monuments
géographîgiies existants;. Quoiqu'il en soit, la mappe-
monde ^e Hereford paraît' présenter ides notions A^
deux époques trési .différentes , à savoir, celles qui ae
rapportent & la descriplion de Paul Qrose, et eelles
qui ont été procuré^^i par>oetiaÂai voyages do moyen^
Age; et il me sençiltte qu'Uy.a loin éa rédactear pri-
mitif dé Jb,c^r te à.celui:qui a desnoèla cqpie d'Here<*
ford. Malgré ce mélange, elle n'est pas moins tr^
digne d'attention comme un des plus anciens et des
plus curieux monuments de la géographie : c'est pour
ce motif que j'ai cru devoir conunencer la publication
des cartes inédites du moyen-^e par la mappemonde
de Hcreford. Une des circonstances qui la caractéri-
sent est la présence simultanée des légendes latines et
des légendes en anglo-normand (ou franco-normand).
Les lignes rimées en ce dernier idiome peuvent être
considérées comme une des plus anciennes formes du
vers français, et peut-être est-ce un motif pour ne pas
faire remonter cette copie au delà du xui* siècle. Cette
détermination expliquerait pourquoi les notions tirées
des voyages de la deuxième moitié du xiii* siècle n'au-
raient pu trouver place sur la carte, et en même temps,
comtnentd'autres notions un peu plus anciennes parais-
sent n'avoir pas été étrangères au dt>ssinateur de la carte'.
Outre les légendes françaises qui sont au haut de la
carie, on trouve, à 4a partie inférieure, plusieurs in-
scriptions tant en latin qu'en frainçâis, lesquelles se-
• • •
ront rapportées avec toutes les autres dans le texte
joint aux planches* Une de celles-ci porte le nom de
Richard de Haldinghani e tlêLafford^ comme ayant
fait et composé [compassé) cette pièce. TI est repré-
senté lui-même à cheval dans un des angles de là
carte.
On peut regarder cette carte comme entièrement
'inédite. Il était temps de la conserver poui' le monde
savant par une reproduction- fidèle , parce que l'origi-
nal est aujourd'hui en mauvais état (i).
(i) Voy. BuUftin de juin 1843, /7aye4i3.
C lo )
DEUXIEME SECTION^
Actes de la Société.
EXTRAIT DES PROGÈS-TERBAUX DES SÉANCES.
PRiSfOBlICB DB.M. JOHABD.
Séance du \*^ juillet i849.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
M. le secrétaire de la Socîéiâ donne ensuite eoouBu*-
nication du procès-verbal de la séance générale do
1 7 juin.
H. Cunin-Gridaine » minislre de l'agriculture et du
commerce , nommé président de la Société dans la
séance générale du 17 juin» écrit à la Commission
centrale qu'il accepte avec le plus grand plaisir cette
marque éclatante de sa bienveillance, et qu'il espère y
répondre en secondant de teus ses eGCorls les travaux
et les progrès de la Société.
M. Jomard annonce qUe les membres du bureau ont
été admia à l'audience de H. le ministre, qui a bien
voulu s'entretenir «vec eux des travaux de la Société et
des moyens de leur donner une plus grande extension.
M. le ministre a fait au bureau l'accueil le* pli» bien-
veillant^ et a paru animé des dispositions les plos fa-
vorables pour les intérêts de le Société.
MM. Roux de Rochelle, Gochelet, Ansart et Gui-
(7« )
KQÎAul* noiDinéft dsos U séanoe générale » le prcmieiv
vîce-|^réMdflnt ; la deuxième, acrutaleur; le Iroiiîème,
ai^réiaire i el le quatrième » membre de la Commis*»
aîpo cwMraJe » adne^^eol leurs remerciemepla à le So^
ciété, et Imi pra«l«4i^at 44 GAOtribuer ewee iio nouveau
sèle à ses utiles travaux.
M« Pm^^îo f récemoient admis dans la Soûiété « lui
adr^ai) 1## mêmes r^oiereiemQnU. et lt»i ançonce le
mèpic concours.
M* I0 baron de Perfeiden de liioderslein et H, Alex.
Agnillon» aocieq député du Var, membres de la So-*
ciélé» lui écrivent qu'ils souscrivent, le premier pour
iq fr. • et le second pour so fr. au monuménè de II. le
contre-amiral d'Urville.
M* MeidingcF» da la Société géographique de Franc-
(^\. y réclame plusieurs publications de la Soeiélé qui
PC Ipii tout pas parvenues. On fait observer que ces
pijibjyycatioiie sont épuisées.
U, Eugène Robert, mambre des Commissions «cil}n^
tifiques du Nord, adresse à la Société deui Notices
ci9PçerPAnt« Tune le GroeaaUnd at la pècbe des cétacés
ijiips Ms m^rs iiJM Mgrd; l'autre la Nouvelle-^iéiande.
fl la bapteur qu'atteignent U$ lames prés du oap
Dora- Co9 deu^L Notices sppt repypyé^s au oemilé du
Bulletin.
If. Flury , Qi^nsul 4e Fi>ince à ^al^nce ei meoabre de
la Société , lui éorU pour luî pi^oposer l'échange de
son Bulletin avec le RecMcil des Amis du pays de Va-
lence.
Al« Vieliot, présidfnt de 1a Société d'pgrioulture ,
sciences et arts de Meaux, adr^^e le d/çmiçr VoJmIP? du
Recueil publié par cette Çoc^éié* et il en propose éga*
leineot rechange avec le Boflptin*
( 7« )
M. Daily, professeur de géographie el d'histoire
à Bruxelles, écrit à la Société pour lui offrir an
exemplaire de ses Eléfnents de Cki^oire du genre km^
main. D'après le désir de l'auleur, la ComiiiisBioii in-
vite M. Guigûiaut à vouloir bien rendre compte de cet
oufrage.
M. Jomard présente, de la part dé l'auteur, M. Vi-
quesnel , on exemplaire colorié géotogiquement de ht
carte d'une partie de la Servie et de l'Albanie, faite
d'après le^ renseignements qu'il a recueillis en i836
et i83H pendant son voyage dans la Turquie euro-
péenne.
M. Ramnn de la Sagra offre à 1» Société une carie
<]e l'Ile de Cuba et des terres circonvoisînes , dontiant
la division des habitants en tribus au moment de la
décooverle et les routes suivies par Christophe Colomb.
Cette carte y dressée par D. José Maria de la Torre en
1841 f est destinée à servir d'éclaircissement à son his-
toire ancienne de l'Ile de Cuba. M. Berlbelot est prié
d'en rendre compte.
M. Tassin, arrivé récemment de l'Inde, où il a fait
un long séjour, est présent à la séance ; il offre à la
Société une collection des cartes qu'il a publiées sur
les diverses contrées de TAsie. Ces cartes , au nombre
de six, sont composées de 3o feuilles.
M. Garcin de Tassy, de la part de M. Constant de
Sicé, professeur à Pondichéry, adresse à la Société
l'Annuaire statistique des établissements français dans
l'Inde pour les années i858, 1 85g et i84o.
M. Daussy offre, au nom du bureau des longitudes,
son Annuaire pour l'année 1849.
M. Jomard communique k la Société un volume de
Récherches sur la géographie de l'Arabie d'après les
auteurs arabes, qu'il a reçu de H. le baron de Hammer.
(75 ;
L'auteur parait désirer qu*U en aoil rendu conpie dams
le Bulletin. M. Deaîardios est prié de prendre copûaia^
sance de Touvrage.
Le même membre lit une lettre d'Alelandrie , ren-
dant compte de plusieurs engagements qui oni eu lieu
sur les frontières de la Nubie, entre l'armée: égyp-
tienne et les troupes des Abyssins , et à la suite, des-
quels le vice-roi a réclamé la mise en liberté du consul
de Belgique, M« fiJondeel. .
Le même membre fait connaître que la Société du
Caire s'est constituée sous le nouf eau titre d^Assçcia-
tion littéraire éffrptiemie, avec le projet de publier
un Recueil périodique d'obsei^ations et de recberohes.
Enfin, M* Jomard annonce que M. Dantan alûé» sculp-
teur» l'a prié d'offrir ses services à la Société pour
l'exécution du monument de M. 4e contre^amiral d'Ur-
viUe*
M. Berlbelot dépose sur le bureau de. nouvelles s4a-
tîslâques publiées par les divers ministères du Vene-
zuela , et il lit une Notice sur les nouveaux établisse-
ments agricoles fondés au VénésuelaparM. lé colonel
Codam; Cette Notice , aisisi que la carte qui l'aceom -
pagne , sont r envoyées au comité du Bulletin.
Le même membre présente à l'assemblée le fils du
général Paez, président de la république du Venezuela.
M. d'Avezac présente également M. Ayrton^ voya-
geur anglais, arrivé récemment de l'Abyssinie , où il
s'était lié avec M. Antoine d'Abbadie.
Le même membre communique une lettre étendue
de M. d'Abbadie t contenant la suite des explorations
de ce zélé voyageur. Renvoi de cette* communication
au comité du Bnlletin.
M. le Président rend compte de l'état de la sooscrip-
( 74 )
tion pour le monameot d'Unrille ; elle s'élève au pré-
sent )oar h la somme de i ,849 fr. So e.
Séance du 1 ijui/iei 1 8i4t-
Le ppooAs-^erbai de le dernière sèanee est la et
adopté.
M. le Préûdent entretient TasseinUée de la perte
croelle qoi vient de frapper si subitement le Roi et la
France. Monseigneur le due d*Orléans apprèciail les
IravaoK de la Société , et dans plusieurs ooeamns , il
avait eiprimé au Bureau le vif intérêt qu'il prenait aux
progrès de la géographie. S. A. R. avait donné à la So^
ciélé un haut témoignage de confiance en la chargeant
de distribuer un prii de 9,000 Ir. è Tautenr de la
découverte géographique la plus utile a ragncultore, à
rindoatrie ou à l'hum^inité. La Commission oeniralo dé-
cide que l'expresàon de ses vifs regrets sera consignée
au procèa^-verbal , et que le président de la Sodété,
M. Cumn-Gridaine, ministre du commerce, sera prié
de porter au Roi TespreeRoo de la profonde douleur
do»t elle est pénétrée.
IL le sacrélaiye de l'Académie royale des scieneesde
Turin adresse à la Société le Y volume ^ la seeondc
série des Mémoires pdbfiés par celle mvanle eompa-
M. Warden adressa le tableau de la population des
États-Unis d'Amérique en 1 S^o • d'après io dénom -
brement oiEciel fait en vertu d'un ade du congrès.
Renvoi au comité du Bulletin.
M. le baron Tupiaier éorit qu'il s'miocie 9^ projet
de la Soeiélé d'élever mi monument è b mémoire du
contre-amiral d'Drville y et il adveese le aaontanl de sa
souscription.
(75)
M, Doolaa aloé, sculpteur» écrit h la Société
qu'uyant eu d&9 relakî<m8 iotimes airec M* le coolre-*
amiral d'Urville, il serait heureuKde pouvoir concourir
au témoignage pivblic de gratitude qu'on se propose
d? rendre à sa mémoire; il renouvelle ji la Société ses
offres do service pour l'exécution du monument*
H. Rous de Rochelle lit un exlrs^it du Mémorial de
VOue$u où il est rendu compte de la cérémouie qui e
en lieu à llauzé ponr l'inauguration du monument de
René Caillié» né dans cette ville. U. Jomçird riond compte
de sa correspondance à cette occasion avec le préfet
des Deux-^Sévres et la Société de Niort» et il coo^muni-
que une série de journaux du pays sur le même sujet ;
il donne ensuite des explications sur la première
pension accordée psr un ancien ministre» M^ de
Salvandy, à la veuve de cet intrépide voyegfepN
Le même membre communique les statuts de i'as-
sociation littéraire égyptienne, dont il avait déjà en-«
tretenu l'assemblée dans la séance précédente*
14, Cocbelety qui a été président de celte Société
pendant son séjour en Egypte , pense qu'il serait utile
d'o«vrir arec elle des rj^pports scientifiques. Des rela*
tions ont déjà été établies » elles seront continuées.
M. Barbie du Rocage annonce le prochain départ
pour Valdivia de M. Bardel , membre de la Société » où
il va se rendre en qualité de consul , et il prie la Com-
mission centrale de lui adresser une série de questions.
M. Eyriès rend compte de divers documents qui ont
été renvoyés à son examen , et il présente l'analyse de
l'un de ces documents qui est relatif aux négociations
ouvertes entre les Étals-Unis, le Mexique et le^ Éiats
voisins au sujet de leurs limites respectives. Renvoi au
comité du Bulletin.
H. Duflot de Mofras, chargé par le gouvernement
(7« )
d'une mission eh Califorme , présente dé ti^efoix un
rêsamé des renseignements qo*il a reeueiUis p^eodant
son séjour sur la situation actuelle de ce pays.
M. Noël Deâvcrgers, qui arrive de l'Italie ; oàil avait
été chargé d'une mission scientifique par le ministre
de l'Instruction publique , offre à la Société plosieurs
ouvrages sur les mathématiques et la géograpliie /de
la part de M. Ferdinand de Lucas, membre de l'Aca-
démie royale des sciences de NaptesJ M. de Lucas
est déjà (^orté comme -candidat pour utoé des pretnîé-
res places vacantes de (^orrespondànt'étranger.
Le même membre communique le calque d'une
carte ancienne qui parait remonter au xv* siècle, -et
il donne, quelques détaila qu'il a extraits d'un diplôme
sur la longueur du pied notmand et de la perche, en
1 loi et 11 i5.
M. Jomard présente la 4* et 1^ 5® parties de la map-
pemonde de Hereford, qu'il doit publier dans ses
Monuments de ta géographie. ' •
MH. d'Avezac et Thomassy commùmquént de nou-
velles lettres qu'ils ont reçues de 'M; Art'toine d'Ab-
badie. — Ges lettres sont renvoyées 'au côinité du' Bul-
letin.
M. lé Président rend cdmpta de l'état de la s)Dus«
cription d'Urvillë; elle s*élève aujourd'hui à là soûima
dp 1,944 fr. 5ô c. •
MKMnRK ADMIS DiNS LA SUiGlélÂ*
Séance du 1 5 Juillet i848.
M. Philippe*Auguste delMoaiNEAV.
n f ■•
• 'I
( 77 )
SotscmPTiON oui*erte dafts le sein de la Société de géo-
graphie^ pour le^ Monument à életfer à la mémoire du
contre-amiral Dumosit b'Uavil&b. •
f ii
Liste des SouMTiptMnn da 6 juillet jusqu'au S août 1649* ■
MM. Bebriat Saint Paix, membre do Tin-
slitut. I o ^^^
M£is5AS, membre de la Société. S
Marbrau, trésorier général des Invalides de
la marine. 25
Baron TupiRLBR, président bon. de la Société. so
A. Noël DfisvRBâBRS, membre de la Com-
mission centrale. 20
Flurï-Hérard , membre de la Société. ' 10
Hîppoly te Flijby , id. , consul de France '
à Valence. 10
•
De Mobivbau , membre de la Société. 10
E. Robbbt, membre des Commissions scion-
tifiques du Nord. 5
Baron de BouGAiifVj'^M^.t coal;i*ie-amiral. . .20
Le chevalier Adrien de Bai^bi^ conseiller au-
lique» correspoodaat dé laSooiéèéé' 10 >
Souscriptions recueillies dans les ports par MM, les
trésoriers dei Mï^àlides de la marine , ettran^
mises à la Société par ML* IIabbbau, trésorier^
giaéraldes l$^yufÀdes de la marine* . . , ,1 , '
• .cb^bmiuro.
Lavabchb» capiiaitte de vaisseau, major de
la marine. • . ' ]5
Le Cardinal » àdus-commissaire de marine. 5
Total. ... i6&fr.
(78)
Report. ... i65fr.
Le chev. de Coubsoii iConlre-aoïir. en reiraile. i o
DuBus » professeur de navigation. &
T. Sbbbet » armatear. 5
Le Pbllbtjbb » trésorier des Int. de la marine. S
Hbskabd, armateur. 5
J. Le Pbllbtieb , enseigne de vaisseau. 5
L. Vjllbfbbon jeune, armateur. 5
F. ViLLEFBRON alnéy id, 5
L. Sebert jeune id. 5
L. Denis. id. 5
De la ViLLÈoii, lieut. de vaisseau en retraite. 5
H. Besnieb , armateur. 5
GuiLLBMABT 9 lieuL de vaisseau, 5
Lahdbgbbk 9 capitaine de VEifeil. 3
CHâBNBBi capitaine de vaisseau. lo
QUIMPRR.
Le Bastard de Rergciffinbc , capitaine de
frégate en retraite. aS
NANTBB.
DuGHBsiiB » officier de marine en retraite. 5
■arbbillb.
Jacques , commissaire-général , chef du ser*
vice de la marine. aâ
Abbaud, trésorier des Invalides de la marine* 5
TODLQBI.
Ch. Baudib » vicè-amiral, préfet maritime. 5o
Gaotibb, contre-amiral, majorfénéral. lo
Mattbbbb, capitaine de vaisseau, major. lo
Babual, capit* de corvette , aide-major. & .
Jacquihot , capitaine de vaisseau. ao
Coulomb, capil. de corvette , aide-major. &
Total. . , . 4o8fr.
^ 79 )
Report . . . 4o8f*"'
PAQUBTt capitaine deconrelte. i^o
De Gasqubt , id. i
LbJBUIIB, «/• 10
CuifÉo d'Obn ANO) capitaine de faisseau. so
Hèbail y capitaine de corvette. 6
La Rcgqub db Ghanfbay , capit« de vaisseau. lo
E. Ollivibb, «/• io
Rbgnibb t capitaine de corvette. &
De Sandfobt , id. 6
Dbscbavps , id. 5
Gabibout , capitaine de vaisseau. \o
Jose{^ Gbabb , id. lo
H^I BBLLAlfGBBy id. 10
Davib DB Saint-Gborgbs, lieut. de vaisseau.. • 5
Ph. Hbnbi , id. 5
De MsBGON f id, 5
GiBiBO, id, ' 3'
C.deLAGOUB, ic/fr 5
A. Allibz, id. 5
L. Rit » id. 5
De Lajabd , id, 5
Govpvbnt-Dbsbois , id. 5o
Dblassaux. lO
De RiGAUDT.capît de vaîMeaUtdîreol.du port. ao
Th. Pbltibb, lieu t. de vaisseau. 5
HuGON I écrivain de la marine. 5
Sbin. 5
RftTllÂlU2^ commissaire de la marine. i o
GhbiuuMt, sous-commmair^. ' 5
Bublb , id. 5
GoiNGAN , id. 5
Total..
677 fr-
S'^cort. . . . 6-^fr-
B«i<rix9(» cnmin.s pnn*np'\L
3
1- J^nuEf,
'/il
i
Js9!4i&n . cncninis 1** nanne ie «^ cijoM*.
«:
V. ^2cas» so«i5-
<mnmàam»in.
^
BosMEB» commxsBair?.
xo
Cabtibi » coauBis prîacipaL
5
A. de SoTE , sotis-coaunisBair**.
d
Sn^YV , commiâsaire
lO
IvBavr tt/.
r«
CJluvibs , commis principaL
3
LmTjkDD , imii 1 iimmiiMiîip
&
4. C %BKmT ,.
id.
5
RflUfiami, dîrectear des snhtMtamcefc^
lO
Fuoc0««T , amm
frfclLOtlgl
%
Ladcaudih, garde-magmin.
S
■axcihi»
1^.
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La Pdaitt ,
<>£
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GsAJNMBAji, eoa
mus principal des anbaiat.
5
ffbuvn»
/<£
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PumieT.
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Abdiu.
S
BoMPâA.
i
p. Ba^AAcm.
3
A aÎDoler pai
ir efiie— d'iAKlion <kns
la i^Gste.
5
Moolani des premières listes. . . . i»A39^-5u
ToTAi> etotoàri • . • sjiS«.^âo
BULLETIN
LK LA
SOCIETE DE GEOGRAPHIE.
**«
AOUT l84s.
PREMIERE SECTION.
MÉMOIRES. EXTRAITS, ANALTSES ET RAPPORTS.
Prbmibb toyage à la recherche des sources du Nil-Blanc^
ortlonné par Mohaiimbd-Aly , vice-roi d* Egypte.
Article communique par M. JoM ARn.
( Suite. ) (i)
Dimanche^ i5 chawal. — A notre départ» le matin ,
le temps était un peu brumeux. Cependant nous aper-
çûmes sur les gb , vers la rive orientale du fleuve , quel-
ques cabanes ainsi que plusieurs individus que Téloi-
gnement où ils se trouvaient nous empêcha de bien
distinguer.
Les deux rives de cette partie du fleuve sont bordées
de joncs et de roseaux.
A 1 |b, soit à cause du calme qui régnait, soit encore
pour donner le temps à quelques barques qui étaient
restées en arrière de nous rejoindre, nous pliâmes
(i) Voy. le BulletiD de juillet 1842, p. 5.
XVllI. AOUT. 1. 6
les voiles et nous jelàmes l'ancre au milieu du (leuve.
Lundi , iG chawaL — Ouoîque nous soyons partis de
bon malin, cependant la violence du ¥ent el surtout un
kourdii (i)(}tti fi€ trouvait sur noise routa, nous empè^
cli^^rent d'avancer et furent la cause que plusieurs de
nos barques restèrent en arrière*
A 1 mille et demi de la rive orientale du fleuve nous
aperçûmes quelques cabanes ainsi que des hommes el
des aninvaux
Étant parvenus à l'extrémité du kourda et à la hau-
teur des cabanes, nous nous arrêtâmes.
Aussitôt dix imcUvidu^ sortiireiit des caj^aw^s et vin-
rent droit à nous, menant un veau qu'ils tuèrent sur
le rivage à coups de lance; après cela ils s'enfuirent à
toutes ïambes. Ces démonstrations nx'itjent suggévè
quelques soupçons, je£us.appelerle nemmé Itèhéxned,
un de nos soldats nous du Dinnkhah„ et je lui demai>-
dai ce qu'il pensait de l'action de ces gens; il me ré-
pondit que leur intention était tout hostile et qu'ils dé-
siraient nous montrer ainsi de quelle manière ils
avaient le dessein de nous traiter.
A 81^, quarante individus a^^ntla chevelure longue
et rouge, etne ressemblant nullement à celle des autres
noirs, les bras, ornés de boucles en dent d'éléphant,
en fer et en cuivre, et en forme de braqelet , les mains
armées de tances el même de flèches , le corps bigarré
comme celui des Schlouks et parlant un langage con-
forme â celui de Dinnkhah, vinrent jusq[u,'au rivage,
accompagnés de quatre vaches que cependant ils lais-
sèrent en arrière.
^ Hs nous échangèrent du dourab, du Semsem coQtre
de la verroterie ce qui se fit à l'insu de leur cheikh »
(i) Le manuscrit porte quelquefois Fourda et Khourdah.
(8S )
car Dom ne fûmes paa long-teoipsâ sou|ikço0ner xfoe ce
dernier s'en était formalisé, et surtout qu'il avait
g^foudé ses subordonnés; c'est pourquoi l'ordonnai
au susdit Uéfaén>ed d'tdleor le quéfûr. CependanA €»-
lui- ci ne ^int point en personne, nuôs il noua Vf
vaya, par un autre, un cheweau et un peu de tidsaB en
présent. Nous eûmes beau questionner ce derqîei!,
nous ne pûmes rien aavoîc de lui. sînoa que lui el les
siens él^i^nt desNuvUs (i).
Nous le congédiâmes en lui doiusant quelque peu
de verroterie» et en lui disant qu'il eûJ. à amener 9on
cheikh , à qui nous avions l'intentieade faife 4?^ f/fth,
seiïts; nous, lui finies, oompreodre » à. Vaide d«i 8K>1-
datNU})4<ned»qMi'iil n'asait rien à ctwidïï^ «^ptrè^^^oi
«eufr le renvoyàwes aecompag^^ de ce deo^f 0* Cei
pfindsMEi4 le ctieikb me iioalut en aucune manlèse aei
rendre & no& inatanoeft ansici^. Mais la segeese àir
nine voukbt qu'uft des leurs s'approchent du drogman
Mékimed vint lui déelarev les pro)eis perfides qjue se»
coo»{iag^oos nourrisaaient à notre égard ; il Lui réx^éU.
<|ue la chÂvre avait été empoisonnée » el que lenr des-
sein ékaàX d'entretenir notre confiance pour ensuite
en abuser phis s^emeot^ après quoi il s'enfuit.
Véhémed s'éiant empreasé^ de me raconter ces civ-
constances » ) ordonnai aussitôt que la chèvre fût eia-
mi^ée, et le gonflement de toates les parties de son
corpsr MMfr ^e l'écume q/m lui sortait de la bouche,
nous, furent des preuf es ivvéfragables de lu neauvaise
foi de ces gens.
Je donnai l'ordre à quelques soldats de la f* daka-
b)éb de faire feu, ce (^'il& firent ; un individu qui se
tenait anpvés di» chttUi tomba, plusîeuvs autres bt«ei*
(i) Oti J^auvirs; on prononce aussi JVoueir$ et JfPouem,
(84 )
ses 86 sauvèrent» abandonnant leurs flèches et leurs
lances.
Nous étant mis en mouvement » nous aperçûmes le
hillé du susdit cheikh, situé à un demi-mille à Torient,
entouré de gros arbres et séparé du fleuve par' un
lac dont les rives sont bordées de broussailles et d'ar-
bres.
Le fleuve, dans cet endroit, a ses rives parsemées
de joncs et de roseaux , et il s'y trouve deux tlots men-
tionnés dans le tableau.
A 1 it>, les barques restées en arrière nous ayant re*
joint , nous jetâmes l'ancre.
Mardis 1 7 eha$¥aL — Ce jour nous ne vîmes rien d'im-
portant: seulement 9 sur les â^» nous aperçûmes h
l'orient quelques girafes, et à environ 6 à 7 milles du
fleuve la fumée de divers feux. Deux tlols près des-
quels nous passâmes ont été mentionnés dans le ta-
bleau. Les bords du fleuve, dans cet endroit, sont
parsemés de roseaux et de joncs qui s'avancent dans le
fleuve jusqu'à la distance de 1 mille à 1 raille et demi.
Mercredi , 1 8 chatvaL — Un officier m'apprit qu'un
des soldats noirs étant tombé à l'eau par accident, s'é-
tait noyé. A 4^ , nous vtmes du c6té de l'orient plu-
sieurs cabanes ombragées d'arbres et entourées dlion»-
mes et d'animaux; plusieurs même se trouvant auprès
du fleuve se sauvèrent A notre approche. A 7h « la vio-
lence du vent ayant jeté une de nos dahabyéhs sur un
bas-fond 9 ce ne fut qu'à 10^ que nous parvînmes à la
dégager.
Quelques barques restées en arrière nous forcèrent
à nous arrêter. Les rives du fleuve dans cet endroit
sont clair-semées de joncs et de roseaux» Nous aper-
çûmes aussi quelques petites cabanes desquelles les
( 85 )
habilanls s'enfuîreuL La plupart de ces houunea
habitent les bords du fleuve et ment de la pèches
Jeudi, 19 cAaws/. — Sur les 5b» nous vîmes un petit
hilléh, et quoique plusieurs de ses habitants se fussent
approchés des bords du fleuve , cependant ils n'atien-
dirent pas notre arrivée. A 5^, nous rencontrAmes un
tlot, et è 9h un autre; quoique ces Ilots ne soient
que de 3 et 4 milles» la grande quantité de joncs et de
roseaux empêchant de haler, et le courant du fleuve
devenant un obstacle à l'emploi de la mme, les bar-
ques ne faisaient que dériver. Bien que nous n'aper*
çussîons aucune habitation » cependant de la fuméi»
que noi]|S voyions» à de courts intervalles, nous donnait
à penser qu'il devait s'en trouver.
La rive occidentale du fleuve est tant soit peu par*
semée d'arbres.
Quant aqx deux bords, ils sont assexfournb de foskc$k
et de roseaux.
Nous jetftmes l'ancre à 1 ib...
Fendre^i^ .so cAanvaL — A 5^ nous rencontrâmes quel-*
qoes arbres délit { 1 ) sur la rive oociden laie. La rencontre
d'un kaurda fut cause ^qoe plusieurs barques restèrent
en arrière. Nous fîmes peu de chemin. Nous aperçu^
mes un grand nombre d'éléphants sur les deox rives. ••
Les deux rives du fleuve sont fournies d'arbres
clair-semés et bordées d'une grande quantité de joncs
et de roseaux variés.
Samedi^ si chûivaL — Nous partîmes de bon matin,
et nous aperçûmes à ^f* VQ groupe d'arbres un peu
éloigné do fleuve; du.cété occidental nous vâmes.
quelques cabanes; à 5k, du côté oriental, nous
découvrîmes quelques cabanes dont les habitants nous
(1) Piîb on dylh ; quetquefeis le mannscrit port« (1*A»Y6. Voir plu à
bas.
(86)
regardaient de loin; à 8^ , on vit , des deui eéfés,* un
grand nombre d^élépfaanla.
A 9I1, ûouB d^biouvriinea sar le rivage du Aeuvê qivel-
que» oabaiies entourées d'arbret épers» et à enviton
n millei du fleuve nous vîmes un grand kiiàk dont Ub
habitanls s'enfuirent à notre arrivée; et oomtne ka bar«
qoes étaient dépourvues de bois A brûler , nous priâ-
mes terre pour nous en procurer. Dans ce moment ,
un soldat noir de la deuiâèttie dahabyéà , qaî éiail
inalede , expira. Avani de paiiir , une femme s*é«
tant trop approcbée de noire dalnbjéh , nous la pri-
mes» et nous la filmes interroger par notre drègman
Hébémed. Après lui «voir demandé la rmson pour in^
quelle les habitants de <e hillâh se «amaiont é noire
aspect 9 elle noue répondît que ceux qui bafcitent Toc-
cident étaient de la tribu des Nuvirs> que ceux qui
habitent Torient étaient de celte des Kylts et qu'elle
était une Nuvir» que les cabanes qui se trouvaient
près du rivage appartenaient & des babsÉauts qui se
noutrisaent d'animaux qui vont dans l'eau , comme
l'hippuyotame et le crocudile , et que ce n'était que la
orainle qui lea portait à se sauver. Nous la renvoyâmes
après lui avuîr donné un peu de viande et de doutah ,
en lui recoÉsmandant de <Hre à tous oeux ide sa tiilH%
que eeux qui viendroiest ne devaient rien craiii-
diu » qu'iteiSemientiovt bien reçus ék qu'lm lenr«lon«-
nerait des présents.
Lee bords tin fleuira Bpnt pleins de humaonff^ de to-
seunx ut de fones. Motre position le permekant» nouu
pilaaiij la haatèorriu soleil tm jour-là , et nous jelAaauu
OiaMmAe,, aa cybtffW.*-* Mous noua mhnea eu rotsla
de grand malin; qom aperçûmes i l'ocoident* un peu
( «7 ^
loin du fleuve I plusieurs cabaacs de Nouvii-s» cnlou-
rées de quelques arbres, à l'orient, ua grand aombr^
d'arbres deDjlb, très variés, et sur Les bords du flewa
quelques cabanes de Kyks.
A 3h nous aperçûmes une espèce de lac , qui , après
avoir élé sondé, nous donna lys brasse et m6me
une brasse d'eau : Teau en est stagnante.
Du côté de l'orient, toujours au bord du fleuve, nous
vîmes quelques cabanes de Kyks , dont les individus
s'enfuirent^ et se cachèrent dans les joncs et lesrosseaux
qui sont auprès. Ayant envoyé notre drogiaan Héhémed
pour leur assurer qu'ils ne devaient rien craindre de
notre part, et que nos inteations étaient toutes con-
ciliantes à leur égard, trois d'entre eux sortirent de
l'endroit où ils s'étaient cachés^etneuf enfanb, sortant
de leur cabane, vinrent auprès de nous» Après leur avoir
demandé de quelle tribu ils faisaient partie, ils nous
répondirent qu'ils étaient Kyks, et nous dirent que leur
moyen d'existence était la pèche, et lâchasse qu*ils fair
saient aux hippopotames et aux crocodiles. Après leur
avoir demandé quelques nouvelles, ils nous répondirent
qu'un peu plus loin le fleuve Blanc était bordé d'une
montagne dont le plateau était très fertile» qu'au-*
delà se trouvait la tribu des Kalkloursqui sont anthro-
pophages , et qu'encore plus loin on trouvait les tribus
des Nouvhouns, de Batlyèh et de Bhourr. Nous les
congédiâmes en leur donnant quelques cadeaux de ver-
roterie^ et en leur disant qu'ils n'avaient rien à crain-
dre, ainsi que ceux des autres tribus qui auraient
rîntentioB de venir nous voir; enfin que nous leu^*
donnerions de pareils oadeacix.
Nous découvrîmes plusieurs cabanes dont los habi-
tants se nourrissent pour la plupart du dourah propre-
( 88 )
ment dit et du dourab de Syrie qui abonde dan? cet
endroit, ainsi que le poisson.
La rnpidHé du courant est de s milles , Temploi
des rames et du halage est impossible. Dans cet endroit,
le fleuve a beaucoup de sinuosités.
A tih nous jetâmes l'ancre.
Lundi ^ «3 chawaL — Nous nous mtmes en route de
bon matin. Nous fûmes obligés de haler ii cause du
kourda,et de nous servir des rameurs pour le franchir;
deux de nos barques restèrent en arrière.
A 6^ (midi), Zawal (i), nous aperçûmes quatre peti-
tesbarquesde la tribu des Kyks qui coururent sur noua
en lançant des flèches. Nous ordonnâmes à quelques
soldats de faire feu : deux des bateliers furent tués,
les autres plongèrent dans l'eau et s'enfuirent. Cepen-
dant nous ne pûmes nous empêcher d'être étonnés de
la hardiesse de ces individus qui , au milieu du four,
avec de si frêles moyens de résistance^ avaient eu Tau-
dace de nous attaquer.
Le côté oriental est un peu boisé ; les deux rives du
fleuve sont assez fournis de homaouif , de joncs et de
roseaux. Nous jetâmes Tancre pour passer la nuit.
Mardis 24 c/i/ZK'a/. — Quoiqu'étant partis de bon ma-
tin, nous marchâmes peu; car pendant la nuit notre
cinquième dahabyéh ayant fak une voie d^eau , des par*»
tiesde dourahelcinq caisses de munitions forentfnouit-
lées; mais comme les bords du fleuve étaient un peu
escarpés et surtout garnis de homsouff", de joncs et
de roseaux, il nous fut impossible de débarquer les
caisses pour les faire sécher. Cependant on s'occupa le
lendemain de faire boucher la voie d*éau, ouvrage
auqueinous réussîmes complètement. Jusqu'à lo^nous
(i) Ce mot %i{^ïï\ïie point culminant — N. du R.
( 89)
fîmes très peu de chemin à cause du Kourda et de la
violence du vent
A cette heure nous aperçûmes un peu loin du rivage
quelquescabanesdeKyks, et nous jetâmes 1-ancre pour
passer la nuit.
Mercredi, %b chawaL — Le matin, à notre départ, le
temps était un peu brumeux, et le vent contraire. A 5^,
nous vîmes vers Torient , un peu loin du rivage , quel-
ques cabanes, un grand nombre d'arbres dylb , et
une grande quantité d'autres arbres; à 4^» le tent
étant iout-A-fait contraire , plusieurs de nos barques
restèrent en arrière.
. A 6h, nous aperçûmes plusieurs individus delà tribu
des Ryks qui y nous faisant des signes hostiles et mena-
çants 9 jetèrent à Teau un veau et un bœuf. Ayant or-
donné de faire feu sur ces individus, ils abandonnè-
rent aussitôt leurs lances et leurs flèches» et s'enfuirent
à toutes jambes.
Jusqu'à ^ nous avançâmes è l'aide du halage » des
rames» et quelquefois des voiles.
A 1 1^, nous distinguâmes un grand nombre d'élé-
phantsdttcèlé de l'orient; et, àqueique distance du côté
oriental du fleuve» quelques arbres et surtout beau*
coup de fumée. Les deux rives du fleuve sont bordées
de homsoufF» de roseaux et de joncs.
Nous jetâmes l'ancre pour passer la nuit.
Jeudi. aG chawcd. -^ Le matin » à notre départ» le
temps était un peu brumeux; nous aperçûmes & l'orient
beaucoup d'éléphants et quelques arbres » et à ^occî^
dent quelques cabanes entourées d'arbres.
A 4^» en nous dirigeant du côté de l'orient » où se
trouvaient plusieurs cabanes » nous rencontrâmes sur
le rivage un homme et une femme desquels nous ne
(90)
pûmes rien savoir, malgré les nombreuses questions
dont nous les accablâmes.
A 9^, du côté de l'occkkiit, nous wirnes plusieurs
cabanes ; nous nous emparâmes de trois femmes que
nous interrogeâmes convenablement. Tout ce qu'elles
purent dire fut qu'elles étaient les femmes d'indivi-
dus qu'uo parti de Nuvirs atait assassinés.
A l'occident, nous aperçûmes un étang, et après aviotr
fait on peu de chemin, nous en reoconiràmes uo se*
cond de peu d'étendue.
Le soir, noua vloaes à l'orienl ploaieiini cdiMtiiea ., et
nous nous approchâmes, sans être aperçus» de m vieil-
les femmes qui étaient «ar le Qeuve et qui se latnen-
Ittaenft dans leur laa(^ , en tmimant leur visage vers
le ciel; ùotis les foignkses; ce que nous cmnprlmea
de leuis réponses» c'est qu'elles étaient des fesmies
ILykB. £lles nous firent compreadre qise hdbs trou*
verions devant nous une montagne dont le plateau
est très fertile; af»>ès cela nous les relèchAmes. Nous
ne pûmes savoir si les étangs que nous avions renoon*
très sur «slreroote proYenaient du fleav« ou bien de
Teou de pluie ; quand bien même noos aunons cbcrairé
è en connaître l'origine » cela nous eût été impossible «
car les {onos , les toMsax et fat tbsc s'avançaient ëoiis
le fleuve d'environ im mille. Les habitants des cabomes
construites sur les bords do fleuve vivient de la «bosse
qn'ilslont sut aoimaiii amphibies $ c'est pourcfuoi on
lienoontre beafoeonp de ieuio dépouilles ëatis les bnbî
toliooSi Auxoste,pendairiitJe <tours do notre aati|galion
de la journée ^ Inoifes ne fîmes qne vtâr de la fspiéi, A
l'fii et & rOi. tin grand nombre d'faabikitiosis smt situées
à onmoâtfnsîllesdn mage. Goosme nmis afvotis îndîtfQé
dons letabio^ii à queUe^hèoro nbus avons rencontré cos
( 9' )
fillag^B, ces cabanes , ces étangs, il est inulile de le re-
fléter ici.
Les mes du fleuve sunt bordées de fûtves, de ro-
utant «t de broussaillea. Nous fêlâmes Ta&cre.
P^endredi^^j eÂAmz/.^-NousiKHiBiiitmesen roote» et
noua aperçûoMsàl'ciieWt deai petits lacs, etë Vocci-
léeÉl^ «fveiqaes cabanea.
A 5k, Dous vîmes également du côté <}e Votietit quel-
ques cabanes; un grand nombre d'hèmmes et de
ftttkmes norent « levant leurs matuiï au ciel , «t tious
dâreol opte bom étiona des envoyés de Dieu : ils oen^
dttfsaîsnt un tewo. D'après tout ce que nous pûmes
compi^eiidre de leurs crîs et de leurs signes, ils
OMIS în<vifaieni à Tenir le prendre; nous étant appre*-
chésclekurt habitationa, tiotre dragman Méhémed
leur dit -de ne rien craindre , et qu'ils detate»! nous
envoyer leur cbeikh ; celui-ci se rendit à notre invitation.
Nous apprîmes de lui qu^ls étaîMt de la tribu des
Kyks( noua lui donoâmes eneadeou quelques verro-
teôca, ee que croyant les individus de sa suite,
ils se réunirckiipleiiiide confiance , plus de Soo, sans
afiBts^ ot viimeiit noua oiltefurer uur le fleuve. Le cbeiUi
ocoDomanda à ses gé«is d'^ametièr boit vaches. Après
lui avoir demandé quelques explications , il nous dit
qu'il tse • (punvttît $m nrilieai -du fleure une montagne
très fertile , et qu'il ne pouvait nous donner aucu^
wttueiguemeat sur les hiubitanls* H «luus dit égale-
ment 'qu'et-deçà de oeMè «nutit«gne se troutait aussi
une tribu : M uyatift ^emaudé s'il ^ tnvaift iqfu^lqa'oti
deu leurs qui eût été A oMIè moutagne , ou Intft s'ila
A^ utuiëut cotinakèaïice que par ouf 'Are, ^1 nous
dît' qb^ la vérité personne des leurs tf y avait Été, parce
qtté iMôtes les fribus xfA habitent xîes endroits étaient
(92 )
ennemies les unes des autres. Il nous dil que lui^
même se trouvant ennemi de ces tribus-là, il n'avait
aucune grâce k espérer s'il tombait en leurs mains;
qu'ainsi donc il ne connaissait ce lieu que parles ren*
seignemenls qui lui avaient été donnés du dehors. Lai
ayant demandé quelle religion il suivait, il me répon*
dit qu'entre eux ils avaient un jour fixe , auquel tous
se rendaient sous un arbre pour suivre des pratiques
de dévotion. Enfin, on fit apporter huit génisses qui
furent tuées et partagées entre les soldats. Les 5oo per-
sonnes, hommes, femmes et enfants qui s'étaient réu^
nia sur le fleuve, nous imploraient dans leur langage ,
comme des envoyés de Dieu ; ce qu'ayant vu« nous en-
voyâmes le drogman Méhémed, qui IcUr dit que noua
venions avec la permission du Trés^Haut pour punir
les tribus rebelles et pour protéger les tribus obéis*
santés.
A 7^ nous nous mimes en mouvement.
A 1 1^ nous aperçûmes un étang, du côté de l'orient.
Au reste, les bords du fleuve, dans cet endroit, aont;
comme dans les autres « très fournis de homsoofl', de
roseaux et de joncs. Quelques barques étant restées en
arrière, nous jet&mes l'ancre pour les attendre et pour
passer la nuit.
Samedi 2% chaw^L — Nous nous mime» en rouie de
grand matin.
A »(> nous aperçûmes, du côté de l'oriest , quelffuear
arbres. A S**, la rencontre d'un Roùrda et la violence
du vent nous empêchèrent de faire autant de chemin
que noos le désirions; nous rencontr&mes trois va*
ches qui n^eaient sur la surface de l'eau $ et qui sanSi
doute avaient été jetées par des Kyks. Nous les primes
et nous les partageâmes entr^ les soldats. Nous appro-
(93)
cbàmes du rivage pour haler les barques à cause des
Kourdas , et noua irimes plusieurs individus qui nous
regardaient de loin. En ayant fait venir un auprès de
nous» pour lui faire quelques questions sur le cours et
la position du fleuve , nous ne pûmes parvenir à nous
faire comprendre. Cependant, quand nous l'interrogea*
mes sur les raisons qui les avaient portés à jeter
trois vaches dans Teau , il nous dit que , nous prenant
pour des envoyés de Dieu , ils nous craignaient. En-
suite il nous fit amener une autre vache » après quoi
nous le congédiâmes en lui donnant quelques verrote-
ries. Bien que nous ayons fhit descendre à terre un
peloton de soldats pour protéger les haleurs , cepen-
dant sur les 5S â Textrémité du Rourda. plus de 4 &
5oo individus, de la tribu des Ryks, armés de lances et
de flèches , s'opposèrent au passage de nos hommes ,
en disant qu'il leur était défendu d'aller plus loin.
Cela dit , malgré les représentations de notre dro'gman
Méhémed» ils se mirent en position de nous résister.
Ayant tout considéré , j'ordonnai à Sulelman-Rachef
et à l'adjudani-major Rustem efFendi de descendre à
terre , accompagnés d'un nombre suffisant de soldats ;
mais après avoir marché sur eux , et en avoir tué quel-
ques uns, sans que nous ayons eu aucune perte à
déplorer, nous vîmes la plupart se sauver , et nous les
poursuivîmes jusqu'à leurs cabanes, où nous primes
environ huit de leurs femmes ou filles, avec, un grand
nombre de bestiaux. Mais sachant que faire des es-
claves était une chose contraire aux intentions de S. A.,
notre auguste maître , après avoir donné quelques
minces présents à ces femmes , et leur avoir fait com-
prendre que c'était ainsi que nous voulions en agir
avec nos ennenftis., nous les congédiâmes. Ces individus
(94 )
oui à peu près le$ mêmes tiaJ>itudea que les Schkniks,
c'esL-Â-dire que» comme wx» ils pa49eiit leurs nuîU
dans les lacs, et qu'ils orneot leurs bras dq bracelels
ea dente d'éléphant» en cuivre et mftme en fer. Lewr
idiome a beaucoup de ressemblance avec cetiû des
Dinnkhah ; cbez^ eux» la circoncision est remplacée par
Texteaction de trois dents, et ils vivent de doi^rah»de
sésam<e et de courges qu ila cal ti vent en asses grande
quantité ; Ua nourrissent un grand noanbre do bœufa^
de vaches, de aaoutoas et de chèvres. Les individus
qui avaient )eté dans le Nil les troi^ vaches recueil*
lies le matin;,» vmreot auprès de nous « novMS appoc»
tant trois petites giinissas^ Leur ayant demandé qu^U
était la raison qui avait porté lea indigènes inow aUa-»
quer» ils nous répondiiBot qu'à la vérité ils faisaient
partie de leur tribu, nu^is que c'étaient de n^échantes
gens dont on atait toujours à redouter qqelqves mau*
vaises aelions. parce que leurs habikationa sont situées
loia 4a fleu«e«
Noua ietftmes Tancre e» cet endroit. eA nous paisi-
mes la nuit.
DinumcAe^ ^9 cbam^oL *- L9 matin» ^ notre départ, le
temps était leiOEnié à la pluio et de plua tisèSfbfum^oiSt A.
notre passage*, noua vîmes sur les deux rives du fleui^
beauMiuf) d'individus . don4 les uns semasent le tetre ,
les.ai»tres levaieikt leurs miûns vers le oial ot et iaîenld wsi
leur langage» que nous étioM las envoyés de Dâen ;. la.
plopatt nouas offrirent du bétail eè nnua fieeni sigM»
avac loua mains» de venir le p«en4re»; ils jetère«ii
pluMWS petàlsohevBeaua dans la Qeuse..
A. 5b, nous apertames« du côté de l'ooeident,. dam
grandes cabane» entourées d'uAgrattd nombre do be^^*
lîaniL. Jk T^ cniis vknesà daoUe et à gaaioha deuslaca^
( !^ )
celui sîlué à droite était «tomrè d€ beaucoup d'arbres ;
nous operçûmefl sur le bord de celiui de gaucho beou-
coup docaoardset dokéroas. Ce deraiev lac étant adja-
cent au fle«^9 Suteiman Racbef et Ibrahim *Effendi allè-
rent l'examiner. IIb trouvèrent que »a profondeur n*étaït
pas de plus de i , de « et de S palmes : à^leur retour,
nous continuâmes notre roule, el à 1 1**, nousvlme?, du
c6të de l'orient, on autre lae auasr couvert de canards.
Le fleuve, dans cet endroit, eet bordé de homsouff , de
roeeaux et de joncs. Le tempa el la journée étant favo-
rables, nous prîmes h hauteur do soleil el nous jetâmes
I ancre*
Lundi, x^lzilkcalé. — Nous partîmes de bon matin et
nous aperçâmes du côté de Tocddent trois grandes hil-
léh^ (cabanes fi)) entourées d'un grandnombredeva-
ches.Quelques personnes se détachèrent, et, après aroir
jeté deux vaches à l'eau, se sauvèrent à toutes jambes.
A i^ le vent changea &rorient , el la rencontre que nous
Ames d*ttn kourda ayant fait rester quelques barques
en arrière, nous résolûmes, pour vaincre la résistance
qu'il nou9oppo5ail, de passer à la rive orientale pour
faire haler nos barques, et nous fîmes sortir, pour
protéger nos haleurs , un peloton de soldats armés ;
mais un groupe de 4 & 5oo hommes de fa tribu des Kyks
s'étant présenté à environ vingt pas de nos haleurs,
nous comprimes, d'après leur manière d'agir, qu'ils
étaient dans Kînlention de nous attaquer ; alors nous
les fîmes prévenir par noire drogman Méhémedqu*its
eussent à nous laisser passer notre chemin , sans quoi
il leur arriverait malheur. Cependant ils n'en conti-
nuèrent pas moins à persister dans leurs projets hos-
tiles. Après toute considération, j'ordonnai à SuTeiman
(i) Hilléh si(piifie cabane ou habitation.
( 96 1
Kacbef et à l'adjudant- major Rusteoi-Ëfiendi , de
prendre avec cax sou grenadiers et de descendre à
terre. Après les premières décharges, un grand nombre
ayantété tnésou blessés, le restant se sauva à toutes jam-
bes. Sur ces entrefaites nous prîmes (juelques bestiaux
que nous partageâmes entre les troupes victorieuses.
La nuit précédente une voie d'eau s'étant déclarée
dans une barque , les provisions des soldats se trouvè-
rent avariées et mouillées; vu l'urgence de les faire sé-
cher et le manque total de vent , nous nous décidâmes
h nous arrêter dans cet endroit sur les SK
Le cheikh du village avec lequel nous venions de nous
battre vint nous joindre, accompagné de plusieurs
individus des deux sexes, désarmés; il nous apporta
cinq génisses , en nous disant dans sa langue que
nous étions des envoyés de Dieu, et nous adressa
des prières comme à des èlres surnaturels. Après
avoir accordé quartier à ces individus » et leur avoir
fait qu.elques cadeaux, nous leur dîmes qu'étant venus
avec l'ordre et la permission de Dieu, comme ils
avaient été rebelles, ils avaient trouvé le malheur î
nous lui dîmes qu'il eût à prévenir les tribus qui se
trouvaient devant nous qu'elles n'eussent pas à agir
comme lui, en envoyant des individus armés pour s'op-
poser à noire passage, car nous étions disposés i les
traiter de même. Ce après quoi (il s'engagea) sur sa tète
et sur son œil, et il partit pour sa cabane. Outre cela
quelques personnes de la rive occidentale vinrent sur
le fleuve auprès de nous avec trois génisses, et nous ne
fûmes pas peu surpris d'apprendre que nous devions
Ces offrandes aux avis donnés par le susdit cheikh & ces
individus. Du côté de l'occident nous vîmes deux étangs,
et un troisième étang entouré de plusieurs cabanes.
^97)
Les rives da fleuve, dans cet endroit» sont bordées de
joncs» de roseaux et de homsouff. Nous jetâmes l'ancre.
Mardis % zilkadê. -^îions partîmes de bonne heure,
et nous rencontrâmes sur les 5^^, du côté de Torient ,
quelques cabanes dont les habitants , sans armes, vin-
rent nous offrir plusieurs animaux qui furent partagés
entre les soldats. Le gouvernail de la troisième daba«
byéh j ainsi que celui de la chaloupe , s'étant un peu
avariés à cause de la violence du vent, nons nous
arrêtâmes dans cet endroit pour les faire réparer.
Les mêmes individus, accompagnés d'un grand nom-
bre de femmes, tous également sans armes, vinrent
nous offrir des génisses» des chèvres et des jattes de
laitf ainsi que deux dents d'éléphant. Dans leur langue
ils nous appelaient les envoyés de Dieu ; ils firent des
sîmulaores d'adoration en embrassant la terre. Leur
ayant donné de la verroterie, nous entourâmes la tète de
quelques uns d'entre eux de morceaux de camelot
d'angoura ( chalis). Ils se passaient cette étoffe les uns
aux autres, s'en frottaient la figure et les yeux, et en-
suite ils la baisaient avec de grands signes de joie.
Nous primes d'eux une quantité suffisante d'animaux
pour la nourriture des soldats; seulement nous nous
abstînmes de prendre de leur beurre, qui, étant gâté,
avait une odeur insupportable. Après cela nous nous
mimes en route.
Après avoir un peu navigué , un hippopotame ayant
frappé contre un côté de la troisième dahabyéh, elle fit
eau • et nous fûmes obligés de nous arrêter pour ré-
parer l'endroit avarié. Il nous vint de la rive occiden-
tale douze génisses que nous refusâmes d'accepter,
n'en .ayant pas besoin, ce qui attrista vivement les' in -
dividus qui nous les offraient.
XVIII. AOUT. 2. 7
(9»)
Tout l*espace que nous parcourûmes pendant ce
jour paraissait extrêmement fertile jusqu'à a et5milles
du fleuve ; mais notre navigation fut contrariée à
cause de$ kourdas : le fond du fleuve est de sable, et
ses bords sont couverts de joncs» de roseaux et de
homsouffl
Au coucher du soleil (à is^) , nous jetâmes l'ancre
au milieu du fleuve.
Mercredi^ 3 zUkadé. — Nous partîmes de bon matin.
A 3h, nous rencontrâmes un étang à l'occident»
A 5^, la rencontre d'unkourda nous ayant forcés de
410US arrêter une heure , un grand nombre d'habitants
de la rive orientale et occidentale vinrent, sans armes,
nous offrir trente vaches que nous refusâmes, leur
ayant fait comprendre , par l'entremise de notre drog-
man Hébémed , que présentement nous n'avions pas
besoin de bétail ; ils ne se rendaient pas à nos raisons
et voulaient nous forcer à les accepter. Nous les priâ-
mes de les garder en dépôt jusqu'à notre retour,
mais ils nous répondirent qu'ils nous en réservaient
d'autres pour cette époque. Enfin ils s'en retournèrent
très chagrins de notre refus.
A 7I1, du côté de l'occident, nous vimes un étang.
Le vent étant trop faible , nous ftmes haler enviroo
une heure. Le temps et la position étaient très favora-
bles, nous primes la hauteur du soleil , que nous ob-
servâmes également à midi.
Les bords du fleuve sont en cet endroit couverts
de broussailles, de cannes et de joncs; i 4 milles â
l'occident, nous aperçûmes une grande quantité
d'arbres.
Nous jetâmes l'ancre en cet endroit pour y passer la
nuit.
(99)
Jeudi ^ 4 zUkadé. — De bon matin nous nous mimes
en route. Le bois manquant dans les barques» nous
nous en pourvûmes sur la rive occidentale. Beaucoup
d'habitants des cabanes situées sur cette rive vinrent
à nous sans armes, et nous offrirent quelques bestiaux
que nous acceptâmes.
Comme il a été indiqué au commencement de ce
mois, le cheikh que nous avions puni avait fait pré-
venir de notre arrivée la plupart des babitanls de ces
parages » qui vinrent sur le fleuve en grand nombre et
sans armes nous offrir du bétail. Hommes» femmes
et enfants arrivèrent en élevant leurs mains au ciel « et
nous suppliant d'acceptef les bestiaux qui se trouvaient
en grande quantité dans leurs cabanes , tels que mou-
tons , chèvres , et même des chien!(.
A 8^9 la neuvième barque ayant fait une voie d'eau,
et le vent étant très faible, nous avançâmes par le ha-
lage. A Toccident, nous aperçûmes quelques bois, ainsi
que deux grands étangs; à l'orient, nous vîmes encore
un autre étang. En cet endroit le fond du fleuve est sa-
blonneux , et ses rives sont bordées de broussailles et
de joncs.
Nous jetâmes Tancre au milieu du fleuve.
Vendredi^ 5 zilkadé, — Au moment où nous partîmes
le temps était brumeux et le vent très faible; nous
n'avançâmes guère.
Sûr la rive orientale nous aperçûmes une grande
hiltéh : plusieurs habitants en sortirent sans armes, avec
dix vadhes et plusieurs moutons qu'ils nousoffrirent, et
que iious partageunies entré lés officiers et les soldats.
A l'orient, nous aperçûmes un étang , et en face
nèos rencontrâmes un kourda.
A lo^, notrs vîmes une grande hilléh dont les habi-
( ïoo )
tants sortirent sans armes, avec des animaux qu'ils
vinrent nous offrir et que nous n'acceptâmes pas. Plu-
sieurs barques étant restées en arrière à cause des
kourdas, nous nous arrêtâmes à 1 1^ dans cet endroit.
Nous aperçûmes à une distance assez éloignée à Tocci-
dent , des bois et un étang. Les bords dû fleuve sont
couverb de joncs et de broussailles.
A la nuit nous jetâmes l'ancre en cet endroit.
Samedi^ 6 zUkadé. — Le matin, le vent étant toui*é«-
fait contraire , et la rencontre deskourdas ayant rendu
la navigation à voile très dangereuse . nous halâmes
pendant environ 4 heures.
A l'orient , sur les 6^ ^ nous aperçûmes un désert
avec plusieurs habitations environnées d'animaux. La
rapidité du courant dans cet endroit , ainsi que la
découverte d'une branche du fleuve nous ayant donné
des doutes » nous eûmes recours aux informations. On
nous dit que le grand fleuve était à l'occident (i), et que
ce bras d'eau était une branche qui se séparait du
fleuve principal , et qui se portait à l'occident.
A 9^, nous vîmes à droite et à gauche deux habita-
tions. L'habitation qui se trouvait à gauche était en
ruines. Quelques barques étant restées en arrière» nous
nous arrêtâmes dans cet endroit.
Un soldat de la sixième dahabyèh étant mort» nous
lui rendîmes les derniers devoirs.
Les individus de ces habitations nous apportèrent
du bétail qu'ils nous pressèrent
d'accepter. Les ayant interrogés sur la montagne dont
on nous avait parlé précédemment, nous ne pûmes
en obtenir aucun renseignement satisfaisant* Le fond
du fleuve dans cet endroit est de sable , et t^^ rives
sont bordées de broussailles , de jojacs ^ eic»
(i) Le sens Toudrait à forienU
( 'o« )
Sur la me occidentalô, à environ 5 milles du fleuve,
il y d beaucoup de bois.
Nous jetâmes Tancre au milieu du fleuve.
Dimanche^ 7 zilkadé, — Depuis quelque temps, ayant
appris que les troisième et septième dahabyéhs , ainsi
que deux barques • faisaient eau , et que des odeurs
nuisibles à la santé des troupes s'en exhalaient, nous
jugeâmes convenable de nous arrêter dans cet endroit,
très favorable pour raccommoder les dahabyéhs et les
barques. Nous fîmes arranger et nettoyer les autres ,
et on passa la journée à veiller aux soins de propreté .
en faisant laver le linge de la troupe. Après' quoi nous
leur fîmes faire une heure d'exercice.
Lundiy 8 zHkadé. — Noos restâmes jusqu'à 9^ pour rac-
commoder la neuvième et la dixième barque. Pendant
ce temps» plusieurs individus, du coté occidental, vin-
rent nous offrir des bestiaux, dont on commençait
à manquer, pour la nourriture des soldats; nous leur
donnâmes en retour plusieurs morceaux de came-
lote, et nous flmes faire l'exercice à feu aux soldais.
Après avoir examiné les barques, nous vîmes qu'il
s'était gâté environ cinq ou six ardebs de dourah et un
peu de blé.
Mardis 9 zilkadé. — A notre départ, le temps était
brumeux, et le vent du sud soufflait avec quelque force.
A 3^, nous vîmes, du c6té de l'occident, un étang
ainsi que troi» habitations. Dti côté de l'orient , il y
avait également quelques habitations , mais nous ne
vîmes aucun être humain.
A 4^, à environ i mille à l'occident, nous vîmes un
grand nombre^ d'habitations environnées de beaucoup
de monde. Les hommes vinrent en grand nombre et
sans armes, sur les bords du fleuve, pour nous voir.
( loa )
Npuft aperçûmes un étang; et quoique le veut £Ùt fa?o-
rable jusqu'à 6^, nous fûmes obligés de haler jusqu'à
10^
La branche du fleuve que nous avons indiquée dans
la journée du 6 Cnit dans cet endroit, d'où un autre bras
se sépare , et dont le courant est tant soit peu rapide.
Lçs bommes des habitations que nous vîmes le ma-
tin vinrent en nous suppliant d'accepter leur bétail
Le fleuve dans cet endroit est bqrdé de joncs, de
broussailles et de cannes.
A io]|, nous jeUmes l'iancre au milieu du fleuve.
Mercredi^ lo zUkadé. — Le matin ^ le temps étant bru-
meux et le vent rare» nous ftmes sortir des soldats pour
haler et un peloton armé pour les protéger. Le vent
acquit un peu de force ; après % heures de marche il
cessa tout-à-fait
Nous aperçûmes à l'occident plusieurs habitations^
mais pendant toute cette journée nous ne vîmes aucune
trace de végétation; le calme, ainsi que le3 courants,
nous forcèrent à haler jusqu'au soir. Nous atteignîmes
à ] oh la fin du bras du fleuve que nous avions aperçu
à cette heure (i). Nous vîmes plusieurs hiUébs dont
les habitants vinrent nous off'rir des bestiaux , que nous
refusâmes à cause de la nuit.
Nous reconnûmes des bois, àepviron 5 milles* à l'oc*
cident flu fleuve , lequel, dans cet jeoidroit, » ses rfres
bordées de roseaux s de joncs et de brouasailleSb
A l'entrée de la nuit, nous jetftmes l'ancre au mi-
lieu du fleuve.
Jeudi \ i zilkadé.—X notre départ, le temps était bru-
meu3(^ le vent soufflait avec force du septentrion. Nouft
rencoiUràmes à l'occident et à l'orient plusieurs habi*
(i) Peut-éire sept liearM.
( «oS )
tfftîons et plusieurs lacs. Lés bestiaux des habitants de
ces endroits consistent eh une quantité de bœufs et de
iFaches ; ils possèdent également une petite quantité de
montons et de chèvres. Ces habitants vinrent à nous,
sans armes I portant sur leurs épaules des chèvres et
<tes moulons ; d'autres , portant sur leur tète des ca-
lebasses ou jattes pleines de lait et de beurre, vinrent
au bord du fleuve , conduisant plusieurs vaches. Ils
suivirent nos barques pendant environ 3 heuresen nous
faisant signe avec les mains et en nous priant d'accep-
ter leurs présents. Nous nous contentâmes de prendre
un peu de lait et quelques uns des animaux qu'ils nous
offraient, sans vouloir toucher au beurre, qui avait une
très mauvaise odeur.
A yh, le temps s'étant éclairci et le vent étant favo-
rable ainsi que la posilioD , on discontinua le halage ,
et nous nous arrêtâmes dans cet endroit.
Fendrediy \ a zilkadé. — Nous partîmes le matin . A
l'orient nous vîmes deux hilléhs, et à l'oceident un
hilléh qui était environné d'un grand nombre de
bestiaux. Les habitants du lieu vinrent comme les
autres nous oîffrir des animaux et des jattes de lait
qu'ils portaient sur leur tète , et Us nous suivirent a ou
3 heures en nous pressant d'accepter leurs présents. 11
y avait également devant ces hilléhs , sur le rivage ,
quelques petites barques. N'ayant aperçu aucun enfant
dans ces habitations, nous en demandâmes la raison ;
ces gens nous répondirent que, comme nous étions des
envoyés de Dieu, qu'étant tout craintifs pour leurs
enfants , ils les avaient envoyés à d'autres habitations
qui se trouvent à l'ori^rt, et qu'ils avaient enterré leurs
armes. Nous vîmes à l'orient deux étangs , et à l'occis
dent deux autres.
{ >o4 )
A 8^» nous vîmes i roccident» à environ deux pas du
fleuve, un éléphant dans un bourbier. Nous le tuâmes
à coups de fusil ; nous sortîmes pour lui enlever les
dents, et nous les laissâmes en dépôt dans une habita-
tion voisine pour les prendre à notre retour.
A 9h, le vent ayant cessé , nous nous arrêtâmes h
Torient Le fleuve dans cet endroit est bordé de roseaux,
de joncs et de broussailles.
A l'entrée de la nuit» nous jetâmes Tancre au milieu
du fleuve.
Samedi, i3 zilkadé. — Nous parlâmes le matin par
un grand calme» et nous avançâmes la plupart du
temps â l'aide duhalage. A l'occident, nous vîmes quel-
ques éléphants et un lac sur les bords duquel se pro-
menaient des hérons. A 6li, le vent soufflait da ôôté du
lever du soleil. Nous aperçûmes à rocoident un lec
près duquel se trouvait beaucoup de bétail.
A 1 iby nous découvrîmes du côté de Test et du côté
de l'ouest plusieurs hilléhs. Les habitations situées
du côté de l'orient paraissaient avoir été incendiées ,
nous y vîmes même plusieurs cadavres. Nous étant ap-
prochés près des habitations situées à l'occident, nous
primes des informations ; nous apprîmes que, la nuit
précédente « plusieurs individus delà tribu desTbou-
thouyeh étaient venus s'emparer des bestiaux et avaient
tué dix hommes; on nous dit que , comme ils étaient
ennemis , ils étaient continuellement en guerre. Les
rives du fleuve dans cet endroit sont bordées de ro-
seaux » de joncs et de broussailles.
Nous nous arrêtâmes à l'occident pour attendre des
barques restées en arrière et qui n'arrivèrent qu'à i il^.
A l'entrée de la nuit , nous jetâmes l'ancre au rai-
lieu du fleuve.
( ig5 )
Dimanche^ ïi^zûkadé» — ^A&otre départ, le temps étutt
brumeux, et comme un. kourda se trouvait devaat
nous» nous fûines obligés de haler la plupart du temps.
Mous reaconirâmes on lac et six grandes hîDéhs»
€omme il est indiqué au tableau.
A fiheures nous rencontrâmes, du côtéde l'occident,
rbôbitationdugrand cheikh de la tribu deBouDderlé^
byat, nommé Beubyour, qui îintà notare dahabjéli»
et nous lui demandâmes des nouvelles de la montagne
dont nous avons déjà parlé, et d'autres renseignements.
Il nous répondit que du côté de roccidènt se tromvait
effectiveoient une montagne habitée par tme tribu avci;
laquelle il était presque toujours en guerre pour.les
pàtorages. Noua lui demand&mes si la. montagne dont
il nous parlait, et qui se nommait Bouniiçrléfayei (i)
était éloignée du fleuve et s'il s'y trouvait des mines';
il nous répondit qu'elle était éloignée '• tout au phis
d'une journée du rivage, que la partie occidentale
était couverte de bois qui l'empôehaient d'être connue
parfaitement, et que quant à ce que l'on appétit mine,
il n'en connaissait aucune. Le cheikh, lesibommes et
les femmes avaient pour la phhpart- les oreilles et les
jambes ornées d'anneaux de fer et de cUivre. A notre
demande d'où ils se procuraient- oes métaux*, le cheikh
nous répondit qu'en un lieu sis à trois journées de
leurs habitations, ils commerçaient et échangeaient
leurs bestiaux contre les anneaux de fer et de cuivre qui
s'y fabriquent ; ils nous dirent aussi que les habitants
du lieu les tiraient d'autres endroits situés à l'occident.
Lui ayant demandé où le fleuve prenait sa source , et
s'il était vrai que nous devions rencontrer sur notre
..I • ' '
( io6 )
route une monlagne au milieu du fleuve , il répondit
que ni lui ni personne de sa tribu n'étaient capables
de résoudre un tel problème. Nous lui demandàsies
également de quelle manière ik vi?aîont ; il nous dit
que leur nourriture se composait de doorab , de flé«>
same et de citrouilles » et ifii'ilscttlitîvaient aussi un peu
de tabac* Nous le renvoyâmes lui et ses frèros très sa-
tisfaits en leur donnant un peu de Terroteries* Au reste,
les habitants de ces lieux agirent comme les autres ,
c'est-à-dire qu'ils vinrent sur le bord du fleuve en
grande quantité pour nous ofirir des animaux do-
mesliqués^ aînai que des jattes de lait qu'il nous priè-
rent d'uccepter ; et même plusieurs » s'approchantdea
haleiMB, saisirent les cordes « et se mirent à les tirer
de eompagnie avec nos soldats. Leurs animaux , se
trouvant là en grande quantité» se mirent à brouter les
}oncs et les broussûUes qui se trouvaient au bord du
fleuve.
Le fond du fleuve est de sable. Nous aperçûmes
beaucoup d'arbres dn côté de l'occident, à environ
4 nulles du fleuve.
A 1 ih, du cdté oriental , nous vtmes le cadavre d'un
éléphant dont nous retirâmes les dents.
A l'entrée de la nuit, nous jetâmes Fanore au
du fleuve.
( La Jim au praeham numéro. )
BRBATA PU GAHISB PBicàDSST.
Pâg« 10 et aiUears. Doarrah , Umcx Dourah.
iS, Ji^iNi 19. Ddalubyeb, -* OaUbyëh.
thid. à la note. Cest le nom , — - (Test le pays,
ao , ligne S. liélistant , — babillenwni.
aa, ligne 9. Mardi, ^ norcredi.
( '07 )
NOTICE DE DIVERS DOCUMENTS
ERVOVis k Là SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIB PAB 11. LE COLONEL
POINSETT» MINISTRE DE LA GUBBRE , ET PAR LA SOCIÉTÉ
PHILOSOPHIQUE DE PHILADELPHIE.
La Société a reçu de M. le coiioiiel Poioaett , ministre
de la guerre, et de la Société philosophique de Phila-^
delpbie plusieurs cahiers imprimés par wtàre du con-
grès d«s l&tatckUms de 1* Amérique. Qndqttes^ mis n'cmt
qa'un rapport indirect avec l'obfet des travaux de cette
Compi^ie; d'antres kii sont à peu prés étrangers.
Ceuz*ci doivent être entièrement passés sons rïenee;
il convient au contraire de donner eoiinaissanc« des
premiers. Enfin» le ra^^port relatif au terrileire de TO-
règon «stre complètement dans le cercle des attribu-
tions de la fieciété. 11 doîi donc faire robfet â*un exa<-
men spécial. CocÉmençons par mi sujet qui, très
intéressant pour l'Union américàinet ne peut fixer
noire attention que parce qu'il présente des particula-
rités qui ont des peints de cotitact avec la géogra-
fbie $ BOUS passerons ensùhe au rapport sur le terri-
toire de rorégon.
( '«8 )
Négogiation entre les États-Unis de V Amérique septen-
trionale et le Mexique sur leurs limites respectii^es.
En iSsS » le Président des États-Unis chargea
M. Poinsett» son ministre à Mexico, de demander au
gouvernement de cette république que les frontières
entre les deux pays fussent tracées et déterminées con-
formément à l'article 3 du traité conclu à Washing-
ton, le sa février 18 ig, entre lesdîts États et le roi
d'Espagne.
< La frontière est ainsi fixée dans eet article S : A
l'auest du Mississipi , elle part de l'embouchure du
Rio-Sabina dans la mer , court au noid , le long de
la rive gauche de cette rivière jusqu'au 5se degré de
latitude; de là« par une ligne tirée droit au nord, elle
rencontre le Rio-Roxo de Natchitoohe » dont «lie re-
monte le cours à l'ouest jusqu'au 1000 degré de Ion*
gitude à l'ouest de Londres ou xS* degré à l'ouesi de
Washington; alors elle coupe ledit Uo^Roxo , et se
prolonge droit au nord jusqu'à l'Arkansàs; elle suit la
rive orientale ou gauche de cette rivière jfosqa'à sa
source sous les 4^° - ^ latitude , puis elle • se dirige
sous .ce parallèle jusqu'au ^rand Océan. Si r«xaai0ii.
des lieux fait connaître que la souroe.'de l'^rkaasis est
au nord ou au sud du 43« parallèle, alons ht ligne ir«.aa
nord ou au sud de ladite source joindre le susdit paral-
lèle qu'elle suivra jusqu'au grand Océan. Toutes les îles
du Rio-Sabina, de Rio-Roxo et de l'Arkansàs appartien*
dront aux États-Unis; mais l'usage des eaux et de la nari-
gation du Rio-Sabina jusqu'au golfe du Mexique» ainsi
que du Rio-Roxo et de l'Arkansàs dans toute l'étendue
( »o9 )
(le lafronlièrei sur leur rives respectives, sera commun
aux IiabitaTits des deux nations. »
L'article 4 du traité stipule que chacune des parties
contractantes nonimera un commissaire et un ingé-
nieur qui fixeroni avec précision la ligne décrite dans
le troisième» et placeront des bornes indiquant avec
exactitude la limite du territoire de chaque nation.
Cet article n'était pas encore exécuté en iSSy.
On voit parla date du traité que lorsqu'il fut signé,
le Mexique faisait encore partie des possessions espa-
gnoles en Amérique. Comme il était également obli-
gatoire pour les États-Unis et pour le Mexique ,
M. Torrens, chargé d'affaires près de l'Union améri-
caine, remit au département des affaires étrangères de
cette puissance » le i3 février iBa4) une note exprimant
la volonté du gouvernement supérieur du Mexique, d'a-
dopter les limite^ marquées par ledit traité, et de coo-
pérer avec les États-Unis à l'exécution des deux articles
précités.
Le président; dit ensuite- à M. Poinsett :t Des diffi-
cultés peuvent s'élever par la suite entre les deux pays
au sujet de la frontière dont on est convenu ; il serait
désirable de s'en garantil: à l'avance » si o'est possible*
Comme (m peut supposer que le gouvernement da
Mexique n'a pas de répugnance à fixer une nouvelle
limite qui préviendrait ces difficultés» le président
souhaite que voua sondiez ce gouvernement sur ce su«^
)ék. et que vous, profities d'une disposition favorable
que vous découvririezl La. frontière du Rio-Sàbinfi est
trop rapprochée de notre grand marché de l'ouest.
Peut-être le Mexique n'aurait pas d'objection à preii<*
dre celle du Bio^-Brassos-de-Dios , ou celle du Rio*Co-
( »io)
lorado , ou les Montagnes Neigeuses , on k Rio*de]«
Norte.
9 Le changemeDl proposé doit prévenir tonte eq>èce
de collision qui de? iendra inéTÎtable , quand les pays
traversés par la frontière actuelle auront une popu-
lation plus considérable. Un motif doit porter le
gouvemOTDient du Mexique à souscrire au changement
proposé : la capitale serait plus près du centre du
territoire , et de plus, la plus grande partie , peut-être
même la totalité du pays habité par les Camanches ,
peuple puissant, belliqueux ett^irbulent^seraitle lot «ks
États-Unis. Ceux-ci sl4>uleraient comme on équivalent
de la cession d'une contrée si vaste, d'empèdher, au-
tant qu'il serait en leur pouvoir « ces Indiens de com-*
mettre des hostilités et des déprédations sur les teires
du Mexique.
» Si le gouvernement de ce pays est sourd àt ouïe es-
pèce d'arrangement, M. Poinsett est autorisé à se oon<>
former aux clauses des articles 5 et 4 du traité ; mais ,
dans ce cas» it doit insister silr un article additionnel :
Ghacane des parties contractantes s'engage à s'opposer
à; ce que les Indiens établis sur son territoire com«-
metfemt dea hostilités sur les tenrea de Tavlre. Toute-
fais , le refàB> d'insérer cet arliele ne sera pas un motif
do rompre les négociations. •
Les États-Unis proposaient au Mexique do oaneliive
un traité dooommeroe en même temps qu'a» trailé de
Hmttes. Le Mexique ne consentit pae à ee qu'une routes
fM ouvnrte du lUssoiiri à Santa^Fé; il craignait que oe
ne fèi un acbeminemeni à «oe extension de terri**
Bn ii8a7» une dépéolte d» %i mars entrelieni
M. Poinsett des concessions de terrains considérables
( m )
failes par le Mexique à des citoyens des États-Unis
du Texas. On en peut inférer que le Mexique n'attache
pas un grand prix à la possession de ce pays. Ces con^
cessions semblent avoir été faites sans aucune espèce
d'équivalent, si on en juge d'après l'opinion que l'on
a- de la valeur de la terre dans les Élats*Uûis. Elles pa-
raissent avoir été dictées par l'espérance de les voir
occupées par des citoyens des États -» Unis. Ceux-ci
apporteront «vee eux leurs principes de légalité » de li«-
berté et de religion. Quoique l'on puisse espérer qu'ils
s'accorderont avec les Mexicains pour ce qui con**
cerne la liberté politique , ce serait se faire illusion
que supposer l'absence de toute collision sur d'autres
sujets ; déjà quelques uns se sont manifestés » et pro-
bablement d'antres éclateront par la suite.
Une nouvelle tentative est recommandée pour pro-
poser une des deux limites dont il a été questi<on pré-
cédemment, et des indemnités en argent seront
offertes.
Deux ans après, le i5 mars 1899, les États^Uftis
demandent qu'on leur cède la partie orientale du
Texas : ils la paieront. Ce terrain est inutile aux Mexi-
cains.
Ceux«ci ne voulurent pas écouter ces projets. Les
troubles qui agitaient leur pays et les changements bt'us-
ques et fréquents des hommes chargés du gouverne*
mentretardèrent longtemps la nomination do cbmmis-
sa^e et de l'ingénieur qui devaient eoncotrrir aivee ceux
des États-Unis à fixer et poser les limites.
En 1 855 , il est question de la cession atfx États*'
Uflis de la baie San Francisco sur la céte de Califot-
nie. Alors la frontière suivrait le parallèle du 37e de-
gré de latitude. Montery resterait au Mexique.
i *»« ) .
Dans le cours des négociations , le Mexique avait
demandé que sa limite à Test fût le Misaisaipi. De
leur côté , les États-Unis prétendaient que le Mexique
retenait de vastes terrains qui leur appartenaient légi-
timement.
Enfin» le 1 8 a?ril i83S , le chargé d'affaires du Mexi-
que à Washington signa , conîointemenl avec le secré-
taire d'État des États-Unis» une déclaration portant que
réchange des ratifications de la convention conclue, le
3 avril 1 835, par nn second article additionnel an
traité des limites entre les deux pays, a eu lieu. Ce se-
cond article stipule que les gouvernements des deux.'
pays nommeront chacun un commissaire et un ingé-
nieur pour marquer les limites et poser les bornes.
Territoire de VOt^gon.
En conséquence du traité conclu en i8o3 avec le
gouvernement français, les États-Unis de T Amérique
septentrionale étant devenus possesseurs de la Loui-
ûaoe et de tout le territoire qui en dép^ad, voulurent
connaître l'étendue de cette acquisition* Il Cutdédidé
qu'une expédition se dirigerait à l'oueal jusqa'au
grand Océan. Lewis et Glarke , officiers d'infanterte,
exécutèrent cetl£ enti^prise. Ils remontèrent le Mis-
souri jusqu'à ses sources da|)$ les monts Rooky, fran-
chirent cette chaîne neigeuae» descendireol. dans le
bassin de la Golombia jusqu'à la mer; eoauite Us re-
vinrent par une route un peu différente de la pre-
mière , et terminèrent, le aS septembre 1 8o6» A Sàdntr
Louis sur le Mississipi , leur immense pérégrination ,
que M. A* de.Humboldt appelle avec raison ao voya^
admirable.
Leur relaitÎQn» publi^ée exii8i4 en 9 vol. in-B , avec
une belle carte, n'a pas été traduite en français : on doit
( i»3 )
le regretter. Nous ne possédoas dans notre langue qu*Qn
▼olume in-8, traduit sous le titre de Voyage des capi-
taines Lewis et Clarke depuis C embouchure du Missouri
jusqu*à l'entrée de la Colombia dans V océan Pac^que ,
fait dans les années i8o4 > i8o5 et 1806, etc. Paris »
1810, a?ecune petite carte. Ce livre est de N. Cass , qui
avait fait partie de l'expédition.
Le pays situé h Touest des monts Rocky est très
vaste , et oIFre de nombreux avantages aux colons qui
voudraient s'y établir; maïs il est si éloigné du Missis-
sipi, qui coupe à peu près par le milieu la prodigieuse
surface de l'Union , et celle-ci contient encore tant de
terrains à dét^richer et à mettre en valeur» que très
probablement bien des années se passeront avant que
Tardeur des Nord-Américains à se transporter sur des
terres nouvelles les pousse à se fixer entre les monts
Rocky et le grand Océan.
Ce pays est aujourd'hui désigné dans la langue ad-
ministrative de rUnion par le nom de Territoire de
rOrégon. Quelques citoyens des États du Nord n'ont
pas été effrayés par les obstacles qu'ils auraient ïi
vaincre pour vivre danscetl^ contrée lointaine , habi-
tée par les tndiens» et fréquentée seulement par des
chasseurs.
Le gouvernement de l'Union, informé de ces cir-
constances , s'occupa de recueillir des renseignemenb
authentiques. Le rapport qui les contient fut imprimé
au nombre de dix mille exemplaires par ordre du
congrès ; on vous en a envoyé un. Comme il s'y trouve
des détails très intéressants pour la géographie , vous
avez pensé qu'il serait bon d'en faire un extrait , et
vous m'avez chargé de ce travail; je vous le'pré*
sente. '
XVIII. AOVT. 5. 8
' m4 )
Bapport du Comité de* affaira étrangères auquel a été
rem^oyé un meâsage du PrésùIaU des EtaU-Lftù avec
une résolut ion, île la Chambre des représeniants ^relative
au lenritoire au'-delà dm monts Rocfy.
Les instructions de la Chambre étaient ainsi con-
çues : Rechercher s'il est nécessaire d^établir un
poste sur les rives de la Colombia pour défendre et
occuper le territoire des États-Unis, arrosé par ce
fleuve.
Slnfonner aussi de l'étendue du pays réclamé par
les États-Unis à Fouest des monts Rockj sur la côte
nord-ouest, baignée par le grand Océan ; chercher le
litre en vertu duquel on le réclame « son évidence ,
sa validité; connaître l'étendue de la côte, le nombre
et la position de ses ports, la nature du climat , du
terrain I des productions et du commerce; savoir s'il
convient d'établir un gouvernement territorial , un ou
plusieurs postes militaires pour assurer la posses>
aionde ce territoire ou d'une partie.; quelle dépense
annuelle exif^eront cesiétablissements et leur entretien;
quelles fortifications . et quel nombre de vaisseaux se-
ront nécessaires pour ledit territoire , et quel nombre
de a^oldats et de matelots il faudra pour le protéger
tai^t en p«ix qu'en guerre.
I^e cpmijté soumet à la Chambre deux Mémoires qui
tr^ilontde la géographie , du climat , du sol , des pro-
du<;tiops,,du commerce et des ressources du pays en
général ; il y ajoute d'autres documents importants.
Ce rapport est daté du 1 6 février i85g;,ii est ac-
compagné d'une carte du pays à l'ouest des monts
( 1.5 )
Rocky, dresisée par le bureau to[>ographique du dé-
partement de la guerre. Le comité pense qu'il n'est
pas' à ptopos d'établir dans TOrégon un gouvernement
terrlloriaf, et it né propose pas non plus d'y former
uû poste milibiré , comme signe de là possession ex-
cfûisite du pays, parce qu'il désire observer à la
fétlte^ ainsi qti'en esprit, l6 texte des traités entre les
États-Unis et In 6raùdé - Bretagne. Toutefois , pour
obéir aux ordres de la Ohstdibre, il lui soumet une
liâttré du siecrétairô de la guerfë , et une autre du se-
crétaire de là marine, ôontônant l'évaluation de la
déf^én^e qdf'exïgôratt la défense par terre et par mer de
rOrégon dans certaines circonstances supposées, et
ptinés eti ^ônsrdération pàt Tordre d'e la Cnàmbre.
Ittdépehdati^tKieiïl! Aé céfs dôcumehfe, ^ùi contien-
hetitTès' renseignements demandés par la Cfïiâmbre,
lé côTùité lui en soumet d'autres , qui lai ôlût été coùi^
ïtiùtAtfaéà p6\it ptbmet la nécessité de jidû'rvoir par
uAe'lbi i la ptotectionf dlôs citoyens des ËUfs-l/ài^ déjà
établis dans TOrégon, ou ayant le désseiiî d'y aller
paixt j fonUer onë colbnie.
Uùe lettre de H. Lee, dat^e de RtiddlefoM^ù (Cohnec-
ticûï) re't7 jamrier iS5{), élf adressée au secrétaire
d'ÉI^, ëppretïd' dîVerS fâîïs curieux! Lee s'exprime
ainsi :
« Nous avons présentement dans notre misiiion de
r^règon, •
PKr«biAi«tf dënniit'A^'et^defdiit sete 45
Noa» penton» à la renforcer àt» »5
Piersonnev attachées à radministraiion de l'Union 16
Colons Tenu» des Était de TOuest, au printemps, musionnaires
cf autres 30
ibdlvidtni déjà établis dans I^' pays comme fermiers , et mtL-
rie» popr ia pluf fii|l à def. femmefl' itelmiies; qiidtfiMs*
mu' ont des enfants déj^ grands 45
Total i5i
( n6)
La plus grande parlie de ceux qui se trouvent atta-
chés à ia mission niéthodiste sont des laboureurs , de»
artisans, des instituteurs, des médecins. L*uQique
objet de la n^ission est l'utilité des tribus indiennes h
Touest des monts Rocky. Pour atteindre ce but, il eat
nécessaire de cultiver la terre , de construire des mai-
sons et des écoles ainsi que des moulins ; enfin , d'io-
troduire dans le pays tout ^e qui esl utile et convena-
ble à une colonie d'hommes civilisés ; car un des
meilleurs moyens à employer pour améliorer le sort
des indigènes est d'établir de grandes écoles » oui les
enfants et les jeunes gens apprennent les travaux ma-
nuels.
On croit que si le gouvernement de l'Union garantit
aux colons la possession de la terre qu'ils occupent ,
ceux qui sont attachés à la mission resteront pour la
plupart dans le pays, même quand elle n'aura plus be-
soin d'eux ; ce sera un encouragement pour d'autres
de venir les joindre » et le commencement d'établisse-
ments permanents.
La colonie demande la protection du gouverne-
ment» sous l'autorité des lois, pour régler les rapports
mutuels des particuliers» et les défendre contre les at-
taques des Indiens» et mettre ceux-ci à couvert des
violences des blancs.
Pour y parvenir» on ne pense pas qu'une forte
troupe militaire soit nécessaire. Une personne apie à
remplir les fonctions de magistrat civil exercera.aasai
celle de gouverneur. Les colons soutiendront son au-
torité.
Il est très désirable que l'introduction des liqueur»
spiritueuses soit prohibée ; on Sait que leur usage est
aussi (îmeste au blanc qu'à l'Indien.
( 117 )
L^Orégoa est encore peu important, mais certaine-
ment il contient les germes d'un ^rand État.
Celte lettre fait mention d'une pétition signée
par 36 colons établis dans la ?allée de l'Ouallametté ;
elle est datée du aS janvier iSSg, et adressée au
congrès.
Les colons exposent que leur établissement remonte
à l'année i83a , et que ses progrès ont dépassé les
espérances les plus vives de ses fondateurs. Le pays
est très fertile et bien arrosé ; il est propre à l'agricul-
teur ainsi qu'à Félève des bestiaux ; il abonde en bois
de charpente; il est bien situé pour le commerce avec
les autres contrées de l'Amérique baignées par le
grand Océan » et avec la Chine , les Indes orientales et
les lies du grand Océan » qui déjà consomment beau-
coup de productions des régions septentrionales.
Les pétitionnaires demandent que le gouvernement
de IXnion se hâte de prendre formellement posses-
sion du pays»^ Les agents de la Compagnie anglaise de
la baie d*Hudson ontsur la rive droite ou septentrionale
de la Colombia un fort entouré dévastes dépendances,
et exercent autour d^eux une grande influence, t Cet
établissement nous a été utile » ajoutent les colons ;
mais comme nous commençons à tirer nos ressources
d'ailleurs, il convient que nous soyons sous la protec-
tion directe de notre patrie , et que nous ne restions
pas exposés à voir arriver parmi nous le rebut des au-
tres nations; il faut que la loi des États-Unis soit notre
sauve-garde. •
On remarque parmi les signatures des colons sept
noms qui annoncent une origine française.
Des questions sur l'Orégon , adressées par le secré-
taire d'État à M. Wyeth, de Cambridge près Boston.».
( >'8 )
ont donné lieu à un mémoire très détaillé , et daié du
4 février i83g: c'est une description cpmplète du ter-
ritoire en question. Il se termine par^etteplirase rela-
tive aux employés delà Compa^niedelabaie d*Hu(Jftop :
i Dans leurs rapports personnels avec les Améri-
cains qui arrivent dans le pays , ils sont constanifQcnt
hospitaliers et bienveillants. Mais les circonstances
qui nous rapprochent d'eux sont eiirêmeipent morti*
fiantes . j)uisque irop souvent elles nous forcent si re-
cevoir ie9 bienfaits des autres, tandis que ce serait à
nous • comme ^)aftres dy pays , à lefi distribuer. Qui-
conque a visité les postes de la Cqifipaçpiene peyt, je le
présume, se plaindre de la Réception q^*on lui a faite :
quant 4 moi, mettant de colé tout ce qui concerne le
commerce, je reconnais les attenl,H>ns et le% é|^rds
que l'on a eus popr moi.
• Je dois dire en finissant que les projet de ceite
Compaj^nie ont été conçus avec sagesse , pouraiMvi^
avec constance , bien secondés par le gouvernenient
britannique , et qu^ l^ succès a été co^p^t- Sai^a
qu'on puisse accuser çel.tç .^^pj^ipp d'i^ucune vip**
lation manifeste des traités e}^i8taQt9 , eljle a\ir^ fait Iç
pays  l'ou/est c}es monts Roçkj au^^si cpjcpplétement
anglais qu'elle le pei^l désirex". Péjà Jes A^)éric;|^ip3 9P0t
inconnus comme nation; et çpi^i^p p,^r|i,c^lier;$ , leur
pouvoir est méprisé par les in^igène^. .Ui^ PPPV^A^JP!^
provenant d,e la race qui pçcuoQ ),e p^¥s s'.açpfp|t« se^
préventions ne sonjt pay vquv nouf ; ^y^nt qp peti).
nombre d'années, elle décidera qui sera le potaltrç çlu
pays, à ipoins que dans l'intervalle le gp)|verneqiADl
ne manifeste son autorité par des actes plus Q^'il ne
l'a fait jusqu'à présept. >
Uife lettré du secrétaire de la j^erre jf^djquç la
( «'9 )
quaakîlè d<l aaldats qik il 5«!ratt à propos d'envoyer
dans rOré^ao* ei doone l*éUi de la dépensa qui en ré-
suiterait; elle se monte à 749360 dollars.
Une lettre du seefétaîre de la marine entretient le
comité des allAÎres étraogères de ce qoe son départe-
inenit doit faire pour la sûreté de TOrégoo» U faut
d'abord faire reconnaliiie la côte voisine de l'embou-
cbure du ileuve par des officiers de terre et de mer
expérimentés, puis remouler et sonder la Colombia jus*
qu'au confluent de l'Ouc^Uametté* Une troupe d'au
moins cinq ceota à six cents tiommes doit être postée
dans une position susceptible de défense. Aucun av<*
moment naval que lea État^Unis pourraient entrelu-
nir, maintenant ou à une époque quelconque dans
cette région, n'équivaudrait à l'a^cle fourni pur los
colonflv soit sur lea rives do la Golondbia , qui n'est pas
asses profonde pour des vaisseaux d^ guerre, $oit dans
rintérieur , aoit sur la côte maritime. De plus* pour
maintenir toiqours une telle station, il serait néces*
saire » scaI d'avoir un établissement naval permajEient »
d'un accès facile et bien défendu » afin de pouvoir
radpuber les vsiaseaux • soit d'envoyer régulièremeut
des «soadres comme aux autres stations étrangères.
Danà l'un ou l'autre cas» le dépense serait très consi-
dérable. U est impossible de l'évaluer exactement
avant qu'un système d'opérations ait été adopté.
« Vancouver dit qu'il a découvert en dedans do dé-
troit de Jean de Fuca un port large et sûr, protégé par
une lie • et susceptible d'être défendo. Je pense qu'il
importe de Tocnuper. J'ai dpnc chargé le commandant
de l'escadre du grand Océan d'employer une corvette
à la reconnaissance exacte de cette partie du détroit •
afin de constater ses avantages comme station ou port
( ï^^> )
pour les vaisseaux de guerre au-dessus delà Colombia,
qui, l'on sait, esl d'un accès difRcilepour les bfttimcnls
de toute espèce.
• J'ai aussi mandé à un* autre officier de la marine
de consacrer autant de temps qu'il lui serait possible
à un examen détaillé de ce fleuve, de la côte comprise
entre son embouchure et la Californie, et notamment
de la baie San Francisco, qui passe pour lune des
meilleures du monde.
«Pendant que les Ëtats-Lnis sont en paix avec lesna-
tions dont les prétentions ou les empiétements gra-
duels ont appelé l'attention du Congrès, le ministre
pense, et le conseil des commissaires de la marine par-
tage à cet égard son opinion , qu'une visite d*un ou de
plusieurs vaisseaux de la station du grand Océan , faite
à des époques régulières dans les parages doni îl a'a*
gît, convaincrai! les sauvages, ainsi que les envaihts*
scurs civilisés, que l'Union surveille et protégera ses
droits et ses intérêts , et que cette démarche sufliratt
maintenant ou jusqu'à l'époque , probablement |)eu
éloignée, qui dévoilera la politique de la Grande-
Bretagne relativement à cette question importante , et
fera connaître si, entre les prétentions des trois gran*
des nations venues I& des extrémités opposées de la
terre , il n'est pas possible de statuer sur une limite
qui les satisfasse chacune.
* Les visites fréquentes et régulières, faîtes par des
vaisseaux de la station du grand Océan, suffiraient
aussi pour procurer aux premiers colons l'aide néces-
saire d'une armée navale. Il convient d'y ajouter quel-
que» vaisseaux de plus, à cause de l'énorme distance
de cette région aux points qui réclament la protection
de la marine américaine. »
( IVI )
Le ministre est d'avis que l'emploi de deux corvettes
lie plus rempllratt L'objet qu'oD se propose. La dé-
pense serait de i5o,ooo dollars.
Le règlement de la Société provisoire des émigrants do
rOrégon, envoyé de Lynn en Massachussets* le 6 janvier
1 839. par M. F.-P. Tracy, apprend qu'elle a été formée
en août 1 835. Son but est de civiliser les Indiens de cette
contrée par le moyen du chrislinnisme»et de profiter
des ayantages qu*elle offre pour l'agriculture, les manu-
factures et le commerce. L'éducation des jeunes enfants
occopera surtout la Société ; elle leur enseignera des
professions et des métiers qui leur donnent les moyens
de vivre ; par-là ils seront préparés à exercer une heu-»
rêuse influence sur leurs compatriotes pour les civili-
ser. On n'oubliera pas les adultes , et si on ne parvient
pas à opérer en eux un changement radical, on espère
qu'au moins on conservera la paix entre eux. .
En i835, le président de l'Union avait chargé le se«
crétaire de la marine de recommander à M. W Sla-
cum , capitaine du vaisseau le Loriot , .partant pour le
grand Océan» de recueillir des renseignements au-
thentiques sur le pays voisin de la Colombie ou le ter-
ritoire d'Orégon. La lettre de cet officier, datée de San
Blas i le s6 mars 1 857 , conflrme les détails que l'on
connaît déjé sur le territoire de l'Orégon , notamment
sur l'influence excessive qu'y exercent les agents de la
Compagnie de la baie d'Undson. Il trace l'histoire de
cette association , et donne un aperçu très instructif
de ses opérations actuelles. Aucune entreprise parti-
culière ne pourrait soutenir sa concurrence ; des exem«
pies en sont cités.
Les principaux facteurs étaient )e docteur Maclaug*
klin et M. Finlayson. M. Slacum avait connu ce dev^
nier aux lies Uavui. Quand M. Slacam fat entré dansia
Colombia, le aSdé ^embi^ 1 836, deschefs iodiens moo-
tèrenl à bord de soo bâtiment» et lui apportèrent en pré*
sent des canards et des oies sauTages, eo lai demandant
si son navire appartenait an roi George oo à Boston, ils
lui dirent que deux bâtiments étaient mouinéa devant
le fort George à la rive gaache du fleove; ils étaient
prêts à faire voile , chargés de osaixAiaiidises pour le
compte de la Compagnie , et destinés , Fun pour les
comptoirs sur la c6le au nord , Tautre pour le port San
Francisco en Californie; un troieièrae était parti pour
Londres , le tS novembre précédent» avec ime eai^i-
son de pelteterie.
lie fort George mai à peu de distance du fMsint s«r
lequel s*élevatt autrerrâ le fort Astonia « nommé ^insi
d'après M. Astor , négoeiant de New-York • qui » le
premier, oonçat te projet de former an établiasemeul
dans ces cantons. En 1818 , 1q fort Astoria fut reâlis
à des commissaires américains par on capilaîoe de
vaisseau de la marme britanoîque* Les premiers liix-
dièrent en différents endroits des prodamntàoos oon-
tenant le récit de ce qui venait de se passer. Aiors.mi-
cuA AngtMs n*auraîl mis en question la aaltdilé du
titre de possession des AmérioainB. Pfeu de tetapi aprèa
le déj)àrt des cottymissairest le foct George fut détruit
par tin incendie. On rsfcoote qu'il avait été allom&par
les sËiovages * qui aiTachèrentègalMnentet déobirènmt
les affichés dcÎDl il vient d'être purlé.
La Compagiii<d auglaise du nord^oural établie an fort
Gëoége {}ut ftvait étàteté (a pttH de Mi Astor dans Téa-
treprise de commerce fondée par hii^ oofiEtinua d«
trafiquer av«c les Indtens, et ooriatruisit une loge près
dbi'émphtjément'du Midttc ïditï. Depuis, quei cette ai-
( !23 )
««cialion.a été fundui! xlana celle de lu haie d'Hudson,
celle-pi e^imaUrease^a Cbri»
Le facteur qui y résidait h^ kâta d'expédier un canol
ail fort Vaocoaver pour anqi>np«r à a^s ^h^fs larrivéQ
du £ioy-(c>i. M« Slaçaoi profijUi de Tocc^ipi^ pour de-
U)and^r à M* Fîulay^om uq piloter il ^o. reçut un qui
]v(^ia]pf>arla une répoase coaUnaot l'iAvit^liqude venir
^u Furt; il sut auasi qu'un aûlinnnaire4o laCoo^pagnie
cw^it ^ dépêché au iml Gûorg<i:> afin de s'ipLoriuer
du sit^elà^ ia vepue d» Lonio/f pui^ue l'çn «avaH -qu'il
n'avait pas de cargaison. Cet actioi|inaire» i 3op retour,
vipM bord dMj^orioi, et réitéra rinvltakioa de M. Fin-
lay^on.J^ cooséqpç^nce , je i*'jaavÎQi(* if$7» M- Slai-^.
cuipi 3>inbiarqua dj»p» la pirogue ^ VAmW^$ ^ lo
le0dMaaiQ fut acoœilli aqiif alemept a^i fprt. U est bAtî
aur un çQteau ea pente douce à jpeu prés .à loo milles
de l'e^boucbure de U Colombia.
1(1. Slaoum, apr^s atpir pA«3é 4i^ JQ^*^ ^P fort, ci
visUé 1^ fÇabanep» d^ lA4ie9|s 4u voisin?g^y recwnul
qu'il était impp^aibU» A ceUe époque 4^ i'fianée., d^
réunir «Ufae M'oppe pour £r^pchir les mo^^gae^. Use
déci(}9i do^ 4 visiter le s^ul jâtaJbji^s^ment de blancs ;
c'était çaUki de ML |F* X^ee , sur leA bords de rOualla--
mette , le Mi^Unnmab de J^ewis et Clarke^ Alora i| i,*e-
moptl^c^tte.riviéfe dapa une pirpgue:, et fu^ reçu parle
9bef 4^ h missiop qui vint À a^ fepcoqtre^
• J'essaierais vainemeatj (lit I^.SUçuip » de^ djécrire*
cooviWablemppttJle l^ienfait mv^f^^J^ q^e cf^^ ^«aocia^
Uop deiffiiwonnaxr^ a r^x)|du é çje ç^nit^w , ppn par
s^ p^récep^s , mais par son exe^p]^ ; et je pop^ q^e
\^ l*^ultat dont je vais parler le prouvera.
j^Poij^x nie 86frvir desjpyropres expre^sipnf de JM. Lo<9»
ce fut après avoir entendu dire qu'un lA^dieioP&llottè-^
( 124 )
por avait traversé les moDts Rocky^pour apprendre de
M. Glatke» gouverneur de Saint-Louis, quel était le
Dieu adoré par les hommes à visage pftie, que l'idée
me vint d'établir une mission à l'ouest des montagnes.
Il y a deux ans» qu'à la fin d'octobre, M. Lee et ses
compagnons campèrent sur le terrain où ils ont au-
jourd'hui leur maison sur les bords de rOuallamellè.
Ils commencèrent par abattre des arbres; à Noël, ils
élevèrent la charpente de leur habitation , et en cou-
vrirent la moitié ; en même temps ils entourèrent de
palis «4 acres de terre. »
M. Slacum donne le détail de ce qu'ils ont fait; on le
lit avec un vif intérêt. Tout , à peu d'exceptions près ,
est l'ouvrage des maitis de ces hommes pieux et indus-
trieux, aidés par les enfants indiens de l'école. Ces en-
fants apprennent la langue anglaise ; plusieurs la lisent
très couramment; ils sont bien vêtus et bien nourris, et
déjà très propres dans leurs habitudes. Les plus grands
garçons travaillent à la ferme quand le temps est
beau ; ils savent labourer, récolter et faire tous les tra-
vaux oi-dinaires d'une ferme. Quelques uns montrent
des dispositions remarquables pbur les arts méca-
ques. M. Lee assure que la plupart des garçons , en
estimant leur peine au taux le plus bas des gages
payés par la Compagnie , gagnaient leur nôùrtiture .
leur logement , leurs vêtements . leur instruction , et
le soin que Ton prenait d^eux.
Les commissaires se Ibuaienl beaucoup de l'assistance
qu'ils avaient reçue des facteurs du fort Vancouver. Ils
ont réussi à fonder une sofciété de tempérance parmi
les chasseurs blancs. Un blatic nortiiné Young ttvait
établi une distillerie , parce que c'était sa deule res-
source pour vivre.
( «ss )
M. Slacum » informé de celle circoosUnce « jugea
que si l'on pouvail Tempècher de mellre en activilé sa
funeste industrie , on préserverait la colonie naissante
du plus terrible des fléaux. Il dit donc à Youog : t Je
suis en étal de vous procurer les oioyens de subsister ;
IVI. Finlayson vous accordera les mêmes rations qu'aux
autres hommes, si vous renoncez à Tenlreprise de distil-
ler du whiskey. • Il y consentit Je lui proposai déplus
de lui prêter i5o dollars pour obtenir du fort des vête-
ments en mon nom, et de lui donner passage sur mon
navire pour aller en Californie avec son associé pour
une aCfaire personnelle. Young fut très sensible à mfis
offres.
Dans le coursde ma conversation avec M. Lee et les au-
Ires colons, je reconnus que rien ne pouvait mieux assu-
rer leur, bien-être que de posséder du gros bétail ^ tout
celuiqui est dans les pays appartenant à la Compagnie :
elle refuse d'en vendre dans quelque circonstance que
ce puisse être. J'offris donc de conduire gratuitement au
port de la Bodéga, en Californie, les personnes qui vou-
draient s'embarquer sur mon navire. Mon offre fut accep-
tée. Dix hommes m'accompagnèrent ; je lesdébarquai le
&o février. J'avançai à M. Lee 5oo dollars. Cette somme,
jointe à la contribution des colons , produisit celle de
iy6od piastres, suffisante pour acheter 5oo têtes de
bétail en Californie. Le % mars , lorsque je quiltaî
le pays , les colons pouvaient se flatter que leur affaire
réussirait Des Américains élablls en Californie leur
avaient même promis de les accompagner à TOualla-
mette avec leurs bestiaux ^ ce qui sera un double ren-
fort pour la colonie ; tous sont des honpimes accoutu-
més à travailler dans les forêts. Us arriveront sans
doute au pois de jij|n,^ns accidents; la dis^y^cç en
126 )
suivant la côte est de 600 milles. Ce seul résultai de
mon voyage à la Golombia sera de la {>lus' haute im-
portance pour les progrès et la proapérîté fotare de la
nouvelle colonie. »
M. Slaeom présente ensuiCer ées^ côntidéfrations très
imtéresBflntes sur les produHs qae l'Orégoû pourra four-
nir au commerce extérieur, sur son état physique et
géc^grapfaique, sur les navigateurs qui Font vfsHé» svr
lès Indiens qui habitent cette contrée.
LaBodéga est occupée depuis rStSpar les Russes;
cet étabRssement leur est très utile pour IVpprovisron-
nement de Srtka ou Novo-Arkhangcbk» sitoé beaucoup
plus au nord. Le commandant, M. Rostrométfnoff ,
fit un bon accueil- à M. Slacum , permit aux Anïéri-
cains de débarquer , et leur céda Tusage d*une^ maison
en attendant qu'ils eussent réuni leur bétail. Il fournit
deâ chevaux et un guide k M. Slacum* pour aller par
Vevre k la baie San Franéisco. Plàst^rd, ce marin
gagna par met Montc^ey, d^ofù if fit voilé j^urtéiEfllet
Havai.
tJn Mémoire de M. H: Kelléy, de Boston, dàféf du
Si fànvier r839, et adreteé'â' un méifibré'dGr comité
âës affaires étràngëtes , appelle l'attention du Congrès
sur le territoire de FGrégoft.
t La lecture du journal def Lewis et- deGlai^k; d'k-
if , des entretiens avec des navîgafeur^ et d^ cfUas-
setrrs inteHîgents qui avait^t viéité:cè pays; et exploré
le terriVoitre au-delâf des monts Rbbky ; enfin ' deâ faits
dërifé^ d^autres suûrces, et ég^lèrment* dignes- de
crédit; iti'OAt preuve: depuis plusieut*^ annéesT ifiM
ei^lte régiètf deUV âPune époffué'peu'eldiftnée; ât^éiàh
d*ùM haute importsMfce poiit nûM gouvenleitoenr , et
d'ufX^îMéret durable et géâeMl. Le cUtxIAt en est 5Klû-
( »«7)
bre, la Usri?e £orUjiQ« Usitualioo excellente pour touk*
eipètù d» cOnimclrQe ; la configuraLLoa de secs côtes et
la ««rlété de se$ productions nafcuBel|ps« la destinent à
èirewi paya^^i serai le centra elTeatrepôt d'un tra-
fic iaiinafise'fl un f asAa cbamp pour des entreprises .
et vskAojm de cîvUjwmliqQ. '
«Ua grand abjet de mes travaux a été d'engager. le
Gcmgrèspar Taffet d'uoesage prAvoyance et d'une cou-
boite prudente» et confornae aux lois da la bonne
foi eavera la Grande Bretagne, attendre la juridiction
active et la protection du gouveroeqaent général sur ce
tttritoire» de Iell4 sorte quil soife placé soua l'action
etlB.aaa«e*garde da l'oif aiMaatioo politique et des lois
du pajr3.4Uqi#al il ap|>artieat légitimevaenL •
L'iaAaAilod de U- l^eUey a aussi étë^de dpn^er à ses
Goociloyens des retnseîgnaoïents exacts, qui puissent
lias p««aaer à éaaigr^r daAs.cistlc conl^rée faite pour
des heunnes teiïif^lii^l^^iP^sijbled.eLijaduslrieux. Ils
y Vanapoirteroot c^rUânement tous les avantages de la
oiviliflatioA* et y poseront Iqs fondements d'une co^n-
muoaut^ yertu^jusa » dont l^exetppLe agira puisaamn^ent
sur les Indiens-' ^agabo^ds.
ContiiHielleifn^al occupé de son idée,. ML Ke(]ey
éprouva de ooiaabreux o|>stacles pour la réaliser ;.il les
aurm^nlja pourtant, et an i823 partit de la Nouvellcr
QcléfiM^ pour la. V9ra*Crux et le Mexique. Après, avoir
séjoiifin quelque tamps à Mexico» il traversa la haute
C^l^rnie^M^ir^v^ <^^^^ TOrégon» o(| il séjourna cinq
mqiai II est d'accord avec les autrea voyageurs sur la
OI^(ure de ce territoires» sur l'autorité illimitée que la
■
Gopupagoie delà baie de Hudson j^exeroe. Quand H
arriva près du fort Vancouver il était souffrant. M. Mac-
langhlin l«i dpno^ une généreuse hospitalité , mai^
( "3 )
dans une maison séparée du fort; il lui prodigua ses
soins et lui rendit la santé ; cependant il lui interdit
d'entrer dans le fort^ M. Kelley ne tarda pas i s'aper-
cevoir que ce facteur principal et ses agents se prépa-
raient d*une manière très adroite k rendre son séjour
dans ce canton incommode et même peu sûr. Les ca«
lomnies et les suppositions les plus absurdes avaient
été répandues sur son caractère , sa conduite et ses
desseins. Tous ses mouvements étaient surveillés » et
quelquefois il fut menacé de violences de la part de
personnes qu*il eut des motifs de soupçonner excitées
par la Compagnie. S'il eût eu la volonté de se placer
sous l'autorité et le contrAle de cette association , tout
eût été au mieux ; mais comme il était résolu à se con-
duire en Américain jouissant de son ind^endance
sur le sol américain ,• cherchant à se procurer des ren-
seignements exacts pour les publier, et poorsinvaDt
franchement son objet d'ouvrir le commerce dn pays
& la concurrence de tous , il fut constamment en batte
aux craintes et à l'aversion des agents du m<mopole. 11
était traité à peu près comme un prisonnier, quoiqu'il
ne fût pas privé de sa liberté personnelle.
Il ne resta donc dans l'Orégon que le temps suflQsant
pour recueilKr les malériaux qu'il cherchait. D'ail-
leurs, il avait perdu dans le cours de son voyage
presque tout ce qu'il possédait Ces circonstances réu-
nies le forcèrent de changer considérablement son
premier plan. Il s'embarqua sur un navire destiné
pour les lies Havai , et revint dans sa patrie , infirme ,
presque aveugle et pauvre. Néanmoins ii s'empressa de
rédiger son Mémoire , persuadé qu'il servirait à corro-
borer les faits exposés dans la pétition des colons de
l'Orégon. On le lit avec intérêt , à cause des notions
( ï«9 )
hnporlantes qu'il renferme sur U haute Californie el
sur le territoire de l'Orégon. L'auteur se montre ami
sincère de l'humanité. Il déplore d'une manière tou-
chante le sort des tribus indiennes , dont le non^bre
dimione avec une rapidité déplorable.
Nous avons dû nous abstenir de toute remarque sur
le sujet traité dans le rapport adressé au congrès sur le
territoire de TOrégon. Une discussion des faits nous
était interdite ; elle eût exigé des développements qui
auraient donné à notre travail une étendue démesurées
d'ailleurs la Société ne nous l'avait pas demandé» Nous
répétons que les divers morceaux contenus dans le
rapport sont précieux pour la géographie. La descrip-
tion du pays est faite avec soin, et ne peut être consul*
tée qu'avec fruit; elle nous a paru exacte , car elle
s'accorde parfaitement avec les notions acquises jus-
qu'à ce jour. EvBiàs.
TRAVAUX GÉOGRAPHIQUES SUR L'OURAL.
Notice adressée à M. Jomahd , président de la Commis^*
sion centrale de la Société de géographie , par M. J« db
Khaniroff» conseiller {ie s. M, F empereur de Russie*
La Société géographique , dans sa dernière séance »
m'a fait l'honneur d'exprimer, par votre voix, le désir
qu'elle a que je lui communique , par écrit , les expli-
cations verbales que je lui ai données en présentant
mes deux cartes de l'Oural et de l'Asie centrale.
XVill. AOUT. 4* 9
( i5o )
Si » d'une part , moDsieur, ce désir de Tiliustre So-
ciété est de nature à flattermoo amour-propre , d'autre
part» ma situation pour répondre à ce vœu est difficile
et embarrassante* En effet, je vous écris dans une
langue qui ne m'est pas assez familière pour préten-
dre à un style suffisamment correct, et ma mémoire ne
peut s'aider de documents à peu près indispensables,
et qui me manquent complètement
Ce qui peut m'enhardir à travers ces difficultés,
c*est l'indulgence de la Société géographique et votre
bienveillance particulière, monsieur. Je sollicite la fa-
veur de la première , et j*ose compter sur la générosité
de la seconde,
11 n'y a pas de doute que, dans le courant de ce siè-
cle , la géographie de TAsie centrale a fait d'immenses
progrès. Tandis que les recherches des Anglais et des
/lasses rendaient de plus en plus précisés et détaillées
les notions que nous possédons sur le Caucase et sur
les contrées situées entre l'Eupbrate et Tlndus, les
travaux des orientalistes et sinologues européens je-
taient une nouvelle clarté sur les parties à i est des
sources de TAmou et du Sir. Mais les données sur
l'espace qui comprend les vallées de ces deux fleuves
sont restées dans l'état que nous a légué le siècle pré-
cédent; il en est de même du lac d'Aral, du littoral
oriental de la mer Caspienne , des steppes Khirgises
et de l'Oural méridional. Les notions détachées que
fournissaient là-dessus les auteurs arabes et tartares «
ainsi que les voyageurs européens du moyen-ftge,
étaient très pauvres, confuses» etpour la plupart incom-
pr^ensibles. En revanche , les travaux des savants et
voysgenrs russes du xvifi« siècle, tels que de Iftimo*
ncff, Ritchkoff, Gmelin,,Pallas, Lepechin, Géorgie
( iSi )
Falck, répandaieni de plu3 grandes lumières. Mais il
est à obserrer que sous le rapport orographique» ils ne
donnaient que la descriplion de quelques routes , sans
préciser, en général» le caractère et la physionomie du
pays. Sons Je rapport météorologique et géologique •
ces travaux étaient loin de satisfaire aux exigences de
ces deux sciences , considérées dans leur état actuel ;
enfin» pour la partie ethnographique et topographi-
que » ils ne renfermaient que des documents incom-
plète et vieillis*
Cependant ce sont ces documents-là qui devaient
nécessairement servir de base à tous les travaux scien-
tifiques des savants de l'Europe ; car, à l'erceplion des
voyages de MM. Mouravief et Nasaroff» je ne sache rien
de remarquable qui aitparu» dans le premier quart du
xix^ siècle, sur la géographie de l'Oural ou du Touran.
Il était juste d'espérer» en Russie » des notions plus
détaillées et plus en harmonie avec les exigences du
siècle , et précisément à cette époque où , sous le gou -
vernement glorieux de S* H. l'empereur Nicolas» toutes
les forces de l'empire ont reçu uae impulsion nouvelle»
et toutes les parties de l'immense territoire ont été
soigneusement étudiées. Celte attente a été justifiée.
Dès le commencement du règne , plusieurs ouvra-
ges remarquables, tels que le voyage de MM. Meyen-
dorff à Bukhara» d'Eversman Pander, et les des-
criptions des steppes Khirgises par Levschin » ouvri-
rent une ère nouvelle à la géographie de cette partie
de l'Asie , et furent bientôt suivis d'autres ouvrages
non moins importants. Les voyages de MM. Helmersen,
Hoffman » Humboldt , Rose i Kupfer, et, tout récem-
ment» d'un professeur de l'Université de Moscou, four-
nirent des documents précis sur rOural méridional. Les
(i5«)
trataui de M. Eichvald ont éclairci pluûeurs que»-
lions concernant la mer Caspienne. Le voyage de
M. Gebel contient une description détaillée de» steppe»
entre TOural et le Volga. M. Nessedief donne dans son
travail, des renseignements du plus haut intérêt sur les
habitants de ces contrées, les Kalmouks. Enfin, l'ou-
vrage de madame Fouss traite des mœurs et usages
de deux peuples de race finoise, les Tchouvaishes et le»
Tcheremisses.
S'il est vrai que ces travaux firent faire à la géogra-
phie du pays des progrès immenses, il n'est pas moins
vrai que ces descriptions partielles laissaient encore
de grands vides à combler, et surtout beaucoup de
contradictions à concilier. Le funeste effet de ces con*
tradictionssefit sentir même dans les ouvrages renom-
més à juste titre , et qui pouvaient être regardés
comme l'expression des connaissances géographiques
actuelles sur la partie nord^ouest de l'Asie centrale : je
veux parler des cartes de l'Oural de MM. Humboldt et
Berghauss; de celles de l'Asie centrale de MM. Grimm
etZimmerman, et du travail sur les peuplades de la race
hongroise de M. MuUer. Ce vide à combler et la con»
ciliation de ces nombreuses contradictions , tel a été
l'objet d'un travail entrepris dans l'intervalle de 1 833
à 1 843-
Les nombreuses observations de MM. Federoff,
Lemm, Vassilier, augmentèrent le nombre des points
astronomiques qui devaient servir de base au travail
des levés topographiques. Ce travail fut exécuté avec
toute la précision, avec tous les détails possibles , dans
tout l'espace compris entre le Volga , la Belaya ,
rOufa , Mias , Tobol , Irtisch et les lacs Balkasch ,
( i5S )
Ahsakal Bai4)i , l'eiRbouchure du Sir» le plateau de
rOusUOurt et la mer Caspienne.
Le littoral oriental de la mer Caspienne fut étudié
séparément, à deux époques » en x853 eti8S€. Le ni-
vellement opéré entre cette dernière et la mer Noire ,
déjà très important par lui-même , servit encore de
base à l'estimation de la hauteur absolue des steppes
Khirgises et de l'Oural méridional » car c'est des bords
<le la mer Caspienne que le nivellement fut conduit» en
1895, jusqu'à la mer d'Aral ; eteni 8s8; ce nivellement
fut continué jusqu'à Orembourg» auquel se rapportent,
pour la plupart, les observations barométriques faites
dans l'Oural méridional.
En même temps la météorologie fut étudiée sur dif-
férents points entre le Volga et TOural. Des observa-
tions barométriques et thermométriques furent éta-
blies à Zlatoust , Oufa , Kasan , Astrakan , OuraldL et
Orembourg, et leur résultat, joint aux observations
sur les débâcles de la Belaya pour cinquante années ;
de la partie méridionale du Volga pour dix années, et
de rOural pour quarante années, sur la température
des sources dans TOuraU et du sol dans l'ouverture du
puits artésien commencé à Orembourg, de même que
plusieurs observations faites à diverses époques dans les
steppes Khirgises, donnent le moyen de former des
conclusions sur le climat de ce pays , si intéressant
par les énormes variations de la température.
Le professeur Eversman, qui a fait le voyage de Bu-
khara , et a séjourné plusieurs mois dans l'Oural , a
reçu la mission de faire la description géognoslique ,
zoologique et botanique du pays ; déjà la première
partie de son travail a paru. En même temps un jeune
savant (Lehman) , qui a accompagné l'académiciea
( i34)
Béer à la Novaya-Zembla , a été envoyé pour des re-
cherches plus détaillées encore. Le voyage qu'il vient
de faire recommande d'autant plusses travaux au plus
vif intérêt , qu'il lui procurera les moyens de lier les
observations faites dans l'Oural, avec les travauxqu'il a
pu effectuer dans les steppes Khirpses, et les derniers
échelons des monts Bolor , ainsi qu'avec les recher-
ches que deux de ses confrères font maintenant sur le
bord de l'Amou près de l'Aral, et dans les plaines
entre le Tobol et l'Irtisch.
Enfin , l'ethnograptûe et la topographie des différen-
tes peuplades soumises dans ces contrées à la Russie ,
telles que les Bachkiris, les Khirgisea^'les Tartares,
les Hescheriaks» lesTcheremias, lesKalmouks, etc. »
ont été aussi rob)et des plus sérieuses études. Les re-
cherches dans les archives fournissent des documeals
historiques sur leur passé , et sur les progrès immen-
ses qu'a faits la civilisation dans ces contrées, dans
l'espace d'un siècle , avec la propagation de la popula-
tion russe. Les voyages que )'ai faits pendant cinq ans
dans les habitations de tes peuplades , avec les docu-
ments officiels que )e possède « me donnent le moyen
d'apprécier leur nombre actuellement, et de commu-
niquer des détails topographiques sur leur habitation,
leur genre de vie, leur richesse et leur civilisation. Les
cartes que j'ai eu l'honneur de soumeibtre à la Société
géograpliiqoe doivent servir de base i deux ouvrages
différente Le premier sera consacré |à la géogra-
phie détaillée des paya attinés entre le Volga » I'Ovn
rai, rOufia et le ToboK La description orographi-
que de ces coolrées paraîtra prochainement dans le
journal de ia Société géographiq:ae de Londres. Elle
sera suivie de l'hydrographie , la climatologie , l'eth-
( 135 )
Dographîe et la topographie 4^8 mêmes conlrécs » et
si mes moyens me le permettent, de la statistique. Le
second ouvrage sera consacré à la description de TA*
sie centrale , concernant tous les pays entre l'Oural , le
Tobol « rirtîsch , les sources de TEnissey » la Chine
proprement dite , le Tibet , rAfganistan , et la route
de Méchid à Tabretz ; le tout basé sur les derniers
renseignements que Ton possède en Russie.
PAYS D^ATECH, EN NUBIE.
Extrait £ime UUre adressée dH Alexandrie le 3o mai 184^1
à M. JoMABD , pa/* M. AetiN'Bbv, premier secrétaire-
itUerprète du vice-roi d^ Egypte et dépendances.
Un des chefs noirs de la province d'Atecb , appar-
tenant à Son Altesse, avait, il y a quelque temps, émi-
gré en Abyssinie, dont le roi, disent les rapports
( Oubi , probablement ) , l'avait fort bien accueilli. Le
prince abyssinien avait été même jusqu'à concéder a
titre de fief au chef atecb, la partie du Soudan qui s'é-
tend des confins de TAbyssinie à la ville de Sennar. Or,
vous savez que cette ville , et la province à laquelle elle
donne son nom, ont été conquises, et sont gouvernées
depuisprès de 30 anspar Son Altesse. Avec l'investiture
de ce vaste territoire , le roi d'Abyssinie donna au chef
réfugié auprès de lui , une armée qui ne tarda pas & pé-
nétrer dans les provinces de Galabat et d'Atech , à en
soulever les peuplades contre les autorités égyptiennes,
et à y former un rassemblement considérable d'A-
byssins et de noirs émigrés des possessions égyp»
( «56)
tiennes. G^est contre ces forces rénnies qu'Achmel-
Pacha , gouverneur-général du Soudan . avait à agir, ei
ses rapports du mois de moharrem font connaître
l'heureux résultat de ses opérations militaires.
A la première nouvelle du rassemblement qui me-
naçait nos frontières, Achmet-Pacba s'était dirigé de
Rasserès, où il se trouvait alors, vers le territoire envahi.
Mais à six journées du point occupé parles troupes en-
nemies» dans la province de Galabat, il avait reçu l'avis
que le colonel commandant les troupes, du vice-roi,
chargéesde défendre la frontière, avait déjà attaqué et
dispersé l'ennemi. A la suite de ce fait d'armes, lea chefs
des tribus révoltées ayant reçu d'Achmet- Pacha des
assurances de pardon, sont revenus d'Abyssinie, où ib
s'étaient réfugiés , et ont reçu du gouverneur-général
les vêtements d'honneur. Acbmet- Pacha, pour mettre
fin aux tentatives des Abvssins, se décida à les
poursuivre dans l'intérieur même des montagnes qui
séparent l'Abyssinie des possessions du vice. roi. Il y
atteignit leurs troupes, et les ayant complètement
battues, il leur fit beaucoup de prisonniers» et leur
enleva i ,5oo tètes de bétail. Découragés par une aussi
prompte défaite, les Abyssins ont demandé la paix,
et Achmet-Pacha la leur a accordée à la condition
qu'ils renverraient dans le' Sennar les émigrés» qui, au
nombre de huit mille familles environ , étaient passés
sur leur territoire» antérieurement aux derniers événe-
ments.
La tranquillité se trouve ainsi rétablie sur les fron-
tières ; Achmet-Pacha annonce que poujr en assurer le
maintien, il va faire construire un fort à Koutbi, posi-
tion élevée qui domine comme point central les'pro-
viuces de Galabat » Ayaibi et Atech. Cette place aurai
( '37 )
Tavantage de contenir les populations turbulentes de
ces contrées , d'opposer une barrière aux invasions des
tribus abyssiniennes » et de protéger contre leurs bri-
gandages le commerce» auquel elle ouvrira une route
sûre entre TAbyssinie et les possessions égyptiennes.
Le succès d'Achmet-Pacha aura d'ailleurs des con-
séquences dont nous n'aurons pas moins à nous féli-
citer soiis d'autres rapports ; je veux parler de la dé-
livrance de M. Blondeel, consul-général de Belgique en
Egypte , retenu captif par ces mêmes tribus abyssi-
niennes dans un voyage qu'il vient d'entreprendre par
ordre de son gouvernement. Le vice-roi, informé de
la triste situation dans laquelle se trouvait M. BlondeeK
a déjà adressé à Achmet-Pacha l'ordre de réclamer sa
remise, et il est probable qu'elle eût été la première
condition de la paix accordée aux Abyssins , si les
ordres de Son Altesse étaient parvenus à temps au
gouverneur-général. Mais il est hors de doute que les
relations étant maintenant d'une nature pacifique ,
les Abyssins s'empresseront d'accorder la mise en
liberté de M. Blondeel ^ qu'Achmet-Pacha a, du reste,
l'ordre d'obtenir 4 tout prix.
Le vice-roi attache le plus grand intérêt à la déli-
vrance de cet agent d'une puissance européenne» qu e
les vicissitudes d'une excursion fort aventureuse ont
rendu captif d'une population barbare , et Son Altesse
la considérera comme le plus beau résultat des suc-
cès obtenus par son armée du Soudan (i).
Abtin-Bby.
(i) Depuis, on a appris l'arrivée en Egypte <l« M. BlondetL
(.38)
NOTICE SOR LE GROENLAND ,
Suiuie de réflexions sur la pêche de la baieine et les jets
d'eau que Con voit au milieu des c/iamps de glace /lot'
tante.
Ayant eu ocôasion de m'entretenir, à Hambourg,
avec trois capitaînes qui sont allés fréquemment pêcher
dans les mers du Nord, j'ai recueilli de leur bouche
les détails suivants, qui m'ont paru offrir quelque
intérêt.
Au mois de juin de l'année iSsS, le capitaine
Voss, natif du Holstein, aujourd'hui bourgeois de
Hambourg, commandait r Harmonie avec 4? hommes
d'équipage. Parvenu dans les mers du Spitzbérg et
du Groenland y il espéra faire une pêche plus avan-
tageuse en se dirigeant vers le pôle; il quitta les quinze
navires au milieu desquels il se trouvait, et s'avança
seul jusque par Si"* 3o' environ de latitude. (Je n'ai pu
savoir la longitude.) Là, se trouvant enveloppé par les
glaces flottantes « et obéissant à un fort courant qui se
dirige du nord-est au sud-ouest, il fut emmené par
elles jusque par jS^ Zo'; il en sortit cependant sain et
sauf après y être resté six semaines, ayant parcouru
ainsi la banquise dans l'espace de 940 milles an-
glais.
En iS38 , à l'époque où nous étions au Spitzbergi le
même navigateur étant par 79 degrés de latitude ,
aperçut la côte orientale du Groenland appelée Ham-
kes dans les anciennes cartes; tout l'équipage l'a vue
comme itii du haut de la mMurt, ainm que son
image réfléchie dans le ciel ; il en était alors à 1 s ou
i5 milles anglais.
( i39 )
Les montagnes qui la bocdenl lui oni paru aussi
élevées que celles du Spitsberg ; elles soal pointues
comme elles , et de même teinte oo jaunAfanes. C'est
en effet ce qui nous a? ait frappés en nous i^rochant
de celle dernière terre.
Les capitaines liehlen et Buter» l'an par 71 degrés *
et Tautre par 74 » reconnurent également les côtes du
Groenland à la même époque ; mais • k ces latitudes
diverses , quoiqu'elles n'eussent pas changé de teinte ,
elles étaient cependant moins élevées ou moins mon-
tagneuses qu'à la latitude par où le capitaine Voss les
avait observées.
Malheureusement cet trois capitaines ne purent pé-
nétrer dans le canal qui règne tout le long de la cote
orientale, les glaces et les courants les en ayant con-
stamment empêchés.
U estA remarquer que les degrés de latitude suivant
lesquels les capitaines Hehlen et Buter ont va la côie
orientale do Groenland , correspondent précisément à
ceux où la même partie de cette terre a été signalée la
première fois, en i655, par Edam el Broêr Roys » et
quinse ans plus tard par Lambert et Gale Hamkes ,
qui lai a donné son nom ; d'où l'on pourrait inférer,
chose intéressante pour la physique du globe» que
l'état de la mer , relativement aui glaces et aux cou-
rants, n'a pas changé depuis cette époque dans les mê-
mes parages.
On n'apprendra pas sanss intérêt que le capitaine
Voss a déjA fait une vingtaine de voyages dans les
mers du Nord» et que le ^raîer bêtimesrt, VMida^ sor
lequel il ee trouve » est employé depuis quatre-vingts
ans & la pêche des animaux marins. A l'heure qu'il esl»
c'est encore un des navires les plus estimés de Ham-
( i4o )
bourg; il serait à souhaiter qu'on en eût de pareils
pour explorer les régions du Nord !
En i83i, ce même capitaine, qui a déjà affronté
tant de dangers inhérents aux parages qu'il a fréquen •
lés si souvent, a eu le bonheur, étant par jb d^rés de
latitude , de recueillir, sur une glace flottante , seize
hommes échappés au naufrage du navire norvégien
Cari Johann ( Charles-Jean ) de Ilammerfest. Le capi-
taine Voss prodiga tous les soins possibles à ces mal-
heureux , qui y étaient depuis trois jours • et eut la
satisfaction de les ramener à Hambourg. Il faut que
Tamour de la mer soit bien grand; car, h l'exception de
trois, l'un Danois, le second Russe et le dernier Sué-
dois* qui demandèrent à retourner dans leurs pays res-
pectifs , les autres Norvégiens coururent de nouveau se
livrer à la pêche sur les côtes du Groenland.
J'ai vu à bord de l'Harmonie une de ces grosses clo-
ches dont on se sert dans les mers du Nord pour
s'appeler dans la brume , et que le capitaine avait
trouvée sur une glace flottante. On la croit d'origine
hollandaise ; quant à moi, elle m'a paru très ancienne ,
ce qui semblerait annoncer que les glaces une fois
formées , ou d'une certaine dimension , peuvent se
conserver indéfiniment au«delà du cercle polaire.
La pèche de la baleine , qui avait été autrefois si
brillante dans les mers du Spitsberg et du Groenland ,
semble aujourd'hui tout-à*fait abandonnée. L*opinion
commune est que les grands cétacés se sont totale-
ment retirés de ces parages ou qu'ils y sont devenus
assez rares pour ne plus mériter l'attention des pé-
cheurs et faire l'objet d'une seule spéculation. Cette opL
nion est-elle bien fondée ? A en juger d*aprés ce que
nous avons été à môme de voir dans no4 différents
('4i)
voyages en Islande, au Groenland, et sarloiitau Spitz-
berg, les eaux qui baignent ces terres nous ont paru
très fréquentées par les baleines; on les voit souffler
de tous côtés.
J^aime mieux trouver la raison de cet abandon
dans les faits suivants : au danger qu*offre l'appro-
che des glaces, à l'incertitude de saisir une proie
qui , souvent blessée à mort, disparaît pour toujours
sous leurs grandes masses ^ h la cruelle perspec-
tive d'hiverner dans des lieux affreux au milieu des
ours blancs, la plupart de nos pêcheurs « pour ne pas
dire tous, ont préféré se livrer annuellement à la pêche
certaine de la morue sur les côtes hospitalières de lis-
lande et de Terre-Neuve. Depuis que l'on a reconnu
que les mammifères marins d'un ordre inférieur, tels
que les morses , les phoques, se tiennent de préférence
et en grand nombre dans le voisinage des champs de
glace y là où ces animaux espéraient rencontrer à la
fois nourriture .""repos et sécurité, les Hambourgeois,
les Danois, les Norvégiens et les Russes ont disposé
des navires pour mieux résister aux glaces , et trouvent
aujourd'hui un avantage immense à faire la chasse aux
vaches et'aux chiens marins, que Ton dédaignait autre-
fois. A cet effet, il suffit de s^approcher en canot des
glaces flottantes, et aussitôt que l'un d'eux, pourchassé
et épuisé de fatigue, cherche à s'y réfugier, on lui as-
sène sur la tête un violent coup de crochet, instrument
que je ne saurais mieux comparer qu'à une pioche à
long manche; l'animal étourdi se laisse tuer sans résis-
tance. C'est ainsi que le capitaine Voss, dont j'ai déjà
parlé, a pris, à ma connaissance, dans une seule cam-
pagne de quelques semaines au milieu des glaces ,
i4oo phoques, ce qui doit certainement équivaloir à
plusieurs baleines.
( >4» )
Toutefois « si jamais on reprend activement la pèche
de la baleine dans les mers du Nord , je crois pouvoir
donner le conseil de ne pas s'en rapporter toujours
a la vue des jets d'eau qui s'élèrent au-dessus de la
surface des champs de glace » et semblent annoncer la
présence des cétacés. Avant de courir après une pré*
tendue proie , et de s'engager imprudemment dans
les glaces 9 il sera facile, je crois» de savoir à quoi s'en
tenir en portant son attention durant quelques in-
stants sur le même point : si l'on voit un phénomène
semblable s'y reproduire » on peut être assuré que
c'est l'eau de la mer qui» refoulée au-dessous des glaces,
et venant à rencontrer une ouvertuf'e circulaire comme
elles en offrent tant» jaillit avec plus ou moins de force»
et donne tout-à-fait Timage du souffle de la baleine.
J'insiste sur ce fait, car j'ai eu occasion de Tobserver
devant des marins qui eurent d'autant plus de peine à
adopter mon opinion » que dans le moment la mer
était à peine agitée. Ils ne concevaient pas comment
le refoulement des eaux pût avoir lieu , de manière à
donner lieu à des jets d'eau. Mais j'avais devers moi
l'exemple frappant des lacs du Nord, où, à l'époque du
dégel » l'on voit la gltce des bords se cribler de trous
par lesquels» lorsqu'il règne une petite brise à la surface
des parties opposées et entièrement dégagées, l'eau
jaillit à 5 ou 6 pouces de hauteur. Les effets étant
toujours proportionnés aux causes dans la nature , les
champs de glace des mers polaires doivent donc offrir
le même phénomène sur une plus grande échelle.
D' Eugène Robbbt , membre dos Commisuofu
sciaUifiquBs du Nord.
Paris , 3o'inai i843*
( i4î)
STATISTIQUE.
Population des États-Unis en 1840, ^ après le dénom-
brement officiel fait en vertu d*un acte du Congrès,
[Note communiquée par M. Wardbn.)
éial», irrfilMiM «I^wUmU*
Rabimt*.
*
Maine,
501,793
New-Hampshire ,
«84.574
Massachufletb»
787^699
Rhode*-Island »
io8,85o
Conoeciicut,
309,978
VcrmoDt,
S9if948
Ncw-York ,
2,428,921
N^w-Jerléy ,
375,506
PeDsylvania »
i,724«o33
Delaware ,
78,08s
Maryland ,
469,259
Virginia,
» •«39,797
North-Carotina ,
753,419
Soutb-Carolina ,
594*398
Ceoi^a ,
691,592
Alabama,
590,756
Hisnsftipi »
575,651
Louiaiana,
552,411
Tenessee 1
829,2 10
Rentucky »
779,828
Ohio,
1,519,467
Indiana ,
685,866
Illinois,
476,185
NiBBouri,
585,702
A reporter. . • .
16,580,479
( »44 )
Report. . . .
i6,58o,479
Arkiinsas ,
97»574
Hichigan ,
2is»t67
Florida-Territory .
54i,477
WisCODSÎD 9
30,945
Jowa,
43,119
District de Colombia »
45,71»
Marins des forces navales ,
i7,o&2,566
6,100
Total. . . . 17,068,666
Population des blancSt gens de couleur et esclai^es compris
dans le tableau ci^-dessus , savoir :
Blancs libres, j Hommes.
I Femmes,
Gens de couleur j Hommes,
libres. ( Femmes ,
Esclaves.
Î Hommes ,
Femmes ,
.9o9»94«)
7,249,976
6„
"186.457!
» 99*778 1
S86,a5S
1,340,700)
17*069,566
6,100
Total oiifiRAL. . . . 17,068,666
( >45 )
EGYPTE.
Travaux dUrrigation dansleSaïd. — Eslrait d* une lettre
de M. Lin A HT , ingénieur en chef des canaux , ponts
et chaussées d^Égypte , adressée à M. Jomabd.
BiHse-K|!^pte, s 8 ^Trier 1843.
Monsieur,
Depuis près de six mois je suis en voyage dans les
provinces pour les travaux de canalisation. Je fais tout
mon possible pour seconder l'activité infatigable de
S. A. » qui » maintenant que . ni la guerre , ni la pos-
session de la Syrie et de l'Arabie, ne lui donnent
plus d'occupation comme par le passé , a mis toute
cette activité à améliorer ses affaires intérieures. Le
vice^roi parcourt les provinces pour faire travailler aux
digues et aux canaux. Cette année il a fait terminer
dans la Haute-Egypte tous les projets de canalÎ4fiti9n ;
il a fallu oi^aniser quatre cent mille ouvriers à. peu
prës« leur donner de l'ouvrage» et cela n'est pas, peu
de chose ; on a fait en quatre mois plus do qt^ç^xax^ijt
millions de mètres cubes- en terrassements de digpes
et canaux; aussi la Haute^Égypte est maintenant pour
ainsi dire à l'abri des événements fâchaux causés par
une mauvaise inoudation ; on a commencé aussi tous
les ponts , barrages» déversoirs nécessaires» et l'année
prochaine tout sera terminé. Il ne manquera plus
pour <K>n)plé(er tout le sytème de canalisation et 4*ir.«
rigatlpn, et pour ta prospérité de l'I^gypte 1 ' qm; \^
grand canal de Gebel-Selséléh pour la I^aute-Égypto »
les grands barrages du Nil et la pointe di| Delta puur
XVllI. AOVT. 5. 10
( ■4'*» )
la Basse-Egypte , et enfin la communication des deux
mers.
Dans ce moment j'arrive à El-Atfet , à la prise d'eau
du canal le Mahmoudiéh, où je dois rencontrer
MM. Mougel et Gallice pour m'entendre avec euiE sur. la
construction et l'exécution de l'écluse que l'on va dé-
cidément bâtir pour permettre la navigation libre du
Nil à Alexandrie. C^eAtun travail que j'ai projeté de-
puis bien long-temps» et qui était indispepsabU; j'es-
père bien que l'année prochaine il sera terminé. . . .
Sifflé Liif 4Nt.
NoTB au wujet des tra^HXÙx de ^ianalisation dans
la Haute^Égjrpte,
La fiaote-Égypte se divise en deux parties ; le Said
proprement dit , entre la dernière cataracte et lionfo-
lout V et rÉgypte moyenne , de ce dernier point au
Caire. La seconde partie possède dé temps immémo-
rial k canai Joseph, qui baigne la chaîne Hbyque ,
et pénètre à l'ouest dans le Fayoom, par une gorge
qoila été credséû artificiellement pour arroser cette
fertile province. Ce canal a été rob)et particulier de
l'attention du prince. Les ouvrages d^art' qui existaient
autrefois à Centrée de la province Arsmolte, à présent
leFayoum, avaient pour objet de contenir les eaux de
Fifiofidfttion dans le lac Maeris et sen affluents , et de
léttrlivrer passage pour arroser les partie» inférieures dti
pays, quand l'exhaussement du Nil avait été insuffisant.
Cette condition ne pouvait être remplie aujourd'hui ;
niais il n^en est pas de même des provinces de Hiniéh
et de Beny^ueyf ( partie du haut}» qui pouvaient
reécnroir par un bon aménagement des eaux des ca-
naux tenatil directement du Nil , et de belles duBahr-
( «47 )
Yoasef , une irrigation beaucoup plus abondante que
par le paseé. A Tégard du payfl supérieur au canal Jo-
Mpbi joéqo'ioi V(m n'aurait jamais fait un traTail général
d'irrigation ; quelques portions de canaux baignaient le
pied de la cbaine Hbyque, étaient sans profondeur »
sans pente suivie, sans continuité, sans -ouvrages d'art.
Us «fiujf, AW» çQuirwl* n'éMMQDl guère fii^le.r^Mdu
4e cellq^ qui pro^î^ni^^Pi fies di^g^dqimmU i9Pll«e)4, «rt
pprtéof^ ^Hmceakxçi^Ulésp^rreiret 4f M p^9^ troMT^rt
$1^]^ Qa ^aii m elbt que la vallée d« Nit est plus
9bai«^e ^'un 9u pl<,»i^Mrs in&ta'Q^ au p«e4 d^sjnonlar
goe^ qa>i|^ berger dp fleuvQ, l^s tiav^tfi de oftoplisam
tion entrepris en dernier lieu remédieront à col étal
dQ qUoif^, ^ui Vfl|)(im^« peqMIl!» iv«iii'l9^ TadoiiDistra-
tiqp pQwpiin^, Mahap^Y0Qd-4U Papba est U pmmUat %fÊi
ait port^ ceUe atte^t^oi^ aMx.pm*4ios. sp{>éneucèa;db
I*ÊByP^^ t ^ l'^iQultlIf^f « f^utq 4'kTW»^là0m to^s«9É»i
laissait à désirer. Il re^ie ^ tçviatoer» à rettrénoité
mj^o^t^ 4^ hwl^^f.me ^pér^ti^^ qf«î n^« î«aHiiB^té
t^^t^Qi Oi^n^Qo^tQ région »1q NI) ^ft.^Of^iAfti en' bban**
cpup fi'^pdtoilçi^ntre 4^f r^cMî» dprgfèib4'ottiéUva-
tif^n ip^dÎQWe. U n^ |i9i)9it PA9 împpwb)^ dolnoer un
can^l CQqlfnvi qui auraM sa pri^^ d'^^l^r ^ iteb^elrStHé^
léb» «t qqipropgir^aU aav^mn^» d'fiaii suffiiMtdans
les mauvaises a^p^ed ji^^qu'i Syout eA Modfaloul. La
rive droit? n'a pas l>e#oiA de tritAraui senfalablea ,
élaiit général^meat plqf f^ppvQcH^ du MU , d'au l'an
tîr^ aÎAéinent d^s c(^napic dir^ots pour l'inngaliott.
J.-l>. '
( «48)
NouvBLLfis d'Jbystinie et de V Egypte , (VAlexarulne ,
les ^T juillet et 17 août ^ transmises par II. Gadtij»
d'ABCt consul'généraL
''' MM. Petit t Vigneau et Lefebtre ont quitté Adoua
dans les premiers jours de tnars. M« Beel, voyageur
anglais, rentre en Egypte avec M. Blondeel, consul-géné-
rai de Belgique. Ces messieurs ont quitté Gondar le
10 février. L*abbé Zapetta, atteint par les fièvres du
pays, est obligé de quitter TAbyssinie, et rentre au
Cake.
Le docteur Reik , attaché à la mission anglaise dans
leyoiyaiKDe.de Choa, vient de déterminer la latitude
d'Ankober ( qui Jusqu'à ce jour n'avait point été ob-
tenue ) ) ainsi qu'il suit : Latitude N. , 9° 34' 44' » lon-
gitude E. , Greenwich , 3$<> 54' o'^.
• Le iMib d*Arkeeko et stës subordonnés sont dispo«
séf de la manière la plus favorable pour nos voyageurs.
L^àbbé Guérin, missionnaire français, arrive de
riode oè il a passé treize ans ; il rapporte une fort belte
coUeetion de manuscrits sanscrits sur l'astronomie.
En faisant des fouilles près des jardins de M. Gi-
barrâ sur la route d'Alexandrie à Rosette , on a mis à
nu les fondations d'une construction* gigantesque. Le
fût des colonnes est en granit rouge , la base, et le
chapiteau en granit gris ; le chapiteau se rapproche
du style corynthien ; les colonnes sont monolithes :
la hauteur du fût est de lo'^âo. Autour, sont un grand
nombre de colonnettes en granit et des fragments de
mosaïque. Les fondations sont d'un travail soigné ; le
sol s*élève à 4* au-dessus de l'édifice. Le même pro*
( i49 )
priétaire a recueilli deux statues près d*un village voi-
sin; l'une d'elles est une copie réduite de la f^éaus de
Milo, On continue les fouilles dans ce dernier endroit
situé entre l'Atréh et Aboukir.
Nouvelles transmises par le D"" Clot-Bey.
Caire , 4 juillet et 4 août.
M. l'ingénieur français Mougel vient de présenter un
nouveau projet pour le barrage ; il serait établi préci-
sément au Ventre delà Vache» c'est-à-dire au point de
séparation des deux branches du Nil. Les travaux se
feraient dans le lit do fleuve » ce qui éviterait de creu-
ser un canaL M. Mougel se propose d'employer le bé-
ton ; il remplace la pouzzolane par des briques faites,
avec de l'argile et ^r-. de chaux. L.e devis de la dépense^
est de moitié moindre que dans les précédents projets.
On s'occqpe aussi du canal des Deux-Mers. Selon
MM. Linant et Mougel , il suffirait de 3 k 4 millions
de francs pour l'exécution.
Commimùiué par M. Jovabd.
( «io )
DEtlXlEME SECTION^
Actes dd la Sociétés
EXTEAIT DES PkOCES-TERbAUX DES SKA2«CZS.
PhiSlDEnCE DE M. lOliAAP.
Séance du 5 août t84**
iJt plrocè§«T^rbàl tfe la tfenoiète séance est lu et
il. Cîihto4rriddià6 féttiërete ia CûttiDàissioti ceùlrâk
déÉ tfeftèiéighi^iiiètits qui lûl ont étA batisiiii^ Btir le bot
él te» h^taol d^ la Sôclélé. M. le ininistre âûbotiée
qtill Ml'a ivetir^i d6 pôutôir, diaùis le tt)Utt; de fta pr 6-
iiâèflce , cotttriba«r à soù ëxteùàioh, et il H^^s&oCie
dM à pi^ae^Hi se^ ttut&ui, tomme ftùuscriptettt', pôtir
une somme annuelle de loo (Vàtlts.
Il* le comte de Moatalivet, intendant-général de la
Mate civile , annonce à la Société que le Roi a bien
voulu lui accorder un encouragement de i»ooo francs
pour l'année 1 849 » comme un nouveau témoignage
de li'ntérèt que prend S. M. à ses utiles travaux.
M. Drouyn de Lhuys , nommé Tun des scrutateurs
de la Société h lu dernière assemblée générale » lui
adresse ses remerciements , et lui annonce qu'il s'ef-
forcera de seconder ses travaux.
( »5i )
M. Charles Baltresque » admis réceiftment dans la
Société 9 lui adresse aussi ses remerciemcats, et lui
promcit sa coopérattoo.
H. l'amiral Baudhi , préfet marilitiie à Toulon « écrit
qu'il s'est empressé, comme tous lea corps de k ma-
rine placés aou» soa autorité » de e'assooier au toni de
la Société pour rénectîon d'usmonumeiiià la mémoire
do M« le cootre-amiral dTlIri^ille* Le produit de eette
aoaacripiûm a été en? oyi 4 Airis.
Mk Marbeau, trésorier-général des Invalides de hi
marine, adresse è la Société une somme de 66^ fv. qui
lui a été tmnsmisepar divers trésoriers dans les ports,
comme provenant de socKCriptions recueillies par
eut pour le monument de H. le eontre^amiral d'Ur-
ville.
M. le baron Walckenaer, secrétaire perpétuel de
TAcadémie des inscriptions et belles-lettres , adresse
à la Société des billets pour ceui de Ses membres qui
désireraient assister à la prochaine séance publique de
cette Académie.
M. Eyriès, du Havre, donne des renseignements sur
on envoi de M. Lavallèe» vice-consul de France à là
Trinidad de Cuba. Cet envoi» qui n*est point parvenu à
la Société» Consistait dans une grande carte en 6 feuilles
de l'Ile de Cuba. La Commission décide qu'il sera Fait
des recherches au bureau des diligences pour retrou-
ver cette carte.
M. Atbert-Montémont fait hommage de vingt exem-
plaires d'une ode qu'il a consacrée à la mémoire de
M«' le duc d'Orléans.
M. le secrétaire communique la liste des ouvrges of-
ferts à la Société. La Commission vote des remercie-
i »5« )
menls aux auUura, et ordonne le dépôt de ces ouvra-
ges à la bibliothèque.
M. de Rhanikoff, conseiller aulique de S. M. Vem-
pereur de Russie, met sous les yeux de rassemblée, en
y igootant des explications verbales , plusieurs cartes
manuscrites de diverse^ contrées de TAsie centrale
qu'il se propose de publier, entre autres une grande
c^rte (opograpbique de la chaîne de l'Oural , fondée
sur des observations astronomiques et un grand nom-
bre de levés spéciaux. M* de Khanikpff a résidé long-
temps sur les lieu:(| ainsi que soo frère » coiiseiller 4e
Russie à BoMidra. M. le Président» sur la proposition
de M. de Laroqiiette , invite M. 4^ Khanikoff à vovloir
bien communiquer au pomité du QuUetin une Note
sur ces intéressants travaux.
. M. Pyriès r^end compte de Toufrage de M. Bore
ayant pour titre : Correspondance et Mémoires d*mi voya-
geur en Orient. Rcovpi de ce rapport pu concile du bul-
letin.
Le môme membre annonce qu'il a reçu une lettre de
M. de Angélis, correspondant étranger de le Société à
Buenos-Ayres. Ce savant, dit-il, continue de prendre
un vif intérêt aux travaux de la Société , mais l'étpt
politiqi^e du pays ne lui permet pas d'y coopérer ac-
tivement.
M. Jomard aonopce ^u'il a reçu de M. Antoine
d'Abbadie une lettre contenant d'intéressantes coip-
muniçations sur l'ancienpe Adulis \ l'heure avancée ne
lui permet pas d'en donner lecture.
Le même membre fait hommage du Recueil de do-
cuments sur l'Arabie par M. le baron de Hammer ,
dont il avait donné communication daqs une des
séances précédentes.
(.53) ■
M. le Président aDoonce enaoite que la Commission
du monument à élef er à la mémoire de H. le contre^
amiral d'Unille s'est réunie avant la séance, et il rend
compte des mesures qu'elle vient de prendre. Sur sa
proposition , la Commission décide i * que le monu-
ment sera élevé à Paris , sur l'emplacement concédé
par la ville dans le cimetière du Sud ; s^ que des dé -
marches seront faites dans ce but auprès de l'admi-
nîstraiioo ; 3*" que M. Vincendon-Dumoulin , ingé-
nieur - hydrograpj^ie de la marine, sera adjoint à la
Commission du monument comme représentant des
cempagtions de vo]^ âge de l'amiral d'Urville, et comme
intermédiaire de la famille. M, le {^résident ajoute que la
souscriptiop s'élève aujourd'hui k la somme de a,66i fr.
So c. , y compris celle de 6d9 fr. versée par M; Mar-
j^eaii , trésorier^général des Invalides de la marine.
Séance dut- 1 9 août 1 649.
Le procèfr-verbal de W dernière séance est lu et
adopté.
H. de Morioe^u /admis récemment dasa la Société,
lui adresse ses remerciements, et promet de concou-
rir à ses tiavaux*
M. le Présîdeni annoilce la présence de M.' Martius,
de l'Académie roysie des scieûces de Mu&icb; de
M. Trisiani , astronome de l'observatoire de Milao» et
de Mf P^c^I Cosjle, voy^ageur on.P«rse.
y,fait.cfonnaltre ensi^ite la perle douloureuse que ki
Soo^é vient de faire dans la personne de M. le D*^
Edwfirds , membre de la Commission centrale.
» (I annonce .enfin qu'il a été écrite H. le préfet 4^
l^ «Sieine.iagu 9ujet 4«i nis^Qument .dn cohlfe.-^aratval
( 1^4 )
cl*LIrvilIe, ainsi quà M. Dumoulio, récemtDcnt ad-
joint à la Commission du moliumeni.
M. Jomacd communique une kUre qull a raçuç
de M. Gautier d'Arc, consul -général de France on
Egypte » et qui contient dee offres de sèrvîoe pour la
Société 9 avec des reMeignements sur plUéietHS voya-
geurs qui reviennent de l'Abyaainie 4>u dea oonlrécs
voisines.
Le même men^bre fait connaître que VJs$oeiatmn
Uuéraire d'Égjple^ d<Mit il a communiqué lai slatuto
dans une précédente aéance, es4diAtincte«i indépen-
dante de la Société égyptienne qui ctaipin déjà aix
années d'existence* U communique eosnile lei obser-
vations météorologiques faites au QAw par M» De*-
touches pendant les aimées i84o et 1 84 1, et il donne
lecture d'une lettre que lui a écfite M. de Khanikoff •
conseiller aulique de l'empereur de Russie. Cette lettre
est relative au rapport verbal laitpar ce voyageur dans
la dernière séance au sujet de l'Oural et de l'Asie 'cen-.
traie , et renferme dos notions ptéàise» sm* réUt actuel
des connaissances géographiques et ethnographiques
dans ces vastes contrées. Renvoi et cette letlre au
comité d« Bulletin.
M. Jomard termine ses commuâitQkfiods eti pré-
sentant la dernière partie de lamiipp^nSi^Mde de Here-
Aord^ faâsaiit partie et «on travail sût les Mdfwyteatr de
la giùgrafhio.
H. Berthelot aimonee qu'il est ohat^' par H. le che-
valier de Balbt d'offrir à la Société , de k i>art de
l'auteur, M. Salari, employé à la comptabilité centrale
lombarde ^ une statistique générale de la ville et ite ta
province die Silan. Il lit une Note eucdnete sur ce
travail, qui» préeenli tous ia foime d'un «abieau mo-
( «65)
Dumenlal, contient tous les renseignements histori-
ques, topographi<|Qes et statistiques, et donne le ré-
sumé le plus complet qui ait été publié jusqu'à ce jour
sut là Vill<3 âe Milan.
M. le vicomte de Sanlarem offire à la Société un N*
de la Revue trimestriel le» publiée par l'Institut his-
torique et géographique du Brésil, et il appelle son
attention sur les importants documents contenus dans
ce cahier. M. de Santarem est prié de remettre au
comité du Bulletin une analyse de cette intéressante
publteàtiôtt.
M. Ûoste met sous les yeux de l'assemblée les cartes
itinéraires de son voyage en Pef se. La Commission }e$
examine avec intérêt , et elle invite ce voyageur à lui
communiquer une Note à ce sujet.
Bi Eyriès rend conxpte. de l'ouvrage poblié réceili-
a^eni par M. F^rdinapd Perrier, aide-d6-ca9i{> de Sentir
man-Pacha sous le titra de : LaSyrieimuiegoupememma
de Méhdmet'AU. Renvoi de ce rapport ^u comité du
Bulle tin*
. VL dé Gaatekntt lit ime Notièe sot dtux. itibéMras
deXhatlftsIoli à Salahasaée dabs la Florido. H çst pri«
^ commuit^ikiuér un l'ésumè de oss itinéralrsb att co^^
mité du ButtcUn;
llBIUHMl» ilMllB VAMS && SOCIÉTÉ.
Séance du S ûûût 184^.
M. Prtdériè ÂYâHoii» lieutenant d'artillerie au ser^
tice de la Compagnie anglaise des Indes oritsntales.
( «56)
Séance du ig août i843*
M. Adolphe Babrot, consul-général de France dans
rindo-Chine.
M. Lavaux, avocat à la cour royale.
OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ.
Séance du x*' juillet 1849.
Par le Bureau des longitudes: Annuaire poi^r 16^%^ —
Par M. Constant Sicé : Almanach de Pondichéry pour
les années i85.8 et iSSg, a voL in-8. — Annuaire sta-
tistique des établissements français dans l'Inde pour
1840 9 1 vol. in-8. — Par M, Berth^lot : JX^pporis pré-'
sentes au congrès de Venezuela par les ministres de
l'intérieur, de l'agriculture et de la guerre et de lama-
rine sûr les divers services de ces départements» 3 vol.
io-8. — Par M. Daily : Éléments de l'histoire do gefnre
humain « 2« eatrier, géographie. — Parles Académies
et Sociétés des sciences et d'agriculture de Dijon , d'É-
vreux » de .Versailles , de Troyes , de Booeii « d'Angers ,
dé Lons-le-JSàulniér et de Meauz : suite des Mémoires
de ces Sociétés pour i82g» 1840, et.|84t<= -^Par
M. Tassin : This new and improved liap of variooi
routes between Europe and India, comprehendiog
Western and Northern Asia s legetfaer wîth Asia Mi-
nor and Egypt. Calcutta, i834 » 4 feuilles. — Map of
tho NortU Western frofUi^r.pf $r}tîsh India » inclu*
ding the protected Sikh States , Lahore , Cashmeer ,
Çil^ul • llerat , GandaUar» Shikarpare et Bb^ivulpDre;
togetbcr wiâb Sip4ci ^^^ Bajpootana » Ihe. loduMi rîvj^
und-pait of Beloocbistan. Calcutta, i838, 4 feuilles.
( i57 )
— Map of Upper Assam, comprising the districts of
Joorhaft Luckimpore and Sudiya , shevving the thea
tracts dîscovered by. G. A. Bruce , also tbe roads pro*
posed to be opeoisd from Sudiya to the Booree Di«
hing. Calcutta» iSSg, 5 feuilles. • — Map of Eastérn
Asia comprising, China, parts of Tibet lœdMobgotia ^
BootaOy Assam, Butina and Eàstem Bengai; toge**
ther with Anam, Gambodia, Siam,- Laos, the Malay
Penînsiila and tbe Indîan archipelago. Calcutta» i84o«
8 feuilles. — Hind bà Hindusthan ka* Nakska' (carte de
rinde en indostani }• Calcutta , 6 feuillesb ^*- A new
and improfed Map of the provinces of Bengai and
Behar, mth Benares and adjoinii^ terri tories, ézhibi-
ting the district divistiônst tbe civil and military sta-
tions and police thamas, and likewise Ihe principal
Indigo, Silk and Sugar Works. Calcutta , 19 feuilles.
— Par M. Ramon de la Sagra : Mapa de la isla de
Cuba , y tierras circunvecinas segun la division de los
naturales, cph las derrotas que siguiô el Almirante
Don Crisiobal Colon en sus descubrimientos por eslos
mares» y los primeros establecimientos de los Espa*
gnôles^ para servir de iluslracion à «u Historia Anti-
goa , por D. José de la Torre y de la Torre, 1 feuille.
^Par M. f^iquesnei: Carte géologique d'une partie de
la Servie et de TAIbanie » dressée par le colonel Lapie,
d'après les renseignements recueillis en i836 et i.83â
par M. Visquesnel, 1 feuille.
Séance du \h juiflet \t^%.
Par la Société géologique de France : Mémoires ,
tome V^ 1" partie. — Par M. fer4ilnaHd.de iMca :
Nqovi eli^inenl^..di geografia ccc. .^uinto peri^<^Â: rtti
( l58 )
geografia secoodo Tor^ine deglt siuctt g^ograflei che
contiene lo stodlo elefnentape délia geôgrafia anliea ;
1 foi. in*«8. -^ IttatituiioDÎ eltmentavi di geografia na*
torale iopegrafica aatronottiîea , fisica'e morak ordî*
pâte con auoto melodo io otto ptiriodi» i vol; in-ft. —
GeoDMtria pâaoa ^ i vol.* iii*<(S. -^ GeooiélrlÉi analitioa
aaaKai a due a ooordiDate^ i to). in^. — «Gedmelm
analiiica a due côordinale « i ?ôl. ln-8; ---* Trigonome*
tiiapiana analitica» i fol. iii«S. *^ Insllfutione pra*^
tiea di agrÎDaeDaora da seirira por rialparione popo*
lare» i yoL in«8. -^ Pap Us édUeurs : Nbof elles annales
des voyages. »*- Annales marillmes, juin. *- Annales
deaseienceagéolo^qoes» mai. — Reeneil de la Société
polytechnique^ mai. — L^Écho du Monde savant
Séance du h (Moûi i84s«
Par Mp le baron ff^alckenaer : Mémoire sqr la chro-
nologie de l'histoire des Jayanais 9 et sur Tépoque de
la fondation de Madjapahit, 1 broch* io-4* ~~ ^^
M. Marcel: Annuaire algérien pour 1 84a ( is58 de
l'hégire) , impartie, 1 vol. in-8. -^ Par M. , de La-:
roquette : Notices historiques ^ur MM. d/D Lesseps
( extraites de la Biographie universelle ) , in^. — Par
la Société royale géographique de Londres : Address to
the anniversary Meeting (aS^may i84a). — Par M. Al-
hert^Montémont : Ode sur la mort du duc d'Orléans ,
Prince Royal. — Par^ M. Browring : History of the Hu-
guenots from i5^8 to i838, 1 vol. in*8.
Séance du 19 eu}ût 1849.
Par P Académie royale des sciences de Tunn : Mé-
moiraf de celte Académie , a* série , tome III. — Par
( 1% )
la Société philosophique américaine de Philadelphie :
Transactions de celle Sociélé, ?ol. VIII, ir« partie. —
Par M. G, Salari : Slalislica générale délia Regia
Cilla e Profincia di Milano, compilala da G. Salari ,
1 vol. in-f*. — Par M. Stanislas Julien : Exercices pra-
iques d'analyse, d* syntaxe et de lexigraphie chinoise»
1 Tol. » in-8. -— Par les auteurs et éditeurs : Revue tri-
meslrielle de Tlnstilat historique el géographique du
Brésil, n® i2i.-* Nouvelles Annales des voyages» juiltet.
— Annales maritimes , juillet. — Bulletin de la Société
de géologie» tome XIII, feuilles 17 à ^9. — Revue
scientifique» juin. < — Recueil delà Société polytechni^
que, juin. — Journal de Tlnstitut historique , juillet.
— Journal des missions évangéliques , août. — Mé^
morial encyclopédique, juin. — L'Écho du monde
savant.
i6o
S<^r5CMrTJO!ç OL^T^ â.stu .V w:m Àt /j -Sot fU de gfo-
a»
5 *^
lO
1^
ntft
BULLETIN
DB LA
SOCIETE DE GEOGRAPHIE.
«BPTfiHBBB l849«
PREMIERE SECTION»
MÉMOIRES. EXTRAITS, ANALYSES ET RAPPORTS.
PREMIER VOYAGE
à la recherche des sources du Nil-Blanc , ordonné
par Mohamhed-Aly , vice-roi d^ Egypte.
Article communiqué par M. Jomard.
( Fin. ) (0
Lundi, i5 zilkadé. — Le matin, à notre départ, le vent
soufflai! du septentrion.
A s^ 1/2 le gouvernail de la troisième dahabéyh ne
fonctionnant pas convenablement, nous fûmes obligés
de le raccommoder un peu ; dans ce moment trois sacs
de soldats tombèrent dans Teau et se perdirent , par
Ja faute de plusieurs individus, qui furent punis d'après
les règlements» et on porta la perte sur leur compte.
(g) Voy. les BoUecios de juillet, p. 5 , et août, p. 81.
XVIII. SEPTEMBRE. 1. 11
( 169 )
A 7h nous nous mimes en route. Le vent était con-
traire» et In renconirede plusieurs kourdas nous força à
baler jusqu*à 1 1''. Quelques uns des habitants de ces
parages Tinrent, et embrassant les cordages du haïsse,
se mirent à les tirer en compagnie des soldats ; et
comme il est indiqué dans le tableau , les habitants
de neuf hilléhs que nous rencontrâmes se présen-
tèrent sur le bord du fleuve en nous priant d'ac-
cepter le bétail qu'ils amenaient avec eux; ils nous
suivirent pendant s ou 5 heures; mais ayant refusé
leurs présents, ils s'en retournèrent tout contrits.
A l'occident nous reconnûmes un étang couvert de
hérons; nous vîmes aussi beaucoup de bois dana cet
endroit. A n^ nous aperçûmes un hilléh; l'un de»
habitants nous apporta une dent d'éléphant.
Le fleuve, dans cet endroit, estcouvert, jusqu'à 9 ou
3 milles du rivage, de roseaui et de joncs que les bes-
tiaux broutent; dans d'autres endroits il y a des tra-
ces d'incendie.
*
Le fond du fleuve est de sable , et les bords sont
garnis de joncs et de broussailles , mais en très petite
quantité.
Nous jetâmes l'ancre au milieu du fleuve à Tentroe
de la nuit.
Mardi, 16 zilkadè, — Le matin, à notre départ, le
temps étant calme . nous fûmes obligés d'avancer tan-
tôt à l'aide du halage, tantôt avec le peu de vent qui
3jc>uniait.
Du côté de Toccident et de l'orient nous aperçûmes
une dizaine d*habitntions , ainsi qu'un étang à l'occi-
dent.
*
Les habitants de cet endroit vinrent, comme le5v
autres , nous (iffrir leurs présents en nous suivant
( »6î)
Dans les habita lions que nous vîmes il se trouvait du
tabac , du dourah et du sésame en quelque quantité.
Nous y trouvâmes également deux dents d'éléphant 9
ils les emploient comme -des piquets et les enfoncent
dai\s la terre. Ce jour ils nous en apportèrent quatre ,
mais toutes petites. A 1 1^ nous nous arrêtâmes du côté
de l'occident un jeune homme d'environ 90 à 91 ans
vint se présentera notre drogman Méhéemed, et lui dit
que, se trouvantmalheureux et sansmoyens d'existence,
son dessein était de nous suivre. Tout examen fait,
nous consentîmes à le prendre avec nous, et nous le
fîmes babiller.
Les bords du fleuve sont couverts de restes de joncs
et de broussailles qui , pour la plupart , ont été ou
broutés par le bétail ou dévorés par l'incendie.
Le fleuve est plein de crocodiles et donne asile à
quelques hippopotames ; sa vase est de sable; il a en*
viron i milles de large. Sur la rive occidentale se
trouve du bois en asset grande quantité.
A l'entrée de la nuit nous jetâmes l'ancre.
Mercredi^ 17 zilkadé. — Le matin, à notre départ,
plusieurs petits animaux de menu bétail ayant été ap-
portés des rives orientale et occidentale, ils furent dis-
tribués aux soldais > qui en avaient grand besoin. Les
habitants, voyant leurs présents acceptés, retournè-
rent pour prendre leurs meilleures bêtes ; et h leur ar-
rivée, ils nous suivirent en nous priant de ne pas re-
fuser leurs présents, et ils se mirent àhaler comme
les soldats. La tribu d'El-Hyabb (1) habite la rive oc*
cidentale, et la rive orientale est habitée par celle de
Bhourr (s). Ces deux tribus sont presque toujours en
guerre pour les pâturages.
(i) Les tableaux portent la tribu d'Elyab, On dit jHissi le pnjn des
Heliabs. — N. du R.
(2) On trouve aussi B/iour dans le manuscrit.
( »64 )
Quoique nous ayons avancé pendant plus de deux
heures à l'aide du vent, cependant la plupart du temps
nous avons été obligés de nous en tenir au halage.
A 5^ nous aperçûmes une branche du Qeuve. Dans
cet endrcHt le fond du fleuve est du sable , et les bords
en sont garnis de roseaui et de joncs ; nous aperçû-
mes également» au côté oriental et près du fleuve, plo*
sieurs arbres d'Europe ainsi que d'autres espèces d'ar-
bres.
Les insirumenb do halage nous manquant pour les
barques , nous coupâmes plusieurs de cea arbres , et
nous jetâmes l'ancre au milieu du fleuve.
Jeudi j iS zilkadé. — Le matin le temps était calofie ;
après avoir un peu halé, le vent faisant sentir son
influence favorable» nous naviguâmes jusqu'à 5^. Mais
quelques kourdas s'étant rencontrés devant nous y
nous fûmes obligés de recourir au halage. Les habi-
tants aidèrent les soldats à haler jusqu'à 9^ ; ils vin-
rent des deux rives en grand iK>mbre, sans armes,
accompagnés de bétail : ce qu'ayant vu » nous abor-
dâmes la rive occidentale. Le grand cheikh Ryann (1)
Kandjack vint se présenter à notre dahabyéfa ; et
l'ayant interrogé sur le pays« il nous répondit que
devant nous se trouvait la tribu des Schii*s, qui parlait
une autre langue et qui était leur ennemie. Ils s'occu-
pent de la culture du dourah» du sésame» du tabac
et des citrouilles. Il parait que cet individu est égale-
ment le cheikh de la tribu des El-Hyabb ; il avait amené
avec lui plus de 1,000 personnes sans armes. Ils ont
l'habitude d'attacher à leur corps la queue et les cornes
des vaches, animal qui est le plus honoré parmi eux.
(1) HyAn ( ra6/MtuK ).
( «65)
Enti€ les animaux qu'ils amenèrent» nous ne primes
que ceux dont nous avions absolument besoin. Nous
donnâmes en retour au cheikh quelques verroteries et
jilusieurs paquets de toile de coton pour se faire un
habillement, en lui disant que nous étions très satis-
faite de ses présente. Il resta jusqu'au soir à haler avec
les soldate.
Ag^, en approchant delà rive orientale, trois grands
cheikhs des Bhourrs vinrent à notre dahabyéh. Pour
ies satisfaire nous leur donnâmes un peu de verroterie
et un peu de camelot blanc. Les ayant interrogés, ils
nous répondirent que leurs habitations se trouvaient
un peu loin du fleuve , et'que leur agriculture se com-
posait de la culture du sésame, du tabac et des citrouil-
les; ils nous dirent également qu'ils étaient presque
toujours en hostilité avec la tribu d'El-IIyabb et une
autre tribu.
La tribu de Bhourr ayant amené cinquante tètes de
vaches, nous choisîmes les plus convenables, et nous
renvoyâmes le restant.
Le fleuve dans cet endroit est peuplé d'une grande
quantité de crocodiles et de quelques hippopotames ;
les bords sont garnis de joncs et de roseaux.
Sur la côte occidentale se trouve une grande quan-
tité d'arbres ; du côté de l'occident se trouvent sept
habitations, et du côté de l'orient, une habitation et
5ix llets.
A l'entrée de la nuit nous jetâmes l'ancre au mi-
lieu du fleuve.
F'endredit 19 zilkadé. —Le secrétaire de Suleiman-
Kachef et un efFendji constantinopolitain , qui depuis
deux mois souffrait de la dysenterie, trépassèrent dans
( «66)
le milieu de la nuit. Nous nous arrèlàmes le matin
pour leur rendre les honneurs funèbres ; à la reprise de
notre route , comme il a été indiqué daùs le tableau
ci-joint y un grand nombre d'habitants» sortant de
leurs cabanes , sacns armes comme hier, nous amenée
rent beaucoup d'animaux d'espèces différi^ntes.
A Toccident» plusieurs individus de la tribu d'Ei-
Hyabb Tinrent nous offrir des bêtes choisies; les gens de
la tribu de Bhourr, située sur la rive orientale, too*
lant s'obstiner à surpasser les autres, nous choisirent
ce qu'ils avaient de mieux parmi leiira bestiaux. Ebfin,
il nous fut offert ce jour-là plus de cinquante bètes,
et nous donnâmes en conséquence aux chetkhs quel-
ques morceaux de chftte blanc, ce qui les contenla au
plus haut degré; Us s en retournèrent tout joyeux à
leurs habitations.
A g^ nous aperçûmes du côté de l'orient quelques
éléphants, ainsi qu*un grand nombre de-crocodiles et
plusieurs hippopotames.
A l'occident nous aperçûmes des bois éloignés d'en*
viron 4 milles du fleuve , et, près du fleuve dans quel-
ques endroits , des arbres épars. Ces arbres sont de
sept espèces, savoir : arbre d'Europe, nabak , debker,
endlrâab, ekklid), thalihh , e^sim. Les bords du fleuve,
du côté de l'occident, dont életésenvirond'unecoudéé»
Nous jetâmes l'ancre au milieu du fleuve.
Samedi^ so zUkadé, —A notre dépari, le matiù , le
temps était catmn et un peu brumeux. Nous avançâ-
mes quelque temps à l'aide du halage. A 4^ nous arri^
Vâmes â un endroit où le fleuve se bifurquait; les eaux
étaient toujours de la même couleur ; nde bnmclie
allait à l'occident et l'autre â l'orient. Nous recon-
nûmes que le territoire de la tribu d'El-Hyabb finissait
( '67 )
là. Nous ingorioDB si ces deux bronches Hq fleuve res-^
lent toujours séparées» ou si elles se rejoignent plus
loin. L'observation de cette circonstance devenant né^
cessaire , nous nous arrêtâaoïes en cet endroit pour
prendre des informations. Nous fîmes venir plusieurs
individus de la tribu d'Ël-Hyabb qui se trouve à l'oc*
cident, et nous leur demandâmes si ces deux bran-
ches restaient toujours séparées» quelle pouvait
être leur étendue s et s'il était vrai que nous devions
rencontrer sur notre route une montagne. Us nous
dirent que ces deux bras étaient des rivières séparées ;
quechûcane d'elles avait son lit à part: seulement que
celle qui se trouve du côté de Toccident est très peu
fournie d*eau; qu'au contraire celle qui se trouve à
i*orient est plus considérable que l'autre et en tout
temps pourvue d'eau. Mais ils nous assurèrent aussi
qu'ils ne connaissaient pas leur étendue» et qu'en
outre ils ignoraient qu'il y eût une montagne plus en
avant» et que même ils n'en avaient jamais entendu
parler: seulement, dirent-ils, il se trouve en haut plu«
sieurs tiibus qui parlent un langage différent du nôtre
et avec lesquelles nous sommes presque toujours en
guerre , ce qui nous empêche d'avoir des relations avec
elles el d'être instruits des circonstances qui peuvent les
regarder. Dans l'intention de constater la véracité des
déclarations de ces individus, nous flmes venir de la
rive orientale deux cheikhs do la tribu de Bhourr. Leur
ayant adressé tes mêmes questions, ils nous firent, k
peu de clu)se près, les mêmes réponses, ce qui nous
confirma que les individus de la tribu d'EUHyabb
avaient été vrais.
L'exploration de ces deux branches fiiisntit partie de
la mission dont nous sommes chargés, Sulehnan-Ka-
{ «68 )
cbef,accompagDé de l'adjudani-majorRuftlem-Effendi,
du Français Ibrahim-Effendi , et du capitaine Fei-
houUah, furent envoyés pour explorer la branche
occidentale ; on envoya par terre un petit nombre de
soldats 9 et par eau une chaloupe avec trois marins
pourvus de sonde ; après avoir marché en longueur
environ s milles » on trouva que la largeur de ce bras
était d'environ 8 à lo kouladjis, et sa profondeur
de I 1/9 et de s kouladjis; la vitesse de Teau était de
] mille i/s par heure.
Pour explorer également la branche orientale , les
mêmes personnes montèrent dans un canot et se diri*
gèrent sur ce bras. Après avoir navigué la distance de
3 milles , ils remarquèrent que la largeur était dans
certains endroits d'un mille i/s , et dans d'autres
d'un i/4 de mille ; la profondeur» à son embouchure,
de I i/a, de a et même de près de a kouladjis i/a , et
sa vitesse d'un i/s mille par heure; comparativement
à la branche occidentale l'eau y est bien plus consi-
dérable, et la rivière plus large. Nous jugeâmes donc
convenable de naviguer sur celte branche; mais le
temps n étant pas favorable, nous jugeâmes convenable
de passer la nuit dans l'endroit où aous nous trou-
vions.
Dimanche, a i zilkadé, — Nous nous mimes en route ;
le temps n'étant pas très favorable, nous halàmes )iis^
qu'î\ midi. Après avoir gagné l'espace d'environ 5 milles,
l'endroit où nous étions arrivés n'offrait plus qu'un
1/2 kouladj , et même moins. Nous ordonnâmes de
maintenir toujours les barques au milieu de la ri-
vière, et après avoir examiné de côté et d'autre, nous
remarquâmes que l'eau gardait à peu près la même
profondeur. On réunit tous les officiers , et on leur
( »69 )
exposa l*état des choses ; dans leur réponse ils dirent
que tout ce qui s'était passé la veille et aujourd'hui
devait être ioscritet noté dans le journal; que» d'après
ce que Ton avait vu, la branche occidentale n'offrait
pas assex d'eau pour naviguer, et qu'en tout cas la
branche orientale était beaucoup plus large et était
pourvue plus abondamment d'eau , qu'on avait résolu
de l'explorer, et même qu'on était en disposition de
le faire jusqu'à midi ; mab que la profondeur de l'eau
allant toujours en diminuant, et que n'ayant plus trouvé
qu'un i/i kouladj et même moins, il devenait impos-
sible de continuer le voyage, et qu'enfin les barques
étaient restées au milieu de la rivière sans pouvoir
avancer; toutes ces circonstances étaient connues des
oflGcîers. Les capitaines des dahabyéhs et des barques
ayant été également appelés en conseil , on leur dit
que s'ils avaient quelque chose à dire , ils eussent à
s'expliquer. Ces capitaines étaient les nommés Harron,
Ferradji, Akhmed, Méhémed, Achry, Hellaly, Hussein,
Chabénil • Osman, Mohammed et Hassan -Taouil.
Us dirent que depuis quelques jours il était à la
connaissance de tout le monde que l'eau diminuait ,
mais qu'ils n'avaient pas osé en parler au chef; qu'a-
vant-hier ils avaient vu deux branches se réunir; qu'a-
près l'exploration on avait conclu à l'unanimité pour
naviguer «ur la branche orientale ; que , quoique l'on
se fût avancé sur cette branche jusqu'à midi , et que
cette branche , à son embouchure , eût s et même
s kouladjis i/a de profondeur, cependant, qu'en réa-
lité , à l'endroit où l'on était parvenu , elle n'offrait
plus qu'un i/a kouladj , et qu'il devenait impossible
désormais d'avancer davantage ; qu'au reste la déci-
sion appartenait aux membres du conseil.
( «70 )
Les membres du conseil récapitulèrent ce qui pi*é*
cède ainsi qu'il suit : Considérant qu'après avoir par-
couru la branche orientale jusqu'à midi» nous n'avons
pu trouver qu'un i/s kouUdj de profondeur» etqa'il
devient cerlain, par l'immobilité de nos barques, qu'il
est impossible d'aller plus en avant; après avoir discuté
les diverses circonstances dans un conseil composé des
officiers et des capitaines des barques , et après avoir
inséré dans le procès-verbal les demandes et les ré-
ponses sus- mentionnées , il a été reconnu qu'il n'y
avait aucun moyen de continuer notre navigation;
qu'ainsi donc on résolvait à l'unanimité de retourner
sur ses pas et de recommencer le voyage en sens inverse
le jour suivant.
Lundi, 22 zilkadé. — Le malin, comme c'était la pre-
mière fois que les sujets de S. A. paraissaient dans ces
parages écartés, nous déployâmes les drapeaux en son
honneur, et nous fîmes tirer vingt et un coups de ca-
non; ensuite nous partîmes de cet endroit.
OBSERVATIONS QUI GOIfCBaNBlIT NOTRB RBTOUB.
Le samedi %*] du mois de zilkadé, — Le matin , une
femme de la tribu des Kyks vint sur le rivage» sans
mari ni parents, et très malheureuse; elle témoigna
le désir de nous suivre , ce à quoi nous consentîmes.
Mous lui donnâmes quelques verroteries. Le vent se
trouvant très fort, nous altendimes environ 5 heures,
après quoi nous nous mhnes en mouvemenU Outre
cela , le mercredi i*'' de itihadjé , le besoin de bois se
faisant sentir â bord des embarcations, nous nous ap-
prochâmes de la côte orientale pour nous en pourvoir.
Une habitation de la tribu des Dourrhahs se trouvait
( '7« )
par hasard sitaée de ce côté, leB habitants s'enfuirent
là ; l'un d'eux montrant l'intention de se précipiter snr
ruo de nos soldats noirs , celui-ci, qui avait remarqué
le dessein de son adversaire , le frappa avec son fusil ,
et il prit deux petits enfants qu'il emmena avec lui.
Après délibération, nous nous décidâmes h gaixler ces
enfants auprès de nous.
Le mercredi B du même mois, le vent étant contraire
et le temps brumeux, et ce jour se trouvant être le jour
d'arafah , nous nous approchâmes du bord oriental
pour veiller aux soins de propreté ; là un soldat qui
se trouvait indisposé depuis quelques jours mourut à
notre arrivée^ -
Nous passâmes la nuit dans cet endroit.
Le jeudi^ c*est«*à-dire le lendemain, étant le jour
du bairam , au lever du soleil on tira vingt et un coups
de canon , et après que les officiers et les soldats eujrent
aooompli leurs devoirs religieux, nous partîmes.
Dimanche^ \% ziihadjé, — A 5^ nous arrivâmes à
l'endroit où» le lundis g chawal, nous avions trouvé,
du côté de l'orient^ une rivière dont l'eaa est rougeâtre,
et que Ton nomme en arabe Bahr-Sébalh , et dims la
langue des SeblouksBabar-Chelfjh (i) ; nous avions
jugé coavenable de Téxplorer à notre retour.
Ltmdi, i5 zilhadjé, «— ^ De bon matin nous nous en-
gageâmes dans cette rivière. La couleur de son eau est
pett différente de cdle du fleuve Blanc. Sa profondeur
est de 3 à 6 konladjis; la saveur de son eau est très
botUoe; les bords sont escarpés de !i à Skouladjis, b la
largeur d'un demi-mille. La vitesso de l'eau est d'un
quart de mille par heure.
(I) On lit pHi* hnm Baïir-et-Seboth , «^t aussi Bahr Teikhy, .selon
. Ia< Scfaloukâ ( voy. p. at>) ; le» t«ibi«:iux poiiant Telffv. — N. dti K.
( >7« )
A 5^ le vent d'ouest soufflait avec quelque force ;
la rencontre des kourdas nous empêchant de haler ou .
de ramer» nous passâmes environ 3 heures dans cet
endroit; après quoi le vent s'étant un peu calmé» nous
continuâmes notre route.
A iih nous rencontrâmes six arbres dilb à Tocci-
dent, et un hilléh composé de plusieurs toukouls;
mais nous ne pûmes pas savoir à quelle tribu apparte-
naient les habitants , et ils s'enfuirent dès qu'ils nous
aperçurent.
Les deux rives du fleuve sont escarpées et semées
de quelques arbrisseaux rares et d*un peu de brous-
sailles : du reste la terre en est fort belle.
A l'occident» â 3 ou 4 milles du fleuve, nous aper-
çûmes quelques feux.
A l'entrée de la nuit nous jetâmes l'ancre au milieu
du fleuve.
Mardi j i4 zilhadjé. — De bon matin nous nous
mîmes en route; à 3^, à l'occident» sur le fleuve,
nous vîmes un grand hilléh. A l'occident de ce hil-
léh se trouvait une petite branche, et nous remar-
quâmes parmi les roseaux et les broussailles qui bor-
daient le fleuve plusieurs petites barques. Dans les
parties élevées on cultive du tabac. Les hommes s'en-
fuirent à notre approche; nous trouvâmes dans l'in-
térieur du hilléh quatre femmes et un individu mâle
qui s'étaient cachés. Nous les fîmes venir auprès de
nous; nous leur demandâmes de quelle tribu ils fai-
saient partie et quelle était la raison qui avait porté les
habitants à fuir ; ils nous répondirent qu'ils étaient des
Dinnkhahs, et que les individus s'étaient enfuis par
crainte; mais qu'eux, se trouvantmalades, ils n'avaient
|>i^ eu la force de suivre leurs camarades. Il y avait un
1 173 )
grand nombre de provisions dans les liillébs , et entre
autres des poules et du dourah. Nous les engageâmes à
rester dans leur billéh sans crainte de nous, et à en-
gager les habitants à leur retour à devenir plus con-
fiants, ce que nous leur flmes comprendre à Taide de
notre drogman Héhémed.
Nous continuâmes notre route. Mais le fleuve »
plein de sinuosités dans cet endroit , et les courants de
beaucoup de kourdas, nous forcèrent de recourir au
balage ; c'est pourquoi nous envoyâmes un peloton de
soldats armés pour protéger les haleurs, et nous
continuâmes ainsi jusqu'à 1 1^^.
A un mille environ du fleuve , du côté de l'orient»
nous aperçûmes un hilléh ; le fleuve dans cet en-
droit a une profondeur quelquefois de 3 et quelque-
fois de 4 kouladjis. L'escarpement des bords est de 9 i*i
5 kouladjis. La terre en est excellente et garnie de ro-
seaux et de broussailles : il s'y trouve également quel-
ques crocodiles et des hîppppotames.
A Tenlrée de la nuit nous jetâmes l'ancre au milieu
du fleuve.
Mercredi^ i5 zilhadjé. — A notre départ du matin ,
ie vent n'étant pas favorable , nous organisâmes le ba-
lage.
A 5^* nous aperçûmes à l'orient et à l'occident un
hilléb. Les habitants de celui de l'orient s'enfuirent à
notre approche; ceux du hilléh de l'occident, au
contraire, sortirent de leur hilléh et vinrent sans armes
au bord du fleuve. Après en avoir fait venir quelques
uns d'entre eux dans nos barques, nous les interro-
geâmes sur leur tribu et surtout sur le motif pour lequel
les autres avaient pris la fuite. Ils nous dirent qu'ils
étaient des Dinnkhahs, et que les autres s'étaient enfuis
( >74 ) "
sculemcni par crainte. Après les avoir raiturés nous les
eugageames à inviter leurs autres compatriotes à venir
nous voir. Nous leur donnâmes de la verroterie et quel-
ques pièces de camelot blanc > et ils nous apportèrent
irois bœufs que nous partageâmes entre les soldais.
Leur ayant fait d'autres questions , ils nous répondirent
qu'à cinq ou six journées devant noua se trouvait la
Iribu des Nouvirs, avec lesquels 'ûs ne cessaient d'être
en guerre, et qu'ils avaient toujours à redouter. Après
quoi nous les relâchâmes en les assurant de notre
amitié.
A iih nous aperçûmes à l'orient sur le fleute un
hilléh, et à l'occident un autre petit billéh; un troisième
en était éloigné d^environ i mille. Le vent n'étant pas
favorable > nous marchâmes très peu et à l'aide da ha-
lage. A l'est et à l'ouest nous aperçûmes quelques
constructions et quelques animaux sauvages. La terre
de celte partie du pays est généralement brune; les
rives du fleuve sont élevées d'un kouladj et d'un koa-
ladj et demi. Les bords sont parsemés de quelques
arbrisseaux rares; on aperçut parfois des hippopotames
et des crocodiles. On trouve là en grande quantité des
canards « des cygnes » des cigognes et une graiule va-
riété d'autres oiseaux.
A l'entrée de la nuit nous jetàiaes l'ancre au milieu
du fleuve, .
JeiAfJi, 16 zilhadjé. -— La quatrième daliabyéh , les
neuvième et dixième barques faisant eau depuis quel»
(]ues jours» et la réparation devenant plus nécessaire
(le jour en jour, on les tira de l'eau et on les fit rac»
commoder. Les troupes s'occupèrent de propreté, à
Tasr 00 fit environ une heure d'exercice. Nous passA<>
me^ la nuit dans cet endroit.
( '75 )
Vendredi^ 17 zilkadjè. — Le raccommodage de la
dixième barque n'étant pas achevé , ei le temps surtout
étant peu favorable, nous séjournâmes] dans cet en*
droit jusqu'à 7^» et ensuite nous halâmes jusqu'à 1 ih.
Nous aperçûmes , à 1 mille du fleuve à l'ouest, deux
billéhs , mais nous ne vîmes pas dliabitants. Les rives
du fleuve sont escarpées*, et leur hauteur est de 9 à d
kouladj'is; la tçrre est très brune, et on y voit des
minimaux sauvages en très grande quantité. A l'entrée de
la nuit nous jetâmes l'ancre au milieu du fleuve.
Samedi^ iS^i/Aac^V.— Pendant la nuit, le canot ayant
fait une voie d'eau, était sur le point d'être submergé ;
la sentinelle qui se trouvait dedans s'en étant aperçue ,
donna l'éveil ; on fit approcher le canot de la rive occi-
dentale, après en avoir sorti tous les effets des soldats
qui étaient mouillés. On fit appeler le rois Hassan
Taouil, qui nous dit que c'était une chose due à In
malveillance; après quoi, on assembla le conseil pour
juger les ix^idividus coupables , on appela aussi la
sentinelle , on dressa procès-verbal , et ils furent pu-
nis d'aprè$ les règlements. Le dessèchement des objets
i>l le raccommodage du canot nous avant conduits jus-
qu'au &oir,nous restâmes à l'ancre au milieu du fleuve.
Dimanche s 19 zilhadjé, — A noire départ, le temps
étant calme, nous fîmes sortir tous les haleurs accom-
pagnés d'un peloton de soldalsarmés pour les protéger;
on continua ainsi de halcr jusqu'à midi.
A 3b, nous aperçûmes à l'occident quelques arbres
sur le bord du fleuve ; du même côlé, à environ « milles,
nous vîmes un hilléh dépourvu d'habitants. A cette
heure, lo soleil était extrêmement cbaud ; c'est pour-
quoi nous nous arrêtâmes jusqu'à 9^, après quoi nous
conUnuômes de haler jusqu'au soir.
( .76 )
Du côté de l'orient» à i mille i/a du fleuve , nous
vîmes un hilléh dépourvu d'habitants ; à notre droite
et à notre gauche nous vîmes un grand nombre d'ani-
maux sauvages. Les bords du fleuve sont fournis de
broussailles et de roseaux, et escarpés de 3 à 4 kou-
ladjis. La terre est très belle et partout uniforme. Le
fleuve est habité par quelques hippopotames et croco-
diles ; les bords sont fréquentés par les oiseaux aqaa-
tiques.
A l'entrée de la nuit nous jetâmes l'ancre au milieu
du fleuve.
Lundi, 20 zilhadjé, — A notre départ, le temps étant
très calme , nous halfimes jusqu'à 4h ; le vent d'ouest
étant très fort et contraire » nous fûmes obligés de nous
arrêter sur la rive orientale.
A 7^, le vent ayant un peu perdu de sa force, nous
passâmes à l'occident pour haler, et nous vîmes quel-
ques arbres dilb; nous naviguâmes à la voile jusqu'au
soir. A 5 ou 6 milles de la rive orientale , nous aperçû-
mes la fumée de plusieurs feiix» et, comme il est indi-
qué au tableau , nous vtmes un grand hilléh dépourvu
d'habitants. A droite et à gauche il y avait beaucoup
d'animaux sauvages, ainsi que dans l'intérienr do
fleuve, dans lequel se trouvent quelques hippopotames
et des crocodiles. Les bords sont peuplés d'oiseaux
aquatiques; ils sont garnis de quelques arbrisseaux
rares , et leur escarpement est de 3 ou 4 kouladjis.
Nous jetâmes l'ancre au milieu du fleuve.
Mardi, % i zilhadjé. — Le temps étant très calme le ma*
tin, nous Ames sortir comme d'habitude quelques ha-
leurs protégés par un peloton de soldats annés,etnous
continuâmes notre route jusqu'à environ 5^ , heure à
laquelle l'ardeur du soleil nous força de cesser tout mou-
C »77 )
vemenL Après nous être reposés environ a heures , nous
continufimes notre route , toujours à l'aide du balage.
A roccidcnt, nous rencontrâmes un hilléh; deui hom-
mes et une femme s'en détachèrent et vinrent auprès
de nous. Nous demandâmes pourquoi les autres habi-
tants s'étaient enfuis , car nous avions remarqué qu'iliï
avaient pris 1^ fuite; ils nous répondirent que c'était à
cause de la crainte que nous leur inspirions. Nous les
contentâmes en leur donnant quelques verroteries et
en les invitant i aller vers leurs compatriotes , pour leur
faire comprendre qu'ils n'avaient rien à craindre de
nous.
A 1 o^ycinqindividus arrivèrent accompagnés de deux
vaches et d'un mouton qu'ils nous offrirent» et que
nous acceptâmes pour partager entre les soldats. Nous
leur donnâmes en retour quelques verroteries. Nous
les engageâmes a dire à leurs amis qu'ils n'avaient
qu'à venir pour être traités avec honneur et munis de
présents.
A l'occident» h d milles environ du fleuve , nous
aperçûmes un hilléh avec des êtres humains.
A l'orient, nous vîmes beaucoup de bêtes sauvages et
des oiseaux de diverses espèces.
La hauteur des rives est d'environ a et S kouladjis.
Dans cet endroit du fleuve, elles sont fournies de
broussailles ; il est habité par quelques hippopotames
et crocodiles.
A l'entrée de la nuit nous jetâmes l'ancre.
Mercredi, it% zilhadjé. — Le matin, le vent étant favo-
rable, nous fîmes asseï de chemin pendant environ
9 heures ; après quoi le vent devenant contraire , nous
fûmes obligés de haler jusqu'à 5^.
A environ un demi-mille de la rive orientale » nous
XVIII. SEPTEMBRE. 9. 121
( 17» )
aperçûmes un hiU^ ; comme les barques étaieDi dé*
pourvues de bois , nous jugeâmes oonveDable de nous
approcher du rivage pour nous en pourvoir. Plu-
sieurs habitants vinrent nous apporter un bœuf que
nous acceptâmes en échange de quelques verroteries;
ils ne témoignaient aucune crainte de nous.
La grande chaleur du soleil nous força à rester dans
cet endroit jusqu'à 8h, après quoi nous continuâmes
notre route à l'aide du halage , et â 1 1^^ nous renoon-
trames un petit lloi de sable. L'eau qui baignait la par-
tie occidentale de cette rive n'avait pas plus d'un
kouladj et d'un demi-kouladj de profondeur, ce qui
BOUS empèeba de passer de ce côté; cependant le cAté
occidental ayant été exploré, il nous fut permia de
passer, car l'eau y était d'^n koulad) , et sa vitesse de
9 milles par heure.
A gauehe et à droite nous aperçûmes un grand nom-
bre de bêtes sauvages , ainsi que plusieurs oiseaux , et
même une girafe.
L'intérieur du fleuve est habité par quelques hipj^o-
potames et un nombre assez considérable de croco-^
diles.
La nuit étant venue , nous jetâmes l'ancre au milieu
du fleuve.
JeiuU , a3 zUhadjé. — Le matin « le temps étont bru-
meux et le vent on peu en travers , et ayant vu des
Lourdes pendant environ a heures, nous halâmes
jusqu'au milieu du jour. L'ardeur du soleil nous força
de nous arrêter 5 heures, après quoi nous continuâ-
mes notre route , toujours en halant.
I>'eprès ce qui a (té dit dans le tableau , nous
rencontrâmes à l'orient quatre hilléhs dont les habi-^
tants s'enfuirent à droite et à gauche. Nous Ttaies beau-
( «79 )
0
coup d'animaux sainrages , ainAÎ que plusieurs espèces
d'oîseani. Il se trouve également dans le ûeuVe des
faippopotames et des crocodiles. La hauteur des bords
est de 3 ou 4 kouladjis.
Nous jetâmes l'ancre au milieu de la nuit.
Fendredi, 84 zilhadjé. - Le matin , à cause du calme,
nous fûmes obliges de haler jusqu'à 4^^» beure à la-
<|uelle la grande chaleur du jour nous força d'aborder
à Torient. On ordonna aux soldais de s'occuper des
soins de propreté. A 8^ nous nous mimes en route, et
* jusqu'au soir, nous avançâmes à l'aide du halage. A
l'occident , à % milles du fleuve , nous aperçûmes un
hilléh, mais sans individu humain. Les bords du fleuve
sont fournis de broussailles. L'escarpement des bords
du fleuve est de 3 et 4 kouladjis.
Nous jetâmes l'ancre à l'entrée de la nuit.
Samedi^ ^5 zilhadjé* — Le temps étant très calme le
matin» nous luilâmes jusqu'à %^ environ. Le vent du
sud ayant commencé à souffler» nous avançâmes jus-
qo*aa soir tantôt à l'aide du halage , et tantôt à l'aide
des voiles. Comme il est inscrit dans le tableau ci-joint»
nous aperçûmes à i et « milles du fleuve plusieurs hil-
léhs dont nous ne vîmes pas les habitants » et d'heure
en heure nous jetâmes des sondes pour connaître la
profondeur, que nous inscrivîmes au tableau ; elle était
dans certains endroits d'un kouladj » et dans d'autres
de moins d'un kouladj. A droite et à gauche nous aper-
çûmes un grand nombre de bêtes sauvages, ainsi que
plusieurs espèces d'oiseaux. L'escarpement des rives
est comme toujours de s ou 3 kouladjis; elles sont
bordées de broussailles » et on voit au fond du fleuve
quelques rares crocodiles et hippopotames.
La nuit étant arrivée » nous jetâmes l'ancre.
( >8o )
Dimanche t s6 zUhadjé, — Le matin , à notre départ ,
le vent du kébléh étant fa?orable, et le calme se faisant
un peu sentir, nous marchâmes jusqu'à bK A cette
heure la chaleur du soleil devenant très ardente» nous
nous arrêtâmes environ 5 heures dans cet endroit. Le
vent de Fouesl ayant soufDé pendant environ i heure,
nous en profitâmes pour avancer un peu , puis nous
fûmes obligés de nous servir du halage jusqu'au
soir. A l'occident » nous aperçûmes un Ilot de sable ;
duns cet endroit, l'eau a une profondeur d'un demi-
koulad) , et même d'un kouladj » ce qui est indiqué au
tableau.
A l'orient et à l'occident nous rencontrâmes un hil-
léh; le rivage est quelque peu fourni de homsouffs;
l'escarpement est de )i et même de 5 kuuladjis.
Nous jetâmes l'ancre dans cet endroit pour y passer
la nuit.
Lundi, 97 zilkadjé, — Ce jour» nous nous arrêtâmes
dans l'endroit où nous avions jeté l'ancre.
Ayant considéré que l'eau allait tous les jours en
s'amoiudrissunt; que deux ou trois jours avant que
d'arriver à cet endroit nous avions eu toutes les peines
du monde à naviguer; qu'enfin la profondeur de l'eau
n'était plus que d'un demi-kouladj ; que depuis notre
navigation sur ce fleuve» nous n'avions presque jamais
eu de vent favorable ; que nous devions le peu d'espace
que nous avions parcouru seulement au halage : toutes
ces considérations nous décidèrent à opérer notre re-
tour. Le temps et la position étant favorables» nous pri-
mes la hauteur du soleil ; il fut ordonné aux troupes
de donner des soins h la propreté » et nous passâmes
la nuit dans cet endroit. •
Mardi, %8 zilhadjé. -Ce jour» nous nous occupâmes
( '8« )
de mettre à exécution la décision que nous avions
prise la veille , ce qui ne put s'effectuer sans obstacle,
car la profondeur de Veau n'était pas égale, et ne faisait
que varier» ainsi qu'il est constaté par le tableau ;
les sinuosités du fleuve nous contrariaient surtout
beaucoup dans notre navigation. La terré en cet en-
droit n'est pas très fertile ; nous reconnûmes & certains
indices qu'il devait exister quelques hilléhs à i mille
environ du fleuve. Cependant les habitants ne nous
muniraient pas plus de confiance que ceux que nous
avions rencontrés précédemment, et malgré les assu-
rances de paix et de protection que nous leur don-
nions» cela ne les empêchait pas de nous fuir.
L'escarpement des rives est de 3 et 4 kouladjis.
Le terrain est assez bon , mais presque uniforme ,
peuplé de beaucoup d'animaux sauvages et d'une
grande variété d'oiseaux.
Le fleuve est habité par des crocodiles et par un petit
nombre d'hippopotames» et l'eau a une excellente sa-
veur.
Enfin,après le 29 zilhadjé» ayant fini l'exploration du
Bahar Séboth, et l'impossibilité de pousser notre navi-
gation plus loin nous forçant à retourner sur nos pas»
nous repartîmes» et nous arrivâmes le g de mo/tarrem,
au hilléh habité par le grand cheikh des Schlouks; nous
attendîmes environ a heures» personne ne se présenta
de sa part; après avoir observé le soleil au méridien»
nous continuâmes notre route.
Le il^de mokarrem, nous rencontrâmes les cheikhs
de Boukharah» avec lesquels, le 98 ramadan» au com-
mencement de notre voyage sur le Bahar-el-Abiad »
nous avions eu quelques relotions; ils continuèrent
de nous manifester les sentiments d'amitié qu'ils nous
( >8. )
ataienl témoignés auparavant; car ils nous apportèrent
quelques vaches, plusieurs moulonfl, ainsi que des
chèvres , qui furent partagés entre les officiers et les
soldats. Un de leurs cheikhs, nommé Adhar» descendit
avec nous dans les dahakyéhs poor se rendre à Iihar-
toum, où des affaires l'appelaient.
Notre navigation devint très pénible à cause de Teau
qui allait toujours en diminuant. La profondeur, dans
certains endroits» était d'un demi - koulad). Nos barques
refusaient d'avancer.
Les peuplades de Dinnkhah se trouvent situées à
l'occident, et mènent paître leurs troupeaui au pâtu-
rage de Yacoubéh, qui est dans la partie de Toccident.
Ayant été effrayés par les avis de quelques cavaliers
Boukharahs qui les avertirent de l'arrivée des Turks ,
ils commencèrent par fuir, et les cavaliers Boukharahs
profilèrent du désordre pour s'emparer de quelques
bestiaux ; ils finirent même par s'emparer do restant
des bestiaux, et s'enfuirent à roccideot.
Quelques unes de nos barques s'élant arrêtées à cause
du peu d'eau, on vint nous avertir qu'à l'orient il se
trouvait beaucoup plus d'eau. Nous profilâmes de cet
avis pournous tirer d'embarras.
Les habitants de ces tribus sont presque toujours en
guerre les uns contre les autres ; lorsqu'ils se sont em-
parés de plusieuis prisonniers, ils s'abstiennent de les
mettre à mort , et ils les échangent chacun contre
trente vaches ou dix génisses. Naos passâmes ces pa-
rages , sains et saufs.
Nous étant approchés de la rive orientale , le grand
cheikh desDinnkbahs» nommé Edrys (i ) , vint à notre
(i) Hydriss, voy. p. la ci«deMi».
( «83 )
dababyéh; nous lui donnâmes un habillemeniet de la
verroterie de différentes couleurs. Nous en donnâmes
également à ceux qui l'accompagnaient , ce qui les
rendit très joyeux.
L'espace qui s'étend depuis le fleuve de Seboth jus-
qu'à la montagne de Djémathy est habité par desDinn-
khahs, qui possèdent une grande quantité do bestiaux.
La rive occidentale est habitée par des Schlouks et
des Boukharahs , qui sont riches en bestiaux et en
moutons.
Le 19 de ce mois, un vent du sud ayant soufl9é,nous
arrivâmes à Maassah de Zélach (i), où le peu d'eau
fit engraver nos barques à l'exception de deux ; à force
de bras nous parvînmes à les désengraver.
A 7^ nous arrivâmes à un endroit où il y avait moins
d'une demi-coudée d'eau; nous parvtnibes cependant
)i nous tirer de ce heu.
Le jeudi as mofiarrem , le capitaine Hafiz-Agha, qui
était malade depuis quelques jours , mourut ; après
l'avoir enterré , nous continuâmes notre route.
Le lundi s6 moharrem , à 9^, nous arrivâmes k
Khartoum , où nous tirâmes , en réjouissance de notre
arrivée» vingt et un coups de canon.
A notre arrivée à Khartoum , nous expédiâmes au
gouverneur-général du Sennar une lettre signée de
tous les officiers de l'expédition, pour porter à sa con-
naissance notre heureux retour, et lui notifier que ,
conformément aux ordres de S. A. , nous avions
exploré par terre et par eau le cours du fleuve Blanc.
— Signe: Sàuu . capitaine; SulbIman-Kacbbf » Rustem
Sacolasst, UnABiM-EFFENDi , Fbx-Houllah; Hivss-Ba-
cHi , Abooum-Raçoul , AssAD- Allah.
(i) Peut-être Zélath on Dzélath, voir p. i4' ^ ^- ^^ ^-
l 184 )
ExiràU du TMtaux de Vitméraire du c^nlotiM Sélim
iur le Bahr-el-Abiad (1).
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II
( »85 )
Extrait dtê Tableaux de l'itinéraire du ca^taine Séiim
sur le Bahr-^el-Ahiad (suite).
VITESSE
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( '«6 )
LETTRES
DE M. ANTOINE D'ABBAOIE A M. O'AVEZAC
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DE càOGBAPHIB ÉTBIOPIBNHB.
I.
N« 7. OmokouUou près Mouszawwa' , ce ao décembre i84i>
Mon cher Honsieub ,
Vous avez sans doule partagé depuis longtemps les
regrets des géographes qui laissaient presque en blanc
sur nos cartes tout le pays compris entre l'Atbara • la
mer Rouge» et les frontières septentrionales du plateau
abyssin. Un de nos plus savants orientalistes, qui a
reconstruit à force d'érudition l'histoire des fameux
Blemmyes , n'a pu trouver dans aucun voyagenr mo*
deme des données sur le pays qu*a dû occuper cette
nation. M. Rœdiger, qui , dans un recueil littéraire de
Halle , a traduit en partie des inscriptions en vieux élhio-
pien conservées à Axum et rapportées par M. Rûppell ,
n'a pu se rendre compte d'un des titres des empereurs
élhiopiens qui se disent rois de Kfts :• il ignorait^ et
des voyageurs seuls pouvaient le lui apprendre, qu'une
grande partie des tribus (Ha'dendwa, Melhitkena, elc« )
qui parlent la langue bôdja , appellent leur pays Kh&s,
mot identique avec celui de l'inscription si l'on se
rappelle que le kha arabe n'existe pas dans le ¥ieux
alphabet éthiopien.
Il est une autre considération qui attache un profond
intérêt aux recherches sur les frontières septentrionales
( «87 )
deTAbyssmie :c'6sl par là que s'écoulaient versHéroé et
vers rÉgjptedesPtolémées les marchandises apportées
de riode à Adulis« etquieDrichissaicnUousles peuples
sur leur passage , comme le prouvent les ruîaes de mo«
oumeots religieux à Adulis»àK'ftbhaylo età Axum. C'est
encore sur les frontières du nord que vinrent se briser
les aigles romaines* qui^ triomphantes jusqu'alors, et
les derrières appuyés sur le riche pays de Gach, ne
réussirent cependant point à envahir les royaumes
du sud. Dans le reste de l'Abyssinie , sauf quel-
ques détails qui se rattachent h l'histoire des missions
portugaises, un fait géograplûque est presque stérile
et ne fait vibrer Tàme que du petit nombre d*hommes
supérieurs qui savent que toute vérité nouvelle devien-
dra tôt ou tard le point central d'un réseau de lumière.
Au nord, au contraire,dès qu'on a quitté le Daga éthio-
pien pour descendre vers Méroé ou Sawakin ou TAt*
bara, ce n'est plus le géographe seulement, c'est aussi
Tantiquaire qui vient écouter et critiquer. On reprend
les vieux auteurs, ces {lambeaux des siècles passés» on
veut retrouver le site de Napata, on veut identifier le
mystérieux Astusaspes avec quelque rivière , on veut
rechercher si ces pasteurs si terribles devant les lé-
gions romaines ont conservé dans leur langage ou leurs
coutumes quelques traits de la mystérieuse puissance
des Cophtes.
J'émets ici ces réflexions » non pour appeler l'inté-
rêt sur le petit travail que je vous envoie , mais pour
vous montrer quelle suite d'idées m'avait fait attacher
une grande importance à l'étude de ces frontières*
Malheureusement, il est très difficile de les visiter , et
.les donneurs de renseignements , quoique en assez
bon nombre ici et à Hharckicko , ne sont pas faciles &
( 188 )
rencontrer: on peut même dire qu'il faut autant de
bonheur que d'habileté pour les déterrer et les faire
parler. D'ailleurs il faut que le voyageur s'entende di-
rectement avec celui qui lui parle de pays nouveaaz ;
car, selon l'expression pittoresque d'Ibrahim-Pacha à
un consul de France qui lui parlait en turc , les drog-
mans sont la deuxième pesle de l'Orient : ils infectent
tout ce qu'ils touchent. S'entend-on directement avec
le voyageur éthiopien , on a vaincu la moindre des
dijfficultés : il faut bien se garder de le questionner
comme on ferait en parlant à un Européen ; encore
bien moins faut-il laisser percer sur son visage l'intérêt
qu'on éprouve : alors , si le voyageur éthiopien ne s'at-
tend pas à une récompense, il a peur et ment : si pour
appuyer ses importunités on a le malheur de pronon-
cer le mot ^a^cA^cA^ l'Éthiopien grossit son budget d'une
foule de noms que le malheureux Européen reçoit par
force , puisqu'il n'a pas de moyens de critique. En gé-
néral, comme le disait plaisamment H. Fresnel, il
faut prendre ces hommes rudes par les sentiments ,
il faut les faire manger et boire; puis on cause de ce
qui les intéresse , de leurs terres, de leurs troupeaux ,
des contributions , de la guerre , et des prétentions
exorbitantes des peuplades voisines; et si l'on est
adroit, on fait dire tout ce que l'on veut sans avoir fait
une seule question. Cette méthode a bien des avanta-
ges, car il est rare qu'une déclaration spontanée soit
fausse, tandis qu'une réponse à une question l'est
presque toujours. Il est bien d'autres observations que
je pourrais faire à cet égard ; mais je crains qu'en fai-
sant l'exposé complet de ma méthode d'investigation ,
je n'encoure le reproche de vouloir critiquer les voya»
geurs qui suivent une voie plus expéditive. Bien loin de
( '89 )
moi cependant la pensée de m 'exalter aux dépens des
autres I fe reconnais que le plus humble maçon d'un
temple a aussi sa part de gloire.
Le 19 mars i84o, je vis à Mouszawwa' un vieillard
halanga nommé 'Aly fils de H&mmâd , qui me donna ,
sur les environs de sa patrie » des renseignements
précieux, mais un peu confus, et que je transmis à
M. Jomard. Au mois de septembre dernier, mon frère
ayant acheté des cornes de rhinocéros à Mouszawwa' »
demanda d'où elles venaient ;'on lui répondit : « de
Barka, par A'ylal • ; sans qu'il fût possible d'avoir d'au-
tres explications. Quelques jours après, un vieillard du
llnmasen» à qui je fis la même question» me répondit :
edeA'nsttbai .J'allai séjournera 'AylUt pour éclaircirces
faibles renseignements. — Ce village est situé dans la
vallée de Moutha't . vallée longitudinale de formation
alluviale, et dont la direction coïncide avec celle de
l'axe des montagnes orientales d'Abyssinie. La hauteur
de ' A vl&t au-dessus de la mer est d'environ 980 mètres;
sa latitude, conclue de douze hauteurs circumméri-
diennes de Fomalhaut, prises au sextant tabatière, est
lâ*" 34' 5". Par malheur les plaies de l'Yémen, dont je
souffre beaucoup , et qui ne me permettent pas de
rester debout auprès du théodolite , ne m'ont pas per-
mis d'avoir une latitude plus exacte. Avec celle-ci, j'ai
calculé l'immersion d'i» duTaureau, que j'ai observée le
7n octobre dernier, et qui m'a donné 9I» 37" 35' ( 56"
53' 45" ) pour longitude d'Aylât à TE. de Paris.
'Aylât est peuplé do pasteurs, en général fort oisifs,
et qui tous font de temps en temps des voyages à
Barka et chez les Bilen, pour échanger le beurre fondu
de ces peuples contre du drap rouge et quelques au-
rcs objets manufacturés qu'ils vont acheter à Mou-
( '90 )
szawwa*. Je parvins h réunir trois de ces négociants
pasteurs, et ce qui sait est le résultat de plus d'un
mois de causeries avec eux.
fl Les gens de Rttbttsa ( mot par lequel les gens
de 'Ayl&t désignent le Daga ou haut plateau d'Abyssinie)
ont la tète singulièrement faite. Ils disent que toutes
leurs eaux sont des affluents de Mftrttb , tandis qu*il y a
deux rivières distinctes dont la ligne de partage des
bassins est près Dôbarwa. L'une de ces rivières»
qui est le vrai MSlr&b, passe par Gwôndât et Rwôhhayn »
puis entre chez les Barea , reçoit le Hawachayt, gros
torrent de Barka inférieur, et s'en va quelque part
joindre le Nil. Nous avons là dessus le témoignage de
Daoud , pasteur à Dokhono , qui parle bodja et barea ,
et a long- temps voyagé dans ces contrées. Nous ne
connaissons le vrai Hârâb que par oui-dire. Quant à
l'autre rivière qui reçoit toutes les eaux du Hamasen ,
du Karchoum, du Dimbijân, de Beyt-lflmftn, deBeyt-
Tawkey , du Sânheyt et de Halhal , les gens du Kâb&sa
peuvent bien l'appeler Mftr&b , mais ses riverains le
nomment 'Ansâba à partir de Beyt-Hftmftn, et nous ne
voulons pas lui reconnaître d'autre nom, quoique cer-
taines gens disent que le haut de son cours se nomme
Hftrâb. et la partie inférieure seulement 'Ansaba.
Pour nous , nous donnons ce nom non seulement h la
rivière, mais aussi à tout son bassin jusqu'au Dimbijftn ,
et 'AnsSiba est un nom collectif de pays , aussi bien
que Ràbàsa« L'un des affluents les plus remarquables
de l'A'nsAba est le Dftmba', qui reçoit le Soulat, ainsi
que tous les ruisseaux de Berka supérieur, de même
que les torrents qui s'échappent du versant oriental des
montagnes de Barea. Dans la saison sèche, leDamba'
est un ruisseau des plus chétifs. Pendant les pluies
( »9« )
seulement il grossit l'A'Dsttba, el leurs eaui réunies
vont jusque tout prés de Sawakin ( selon Daoud ) ou
d'A'ckyck (selon les autres pasteurs). Il me semble
qu'on peut mettre ces gens d accord en s'en référant
aux renseignements d*Aly le Halanga , qui dit que le
iMftrab meurt à Tôkhar à une journée de Sawakin ,
c'estfh^dire entre ce dernier lieu et A'ckyck. Si Ton ad-
met Tauthenlicité de la route de Molihammed-Beg ,
marquée dans la carte d'Arrowsmitb, et qui aurait tra-
versé le Mitrâb tout auprès de TAtbara ; si l'on songe
au grand détour que devrait faire le vrai MftrSLb pour
traverser les monta Langay vus par Burckhardt; si l'on
joint à tout cela le témoignage des habitants de la fron-
tière du Ghôré qui font couler le vrai Mttrâb -vers le
Takase ou Atbara; que l'on y joigne enfin le témoi-
gnage positif des pasteurs d'A'ylat» qui affirment que
l'A'ns&ba est souvent confondu avec leMdr&b, on sera
du moins 1res porté à croire que la rivière qui dépense
see^ dernières eaux dans le fVadey de Tôkhar n'est
autre que TA'nsftba. La découverte de l'existence de
cette rivière m'a suggéré un rapprochement que je vous
prierai de vérifier par la comparaison des textes an-
ciens, car je n'ai pas un seul auteur près de moi.
L'A'nsâba ne serait-il pas l'Astusaspes des auteurs?
On a voulu Tidenlifier» soit avec le -Moghren, soit
avec le Mâr&b, deux cours d'eau dont les riverains
n'ont jamais atteint aucune importance politique.
D'ailleurs le Hoghren ne sera jamais la route d'un
conquérant, et les rives notoirement malsaines du
Mttrttb n'appelleront jamais une armée. Il en est tout
autrement de TA'nsftba. Ses eaux abreuvent d'im-
menses troupeaux, dont les nudtres sont, les unsmon-
tés Sur de beaux chevaux et bardés de cottes de
( >92 )
mailles, ce sont les Na-Tab ; les autres, qu'on appelle
Bilen , dernier boulevard de la chrétienté éthiopienne ,
sont de fameux guerriers qui ne se rendent jamais, et
ont déjà repoussé deux invasions de llohammed-Aly.
D'ailleurs en suivant le bassin de l'A'nsâba, on entre,
presque sans montée brusque , jusque sur le haut pla-
teau abyssin. Il me semble que toutes ces considéra-
tions réunies doivent avoir appelé l'attention des Ro-
mains sur l'A'nsaba plutôt que sur le Mttrâb ou le
Moghren. D'ailleurs, si l'on a trouvé une certaine res-
semblance entre l'orthographe de l'Astaboras et de
l'Albara, on en trouvera aussi entre l'AsIusaspes et
l'A'nsâba. Je serais bien heureux que vous voulassîez
commenter mes idées à cet égard.
( Le pasteur Chttogftb prit un jour mon crayon , et
me donna ce qu'il appelait son idée do Barka sopé-
rieur : il se bornait h faire de gros points, en disant :
Ceci est Change reyn , ceci est El-Gadeyn , etc. )
[ Comme j'objectais à Chângttb que si Beyt*Mftm&n
est à 3 jours d'El-Gadeyn, cederoier n'est pas à 6 jour-
nées de Tchftiftma , il répondit obstinément que le pa-
pier n'est pas le terrain , et ne voulut jamais convenir
que les proportions pouvaient exister. Du reste, il con-
vint qu'il n'y a que 6 journées de Dabra Salah au
Dambala , ce qui donne la largeur de Barka, ) Tous
les pays qui entourent Barka sont beaucoup plus éle-
vés : Barka esl un kwalla , et comprend seulement le
bassin de Dâmba' , lequel reçoit tons les petits ruis-
seaux de Barka , et coule au milieu de palmiers à
nattes. Les villages bilen qui forment les frontières de
Barka au N.-E. sont : Tsftlale, Djoufa, Rttrttn , li&gareh,
Beyt-Gabftrou , Dftkke-Râfana, Djttngftreyn, Harawya ,
Dabrft-Salahh {hill/ort. comme on dit dans l'Inde an-
( »93)
glaise), enfin Dôgola sur les confins de Barea. Deux
routes mènent de Barka chez les Bilen : Tune qui va
de T&nkàl&has à Hagareh dans le Sftnheyt; l'autre qui
va de B&ggou à Tsciladi-Intch&nak', pays de pâturage.
Voici les noms de quelques lieux dans Barka :
I. Asma*t-Mttnftdouk.
9. K&rayay.
3. Dftban&-Tsawra.
4. Ebn-Wagftr.
5. Chàgftlg&l» plaine sans pierre ni arbres, cou-
verte d'herbe et ayant de l'eao.
6. D&b&dttb , qui confine au Damb&las.
7. Kalam.
8. Thâmàrftd , où il y a beaucoup de gros arbres,
g. Gttrgftr » près du Hamasen*
10. M&gawda.
II. Gftrawit.
is. Barbarou, qui a une eau courante.
1 3. Roch , qui a aussi une eau courante.
1 4* A'chôra , près des montagnes» et sans eau cou-
rante.
i5. Hâmith, sans ruisseau.
i6. Bttggou, vallée et ruisseau qui coule par Mtt-
gawa 9 et va ensuite à Mftn&douk.
17. Scli.
]& Ôngârsa.
19. Ôrovalateg, a^ec un ruisseau qui va au Dftmba'.
so. W&saka , ruisseau.
ai. Thahflm , sans ruisseau.
aa. Tftkftlet, sans ruisseau.
'93. Hotsît sur le D&mba*.
94- Sftbftr.
95. Chelab.
XVUI. SBPTBHBBB. 3. l3
( »94 )
96. Rahea , avec ruisseau.
37. Mttsk&fïlahiL
a8. Sonibouriouk*.
ag. Gâldttmit» où Ton reste (rois mois à faire paître;
ce lieu est toot prés des cbrétiens de Beyt-MttmXD.
( Comme tout ce qui se rapporte à un pays nouveau
est en général intéressant, je n'ai pas cru devoir omet-
tre les détails suivants ; ils donnent d'ailleurs une base
pour le calcul approximatif de la population du Bafka
supérieur. )
Barka est plein de troupeaux» surtout de chamelles.
Les eaux y abondeùt^ ainsi que lea girafes, rhinocéros,
éléphants, et je crois aussi Thippopotame. Lepoysn'a
pas de villages fixes : 00 change de place avec les trou-
peaux. En conséquence , dans l'énumération suivante^
on donne seulement le nom du chef de chaque cam-
pement Digftlal commande à tout Barka. Zttmat » qui
lui est subordonnèi gouverne sa camps , comprenant
3,940 lances ainsi réparties :
I. A'dftrey« aoo guerriers poiiant lances*
a. A*ly-Bftkit, fils du N"" 1, i5o lances.
5. Ôkoud,fils du N° 1, et riche -en chamelles, 100
lances»
4. Nftsour » fils du N' 6 , a&o lances.
5. IdrisDar, fils du N<» 6, 100 lances.
6. Mousa Cbangftb (Moisè le Gaucher), ;o lances.
En devenant vieux 1 celui-ci a perdu l'autorité de per-
suasion , que ses fils lui ont enlevée.
7. Camp de Zàmttt lui-mèma » Soo lances»
8 et g. Ses deux fils , Soo lances.
10. Bttyd, fils de Okoud, 5oo lances.
I I. Okoud , fils de HhâmmSd , 60 lances.
( «95)
19 à i4* Qkoud Kftlftch » 3 camps: loo, 5o et 5o
lances.
i5« Hammeda , fils d'Ôkoud » i&o lances.
i6 à ig. Omar, fils d*A'ly*Bakil« 4 camps et l^oo
lances.
90 et s I . Hhâmmftd , s camps et aoo lances.
9 s. Okoud, fils d'Omar» i6olances«
Tous ces chefs sont issusd'un même père. Le dernier
a en outre 5o cheYaux et loo chameaux» Les chef aux et
les cavaliers sont entièrement couverts de cottes de
mailles» et par conséquent très redoutés dans un pays où
l'usage du fusil est encore fort peu connu. Quant aux
autres campa du Barka supérieur» nous connaissons :
i3à97. Asala» qui commande à 5 camps de 3oo lances
chacun. Il a aussi 3o chevaux , n*a pas de frères» et ne
craint personne au monde fors son snaerain Digttl&l.
Il fait de fréquentes incursions chex les Barea , et leur
enlève de jeunes enfants pour les vendre.
«8. Goula't Roukouy, 700 lances et point de che-
vaux; mais beaucoup , beaucoup de chameaux.
99. Beyt-Bijal , 5oo lances dans un seul camp.
3o-3i. Was gouverne 9 camps : l'un sous A'Iy-^Min*
talib, fils de Mansour, 900 lances; l'autre sous Adttrttt
frère du précédent» i5o lances.
59. Mohhammed» Mb d'Abrahim, 170 lances.
33. A'ray» fils d'Ibrahim » 95o lances.
34. AntiUrtty » nom de lieu » a le plus souvent un
camp de 95o lances.
La moitié de Barka est plus grande que tout le Ha«
masen. Faisant le tour de Barka par les frontières »
il y a :
De Dirabijftn à TsSlIale une journée;
( Ï96 )
De TsAlale à Dâbrft*Salah, il faut toujours marcher
tant que le soleil est à l'horizon ;
De Dâbrâ'Salah au Dâmb&las • lo journées ( rédui-
tes ensuite à 8, enfin à 6). Nous ne connaissons pas
les noms des villages de la frontière du Dftmbftias.
D'EI-Gâdej^n ( Barea) àDftmbâlas, 5 journées;
D*ElGâdeyn à Tchàlttma , 8 journées ;
De Dftmbftlas au Hhàmàsen, a journées;
. De Tcbttlâma au Dimbijan, a journées ; d'autres di-
sent I i/a ;
De Hhamasen à Beyt-Mâmân» i journée.
Tcbttiftma est un pays chrétien plus grand que Beyl*
Mârottny qui est aussi plus petit que Dimbijan.
Dôgôlal, sur les frontières de Barea et de Sttnheyt, est
un camp nomade, et n'y reste pas toute Tannée.
De Beyt-Mttmân à El-Gâdeyn , 4 journées;
D'EI-G&deyn à Dttbrâ-Salah, 3 journées.
A'di-Baro (marqué dans la carte de Sait (i) et dans
celle de Berghaus) est dans Tchâlftma. La rivière qui
l'arrose s'appelle (le nom m'a échappé,
mais no ressemblait en rien à celui de Lidda ) : nous ne
connaissons pas dans toutes ces contrées de rivière qui
s'appelle Lidda. Nous ne connaissons pas de peuple
qui se nomme Bidel.
(Ce dernier nom est donné par les chrétiens du
Dftmbâla et du Sttrawe aux habitants musulmans du
kawalla voisin; je crois les avoir identifiés avec
les Hhadarebe du Barka. Un habitant du Sttrawe» .
qui m'a confirmé les renseignements relatifs au
Lidda , m'a dit Tsttittma , et non Tchttlttma : on conçoit
que les pasteurs d'A'ylttt étant étrangers au pays dont ils
(i) i5» ao' N. 36* 4o' E. P.
( >97 ;
me rendaienl compte , leur manière de prononcer les
noms propres est fort sujette à caution. Le même chré-
tien du Sftrawe qui me dit avoir visité le Tsâiftma ,
affirme que ce pays est séparé par le Dâmbftias du
kwalla des Bidel ; et sur l'observation que j'en fis à mes
pasteurs, ils répondirent qu'ils ne connaissaient que
par oui-dire les frontières méridionales du Barka. )
Les villages du Hhamasen qui forment la frontière
du côté de Barka^ sont, en allant du sud au nord :
1. Hazâga.
9. Tsa'daZâga : c'est le plus grand de ces villages
et le plus guerrier; il fournit 3oo lances.
3. B&Iâzanay.
4. Ghaha.
Puis viennent Dacbôm et Beyt-Hftmftn.
( J'avais un tel désir d'esquisser au moins la carte
de Barka, que je voulus avoir des distances prises d'a-
près une méthode analogue à celle qu'on emploie dans
les levés à la planchette. Je pris pour base la distance
qui sépare Bey t - HâmSln d'El-Gâdeyn. On verra que je
n'ai pas réussi , soit à cause du vague de la journée de
marche, seule mesure que je pusse employer, soit
plutôt à raison de l'horreur qu'a tout Africain de ré*-
pondre directement à une question géographique.
Comme néanmoins il peut y avoir quelque vérité
dans les nombres qui suivent, je n'ai pas cru devoir
les supprimer. )
De Beyt-M&m&R
à Tch&l&ma, 3 journées,
à Dmkbtias, 3
à EI-GkdejD , 3
à D&brS-SaUb, i i/a
à DjKng&reyn, i 1/2
à Bey t-G&b&rou , 1
( >98)
a Mliga*refa , i 1/3 juor.
à Tsflale, 3 heares.
D'ËkG&deya
i Tcbll&na, 6 journées,
à D&mb&las, 3
à Dlibr^-Salah , 3
à IMKDeIreyn , Zth
Les Hhadarebé de Barka vienneot du Hadramol en
Arabie , et parlent la même langue ( le bôdja ) que la
tribu du même nom qui demeure près de Sawakin. Les
principaux du pays s'appellent Nàtâb(qu*on proDonce
souvent Nâfitâb avec un fort hamza médian ) , et sont
dans Barka comme les Bîlaw ( espèce de noblcâse hé-
réditaire ) dans les États du Nayb» qui .est lui-même »
par ses ancêtres, issu des Nàtftb de Barka. (Gomme
les grands camps ou villages des peuples de langue
bôdja n^ont en général d'autre nom que celui de la
tribu elle-même, il n*est peut-être pas présomptueux
de placer chez les Nàtftb la ville de Napala, dont parle
Pline à propos d'une expédition romaine : diripuerunè
et Napata ; mais le passage est trop bref pour fournir
des preuves à celte hypothèse») Les Nâtftb , même en-
fants, ne voni jamais à pied, et se servent de chevaux
ou de chameaux. L'un d'entre eux, nonuné Was»
chef dans le haut Barka , avait contracté des alliances
par ses fils avec Beyt-Mftmftn , D&mbftlas et Barea*; il
eut une querelle avec un autre, chef comme lui de
cinq camps, et ne se trouvant pas en force , il appela
ses alliés : Beyt-M&mftn envoya so fusiliers, D&mbftlas
en envoya iso» et Barea fournit 200 cavaliers armés
de lances. Le chef rival n'attendit pas des forces aussi
imposantes , mais s'enfuit dans Barka inférieur, qui est
à 3 îournées de distance du haut Barka lorsqu'aa
( »99 )
deflcend vers la mer, et à 5 ou 6 jouroées si l'on re*
monte.
Les saisons et la température de Barka soni l^smè*
mes que celles de Mouta't, (On peut donc provisoire-
ment estimer la hauteur de Barka à 3 ou 4oo mètres.)
( Quelque intérêt qui puisse s'attacher à Barka , j'en
ai éprouvé bien moins que pour la terre des Biien.
Cette peuplade, presque entourée de musulmans*
presque isolée de TAbyssinie, qai n*a souci d'elle et
ignore son existence, a néanmoins conservé sa foi chré-
tienne & la pointe de sa lance ; et dans le combat» où
un Bilen préfère toujours mourir que de se rendre «
elle a si bien établi sa réputation de valeur , que les
tribus limitrophes les plus guerrières tremblent devant
les i,5oo lances du S&nheyt, D'ailleurs une certaine
ressemblance entre le nom de Bilen et celui desBlem-
myes m'avait fait espérer de trouver plus tard des preu-
ves qui pussent justifier ce rapprochement ; mais ayant
appris que les Saho donnent le nom de Bâiân à tous les
habitants du haut plateau éthiopien, j'ai été amené à
craindre que le nom Bilen ou B&lftn ne soit un terme
générique chez les habitants des kvvalla , et qui indi-
que seulement une nationalité de position. Quoi qu'il
en soit» une nouvelle découverte est verrue raviver
l'intérêt que m'avaient inspiré ces fiers chrétiens : j'eus
la bonne fortune do découvrir à A'ylat une jeune es-
clave bilen, et dès les premiers .mots qu'elle me dit, je
reconnus dans 1^ la,ngue des Bilen un dialecte ^ham-
thënga ou agaw. Cela était tellement vrai , que prenant
mon petit vocabulaire bbamthônga fait Tan dernier à
Adwa , je dis à l'esclave étonnée un grand noipbre de
mots qoi étaient identiques avec son di^lQcie« Malheu-
reusement je ne parle pas tôgré , et je dus bie^ôt re-
( «00 )
noncerft continuer mon vocabulaire bilen à Taide d'un
interpète. Je vais transcrire mes renseignements rela-
tifs aux Bilen ).
Les pays qui entourent Sftnheyt sont :
I. Dimbijan. 5. Halhal [id. ).
Si. Hansah. 6. Gàbeyiâbo ( id. }.
3.* Bedjibebrou ( langue 7. D&brâ-Salah {id. ).
bilen ). 8. Barka et Bey t-Màman.
4. Beyt-Tankey {id.).
Les Bilen sont chrétiens, mais leurs chefs seulement
portent le maiab ( cordon de soie bleue qui dans toute
TAbyssinie est le symbole et même la preuve de
la profession du christianisme : on porte le maiab au-
tour du cou). Ils ont des prêtres, et des livres qu'on
garde dans la Maison de Marie, à laquelle on offre
Idus les ans, vers le 1*' novembre, tout le -lait des
vaches, rassemblé dans un vase énorme; ce vase est
déposé dans la Maison de Marie, puis tous les trou-
peaux font trois fois le tour de Téglise. Ces gens ré-
vèrent la croix. Ils aiment beaucoup le drap rouge,
et les tapis , qu'ils gardent chez eux comme valeurs ,
car ils n'en font aucun usage. Ils sont très hospitaliers,
n*épousent qu'une femme, et ont -de grands jeûnes.
Leur pays abonde en éléphants; m^is les girafes et les
rhinocéros, si abondants dans Barka, y sont fort
rares.
Les noms des villages de Sanheyt sont :
1 . Azafa. 7. R&rân.
t. A'd Brôhhanou. 8. Djoufa.
3. Una. 9. Tsftiali.
4^ Thantharwa. 10. Dôgi.
5. Beyt-Gabrou. 1 1. Hhachala.
6. Mftgarâh. 19. Ghichôrama.
i5. Romfou.
i4* Hbftdadoack.
i5. Hhabib-Hftntttl.
16. Gftweyiftbou.
17. Az&mat.
1 8. A*di Zaz.
19. Hâaddey.
( «o* )
so. Salâdarôb.
91. Farhheyn.
S9. KoDné\
95. Orner.
34* K'analkheylay.
95. Gadjîla.
96. Rouraba.
Les noms des villages de Beyt-Tankey, pays bilen »
soni:
6. Orkoûna.
7. Waleko.
8. K'oûch.
g. Nawd.
10. Douarba.
1 1 . Djângâreyn.
19. Tsada-Hhoga.
i3. 0'ro8,montagne-fort
1. Henboub.
9. Sânk'ak.
3. Mârâdjen.
4* Ckarwat.
5. Bedjftbebrou, colonie
de Saho-Toroua'y qui ne
sailplus d'autre langue que
le tôgré.
Halhal, au milieu des montagnes, comprend les vil-
lages suivants :
i.A'dRttlb.
9. A'd Ts&fay.
3. A'dGftbcha; ce village a
700 lances , et a dernière-
ment enlevé i,5oo bœufs à
Barka.
4. A'd Hbôzbay.
5. A'd Tsafa*.
Dabrft*Sàlah est bilen , mais ne fait pas partie du
Sânbeyt Gttbeyttlftbo , patrie de la jeune esclave d'A'y-
hi^ est tout près de Halbal. Un de ses ruisseaux va à
Marianoir et l'autre à Dâbr&-Salah. En descendant
de Halhal , on arrive à Mttnab&r dans Barka.
6. A'd Ts&mfay.
7. Mehel Anbalâ.
8. Tadjba.
9. Zàroun.
10. Mftmb&r - Ondjuna,
ayant trois ruisseaux avec
de l'eau jusqu'à mi*corps.
( SOS )
Sànhey t est plus élevé que UoulhaH, mais pas beau-
coup; Halhal est très éle?é et froid.
La tribu des A*ddklés vit à ennr<>D 3 }oamâe9 N.E.
du S&nheyt sur l'A'psftba, qui, là , n'a de l'eau en été
que lorsqu'on a creusé k environ une coudée de pro-
fondeur. Cependant il y a encore de Teaq k Ts&bab »
lieu du désert où les A'dôkiés « les A'domariam f les
Ha*dendwa • et parfois même les Rileo » s'établissent
pour détrousser les voyageurs.
Hakin gouverne la partie du Sânheyt la plus voisine
de nous. Il a douze usa de vaches ( c'est-à-dire i »8oo
tètes); lui et Tedros se partagent le commandement
de tous les Bilen. Je ne sais rien de la contrée qui sé-
pare les deux Barka. On la dit déserte.
Hansah se compose de deux petits pays dont le site
est très élevé , et où il fait froid. Beyt-Ghakbân est le
plus au sud : Bey t-Ebrehe , nommé aussi G&lftb , est à
une journée plus au nord. Les eaux de Mansah vont
au Wackayrou, qui se jette dans la mer. Les gens de
Mansab sont chrétiens et parlent tôgré.
Bazen» Tdrbidda , Ghilko» Bichkoul, et les trois La-
godo, ainsi que Hachburé, El-Gadeyn et Amadda
( tout près du précédent) son4 des noms de lieux dans
Barea. Les habitants de Barea se disent musulmans,
mais ont l'infamie de manger tout ce que Dieu a créé ;
même les serpents. Us no sont pas Ghank'ôla , mais
leur peau est noire.
( Plusieurs gens d'A'yIat m'ont affirmé à plusieurs
reprises que les Barea n^ eoni pas titres ou Ghan-
k'ôla. Cependant leur habitude de dormir entre trois
feux et de manger des serpents ne f)ieraiet pas de
les séparer des Ghank'ôla, que les Abyssins placent
autour duHArtlb , et sur ivs frontières eu Chdré et 4u
( ao5 )
Walk'ay L Les Barea me paraissent être , comme disait
Bacon , dans une posiUon enwiale^ et tenir autant à la
race caucasienne qu'à la race nègre : c'est 1& qu'on de-*
Yra étudier comment l'une de ces races passe par
degrés insensibles dans Fautre.
Me voilà parvenu au terme de mes renseignements.
Je ne parlerai pas en ce moment de tribus , enfants de
Naoudy qui occupent l'espace compris entre A'ylât«
Ras-Harob , le Sftnheyt . et A'ckyck ou Badour» parce
que j'espère compléter mes données k leur égard. J'ai
bian du regret de vous envoyer tant de noms de lieux
s^ns distances ni directions ; mais c'est là ce qu'il est
à peu près impossible de tirer d'un Éthiopien. Mon
orthographe des noms de lieux subira sans doute de
grandes variations si je parviens à trouver des Bilen
ou des Hhadarebé du Barka. Faire plus et mieux n'a
certainement pas été en mon pouvoir.
Votre bien dévoué confrère ,
Antoine d'Abbadib.
P. 6. 16 décembre 1841.
Un homme de la Iribu bôdja d'El-Gldeyo, qui va en
pèlerinage à la Mecque , et à qui je demandais hier
s'il parlait la langue de ses voisins les Barea, m'a ré-
pondu : i Je ne parle que trois langues : un peu d'a-
rabe > le bâdja » qui est ma Ikngue • et le kbasy, que
les g^îfis d'ici qui le parlent appellent idgray , mais
les AL*abes l'appellent khasy. b J'ai ensuite passé une
grande pariîe de la journée avec cet hoounei qui a corn*
mfincé â me donner une idée de la grammaire bôdja.
lia ipis tant de simplicité et de précision dans ses ré«
penses , il avait tant peur de m avoir trompé sur le
( «o4 )
genre d'un substantif ou d'un adjectif, que je n'hésite
pas à placer sa valeur morale comme informateur bien
au-dessus de celle des deux chajrkh qui , à une année
d'intervalle, m'ont tous deux dit que Rhasy et Bodja
étaient synonymes. J'ai cru mieux faire en vous racon-
tant comment la chose s'est passée qu'en effaçani ce
que j'ai écrit plus haut, afin de vous montrer combien
il est difficile d'arriver à la vérité , et pour avoir une
nouvelle occasion de vous prier de n'être pas trop se--
vère sur mes renseignements de géographie africaine.
Le pays de Rhas serait donc identique avec le S&mh&r.
•
II.
N* 8. Adwa, 37 mari i843*
Mon cher Monsibur,
Dans mon n"* 7, daté d'OmokoulIou» 20 décembre»
je vous parlai de Barka et de Sftnheyt avec plus de dé-
tails qu'à l'ordinaire, dans la pensée que ces contrées
avaient été jusqu'ici négligées par les voyageurs. Je
vous fis part en même temps de mon opinion sur le
cours de TA'ns&ba , qui a été souvent confondu avec le
Mttrftb. Depuis, j'ai eu le plaisir de voir changer mes
conjectures en certitude.
Étant k Hharckicko le t^*^ janvier de cette année , je
rencontrai un homme de la tribu d'El-Gadeyn dont la
langue est le tôgrtty ou khasy , à peu près la même
qu'on parle à Mouszâwwa'. Il se rendait au pèlerinage
de la Mecque , et était venu par le pays des Hhftbab, au
lieu de suivre la route directe qui passait par le SKn-*
hey t. Près de lui était un autre pèlerin , natif de Don-
gola» et qui se nommait EUEmin. Il était venu par le
( ao5 )
paya de Gach . et parlait bien arabe. Selon lui , le
liârttb se jelte dans le Gach, ou» pour mieux dire» la
partie inférieure du Mftr&b se nomme Gach. Le pays
de Gach doit son nom à cette rivière» qui inonde pen-
dant quatre mois un vaste pays plat. Le Gach se joint
à TAtbara (Takazé) au-dessus de Goz-Radjeb. Près de
la le Gach a » mètres de profondeur. Je demandai à
cet homme si une barque légère flottant sur le Gach
atteindrait l'Albara et le Caire : il me réj)ondit que
non » à cause des arbres qui sont grands et nombreux.
On doit conclure de là que la jonction des deux riviè-
res n'a lieu que pendant la saison des plaies.
Mes questions sur le Mttràb excitèrent une vive discus-
sion entre l'homme de Dongola et celui d'EI-G&deyn »
qui prétendait » comme je l'avais entendu .dire à d'au-
tres , que le MAr&b se jette dans la mer Rouge à To-
khar ^mentionné par Burckhardt)près de Sawakin. Il y
avait plusieurs pèlerins d'El-G&deyn présents» et ils fi-
nirent tous par convenir qu'il y avait deux Mftràb ,
l'un qui prend le nom de Gach » l'autre que les rive-
rains de la partie inférieure de son cours appellent
A'nsftba. C'est ce dernier seulement, selon le pèlerin
de Dongola» qui atteint Tokâr(ou Tokhftr) au sud de
Sawakin , et qui pendant le pluie mêle ses eaux aux
eaux salées (mer Rouge). Le pays de Tokttr»bien arrosé
au milieu des contrées stériles qui l'avoisinent» a été
nommé Bâr&kâ , et c'est là sans doute le Bnrka infé-
rieur des pasteurs d'A'ylât.
Le même pèlerin me dit avoir voyagé dans le Fa Zo-
glo, le Fa«Dosi, et dans la plupart des 99 Fa ou régions
de ce pays-là» que leurs voisins galla appellent Gouba.
Les Galla nommés Rebich ( ou un nom très appro-
chant , car il faisait nuit et je ne pouvais pas écrire }
( ao6 )
viennent vendre dans Gouba des chevaux, plus esUmés
que eeux du Dongola , parce qu'ils courent autant et
supportent mieux la fatigue.
Si maintenant vous voulez me suivre par la pensée
jusqu'au sommet du mont Bôrk'ak'o, qui estaux envi-
rons de Halay, un peu plus élevé que la côle des mon-
tagnes orientales d'Abyssinie , vous verres cette crête
s'abaisser au col deR'aydhhk'orpour se relever dans le
Hamasen , s'abaisser par le DômbOjUn et le pays bilan
jusqu'à ce qu'elle atteigne l'Astusaspes. Vers le S.B. ,
les montagnes vont dans le pays inconnu qui sépare
les Galla As&bo de leurs voisins A'fiir. A Test, de
nombreuses vallées presque longitudinales & la crête
relient le Kâbftsa ( haut plateau abyssin ) au Samhar.
Vers l'ouest, ces montagnes , hautes de plus de a 600
mètres , descendent par des pentes moins brusques
jusqu'au kwftlla ( pays bas ) de Lftgo , qui n*a plus que
1 600 mètres de hauteur. Au sud , le kvrttlla s'arrête
an pied du mont Rocha't ; au nord » il devient de plos
en plus large jusqu'au mont Tahwilft , reçoit le llftrllb
avant d'aller dessiner les hauteurs de Gwftndttt, et va
enfin par K'wfthhayn se mêler aux basses plaines des
Barea. Ce kwâlla , qui se nomme Tsama' , sépare du
Tôgray proprement dit une contrée fort distincte par
ses mœurs et ses coutumes , et qu'on nomme dans le
langage officiel Akftitt-Gouzay d'après ses deux pro-
vinces principales. Des circonstances particulières m'ont
permis d'arriver à un devis approximatif do sa popula-
tion, d'après une méthode très scientiGque en théorie,
qu'il serait trop long d'expliquer ici • et dont les don*
nées seront au moins un bon travail pour apprécier
les forces et les richesses du pays, bien qu'il soit tou-
jours difficile de la bien metire en pratique.
(
207 )
56 villages i
le la province
de Sârawe (1)
19300 àmei.
73
—
GoQzay
17 800
au
—
AkXU
Il 880
•4
—
•• •
Og&l&-Haniou8
i3 63o
ai
—
Ô6&1&-Hathôn
3970
18
—
TsXlllma (3)
9780
5
-—
Oof^ana'
a 370
8
—
Dilge> )
T&dSriir S
II 380
>9
—
18
MUratha
5 900
2153 vîllii^es
95 83o Ames.
C^ Dotiôfis sur la population de la pente occiden-
tale de la première terrasse abyssine s'arrêtent au sud
à TAgumé et au Lftgo. Du côté du nord, les noms de
28 villages du Hamasen et de la tillages ou bourgs du
DOmbi)ftn m'ont été donnés par des étrangers qui ne
pouvaient me fournir aucun renseignement sur leur
population. Quant au Dambâlas et au Sefa' , provin-
ccsqoii selon les Abyssins» confinent aux Bidel(Na-Tab
de Barka ) , je n'ai pas la m<Hndre donnée sur leur
étendue* Il en est de même de Gwttndftt et de ^R'wtt-
libayn.
Poor établir ce devis , fai relevé un à un et nomina-
tivement tous les villages de chacune des provinces
Gouzay . Akâiâ ^ ÙgjAlà - Hamous , Ôgâl&-Hhatb5n » On-
gana'» Dege'yn, Tâdàrftret Maratha. Quant au S&rawé
et ou Tsltlâma; il manque peut*èlre 6 à 8 villages dans
ma liste.
Celle dernière province contient deux bourgs qui
méritent un mot en passamt : le premier est A'di-
(1) N«n compié d^ins AMU^-GAtixay.
(3) Souvent compris sous la même dénomination que le Hamasen.
( «o8 )
Baro» mentionné sur la carte de Sali, et près duquel
il fait couler une rivière à laquelle d'autres cartes don-
nent le nom de Lidda. Le ruisseau d'A*di-Baro, qui se
joint au Mârâb du Hamasen ( A*nsftba ) se nomme
Tsa'da-Kâlay , et les gens du pays que j'ai interrogés
ne connaissaient pas de rivière qui se nommât Lidda.
Près de A'di-Baro est Dôbarwa» bien connu des voya-
geurs portugais « et qui se ressent encore des ravages
d'Oubi ; la source du vrai Mftr&b est tout près de là*
Bruce^qui écrit Dobarwa, attribue la fondation de cette
ville aux Dobas. J'ignore de mon côté si lesDobas , qui
n'ont pas aujourd'hui de langue à. eux» ont eu origi-
nairement des rapports avec les Agaw ; mais ce qui eat
certain» c'est que le mot Dôbarwa» qui ne signifie rien en
tôgray, se laisse très bien traduire dans la langue bham-
(bonga : il signifierait alors lieu bas et qu'on voit de loin.
Le otiot arwa » qui correspond à aguerre des Basques ,
s'applique à tout lieu que sa position rend visible de
plusieurs c6tés , et se retrouve comme terminaison dana
Tantarwa, village bilen du Sttnbhey t, comme aussi dana
R'ftrtcharwa » R'atsônrwa , Ararwa » et Figiarwa , qui
sont des villages du Lasta. Il n'est donc pas hors de
propos d'attribuer la fondation de Dôbarwa aux colons
Hhanittt qui» partis du Lasta» allaient s'établir dans le
Sttnhheyt , et qui auraient possédé jadis la terre da
TsAlttma.
Dans le S&rawé, province limitrophe duTsXUmayel
située au nord du Mttrab.on affectionne encore aujour*
d'hui le nom Arwa comme nom de femme. On peut
voir dans ce fait- une preuve additionnelle du séjour
d'une population bhamthônga pendant les temps anti*
ques » car il est dans les affections de la nature hu-
( «<?9 )
maine de iraosmeUre un même nom de géoéralion en
géDëration comme uoe tradition de famille. C'est
ainsi que le nom de Sophia est encore usité dans
Zoulla , village voisin des raines d'Adulis , tandis que
ce nom est inconnu dans toutes les autres parties
du pap Saho. Les traditions de ces tribus n^offrent
pas d'autre vestige du souvenir d'une antique colonie
grecque.
Il suffit de )eier un coup d'œil sur la carte de M» Rûp-
pell, qui est jusqu'ici la meilleure qu'on ait publiée .
pour se convaincre que la chatpe orientale des monts
abyssins » composée de pentes roides et de profondes
vallées du côté du pays Saho , forme dans Akâlâ -
Gouzay une haute terrasse inclinée vers le sud « et sur-
tout vers l'ouest La terrasse d' Axum , et celle du Tô-
gray qui la soutient, sont aussi inclinées dans le même
sens. Pour bien voir le revers nord-est de celle der-
nière terrasse, il faut s'établir au soleil levant sur les
collines de Gwândttt : on comprend alors les détails du
reirersde ce pâté de montagnes, qui s' élevant du kwâlUa
de Tsama*, forme de hautes collines dans les provinces
d'Ahsa et d'Ogala-Walestipourse couronner plus loin
par les sommités du Hôtha et du Samayata^ cette der-
nière étant à i 600 mètres au-dessus des plaines ferti-
les mais incuUes'do Tsama'. Adwa, situé là où cont<*
menceot les plaines qui s'étendait jusqu'au Takazé , a
une hauteur d'environ 1 gSo mètr^ au**dessus de la
mer Rouge. Asium serait plus éievé de 200 mètres ;
mais n'ayant pas encore l'observation correspondante
dont M. de Goutin , agent consulaire de France à
Mouszâvwva', a bien voulu se charger , je ne puis pas
indiquer encore ce chiffre d'une manière bien po-
sitive.
XVlIf. SBPTBMBBB. 4- '4
( a«o )
Les données suif antes comprennent tout ccr que
nous avons pu réunir jusqu'à présent sur la popnla-
tion du Tôgray.
45 villages delà province d'Od&- Maryam, y com-
pris Axum dont elle est le iief 3o 5uo âmes .
19 yîDages de la province de Cîind^ta a 4*^
10 — Môzbôr, fief dnnayb
de Hharckiko 3 i33
38 -^ MSgUa-Tfkmri 6 8i3
41 ^ Y&hha 4 147
85 — A*di-Aboun, fief de Té-
véque d'Abyssinie ao 680
Chahagni , district de
A'di-Abo«o 3 60e
■ 4 — ÔdkAboanaPeiithdeon 35oo
a5o villages. Environ , 73 800 âme*^
Des données moins poaHîres que celles qui font la
base des chiffres ci^dessus permettent d'assigner une
population de 5o à 60,000 ftmes aux i43 TtUages du
Lasta, dont je possède la nomenclature. J'ai aussi uao
liste de i49village8 du Gojam, mais sans aucune donnée
sur leur population. Il eneside même de 100 villages
de rÔtidlrta.
Quant à la carte de cette partie du pays abyssia
dont j'ai esquissé la populaâiNO, j'ai fait dernièrement»
pendant les troubles qui me tiennent encore eoferai^
à Adwa y une série de calcula dont je vous transnieta
les résidtats pour servir de canevas approiinoiatif de la
carie du Tôgray.
( an )
Licos.
U
Adwa.
Mont SKloda. .
Moni Sama jata .
Mont Hôtcha .
DoQsa
May-Oiiray. . . .
BttisêaaQ dé Bl&llUa.
Rokma dans Y&ha.
MontDamogKlila. .
MontRÔcha't. . .
OwSnâttt
Axuin
iladM.
4* 9' 5o"
[4 IX 22
4 II 7
4 i5 45
4 58 3o
4 4i 55
4 38 13
3 3i 45
4 '7 >7
4 3 5a
4 35 30
4 33 56
Gmrt d'obt.
étoiles
anglea
iV.
id.
soleil
étoiles
id.
soleil
étoiles
angles
angles
Longiiud. Qwire &oVfrf.
36^ 3o' 38" imm.de s des
Génwavs.
36 3o 35
36 36 i4
36 36 i3
36 5o 3
angles.
id,
id.
id.
36 54 36 angles au a»t
Rôcha't
36 38 46
36 39 a3
36 58
36 35 1
4 7 44 ( Ruppell ) 36 19 10
angles
id,
angles
asimoth du
mt Eaoaoftlila.
Quant aax observations dont ce$ résultats sont dé*
doits 9 il est bon de remarquer que les latitudes con-
clues des hauteurs circumcnéridiennes du soleil sont
probablement les plus incertaines, à cause du grand
éclat de cet astre , qui rend les obsen ations du midi
fort pénibles en Abyssinie. Bien qu'il soit possi-
ble d'observer des longitudes indépendantes ailleurs
qu'à Adwa, j'ai préféré toujours les longitudes dé-
duites de triangles ou d'azimuths combinés avec les
latitudes observées, parce que cette méthode lie en-
tre eux tous les points de la carta, qu'oii portera
alors tout entière, et sans découpure» dans ses dé-
tails» à l'est ou à Fouest, selon le résultat tiré de
mes occultations observées à Adwa , dont je n'ai pu ,
faute de tables, calculer qu'une seule. Le mont
KôcbaH ne se voit pas du mont S&loda , et j'ai dû
provisoirement en conclure les coordonnées par con-
stnwlion d'apdràs les asimuibs calculés de Dôgsa et de
May-Kanôi , ce dernier lieu étant (oui près (un mille)
( 212 )
de Kpkma. La positioD de Gwândftt a été calculée,
1^ diaprés l'angle sous lequel j*ai tu de ce lieu la dis-
tance du mont Hôtcba au mont Samayata , s** d'a-
près le triangle ayant pour base la ligne qui joint
les monts Ilôtcha et Damogàlila; j'ai préféré le résul-
tat tiré de la plus grande base : la difl'érence entre
les deux résultats est de 1 7" sur la latitude , ce qui
montre approximativement jusqu'à quel point on peut
se fier à un réseau trigonométrique observé sans si-
gnaux , et à une base mesurée, selon M. Cbazallon, par
la vitesse du son. Pour la position d'Axum , j'ai dû
prendre la latitude de M. Rùppell , qui s'accorde fort
bien avec moi pour celle d'Adwa; mais le mont Da-
mogftlila n'étant pas visible de la maison de l'bôte du
zélé voyageur allemand ( où je suppose qu'il a dû ob-
server) , j'ai mesuré au pas une distance jusqu'au pre-
mier lieu d'où le mont Damog&lila est visible , et j'ai
eu ainsi une réduction de S" dans la latitude , ce qui
explique la petite différence entre ma latitude d'Axum
et celle de M. Rûppell.
Si maintenant vous voulez excuser le pèle- mêle de
cette lettre , écrite au milieu de bavardages sur la guerre
entre Oubié et son frère , nous allons transcrire les sta-
tions de la grande caravane depuis Houszâwwa' jus-
qu*à Limmou ou Onarya , d après un jeune homme
fort intelligent qui demeure avec moi depuis plus d'un
mois, et que j'ai interrogé, selon mon habitude, peu à
peu, è diverses reprises, et sans laisser percer le grand
intérêt que j'attachais à ses réponses. Bien que le pays
entre la mer Rouge et Adwa soit un terrain rebattu ,
j'ai cru devoir ne pas omettre les stations des caravanes,
soit pour montrer comment elles voyagent, soit pour
établir deà points de comparaison pour des contrées
plus lointaines et moins accessibles.
(»3)
i" A Âdwa pur le Hniasen.
Stations. Lieux.
9. Ts&laint-Oman.
10. Chaha.
1 1 . Roud&nilasc ( Sarawé ].
12. Â*di-Ahhwé.
Stations. Lieux.
o« Moosz&wwa*.
1. Omokoullou.
2. WayDÔgous.
3. Ma-Achena.
4* AF-Araza des Saho, nommé Mo- i3. A'di-Ohhwâla.
dômar par les .chrétiens. Ce» ( i4* Gw&ndkC
la limite des courses fies cha- i5. M&rSb, composé ici eu été
meaos. d'une suite d'élaogs.
5. Bamba. 16. M&h&tsabalabo.
6. AdUrUso. 17. DaVo-Tftkblé.
7. K'ayôhhkor, i*' village chrét. 18. Adwa ( longue journée pour
8. Goura' :Ôg3l**Hamoos). une caravane ).
Celte route est plus longue que la suivante ; mais les
péages étant plus fréquents sur la route d'Ogor - ZAbo
(il y en a plus de douze ] , les stations sont bien plus
nombreuses.
9* A Adwa par Ak2&l&-Gonzay.
Stations. Lieux. Stations. Lieux.
0. Mousz&wwa*.
i3.
Ôrret.
1. Hharckicko.
14.
Agam&ton.
2. ThSrathôr.
i5.
■ ■ ■ •
3. Wia* (Oha de M.
Riippell).
16.
Ogor-Z&bo, commencement
4. Tombeau de Hot.
du Tsama*.
5. Hhambhamo.
>7-
Sarana , lit de ruisseau.
6. Af-Olile.
18
BlillUa , ruisseau.
7. Eb)&r31ri(;a.
«9-
Nouçwot , I ^ station du Tô-
8. Tahhtay-T&bo.
çray ( Ogala-Walesti).
' 9. Lalay-Tabo.
20.
May-MSmSn (id.) .
10. Choumfayto.
21.
Wababit ( M%&la-Ts2(mn )
1 1 . Hbalay, terre de Bour,
tribu
22.
BSbi-ar-OSni.
de Gouzay.
23.
Adwa.
12. Maarda.
(».6)
pas qu'il soit possible d'employer Doe mcîlleore
thode lorsqu'on interroge un Abyssin. La 4* HKt?i?fy
était d'Adwa à Haj-Gogwa, ou i mille.
Cependant en prenant la position de Gwândilr d'a-
près M. Rûppell, et celle d'Adwa d'après mes observa-
lions, on aurait, en suivant les sinuosités de la route
sur la carie du voyageur allemand . i35 milles seule-
ment» au lieu de igS que donne l'itinéraire de mon
marchand. Il est plus que probable qae ce demio*
aura eiagéré les distances , parce que les caravanes
marchant avec des charges pesantes, on se fatigue beau-
coup. Si l'on réduisait les roules dans la proportion
de 195 à 1 35 y on aurait 106 milles pour la distance
horiiontale parcourue de GAwndftr à Baso, et 110
seulement pour la distance de ce dernier lieu à Sak'a.
Mais il est difficile de prouver que Texagération suit la
même proportion dans tous les cas.
Dans la transcription des noms propres, j*ai suivi un
.système uniforme d'après les signes de convention que
j'ai adoptés pour exprimer les lettres abyssines.
Pour ce qui est delà principale ville d'Abyssinie, je Tai
écrite Gwâudâr , d'après la chronique d*Axum, et après
avoir vérifié celte orthographe auprès de deux savants
ici. Pour éviter les erreurs résultant, dans toutes les
écritures, de la ressemblance entre des caractères. sem*
blables , j*ai toujours écrit mes noms de lieux ( dont
j'ai déjà plus de mille) d'abord en caractères éthio-
piens , ensuite en caractères européens. Malheureuse-
ment pour les personnes étrangères aux langues orien-
tales, on ne s'est pas encore accordé sur le système à
suivre pour transcrire les noms arabes, et bien moins
pour ceux de rËlhiopie, qui possède plusieurs sons
( 2«7 )
étrangers à l'Europe il est vrai , mais <lont la confusion
choque toute personne instruite et consciencieuse.
Votre bien dévoué confrère ,
Antoine d'Abbadib.
Noms de lieux sur la côte orientait iV Afrique depuis
A^sab {mer Rouge) jusquà Mozambique. — Recueillis
par Antoine o'Abbaoib.
Sàna'bour» lie; au N. du suivant.
B&ndttr-A'sâb ( dit jadb Saba, selon les A'fâr ).
Gboubb&h ( dit Me^dgeb'da par les gens du pays].
Koul&ymfth, ancrage; puits et village.
R&hbftytâ, bftndftr, è 6 heures de marche delà mer;
bonne eau dans Wadi-Melouk.
Djebelah, cap élevé.
Sountyad , écueil.
Détroit de Mandeb.
Sftvrabe'y sept lies.
E'ndjar, port où l'on va prendre du bois rouge.
DjisySrfth» port; bois; l'eau est loin.
D)&yn j port et mont. (Selon la tradition , c'est ici que
les Ambara émigrés d'Arabie débarquèrent pour
entrer en Afrique. Les Abyssins disent Gïên ) •
Ras el Bir» long cap; port au N. ( Les Szpmal disent
Obokh. )
Toudjourrâb, village de i6o à 180 maisons; possession
anglaise.
Golfe de Toudjourrah. Le golfe intérieur se nomme
Ghoubbah- el-Khârab.
( ^i8)
lleshha« lie déserte oè les Anglais ont planté leur dra-
peau.
Sa'd ed dyn, lie,
E'bad , Ile.
Zëla\Zeilah des Portugais.
Filfil , nom de Técueil de Zéla'.
Meskân » écueii.
Medhodji , écueii ; pas d'ancrage.
RouangSlrëd , trois rocbers ; terre voisine boisée.
Kêwerfa » ancrage ; bois.
Donkal, cap; bonne eau.
Weryr, puits; point de port.
Dymis , puits près du rivage.
Boulâhar , eau , et port médiocre.
G'eyry , port médiocre, et station de caravanes ; eau.
Matâgyso , puits , et station de caravanes.
Goudh&difty , id. id,
Gerylleh, puits.
D&bâs&lys , petit port ; bois épais.
Awliyfth Rombo , cap.
Nesyfthy station de caravanes ; point d'eau.
Adda* Koudoudd&h.
Boulâb Frândjy , eau saumàtre.
Goudedkah. Les Arabes disent £1-Djeraf.
Bsirberah , dit Sahhel par les Ssomai • et Bttndttr ech
Ch&ykh par le Portulan arabe.
Ellanty, cap et petit port
El-Gerdy, mont formant cap; port et eau.
Siârfth, bonne eau ; une maison en pierre. Ce village
a grandi considérablement par le commerce des
bestiaux depuis que les Anglais ont pris A'den.
Cap RStyb , port.
( «"9 )
Labâ Goumbftr Bedâw , c'est-à-dire les deux mon-
tagnes noires.
Wâifthhoun, port.
Râbiddfth* port bien fermé, mais sans eau.
A'yn 'Drâ^d, b&nd&r ; une maison en pierre.
Soudfth , port , bon par les vents d'B.
Yos , eau.
Mont Ahhmftr , dit HKamm^da par lesSzomal.
Gibaw » écueil séparé du continent
Bànd&r Kâr&m; une maison en pierre.
Mont et cap Rhftnzyrfth, bon port parles vents du N. et
de rO« ; fond de roc à 7 brasses.
Tikhay , port ; point d'eau ; beaucoup de bois.
0*ngor , maison en pierre ; bSndâr plus grand que
SySir&j sans port.
Las lloosa , port ; eau.
Mâgour, mont élevé près la mer.
Châlâw , port médiocre ; eau , beaucoup de boiis ;
pas de maisons.
Roukoud&l)-Wady , plein d'eau et de bois.
Doubglih , mont sans eau ni mouillage.
Mounbilâhb Bâylê, eau et bois sans port.
Fra Hou'delê , port 1res petit.
Bour Hedâw ( c'est-à-dire montagne noire ) ;port sans
eau.
H&yss une maison; port; dedans, un écueil quidécou-*
vre à basse mer.
MaMjalftyn, lie, et port entre elle et le continent.
Gylbo, port; eau.
Mttyd, maison en pierre; port » bon par les vents d'E.
KSilal&ho , port.
Sànâkhat, port excellent; eau.
( 'i90 )
R&bch, lie élevée» blanchie par la fienle des oi$eaux ,
à 3 milles de terre.
Uboumbâys , eau et un grand arbre.
Ou'gouby, eau, sans bois ni port
Ar&mady ( les Arabes disent b&ndUr Djedid } ; une
maison; petit port comme Kftr&m» entièrement
détruit par Farâh Hôrsi en mars i84i.
Helam-Bâbâylfth , écueil.
Sôreh, cap; eau et port.
B&ghdâryâh, rivage.
Gelwêtâh, port
Lobh; grands arbres dans un watfylom du dvage ; il
n'y a point d'eau près de la nàen
Gouribftr; arbres ; ni eau ni mouillage.
BstùdSir Gora'd, 4^5 maisons.
Las Ghorây , 5 maisons de pierre ; port , mauvais par
les vents d'O.
Dor-Layeh, port médiocre.
Las Ma'n. ( Las veut dire un puits creusé à volonté à
l'aide des mains seulement. )
Ga'n, une maison de pierre ; grand coamie R&râm;
port.
Lofloulê.
Dourdouri, maison. en pierre ; gros comme. KârSim.
EKA'do , cap, sans port.
E'iayo , une maison de pierre; port et bonne eau.
Ckaw id, id. id.
Gap Gya'da, cap blanc et bas.
Gasim , nommé Bosaso par les Szomal ; I^kh maisons
en pierres port en dedans du récif; 4 canons de
bronze , il y a peu d'années. Ce bftndâr .est très
grand, moins pourtant que Bftrberfth, qui a parfois
13,000 habitants.
( ««1 )
Ba*d , 5 ou 6 maisons, dont une en pierre; port.
Hha'ntara , mont; bonne eau.
Bouré' , port ; une maison en pierre.
Ghândâlo.
B&nd&r Rhor ; les Szomal disent Boutyalo. La baie
s'avance à une journée ou ao milles, arec la mer,
jusqu'au village.
'Dourbo ; a maisons de pierre ; bonne eau.
Moura'yo , port.
TSyath » nom du puits de Moura'yo.
Gersfth , maison en pierre ; bonne eau.; grand eomme
R&r&m.
G&ysilây , huttes et bonne eau.
Eau entre ces deux , sans nom.
Hhabo, maison en pierre; grand comme Ga'aim.
Boulimouk, mont.
Alôlê, huttes et beaucoup d'arbrisseaux.
A'syr, cap.
Yârdftf, mont au-dessus du cap A'syr.
Bânnâh , grand golfe.
Cap Kena'deh.
Golfe Herdyy&h.
Cap Bbafoun.
Golfe HhafouD.
* Cap Ma'aber. Ici est un joli ruisseau qui se jette dans
la mer.
Le petit Ma'aber , port et ruisseau^
El-Rhâzayn , ruisseau sans port.
Dhârahh-Salehh, port et ruisseau.
Gap El-Kheyl, id.
Gâra'd, village szomali; une maison en pierre.
Cap A'wftdh ; mauvais port ; eau loin de la mer.
Seify rivage uni, de sable, sans port ni villages.
«tt
»?•••
LiXXIk» À? IkÀiô;.
XÔm-^c. dur Je '^■tiTT., ^
1' .'.: 1
\l*
At-
( 395 )
Baie et bând&r Lamou ( on dit aussi Lama ).
Thenâytitth» petit port où Ton charge du blé.
Ile TheD&ynâh.
Sept lies.
Golfe et bând&r Ouzy.
Gomeny , port et petit bàndâr.
Faâg de Gomeny : Fang est un mot sâwahily qui veut
dire haut-fond de sable. Celui-ci a an bon mouil*
lage.
B&ndftr et baie de Kelify.
Baie d'Enthaf^h.
Mombasah.
Baie Kelendini; bon mouillage pour de gros bftti-
ments.
Ile Wasyn^
Baie Wasyn.
Bàndftr-Tbanga.
Ile Yamby ; ancrage.
Ëeiieils Yamby , au loin dans la mer.
Mâzywahy lie ddserle; anerage.
Ile de verdure 9 dite Penbapar les gens du pays.
Baie Hhâssen , \
B&ndâr Touwagah ; grande ville , f , „., ^ ,
„ ^, , , , ^ >dansllle Penba.
Ile Cbekchek , i
Ville et Baie Cbekchek , /
De là au S.-E. à l'Ile Dyay.
Lingwi , cap septentrional de Tile Zinchebar.
Sur le continent , B&ndâr Makdcotoni.
De là , 6b à la voile, à Yinzibar ; ( j'ai entendu aussi
Djindjibar et Jinjibar).
Tournant dans le golfe de Zinjebar, et allant vers le
sud • lie Mathony.
Ile Bawâh.
( "4 )
Ile Wad-Nady.
II y a encore deui lies dont i*ai oublié les noiDS.
Ile Kwalâh.
Dans l'île Zinjibar, cap KiLzm&kaz : c'est rextrémilè
méridionale.
Golfe et b&nd&r Kotini.
Ile Send&h.
B&ndâr Bourmay ; 56 brasses dans le port
Bândâr Dêgàh.
Cap Dêgâh.
Deux écueils Dëgfth.
Ëcueil M&mbamkou , nommé par les Arabes Skouty.
Ile Skouty,
Cap Nazy ou Mnazy.
Ile Rwaleh.
Ile Roum&b.
Terre Rwaleh.
Terre Roumâh.
Golfe et ville de Resoungo; nous y achetons du bois.
Trois lies : Ghoungou , NAndjcroro » et ... •
Écoeil et Fang Mafi.
Ile Mafi.
Baie Choulâh.
Ile (SunayaP).
Ile Ibondô.
Ëcueil Ibondô, au S. de Tlle.
Ile Thoutyfth.
Ile de l'Oiseau ( en sawahily, Riswa-nouni ).
Ile Sëngasèng.
Baie Fiji.
Ile Rouztth ; bon mouillage entre celte Ile et la lerre.
Fouûg el-Banian, tie de sable.
Bândftr Semanga.
( S25 )
Bândftr Mîngera ( le plus septentrional ].
B&ndftr Kelou&b (le plus méridional ). Ces deux bân-
dâr se touchent.
Écoeil de ](.iloufth , très long.
Rilouâh, rile ; bândAr avec château dans une baie.
Chamb&tt es Solthan , baie (les naturels disent Sêûga-
Mïnara).
Bând&r» baie et rivière de Kiswêrah (hippopotames).
Bttndftr Môchinga.
B&ndâr Lindi.
Baie et bândAr Ngawmoûan.
Bând&r Mikindany.
Penbâ Hnazy (Penbe signifie corne ; Mnazy est le nom
du cocotier).
Baie et bftnd&r Môsimbaty.
Baie du Foumàh ( grande rivière ).
Ici sont trois caps ( sans doute cap Delgado ).
Bftndftr Thin (le son du n est demi«nasa], demi-ng).
Ile Thêkamay, jadis occupée parles Espagnols.
Ile Wamizy.
( J'ai oublié ici les noms de deux lies et d'un
écueil ).
Bttndttr Wybou , première possession portugaise.
Baie et bândâr Rerimbâh.
Ile. .... (j'ai oublié le nom).
Bifidllr Giwah eUAngimilâh (Giwah veut, dire pierre).
Gepet bftndttr-Thary.
Bue Mambi, lai|;e d'une portée de canon ; 60 brasses.
Bttndilr Hambi : Mambi du sud appartient aux Portu*
gais, celui du nord aux musulmans. Il s'y vend
beaucemp d'Woire.
Cap Souryzy*
Baie Semoukfth ; ville au fond de la baie.
XVIII. SEPTEMBRE. 5. l5
( 926 )
Ville Semoukah. Il y a une petite lie au N. On range
la côte de ce c6té-là , et on ancre par 9 brasses.
Golfe. . . . dont j*ai oublié le nom.
Màmbâmko ( Mambâm veut dire éettei/; ko signiCe
grand).
Baie. . . . entre l'écueil et le cap. (l'ai ou bKé le nom).
BftndSirMînâmkou; 19 brasses dans le fond de l'anse.
Cap Mousimbâh.
Bânciâr Mousimbftb.
Baie et bândâr Sawa-Sawâ.
Ile Sawa-Saivà qui forme cap, et sépare le précédent du
suivant.
B&ndâr Cabaceîra.
Bandâr Mosambique.
Baie et bândftr Môkan^o,
Petit port et bânddr Myâkwaleh.
Bandar Ûngoy.
Bândâr Yôfigu.
Commentaire du pilote arabe sur les noms de lieux de la
côte orientale d* Afrique,
Bayoun est le nom qu'on- donne qux habitants d<fi
porta entre Bravfa, dernier poti sfeomal^, et Laneu ,
qui est le premier lieu sttwahily. Je croîs que c'est aqssi
lé nom du piiys. Le langage. des Bayou fait Immitioii
de la langue szomaly au sttwahily.
Le Doara ( marqué comme rivière sur la carte d'Ar-
rowsmith ) n'entre dans la mer qoe lors i)^ la eaifon
des pluies : ordioairement son embouchure oa-Bk tiar«
minaison est ft 3 milles de la plege^ * ''
( 2»7 )
La mîère Koutini, \i3-àovi& Yinzibar, renaonle à
detU mois de distanoe dbas les terres : j'y suis eniré, et
y ai nafîgoé deux youts, La tôtede la baie (là barre) tt'a
que 1.7& brasses à la haule mer; mais en*dedi|iis» il
y a 6 et 7 brasses. J*y ai chargé du bois, et personne à
Yiozibar ne pouvait me dire d'où f eoait cette belle eau
douce. L'embouchure m'a paru afoir4$o pas,{3oo mè*
très) de large.
J*ai' oublié de irons nommer Faôgany, belle rivière
droit à l'ouest de l'Ile MftziwAb. Les gens du pays la
nomment P&ngany; à son ambouokure, cette rivière
est large d'un mille et profonde de S à 6 brasses. Il s'y
trouva l>ea«cottp de crocodiles.
Le fleuve Foumlh me parait plos grand que- le Jeb
et'pips petit que l'eau de Bassorah. Les Arabes disent
que la meilleure. eau du monde se compose de sopl'
éléments: 1. eau du Nil; a. eau de TEuphrale; 3» eau du
Jèb; 4« ^u 'an FoumsA^ J'ai oublié les trois antres. .
De File Wanizy jusqu'à Mouma ( un peu au-delà'
d'Ongdy ) on parle la langue mikwft. De Kismitth à
Tbm , c'est la tribu Makonde; de Thin> Ôfigôy vît la'
tribu mâkwâ; de Wasin à KeliB, lesbabitantssonrWà-*
nika. Les Galla sont immédiatement h l'ouest. (Kclifi*
parait ^tre le Mélinda de nos cartes. )
De Ras-Ma'aber à Ras^^el-Kfaeyl » le rivage s'appelle
Bl*Khllcayn : pnis vient Bar^-eanSeyf ( terre du Sabre') ,
terrain bas et sabloninouz qui finit ara mont iilhefynd)^
On sait que Uhayrab est passé qiiiand on arrive ^ m^ er-»'
bre grand comme un homme, et qui est tout isolé sur'
la plage ; puis vient là terre de Mtooty .
WftnehAyUi estdana debx lies au sud d'ope autre.
L'Ile la plus méridioDale est k plus graride ; il 7 a
4 brasses d'ëau'dans le port. De là jusqu'à Sbtgadoaeli»^
( t%S )
le rivage est de sable blanc ; de Httgàdouchty i Brawa
la plage est rouge, ainsi que les montagnes; de làan Jeb
tou t est sable blanc. De Mttgàdoucho au Jeb, on nomme
le rivage Bftr-ol-Bânadftr ; du Jeb à Bfttha on dit Bftr-
eUDjesayr; de Lamou à Kilwa, c'est proprement la
terre des Sftwahil; deSenga-Moara à Tbin, c'est la
terre Ngaw ; de Tbin & Wibou , terre de Wibou ; puis
terre de Mosambeg.
Les tles Gomoro se nomment tlesGàmâr. Allant du
nord an sud, on y trouve i. l'tle Môualy ; »• l'Ile Ônga-
zyàb; 3. Tile Hhinzouan ; 4* MoutSih.
L'Ile Juan de Nova grandit tous les jours; il s'y
trouve des cocotiers, et sous l'un d'eux de l'eau de
pluie. Il y a un haut-fond attenant à l'Ile du cdté du
nord, et un autre du côté du sud; ce dernier est le plus
long.
Au sud de Fang^Gomeny , il n'y a pas de hauts-
fonds gênant la navigation jusqu'à Wasyn, qui a un
éeueil ( cba'b )| mais contre terre.
Entre les lies ( Wasyn et ses voisines ) et la terre • il
y a plusieurs criques ayant 6 à 7 brasses» et cela jus-
qu'à Ras-Thanga » oùil y a 9 brasses sur un bàùl^ond.
EEcepté du côté de louest, M&sywftb est entouré d*àn
éeueil attenant à la terce. H y è plus de trois écueila
ou liaots-fonds entre llàEywtth et MâriiM.
. Au nord du cap liâgwi , il y a un éoueil de rochers
jong d*environ doni-mille. M&kokotoni est sépat^ par
une crique de Toombatou, Ile qui est entre Djrfl^y et M)lr-
kokotoni. Cette Ile et le cap Lingwi dessinent lea limi-
tes de la crique, dont le centre a 4 ou 6 braasea d*eau.
Cette crique est rétréoie par deux hauts-fonds de aable,
oouraiit est et ouest » et joignant chacun sa terre : pour
eatjw» on range la terre du loèté de l'est» Près du cf^p
( '^«9 )
Lifigwi est un rocher-Ilot situé daas la crique. Un
haut*fond ayant une brasse d*eau court parallèlement
à Taxe de l'tle Yiniibar et divise le khoryah ( anse? )
en deux antres, dont le plus oriental est le plus grand
«t baigne Màkokotoni de 5 brasses d'eau.
Le copZilz&lah est immédiatement au nord de Zinzi*
bar et au nord de UMthouny, endroit où réside le sou-
verain de Mftsk&t quand il vÎMte ces pays. Les habitants
de Zinzibar appellent leur lie Oungouya. Le nom lo*
cal de Mombastt est Iflilta : celui de Lama ou Lamou
est Amou.
On fait route entre M&thony et la petite lie à Touest.
Au sud de Zinsibar est le cap SttLwau* à deux lètes sépa -
réespar un haut- (bnd de sable: ausud de celui-ci» s'en
trouve un autre ayant h. brasses d'eau. Au sud du cap
Sikwan,il y a trois lies toutes petites,etde là à l'ouest, est
un brisant jusqu'à Ras->Kwalâh. Près du cap Kâzm&kaz
est une lie assez grande et un khoryah entre elle et la
terre de Zinzibar; vis-à-vis du cap Kotini , est un bri-
sant à moins d'un mille de terre. Send&h comprend
deux lies et un bon ancrage à 6 ou 7 brasses » fond de
vase et sable, sur le cap. Il n'y a pas de passage pour
les bâtiments entre les deux lies : entre Sendâh et
Bourmay estun khoryfth : la roule passe entre Seadâh
et un rocher à brisants; entre le brisant et le hauU
fond » il y a un khoryah. Ensuite vient Oêg&h : le port-
khotyah de Dëgfth est entre deux brisants lenant
à la terre : on trouve bonne eau à Dêgfth.
Après les deux écueiis Dëgâh est le cap Rembigi •
port à 1 s brasses . fond de vase. Pouna est un cap
au sud du précédent; puis vient Ras-Mambamkou qui
est un écueil. Vient ensuite une baie, avec un mouil-
lage par 4 brasses ; puis le cap Mnazy. Un arbre indi-
( «3» )
que les brisants de Skouiy. Entre le cap llnaxy el Kwa*
ieh ou Skonty se trouvent deux hauts^fonda de roches
n'ayant que i.aS brasse d'eau , et parallèles à la côte.
De Hwaleh, vers l'ouest» il y a un haut*fofid de sabla
et une baie entre les brisants et la terre*ferme : ces
brisants ont beaucoup d'algues. Kwaleh tire son eau
du continent Entre Kwaleh et Koumâh» tl 7 a deux
petits Ilots ou rochers ayant 4 ou & métrés au-dessus de
l'eau.
A Koamfth est un brisant ( ûha*i ) de sable du cMé
nord et un de rochers au sud : entre ces deux brisants
est le port» avec fond de vase , et reconnaissable à ses
cocotiers ; les deux puits donnent de la bonne eau.
Entre Roumah et Kesouôgo est un gol£e où l'on mouille
par a. 5 brasses » fond de vase. Le port de Cboungou
est dans Vile septentrionale du oôlé de l'ouest : entre
cette lie et le continent est un grand brisant de ro^
ches. Pour aller à Zinzibar» on se dirige au nord jus-
qu'à ce <)u'on ait dépassé l'écueil ; puis on met le cap
sur l'ouest
Entre Séngasëng et Rousah» dans le kharyah^ sont
deux brisants avec passage entre les deux. Kiswa-nouni
a un mouillage entre l'Ile et le brisant oriental ; il y a
aussi un haut-fond de roches du côté de terre : da
mouillage on relève l'Ile par le sud , 6 brasses » fond
de vase. De lé i SëngâsëAg, il y a 4 è 5 brasses sur un
fond couvert d'algues : au cap Séngâséng il y a un bri*
sant du côté du nord : à côté du mouillage est une
tout petite lie de sable; fond de sable , 6*5 brasses.
A Riloafth • il y a trois hauts^fonds de sable, un près
de terrS)' deux dans la mer ; et au sud-est une tout pe*
tile Ile avant le brisant Kiloufth; fond d'algues jusqu'à
ce brisant Entre le cap du côté de terre et le cap
( 201 )
de Kësvirer&l] » il y a au-devant du kboryah un haut-
fond de rocbes avec 3 brasses d*eau. On connaît Ho-
cbiôga par ua rocher de 5 à 6 mètres du côlé du
nord«
I^a balise, de Ngawmwan consiste en deux rochers-
llotç.^ du côté du nord : on ne passe pas entre , mais
on- le» laisse tous deux à droite. La balise de Mikin*
dany e&t un rocber-Uot au nord : au devant de la baie
est un haut fond de roches avec une brasse d'eau ; il y
a trois tout petits banadar. Il y ev deux Ilots au nord de
Mosimbaty et une baie entre deux brisants : les Ilots
sont près du brisant septentrional. Un petit brisant si-
gnale du côté di^ nord l'embouchure du Foumâh, où il
y a très peu de huttes.
Au premier cap Delgado est un potit brisant; le
quatrième cap a un brisant sur la terre : c'est Thin, et le
port est à une heure à l'ouest de deux écueils qui for-
ment passage : qb reconnaît Thiû à ses cocotiers. Il y a
deux brisants de sable qui joignent presque Tekamay
à la terre : on passe entre eux. Puis vient une Ile dont
i'at oublié le nom» petite, près terre , avec un passage
tortueux parmi les rochers; puis un deuxième Ilot, et
toujours par une brasse seulement jusqu'à ce qu'une
sonde de s brasses ait annqncé lafm du passage; on
atteint ensuiie un fond d'alguespar 4 brasses ; puis Wn-
mizy après un cap de brisants. Du côlé du sud est en-
core ua brisant formant cap : il y a un petit passage
entre l'Ile et la terre*ferme ; le port est à l'ouest de
rile par a. 5 et 3 brasses» fond de sable.
Pois viennept trois lies dont je ne sais pas les noms :
la plus méridionale , qui est aussi la plus grande » a
un mouillage au nord, par 7 et 8 brasses; ensuite est
une quatrième petite lie , et une cinquième à l'ouest,
( ^^"^ )
près (Je la terre ; il y a ua brisant entre la quatriième
et la cinquième lie : cet écueil laisse deux passages ,
un à côté de chaque lie. Plus au sud » et du cAté de U
mer, est encore une lie avec mouillage à l'ouest par
3 brasses. Delà àTouest^près de la terre, il y a deux lies
plus grandes et sans ancrage , car elles ont un écueti à
l'est. Après vient un brisant de sable contre la terre
mais laissant un passage dont on peut profiter ; ensuite
dans la mer, il y a un gros écueil de rochers et sable
qui laisse une passe entre lui et l'écueil contre la terre*
L*écueil oriental a un ilot-rocher avec arbres , et qui
forme le cap méridional de l'écueil : entre cette lie et
un îlot de sable k l'ouest , il n'y a pas de passage ; mais
seulement plus loin , entre Tllot de sable et le conti-
nent. L'écueil contre la terre a un ilot-rocher, et court
vers Test : il y a au sud une anse nommée FaSgany avec
mouillage par 6 à 7 brasses , fond de vase.
L'Ile Sânab , au sud de Fftngany , a appartenu aux
Portugais, qui l'ont abandonnée : c'est une grande Ile.
Entre le cap Fftngany et Sânâb » il 7 a on khoryak
( baie ou anse ) où l'on entre par 9 1 /4 brasses. De
Sânab, vers l'ouest, s'étend nn écueil sec. Le port est
au sud de l'écueil et en dedans ; mouillage par 3 , 6 et
4 brasses. Au-delà est encore un écueil contre terre ,
s'avançant dans la mer un peu vers le sud. De là vers une
autre Ile « à mi-chemin, est un danger avec 9 i/4
brasses d'eau dessus» et le passage est entre ce danger
et l'Ile méridionale, laissant ce danger à l'est, et à gau^
che. Au sud de celte tie en est une autre, et un kkor
( anse ) qui est entre les deux ties , et qui grandit a
la haute mer.
Au nord^est de Wybou est l'Ile Mâthêmo. Au Donl"
oucst de Wybou est son khor (anse) oè Ton mouille par
( ass )
6 brasses entre deux écuetls, Tun contre Wybou et
l'autre contre le continent. Pais vient la baie qui s'é-
tend àRerimbâh , et qui a de i à 9.5 brasses. Bandar
kerimbab, et dans une lie au sud une deuxième baie
s'ouvre jusqu'à Giwah et Ang&miittb ; une troisième
va de là à Pomba. Je ne suis pas entré duns les deux
dernières.
Au sud de Mambi, et au sud d'un petit écueii contre
terre, est un petit boadârsivec 1 5 et to brasses , fond de
vase devant lui, bien qu'on soit contre terre : ce ho^ndar
se nomme Château de Makoufth (et dans lé pays Ôngd-
ma-ya^Hâkoufth). De là à Sourizy, on peut ancrer par-
tout Il en est de même jusqu'à Semoukâh , car on
trouve toujours de 5 à 5o brasses.
Ensuite il n'y a plus d'écueil jusqu'à Catapouta.
Noie sur les ratseignemenU qui précèdent.
La première partie du travail ci*desau8 reproduit •
mais avec plus de détails, et, nous devons le croire, avec
plus d'exactitude, l'ébauche que nous eûmes l'honaeur
de présenter à la Société de géographie en 1 85g. Nous
croyons surtout avoir amélioré l'orthographe des noms
propres; et les noms des principaux ports szomal ontété
écritspour nous par un négociant arabe. Quant aux au-
tres^il y a deux remarques à faire : i° lesS»>mal confon*
dent le tha et le <a , et ne distinguent pas un s d'un z ^
du moins dans la plupart des cas; a*" malgré tous nos
scrupules et le soin constant que nous avons pris de cor-
riger le défaut de sensibilité de nos oreilles, nous n'a-
vons pu encore nous façonner à bien entendre toutes
les lettres arabes : nous entendons mal le lie final ,
\e^znd t le i^a Qu dh emphatique, et lorsqu'on pro-
( «34 1
nonce un aV/i, il nous est souvent difficile de «a?oir
de quel point- voyelle cette lettre est aCTectée; caria
plupart des Axabes la pronoaceot très sourdemeat.
Quant atxn voyelles , si brèves , et comparrativemenft si
peu importantes en arabe » il eat bon de remarquer
que les habitants de ITemen » du moins selon le té-
moignage de nos oreilles , emploient habitueUemeal
les sept voyelles éthiopiennes, c'est-à-dire : u bref, a
long, iy e, ou } o , et à\ son inconnu en Europe peut-
être, et qui approche beaucoup plus d'un i bref que
d'un € muet. Il s'ensuit de lA que nous avons écrit
en caractères arabes comme noua avons pu • vu leur
insuffisance, et en caractères français comme nous
avons entendu. Nous avons inventé le *d pour expri«
mer le d cérébral des anciens idiomes indiens; ce
son , également étranger à l'Européen et à l'Arabe ,
abonde chez les nations Bôdja, Seomal , A'far et Galla.
Malgré tous nos soins, il n'est pas du tout impossible
qu'on découvre plus tard des fautes d'orthographe
dans nos noms de lieux , soit à cause de la mauvaise
prononciation des pilotes qui noos donnaient des
renseignements, soit par un peu d'inattention de notre
part. Il est bien à regretter qu'on n'ait pu encore adop*
ter un système uniforme pour la transcription des noms
arabes et éthiopiens , et ia diversité des métliodes en
usage excuse jusqu'à un certain point la néj^igence
qu'on met è rendre l'orthographe locale. Un capitaine
européen , forcé de consulter son pilote par Tintermé-
fliairç d'un mauvais interprète, sera peut-être le seul
à sentir tout le prix de nos scrapules à cet égard.
En faisant le travail ci«-dessus, nous avions sous les
yeux une récente carte anglaise de l'Afrique qui, entre
autres disparates, fait couler le Webi par Mâgttdoucho,
( 355 )
et ne fait aucune mention , soit de Gftra'd , soit des
lies de Wàrchâykb. Nous avons cru cependant pouvoir
nous fier à noa renseigaeiaeDlf , puisque les détails de
la côte szomaly, c'est-à-dire deZëla' à l'équaleur, nous
ont été donnés par trois personnes» savoir : un pilote de
Szour près de Mftsk&t , un négociant de Mttkâllfth , et
un pilote szomaly né ifena OugSideyn sur les rives du
Webi. D'un autre côté , il nous est impossible de croire
que H. Arrowsmith , que nous avons eu le plaisir de
connaître à Londres , et qui nous a toujours paru très
zélé pour le progrès de la géograpbie , eût pu oublier
des détails aussi aaillanis sur une cole nue d'ailleurs ,
s'ils n'avaient éàé omis pak* les derniers voyageurs qui
ont visité la côte orientale d'Afrique. * La reconnais»
sance la plus récente a été faite » nous le croyons , par
H. Je capilaine Ov<ren; mais, soit qu'il ait été trop
pressé pour mettre la dernière ffl»în à son travail ,
soit qu'il ait été mal renseigné par ses pilotes , nous
émettrons ici le vœu qu'un hydrogaphe instruit et zélé
aille refaire ce travail de fond en comble depuis Toi>-
djourrah jusqu'aux possessions portugaises. Des capitai-
nes européens que )*ai vus dans la mer Bouge se plai*^
gnaient vivement do manque de bons renseignements
sur les attérages des ports szomaL et les recherches que
nous avons faites oralement sur toute cette c6le au-
raient été bien plus nombreuses et plqs fertiles si nous
avions pu les appuyer sur de bons levés hydrogra-
phiques.
Antojmî d*Abbadi£.
A'yl&t, 5 décembre 184^'
( «5> )
PUBLICATION
DES Rir^VLrÂTS DE l'bXPLOBITION JllfftBIC4IlVB
DAM LB8 MBBS AU8T1IALE8.
Lettre de M, fFilliam Brotvn Hoogson à H. d*Atbeac.
Paris, ai septembre 184a'
MONSIEUB ,
Je prends la liberté de coonmaniquer par Yotre in-
termédiaire , à la Société de géographie de Paria • la
teneur d'une loi rendue le s6 août dernier» par le Con-
grès des États-Unis, pour la publication prochaiDe
d'une relation des découvertes faites par la dernière
expédition d'exploration dans tes mers australes soos
les ordres du lieutenant Wilkea.
La nouvelle que l'histoire d'un aussi important
voyage de découvertes va être préparée et pubUée
sous les aupicesdu gouvernement des Ëiats^Unia, sera
reçue avec satisfaction par tous .les amis de la science
en général » mais par aucun avec plus d'intérèl que
par In Société de géographie de Paris. Et il ne sera
pas, )e J'espère» indifférent à votre Société de savoir
que la haute supériorité de la France , sous le rapport
de la science et de l'art , a été proclamée par le gou-
vernement des États-Unis , qui a désigné le Voyage de
r Astrolabe comme le modèle d'après lequel la Relation
do Texpédilion d'exploration doit être oflTerte au pu-
blic.
Je suis avec une haute considération, etc.
W. B« HODGSON.
i.-i
A*
S.'
( «37)
Teneur de la loi^
t Soit arrêté par le Sénat et par la Gbainbre des
représentants des Étab-Unis d'Amérique, assemblés
en congrès :
• I. Qu'il sera publié, sous la surveillance et Ja di-
rection du Comité de la Biblîothèqire , une Relation
des découvertes faites par Texpédition d'exploration
commandée par le lieutenant Wilkes , de la marine
des Ëtab-Unis; laquelle Relation sera préparée avec
des figures, et publiée dans une forme semblable au
Voyage de F Astrolabe publié dernièrement par lo
gouvernement français.
» 9. ( Disposition relative à la livraison de cent exem-
plaires pour l'usage du gouTernement.)
» 3. Que , en attendant qu'il soit pourvu par une loi
à la conservation et au classement des objets d'his-
toire naturelle qui seront en la possession du gouverne*
ment». ils seront déposés et arrangés dans la galerie
supérieure (1) de l'Hôtel des Postes . sous la garde de»
personnes qui seront désignées par le Comité de la
BibUolhèque. •
(i) Cest un local spacieux , maintenant occupé par Vlnstitution
natUmaie , à Washington. '
r «58 )
DEUXIEME SECTION.
AotBJi de la 8oeiétè.
UTRAIT DES PEOCâS-VERIVAUK OES SÉANCES.
PRtolDKNCB DE U- iOMAAD.
Séance du 9 septembre 1849.
Le procès-Terbal de la dernière séance est lu et
adopté.
M. Berlhelot, secrétaire-général de la Commission
centrale, annonce qu'étant chargé d'nne mission par
M. le ministre de Tagriculture et du commerce , il re*
grette vivement de ne pouvoir remplir jusqu'à la fin de
l'année les fonctions dont ses collègues avaient bien
voulu Thonorer.
M. le Président fait connaître que M» Neël Desver-
gers , qui a été le prédécesseur de M. Berthelot , veut
bien se charger de le suppléer pendant son absence.
M. Desvergers assure la Commission centrale de son
zèle à remplir cette fonction temporaire.
M. le baron Walckenaer adresse à la Société plu-
sieurs exemplaires de la Notice sur la vie et les ouvra-
ges du major Rennell , qu'il a lue à la séance publique
de l'Académie des incriptions et belles-lettres.
M. le baron de Derfelden de Hinderstein écrit à la
( »59 )
Société pour lui orrrir un ouvrage que yietïi du publier
son compalriote H. Van der Monde. Gel ouvragp, dont
l'auteur est très versé dans la connaissance de l'his-
toire , de la topographie et de la statistique de la Hol-
lande , contient une description exacte de la ville d'U-
trechl.
MM. de Laroquelte et Thomassy offrent , le premier»
une Notice sur Duval de Lejrit. ancien gouverneur de
Pondicfaéry, et le second, une Notice sur les anciennes
relations de la France avec le Maroc.
M. le comte de Rambuteau , préfet de la Seine, écrit
à la Société qu'en attendant l'accomplissement de quel-
ques formalités administratives , la Commission spé-
ciale du monument d'Urville peut dès à présent pren-
dre les mesures préliminaires pour l'érection de ce
monument.
M. Chevalier, d'Amiens, membre de la Société,
écrit qu'il s'associe avec empressement au projet d'é-
lever un monument à la mémoire du savant naviga*
teur, et il adresse sa souscription au trésorier de la
Société.
La Commission spéciale du monument d*UrvilIe
annonce qu'elle s'est réunie pour prendre connais-^
sanco des propositions de plusieurs artistes, relatives
à l'eiécution du monument. Parmi les artistes qui s'é-
taient empressés d'offrir leurs services à la Société , la
Commission a cjislingaé M. Gau » l'un des architectes
de la ville de Paris , connu par son voyage en Nubie ,
et M. Dantan aîné, statuaire, artiste non moins esti-
mable. Elle a jugé nécessaire de faire un double choix
dans Tintérèt de l'ouvrage , et elle le soumet à l'ap-
prubation de la Commission centrale. Plusieurs mem-
bres prennent la parole, et appuient cette proposition.
(240 )
La Commission centrale décide que MM. Gau et Dan-
tan aîné seront chargés de Teiécntion , l'un comme
architecte , Tauti^e comme sculpteur, et qu'ils seront
priés de se concerter pour présenter un projet en com-
mun à la Société.
H. le Président annonce la mort de M. le capitaine
de vaisseau Louis de Freycinet» membre TAcadémie
des sciences et du bureau des longitudesi ancien mem-
bre de la Commission centrale » et l'un des premiers
fondateurs de la Société. Il rappelle les travaux de ce
savant navigateur, et paie un tribut de regrets à sa
mémoire.
M. d'Avezac commence la lecture d'un Mémoire sur
la géographie ancienne de l'Afrique.
( La mite éet sé«nee$ et la liste des cuvrmges cfferis
au numéro prochain ).
Souscription ouiferte dans le sein de la Société de géo-
graphie^ pour le Monument à éteifer à la mémoire du '
contre-amiral Dcmont d'Ubvili^^.
JÀste des Sousrripteurs du i6 septembre au i5 octobre 1843-
MM. LoTTiN, capitaine de corvette. a5 fr.
Chassant, graveur. S
DocoBPS, commis de marine de i** dasae. 5o
YiHCBiiDOii DviiouLiif . ingénieur hydrogra-
phe de l'expédition au pôle Sud. 5o
Lbs hébitibes d'Uiivillb. i ,800
Lbbbbton , chirurgien de 5* classe de l'ex-
pédition au pÂle Sud. 3o
Db Bovis, enseigne de vaisseau, membre
de la Société. 90
Total. . . 1,940 fr-
Montant des premières listes. • . . si,8iofr-5o
Total gAnàbal. . , . 4«75o^>'-5o
BULLETIN
DE LA
SOCIETE DE GEOGRAPHIE
OCTOBRE l84s«
PREMIERE SE€TION.
MlftMOIRES, BXTR41TS, ANALYSES ET BAFPORTS.
Note sur deux Itinéraires de Churleston à TaUahjJissée
(Floride) . par le comte Francis de CâSTBLirAV.
Il existe deux routes pour se rendre par terre de
Gharleston en Floride : les ayant parcourues toutes les
deux, et n*en trouvant de description dans aucun ou-
vrage , )e pense que la Société me permettra de lui
soumettre quelques observations à cet égard.
Le 7 novembre i8?7» à 6 heures du matin , je quittai
Gharleston parle chemin de fer d^'iàogusta, qui, malgré
ses imperCfe|ft<)oa^ peut être considéré comme un ma-
gnifique ^lAraige; il a i«o milles de long, et traverse
presque. continuellement sur pilotis des marais et des
terres .inondées. Il est du reste très fatigant pour les
voyageurs, car ceux-ci doivent s'attendre à éprouver une
VIII. OCTOBBE. I. i6
( *4» )
loDgae succession de secousses et de sauts. Cet état de
choses a été pourtant je crois , bien modifié depuis celte
époque, car partout où il était suspendu sur pilotis ,
on a dû<:on8truire des terrassements; et d'ailleurs, sans
s'élendre sur les défauts d'un tel ouvrage , ne doit-on
pas admirer le génie et Tesprit d'entreprise qui le fit
accomplir au milieu de savanes noyées , surtout lors-
qu'on réfléchit aux immenses avantages qu'il a rendus
à l'humanité et au commerce ?
Le pays qu'il parcourt , lorsqu'il est inondé , est
dos plus pauvres, et couvert de pinacées , de lauriers
et de magnolias. Dans les marais, on voit le cyprès
si remarquable par sa base démesurément renflée «
et, à celte saison de l'année, par son feuillage, de cou-
leur orange.
Vers midi , nous côtoyâmes la rivière d'Edisto qui est
très sinueuse, et prés de laquelle nous vîmes d'assez
beau coton , et une heure après , nous traversâmes le
village de Midway ; à 4 heures i/s, nous arrivâmes à
Eakin , qui a environ i ,000 habitants et prend chaque
jour de l'accroissement. Ce village est à 16 milles de
Hambourg. A aa sortie , l'on rencontre une descente
très rapide et d'un i/s mille. Les chariots sont retenus
par un cAble sans fin qui a 1 mille de long, et qui a été
fait en Angleterre ; il a coûté environ 6, 000 fr. S'il venait
à se rompre , les chariots seraient lancés avec une
force irrésistible et brisés en mille mdreeaox , ainû
qu'on en fit l'expérience sur one voiture hors de ser*
vice. Un peu plus loin, surla gauche du voyageur, coule
une jolie rivière au milieu des bois. A 6 heures du
soir nous étions à Hambourg , village fort pau oonsî-
dérable. Là » des espèces d'onmibus nous attendaient
pour nous^ conduire i Augusta, de l'autre côté d'un
( «45)
tnagnifique pool sar la rhière de Savannah. Ce pont est
droit, il ja seize arches, et sépare les Étatd de la Caro-
line du Sud et de la Géorgie. La ri? ière est très large ;
son nom indien est Isnndiga.
Aogusia est one charmante petite fille d'ennron
^,000 habitants) elle renferme beaucoup de jolies
maisons; les rues sont droites et très larges a?ec des
arbres de chaque côté. Sous le rapport des affaires,
c'est une place fort importante ; mais son climat est
peu salubre.
Je fis ici mes arrangements pour le voyage que )*&!-
lais entreprendre à Tallahassée. Je devais parcourir
une région fort peu habitée , et dont une partie avait
été quelque temps auparavant dévastée dorant la guerre
contre les Creeks ou Muscogis , k laquelle on venait
seulement de mettre un terme. Comme il n'existait pas
encore de diligence régulière, je fis ce trajet, tantôt
en voiture et tantôt à cheval. Je quittai k ville le to ,
â 8 heures du soir, par un orage épouvantable ; nous
voyageâmes toute la nuit sur one route très étroite et
détestable , dans une contrée très sablonneuse et Cou-
verte de pins. A 7 heures du mralin , nous arrivâmes à
Louiseville , village très malsain , situé ft 4^ milles
d'Augusta , à un tiers d<e lieue de la rit ière Ogoechée ,
«t qui contient de 9^0 k Soo habitants. En sortant ,
nous eûmes à descendre une colline assez rapide; puis
nous traversâmes sur un pùtA de bois la rivière qui est
très étroite. Le sol est généralement d'un brun rouge;
la végétiAion consiste en pins. Le soir, nous arrivâmes
i Faisbridge, qui est sur la noème rivière. Il n*y a que
quelques maisons, toutes habitées par les membres
d'une même famille; à Tentour s'étendent quelques
plantations*
( «44 )
Dans l'après-midi , nous alleigolmesle petit éUblîs-
sement de Sandervilie, Le lendemaio, nous passâmes
en bac les rivières Oconée etOcmulgée , et nous atteignî-
mes vers le soir le village de Hawkensville , situé sur la
dernière de ces rivières. 11 est assez considérable» ei gé-
néralement formé de longues maisons de bois peintes
en jaune avec des volets verts y et n'ayant qu'un rez-*de-
choussée; elles sont pour la plupart recouvertes en
tuiles. L'OcmuIgée est une branche de TAlatamaha
qui se jette dans l'Atlantique : c'est le dernier cours
d'eau que Ton rencontre qui ait cette direction ,
les autres se déchargeant dans le golfe du Mexique. Le
is » nous partîmes au point du jour» et traversâmes
sur un pont en bois le Big-Indian-Creek» dont les bords
sont charmants , bien ombragés , et remplis de petits
palmiars. Plusieurs serpents noirs traversèrent la
route» presque sous les pieds de nos chevaux. Nous
étant égarés» nous fûmes obligés de camper cette
nuit*lë. En cherchant vers le soir à retrouver le che-
min , je fus témoin d'un fait qui m'a semblé digne d'in-*
térèt.
Je venais de pénétrer dans un bois très épais , lors*
que le caque tage d'un grand nombre d'oiseaux attira
mon attention ; j'en distinguai bientôt un groupe nom-
breux et composé d'espèces différentes qui entourait
un écureuil alors perché sur une branche à environ
so* pieds de terre* Ce dernier semblait immobile, ïe^
nant sa queue élevée au-dessus de sa tète; bientôt )e
le vis sauter, ou plutôt se laisser tomber sur une bran-
che inférieure » et il fut suivi de son escorte ailée » qui
continuait à l'accompagner de ses cris variés. Un autre
saut le conduisit encore plus près de terre. Étonné de
cette singulière manœuvre , je m'approchai sans bruit»
( «45 )
eldiskinguai bientôt un gros serpent noir {cohibercon-
siricior) , arrondi en spirale, et tenant sa tèle élevée
dans la direction de sa pauvre victime, qui bientôt, par
un dernier bond , se laissa tomber à terre à environ
un pied du reptile , sur lequel , mû par un senti-
ment de pitié, je déchargeai mon fusil chargé à
plomb. Les oiseaux s'envolèrent, et je ramassai le
pauvre écureuil , qui , immobile et roide • me parut
mort , mais qui revint bientôt à lui , et que je vis
avec plaisir s* élancer dans les branches. Je sais que
des faits de ce genre ont été souvent observés ; mais
comme beaucoup de personnes les révoquent en doute,
et que j'étais moi-même de ce nombre , j'ai cru qu'il
était bon de consigner ici celui dont j'ai été témoin. le
ne chercherai pas à expliquer par quelle force bizarre
la victime se trouve entraînée vers le serpent; si c'est,
comme on Ta souvent répété , que , glacée d'effroi ,
elle n'ait pas la force de s'enfuir I mais pourquoi dans ce
cas ne reste-t-elle pas immobile ? pourquoi vient-elle
d'elle-même au-devant de sa destruction P
Quel peut être aussi l'effet produit sur les oiseaux .
dont l'agitation était extrême? Comprenaient-ils le
danger que courait l'anijoial , et s'étonnaient-ils qu'il
ne cherchât pas à s'y soustraire? Je soumets seulement
ces questions aux naturalistes , et je recommande ce
sujet aux investigations futures des voyageurs.
Mais revenons à notre récit. Au point du jour, ayant
retrouvé notre chemin , nous parvînmes bientôt à un
groupe de maisons désertes et dont les habitants avaient
été tous, peu de temps auparavant pendant la guerre des
Creeks, massacrés par les Indiens.
J'ai souvent parlé des routes : ce terme a peut-
être besoin de quelques explications. Ces routes ont
( 946 )
d'ordinaire de ti k 8 pieds de large ei 40Qi loufour»
percées dans les bois de pins. Les arbres sont fimple-
raent coupés à envirçm on pied de terre. Le ch<Hxde ce»^
arbres est motivé par la grande facilité qu'of&reni cet
régions pour cet objet, comparativement aux massif»
d'autres orbres qui sont presque impénétrables» et que
Ton nomme hammocs. Pour éviter ces hammocs, on faii
souventfaire aux routesdesdétoursconsidérables.Beau-
Goup de ces routes avaient été ouvertes par les Indiens»
et ont seulement été élargies par les blancs» de ma-
nière à ce qu'une charrette pût y passer.
Le vovageur s'arrête dans toutes les maisons qu'il
est assez heureux de rencontrer > ce qui n'a générale-
ment lieu qu'à de très grandes distance^. Là on lui
donne du pain» du mais» des patates» et ordinaire-^
ment du porc et des choux. En Géorgie et en Floride,
le maître de la maison s'attend généralement à une
rémunération en argent » tandis que dans la Caroline
do Sud une simple offre de ce genre serais considérée
comme une insulte. Le prix ordinaire d'un dîner de
ce genre est de 7^1 sous » et celui du déjeuner et du sou-
per ( ou thé ) de 5o.
Un des traits les plus remarquables de la partie du
pays que nous traversions alors est l'absenee com-
plète de broussailles , ce qui a presque toujeurs lieu
dans les parties où règne le grand pin euatral ; car
nous commencions ici à rencontrer la disposition vé-
gétale qui s'étend sur loute la Floride; je veux parler
des espaces immenses de sables recouverts seulement
d'arbres verts » et aq milieu desquels existent les ham»
mocs que nous avons déjà mentionnés , et qui » par la
fertilité de leur sol» la beauté et la variété de leur vé- '
gétatien , sent de véritables oasis dans le désert Ces
(•47)
espaces fertUea varient singulîèremeat en élendoe »
poisqu'ila ooafrenl depais une fraction d'arpeni jus*
qu'à plasieura lieues carrées. Les bords immôdials des
cours d*eau sont aussi le plus souvent couverts d*une
semblable végétation. Bien que la journée fût très
très cbaudCf nous avions, la nuit, à souffrir du froid ; ce
qui est, du reste « un caractère particulier du climat
de tout le continent de TAmérique du Nord jusqu'au
cap des Florides » et surtout de la partie orientale dq
continent; car, de l'autre c6té du Uisabsipi » ces chan-
gements se font beaucoup moins sentir« Je pense que
le voisinage de la baie d*HudsoD, et surtout dea grands
lacs du Canada, est la cause principale de ce phéno*
mène. Il est cependant à remarquer que la partie
orientale des grands continents est généralement plus
froide que le coté opposé. Le 1 4 • nous atteignîmes
la Flînt*River ( rivière du Silex ) que nous longeâmes
jusqu'au village de Bainbridge ; les bois de pins s'é<-
tendent jusqu'au! bords de la rivière, mais, à quelques
milles dans rinlérieur, les terres sont fertiles et pro-
pres à la culture du coton. Le village n*est formé que
de dix à douse maisons, dont une seule est en briques ;
le nombre des habitants est d'environ eoo, y comprb
les nègres » qui en composent la grande majorité. Ici
je pus me former une idée du caractère des peuples
de cette région eo voyant l'état délabré de la maison
commune , dodot toutes les fettôtres étaient brisées et
les portesdéfonoéea. J'en demandai la cause, et j'appris
que peu de jours auparavant les kabîtsiits s'étant
tous enivrés avaient eommis ces dégâts. La rivière est.
étroite, très sinueuse, avec des bancs élevés et es-
carpés.
Pendant que j'étais dans le village , environ cent
( «48 )
Indiens Chattahoutchis, qui sonlles alliés des bladcs ,
arrivèrent, amenant a?ec eux près de soixante Creeks ou
Huscogis hostiles, qu'ils avaient faits prisonniers dans
les bois y et qu'ils étaient depuis long-temps occupés
à poursuivre. Ces malheureux furent attachés à des
arbres, et leurs capteurs semblaient disposés à les
soumettre à toute la rigueur de la loi indienne , lors-
que quelques habitants influents obtinrent leur^râce
par leur intercession.
Les Chatlaoutchis passèrent la nuit entière à danser»
à boire et à hurler, et au point du jour ils partirent avec
leurs.prisonniers pour leur village , sur la rivière d'A-
palachicola. J'appris par la suite que l'acte d'huma-
nité que je viens de mentionner fut mal récompensé ;
car peu de temps après les prisonniers Creeks parvin-
rent à s'échapper, se réfugièrent dans les forêts et les
marais inaccessibles qui couvrent une partie de cette
région , et n'ont cessé jusqu'à ce jour de sortir de leur
retraite pour porter le feu et la mort au milieu des mal-
heureux habitants blancs, qui sont dispersés à de gran-
des distances (es uns des autres. Les deux tribus d'In*
diens que je viens de mentionner, bien qu'en état
d'hostilité l'une contre l'autre, appartiennent cepen-*
dant à la même nation , ou plutôt à la même confé-
dération, celle des Muscogis, dont les Séminoles ne
sont ausû qu'un démembrement. Ils portent généra-
lement la partie postérieure de la tête rasée avec des
cheveux très longs en avant ; quelques uns ne con-
servent que le simple scalpe ou mèche sur le sommet
de la tète. Leur habillement consiste en uu mouchoir
rouge roulé autour de la tète en forme de turban, en une
sorte de chemise de chasse en peau de daim , ordioai-»
rement bordée et galonnée un peu dans le goût espa-
(«49)
gnol , et en de longues guêtres de cuir. Ils ?ont sans pan-
talon p mais avec un mouchoir roulé entre les jambes» et
qu'ils rattachent par les deux bouts à une ceinture. Aux
pieds» ils ont comme tous les Indiens des mocassins» our
souliers en peau » plus ou moins couverts de perles et
d'ornements. Us se servent du fusil assez adroitement ,
mais bien moins cependant que les blancs de la fron-
tière » chez qui frapper un écureuil ailleurs qu'entre
les deux yeux, est considéré comme une preuve hon-
teuse de maladresse. Ces derniers se servent du rifle
ou longue carabine.
Le i5, à 5 heures du matin, je quittai ce petit éta-
blissement pour suivre ma route vers Tallahassée,
la capitale des Florides. Nous eûmes d'abord à traver-
ser des forêts de pins » au milieu desquels nous vîmes
beaucoup de gros écureuils («&• capistratus) et plusieurs
bandes de dindons sauvages. Ceux-ci sont remarqua-
bles par la beauté de leur plumage , qui est d'un vert
de bronze très éclatant; ils se tiennent ordinairement
en petites familles de quatre à sept individus; ils volent
lourdement , se laissent approcher d'assez prés , puis
s'envolent de nouveau pour se percher à peu de dis-
tance.
Je remarquai aussi combien, en avançant vers le Sud,
les jeunes pins semblaient prendre la forme des pal-
miers y ce qui est surtout remarquable dans les très
jeunes individus du pinus australis. Noos vîmes ensuite
de belles plantations de coton, et dans l'après-midi
nous atteignîmes Quincy , qui est un assez misérable
village, dont les maisons sont très écartées les unes des
autres. En étant reparti le lendemain matin, je par-
vins bientôt à un point de la route d'où je jouis d'un
spectacle délicieux. Du haut d'une colline , je vis tout-
(.5o)
à coup que j'étais panrenu à la limile des arbre» YerISt
el que des forêts d'une apparence tropicale étendaient
partout devant mes yeui leur majeetueux feuillage ; le
colossal magnoUer semblait étaler avec orgueil ses
feuilles » semblables à d'immenses spatules. Le quenms
viretu ou chêne vert se faisait remarquer dans le voisi*
nage, et plusieurs espèces de la famille des palmiers
ne contribuaient pas peu A l'éclat de la végétation.
Noua passâmes la rivière d'Oclockoné et la Little*River,
dont les bords sont ravissants; puis retrouvant les
bois de pins , nous atteignîmes le soir Tallahassée , le
but de notre voyage.
L'auberge dans laquelle je descendis , et qui passait
pour la meilleure des deux qui seules existaient dans
la ville» n'avait cependant rien de remarquble soos le
rapport du luxe y car le déjeuner se composait de café
sans lait , de venaison et de pain de mais ; le dtner,
de porc • de choux et de patates ; et le souper » de thé
sans lait , et de l'éterael pain de mais» Le prin de ces
conforts est de 3 dollars i/s par jour (un peu plus
que 18 fr. ) , et les autres dépenses sont toutes sur le
même pied. Quelquefois pour changer, nous avions an
racoon (ralton ), bouilli ou rôti; mais j'avoue que
cela a joui ait fort peu à mes jouissances.
Tallahasaée. la capitale des Florides, est une petite
ville d'environ i,5oo habitants» située sur des collines»
mais dans une région très malsaine. Il s*y publie
deux journaux ; il y a une banque et plusieurs églises.
Prés de la ville est une petite cascade située dans les
bois, et d'un très joli effet A l'est de cette ville, s'é*
«tendent les terres oGfertei par le gpovernement des
États-Unis au général Lafayetle , et qui contiennent
un joli lac qui porte son nom.
( «Ai )
Le moi de Tallahastée sigoifie en langue indienne
vieui champs. Celle ville fui fondée en 1S2S par le
gouverneur Duval, qui, dans l'intention de diriger Té-
migration des blancs ver0 celle région , quitta Saint-
Augustin , ranciepne capitale , et vint s'établir au
milieu des sauvsges.
Saint-Marc»petite ville sur le golfe du tiexique^sert de
port i Tallahassée ; un fort mauvais chemin de fer s'é-^
tend de Tune à l'aulret Je fis de nombreuses excur-
sions dans les environs ; l'une d'entre elles me con-^
duisit à Uonticello près du lac lliLaaouki » et célèbre
par le caractère querelleur de ses habitants et le
grand nombre d'assassinats qui y ont lieu chaque
année.
Le 95 février, je quittai Tallahassée vers le soir.
Toutes les rivières étaient débordées, et plusieurs nous
opposèrent des difficultés assez sérieuses. Le lendemain,
à 6 heures du matin » nous atteignîmes Quincy. Je
m'empressai d'aller voir M. Chapmann, jeune méde*
cin qui s'occupe de l'étude des sciences naturelles ;
son accueil fut des plus fraternels. 11 venait de décou-
vrir dans les bois des environs un bel arbre forestier,
non encore décrit , et en avait envoyé les détaiU au
D' Toney. A 8 heures» je repartis dans une détesta-
ble diligence pour Mont-VernoD. Nous traversâmes
comme de coutume d'immenses forêts de pins , entre-
mêlés d'hammoca» Nous vîmes plusieurs groupes
d'enfants à cheval allant à l'école ; les plantations sont
souvent, dans ces régions, situées à de grandes dis-
tances les unes des autres, et les écoles étant placées
au milieu des bois, les enfants onl quelquefois h parcou-
rir plusieurs lieues pour s'y rendre. Avant d'arriver a
Blont-Vemon, nous vîmes l'arsenal. Je visitai ensuite
les villes d* Apalachicola et de Saint-Joseph; mais ayant
déjà décrit dans mon travail sur la Floride tonte cette
région, je dirai seulement ici que , de retour à Mont-
Vernon le 1 5 mars, j'en repartis le lendemain en bateau
à vapeur pour retourner à New York en remontant la
rivière d'ApalachicoIa. Nous atteignîmes bientôt le
lieu où celle-ci reçoit le Flint-River, et prend dès
lors le nom de rivière de Ghatahoutchie. A sa milles
plus haut» nous passâmes la limite de la Floride » el
nous eûmes alors à noire gauche l'État de l'Alabama .
et à notre droite celui de Géorgie. Dans l'après-midi ,
il y eutbeaucoup de brouillard» et le bateau donna deux
fois contre ces immenses souches d'arbres qui rendent
si dangereuse la navigation desgrands Qeuves d'Améri-
que. Le 1 7 au matin , je trouvai les rives très élevées des
deux côtés » et vers les 9 heures , nous atteignîmes le
fort Gaines » construit pendant la guerre indienne » el
aujourd'hui métamorphosé en un village assez consi-
dérable ; il est situé sur la rive géorgienne. A côté est
une jolie cascade sur laquelle on a construit un mou-
lin ; plus loin une autre cascade , puis le magasin de
la ville : le tout est construit sur un monticule (bluff)
de iSo pieds au-dessus de la rivière, et devant, on
voit un banc d'un sable très blanc ; en face , du côté
de l'Alabama » est Franklin , petit village d'une cen-
taine d'habitants. Au-dessus , la rivière est encaissée
dans des baocs calcaires très élevés , recouverts de
bonnes terres, et couronnés d'une belle végétation;
elle est partout tortueuse, mais très profonde, et les
bateaux à vapeur se tiennent sans, danger à 8 ou 10
pieds de la rive.
Plus nous remontions vers le nord . et moins nous
voyions de parasites ( tillandsia ) sur les branches des
( >&3 )
arbres; ce qui» selon les. habitants du pays, est un
signe certain que nous gagnions des régions moins in-
salubres. Plusieurs fois nous passâmes devant de jolies
cascades , dont l'une particulièrement , bien qu'elle ne
tombât que d'une douzaine de pieds, était remarquable
par sa laideur. Du côté de l'Alabama, la rive a près
de i5o pieds de haut, et est tellement coupée à pic ,
que l'on ne peut en descendre qu'au moyen d'échelles.
Dans quelques endroits on a établi des dépôts de bois
pour les bateaux à vapeur, et l'on jette les bûches du
haut des collines. La végétation perdait à chaque in-
stant de son apparence tropicale, et en tout me parais*
sait bien moins belle que celle de la Floride.
Au pied d'un escarpement, nous vîmes le corps d'un
daim qui s'était tué en. tombant du haut de la falaise ,
et de nombreux vautours s'en partageaient les restes.
Nous restâmes une heure è Irwington en Alabama»
. village situé sur une colline d'environ 200 pieds. On
aborde à quelque distance au*dessus sur un banc de
sable; le nombre des habitants est d'environ i,aoo.
Nous passâmes ensuite au milieu d'immenses forêts de
cannes ou de joncs que l'on nomme dans le pays cane-
brakes; du côté de l'Alabama, nous vîmes les chutes
de la Cowadgee-Creek. Vers le soir, nous nous arrê-
tâmes à Roanoke en Géorgie : c'est un village au-
jourd'hui abandonné, mais qui était considérable il
y a peu d'années. Pendant la guerre des Greeks , les
Indiens s'en emparèrent, massacrèrent tous les Irabi-
tanls qu'ils purent saisir, et en se retirant y mirent le
feu. A bord était un homme qui s'y trouvait pendant
celte affreuse nuit; autour de lui, il avait vu tomber
son père, sa femme et ses dix enfants; enfin , affaibli
pnr plusieurs blessures, il résolut d'en finir avec la
( s56 )
de pleuvoir ; et il faisait tellement froid » que le cocher
arrêta la voiture vers les deux heures du matin, et
me déclara qu'il lui était impossible de continuer.
Comme ^'étais moi-même en proie à de vives souffran-
ces, je descendis de voiture; nous flmes un grand feu ,
et malgré une pluie battante » nous passâmes le reste
de la nuit couchés à la belle étoile.
Je n*avais pas à ma disposition de thermomètre ;
mais bien qu'il est probable qu*il ne gelait pas » jamais
je n'ai autant souffert du froid ; la grande chaleur de la
journée, et les extrêmes variations qu'éprouve dans
ces régions la température dans l'espace de quelques
heures, motivèrent l'impression que je ressentis alors
si vivement.
Je me réveillai au point du jour , et je fus très surpris
de voir auprès de moi deux nègres tenant des couteaux
à la main ; je tirai mon poignard, et m'élançai sur eux ;
ils s'enfuirent en paraissant plus épouvantés que je ne
l'avais été moi-même. Le cocher avait été voir ses
chevaux, et pendant ce temps deux nègres, proba-
blement marrons , s'étaient approchés du feu pour se
réchauffer, et avaient tiré leurs couteaux, soit pour
couper du bois, soit pour m'assassiner.
Nous repartîmes à 5 heures du matin, et traversâmes
successivement le Sandy>Greek, la North-White-Water-
Creeky la Patscliga, qui sont tous des branches de la
Flint; puis enfin, nous passâmes cette dernière elle-
même dans un bac, el à lo heures nous arrivâmes à
Rnox-ville, qui est un pauvre petit village. Nous parcou-
rûmes ensuite d'immenses forêts d'arbres verts, dont le
sol était d'une argile jaune ; puis nous passâmes l'Ech-
conna et le Tobaxantkée, qui sont des branches de
( «57)
rOcmulgée , et à 3 heures nous arrivâmes à Maçon ,
jolie ville de 3 à 4>ooo âmes qui fait un commerce
considérable, ainsi qu'on peut en juger par ses im-
menses magasins; elle est sur TOcmulgée , que l'on
passe sur un pont couvert A 1 1 heures du soir, nous
arrivâmes à Hilledg, ville qui «stâ 3o milles de Maçon.
Je me sentais affreusement fatigué, et j'y restai deux
jours. •
La ville a enwon i ,5oo habitants. La Stale-House
(maison de ville) est un assez beau bâtiment imitant
le style gothique. Les maisons sont généralement jo-
lies. Le sol est formé d'argile rouge. La ville est à
un mille de l'Oconée , qui est l'un des bras de la ri-
vière d'Alalamaha. Le typhus y faisait en ce moment
de grands ravages , et le climat passe pour assez mal*
sain. Le pays» aux environs, est très rocailleux, et au
milieu même de la ville , l'on voit d'énormes roches.
La pluie tomba sans dbcontinuer pendant tout le temps
que j*y restaL
Le 93, je partis à uneheure d u matin dans une sorle
de diligence dans laquelle se trouvaient deux autres pcr*
sonnes. La route était affreuse ; et bien que Sparte ne
fût qu'à i8 milles.nous n'y arrivâmes que le lendemain à
une heure du matin : c'est un misérable village de 8oo
habitants. J'y pris une tasse de café que l'on me fil
payer un dollar ( 5 fr. 3o c. ). Le pays est très mon-
tueux, et le sol de couleur rouge; les arbres sont des
pins à courtes feuilles. Nous passâmes devant d'im-
menses blocs erratiques qui ont dû être amenés du
nord , puis nous traversâmes en bac la rivière d'Oge-
chée; nous vîmes beaucoup de cailloux de quartz
blanc , qui , dans quelques endroits , sont tellement
nombreux , que des espaces considérables de terres
XVIII. OCTOBBB. 2. I7
( «58 )
sont entièi emeni perdus pour ragriculiure. A midi ,
nous alleignlines Warrengton» asset pauvre petite
ville, et le lendemaiq s4, je pria le chemin de fer
d'Augusta, eije parlisâ midiel demi. Nous traversâmes
un joli pays très inégal et montueux: tantôt nous pas*
sions dans des vallées, tantôt sur des chaussées éle-
vées au-dessMs de la lèle des pins*. Le sol est partout
argileux et rouge. Au-dessous l'on voit des couche»
stratifiées quarizeuaes et à couleurs tr^s variées. Nous
Taisions 95 milles à l'heure ; nous arrivâmes à 3 heures
à Augusla. De^ oipi^ihua attendaient au dép6t pour con-
duire les voyageurs dans les hôtels.
Le s4 » j'allai me promener sur la rivière de Savan-
nah , et fis un dessin du magnifique pont qui lie
Augucta à Hambourg, ou plutôt la Géorgie à la Caro-
line du Sud; et le lendemain je repartis pour Char-
leston. Cette malheureuse ville avait été visitée par un
affreux fléau ! l'incendie venait d'en détruire une
grande portion , et tout était dans la consternation.
Je revins h New-York par mer, et j'eus occasion de
faire quelques observations sur le phénomène si im-
portant appelé gof/o stream^ ou courant du golfe, qui
se forme vers le sud , fait le tour du golfe du Mexique,
en ressort en doublant le cap des Plorides, se prolonge
vers le nord de la côte de l'Amérique en rasant le cap
Hatteras, s'étend au sud de Terre-Neuve; puis, sui-
vant l'opinion généralement reçue, se dirige vers la
côte d'Afrique. Cependant je crois qu'une portion au
moins de ces eaux doit s'échapper vers le nord ; car le
canot de sauvetage du paquebot la FUte de Lyon , qui
fut emporté par une lame dans la traversée d'Améri-
que , fut retrouvé sur hi côte d'Irlande.
( «59)
Ce courant est remarquable par la température éle-
vée de ses eaux , 61 les tempêtes presque continuelles
qaî les agitent. A sa sortie du golfe du Mexique, sa ra-
pidité est de près de 5 milles à l'heure , de i mille 5/4
au cap Hatterasy et de i au sud du bahc de Terre-
Neuve.
Noos arrivâmes à New-York après une très rapide
navigation de trois jours et demi.
Notice sut r Europe antique; chapitre extrait d'un ou-
vrage inédit de M. Darttby, ayant pour litre : Re-
cherches sut Vorigine des pei^les du nord et de Voc^
cident de P Europe.
( Ce chapitie a élé la à la SocUlë de çéo^jrapkîe dans sa Avance
du yendredi 16 sqiteinbre 184a. }
Le plan de 1 auteur, qui a déjà publié comme essai
deux chapitres de ses Recherches : le Résumé de This-*
toire de la Linguistique et la monographie des lié-
res, est fort simple. Son travail se divilse eè deuxparties :
l'histoire de la science , qui n'est souvent qu'un long
récit des erreurs de l'humanité , et l'exposé de l'état
actuel de cette science nHe-mème.
Dans le chapitre de V Europe antique , dont il est ici
question , M. Darttey applique les découvertes les plus
récentes de la géologie et de la géographie physique
aux traditions des anciens , qui regardaient l'Europe
comme en tièremen t ou presque eotièremenît environnée
d'eau. La démonstration de ce fait concourra , avec
( s6o )
une foule de preuves développées dans d'autres cfaa'
pllres , à constater que Tespèce aux cheveux blonds ,
aux yeux bleus ^ à la peau blanche et colorée, au
tempérament lymphatique - sanguin » est autocthone
de l'Europe moyenne.
En effet, l'Europe, à une antiquité qui peut être ap»
préciée, n'offrait aux bordes blondes venues de l'Asie ,
s'il en est jamais venu , aucun passage pour aborder
la Germanie , encore noyée sous les eaux. Par consé*
quent , les races blondes dont on retrouve des tra-
ces en Europe dès S,ooo ans avant J. -G. , et qui y ont
encore leur foyer, ne sont point venues d'Asie , commie
Josèphe et Isidore de SéviUe l'ont dît le» premiers»
Forcés constamment, si nous voulons obtenir quel-
ques résultats , à passer du connu à l'tnconna, l'au-
teur • pour arriver à prouver que les confins de l'Eu-
rope décrits par les historiens et les géographes
anciens avaient existé tels qu'ils les retraçaient au
moyen de la tradition , quoique cette forme , ces limi-
tes n'existassent plus au moment où ils écrivaient;
l'auteur, disons-nous, constate l'état présent de cette
partie du monde et ses limites positives , non celles
arbitrairement imposées par la politique , mais ses
i imites normales , telles que la nature elle-même sem-
ble les avoir tracées.
Suit la description de l'Europe antique. L'observa-
teur, placé sur les côtes de la Lybie ( l'Afrique des an-
ciens ) » avait en face de lui la Sicile séparée de
l'antique Ausooie ; à sa gauche» le détroit de Galpé et
d'Abyla , ouvert par Alcide triomphant En r^ard de
ce détroit , avait e xisté l'Ile ou le continent de l'Atlan-
tide, englouti , dit Platon i en un seul jour et en une
nuit fatale. En remontant l'océan Atlantique au nord»
( «6» )
on eôloyail l'Ibérie ; la Gaule et la Germanie , el Ton
entrait dans l'océan Septentrional, mer Jmalchienne ,
ce qui signifie glaciale dans la langue du pays , selon
Hécatée. Lé ^ on rencontrait une île nommée Baïtie
( racine de Baltique ) ou* Scandinavie. La Germanie
était Fermée par un océan scythique ou sarmatique qui
aurait été un prolongement en ligne droite vers Vest ,
de la mer de Germanie » aujourd'hui la Baltique, ce
qui supposait que la Russie septentrionale était ou in-
connue, ou n'était point encore sortie du sein des
ondes;
Un golfe de cet océan Sarmatique rentrait dans les
terres et venait former la mer Caspienne, appelée
aussi mer Hyrcanienne, Cette mer, qui comprenait le
lao Aral actuel, mêlait ses eaux à celles du Pont-
Euxin, qui n'avait point encore d'issue du côté de
Byzance , issue qu*il se créa cependant en séparant
violemment les roches cyanées. On pouvait, en traver-
sant le détroit du golfe Caspien , et entrant dans l'o-
céan Sarmatique, contoorner à droite le continent, et
arriver dansl'lnde^c'est-dire en Asie par mer, de même
qu'en contournant à gauche on revenait au détroit de
Calpé. « L'Asie, dit Pomponius Héla, est baignée de
f trois côtés par l'Océan, qui, changeant de nom suivant
t la différence des lieux, se nomme Oriental à Test, In-
idien an midi, Scythiqueau septentrion. »
Long-temps on avait jugé qu'il était impossible de
traverser les Palus méotides. Ce furent des chasseurs
asiatiques montés sur des chevaux qui les passè-
rent d'abord. < La mer, dit Aristote , sous le nom
«d'Atlantique ou d'Océan, environne l'Europe , sauf
«l'étroit e^ace ou isthme qui sépare la merHyrca-
i nienne dn Pont-Euxin. •
( 26s )
MainteDant^ voici commeot la géographie pt^yaique
confirme ces tradition? de3 anciens.
La direction des courants qui ont jadis heurté et
séparé des terres réunies ^e irouye ipdiquée pa^ la
forme évasée de l'excavation don^ Véti^^anglement ré-
pond toujours» non à l'entrée» mais à la sortie du
cpuranL Ainsi» Tévasement du détroit 4^ M^Si^Qe
vers le sud indique que ce sont \fis eaux venai^t dsk
midi qui ont séparé la Sicile de la péninsule italique»
L'évasement du détroit de Gibraltar démontre ^pAe
c'est rOcéan qui s'est frayé un passage dans la Médi-
terranée» et non la Méditerranée vers l'Océan. Ce fra-
cassement fut sans doute dû à la catastrophe de l'^i-*
lantide.
L'Ibérie, avant l'ouverture du détroit, devait ètre«
par risibme» une dépendance de l'Afrique. U estévi-*
dent qu'à cette époque un. large passage e^^stait ^nire
la chaîne des Pyrénées etcçUe de la &fontagne-N4>irey
là où se trouve aujourd'hui le cans^l du Languedoc.
Le point le plus élevé de ce passage est le bassip de
Nourousse» où se fait le partage des eaux » et qui ne
surpasse que peu 1(9 niveau des deu^ mexsr C'estidana
cette région que aç remarquenjt les^ coursopppses.de
l'Hérault et de la Garonne. Le sol. calcaire de la coih
trée » les landes» immenses dépôts de sabl^» con-
courent à prouver cçl.le issue d^ la Méditerranée*
Les côtes delà Bretagne portent d/es tracee^de submer*
sion. Si l'on remonte ver^ le.Qordpax.l^Miinçbe» oe^
trouve des vestiges de la séparation de l'Ile de Bre-
tagne de la Gaule » et, Top pei^t considérer les.régîeM
riveraines depuis Calais jusqji^ 'au golfe de Finlande,
dans. la Baltique » coipoae un seu^ ^l va^fce mamis» La
mer du Nord couvrait encore plus récen^meol; qu'oo ne
( a65 )
croU, ce qu*on nomme les Pays Bas, TOldenbourg ,
le Hanovre , le Danemark , le liecklenbourg , etc. , et
l'on peut reconnaître aisément la série non interrom-
pue des dones qui bordaient le rivage d'alors. Les lacs
de Ladoga » d'Onega » de Paypas en Rassie , sont lès
plus grands de l'Earope ; ils se touchent presque tous
les uns les aotres, et^ se liant par de petits cours d'eau
de la Baltique h la mer Blanche , dèfnèntrent que ces
mers furent jadis réoBÎes.
La Gaule elle-méitte renferolanft des ûiarais , selon
César ; et Ton peut dire que les marais et les forêts ,
telles que celles des Ardennes et d'Hercynie , se dis«
putaient la Germanie antique.
De la mer Baltique à la mer Noire et à la mer Gas-
pienne, le sol est fort bas. On ne sort pas d'un marais
qu'on, est obligé de couvrir de gros troncs d'arbres ,
pour fermer une sorte de route pontée. A Foccident
de ces plaines noyées , îi y a un amas dé marais dans
laPolésie«à Smolensk, qui forme la séparation des eaux
entre la Baltique et la mer Noire. Il y a entre le Nié-
men et la Duna, d'un côté, et le Dnieper et le Dnies-
ter de l'autre , un point de partage qui n'offre aucune
élévaUon sensible. C'est sur une grande échelle le
même fait que présente le bassiii' de l'Hérault et de la
Garonne*
Que si nous consultons la géologie sur les mêmes
lleuK que nous venons de considérer sous le point de
vue géographique» elle nous rendra raison de cette opi-
nioUy que la péninsule ibérienne était' jadis unie à l'A-
frique, en nous montrant les traces évidentes de la vio-
lenoe qui dut les désunir. Elle nous fait connaître que
dans le bassin de l'Hérault et de la Garonne, on trouve
un mélange de coquilles marines et fluviales , qui in-
( a64)
dique que les eaux des torrents durent se confondra
avec les flots dans les invasions de la mer.
Sur toutes les côtes de la Bretagne, même auprès
de Kennes , au fond . du golfe qui s'avançait dans le
continent que le promontoire de Paris limitait» on trouve
des an>as de coquilles marines* Il y a dans les fonds ,
en Belgique , des os de cétacés ; à Bruxelles , le parc »
point si élevé» renferme des osselets d'étoiles de mer.
Sur le côté nord du bassin du Rhin jusqu'à Bàle dans
les vallées de Veinbeim et de Flacheim , on trouve des
coquilles d'hullres » des glossopètres , et des côtes d'un
grand cétacé.
Il y a plus : le terrain marin s'étend d'un côté dans
la Bavière e^t dans la haute et basse Autriche , la Hon-
grie , les plaines de la Volhynie et de la Podolie. Ce
terrain semble se relier avec les marais scythiques.
Enfin» une foule d'observations géologiques de Pal-
las et d autres savants Inodemes^font penser quels
mer Noire s'est autrefois étendue beaucoup plus vers le
nord et le nord-ouest, jusqu'à avoir eu communica-
tion avec l'océan Septentrional et la mer Caspienne.
Telles sont les preuves qu'apportent la géologie et
la géographie physique à l'opinion des anciens qui
formait de l'Europe une grande presqu'île. A la vé-
rité • les faits produits par la géologie se rattachent
à un ùge bien antérieur à celui indiqué par la géogra-
phie physique. Hais si les flots de la mer h une époque
tellement éloignée qu'on ne peut l'assigner , époque
peut-être antérieure à la présence do l'homme sur la
terre « ont pu baigner les côtes de l'Autriche » de la
Volhynie et de la Podohe » n'est»il pas évident qu'ils
ont pu plus tard côtoyer les lieux mentionnés par les
anciens ?
( s65 )
CoiRESPOifDAiiGB et Mémoire d*un voyageur en Orient ^
/^ar Eugène Boai. — Paria, i84o. a vol. in-S avec
uoe carte.
Le but principal de M. Bore en allant visiter les pay^
de l'Orient était de travailler à y ranimer la lumière
de l'Évangile, et par ce moyen puissant, d'y rappeler
les peuples aux bienfaits d'une civilisation qu'ils ont^
perdue. Ce noble objet n'a pas empêché le voyageur
de s'occuper de la géographie des contrées qu'il a par-
courues. C'est principalement sous ce rapport que
nous examinerons son livre.
M. Bore quitte Paris en iSSj , passe par Vienne » et
s'embarque à Venise pour Gonstantinople. La première
lettre qu'il écrit de celte capitale de l'empire ottoman
est datée du 6 décembre. Le 9 mai de l'année sui-.
vante, il gagne la côte de F Asie- Mineure » et avec sa
petite caravane marche au nord. Le 3 , il était sur les
bords de la mer Noire. Le triste aspect de mâts rompus»
de carènes brisées , et d'autres débris de navires nau-
fragés annonçait que l'épitbète d'inhospitalière peut
encore être appliquée avec raison i cette mer inté-
rieure. A peu de distance de cette scène de désola-
tion , la petite ville de Chilé est gracieusement assise
sur un promontoire dont les flancs offrent des jardins
plantés de vignes. Le côté le plus gai et le mieux aéré
est habité par les Turcs ; ils ont relégué près du port
la centaine de familles grecques échappées à leur
glaive. Ce n'est guère que sur les côtes que l'on trouve
çà et là cfes restes de ces premiers possesseurs du sol ;
( a66 )
ils y vivent opprimés et misérables ; ils ont été exter-
minés systématiquement dans l'intérieur du pays.
En deacendant au port^ on observe la tour qui en
défendait l'entrée du temps des Génois. M. Bore pense
qu'elle occupe l'emplacement du temple de Vénus ,
remarqué par AmmienMarcellin devant Gbilé , et
dont on découvre les ruines au fond des eaux quand
la mer est calme. Une chaloupe conduisit le voyageur
eCses compagnons au promontoire de Galpé; on aborda
près de Taneienne PsylKs; on avait cru distinguer ses
restes; on reconnut que Ton avait été déçu par Taspecl
de couches de rochers qui imitaient parfaite ment Tar-
chitêcture des hommes.
Quand on eut débarqué à Galpé* on chercHa l'an*
cienne ville de ce nom. Trois cabanes en bois occu-
pent remplacement de ce lieu , où Xénophon venant
d'HéracIée attérit avec une partie de sa troupe. Les
collines ne sont plus comme de son temps tapissées de
vignes , donnant un vin délicieux ; les figuiers n'om-
bragent plus la maison des laboureurs , et la source
perpétuellement jaillissante coule inutilement k la
mer. Ge cap , qui protège la baie contre la force des
yents du nord , n'ofTre à son extrémité que les fonda-
tions d'une tour. Ni sa forme ni son élévation ne sont
comparables à celles du rocher de Gibraltar, auquel il
a été faussement assimilé » comme portant l'ancien
nom de Colonnes ^Hercule.
A l'embouchure du Sakariah [Sangarius), chanté par
Homère, et dont la largeur dans cet endroit égale
celle de la Seine à Paris, quelques petits navires
misses chargeaient, en échange des blés de la Grimée,
les bois de construction abattus dans les montagnes ,
et charriés par le Oeuve en longs radeaux. On mar-
( »ft7 )
cl^fiit dan» uq pays qui n'est qu'oo vaste bocage • et tire
sa pnpcipale ressource des troupeaux de fâches et de
brebis pfvrqués dans des étables , construites comme
les chalets de la Suisse. L* année précédente » la peste
ayait epipo^té la moitié de la population humaine.
Ak^é-Tobarchou , ûtué sur le rivage de la mer
^(oire 9 a. de vastes ateliers où se fabriquent les agrès
des vaisseaux de la marine ottomane. Une multitude
d*QUvriers y travaillaient sous la surveillance d*un aga*
IffiB rense^çm^ents que cet officier donna aux voya-
geurs sur Uskoub ». lieu éloigné de six heures die la
côte , les conva^aquireAt que là sa, trouvaient les rui*
nés de Prusiasad Hypium^ appelée auparavanl Cicraa*
On y arriva en traveirsant de vastes solitudes bien boÂn
sées y que les Turcs nomment la mer des Arbres. Les
restes de la ville antique montrent qu'elle devait être
Ufès peuplée.j et que les arts y florissaieni Une visite
exacte et détaillée d'Uskoub est réservée aux voyageurs
futurs qui viendront dans ces cantons peu fréquentés ;
leurs recherches doivent produire des résultats im*
portants.
On appi^oche d'ÉnékU {Uemdea Poniica ou ad Lj*
cwn) par une contrée délicieuse» bien boisée, fertile
et bien cultivé^. Le Lyois se jette dans la mer un peu
au-dessoMs de la ville, après avoir serpenté à travers
une campagijie où le froment, l'avoine et le lin pros-
péraient dajas une terre légèrement remuée et vide
d'engrais. Les ruines d'Érékli méritent l'attention.
Son industrie consiste entièrement dans des tanneries ;
on y prépare d.es maroquins rouges et jaunes. La mer
voisine al^^nde eU; poissons exoellento ç les Turcs » qui
en mangent {ort peu» ne tirent aucun parti des res**
sources de la pèche.
( >68 )
On suivit au sud-est, 6n remontant la vallée du Lvcus,
une ancienne route indiquée par des pavéa épars el
Tégalité du terrain, et on atteignit au point où ce fleuve
n'est plus qu'un fai)3le ruisseau. Ses sources sortent
d'un plateau qui est le point culminant du territoire
d'Héraclée. Une suite de vallées graduellement des-
cendantes et ombragées de forêts aboutit à Tchar-
bembé. Les ruines d'un chftteau éloigné d'une lieue
ont fourni aux habitants d'un village totsin des maté-
riaux pour bâtir leurs maisons; ils n'ont épargné
qu'une tombe , dont la façade, large de 14 pieds, est
tournée vers la citadelle comme pour lui présenter
exprès le nom inscrit dans son épitaphe grecque. Ce
monument était environné de plusieurs autres , dont il
ne subsiste que les fondements. Le château ou fort
était autrefois un poste militaire , et la clef des défilés
menant â Héracléè , à Tium , ou dans l'intérieur de la
Paphlagonie.
M. Bore pense que ces indications sont utiles ponr fixer
dans cet endroit la position de Claudiopolis , que divers
écrivains ont placée plus loin à Bertan. Le nom de
Castromœna que les auteurs ajoutent à celui de Clau-
diopolis 9 conviendrait à ce campement romain. Toute
cette contrée est peu connue des géographes; elle est,
non pas au sud , mats à six lieues au nord de Tchar-
bembé , et ce même village , marqué sur les cartes à
l'ouest du Falios {Billœus) , en est é plus de deux
heures à l'est.
Le Falios est la plus large et la plus rapide des ri-
vières de la Bithynie; on le passa au moyen d'un gros
tronc de pin , creusé comme les pirogues" des sauva-
ges > mais avec moins d'art que chez eux.
Après avoir reconnu la position de Tùmt , dont les
(»69)
environs, quoique très fertiles, sont sipeu et si mal cul-
tivés que les voyageurs y manquèrent de pain, on gagna
Bartan, qui tire son nom de Parthénîus , rivière qui sé-
parait autrefois la Bilbynie de la Papblagonie. Les
Turcs l'appellent Batine ; elle est navigable seulement
de la mer à. Bartan , c'est-à-dire jusqu'à six heures
d,e son embouchure.
Cette petite cité turque » la plus considérable que
l'on eût rencontrée depuis Constantinople , a un air
d'aisance, et surtout de propreté fort rare en Orient ;
elle est l'entrepôt de quelques marchandises qui y sont
apportées de la capitale , où elle envoie en échange
des chanvres» des fruits, et d6s bois de construction.
Amessérab ( AmestAus ) offre des ruines intéressan-
tes. L'inscription d'un temple apprend qu'il avait été
élevé à l'honneur de Septime Sévère par la quatrième
légion gauloise, c Un Français • s'écrie AL Bore , ne
contemple pas sans émotion, aussi loin de sa patrie ,
un s^ne inattendu de la valeur de ses barbares ancé«
très, valeur héréditaire et comme inamissible qu'ils
ont si bien transmise à leurs enfants, »
On gagne par la mer le port de l'ancienne Cjrtore.
Les Turcs appellent Kidros les ruines qui marquent
l'emplacement de cette ville. La bourgade moderne
est à une.lieue de la mer : une ou deux barques à l'ancre
représentaient l'état d'abaissement où est tombé le
commerce de ce lieu. Autrefois les montagnes voi*'
sines étaient couvertes de forêts de beaux arbres » d'où
la marine ottomane tirait les bois de construction du
ses escadres : ces forêts ont été abattues ; on ne les a
pas replantées ; aucune route n'a été ouverte , ce qui
rend inutiles les autres forêts plus éloignées dans l'in*
térieure des terres.
( «70 )
Retournés par terre à Bartaû , \bé voyageurs chemi-^
naient au sud-est vers Gastémom , lorsque s'étant arrê-
tés à Olos , ils furent à leur exlrème surprise salués de
loin en français par un Turc coiffé d*un turban tert,
et qui accourut avec empressement au-devant de la
petite caravane : il s'appelait Osman Ibrahim. Incor-
poré à vingt ans dans les troupes que le gratid sultan
envoyait à Alger» depuis huit ans il y était , quand les
Français s'emparèrent de cette ville. Alors il roulât
quitter T Afrique; mais voyant qu'au lieu de tuer toQs
les musulmans et de saocager les maisons , les Fran-
çais relevaient les murailles, et appelaient dans leurs
rangs tous les soldats algériens qui vouiaieat loyalement
servir la France , il resta , et devint volontaire dans le
corps des Zouaves. Ayant rempli son engagement de
sept ans» il revint à sa maisonnette pou^revoirsonvieui
père. Ce dernier était morl. En montrant son tom-
beau , Osman Ibréhim essuya ses latmes , puis il re-
prit : « J'étais heureux en Afrique » bte» vêtu , bien
nourri » payé régulièrement; ici je manque de toat,
même de pain quelquefois; mais comment oublier
Olos où j'ai vu le jour? Arrivé depuis quelques mois,
je n'ai pu encore mettre en pratique ce que j'ai appris
sur le labourage et la culture des terres ; mfais à l'an-
tomne » je commencerai, etf'espère qu'on travail plus
indastrieâx améliorera mon sort et celui des miens.
Mes épargnes, je les destine & la dot de ta femme que
je dbis épouser dans deox semaines. Combien je vou-
drais-qu'alors votre présence oomplélftt la joie de la fa-
mille 1 •
Questionné sur sa conduite avec sa feinme,il répon-
dit qu'il n'en aurait qu'une ; qu'il l'aimerait, la respec-
terait; qu'elle serait son amie, sa compagne; enfin,
( «7» )
a?ec lui , la maltredse de la maison , et non une eê
clave, •
Quoiqu'il ne fût âgé que de trente -six ans au plus ,
Osman Ibrahim i malgré sa constitution robuste » por-
tait les traces des fatigues de la guerre. Il avait montré
a?ec on air de satisfaction sa feuille de congé, qu'il
conserrait respectueusement dans un étui de fer-
blanc.
M. Bore obserte avec raison que ce Turc obéissait
à son insu à l'influence de la civilisation transplantée
parles Français sur le sol de TAfrique septentrionale ,
et il pense que notre nalion est visiblement appelée à
y opérer un grand et salutaire changement.
Au-delà d'Olos il fallut cheminer dans le lit d'un
torrent fougueux. De même que dans quelques par-*
lies des Alpes, le sentier que Ton gravit ensuite sur
la penle d'une montagne était pavé de troncs de sa-
pin couché» transversalement» mais tellement usés par
le temps , l'humidité et le fer des chevaux , que des
ouvertures les séparaient les uns des autres, et que,
percés de trous, le moindre faux pas eût été fatal aux
hommes et aux animaux. Enfin, on parvint au village
de Dourodani , suspendu au flanc d'une haute mon-
tagne .
Le lendemain , on remonta pendant cioq heures la
raètae vallée, coupée de bois et de prairies; on fit
halte à un caravansérai , qui est une fondation pieuse
du sultan Mahmoud II dans celte solitude. Bientôt on
fût dans la Paphlagonie , terre sur laquelle les histo-
riens et les géographes anciens nous laissent sans ren-
seignements complets. On se trouvait sur un plateau
très élevé, immense , uniforme, parsemé çà et là de
quelques massifs de pins, balayé par une bise froide;
( «7^ )
il s'étend entre les pics encore neigeux du bord de la
mer Noire au nord, et la chaîne lointaine du Taurus,
qui se déroule parallèlement au sud. A cette hauteur,
les blés sortaient à peine des sillons ^ et l'herbe des
prairies ressemblait à un gazon naissant
On apprit à Kiras que de ce lieu à Rîdros » éloigné
seulement de trois journées , les difficultés du trajet
dans un pays marécageux et fourré rendent les com-
munications rares et très difficiles. Les bois de construc-
tion qui abondent dans les forêts ne peuvent être
transportés à la côte faute de routes , et comme le bey
de Kiras n'en tire aucun revenu • il en allait brûler une
partie pour semer de l'orge^ Ce que les voyageurs lui
disaient à ce sujet de l'état des chemins en France , lui
semblait fabuleux. Il était surtout émerveillé de l'idée
d'un village s'ouvrant lui-même des routes qui don-
nent la vie à son commerce , accroissent la prospérité
publique^ et dédommagent bientôt les habitaats des
sacrifices qu'ils se sont imposés.
Jadis , Castèmouni ( Germanicopolù ) situé au cœur
de la Paphlagonie , était à la fois la cité et la place
forte de la province. Tasch-Kapri a succédé à Pompeio^
polis; les débris de monuments antiques y sont nom-
breux; le canton où est bâti Samsoun présente ub
coup d'œil enchanteur. A l'est du petit fleuve côtier»
qui a là son embouchure dans la mer Noire , s'étend
le Djanik, pays que les Turcs appellent le jardin de
Constantinople, parce qu'il lui envoie en abondance
ses fruits. M. Amédée Jaubert l'a très bien décrit (i).
M. Bore ne le traversa pas; il marcha au sud vers
Ladik, petite ville située au pied d'une montagne
CO Voyage en Arménie et en Perse f p. loo.
( «75 ;
dont la neige biaûcbissàit encore la crèle. Son nom et
les nimes= qiïe Ton y voit annoncent qoe l'on est là
sur remplacement d'une Laodioaea , dont il parait que
les géographes modernes ne se sont pas oc<»pés de dé-
terminer le surnom qui la distinguait d'avec ses nom-
breux homonymes en Asîe<-llineure»
> Après trois heures de marche dans la montagne »
M. Bore entre sur le territoire d'Amasiéh ( Amcuia ) ,
patrie de Strabon« Ce grand géographe a tracé un ta-
bleau fidèle de sa ville natale* que la nature et l'aït
ont, dit-il à fortifiée >merveilieusemen t. Ije temps n*a
changé ni la forme ni l'aspect des montagnes» et la
main de l'homme a été impuissante d détruire plu •
sieurs restes de ses antiques monuments» tels que ses
cavernes sépulcrales, ws deux ports et sa citadelle
colossale.
Le ai juin , M. Bore partit à la recherche de l'an-
cienne MagnopoUs, dont îl est surpris que la position
ait embarrassé les géographes, puisque. Strabon l'a îa-
diquée avec une pi^écision extrême. Notre voyageur la
découvrit dans le voisinage de plusieurs villages tares
et daxÀ oBé plaine incuito que l'Iris arrose. de ses eaux
qui ne sont, plus contenue^ par des digues* Le nom de
Mni cAtfA^r-ifca^wi (Forteresse de la vtUe neuve) traduit
ie nom de la ville vnâstaurée et agrandie par Pompée*
Quant à la forteresse, ses constructions sont byxaptt;
nés et turquesb'Le temps n'a èpargmé ni l'ouvrage, ni
les inscriptions dfes.Rpmains. L'emplacc^ment de c^tte
oôie , îeté. au hasard Btm les cartes , n'est qu'à douze
Ueaâs d'Amasîéh.
|j[n peu au-delà de Bnnbama, petit,viUage; les voyar
goorsffut^entarvètésipar.k renoocitre de pierrciai souIt
ptées d'un travail modeniie» l^e village a pour noa^
XVIII. OCTOBRE. 3. 18
( *74)
Ladik , de noièaie que la petite' ville qui aifài élé la
dernière station avant Axnaûâi» Cette cblndd^çe de
nome dans dea lieux aussi rapprochés l'un de Tautre
est remarquable.
De là jusqu'à Eslin» autre village, la route se pro»
longe par-dessus la cAle dWe montagne couverte de
forêts. Elle est la limite des paya boisas . quand on
se dirige vers le centre de l'Arie occidentale. Le voya*
geur doit ensuite s'avancer à plus de deux cents
lieues , c'est-à-dire jusqu'au revers des moatl^ea do
Curdîetan, pour retrouver le silence et la fraîcheur dae
bois.
Au village de Ziveret , on voU le UMsabeau de saiol
Jean ChrysostAme. Plus loin , des fragitientade.pieffres
sculptées, qui rappellent le beau tempft de Tari gcec«
indiquent la position de Comana ^ qu'il ne faut pas
confondre avec la ville du même ûom située en Cap-
padeoe. Les collines environnantes, où l'on recueiUaU
autrefois un vin renommé» sont nues et arides* Ce n'eat
«[u'aux portes de Tokat que l'œil est ré)oui par le retotir
de la fertilité et de labondaoce. Cette ville a été visitée
par un grand nombre de voyageurs eoropéena. La vue
desainée par Aubriet, dans le livre de Tdumefort, èet»
suivant le témoignage de ceux qui sont allés à Tokal»
bien plus exacte que celle qui se trouve dans l'onvrage
de Rer Porter.
En sortant de cette cité , doqt le commeipe à singu*
liérement diminué de nos jours » 11. Bore se érigea an
sud en gravissant une haute ooHine. Q«and il-fu| àaoo
sommet, il aperçut une contrée complètement diffft*
rente dû Pont et de la Paphtagonie t elle a un aepect
rude et sauvage. Leb rangs* dab montagnes sontconmie
déiiordonnés { ils courent et s'entrediôqaent dans
( a?^ )
toutes les directionr;^eurs sommets dépouillés sont
ou des rocs bizarrement fendus ou des terres brûlées
par le soleil et lavées par la fonte 'des neiges; les val-
lons sont étroits comme des ravins peu cultivés , mais
rafraîchis par des eaux limpides et murmurantes. Oa
est dans le voisinage de l'Arménie. Le voyageur n*y
U*ouve plus la même sécurité que dans les provinces
où il vient de passer ; il doit être circonspect et dé*.
fiante veiller sur ses bagages le jour et la nuit. Autre-
fois des tribus nomades de Turcomans et de Gurdes
poussaient leurs incursions en été jusque dans ee can-
ton ; aujourd'hui des corps de troupes placés dans le.
Diarbékiret sur les frontières du Curdistan, où l'on
voit encore des traces de leurs campements « s'oppo-
sent aux invasions de ces brigands; mais on est ex-
posé à d'autres rencontres plus redoutables : ce sont
celles de cavaliers qui , sans être accompagnés de leurs,
feqimes ni de leurs troupes, courent le pays en cher-^
chant aventure.
Le 2 1 juillet , M. Bore était à Sivas ( Sébaste) , où le
commerce et l'industrie sont complètement nuls.
Cette ville a perdu son importance politique depuis
que le pacha réside à Karpousch.
En se dirigeant au nord-est, on reconnaît» après
avoir parcouru une lieue depuis Sivas» que là finit la
Cappadoce, et qu'une nouvelle contrée commence :
c'est la petite Arménie, qui» de ce côté, est comprise
entre le RizU-Irmak et TEuphrate* Des villages entiers
sont arméniens sans qu'il s'y trouve de Turcs. Le sol«
nu comme celui du désert» est coupé par des chaînes
de collines ou de hautes ipontagnes blanchies par les
neiges qui se croisent dans toutes les directions» pré-
sentant sur leurs 'flancs d'exellenls pâturages où s'en^
( >/ïi)
graissent ces beaux troapeaux.de moutons qui serrent
à Tapprovisionnement tie €onstantinople , et font la
principale richesse du pays. A 4eurs pieds s'étendent
des vallées qui sont plutôt des plaines, et où le froment,
Torge et le seigle croissent avec une abondance égale»
mais à des époques bien différentes , selon que le ter-
rain est plus ou moins élevé. De toutes parts a^échap-
pent du sein des rochers et des entrailles de la terre
des sources d'une eàu si fraîche et si limpide , et d'un
goût si délicieqx , que véritablement elle fait perdre le
souvenir et le regret des boissons européennes. Un
grand tiombre de sources thermales de toutes les tem-
pératures et de toutes les qualités révèlent un autre
genre de richesses que la terre recèle , et garde inuti-
lement enfouies à cause de l'ignorance ou de l'apathie
de ceux qui la possèdent L'année se divise en deux
saisons, et l'hiver dure huit mois. L'aspect du pays» où
nul ombrage ne repose la vue , inspire la tristesse ; et
Ton n'est pas tenté d'envier le sort des habitants, dont
les maisons sous terre se confondent de loin avec les
aspérités d^un sol complètement nu.
A six lieues de Sivas , celte perspective déplaisante
change brusquement. Les montagnes ' qui partent
comme autant de rameaux du tronc gigantesque du
QuouzéDagh, sont ombragées de pins et de hêtres, et
forment comme une oasis de deux lieues jusqu'au vil-
lage deKurdatchi, près duquel coule un large torrent/
que M. Bore reconnut pour la source de l'Iri^; qui ar-
rose Comana , Tokat et Amasiéh. Il descend des som-
mets tteigeux dû Quouzé-Dagh.
Iléîbesché, où M. Bore coucha ce jour-là sous sa
tente, h une altitude de 5,5s5 pieds» est une espèce
de iaîla bu d'habitation d'été qui offrait l'étrange as-
( ?77 )
semblage de ÇurdeB et de Grecs vivant en bonne in-
telligence.
Impatient de trouver les so^irces du Lycus que Stra-
bon fait venir de TArméniQ occidentale , sans ajouter
d'autre renseignement, et les ruines de Nicopolis, ville
bâtie par Pompée à 6 milles de cette rivière, M. Bore
n'y parvint qu'après beaucoup de recherches et de fati-*
gués. Enfin, le lo juillet , il fut arrêté au pied d'énor-
mes montagnes par un cours d'eau considérable qui •
selon l'indication de ses guides ^. descendait droit à
Nikissar {Neo-C€esarea).K\ov% noire voyageur se souvint
que cette rivière était la même qu'il avait vue se mêler
à l'Iris près des ruines de Magnopalis^ et que par con-
séquent elle devait être le Lycus. M devenait donc
évident qu'au lieu d'avoir perdu la route de I^icopolis^
il s'en rapprochait au contraire , d'après la Notice de
Hiéroclès. Il poursuivit donc son chemin en longeant
cette chaîne, qui sans doute formait autrefois le rempart
de la contrée connue anciennement sous le nom de
Paryadres , et que les Turcs désignent vaguement au-
jourd'hui sous celui de Djanik» en comprenant sous la
même désignation toutes les autres montagnes qui
coupent le Pont, et vont aboutir à la plaine de The^
miscyre.
Dès le lendemain, M. Bore était au village de Pirec ,
qu'on lui avait désigné comme renfermant quelques
antiquités. Les Arméniens qui l'habitent exclusivement
l'accueillirent avec une curiosité mêlée d'intérêt en
l'entendant parler leur langue, et lui direât que ce lieu
avait été une ville considérable. Il s'en convainquit en
parcourant l'empUcement qu'elle occupait; il lit le
tour des remparts, qui ne sont plus que des monceaux
de pierres écronlées» où apparaissent, parinlervalles.
( ^78 )
des vestiges de toars. Ses guides lui indiquèrent dans
la maison du chef du village une pierre écrite en ca-
ractères inconnus. Il y courut, et réussit à déchiffrer
un fragment d*inscription où il lut distinctement le
nom de NicopoUs. Après quatre jours de marche de
plus dans la même direction » il reconnut le point de la
naissance du Lycus.
Le grand chemin de Constantinople à Eneroum
par Rara-Hîssar et Mamakhatour était resté à environ
douxe lieues plus au nord à la gauche cle M. Bore.
C'est celui que les voyageurs avaient suivi ordinaire»
ment, parce qu'auparavant il n'y avait pas de sûreté à
pénétrer dans l'intérieur du pays, et que les Curdes fai-
saient continuellement des incursions dans les villages;
mais depuis que Hafiz-Pacha commande dans le Diar*
békir, on jouit de la tranquillité.
Toutefois, les Curdes ne sont pas entièrement sou-
mis comme l'annoncent les bulletins officiels de la Porte
Ottomane. Il faut, ainsi que l'observe M. Bore, distin-
guer les bandes de malfaiteurs connus sous ce nom ,
qui , quelques années auparavant , parcouraient avec
impunité toutes les parties méridionales de l'Asie tur-
que, d'avec ces autres tribus ayant une constitution
semblable à celle des anciens clans d'Ecosse , et ton-
jours en élat derévofte flagrante contre la Porte , doni
elles ont constamment repoussé les visîrs avec leurs
armées.
Erzingham , ville du pachalik d'Erzeroum , et la plus
importante après celle-ci, est souvent mentionnée par
les anciens auteurs arméniens sous les noms iïEriza
el d*Èrez. M. Bore, qui se trouvait là près des solitudes
qui attirent les pèlerins d'Arménie, partit avec ses
compognons pour les visiter. Le so juillet, il atteignit le
If
^ «79 )
lit i^ierreox et desséché du Kaîl ( Loup ) qui court du
Dord-oaest au sud fers TEuphrale) et dont les sources
avoisinent celles de l'autre Lycus ( Loup ) qui court
dans une direction opposée. A quelque distance sur la
riire méridionale du Kaîl» s'élèvent des ruines de cha-
pelles, que l'on croit bâties sur remplacement de
Tiln, lieu choisi pour la sépulture de quelques pa-
triarches successeurs de saint Grégoire riiluminateur,
apâtre de L'Arménie. M. Bore pense que Tiln était un
peu plus éloigné vers l'ouest
On marcha de ce côté , et on descendit dans un val-
Ion resserré où il n'existait pas de traces du moindre
sentier. Il fallut mettre pied à terre » et au bout d'une
heure, on atteignit un plateau d'où l'œil embrassait
la vallée ovale d'Erzingham. L'Euphrale se dérobait à
travers les dbiamps couverts de moissons jaunissantes.
Tous les sommets des monts de la Haute-Arménie
dressaient au nord leurs tètes blanches, brunes ou
rougeàtres comme celle d'un volcan. Enfin, derrière les
voyageurs s'élevaient en amphithéâtre les gradins ver*
doyants du Sèbouh, dont la cime était couverte de
neigç.
On continua de monter vers l'ouest par une large es*
planade d*où l'on découvrît dans les vallées voisines
plusieurs tentes noires des Curdes. Quelques uns de
ces nomades , effrayés de l'approche des étrangers ,
chassaient devant eux vers leur) camp une troupe d'é-
talons et de génisses.
On descendit ensuite par une vallée plantée de pins
chétifs , et après avoir franchi plusieurs inégalités de
terrain • on pénétra dans les profondeurs d'un vallon
solitaire où s'élevait le monastère d'Avak-Vank » en-
touré d'un bosquet de mûriers • de saules et de bou-
( «8o)
leaux. Des sources jaillissantes de tous les cAlés entre<-
tenaient dans sa fraîcheur le champ de blé tardif qm
servait d'avenue au couYcnt.
Tout ce que M. Bore y observait réveillait plùtfttdes
idées d'exploitation rurale que de science monasti-
que. Il avait quitté la route de Torlan ; il la reprit par
un défilé sombre, où Ton aurait pu craindre une em-
buscade de Curdes. Les habitants d'un petit village
que Ton traversa s'étaient enfuis à la vue des voya*
geurs ; un peu plus loin , des hommes et des femmes
moissonnaient un champ de blé, et on ne larda pas à
rencontrer des maisons de Curdes et d'Arméniens li-
vrés à la culture agricole. Enfin, on s*engageadans des
ravins , et l'on entra dans Tortan , lieu célèbre chez les
Arméniens par son église où reposent les corps de
saint Grégoire l'Illuminateur, et ceux de plusieurs per-
sonnages éminents par leur sainteté et par leur rang.
Une visite au couvent deLousavoritch, que les moines
avaientabandonné la veille pour échapper aux vexations
sans cesse croissantes des Curdes , mit les voyageurs
en rapport direct avec un bcy de ces nomades. Il se
montra très courtois envers les Francs, dont il vanta
la bravoure et l'industrie, c Nous ne sommes pas vos
f ennemis, ajouta-l-il , et vous verres combien est gé-
• néreuse rbospilalité des Curdes envers des hôtes
È qu'ils estiment. »
Le temps et le plan de l'itinéraire des voyageurs ne
leur permirent pas d'accepter cette aimable invitation ;
et M. Bore remarque que la parole d*un Cùfde n*est
pas sûre , car l'amour de Targent éteint en lui tout
sentiment d'honneur. On passa ensuite le long du Se-
buuh, qu'un Arménien montre avec orgueil, comme
( «8i )
le véritable Masis ou Ararat sm lequel s'arrèh^ l'arche
de Noé.
Les voyageurs , revenus à Erzingham » coniinuèrenl
leur roule vers Erzeicoum» qui maintienUoarai^; parmi
les villes les plus importantes de l'empire ottoman. Ar-
rivés le 8 septembre aux (ronlières de Russie » ils firent
vingt jours de quarantaine dans le lazaret d'Alexaa-
dropoU ville qui. a reçu son nom de l'empereur Nicolas
lui-même, lorsqu'il vint visiter cette partie orientiile de
son empire. Cette ville est la même . que Gumru •
situé sur les confins de la Géorgie. On y construit une
forteresse énorme , qui semble aussi bien destinée à
contenir dans l'obéissance le pays vaincu » qu'à se dé-
fendre des invasions des Turcs.
Le i4 septembre, M. Bore partit avec une caravane
d'Erivan » et se dirigea au sud-est, afin de gagner Ëche*
mia^in en tournant l'Alagbez, haute montagne qui est
l'Arakadz des Arméniens. Les neiges n'abandonnent
jamais son sommet, et dès la fin d'août, l'atmosphère
de sa vallée septentrionale est froide et brumeuse.
Après deux jours de marche, il atteignit le versant
méridional, au pied duquel s'étendait le paysd'Arka-
dzoden. Il y retrouva les bois de la petite ville de Garpi
et de plusieurs couvents fameux. Un seul , celui de
Mougné, a échappé aux dévastations des guerres. Le
patriarche d'Echemia^in vient y passer les mois d'été*
M. Bore fut gracieusement accueilli de ce chef spirituel
de la nation arménienne, et reçut de lui la faveur
inouïe de visiter la bibliothèque. Les religieux de ce
couvent sont en très petit nombre , comparativement
aux maisons du même genre en Europe. H. Bore en
rencontra deux ou trois réellement versés dans la con*
naissance de la langue et de l'histoire du leur nation.
( s8*^ )
Les autres semblent occupés de tout antre soin que de
celui de la science.
Echemiann , depuis son incorporation à la Russie ,
a perdu son importance et sa grandeur; il ne Ini reste
que Tautorité de son nom , qui chaque jour s*affaîbIiL
Le patriarche ne jouit plus de cette prééminence
réelle qui lui appartenait jadis.
Arrivé à Van , ville de l'empire ottoman , M. Bore
obtint do pacha la faculté d'aller à Agathamar» lie du
lac de Van , où réside le patriarche de l'Arménie mé-
ridionale. Bientôt il côtoya heureusement les bords de
ce lac d'eau salée • et atteignit <en une journée le châ-
teau de Paklévan , qui ressemble à nos anciens ma-
noirs féodaux. On était au 8 octobre, et déjà ThiTer
avait commencé dans ces lieux. La neige blanchissait
le sommet des montagnes toisines, et une bise gla-
ciale la chassait jusqu'aux portes du château.
De toutes les constructions royales dont parlent les
historiens arméniens , il ne reste pins ft Agathamar
que l'église ou plutôt la chapelle , dont l'architecture
médiocre n'a d'autre originalité que de grotesques et
informes bas-reliefs sculptés sur les murs extérieurs •
et représentant l'histoire abrégée de l'Ancien et du
Nouveau Testament.
Au commencement de iHSg, M. Bore était à Taa-
ris; il a séjourné long-temps dans celte ville\le la Perse
occidentale; il y a établi » pour Tinstruction de la jeu-
nesse persane , une école qui a prospéré sous la direc-
tion du gouvernemeut de la province d'Ourmiah. En
août » il alla passer ses deux mois de vacances à Rhos*
ro\a , village catholique chaldéen sur la frontière du
Gurdistan, à trois lieues de Tauris. M. Bore avait
laissé à son école un substitut persan assez habile pour
( «85 )
être le moniteur des autres élèves. Il avait dessein de
fonder une autre école à Kosrovo , ainsi qu'au pays
d'Ourmiah parmi les Nestnriens» où il pense qu'elle
serait très nécessaire.
Il apprit à Khosrova que le roi de Perse lui envoyait
un nouvel acte d'approbation de son école , et désirait
qu'il prolongeât son séjour à Tauris. Ces circonstances
le forcèrent de renoncer i un plan qu'il avait formé
d'accompagner l'évèque . devenu patriarche , dans la
visite de son diocèse , qui s'étend jusqu'à Bagdad , et
dans le Diarbékir.
En automne» il fonda une école à Ardescher » village
de la vallée d'Ourmiah; il y était autorisé par Mélik-
Hansour-Mirzah , oncle du roi et tenancier du fief. L'é-
dit prononçait des peines contre quiconque s'oppose-
rait h son exécution.
Vers la fin de i85g, M. Bore fut réjoui par l'arrivée
de M. Tezier et de deux autres voyageurs français. Le
as janvier i84o, l'ambassade française » à la tète de la-
quelle était M. le comte de $ercey, fit son entrée solen-
nelle dans Tauris, au bruit d'une salve de canons qui
étaient restés sur leurs affûts depuis la mort d'Abbas-
Mirza , père du roi.
M. Bore partit de Tauris avec l'ambassade française.
La multitude' des bagages contribua autant que la ri-
gueur de la saison à ralentir la marche; le terme
moyen de la journée était à peu près de six lieues.
Partout, et notamment sur le plateau élevé de la Médie
qui se termine à la chaîne des monts Quaplankou , la
neige était épaisse. On eut h braver un froid vif et pi-
quant , inconnu & cette époque de l'année dans la partie
moyenne de la France.
A Sultanieh , la belle mosquée admirée par Char-
( «84)
din et d'autres voyageurs, offre toujours les. restes
d'une grandeur imposante. A Casbio, ville consldé»
rable, toute la popuJation se porta au-devaDt des
Français avec un enthousiasme remarquable.
Le chah avait quitté Téhéran pour marcher sur Is-
pahan avec une escorte de 3o,qoo soldats. L*ambas*
sade frajQLçaise se dirigea donc vers cette ancienne
capitale du royaume. Les villes que l'on traversait
montraient des ruines de palais, de bazars, de mos-
quées : tel est l'état de toutes les anciennes cités de la
Perse , image trop vive de la décadence de ce pays.
• Sur les deuiL rives du Mazlagan, qui fut passé à gué»
s'élevaient des campements d'Uats, tribus qui tiennent
le milieu entre le Gurde vagabond et le Perse séden-
taire. Leurs femmes, occupées à filer la laine des ta-
pis , ou à façonner les feutres nommés nemedo^ jouis-
sent d'une liberté absolument inconpue dans les ailles.
Elles sortent le visage découvert, et conversent pobli-
ment avec les liommes*
Au mont Ghiden - Gbelmès , remarquable par ses
crevasses et parla multitude de ses mamelons rougeà-
tres et friables , mine inépuisable de sel gemme , où
l'on vient de tous côtés s'approvisionner , la plaine est
rétrécie par une chaîne parallèle de; montagnes décou*
pées bizarrement; elles sont un rameau de l'Alakend
qui Qle vers le Curdistan. Le -sol imprégné do nitre
est stérile, et produit à peine les mousies que brou*
tent les gtizelles.
Le «9 mars , on pénétra dans le défilé où Chardin
et d'autres voyageurs pensent que Darius fut assassiné.
Une montée roide et taillée dans le roc mène &
une vallée que Chàh-\bbas fit fermer par une digue
qui arrêta les eaux des montagnes ; elles forment un
( '^8^ )
petit lac; dont la vue surprend dans celle région dessé*
cbée. Bientôt l'on aperçoit des cliarnps plantés d'ar«
bres, et couverts de moissons tardives: ce sont les
jardins de Rooroud , village bâti en amphithéâtre, â
l'extrémité de la vallée. Ses maisons à plusieurs étages
Je font ressembler à un village de Suisse ou de Savoie.
Le 5o mars, là température très froide annonçait
que l'hiver régnait encore dans la partie supérieure du
défilé. Les neiges obstruaient le passage. Une suite
de vallons tortueux et incultes conduit an village de
San, où commence le plateau d'Ispahan , très élevé
au-dessus des plaines de-Roum et de Cachan; ce qui
y rend , quoique ^ous une latitude plus m^idionâle
que celle de ces villes, les chaleursde Tété moins éner-
vantes que dans le reste dé la Perse. L'an* sec et vif esi
rafraîchi par une brise continuelle.
Le 1 9 avril , les Français firent leur entrée dans Is-
pahan. Ce fut avec un sentiment d'admiration mêlé
de tristesse. De vastes quartiers de l'intérieur de la ville
sont changés en jardins, et on n'y voit plus s'élever au-
dessus des ruines que le minaret d'une mosquée oo le
portique d'\^n édifice public. Il ne reste plus que
6o,ooo habitants dans une cité dont la population
égalait celle de Paris du temps de Louis XIV. Les
bazars'sont vides; et si Ton ne voyait à l'autre extré-
mité de ce désert la place royale , l'école de Chah*
Hussein, et les avenues de platanes qui céûduisent au
palais des Abbas , on ne pourrait reconnaître ce centre
ibagnifique de la monarchie persane , si bien décrit
par Chardin.
W. Bore pense que si Mohammed-Châh fixait sa rési-
dence'à hpahan, cetlef vill^ reûoiivrcnrait pomptement
sa population et ' sa splendeur. Placée plus au centre
(«86)
da royaume, Taclion da gouvernemenl. aérait plus
prompte et plus régulière; les provinces» régies par des
chefs qui se regardent à peu près comme indépendants,
rentreraient bientôt dans le devoir de robéissance
qu'elles ont presque oublié. D/aillears le climat est plus
salubre à Ispahan qu'à Téhéran, qui manque d*eau, et
n'a qu'une enceinte très circonscrite pour le nombre
de ses habitants.
DjuUa est le séjour le plus agréable que H. Bore ait
rencontré en Perse. Tous les voyageurs ont également
fflit l'éloge de ce faubourg d'Ispabaa. C'est de là qu'est
datée la dernière lettre de M. Bore , le ag avril 1 84o.
Le titre de son livre montre qu'il n'a pas eu dessein
d'écrire une relation de voyage. Nous en avons extrait
oe qui concerne spécia^Iement la géographie , et Ton a
vu que l'auteur a bien mérité de la science par ses re-
ctierches. Il a résolu avec succès df s doutes relatifs à
la position des divers lieux ; il décrit bien l'aspect du
pays , et ne manque pas les occasions de faire connaî-
tre sa température , s^s productions et ses antiquités.
U parle aussi très se^oisément des mœurs des habi-
tants.
Une jolie -carte» extraite de la nouvelle éditiou
( iSSg ) de la carte de f empiré ottoman en la CeuîUes »
par MM, Noël et Vivien, présente la route de M. Bore
depuis ConslaotiDDopie jusqu'à Taorif. L'éditeur re-
grette avec jraison de n'avoir pu la prolonger josqu'i
bpahao. '
M. Bcâré a voyagé cooune chargé d'une mission
scientifique par le ministre de Tlnstruction publique,
et par l'Académie des inscriptions et bellcs^lettres.
Plusieorsdltts mémioires contenus dans l'ouvrage sont
adressés à cette compagnie. On apprend avec peine ,
( «8? )
par de» noies de l'éditeur» que tous ceux qu'il avait
envoyés ne sont pas parvenus; accident fâcheux que
les amis de la science déploreront. Pans sa séance du
99 janvier i84a, l'Académie a reçu de M. Bore une
lettre datée du mois de juin i84i > et contenant des
détails curieux sur la Per^e oocideniale » où il avait fait
des excursions. B--s.
Carte ethnographique de F Europe.
L'ethnographie est une science presque toute neuve
eACore pour nous. Plusieurs savants s'étaient livrés
avec succès aux recherches ethnologiques pour tâcher
de remonter à Torigine des peuples; mais il était en
quelque sorte réservé à notre ;siècle d'exprimer sur des
cartes géographiques les différents âges de la géogra-
phie ethnologique. En Allemagne , M. O'Etzel ; en
France , M. Ober Mûllev* ont publié des cartes ethno-
graphiques de l'Europe. La carte de M. Ober Mûller
formé la première feuille d'un atlas dans lequel l'au-
teur se propose de représenter sur des cartes, à même
échelle» les diverses localités de l'Europe habitées au
jourd'hui par les peuples de même race, de même
origine, de même religion, et parlant la même lan-
gue, ou au moins des langues dérivées de la même
souche. On sait que Adelung, Balbi et d'autres savants
avaient entrepris des recherches de cette nature ; mais
ils n'avaient point oCFert à l'œil de tableau géographi-
que, résumant ou plutôt peignant les localités qui ren-
fermaient chacune de ces races. M. Ober Mûller a lenlé
( «88 )
aujourd'hui de le faire ; et sa carte , que nous ti*ap*
prouvons pas compléteiment, surtout dans son exécu-
tion graphique , offre néanmoins un intérêt puissant
sous le rapport dii classement des* peuples de l'Eu-
rope.
Son travail a pour but d'offrir en quelque sorte
le résumé actuel des n^igrations des peuples ; et des
diverses révolutions qui ont amené tant de change-
ments dans la nationalité.
Il à cherché à faire, voir au . linguiste quels sont
les points de contact et de fusion des peuples en
nuançant et fondant suivant les couleurs les diver-
ses affinités de chaque nation. Sa carte , qui com-
prend les pays de l'Europe, de TAsie occidentale
et du nord de l'Afrique , présente toutes les popula-
tions de race blanche avec leurs divers degrés de tran-
sition jusqu'aux limites des Mongols, des Malais et des
nègres dans leur état actuel.
La difficulté consistait surtout & établir la limite des
régions occupées par chaque peuple , par chaque tribu
et chaque. c/a/i ou ^o(v. G^e^t ce que M. Ober Huiler
4
s'est efforcé de faire par des teintes plus ou moins
fortes , plus ou moins mélangées ; mais ces teintes
nombreuses, et variées à l'infini» nous paraissent
nuire parfois à la clarté de son travail.
Il a voulu faire voir l'influence que le sol a pu
exercer sur les institutions et les destinées des peuples ;
mais nous, trouvons que la grayure qui devait faire
ressortir cette influence ne se prête pas assez â . ces
indications. M. Ober Mûller pense que les centres
de populations se trouvent toujours d'ans les con-
trées où la plus grande masse de terres fertiles ont été
déposées, et où le climat est le plus doux et le plus
( «89 )
attrayant, c*esl-à«dir6 dans les pays bas , dans les
fonds des vallées » aur les pentes douces des collines ,
le long des rivières, au bord des lacs et de li^mer. Il a
donc regardé les marais, les hautes montagnes, letf
steppes , les landes , comme des solitudes qui devaient
former la limite naturelle des peuples et des races, et
il s'est appliqué à tracer les systèmes de montagnes ,
de steppes et de marais. Mais sa manière d'exprimer
le terrain jusque dans ses plus petits détails sur une
échelle qui ne permet pas toutes ces distinctions , nous
a paru faire également un peu confusion.
M. Ober Mûller pense que les rivières n'ont ja-
mais été an obstacle qui ait séparé deux peuples
d'une même race : c*est, dit-ih l'opinion de 'ses corn*
patriotes les Allemands , opinion qu'il adopte entière-
ment, bien que des écrivains français et d'autres na-
tions aient manifesté un sentiment contraire. Il ne voit
d'exception à sa règle que celle qui se rapporte à des
rivières marécageuses, bordées de vastes et immenses
étangs et lagunes qui interceptent toute communiea-»
tion entre les deux rives. Tel est, dit-il, le bas DAnubé
dans le bassin Bnlgaro-Valaque, etc.
En étudiant avec soin la carte publiée par M. Ober
Ifûller, on distingue avec hii d'abord trois grandes
races européennes, \es Romains^ les Germains et les
SIm^s^ qu'il fait tous descendre de la si»nche indo-
européenne, eu arîque ou sanscrite.
Les Romains, issus comme les Grecs et les Albanais,
delà famille thraeo-pélasgique, ont conservé la pureté
de leur origine dans plusieurs parties de Tltalie, en
Provence , en Languedoc et en Catalogne où leur lan-
gue présente moins d'éléments étrangers que partout
aillears; les pays occupés par ces peuples sont indi-
xviii. ocTOBRK. 4* 19
( î^9o )
qués par une même teinle jaune, tandis que les autres
pays romanisés , tels que la France septentrionale ,
l'Espagne centrale , le Portugal et les Pays Valaques
ont des teintes mixtes « selon les élémenls qui sont
entrés dans la composition des peuples modernes qui
les habitent.
Les Germains sont une race pure, et tous les pays
occupés par des peuples qui ont une connexité plus ou
moins directe avec eux sont teintés de différentes nuan*
ces, ayant pour base le rouge. Ainsi, Ton trouvera
sous le carmin les hauts Allemands, sous Técarlaielea
bas Allemands, sous le vermillon les Frisons. Le rouge
brun indique les Scandinaves; le rouge amarante les
Anglais, etc. Mais en reportant les yeux sur la partie
orientale de TAIlemagne, on voit par le mélange des
teintes rouge et verte que le mélange s*eat opéré aussi
dans les races, surtout entre les Allemands et les
Wendes, peuple slave, qui, pendant les guerres en-
tre les Germains et les Romains , s'était emparé de
cette partie de FAlIemagne , reconquise plus tard par
les Germains.
Les colonies allemandes dans laPrusse orientale, eD
Russie, en Hongrie et dans la Transylvanie sont indi»
quées de manière à être facilement distinguées des
peuples qui les entourent. On retrouve jusqu'aux
Néardes dans les gorges de l'Atlas, et les Gottschéeos,
jieuple germanique au nord de l'Istrie ; ces deux der-
nières races sont peut être les descendants de ces Van*
dates qui saccagèrent Rome après avoir refonde Car^
thage.
' La race slave., représentée par la teinte verte,
comprend les peuples suivants :
(a) Antes : i. Illyriens ou Slaves méridionaux ou
i
( ''9> )
ilaues, en général, divisés en Serbes, Bulgares, Bosnia-
ques i Croates , Morlaqties , Monténégrins et Esclavo-
niens ; ils sont désignés par le verl jaunâU*e.
9. Rosses , qui se divisent en Ruthènes (Russien-
nés ou Rousniacs ) et qui habitent le midi de là Rus-
sie, re5t de l'ancienne Pologne, le midi de la Lithua-
nie et le nord-est de la Hongrie > et dont les Cosacs
font partie. Ils sont la rentable souche de tous les peu-
ples slaves, et pour cette raison ils sont désignés par le
vert pur. Les Russes sont en outre partagés en Moscovites
ou Russes proprement dits, ou Grands-Russes; et,
comme ceux-ci^ sont fortement mêlés de Finnois. On
leur a donné une couleur vert-brun.
(b) Slovènes ou Sclavines (vert bleuâtre] , qui com-
prennent les Polonais (sur les bords de la Vistule et de
la Warlha)el les Czecbo-Slovacs, nations qui toutes les
deux luttent pour conserver leur nationalité, l'une
contre les Russes, l'autre contre les Allemands et les
Magyares.
Enfin , au milieu des Slaves, et protégés par de vas-
tes marais, nous trouvons les Lettons, qui à leur tour
n*ont conservé qu'avec peine leur nationalité contre
les Polonais. Leur langue, sœur germaine du sanscrit
et des langues pélasques , leur a fait donner une cou-
«
leur analogue : c'est la teinte jaunâtre.
Maintenant, si nous nous reportons d'un autre côté,
nous trouvons les extrémités boréales et orientales de
l'Europe, les contrées limitrophes de la Sibérie et les
plaines de la Hongrie habitées par des peuples de la
race finnoise, qu'un appelle maintenant ouralicnne ,
ougrienne (ou tschoude). Tels sont les Magyares ou
Hongrois proprement dits, les Finlandais, les Esthons
les Lapons, et celte foule de peuples placés le long du
( 29« )
Volga et de la chaîne de l'Oural , doot le type s'efface
de plus «D plus» absorbé qu'il eat par l'éléinent niMe.
Leur couleur dislinctÎTe »ur la carie est le brup.
Au midi de ceux-ci s'étendeot les vastes contrées
habitées par les Turcs (couleur lilas), que l'on divise:
1® en Ottomans ou Turcs proprement dits^vifant épars
dans la Turquie d'Europe» mais formant le noyau de la
population de l'Anotolie; a* en Tatars \^ou Tartars)
proprement dits » répandus depuis les hauts plaieaaz
de rOural jusqu'aux montagnes du Caucase et du dî-
«
ban , et depuis les bouches du Danube jusque dans la
Sibérie et la Tartane.
Qqatre nuances de bleu distinguent les Keltes , mol
que l'on écrit et prononce trop souvent, mais à
tort» en français Celtes. Les Keltes comprennent ;
Les Gaèls» divisés en Erses ou Irlandais» et en Caldo*
nacs ou Écossais» qui habitent» les premiers l'Irlande,
les seconds les montagnes de l'Ecosse.
Les Kymres » dont les sous -branches sont les
Gallois daûs la principauté de Galles» et les Br^ons
dans l'ancienne Armorique.
Les Wallons, dont la couleur indique )e mélange des
Kelles» des Romains et des Germains, mélange qui
s'est fait depuis les temps les plus reculés.
Enfin» lesGaulois ou Français proprement dits» dans
la composition desquels sont entrés» outre les Keltes»
les Ibères, les Romains et plusieurs peuples germani-
ques » surtout les Francs , les BourguigAons > les Visi*
golhs dans le centre, les Saxons» les Normands » les
Ripuariens et les Allemands proprement dits, 1q loiig
des frontières et des mers.
Les Celles , d'abord romanisés , se ^ont mêlés aux
Germains. Ce mélange est indiqué par une fusion des
( «95 )
trois couleurs bleue, jaune el rouge ; mais on a tâché de
faire dominer dans les contréesles plus fertiles, le long
des rivières, la couleur du dernier conquérant qui a re-
foulé les vaincus vers les hauteurs et dans les monta-
gnes.
Dans le midi, où lesGoths, quoiqu'ils en aient été les
n^altred pendant plusieurs siècles , n'étaient pas assez
nombreux pbur pro<luire un changement notable sur
la nationalité gallo-romaine , la couleur rouge des Ger-
mains s'éteint pour laisser le dessus au jaune , couleur
qui représente la race romaine; tandis que le bleu ,
couleur keltique» devient très saillant dans le Bugey
et la Bresse , parce que les dialectes de ces provinces
ont conservé un grand nombre de mots kelliques.
Les Basques sont désignés par le vert de gris ( cou-
leur de la race ibérienne ) i un mélange de cette cou-
leur avec le jaune indique que dans la Gascogne ou
Baskogne ( Vascogne ) , la branche romaine a été gref-
fée sur une tige ibérienne*
En Espagne, il existe des rapports analogues; maià
l'élément arabe y devient prédominant dans les pro-
vinces méridionales.
En Afrique , on a désigné par le vert de gris les Ber-
bers ( Ibères), dont les Kabayleset les Zouaves font
partie ; ç& et là cette couleur lire sur le bleu noirâtre ,
couleur des Arabes , qui , coûquéramls de ces contrées ,
s'y sont maintenus, surtout dans les plaines. .
En Syrie, on trouve dsns les gorges et sur les
hauteurs inaccessibles du Liban plusieurs peuplades
sémitiques^ comme les Druseà, les Maronites, les No-
eairis, qui , en opposition avec les Arabes nomades de
la plaine, y ont des demeures Qxes, e( ont su Conserver
leuf indépendance et leur religion contre les Croi-
( "94 )
ses el les Mongoles , aussi bien que contre les sultans
de Conslaniinople et du Caire. Un rouge analogue au
carmin rappelle que les Perses ont une origine com-
mune avec les peuples du centre de TEurope» origine
prouvée par la comparaison des langues germanique,
romane , slave , avec lé zend et le sanscrit.
Enfin, le groupe des peuples caucasiens termine le
tableau. Ce sont les Arméniens, les Géorgiens , di-
vt^rses peuplades du Daghestan. lesOssètes^ ancêtres
des Mains , qui dévastèrent l'Europe en même temps
que les Vandales » el les TscherLesses et les Abasses,
ces héros^qui depuis dix ans disputent les Thermopj-
les de l'Asie au vainqueur de la Pologne.
Cartes en reliefs
On sait que Ton doit à un Français» Pierre Lartigue »
premier ingénieur hydrographe de la marine « Theu-
reuse idée de représenter en relief plusieurs parties de
notre globe. Ces reliefs, exécutés sur des projections plus
ou moins convexes, et quelquefois planes suivant Té-
tendue des régions qu'ils embrassent, furent modelés
par lui en plâtre et en cire , parfois aussi en argile.
Nous avons de ce célèbre hydrographe des reliefs
représentant TEurjûpe, TAmérique, la France « la
Suisse et d'autres contrées. Dans sa carte de l'A-
mérique , cet artiste hydrographe s'est attaché par-
ticulièrement à faire connaître le sol sous-marin que
la mer recouvre de ses eaux. C'était. une des ques-
tions les plus diûiciles à résoudre » el cependant il
est parvenu à nous donner une idée assez exacte
de ses profondeurs. ou vallées, vastes bassins bordés
( 29> )
de chaînes de montagnes d'où s'élèvent des sommets
qui peuplent soaslenom dlles l'entrée du golfe du
Meiîque.
Sous l'empire . M. Lartigue présenta à diverses expo-
sitions publiques du Masée ses reliefs, fruits d'un tra-
vail long et pénible. Il voulait par ce procédé propager
et étendre l'étude de la géographie en frappant ainsi
Tœil en même temps que l'intelligence. Hais les dé^
penses , l'emba'vras , les risques qu'exigeait Texécu-
lion de pareils reliefs , en portaientla valeur commer-
ciale à un prix trop étevé pour renseignement; et son
procédé n'eut pas ou presque pas d'imitateurs.
DepuisLartigue, on a faitdenouveauxet grands efforts
pour arriver, au moyen d'une fabrication plus simple
et moips dispendieuse, à établir des reliefs semblable^,
au meilleur marché possible.
L'Allemagne et surtout la Prusse Sont parvenues à
vaincre en grande partie les difficultés par lemploi de
pâte de carton plus facile à manier , et surtout moins
fragile*
Aujourd'hui la France elle-même a imité l'exemple
des Allemands, et nous jouissons aussi des avantages
de la fabrication des reliefs en pâte de carton , qui , il
faut l'espérer^ vont contribuer puissamment à faciliter
et à étendre le goût de la géographie ; car, on n'en
saurait douter , le prix modique de ces cartes , leur
format commode et léger , et au-dessus de tout leur
clarté , les feront rechercher et adopter pour l'ensei-
gnement.
C'est à M. Bauer Keller que nous sommes redevables
de cetlenouvelle branche d'industrie scientifique. Nous
avons isous les yeux des cartes du Mont-Blanc ^ de la
Sm'sse et de YEiimpe, On nous promet incessamment
( a^G j
celles de la France , de Y Allemagne el de XAngleîerr^.
Ce3tle commexiceinentd'noe collection qu'ilseraiti dé*
sirer qu'on adoptât dans nos écoles, et surtout dansnos
établissements universitaires % parce que ce systènae
donne une idée assez juste de la cotifiguraiion da 50L
Ces reliefs, qui peuvent être mis dans le commerce
au prix de 1 a ii si5 francs , et çuipar la facilité da pro^
cédé employé à leur fabrication seront livrés peut-être
an jouribeaucoupmeilleurraarchéyofrpentparla variété
des couleurs et Tapplication de teintes propres à cha-
que localité» une clarté et une netteté complètes. Ce
quil y a seulement à redouter pour la science» c'est
que ce procédé peut et doit nécessairement amener
parfois dans l'ezécution quelques défauts d'exactitude
matbémalique ; mais ilfaulespérer que M. Baner KeUer,
qui a appelé à son aide M. Ober Huiler, déjà connu par
sa c^rle etbnograpbique de l'Europe , arrivera à per-
fectionner ce nouveau mode d'enseignement.
Le relief de la Suisse est accompagné d'une carte
plane coloriée, sur laquelle sont imprimés les noms
de toutes les montagnes remarquables» et d'une pe-
tite brpcliure explicative dont la rédaction» entière«>
ment nouvelle , a été revue par M. Eyriès» membre de
lilnslitut et de la Société de géographie.
B. w B.
( «97 )
"m I m^
DEUXIEME SECTION.
Actes de la Société.
EXTRAIT DES PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES.
rRÈSIDBNCB DE M. JOMABD.
Séance du 16 septembre 1849.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
M. Adolphe Barrol, consul-général de France dans
rindo-CbiDe, remercie la Société qui vient de Tad-
mettre au nombre de ses membres, et il lui annonce
qu'il s'occupe de mettre en ordre les divers matériaux
qu'il a rapportés de ses voyages pour lui offrir ce tra-
vail.
M. le colonel Jackson , secrétaire de la Société
royale géographique de Londres, annonce qu'il a
reçu les médailles décernées par la Société à M. Dease
et à M. le chevalier de Schomburgk, et qu'il s'empres-
sera de transmettre à ces deux voyageurs ces honora-
bles récompenses.
M. Pickering, secrétaire de la Société américaine
des antiquaires de Boston , écrit à la Société pour la
remercier de l'envoi de ses publications si utiles aux
progrès de la science. Cette lettre est iransmise à la
( 5oo )
M. Corlambert, membre de la Société, adresse on
numéro de la Revue de rinstructioti publique , où il a
présenté sur l'enseignement de la géographie quelque
observations qu'il serait heureux de voir obtenir les
suffrages de ses collègues.
Le même membre soumet à la Commission centrale
une proposition dont le but serait d'honorer ta mé-
moire de l'amiral d'Urville en donnant son nom à la
rue qu'il habitait avant sa mort. Il pemse que l'admi-
nistration accueillerait avec empressement la demanda
que la Société lui adresserait i ce sujet.
M. Roux de Rochelle communique une lettre qu'il a
reçue de M. Perroltet, voyageur*botaniste*agricuiteur
du gouvernemenL
M. Perrottet remercie la Gommissioâ qui a Eatt U
rapport sur le prix fondé par Mer le duc d'Orléans «
pour la bienveillance avec laquelle le rapporteur a rap-
pelé ses voyages et loué ses efforts pour importer en
France des plantes utiles à l'agriculture et à l'induairie.
M. Perrottet annonce qu'il va entreprendre un noa«>
veau voyage dans les Indes orientales en passant par
l'Egypte et Suez; il serait heureux de mérilor encore
les éloges de la Société. Ce sera vers ce but qu'il diri^
géra ses recherches. Il dés^ire également se rendre utile
à l'industrie sérigèn^ , qui est aujourd'hui l^objet de
la sollicitude et des préoccupations do M. le ministre
de l'agriculture et du commerce» M. Perrottet joint à
sa lettre trois exemplaires d'un Mémoire qu'il a publié
en i8&5 sur deux espèces de mAriers ♦ le Morua nuilti-»
caulis et le Morus in<lica, qu'il a introduiles en Fk*ance«
L'un est desifiné k la Société» et les dctix autres h son
président, M. Cunin*Gridaine, ministre de l'agi^caU
ture et du commerce.
( 3oi )
M^ Jomiird présenta , au notn de 11. le chavalier de
Balbi f un Recueil en 5 volumes de se9 écriU géogra-
phiques > slalisUque» et mélanges , publiés en italien
par son fils , Eugène Balbi; et au nom de M. Gallatin»
ancien ministre plénipotentiaire des États*Unis en
France » un Tableau des tribus indiennes de TAmérv*
que du Nord, publié dans le tome II des Transactions
de la Société américaine des antiquaires. M. Roux de
Rochelle est prié de rendre compte de ce dernier cu-
rage.
M. d*Ave%ac lit un Mémoire sur les lies fantastiques
de rOcéan occidental.
Séance </« si octobre 1849.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
L'Académie rojale des sciences de Berlin adresse &
la Société le volume de ses Mémoires pour l'année
1840, ainsi que les comptes-rendus de ses séances da
mois de juillet \à^i au mois de juin 1843; elle re-
mercie en même temps la Société de l'envoi des
tomes XV et xvl de son Bulletin.
M. le professeur Reinganupa écrit à la Société pour
lui faire hommage du 1*' volume de son Histoire des
cartes géographiques des Anciens» ainsi que dun Mé-*
mcâre qu'il vient de publier sur l'Ile de Sicinos,
M. Fr. Lavallée écrit à la Société pour lui rappeler
divers envois qui ne sont pas parvenus à la Commis-
sion centr««Ie y et il lui adresse une Notice historique
et géographique sur Trinidad de Cuba, Ce document,
que M. Lavallée regarde comme le plus nouveau et le
plus complet qui eù&le sur ce point central de Tlle»
est rcnvové au comité du Bulletin.
( 5o4 )
que du Nord, ivol. in-8, -—Par M, Perrottet : Observa-
tions sur le Morus muhicaidis et sur une nouvelle espèce
voisine , in-8. — * Par M, de Castelnau : Vues et sou-
venirs de l'Amérique du Nord, 4* Hv,— Par V Académie
de Berlin : Mémoires de cette Académie pour 1 84o.
— Comptes-rendus des séances de juillet i84i â juin
i84s« — Par M^ Bein ganum : GQ%cïi\c\tie der Erd-und
L^nderabbildungen der Alten bezoders der GrieclieD ,
1 vol. in-8/ 1 85g. — Die Sporadeninsel Sikinos Bin Bei-
trag zur bellenischen Alterskumskunde, in-8, i8?»9. —
Par les auteurs et éditeurs : Journal de la Société asia-
tique de Londres , m i5. — loumal asiatique, juillet et
août. — Bulletin do la Société économique des Amis
du pays de Valence, n"*' i à 9. — Nouvelles annales
des voyages» juillet, août et septembre, — Annales
maritimes, août et septembre. — Revue scientifique •
juillet, août et septembre. — Bulletin de la Société de
géologie , tome KIII , feuilles aS à s6. — Annales de
géologie» juin et juillet. — Journal de l'In-stilut bisto-
rique, juillet» août et septembre, — Recueil de la So-
ciété polytecbnique» juin et juillet. — Journal des mis-
sions évangéliques» août^ septembre et octobre. —
Mémorial encyclopédique . juin et septembre. — L*É-
cbo du Monde savant
ËRBATA du Bulletin du mois de juin.
Page 36 1 , ligne 33, au lieu de a adopté ici , lisez imss oc ii4Pi>oftT.
— Âlez. Mjikeiisie, — Alex. Makenzîe.
— fS3o, —> i8i8.
— — rOrampo.
*~ Caz0nl, -^ Caroni.
— connus, — connvet.
— jësuite astronome,— jésuite et asirononip.
— \ «*- anpprimcK #«.
— et apprécier, — e( a apprécier.
■^^
364,
•^
16,
—
365,
—
i3,
—
370,
—
6,
—
371,
—
3,
—
M^
—
».
—
375,
—
9,
—
id.y
—
•4>
—
376,
—
•4,
BULLETIN
D£ LA
SOCIÉTÉ DE GEOGRAPHIE
HOVKIOIBB 1849*
PREMIERB SECTION.
MÉMOIRES. EXTRAITS, ANALYSES ET RAPPORTS.
Dissertation etoGî^kvniQVE sur un passage cle Constantin
Porphyrogenète concernant les fleuves du Palus^Meotis
et r existence d* un second détroit nommé Bourlik» don^
nant issue aux eaux de la mer (PAzof dans la mer
Noire ^ par Guillaume Plate, membre de la Société
de géographie,
( Comnuniqiif par M. B. du B )
La démonslration de Tezistence , à une époque déjà
éloignée de nous , d^un second canal par lequel la mer
d'Azof aurait déversé, même encore au moyen-âge» ses
eaux dans la mer Noire, nous a semblé d'un iiitérêt
assez grand pour mériler les recherches de la science
critique. Si ce fait était prouvé et reconnu , à lui se rat-
cheraîent une foule de questions de In plus haute im-
XVIII. NOVKMBRR. I. 'JO
( 5o6 )
portance pour Vhisloire, la géographie, la géologie,
la navigation , et le commerce lui-même.
hê Méoioire de ffL Plafé éUil d^ji iii||>n«i| «p entier Urtqne
le 5* ▼oluroe du grand et bel ouvrage de M. Dubois de Montpé*
reux qui vient de paraître avec le millésime de i843 (i) nous fat
communiqué. Ce volume , qui est aceompagoé de planches , pu-
bliées a N«uehâtel en Suisse , comprend la partie des voyagea de
Fauteur dans la Crimée et la presqu'île de Taman. La question
relative à FéUt actuel des localités , à la formation éfi Bosphore
cimmérien et à la première rupture de la barrière qui a pu
exister entre la mer d*Azof et la mer Noire y est traitée avec bceu-
coup de détails. La carte qui accompagne ce volume, et sur la~
quelle nous regrettons de n*avoir pas trouvé d'échelle ^ donne
l'opinion de l'auteur sur l'état des lieux,
1® A. la fin de l'époque de la formation des terrains ter-
tiaires ;
91* Après le soulèvement des terrains tertiaire^ , et avant les
éruptions des volcans de houe ;
3^ Avant les temps historiqueSi à l'époque où les volcans 4e boue
ont commencé à former une polynésie , polynésie composée d'îles
qui y ainsi que les continents voisins, ont pris chaque jour plus
de développement et d'extension , et ont fini par se lier entre
elles et avec le continent caucasien , par suite des attérissements
qui se sont formés et des dépôts que les eaux des grands fleuves
ont apportés sur ce point ;
4^ A l'époque historique y et particulièrement au commence-
ment de notre ère, temps auquel Strabon écrivait sa géographe ,
dont M. de Montpéreux cherche à expliquer le texte ;
5* fit enfin vient un tracé comparatif de l'état actuel des
lieux.
€^a*l pkis de neuf eents ans après Sirabon qtie l'emperenr Ce»*
siantin Forphyvogenète écrivait ses préceptes à son fil». M. Plaié
(i) Le voyage de M. de Montpéreux a remporté en i838 le prix
fond^ par la Société de géographie.
( 5o7 )
tcDd à prouver que, à celte époque, let attérissémeon o'avâienl
p« encore entièrement fermé tontes les issues qui, en dehors du
véritable camiou Bosphore eimmérien , auraient précédemment
existé entre les deux mers. M. Plate en trouve une preuve évi-
dente dans le texte de Constantin Porpbyrogenète, qu'il appnre
«woredes textes de Strabon et de Pomponîos Mêla; fl pense
même que Ptolémée et Pline n'ont pas entièrement ignoré Pexîs.
tenoe de cette issue , que Constantin désigne sons le nom dé
Bourlik.
On voit par Ponvrage de M. Dubois que ce voyageur, loin
de contredire M. Plaré , apporte au contraire des preuves plus
anthettliques encore (l'étude des lieux) pour confirmer l'assertion
de M. Plate sur l'existence d'un second canal, au moins quant
au temps où vivait Siraboo. Seulement si nos deux écrivains sont
d'accord sor un point , celui de l'existence de ce second canal
entre la mer d'Azof et la mer Noire , il y a cependant dissidence
entre eux sur le point où se trouvait à ces époques historique
cet autre débouché du Palus-Méotis.
Dans sa carie, M. de Montpéreux signale comme là deriiière
communication existant encore à Tépoquede Strabon en dehors
de la partie sep:enlrîonale du Bosphore , celle qui serait aujour-
d'hui remplacée par une suite de lagunes et dé tei'res basses et
marécageuses situées un peu au N.-O. du village de Témrouk
dans Pisthme de ce nom » entre te goife ou Limmi dt Tenif*ak
au N.«<£< , et le lac de Temrouk ou Liman tfjfianiz au S.«0.
A l'époque de Strabon , le Kouban aurait déversé sea eaux
dans ce même lac d'AftaniZ| dont la seule issue probable du côté
du Pont-Euxin se serait trouvée, toujours suivant Bl. de Montpé-
reux, aboutir par l'isthme d'Alibey à la baie de Taman^ pour
rejoindre le Poot-Euxin conjointement avec les eaux du Bos*
phore.
M. Plate pense au contraire que la dernière issue existant pa-
rallèlement a la partie septentrionale du Bosphore 'aurait été
placée directement entre la mer d'Azof et la baie de Taman à
l'isthme de Rhonm.
Quelle que soit la dissidence d'opinion des deux écrivains mo*
f 5o8 )
dernes, ils semblent se réunir pour prouver Tel itteooc d*uD teciMHl
canal entre la mer d*Azof et la mer Noire, et leurs disaertatioiis
deviennent une source de lumière pour Texplication de plasienrs
auteurs de l'antiquité. Ainsi, il j aurait «ujourd'hui aooofd parfait
entre Strabon , Pomponius Mêla, Ptolémée, Pline, ConstastiB
Porphyrogenète , et MM. Plate et Dubois de Monipéreaa sor
l'existence ancienne d'une double issue entre le Palus-Méotis eC
le Pont-Euzin , issue ou canal que rempereur de Byianoe appel-
lerait Bourlik.
Pour vider cette grande question géologique et bistoriqae y il
faut avoir recours au grand et bel atlas publié aujourd'hui par
M. de Montpéreux , et particulièrement à sa carie ancienme ei
moderne de i'extrémité iie la presqu'ile de KerUih, et de celle de
Taman avec une partie de la CircassiCy carte dressée en 1 835.
B. DU B.
C'est près des rives du Bosphore que s'élevaient ces
magnifiques colonies grecques rivales de Smyrne et de
Marseille ; c'est là que les Gotbs totraxitcs surent con-
server leur nationalité lorsque déjà depuis huit siècles
leurs frères en Espagne avaient échangé le nom de leurs
ancêtres contre celui du peuple vaincu ; là enfin . les
nations da moyen-fige vinrent admirer la splendeur
de KaJDPa , cette célèbre colonie de Génois , surnom*
mée la petite Gonstantinople. Ces contrées méritent
donc à tous égards de fixer notre attention. Elles ont
été le but des recherches et des études des géographes
les plus célèbres des temps modernes . et le gouverne-
ment russe lui-même , dans son désir d'encourager
les travaux sur l'histoire et les antiquités , ne vient-il
pas de changer les noms ta tares de plusieurs villes pour
leur rendre ceux qu'elles portaient aux temps des Grecs
et des Romains 1 1 Si l'on peut quelquefois restituer à
certaines localités leurs noms anciens^ il n'est pas aussi
( 5o9 )
facile de reconnaître et de constater la forme du sol
que ces localités présentaient jadis. Déjà Strabon et
Pline ont su apprécier les changements qu'avaient su-
bis de leur temps les rivages de la mer d'Aisof. Aujour-
d'hui cette mer est devenue pour les géologues un but
spécial d'étude. Les formes si caractéristiques des nou-
veaux terrains que produisent actuellementles attérisse-
ments, ont attiré leurs réflexions. Ces terrains, ainsi
que plusieurs langues de terre d'une étendue souvent
fort considérable , ont une analogie frappante avec ces
barrières qui , dans le golfe du Mexique , enferment de
vastes étangs entre la mer et la côte, ou avec celles qu'on
voit aussi, quoique de dimensions plus petites, entre
Agde et les embouchures du Rhône , dans les lagunes
de Venise, ou dans la Prusse orientale sur les côtes de
la mer Baltique.
La prédiction des géographes anciens, que lePalus-
Méotis cesserait bientôt d*être une mer, était assuré-
ment hasardée ; mais il n'en est pas moins vrai que cette
présomption avait quelque fondement , puisque la na-
vigation y trouve déjà des obstacles qui vont chaque
jour croissant. Celte circonstance ne peut même rester
sans influence sur le projet d'un canal entre la mer
d'Azof et la mer Caspienne, canal que le gouvernement
russe exécutera sans doute tôt ou tard dans l'intérêt
de son conmierce et de sa navigation.
Quel serait en efl'et le résultat de nos recherches, si
nous parvenions à prouver que les sables et le limon
dont la mer d'Azof charrie d'aussi prodigieuses quan-
tités, ont fermé une partie de ce même Bosphore, dont
le passage ofl'rait une double issue, l'un sous le nom de
Bosphore qui existe encore ; l'autre, sous le nom de Botir-
lik^ fermé depuisic moyen âge ? N'aurait-on pas à crain -
[ 5io )
dre ou à espérer encore de noufeaui changementi ?
Car ai le seul canal qui existe aujourdlitti venail à
s'encombrer* que deviendrait la navigation» el quel
serait le moyen d'obvier à cet inconvénient ? D'un au-
tre côté, les eaux , continuellement augmentées par les
flots du Don , ne devront-elles pas se frayer un autre
passage, et ne peut-on pas prévoir que la mer d'Azof se
dégorgera de nouveau un jour par ce même Bourùk ou
canal • dont aujourd'hui aous ne voyons plus que le
lit desséché? Prouver que ce deuxième Bosphore a
exîaté, tel est le but principal du Mémoire que nous
avons rhonneur de soumettre aux lumières de la So-
ciété de géographie.
C'est à l'aide de la géographie critique, c'esl par Tin-
terprétatioo des auteurs anciens , et parliculièremenl
du texte de Constantin Porpbyrogenète, que nous avons
cru veconnattre l'aspect qu'oflrait autrefois ce déiroii
qui servait de pessAge aux flottes pour aller écfaaager
les précieiiMies productions de la Grèce contre le cuivre
et les fourrures de la froide Sry thie.
Nous n'entrerons pas en matière sans exprimer
ici notre véritable recoonaîssance aux personnes qui
09A bien voulu nous aidei* de leurs savants avis ; et
nous devons placer en première ligne IL Hase, de
rioatitut, et M. Barbie du Bocage, qui nous ont témoin
gné tant d'intérêt dans le cours de nos travaux.
Le IX* et surtout le x* siècle oui été une époque fa-
tale pour l'empire de Byiance, alors constamment
men^eé par les invasions des.Hus6e8, quedirigeait l'es-
prit de conquête des Warègues ou Normands leurs do-
minaieurs. Fidèles aux habitudes qu'ils avaient expor-
tées de leur patrie , ces hardis conquéraints , sortis de
(5u )
b Soandin&TÎe , pouasaienl à des guerres maritimes
leurs DoiiTeaux sujets du oontineût, façODoéspar eux
à l'eiistenoe de corsaires. Kiew » alors leur résidence,
était à cent lieues de la mer Noire ; mais en suivant
le cours du Dniepr sur lesbords duquel elle était située»
il fallait pour arriver jusqu'aux rivages de la mer par-*
courir le double de celte distance. C*est cependant à
Riew môme que les Russes armaient leui*s flottes redou-
tables. Ils descendaient le Dniepr» bravaient les em-
buscades des Patxénègues» habitants des plaines qui
avoisîaent Temboucbure de ce fleuve» pénétraient
dans la mer Noire, et venaient planter leurs étendards
jusque sous les murs de Constanlinople. Alors« comme
aujourd'hui » les souverains de l'Orient tremblaient au
nom et à l'approche des nations qui peuplaient la
Russie.
Pour opposer une digue à ces redoutables pirates ,
les empereurs de Byzance avaient grand soin de for-
mer des alliances avec les Patzénègues et les Khasars»
dont l'empire s'étendait depuis le Don jusqu'au-delà
du Jalk.
L'empereur Constantin Porphyrogenète» en louant
à son fils son livre De administrando ùnperio^ lui recom-
mande vivement ces alliances» dont il s'efforce de rendre
l'utilité évidente en appelant l'attentiondu jeune prince
8ur la position géographique des pays occupés par ces
peuples. Le livre de Constantin Porphyrogenète est un
des plus précieux documents pour la topographie du
moyen-âge. Il a été le sujet de plusieurs dissertations»
et entre autres de deux Mémoires qu'a publiés le savant
académicien Bayer (i). Mais Bayer vivait à une époque
(l; Celui de ces mëmoires quiconceriM les contrées méridieiMiles
de la Russie a élé imprimé dans le 9* volume des Commenlarii
Àcademiœ peiropolitana.
( 5l8 )
où presque tout le midi de la Russie était encore ao
pouvoir des Turks. Il ne pouvait avoir reconra à des
cartes aussi détaillées que celles que le gouvernement
russe a fait publier dans le courant de ce siècle. Il ne
pouvait non plus s'aider des écrits de Pallas» cet illus-
tre voyageur qui, sans contredit, nous a donné la
meilleure description des pays compris entre le Don •
le Volga , et la chaîne du Caucase. C'est pourquoi
Bayer, tout en donnant l'étymologie des noms anciens,
n 'ose sou ven t pas se prononcer sur les véritables localités
qu'ils désignaient ; quelquefois aussi il tombe dans des
erreurs manifestes.
Si cette observation est juste et fondée , c'est surtout
quand il s'agit de la dénomination actuelle des fleuves
que l'empereur Constantin dit se jeter dans le Palus*
Méotis, aujourd'hui la merd'Azof.
En effet, voici comment s'exprime à ce sujet le
royal auteur byzantin , dont nous conservons le texte,
en changeant toutefois la ponctuation adoptée par Ban*
durius(i).
« Plusieurs fleuves , dit Porphyrogenëte , se jettent
«dans la partie orientale du Palus-Méolis. Ce sont d'a-
»bord le Tanaïs qui vient ( des environs) du château
• de Sarkcl , et le K/torakotd^ dans lequel on pèche le
1 ( poisson) Berzéticon , puis le Bal, le Bourlik^ le Kha^
^der ( Khadir ) , et plusieurs autres rivières. Le canal
9 nommé BourUkest une embouchure du Palus^Méoits pmr
» laquelle cette mer prend son écoidemeni dans le Pont»
( I ) ^ Elç ^ To dtvfleroXixwrcf ov jutcpoç t^ç Maiurc^oç Xifiviic
èi9^ovTO» iroXXoc rivcç irorofioi ' o rt Tovaeç Trora/ibç 9 h àn^
Toù «oçpov £af»iX Ipj^é^oç^ xac rh XwpoxovX, iv tt xal ri
Rrp!^v}Tix^v ôXccurrotc. Eîffc Sk xai ^rcpoi irora|sM^ , 0 BoiX , wttk ô
l 3i3 )
> Euxin , à F endroit même ou s'écoule le Bosphore, Vis-h-
» Tis de la ville da Bosphore est situé le château de
iTamatarkha; la laideur du canal y est de 18 milles.
> Dans le milieu du canal est située une Ile basse et peu
• considérable» mais longue (fuya), appelée Atekh. A la
9 distance de 18 à 90 milles du château de Tamatarkha
»«st le fleuve Oukroukk qui sépare l'Ile de Tama-
« tarkha de la Zikhi ( Gircassie ) « pays qui s'étend
• depuis rOukroukh jusqu'au fleuve Nicopsis. »
c II est difficile» dit Bayer à ce sujets de discerner les
noms modernes et la situation de ces fleuves» parce
qu'il ne reste plus sur les lieux aucune trace des
noms anciens. Cependant il est évident qu'il £aut les
placer dans l'espace compris entre le Tanals et le
Rhader. >
Malheureusement» le commentateur nous laisse dans
une incertitude complète sur l'identité du fleuve dési-
gné par le nom Khader. C'est selon lui une des em-
bouchures par lesquelles le Kouban s'écoule dans la
mer d'Azof , ou c'est le bras principal de ce fleuve qui
se )ette dans la mer Noire.
Bayer ne détermine donc rien» sinon que, parmi les
fleuves orientaux'du Méotîs» le Tanais est le plus septen-
B^u^Xtx, 6 Xojvjp xac oXXoc AXcTçof iroToe|i9i. Ëx A t^ç Motcwr/joç
Xc^Y)ç> cÇtp^crai çofxcov r^ BoupXcx firovopaÇojtxr/ov xat trpoç Tvr^ roù
TIovTou doXaao'acv xaroi^pcr, cvci> Içcv ô Booiropoç ^vrcxpù ^ reu 809*
irôpotj rb Toparop^^a \ty6^t*w xaçpov içc ' ro A ^laçyjpta itcpafiaroç
Tou roiovTov çofiiou CCI fâfXioc nQ> £v ^ T^ fuau> w\i aûrel^v tvi ptcXie^v
tç\ yiiffcov firyoc ^otptioXbv » rb Xcyo^ov Arc}(. Airb roû Tapiarap^a
cç( irorotjutbç dtirb jukXiwv ni , t) xat x' Xcyojunoç C3vxp4u^» & ^(flc}^c«piC«Av
rÎTv Zc^cocv xai to Tafiarap/a, àirb ii tou Ouxpo'jy («XpJ *ov Nixo-
^c«^ troTotptou cçtv 1} X^P^ ^^ Zi^jaç» — t^*^ ad min, imp.
edtU de Bandiirius. Pai*U, 171 1 , in P, , J ^ p. > i3.
( 5i4 )
trionaU ce que tout le monde sait , taodis que le Rhader
en serait le pins méridional, parce que c'est lui que rem-
pereur nomme en dernier. Cependant un exameD aHen-
tir du texte nous a convaincu que Tempereur n'énu-
mère pas ces fleuves dans Tordre succeésîf o4 on les
rencontre sur le terrain en partant do Doulpoorr aller as
midî,et cVst pour cette raison que nous avons cru devoir
modifier la ponctuation adoptée par Bandurius. Eo effet,
ne semble *t-ii pas qu'en mentionnant de prime abord
le Tanais et le Khoi^koul , en appelant sur eux dès le
début l'attention du lecteur par un rapprochement
spécial dans les termes d'une même phrase ; en éoo-
mérant à part les antres rivières, l'empereiir ait voalo
désigner les deux fleuves les plus considérables qai
trouvent leur embouchure dans leHéolis, sanss'aaso-
jettir» suivant la manière de Ptolémée, à l'ordre rèsul-
tant de leur disposition géographique? Or, parmi lea
fleuves qui se jettent dans cette mer, après le Don » \es
deux grandes branches du Kouban qui remontent au
nord et vont déboucher dans le Palus*MéolfS ont une
bien plus grande importance que le Yéi et le Béiaou ,
remarquables seulement par les lacs que forment leurs
embouchures. Le plus oriental de ces deux bras du
Kouban s'appelle aujourd'hui Kazatchei-Erik : il est le
moins considérable des deux. L'autre, qui porte le
nom russe Tchernaïa^Protoka u Tchernoï-Protok , est
d'une largeur presque égale à celle du bras principal
du Kouban qui se jette dans la mer Noire. U a même ,
près (le la mçr, plus de profondeur que ce dernier,
dont l'embouchure est guéable , tandis que l'entrée de
la Tchemaia-Proioka , près du fort d'Atcbouief, sert
de lieu de station à la flottille et aux galères que le
gouvernement russe entretient dans la mer d'Atof.
t 3«5 )
Aussi la carie da Caucase , publiée à SeinUPélersboorg
en i834» range-UelIe la Tchemaia-Proloka parmi les
graod^ fleuYea en la désignant , comme le Kouba» lui-
même» par une ligne bleue.
Il semble qu'ausiècle de Constantin Porphyrogenète,
laTchemaia^fotoka fût plus importante encore qu'elle
ne Test aujourd'hui. Le pays qu'elle parcourt est très
marécageux; des joncs et des roseaux d'une hauteur
prodigieuse couvrent les abords de toutes les rivières et
de tous les lacs dont celte contrée malsaine est cou-
▼erte( i);enfin» é l'eariiooehure de la plupart de cescours
d'eau f la mer d'Azof entasse de grandes quantités de
sable et de lîmcm. Les deux issues du lac de Temrouk »
jadis navigables» ne le sont plus aujourd'hui : partout
la terre empiète sur l'eau.
On conçoit donc facilement pourquoi la plupart des
caries des xv% xvi*, xvii* et xviii'* siècles que nous avons
vues, donnent à laTchernaîa-Proloka une largeur égale
4
à celle du Kouban lui-même , et que sur plusieurs de
ces cartes le Kouban n'offre qu'une seule embouchure
par laquelle il dégorge toutes ses eaux dans la mer d'A-
zof (9).
D'abord l'importance de la Tchernaia-Protoka nous
fait croire que c'est celle rivière que l'empereur Cons*
lanlin a voulu désigner sous le nom Khorakoul. Des
faits d'une autre nature viennent ensuile corroborer
(1) Voyage du doctear Glarkc daos la Rusûe , 2 voL iii*8°. Puris ,
i8ia, vol. I, p. 5i8.
(2j Telles sont la carte qui se trouve dans la belle et rare édition de
Ptolémée, publiée à Bome eu 1490 ; celle d'Ortélius^ dans le Plolomcc
du XVI* âiècie; la carte de la mer d'Azof, par Matthieu Steuitcr, i*t
bien d aulre> que nous ne encrons pus.
(5.6)
Doire opinion eo la nietlant à l'ahri des chances d*une
hypothèse.
■ Les noms russes que portent aujourd'hui tant de
localités entre la mer Noire et la mer Caspienne s^nt
généralement la traduction des noms primitifs» dont
la plupart appartiennent originairement à la langue des
Khazars. Ce. peuple , qui , à l'époque de Conatanlin
Porpbyrogenète, dominait dans les contrées caspien-
nés, était d'une origine turco-tatare,- il n'y a donc
pas d'inconvénient à expliquer les noms Khasars par
la langue turque. Déj Bayer a observé que KhoraLool
est sans doute le mot turc KAEArKOL . altéré par la
prononciatioa grecque » et qui signifie le bms noir,
c'est-à dire \e fleuve noir (i)« Or» les mots russes icher^
naia protoka ont absolument le même sens, et ne sont
en conséquence que la traduction littérale du tatare
kara-kol , nom qui ne peut avoir été remplacé que
depuis l'établissement des Cosaks entre le Kouban
et le Don. Nous regrettons d'ignorer le nom que don-
nent à ce fleuve les Tatares-Nogaîs qui demeurent sur
les Iles et le long du cours inférieur du Kouban. Du
reste , l'usage alternatif de kara et de tchernoï dans ces
lieux mêmes est constaté par d'autres faits encore ;
car sur quelques cartes la Tchernaia Protoka est ap-
pelée Kara-Rouban ou Tchernoi-Kouban (3); d'autres
nomment ainsi un bras mort du Kouban situé à l'ouest
de la TcbernaiaProtoka (3). Enfin, ce double nom
(1) Raîia-Kol signifie 6nis, division^ RAnA-GascL ouGol Aan^ noir^
pourrait également servir dVtymologie.
(3) Atlas de Eussie de 1745 et autres.
(3) CScrles m^mucrites de la mer iTAzof par itAnville^ N* 3097
de U riche collection géographique du minislèr? des affaires ^tran-
(;rres qur M. Darbié du Bocage ^ bien ronln nou^ ouvrir , ri ^ax%s
( 3«7 )
apparlieni encore de nos jours el à un des principaux
afQuents du Rouban et à l'un des bras de ce même
fleuve, bras qui le quitte près de Kara-koubanks » pour
le rejoindre plus bas dans les environs de Kalaous (i) .
L'empereur appelle la Tchernaia-Protoka to Xupa-
xouX* Le Rhorakoul était donc un fleuve d'une na-
ture particulière ; car , autrement , il l'aurait appelé
h X^poMouk. Cependant cette exception de genre s'expli-
que très bien quand à Tarticle to on supplée par le sub-
stantif çofuov f désignation qui convient parfaitement i
un cours d'eau formant une des embouchures d'un
grand fleuve (s).
Enfin , l'auteur désigne le Khorakoul plus spéciale-
laqueile nous avoDS puisé an grand nombre de renseignements dn
plus haut intérêt. I^ons nous empressons d'exprimer encore ici à
M. Barbie du Bocage tous nos remerciements des conseils et des
renseigne ments que nous devons à ses lumières et à son amitié.
(i) Les noms des localités suivantes présentent des anologies frap-
pantes arec le mot RhorakouLNoas les avons tirées de Fadas de Russie,
dresaéau Dépôtde la guerre d'après l'original russe; quoique nous ayons
conservé l'orthographe, nous observerons qu elle est très défectueuse .-
les mots kol et gpl surtout s'y présentent sous plus d'une forme. En
Grimée, on trouve les villages suivants, presque tous situés sur des
rivières on des ruisseaux : Saraghiôul^ k^ 1/2 lieues S.-S.-O. d'Ara-
bat; Karaghot^ à 4 lieues O. de Kaffa; Chakouly à 8 lieues N.-O. de
KafCa; Kwhokûui^ k 8 lieues N.-E. de la pointe S. de la Crimée;
Katacoula^ non loin de Mariopol. — Rivières : Khanoukoidy af-
fluent du Manytsch ; Jachkoul , cours d'eau de la steppe des Ral-
muks, se jetant dans le lac des Tcherkesses ; Tsarighol qui tombe
dans le golfe de Téléghoulskoï , è 6 lieues E. d'Odessa; Drakoul qui
va joindre l'embouchure N. du Danube , TchouigmU et Kouroukou^
dak , affluents du Tormak. Enfin , plusieurs rivières de noms à peu
près semblables et situés dans le Turkestan , et un grand nombre de
lacs appelés Karagôl ou Karakôl.
(3) Dans le même passage, l'auteur désigne le fleuve Bourlik par
ô Bcvplcx 9 tandis qu'en parlant du canal BovpXni, il l'appelle to BovpXtx.
(5i8)
ment encore en y ajoutant : « Ce fleuve Aoiurrit le
poisson appelé benétikon. •
Qaant è Tespèce è laquelle appartient ce poisson ,
nous nous en rapportons entièrement auï auteurs cités
par Bandorius dans son commentaire (i). C'est, sans
aucun doute, Testurgeon dont le Héotis founnillaitdéjè
au temps de Pline et de Strabon, poisson qui alors se
péchait principalement dans les deuxRhombites» aux
embouchures du Tel et du Béîsou. L'embouchure de la
Tehemaia-Protoka est aujourd'hui une des stations
principales pour cette pèche (2).
Après ces diverses preuves , il ne nous semble plus
douteux que le Khorakoul ne désigne la TchemaSa-
Protoka.
De là , il suit qu'il faut placer le Bal^ le Bourlik et le
Khader dans l'espace compris entre le Don au nord ,
et la Tchernaia-Protoka au sud.
On aroU généralement que le Bal est le Béîsou ; mais
nous ne connaissons mu qui puisse justifier cette epi"^
nion. Nous croyons au contraire que le Bal désigne la
rivière Tchalbasch ou Tchelbasou , dont le cours est
parallèle à celui du Béîsou qu'elle surpasse en lon-
gueur. Si l'on doit se fier à nos cartes» le Tchelbasou
ne se jette pas dans la mer, mais termine sa course
dans un des lacs qu'on remarque au nord de l'embou*
chure du Béîsou. S'il est vrai que l'embouchure do
Tchelbasou soit souvent fermée, il n'y a cependant au-
(a) Tome Uy p. ia6 , 127.
(a) Le BenétikoQ est Trûsemblablenent le poÎMOD «««niet duqmel
le géographe arabe Massooli y contemporain de GoDStantio Porpliy.
rograète, raconte une singulière fable. On prenait également ce poir
Son dans le Kouban.
( 3i9j
cwo doute qu'à la saison des grandes crues ce fleuve
ne se jette directement dans la mer (i).
Le BovaLiR. mol turk que Bayer traduit bien par
iinio, consociaiia, est peut-être le Kazatchéi - Erik ,
cet autre bras du Rouban qui marche en compagnie
de la Tchernaia-Protoka , depuis aoa origine près du
fort Kopil jusqu'à son embouchure dans la mer d'Azof.
Enfin» le Rbader serait le fleuve que nous con-
naiaeons au)oard*bui sous le nom de Yéi (s).
Poursuivons l'examen du texte,
«Le canal Bourlik, dit l'empereur, est une embou^
tcbare du Palus«Méolis par laquelle cette mer preod
(f) Le mot Tolieib«ach no as semble être idtntiq«e avec an antre
nom qu'on rencontre plnsîeurs fois sur cette oâie, et qui renferme le
radical Ail. Noos Tonlons parler «In mot CmllbaUngr^ qui^ sur la
carte de Matthi^n Stentter, désigne la contrée autour de l'emboachure
du Téi y tandis que Callver serait un canton situé prés de l*em-
boachnre du Béison. A la vérité, sur la carte de la Petite* Tartarie
par Pierre Scfaenki, ce mot changé en celui de K^llbama déligne le
fleuve Tci lui-même « qui, sur Tnilap de Ihisfie, ainai que sur
plmeim a«tres cartes da siàplt passé, porte le nom de Cabanar.
Sur les quarante ou cinquante caries que nous avons pu com-
parer, il y a tant de différences entre les noms , tant de confusion ,
tant dVrreors manifestes , qu*il faut se tenir au seul fait sur lequel ces
cartet sont à peu près d*ac(K>rd, e'éat qu'on rencontre sur cette côte
an nom dtf fleuve qui renferme le radieal Bué^ qui parait aroiraubi
plusieurs modifications, et qui semble être changé aujourd'hui en celui
de Tcbalbaach. Pent*étre même ce dernier nom est-il antérieur à tous
cens que nous venons de (iter. — Mous avons trouvé les analogies
aoivantee du nom Bal : TchaUntida^ vîL à 16 lieues H. de Simfëro-
poi; Balkomy vil. & Tembouchure d*ttn ruisseau à 6 i/a lieues S.
da Pérékop; TekaêlMiou , vil. sur la rivière du même nom; Tchei-
baiou^ nom d*nn canton et d*un village ji 5 lieues S.-E. deKherson.
(a) Le mot de Rbader se retrouve dans Khaddjéder , nom d*uné ri-
vière qui se jettjs dans Fanse d'Alibéi à FO. d*Âkerman.
( 320 )
> son écoulemeot dans le Ponl-Exin , à Tendroit même
» où s'écoule le Bosphore. •
Ce passage présente dans l'original grec de grandes
difficultés que Bayer s'est efforcé de surmonter ; mais
sans succès.
Il importe d'abord de bien distinguer le détroit ap-
pelé Bourlik et le fleu?e Bourlik dont nous avons
parlé plus haut.
Selon Bayer, le fleuve Bourlik ne serait autre que le
Kouban, tandis que le canal Bourlik serait le Bosphore
Gimmérien lui-même. Le fleuve Bourlik, après s'être
jeté dans le Palus- Méotis, traverserait cette mer sans
mélanger ses eaux; et^ en conservant leur couleur pri-
mitive , arriverait jusque dans le Bosphore • auquel il
donnerait son nom.
Le fleuve Bourlik ferait ainsi un véritable voyage par
mer de vingt lieues au moins. Parmi tant de rivières
dont le CQurant est aussi rapide • et dont les eaux ne
sont pas moins bourbeuses» le Bourlik serait donc le
seul qui» traversant les flots de la mer» arriverait
jusqu'au détroit du Bosphore. Gela est impossible»
et ne vaut guère mieux que l'histoire du poisson de
Massouli (i).
Quelque obscur que soit l'auteur grec» il nous laisse
néanmoins le choix entre deux hypothèses : ou le Bos-
(i) Selon le dire desTataret, ce phénix parmi les babicants de la
mer, possédait nne force vitale si estraordinaire que ses inCestiiis,
jetés par les pécheurs dans le Rouban , descendaient ce flenre jasqae
dans le Pont-Euxin, où ils se transformaient enTeritables pwssOBS.
L'année suivante, le merveilleux animal remontait le fleuve pour' se
laisser prendre encore par les bons Tatares qni ne pouvaient s'expli-
quer la multitude incroyable d'esturgeons, qu*en renonçant aa bon
i»en«.
(3si )"
phore et le détroit appelé Bourlik sont identiques, ou
le Bourlik est une autre embouchure du Méotis qui
n'existe plus aujourd'hui* Si les deux noms sont iden-
tiques, nous sommes obligés de croire que le mot
Bourlik était le nom barbare du Bosphore. Cependant
Procope nous dit que ce détroit était appelé Tanais par
les indigènes. Le Bourlik n'était donc point identique
aTec le Bosphore ou TanaSs des indigènes. Ainsi, il ne
nous reste que la deuxième hypothèse , celle qui
ferait du Bourlik une autre embouchure du Héotis ;
et ce dernier cas a paru invraisemblable è Bayer.
L'empereur Constantin, en ajoulant à la description
du Bourlik les mots h à içnt o Bovitopoç, fait certainement
une distinction entre le Bourlik et le Bosphore, c Or,
• dit Bayer à ce sujet» on peut séparer ces mots de la
• phrase précédente en traduisant : Le Bourlik est une
• embouchure du Méotis par. laquelle cette mer s^ écoule
9 dans le Pont^Euxin; c^ est dans cette embouchure qu'est
M situé le Bosphore, • Enfin , selon cet auteur, le Bour-
lik désignerait toute l'étendue du détroit , tandis que
le Bosphore n'en serait qu'une partie, c'est-à-dire le
trajet entre Panticapaeum et Tamatarkba.
Mais il est prouvé par le témoignage de tous les au-
teurs grecs et romains, quel que soit le siècle auquel
ils appartiennent , que le nom du Bosphore a toujours
désigné le détroit actuel en entier depuis sa naissance
jusqu'au Pont-Euxin. Pline etStrabon le disent dans les
termes les plus précis. Et, enfin» l'empereur ne se se-
rait-il pas exprimé clairement s'il avait voulu faire al-
lusion à cette double dénomination?
Le Bourlik et le Bosphore étaient donc deux embou-
chures ou détroits différents, dont le dernier était si
XVIII. NOVEMBnR. 2. SI
(3i« )
unWerseiremeDt connu que l'empereur pou? ait s*y rat-
lacbeir pour détermioer la position de l'autre.
Où celle aulre embouchure du Méotb était-^elle si-
luée?
La solution complète d*une question si importante
exigerait peut-être des reeherches faites sur les lîeas
mèfiSfOS. Cependtint jusqu*à un certain point, on doit se
fier à des cartes faites avec soin p et à des descrip*
tions topograpbiques telles que oouâ en trouvons dans
Pallas. Si nous ne parlons pas du docteur Claïke » c'est
que ses descriptions manquent de précision géogra-
phique, et que la carte de l'Ile de Taman qui accom-
pagne son ouvrage donne une image peu exacte de la
figure de cette Ile et de la direction des chaînes de
collines qui la traversent
Il serait inutile de dire que ce n'est pas sur la côte
de la Crimée qu'il faut chercher les traces de ce pré-
tendu détroit : la nature du sol ne le permet pas.
Nous les chercherons dans Tlle de Taman , la Tama-
tarkha de Constantin Porphyrogenète.
• L'Ile de Taman, dit Pallas (i), est un pays aîngo-
tlièrement découpé» présentant tantôt des hauteurs •
» tantôt des plaines. Des affaissements du sol, des érup-
» lions d'une nature volcanique , des irruptions de la
■ mer, et enfin les inondations du Rouban sont les eau-
» ses des changements de terrain qui s*y sont opérés « et
• qui probablement s'y opéreront encore. » Nous com-
plétons celte description en y ajoutant, avecM.Dureau
de laMallei que « des altérissements provenant de l'im-
mense quantité de limon introduit dans la mer d'A-
(i) Rêite. . • Voyaf|[« dsM lei provinces méridioojiie» delà Ru»^
tic y a vol. ia-B*. Leipâg, i8o3 , tome II, p. i55.
( 5»5 )
zof par les fleuves qui s'y jettenl, ont sans doute pro*
duil ces langues de terre si caractéristiques sur les
côtes de cette mer, langues de terre qui, dans l'Ile de
Taman , séparent de la mer des lacs et des étangs qui
jadis étaient des anses et des baies. »
Ainsi le dessèchement d'un canal ou bras de mer
qui jadis traversait cette île n'appartiendrait nulle-
ment aui phénomènes extraordinaires dans un pays
dont le sol a subi tant de changements : aussi est-ce
aux attérissements que nous attribuonsle dessèchement
du Bourlik.
En ne jugeant que d'après la carte qui fait partie de
Fatlas de Russie» dressé au ministère de la guerre d'a-
près rorigînai russe, on serait tenté de placer ce détroit
dans l'isthme qui sépare la baie de Taman du lac de
Temrouk. Sur cette carte , la chaîne de hauteurs qui
traverse l'isthme dans toute sa longeur est interrompue
près du village d'Alibéi par une plaine étroite, et dont
la direction tend de Test à l'ouest. Mais la descrip-
tion que fait Pallas (i) de cet isthme prouve qu'il y a
erreur sur cette prétendue plaine, et que ia chaîne
est continue dans toute sa longueur, quoiqu'elle dimi-
nue en hauteur & mesure qu'elle s'approche du village
de Rhoum, où commence une autre chaîne de collines,
dont les contre-forts sont assez élevés. Près du village
d'Alibéi , cette chaîne est seulement creusée sur le
revers oriental , par une large vallée inclinée douce-
ment vers une plaine qui s'étend entre ces collines et le
lac de Temrouk. Celle vallée doit son origine aux eaux
de pluie qui s'y sont frayé une voie d'écoulement jusque
dans le lac; elle contient quelques sources d'une eau
(i) Vol.I, |i. Jifîp, coinp. avec p. 364.
( 3a4 )
salée et bitumineuse. Du reste • toute communication
du Méotisavec le Bosphore à travers l'tle de Tamaa n'au-
rait pu s'effectuer que périodiquement à l'époque des
grandes crues du Kouban; car cette lie , qui n'est or-
dinairement séparée du continent que par les embou-
chures du Rouban, Test alors par un immense lac qui
dégorge une partie de ses eaux dans la mer d'Azof , tan-
dis quel'aulre partie s'écoule dans la mer Noire.
L*isthme qui s'étend entre l'angle nord-est de la baie
de Taman et la mer d'Azof est d'une nature bien dif-
férente : laissons parler Pallas (i).
c En approchant l'anse orientale de la baie de Ta-
»man, tdit le savant académicien dans la description
de son voyage de Tmoutarakan autour de la baiedeTa-
man» c on Tenconive une plaine sablonneuse très peu élevée
» au-dessus du niveau de la mer. On y voit beaucoup d'an-
»ciennes tombes, et elle est couverte d'amas de sable
• que le vent y a accumulés » et qui ressemblent à de
• grandes mottes dont les bords sont très escarpés. En
• face du coin le plus reculé de la baie, on voit un
» vieux rempart dont la base a plus de lo toises de
• large » et qui s'étend de l'ouest à l'est à une distance
• de près d'une verste. Il est longé d'un fossé contenant
• çà et là des flaques d'eau saumâtre » et présente trois
• passages 9 jadis défendus par des bastions dont on
• voit encore les restes. Sans atteindre les hauteurs voi-
• sines , il finit au milieu de la plaine , et se termine
• en un petit mamelon. Ce n'est qu'après avoir franchi
• cette barrière , et à quelque distance de là , qu'on
• arrive à des hauteurs qui s'élèvent insensiblement»
• et qui sont couvertes d'une riche végétation de plantes
• herbagères. »
(i) Paget 378 , 379.
( 3s5 )
Celte plaine basse et sablonneuse , bornée à l'ouest
et à l'est par des hauteurs , et s'étendant d'une mer &
l'autre à travers un isthme large d'une lieue et demie,
porte tout le caractère d'un ancien lit de mer. Là ,
sans aucun doute, la mer d'Azof communiquait jadis
avec la baie de Taman. C'est là que nous plaçons le
détroit du Bourlik.
Deux causes ont pu contribuer à faire disparaître ce
détroit D'abord les sables apportés par le courant
de la mer d'Âzof , et puis un soulèvement du sol ,
provenant d'une cause quasi volcanique.
Depuis des siècles, l'Ile de Taman, dont le sol re-
pose apparemment sur une couche de houille , est te
foyer d'un vaste incendie soulerrain. Plusieurs cratères
s'y sont formés, et l'action du feu s'y manifeste de
tenaps en temps par des éruptions d'une matière fan-
geuse qui comble des vallées , et qui a donné nais*
sance à des hauteurs jadis inconnues. C'est à ce feu
souterrain qu'il faut attribuer l'apparition de cette Ile
qui , en 1799 , s'éleva tout-à-coup dans la mer d'Azof,
à quelque distance de la côte de Terarouk. Un sourd
roulement dans la terre , une violente agitation de la
mer 9 des tourbillons de fumée noire et épaisse , des
cendres lancées à une grande hauteur, enfin tous les
indices d'une éruption volcanique précédèrent ce rare
phénomène. Mais bientôt après la nouvelle tie disparut
dans les flots (1).
Si plusieurs cratères se trouvent à peu de dislance
de l'ancien Bourlik, il est très probable que l'action
souterraine du feu aura commencé ce que les sables de
la mer d'Azof ont achevé. Nous croyons que ce canal
(0 Pallas.
( 3st6 )
ft est fermé d'abord du côté de son écoulement dans la
baie de Taman. Il s'y forma alors un petit iatkme large
d*une verste d'abord » et c'est ce même isthme que les
habitants Buronlforlifié au moyen d'un rempart flaoqoé
de bastions pour opposer une digue aux hordes talares
ou toberiiesses. Le Bourlik. devenu un bras mort de la
mer d'Azof , s'est peu à peu rempli de sables jusqu'à ce
qu'enfin il n'en reslàt plus de traces que cette plaine
couverte de dunes que Ton voit encore de nos joars.
Un fait d'une haute importance vient corroborer no-
tre opinion sur l'existence du Bourlik en ce lieu. Sur les
bords de la plaine sablonneuse, dit Pallas(i)» s'élèvent
un grand nombre d'anciennes tombes d'une origine
tcherkesse. La distribution de ces monuments est ana-
logue à celle de beaucoup d'autres tombeaux qui cou-
ronnent les rives voisines du Bosphore et de la baie de
Taman, et dont le plus remarquable est celui qu'on ap-
pelle le tombeau d'Achille. Or» les habitants de Tama-
tarkha» qui aimaient à ensevelir leurs morts près du
rivage de la mer, auraient-ils choisi pour cimetière les
alentours d'une plaine aride? Ne devons-nous pas au
contraire conclure de la présence de ces monuments
qu'alors la plaine était couverte par les flots de la mer?
Et, si cela est vrai , nous pouvons fixer l'époque de la
construction de ces mausolées , et » de là , conclure
encore qu'évidemment , dans le siècle de Constantin
Porphyrogenète , le Bourlik était resté une embou-
chure particulière de la mer d'Azof ; car les tombes
(i)A U Yérité, cet auteur dit d'abord qua les lombes se trouvent
dsins la plaiae même ; mais en revenant à ces moniimenls 9 il iMirle de
leur distribation dans des termes très précis. Elles finitient, dit-il, avant
qu'on arrive au vieux rempart , et Ton n*en voit d'autres que sur le
terrain fertile qui s*élève au-delà de celte barrière, de sorte que ce
n'est pns la plaine , mais les bords qui en sont couverts.
( îa? )
n*éiant ni grecques» ni romaines, ni taUres, mais plus
probablement tcherkesses, el ce peuple n*ayani pris
possession de Tlle de Taman que dans le xie siècle au
plus tôt» il devient positif que les tombes n'ont été cods*
truites qu'après cette époque; d'où il suit que le Bour-
lik n'a cessé de servir de commuaication entre la mer
d'Azof et la baie de Taman que plusieurs siècles après
Constantin Porphyrogenète.
il est présumable que la ligne qui suit les plus grandes
profondeurs de la baie de Taman indique la direction
que prenait autrefois le courant du Bourlik (i). Ces
profondeurs ne correspondent pas seulement à celles
du Bosphore; mais encore leur direction et celle
du courant du Bosphore présentent un parallélisme
qui semble prouver que les deux détroits ont été for-
més à la fois par une même force , agissant sur un
sol de même nature. La direction des deux courants
ost d'abord du nord-nord-est au sud-sud^^ouest jusque
vis-à'Vis de Yénikalé. Là le courant du Bosphore se
divise en deux branches qui vont i l'ouest , le Bourlik
suivait une ligne parallèle depuis le milieu de la baie
de Taman jusque dans les environs de Tlle d'Âtekh.
Au-delà de cette île > les courants tendent au sud , et
même un peu au sud-est. A l'ouest d'Atekh • coulait et
coule encore le Bosphore, tandis que le Bourlik passait
sans doute à l'est entre cette lie et la pointe Younaia.
(i) Voy*la carte. — Afin de déterminer cette ligne, nous avons
comparé les cartes marines suivantes : Carte mmmuerile du détroit de
Taman ^ par J.-*B. Cloquet, Collection géographique du ministère des
affaires étrangères, n*" 3io4* — Plan manuscrit de la mer dAitf^
levé en 1774 p^r l<s capitaine de Kin$hergen^ ibid. , n" 3099. ~~"
Carie rédutU de, la mer Noire ^ drf*siée au Dépôt de la marine en
1813.
(3.8)
Après avoir fraochi ce double détroit » les deaz cou-
rants se jetaient conjointement dans la mer Noire.
C'est ainsi que s'explique le passage qai a présenté
tant de difficultés à Bayer ; car rien ne s'oppose plus
à ce que les mois • rh BoupXix irpb; -nr» rov n^ou5^«o9aY
» xatwppcT, iv c» içiv h Bo9iropo; » sigQifienI que le Bourlik
se jette dans le Pont-Euzin , à l'endroit même où 8*é-
coule le Bosphore. De plus ils désignent d'une manière
très précise le prétendu phénomène que le Bosphore
et le Bourlik, bien qu'ils formassent deux détroits se*
parés, se trouvaient néanmoins l'un dans Tautre.
Enfin , s*il faut avoir recours à des étymologies , le
mot turk bourlik , unio , consociatio , exprime assez clai-
rement le parallélisme , et la réunion ultérieure plos
complète des deux courants en un seul ( i).
Le nom actuel de Ttle d'Atekh nous est inconnu;
mais c'est bien celle lie basse , peu considérable , el ,
comparativement aux autres, longue (/«cya) que nous
voyons au milieu du Bosphore • entourée de plusieurs
tlots» et ceinte d'un banc de sable très élendu que cou-
vrent quelques pieds d'eau seulement. Le Bourlik ayant
cessé de se frayer ud passage entre Atekh et la terre*
ferme du Rorokondama, les sables charriés par leBos-
phore se seront arrêtés dans les parages où ils trou-
vaient une eau morte. Quant au groupe d'Iles ei d*llots
dont nous venons de parler, c'est toujours làqu'on fait
passer d'abord à la nage , et ensuile à gué , les trou*
(i) Voici quelques analogies du nom Bourlik : Bourlouk^ villa^ à
i'omboiichure dû ruiueau Aima, à 7 lieues S.-O. de Simpfiéropol.
BùuHakh^ vilL & rembouchure duoe anse de la mer Putride, à 4
liaues N.-O. de rembouchure du Salghoui (Salsoui}. Bouraki^ petite
rivière oui se jette dans la mer Putride , h 9 lieues N.-R de Pé-
rékop.
( 5«9 )
peaux de bœufs destinés à s'engraisser sur les riches
pâturages de Taman. Le Bcnriropoç sert toujours au pas'
sage des bœufs.
Nous allons démontrer par d'autres citations com-
bien la description de l'empereur fait supposer l'exis-
tence d'un deuxième détroit
En fixant la distance entre Panticapaum et la ville
de Tamatarkha , l'auteur s'exprime ainsi : t xl ^caçn/u»
Les mots toû toioutou çofuw ne peuvent se rapporter
qu'aux précédents çoiuwih EwfXt%* de sorte qu'il parle
de la largeur du fiourlik, qui, en ce lieu, confondait
ses eaux avec celles du Bosphore. Mais aujourd'hui la
plus grande partie de ce trajet s'effectue à travers l'em-
bouchure de la baie de Taman, qui, autrefois, était
la partie la plus large du Bourlik.
L'existence d'une deuxième embouchure du Méolis
n'était pas inconnue à Pomponius Mêla.
iUne contrée d'une largeur peu considérable» dit
• cet auteur» s'étend entre le Pont-Euxin et le Méotis
t jusqu'au Bo8ph(»re. Le PaktS'Méotis dégorge ses eaux
^par deux canaux , dont l'un s'éœufe dans un (le) lac ,
9 r autre dans la mer (le Pont-Euxin) , eh formant ainsi
• la presqu'île de Korokondama (i). »
(i) Lib. I, cap. 1,9. — Regio in lacam modice patens, inter Pon-
lum paludemqae Msotin ad Bosphorum occurit : quœ duobusalveis
in lacum et in mare profluens , Corocondamam peninsulam reddit.
Tschukke^ dans son édition de Pomponius Mêla en 7 vol. in-8* ,
n*a pas rempli moins de cinq pages de conjectures sur ce passage ,
dont Texplication lui a para impossible au point qu'il croit le texte
corrompu. Compilateur plutôt qu'écrivain , il a eu recours aux opi-
nions des commentateurs, au liçu d*étudier la nature des localités.
Mais la seule possiLilîtë de l'existence du Boutiik une fois démontrée,
( 33o )
Quel est ce lac? Ce ne peut êlre le lac de Temrouk;
car loin de receToir les eaux du Méolb . il y dégoi^e
au contraire les siennes par deux canaux : auAsi ne
croyons-nous pas nous tromper en supposant que Tau-
teur ait foulu désigner la baie de Taman qui ressem*
ble assez à un lac. Ce qui nous confirme dans cette
opinion , c*eBt que le nom de Korokondama (i) appar-
tenait autrefois à la partie de l'Ile de Taman qui , en
forme de presqu'île» s'étend entre la baie de Taman
an nord, et la mer Noire au sud. Il n'est guère possi-
ble que par les mots duobus alveis , l'auteur ait touIq
désigner les deux extrémités du Bosphore ; car ce n'est
pas le Bosphore, mais bien la baie de Taman, qui » avec
le Pont-Euxin , forme et entoure la presqu'île de Ko-
rokondama.
11 est facile de voir que la péninsule, bornée au
nord par la mer d'Azof , i l'ouest par le Bosphore , au
sud par la baie de Taman , et à l'est par le Bourlik »
était une lie complète tant que ce dernier détroit existait
Et au sujet de cette lie nous allons citer encore ici queU
ques passages de Slrabon, de Ptolémée et de Pline, qui
semblent prouver que ces géographes ont connu le
détroit de Bourlik, quoiqu'ils n'en parlent que d'une
manière indirecte. Dans la mention que Strabon fait
des lies situées dans le Méolis , cet auteur s'exprime
ainsi :
• A cent slades de la ville de Tanals , est située Tlle
ce passage de Pomponins Mêla, loin de présenter la moindre difK-
culte, dit au contraire de la manière la plus précise et la plus simple
que le Palus-Méotis s'est jeté dans le Pont-Euxin pariteuy embou-
chures.
(i) Le nom ancien de Tîle de Taman était rfïvv^ — Pline, Hi»t.
nat. , 17,6.
(35i )
• d'Aiopékidi habitée par des gens de différentes na-
> lions. Le Méotis contient encore plusieurs autres lies ,
• mais elles sont petites (i). »
Ptoléoiée (a) connaissait aussi l'Ile d'Alopékia ; mais
il la place à une distance plus grande du Tenais , tan-
dis que Pline (3) la fixe dans le détroit du Bosphore.
Les trois auteurs n'étant pas d'accord sur la position
géographique A^Alopékia^ il faut bien qu'au moins
deui parmi eux se trompent. Mais comme il n*y a pas
d'Iles à la distance de loo stades ( 4 >/4 lieues )» soit de
la ville de Tenais, soit de lembouchure du fleuve de
ce même nom» l'erreur est apparemment du côté de
Strabon et de Ptolémée. Du reste , dans toute la mer
d'AsoF, il n'y a aujourd'hui aucune lie tant soit peu
considérable ou même habitée , si ce n'est périodique-
ment , et par quelques pécheurs seulement. Si donc
Alopékia a vraiment existé, il faut la placer avec Pline,
à l'entrée du Bosphore, du côté de la mer d'Atof.
L'erreur de Ptolémée et de Strabon peut s'expliquer.
Nous savons que Tenais ne désignait pas seulement le
Don , mais que ce mot était aussi le nom barbare du
Bosphore. Peut-être les deux géographes en se fondant
sur des récils , mais trompés par l'identité des noms ,
ont^ls placé dans le voisinage du Don l'Ile située prés
du Bosphore. C'est ce que nous sommes d'autant plus
porté à croire que les cent stades que donne Stra-
(>) Xly 36. IlfMUittti èi ïn cxarov ço^coiç roù cfiiropt(ou vî^^oç
irXf}9cov iv T^ Xcpm^.
(a) Cap. V ÎQ fine. Il lai donne aussi le nom de Tanaïs. Cepen-
dant il est évident qu'il ne veut pas désigner l'ile située entre 1rs
deux embouchures du fleuve Tanaïs.
(3) IV, 36.
( 33â )
bon pour la distance entre Alopékia et le Tanais ou
Don, forment juste l'intervalle compris entre le tom-
beau d'Achille sur la pointe sud de celte lie et Tilot
d'Atekh, situé au milieu du Tanais ou Bosphore.
D'après ces données , ne serait-on pas tenté de re-
connaître dans Alopékia la grande lie formée autrefois
par le Bosphore et le Bourlik, tle où, certainement, des
gens de toutes nations pouvaient se rassembler pour
faire le trafic ? Gela admis on ne s*étonnera plus des no-
tions que Ptolémée, Strabon, et surtout Pline» ont pu
avoir sur le détroit qui séparait Alopékia de l'Ile d'Eion.
Or, ce détroit , c'est le Bourlik.
Il nous reste à dire un mot au sujet du fleuve Ow-
kroukh. G'estt sans contredit» et comme l'a déjà observé
Mannert, le bras principal du Kouban, dont l'affluent
le plus considérable s'appelle encore Oubookh» et non
Ouroup , comme on lit sur la plupart des cartes.
La carte de Tile de Tamatarkha et du Bosphore
cimmérien qui accompagne le Mémoire a été calquée
sur l'allas de Russie dont nous avons parlé plus haut.
Cependant nous avons rectifié, d'après la description
de Pallas, la figure de la Séwernaia-Kossa , et la posi-
tion des lies qui forment le groupe d'Atekh. Nous avons
également rectifié le dessin des hauteurs et de la plaine
sablonneuse près du village de Khoum , et nous y avons
ajouté les noms anciens écrits en caractères romains
et les cotes indiquant la profondeur des eaux du dé-
troit et de la baie de Taman , ainsi que la direction
des courants du Bosphore et du Bourlik.
Questions posées par M. Plate h la suite de son Mémoire^ et dont U
demande la solution aux personnes qui seraient dans Ir cas défaire
des observations sur les lieux.
1* De combien de mètres le niveau de la mer Caspienne csUil
inférieur à celui de la mer Noire?
( 333 )
a^ Le résultat obtenu par M. de HumboUlt) est-il générale-
ment adopté ?
3* Quels sont les autres k'ésultats obtenus par d'autres per-
sonnes?
4" Y a-t-il des différences remarquables entre les résultats
obtenus an moyen du baromètre et ceux obtenus au moyen de
l'eau bouillante?
5^ Qnelle est l'élévation de Sarepta , sur le Wolga , au-dessus
du niveau de la mer Caspienne?
f)* On désirerait connaître, dans le bassin de la mer Cas-
pienne y l'altitude du plus grand nombre de points possible au-
dessus des niveaux de la Baltique et de la mer Noire.
7* On demande l'élévation de Novo Tcherkask , sur le Don ,
au-dessus de l'emboucbure de ce fleuve.
6" L'élévation de l'embouchure du Don , au-dessus de la mer
Noire.
VOYAGE EN ABYSSINIE.
LbTTBB tïfL H. AnTOINB o'ABBADfB A M. JoMABD.
Â'yiat, 3 décembre 1841.
HoNSIBUB »
J'ai reçu au mois d'août seulement votre lettre du
3o mars , et comme je n'avais à cette époque que très
peu de nouvelles à vous communiquer, j'ai retardé ma
réponse jusqu'à ce que j'eusse visité quelques inscrip-
tions qui m'étaient annoncées sur la frontière d'Abys-
sinie, et dont la localité me faisait espérer qu'elles pou-
vaient se rattacher au temps où florissaient Axum.et
Adulis.
( 554 )
La chaîne ou plutôt le rebord oriental du plateau
abyssin , qui, dans les environs de Halay» s'élèTS à plus
de 9,600 mètres de hauteur, se relie au rivage de la
mer Rouge par une suite de vallées généralement pa-
rallèles, et dont la direction s'écarte peu de celle da
méridien. Nous avons très peu de notions sur les val*
lées orientales du Sanhey t et de Mansah ; celles qui s'é-
tendent à l'ouest de la plaine de Mouta't, et que )*ai
parcourues dans un état de souffrance trop grand
pour pouvoir en fixer la position , s'élèvent jasqu'anx
plateaux du Hamasen, qui forment la partie supérieure
du ba9sin de l'A'nsaba. Plas au sud esl la vallée de
Damas , parcourue jadis par une poignée de braves
Portugais t sous Christofb de Gama, plus tard par
Poncet, et enfin par HM. Combes » Tamisier et de Kat.
Cette route se foint au plateau de Goura' parle col de
R'ayôhkor , qui est fort bas et ouvert. La quatrième
vallée, toujours en allant du nord au sud, est celle
dite A'iy-Gôde , qui longe le tombeau et la montagne
d'Aa'sa-Oli , et a été parcourue par Sait La route dite
Seah-Gôde est au sud de la précédente, et débouche
aussi un peu au sud de Harckicko. La 6* vallée est celle
d'Anazo qui part de Seah sur le terrain des Sana'dôgle.et
se confond ensuite avec la vallée de Chaykh-Ara« fissure
étroite à pentes brusques qu'on ne peut parcourir en
plusieurs endroits qu*à pied , et qui débouche dans la
vallée de Hadas à Af-Elîle un peu au sud de Hamhamo.
La huitième vallée esl celle de Hadas, parcourue par
Bruce, Sait, et par la plupart des voyageurs actuels.
Près de sa partie supérieure elle se bifurque en deux
hautes vallées, celle du Choumfayto et celle de Sou-
louh. Les eaux de Hadas se perdent dans la terre , ex-
cepté pendant les torrents énormes mais très éphémè-
( 555 )
Tes des mois d*élé. Alors ces eaux grossies par les
pluies qui tombent sur des pentes nues » se réunissent
à Wia' (Oba de M. Rûppell), et se rendent à la baie
d'Ansley en longeant les ruines d'AduIis. La même
baie reçoit aussi les torrents de la vallée de Koumoyle,
dont l'entrée est plus près d'Adulis que celle de Uadas,
et dont l'extrémité supérieure débouche par le col de
Zartalamo sur le plateau de Kabayto.
Les ruines d'Adulis ont été visitées par H. Rûppell .
qui les place par i5^ i5' 44^, position trop septentrio-
nale par rapport à Afta , dont la distance mesurée au
pas est de i«34o mètres au lieu de 2,700 pieds seule-
ment. Le souvenir d*Azooli n'est pas encore éteint
parmi les habitants d'Afta et de Zoula, situés, l'un au
sud , l'autre au nord de l'ancienne métropole grecque.
Les visages des pasteurs ont un air européen qui frappe
surtout un nouveau venu, et l'on donne encore aux
jeuMs filles le nom de Sof ta , nom inconnu dans tout
le reste du pays. La catastrophe qui a détruit Adulis ne
saurait être fort ancienne ; en effet, d'un côté» d'après
sir Alex. Jobnsiton * les habitants de l'Ile de Ceylan en
parlent encore comme d'un port commerçant jadis
avec l'Inde; d'un autre côté, les traditions des pas-
teurs Sabo sont très positives et très nombreuses sur
l'ancien état florissant du port des Ptolémées. On se
plaît à raconter à l'étranger combien étaient beaux et
nombreux les magasins de pierre où les marchands en-
tassaient les richesses de llnde ; combien était beau le
débarcadère , où les matelots sans quitter leur bord
déchargeaient les chameaux avec leurs galhaubans;
enfin combien étaient grandes et lourdes les églises de
pierre où les citoyens de la ville détruite priaient un
autre Dieu que celui de Mohammed. Lors de la fa- '
{ 536 )
meusc' invasion de Timam Ahmed « surnommé Gran
ou gaucher par les Abyssins • une troupe d'Aiar ou de
Szomal , la même probablement qui avait détrait les
villages de Rahayto, alla attaquer Adulis» dont lea ha-
bitants se défendirent bravement. Le chef des envahis-
seurs mordit la poussière avec plusieurs des siens, et
l'on montre encore leurs tombeaux au sud de Zoulau
Plus tard , à une époque que je n'ai pas pu détermi-
ner, les Belaw de Harckicko, venus depuis peu de celte
partie de la vallée du Damba' qu'on nomme Barka sa-
périeur, et qui appartenaient à la tribu Bodja des Na-
taby voulant faire passer le commerce par Mouszawvra*.
allèrent ravager Adulls. C'est probablement à celte
époque que les Adoulay, qui sont la plus ancienne fa-
mille de Mouszawwa', quittèrent la ville grecque pour
se conformer à la volonté des Belaw. Cependant, il
resta encore du monde dans Adulis, qui fut définitive-
ment détruit par un tremblement de terre ,* selon la
tradition de flarckicko. Les vieillards de Zoola disent
avec plus de naïveté et de précision que les gens d'A-
zouli étant devenus pervers , la mer entra un jour par-
dessus leurs tètes et leurs temples , fit disparaître les
rues sous des monceaux de sable , et se retira après
avoir jeté la mort partout. Plusieurs circonstances ten*
dent à confirmer la vérité de cette tradition. En effet ,
tout le terrain d'Adulis est évidemment un terrain
transporté ; les pierres de lave noire dont le sol est
jonché ne suffisent pas pour les nombreuses maisons
qui doivent avoir existé , et le peu qui reste des tem-
ples consiste surtout en chapiteaux, car les fondations
auront été englouties. D'ailleurs , le grand torrent de
Hadas et Wia' passe, non pas sur le site delà ville, qui
est une légère éminence, mais bien à côté; et lorsqu'il
(55; )
ï détache parfois des lambeaux du sol d*Adu)is, on y
r: découvre des vases très fragiles , mais souvent entiers ,
n ce qui implique évidemment une catastrophe inalten-
è due et soudaine. Dans les environs, se voient encore
r. plusieurs fragments die marbre blanc, et l'un d'entre
s eux, qui est un objet de vénération pour les gens du
k pays» a tout Tair d'avoir été le pied d'un siège, peut-
t être de la fameuse chaise dont parle Cosmas Indico-
e: pleustes. Quoi qu'il en soit, il est probable que la
K fameuse inscription existe encore enfouie quelque
i part dans le pays, et pour m'en assurer, je dis aux
f gens du pays que l'inscription existait. Un Saho séduit
( par l'appât d'une récompense offrit de m'y conduire,
^ et nous nous mimes en route le 9 1 septembre dernier.
. Après avoir quitté Harckicko , nous passâmes entre les
) monts Gadam et Khabon-Farray, et après une marche
de six lieues et demie , nous arrivâmes au misérable
ruisseau de Tarakaba. Tout près de cette eau , qui ne
tarit jamais, se voient encore les ruines d'un bâtiment
construit sans chaux il est vrai, mais avec un soin au-
jourd'hui inconnu dans le pays. Il dut servir de station
pour les caravanes d'Adulis , et les Saho l'appellent
macCnan tout comme les énormes tas de pierres répan-
dus çà et là aux environs du mont Gadam , et qui pas-
sent pour être des tombeaux.
De Tarakaba, trois heures de marche nous condui-
sirent au commencement de la vallée de Koumoyle.
Quatre heures de plus nous menèrent à un point où
la vallée resserrée entre des rocs de granit et encom-
brée par un beau ruisseau coulant à gros bouillons , ne
laisse pas un passage même pour un mulet. Nous perdî-
mes du temps à former un pont provisoire ; mais les
gens m'assurèrent que de mémoire d'homme cette
XVill. ROVEMBRB. 3. 22
( 338 )
passe était très pmtic^bl^, mime pour U06 mule char-
gée. De lé, une ipaixbe de six heures el quart nous
mena au pied de la moplée roîde qui relie la vallée au
haut plaieau supérieur* En deux beurçe de plus, nous
atteignîmes le col , d'qù je relevai Veûmutb de Teailré-
mité septentrionale de la plaine de sel. Peu après nous
arrivâmes au hameau Saho^d'Op^r. Ce hameau de pea-
teurs est siJLMé à quelques mètres seulement aunieasoaa
dq niveau du plateau de Rebayto, dont i) ferme le pro*
longement. La température de l'eaq bouillante (91.519
grades) comparée avec Iqs observations du baromètre
Taites simultanémenti MQlissavnfva*» donnent nM^mè'
très pour la hauteur de ce plateau au-dessus de la nier
Rouge. J'ai pris . de troii points de Kahajto, des an-
gles azimuths pour relier cette terrafse aux montagnes
d*Adwa, où j*avais mesuré une base géodèaique dhna
mpD deuxième voyage; mais n'ayani pas encore oal*
culé ces angles » je ne puis pas dès h présent vous dwo-
ner le résultat en longitude et en latitude* lUbaylo eal
un plateau extérieur au point culminant de la chaîne*
et une valljâe tfès profonde du côté du nord le sépeve
du plateau de Halay. I^e sol est formé du même gi^
blanc quartzeux qui abonde dans tout le Tôgray , et ae
montre même çà et le è l'ouest du Takaxe. Ce grès eal
presque toujours horizontal , el disposé, souvent en
grands blQCs ^ cassure droite comme le grès de Fontai-
nebleau, Le quartz chalcédaine qui sillonne ce grès
dans le Tôgray, sous forme de veines pafaUèles à la di-
rection des montagnes orientales d'Ahyeainie • ne s'est
pas rencontré dans le^ courses rapides que. je fis à tra-
vers le plateau ; mais, è Kehciyto comme ailleurs, le fer
hjdroxidé se n^ontrf souvent à la aurfaca du gréa, et
en Ifi préservait de Taclion des éléments il a conaervé
(539)
^ les ÎDScriptions informes qu'on in*af ait annoncées atee
' tant d'emphase.
D'Orôr nous nous dirigeâmes vers le sud«esk dans
^ la direction des monts Sawayra, par an sentier
I qui serpente tantôt dans de petites prairies mêlées
> d'arbustes en fleurs, et tantôt sur le grès nu, qui
I était souvent disposé en degrés brusques. Le pre-
I mier point que nous visitâmes fut une large surface
I de grès dénudé, nommée aujourd'hui pierre de Sa**
lomon , et offrant une foule d'inscriptions en carac-
\ tères éthiopiens modernes, des croix et pluûeurs H-*
I gnes tellement jetées au hasard, que si je n'avais
I trouvé des lettres bien tracées à côté, j'aurais été tenté
I de les attribuer à des veines du grès. On nous mena
I ensuite à deui cavernes très peu creusées, où il y a
I une foule de dessins faits avec une substance rouge ,
très grossiers il est vrai, mab encore trop au-dessaa
des forces des habitants actuels pour qu'on ne soit
forcé de les attribuer à un temps beaucoup plus an*
cien. De là nous allâmes visiter, vers le sud, use ex-
trémité du plateau légèrement penchée vers l'est. Là
est comme une auge carrée, longue de i™,85 et large
de l'tiA environ, creusée dans le grès avec beau-
coup d'art et de r^ularité. Le fond est encombré de
fragments de pierre , qui selon les Saho formaient ja-
dis une bâtisse au-dessus. On l'appelle le tombeau
d'Aphar , et son grand aXe est à peu près est et ooest.
Près de là» est le commencement d'une autre fotôlle
dans le grès s une partie est remplie de sable fin , j'y
enfonçai ma lance à plus de o^'ya sans trouver fond*
A quelques centaines de mètres de là , sur une petite
éminence et près d'une belle source se dressent trois
piliers, dont la section est un paraDélogramme à pans
( 34o)
coupés, long de o*»3 environ. L*aze esl à peu près
nord et sud. Le pilier est poussé de côté par un gros
arbre, ce qui rappelle le beau daro qui pousse lente-
ment vers la terre le dernier obélisque d'Azum. On
aperçoit encore les traces des coups de ciseau qui tail-
lèrent ces piliers.
Les mesures que je donne ici ne sont pas rigoureu-
ses f car je les fis seulement en posant ma lance comme
par mégarde le long des monuments ; les gens de
Tokbouda et d'Adi*R'ajôbb, qui revendiquent Rahayl»
comme leur patrimoine , avaient expressément stipulé
que je ne prendrais ni notes ni mesures. Ces scrupules,
que je ne m'explique pas » furent tellement vifs» qu'il
fallut négocier deux jours entiers avant de visiter So*
fora , monument fort simple et beau qui annonce une
civilisation aujourd'hui inconnue en Abyssinie. C'est
un vaste bassin borné sur trois côtés par les roches d«
grès blanc : le quatrième côté étant ouvert dans la
pente, on l'a barré par un mur de 67 mètres de long ,
haut de 3 mètres au milieu , et formé de blocs sans
mortier, taillés au ciseau et assemblés avec un soin re-
marquable. Les grandes assises hautes de o*,5 aller-
nent avec d'autres assises de o*»o8 de haut. Cette ci-
terne avait deux portes et une grande maison aujour-
d'hui en ruines, que la tradition attribue à son gardieo.
Non loin de là est un monument , nommé Maryam
Wak'hayro, formé de six piliers, dont la forme est pa-
reille à ceux déjà décrits • mais dont la hauteur est
de 5*,5 , le grand axe de la section ayant 4 décimè-
tres. Cette section et la forme très simple des chapi-
teaux me rappelèrent vivement les fragments de colon*
nés qui gisent sur les décombres d'Adulis, et il est
impossible de ne pas attribuer les uns et les autres à
(34. )
la même époque. Ces six coloanes dessinent un carré
long et sont espacées de s'^S. Rien n'indique nt
un toit ni une enceinte. A soo pas plus au ^ud , sont
deux colonnes seulement dans une direction perpen-
diculaire à celle des six piliers de Maryam-Wak'hayro.
L'une d'elles est tombée , et l'autre a un chapiteau plus
fini que tout ce que j'avais vu encore. Ce chapiteau
est adulitain. Ces colonnes sont dans les ruines d*une
enceinte carrée » et près de là est le fond d'une coupe
en granit fin large de a*,5, et qu'on m'a assuré
avoir vu avec ses deux anses taillées dans la même
pierre.
A dix minutes de là est un tombeau taillé dans le
grés blanc» qui forme ici une sorte de promontoire
au-dessus d'une fissure profonde de 60 à 100 mètres.
Ce tombeau a i"»97 de largeur (ou de longueur si l'on
regarde l'extérieur seulement). La profondeur est d'en*
viron i^'yfio jusqu'au rebord sur lequel repose le mur
intermédiaire. Sous cej rebord , sont deux croix grec-
ques taillées en relief, ce qui indique évidemment
une origine chrétienne. Le caveau souterrain a environ
5 mètres de long, et son plafond est noirci par la fu-
mée; mais les angles (car le caveau est un parallélipi-
pède) sont blancs , comme si jadis on les avait remplis
de mortier pour simuler une voûte. Le fond de l'exca-
vation est rempli de débris. L'axe est exactement est
et ouest» et la tradition appelle ce monument le Tom^
beau de C Égyptien (Makabar gyptsi) , et prétend qu'on y
sacrifiait tous les jours un etnam de blé et deux
bœufs.
Le dernier monument que j'ai visité est composé de
quatre colonnes, peu belles et entourées d'une double
enceinte comme les églises actuelles d'Abyssinie. On
( 54s )
y monte par trois degrés, reste d'an antique esealier.
Il y a quelques années qu'on y déterra une croix de
bronze » ornée d^une in&eriptton éthiopienne » el qui
existe encore dans la prof ince de Goozay.
Dans la fissure près du tombeau de l'Égy tien » est an
précipice naturel, presque cylindrique et resapU d*eau
lors de ma ?isite. On m'a assuré que lorsque, «ers la fia
d'avril, le soleil devient vertical à midi, Teani se desefe-
cbe, et qu'on voit alors un puits d'une immense pro-
fondeur construit de pierres de taille. Si cela est Trai,
ce serait le plus beau monument de tout le plateau.
Le !•' octobre, nous visitâmes, à environ sept à huit
milles d'Orër, vers le sud-est, une caverne dontles pa-
rois son4 remplies de dessins grossiers et d'inscriptions
informes , mais que la forme de leurs lettres ne permet
pas d'attribuer à une haute antiqniiéw H y a encore on
grand nombre de chiffres entrelacés et des croix à anse,
ce qoi permet, je crois, d'aflBrmerque ce&inscripiMis
sont l'ouvrage d'Égyptiens. Il est du veste Sort diflfeile
de former un sens avec les mots épars qoi existent en-
core sur les rochers.
Je joins ici un échantillon Je ces inscriptions, que }e
serais tenté d'attribuer aux Égyptiens qui ivangéliaè-
rent l'Abyssinie païenne. L'un d'eux dît que l'écrivain
est de Yaho , prorince bien connue du Tëgcay. Cette
caserne se nomme Mata«Libanos , ce qoi est on non
religieux.
Près de là est une vallée étroite d^une grande pro-
fondeur» dessinée par trois colKnee. De Tune d'elles
se projette une colline petite , isolée , ornée auîeor-
df'hui d^uo bel arbre qoi se penche da cèté de TÉthio-
pie. Selon la tradition, cette petite émîmaice étant
l'autel o4 les premiers apAires de l'Abysainîe oAraieat
( m )
le sacrifice divin, et la foule m {yro»lertiait sur les pen-
tes de cette profonde vallée, car on était alors dans tid
siède de ferveur et de foi.
NoQS quittâmes Kabay^ le 4 octobre , et j'allai pren-
dre au col de Zartalamo des angles aVéc un théodolite
pour fixer la position de retirémité de la phiine de
sél. Ces gens, accoutumés à pré^nt à chercher des in-
scriptions, s'amusèrent à lever la couche mince de
gazon dont le roc horizonta était revêtu. Ces inscrip-
tions contiennent à la fois la forme ronde du waw
éthiopien et la forme anguleuse et plus antique du w •
La pierre de Salomon a tes deux formes du m éthio-
pien» ce qui indique une époque de transition. Du
reste» aucune inscription n'offre uq sens suivi.
Je suis entré dans quelques détails sur ces monuments
bien simples d'ailleurs, parceqcie )e ne me rappelle pas
qu'ib aient été décrits par les voyageurs» et parce
qu'ils tendent à faire croire que c'est par Rahayto que
passait la route commerciale d'Adulis à Axum. Selon
la tradition, deux frères, Falouk et Malouk, vinrent de
la mer. Le premier s'établit dans le Hamasen » le der-
nier dans Kahayto, et eut pour fils Akala et Gouzay»
dont les noms désignent encore aujourd'hui des pro-
vinces voisines. Rahaylo fut lé premier lieu où s'établi-
rent leâ apôtres de TAbyssinie » et les temples aduli-
tains (probablement jadis des temples païens) furent
leurs prremières églises. Ce genre de constratition s'é-
tendit dans Gouzay, car le village de Ikfarta a encore
aujourd'hui une église de cette formé antique. II y au-
rait eu soixante-dit églises dans Kahayto , mais au-
jnurdlïui' il reste à peine les vestiges de quatre. La
tradition attribue la destruction de ces villages au roi
Malasay, ùom popiïlaîre du conquérant de Ilarar, que
(344 )
ses compatrioieB nomment rimam-Ahmed » et qae
l'histoire abyssine désigne sous le nom de Gran. Sans
recourir aux témoignages des indigènes» on peut voir
dans Alvarez combien l'Étbiopie était riche avant la
venue de ce Tamerlan africain , qui régna depuis Tem-
bouchure du Jeb ou Wabi jusqu'à Senpfir» et de-
puis Sawakin jusqu'au plateau presque fabuleux d'O-
narya.
Antoine d'Abbadib.
LETTRES
DE M. ANTOINE D^ABBADIE A M. D'AVEZAC
SUR DIVERS POINTS
DE GÉOGRAPHIE ÉTHIOPIENNE.
N» 9. Adwa , ce â juai iS4>-
Mon cbeb honsieub ,
Je profite du départ de MM. Ferret et Galinier » ca-
pitaines d'état-major, pour vous faire panrenir quel*
ques nouveaux renseignements sur la géographie de
l'Ethiopie. Ces zélés voyageurs se sont occupés presque
exclusivement de la carte du pays qu'ils ont visité. Par-
tis l'an dernier d'Adwa pour Hhôntalo , ils ont fait des
reconnaissances dans l'Ond&rta , TAgamé , et jusque
sur les rivières des Thalthal ou A'fàr. Us ont ensuite vi-
silé le Salowa , l'Abârgàllé » pays ag&w • et traversant
le Takazé , sont allés mesurer le mont D&djftn » qui est
la plus haute montagne du Somen • et peut-être de
( 545 ;
ioale i' Afriqae , car elle dépasse 4 5oo mètres. Après
un séjour de plus d'un mois à Gwftûdftr et dans les
environs , ils sont revenus ici par le Ghbré , et comptent
aller à Houszftwwa' par Ogttla-Goura'etK*ayôhhkor.Je
ne doute pas que la Société de géographie ne prenne
un bien vif intérêt au travail de ces jeunes officiers.
Pour moi , qui me suis vu retenu à Adwa depuis
près de trois mois, je n*ai pas à vous entretemr de tra-
vaui positifs; mais les pajs voisins de l'Abyssinie sont
encore enveloppés de tant de mystères, qu'on peut
être excusable en ne transmettant sur eux que des dé*
tails recueillis oralement. Dans ma lettre à H. Daussy,
datée de Mous2ftwwa\ le i8 août i84i (i)» )*ai donné
au long mes renseignements sur le pays des Szomal ,
c'est-à-dire la contrée jusqu'ici laissée en blanc dans
nos cartes, et comprise entre Hbârttr, le cap Guard*
afui et l'embouchure du Djeb. J'ai donné mes raisons
pour croire que ce dernier Qeuve est identique avec le
Wftbi des Szomal , qui est d'ailleurs mentionné dans
les chroniques abyssine^ à propos d'une victoire rem-
portée par le roi Glaudios. Il est naturel de faire un
rapprochement entre le Djeb ou Jeb des Arabes et le
Zebee des Portugais ou Kibbee de Bruce , assez ressem«
blant d'ailleurs au Gibé des Gallas du Limmou , qui ,
(i) Ceue lettre, qui parait avoir été écrite entre le 21 juillet et
Je 18 août i84i) esc insérée , à la première de ces dates , dans le Bul-
letin de janvier 1843 ^ pages 43 à 5o. Lea renseignements sur le pays
des Sçoumâl, joinU àcette lettre, et que M. d'Abbadie recommandait
spécialement à mon étude personnelle, sont imprimés dans \eBullHin
de février, pages 89 et 99. Suivant le vœu exprimé par le voyageur ,
ils ont fait , de ma part , Tobjet d*an travail particulier, imprimé dans
le même Bulletin (pages 81 à 88 et 100 à 1 13), et accompagné d*one
esquisse graphique ou se trouve rempli pour la première fois l'inté-
rieur de la grande presqu'île orientale de TAfrique. — * A
( 346 )
selon mes derniers rapports , coule d'abord vers l'est ,
ensuite vers le sud et l'ouest» formant autour d'Ônarja
une courbe semblable à celle de l'Abay autour du Go-
jam« du Damol, etc. Le jeoiie marchand qui demeure
cfaea moi vient de me répéter qu'au marché de Dambi,
situé sur la rive gaudie do Gibé , qu'en traverse là eur
un pont de bois , les eaui de cette rivière coulent vers
l'ouest .-selon lui, d'ailleurs, elles ne se réunissent pae à
rAbajr^ Quoi qu'il en soiti il était intéressant de cher-
cher sî^ dans l'espace de 700 on 800 milles qoi sépareot
Onarya de l'embouclive du Djeb » il y aivait une pente
suffisante pour le cours d'un fleuve. Pour déterminer
ce point si important sans sortir d'Adwa « je dos avoir
reeomrs à la eomplaisanee de IL Schîmper^ oonseiieii-
oieux botaniste allemand , à qai ses longs travanï en
Abyssinie permettent d'assigner , à 100 mètree près ,
la hanteor d'un plateau dent il eonoall la végétation «
ou , ce qui revient au même , les plantes désigttées par
leurs noms Tdgray. il est permis de ciboire qo'nd voya-^
gem* abyssin fait peu de cas de plantes an^Mttes on
herbacées ; mais- les arbres doivent attirer son atten-
tion , surtout s'ils sont de la même espèôe que cewi
qu'il connaît dans- son pays.
NOMS d'aBBRBS croissant A ÔNARTA »
en llmorma .
en Amharha ,
en Tô'grof.
Uakanisa.
Môsanna.
Tamboukh.
Koudittlfira.
Atat.
Atat.
Kwaflati.
Iche.
Koumah
Wadesa.
Wanza.
Awhhey.
Edjersa.
Wayra.
Awle.
Doukone.
Loukwata.
Souakia.
Laflo.
Gdrar.
TtcbMifaa
Afaâgama.
Kosorro.
Oda.
IlarboQ.
Agaœsa.
Bbiloha.
Lougo.
? {ricmus).
K'olobo
Biddi {solaiaée).
(54?)
Gllinttro.
?
Kûch&chUla.
Chola.
?
Agam (Jasmin)
Kôlkôta.
Grawa.
Bttl&s.
Goulkwa,
Oflsat
Andel.
K,eroahh*
?
Sagla.
Kodo.
Agaiu*
Tasoft.
•
Bttlàs,
Goule'y*
Gounagouaa.
A'agoule.
Ombway.
J'ai cru demir Iranacrire la iMuneocIatore ci-deasna ,
parce qa\m bolaniate français • M. Dillea « 4ombè ïic-
lîme de son aèle pour la aoienee , a dû envoyer aa col-
leelîon es France af ee les noms Ambarna et Tâgray
da ehai|tta piaula, ce qui permettra aux savants de
vénfier l'assertion de II. Scbimperp qui assigne au
plâAeaa d'Onaicya une bautew de a ooo oo au pli^s
s aiHi mblres»
Parmi les incidents d'un voyage en Afrique» îl n'en
eat peat-èlra pas de plus curieux que ma rencontre ici
aveckchérif (i) ^soa nota m*est échappé) et
son cofldpagnoQ le hadji A'bd-er'^&abhinao » du paya
de Ching'ettiL ser levetsani màridknaal du mont Atlas.
Comme je a'avais malbeureusement pas votre Cane-
MBf (9) ^ el que la géographie anglaise* de Murray ne
(i) Us*agU probablement de Sydy AhhmedbenThoayr'el-Gennehy
au SDJet duquel Due notice, et quelques recherches sur le payv de
Chip^'ethi onCbaospil,. ont été huérëes dans le BulUtin de juin 1 833^
pagM 343 à 356. — *▲....»
(a) M. d*Abbadie veut parler ici de la cacte intitulée : Essai d'un
nouveau canevas géotlésique d*une partie de V Afrique septentrionale ,
(348 )
dil rien de ce pays; qu'enGn.Je souffrais beauooap de
la fièvre ^orsdes deux ou trois visites du pèlerin arabe,
j'ai peu tiré de renseigaemeots de lui. Il était parti de
son pays il y a quatre ans pour se rendre à Fez , puis
à Tanger , où il s'embarqua pour Tunis et Alexandrie.
Ayant fort souffert en mer jusqu'au pèlerinage de la
Mecque , il prit la résolution dé s*en retourner chex
lui en évitant» autant qu'il serait possible, les barques
et les cbameaux.
Selon ces hardis pèlerins , le pays de Ching'elhi esl
sablonnieux , a beaucoup de puits» et pas de ririàres.
Les céréales sont le froment et l'orge. Les chevaux
sont très nombreux , mangent de Torge , et boivent
le lait des chamelles. La plus grande ville est Walala.
De là à Tefilât , 4^ journées : de ce dernier lieu à
Fez (Fas) , lo journées ; &o jours en tout » sans gran-
des montagnes. De Walata à Tenboktou , so journées.
De Walata à Fouat, 4o journées : de là à Tounis» 5o
journées. Il y a quatre ans qu'on se battait à Tenbok*
tou pour le gouvernement, et les Touarik semblaient
devoir l'emporter sur l'autre parti. Voici des noms de
lieux dans le Ching'ethi , qui est compris dans le pays
de Hhaw : Tichit» El-Na'ma, Wada> Atar» Tijogitt ,
Rachid, Cheuft, Tougbtt, Mâbftyrôt, Tarttnni. Au nord
du Ching'ethi est Backna ; à l'ouest , Tefilttt; au sud «
Sabeyt, Hhaliâcklâ» ChAsândy, et puis le Nil (kwarra?).
Il est bon de remarquer cependant qu'en désignant du
doigt le sud» le pèlerin disait iTa el djâ.
Quoi qu'il en soit, le hadji A'bd-er-Rahhman et son
jointe h mes Études de géographie critique ( in-S*, Paris, l836), et ia-
sérée ausM dans le Bulletin de février i836, page i44- Mais le pays
de Schitiqétby nVst pas compris dans le cadre de ceUe carte, qui ne
s'étend pas , vers le sud, ao-delà de Tooàt. — * A
( 549 )
amî le'chérif sont déjà arrivés à GwttDdilr, d où Us se
proposent de passer par Sennar, KordofaD, Darfour,
Bornou , Hawsa et Tenboktou. Comme le hhadji A'bd^^
er-Rahhman» qui est beaucoup plus communicatif que
le chérif , me dit connaître la maison du consul de
Frsince à Mogador (i), qu'il se promet de visiter, je lui
donnai une lettre Adressée à MM* les consuls de France
dans les Ëlats barbaresques , en les priant d'accueillir
et de questionner le porteur, et en outre de lui don-
ner deux piastres fortes: moyennant cette récompense
que je lui ai annoncée, il m'a promis de rendre compte
de tous les pays qu'il aura visités dans son vaste trajet.
Je ne me dissimule pas ce qu'a d'irrégulier ma lettre ,
adressée à tous les consuls de la Barbarie , ou à Alger
 H. l'interprète en chef; mais j'ai cru que l'espoir
d'ajouter quelque chose au peu que nous connaissons
sur l'intérieur de l'Afrique, pouvait faire pardonner
une démarche auprès de mes compatriotes. Peut-être
même que, sur une proposition faite par la Société de
géographie, M. le ministre des aflaires étrangères, tou-
jours si bon quand on le sollicite au nom de la science,
pourrait inviter, par une circulaire, MM. les consuls,
à accueillir, payer et interrogdl* lehadjiA'bd-er-Rahh-
man de Cbing'ethi s'il se présente chez eux ; et je suis
sûr que la Société de géographie rembourserait avec
plaisir leurs modiques débours. Ma lettre d'Adwa est
du 9 mai iS43* ^^ doit être déjà parvenue près de
Seonar.
(i) Il voulait parler sans doute de M. Delaporte, qu'il avait d*abord
connu à Thangeh, et qu'il a pu revoir à Mogador. Aujourd'hui M. De-
laporte est en retraite à Paris , rendant encore des services à Télude
de TAFrique par le cours de langue berbère qu*il professe à TEi^ole
«péciale des langues orientales vivnnteii.-^ * A
( 55o )
Avec les pèlerins deChing'eIbi étaille hadji Ahhmad,
du Sennar, retenu encore ici par une blessure au
pied. II me répondit» comme la plupart de ses campa*
trio tes, sur le Nil-Blancl t Loué soil celui qui sail où
est sa source I « Dans les environs de son pays il db«
tingue les langues suivantes : i^ celle de Dankm ; —
9* celle do Fa-Zoglo ; -^5^ celle des Ghilouk ; -*• 4^ cdl^
du Djanga; — 5* celle des Nouba; — 6^ celle de 6oo*
môs près Fa-Zogio ; — 7"* celle de Bttrta , & côté du
précédent; — 8^ celle des Hamad), qu'il distingue des
Galla; ^ g* la langue tagftiawi près du Kordofam
Selon lehbadjî Ahlimed.dé Sennar à Sibou(i) il y
a 7 journées de mulet , car la distance est plus grande
que d*Adwa à Mouszftwwà* ; de Sibou au fleuve Blanc ,
3 journées. Le Yabous a sa source dans Dileb , pays
de tribus arabes. Le Maleb a sa source chei les Galla-
Iba , et se jette dans le Nil » et non dans l'Abiid » car
c'est ainsi que les gens du pays nomment ces deux ri-
vières. — Châkourytth est le nom de la grande tle com*
prise entre l'Atbara et le Nil. Dans cette tle se trouvent
deux grandes villes antiques, en ruines aujourd'hui :
la plus grande se nomme Souba; l'autre , à s journées
de la prmiére , s'appelle MMrawi , mot qui est presque
identique avec Méroé. — De Goz-Rttdjeb à l'embou*
(i) Sibou est un point au sud de Limmè, d'après un renseignement
recueilli, le 18 mai iSSg, de la bouché du jeune gaUa Oaari-Kiilo,
si malheureusement enlevé depuis aux soins patcmi4s et à la aoHscK
tnde éclairée de M. Jomard^ qui l'initiait aux sciences de l'Europe,
dans Finlérét d'une exploration foture de l'Afrique intérieiire.Lfi même
renseignement, un pen nodi6é, se retrouye (p«g. 8) dana Imtérea-
sant mémoire de IL JoiMurd sur lea Galles de Limmou, inséré ao
Jk/loCm de juillet et aoàt iHSg 9 pagM 5 à a5. et sans modificaiion
dans la carte dressée par le savant académicien. — * A
( 3di )
chure du Gach ( MUrttb ) daxi» le Takasé ou Atbara , U
y a 5 JQurûées ; da Goï-Rttd)ab à Baharas, 8 {ouroées ;
de Goz à Cb&ody» i s joamées ; de Fa->Zoglo à Sandjtt ,
3 journées ; de SapdjA à Akalou , 3 journées ; d'Aka-
lou à Fa-SÎDg. à côki^du fleuve Blanc, 5 joaraéei. *—
La rivière Touma sa jette dans le fleuve Blaoc.
Je ne sais si je vous ai déjà fait part des renseigne-
ments qui suivent 9 et dont je ne connais pas la va-
leur. Je lésai reçus du chftykbidris, aujourd*bui éta^
bli à Mous2&wwa'» dont le père est Fellatab • mais qui
est né 4 Maroc i il fut élevé dans le Darfour » et passa
ensuite de longues années dans le pays de Gacb* Je
crois, d'après les variations de ses nombres » que les
distances qu'il donne sont pour la plupart imaginaires s
cependant il entend ( m'a-t-il dit de son propre mou-
vement)» par beure de cbemin» la distance de Hou-
szâwwa* à Dôkbono ou environ 4-& milles.
Liste d'une portion des villages du Dar^Four^
diaprés le chyakh Idris,
Des cbameaux cbargés » qui ne s'arrêteraient pas en
roule» iraient en i5 journées {^^o milles environ)
d'El-Obeyd dans le Kordofan» A Robe, qui est » dans
le Dar-FouTy la ville où s'arrôtent les caravanes : Kobé
est bien moins grand que la ville où réside le roi» et
qu'on nomme Tbândftlti; cette capitale est é Test de
Kobé, à a. s 5 journées (|e distance. Pe Kobé àKttb^
kttby&b, 1 3 journées — de là A Abou-Adjoûra» 8 jour-
nées — de là à Dadjo , 3 journées — de là à Bftrgdd , 9
journées-^ de Dadjo à Gômr » 8 journées et une beure
-rde U h UWÀat, 4 joornées ^- de là à Taa'sa, ville
fortifiée, 1.5 journées — de là à Beni^Alba, a heures
— et en suivant t k Salwa • grande ville , 4 journées —
( ^â« )
à Tourra , i . 5 )oumée8 — à DjAbâl«Merra , 4 heures
— à Botoke , s journées — à Roùsou , 5 jours — à
Beni-Rachid , i jours — à K&bâbich , 4 jours — à Foù-
naro , 7 jours — à Th&mbâl«Moûzen , 3 jours — à Rot*
ko, 5 jours — à Dadjo , i.d jours — à Beni-Rachîd ,
3 jours — àRôdimay s jours — à Ahmed-Tbithi» 5 jours
— à Abou*OmoQg» s jours —à Rokàdjér, t jours —
à R6bftnda , 4 jours — à JGoula' , 6 jours — k Parda ,
6 jours — à Bttada-Wada, B jours — à Rokâdjer» s. 5
jours — à Se'yd» 9 jours — à Bàoda-Wada.6 jours — à
Bftnda-DjouDgouron, 6 jours — à Bftnda- Parda, s
jours — à BSnda-Roudou , 4 jours — à Goula*» 6 jours
à Slamnam ( pays d'anthropophages ) , 8 jours — à
Kweykom, 10 jours. — DeNanmamàTourba» 4 heures
— à Màraril, 3.3 jours — à Saga, 4 jours — à Baya,
g jours. — De Dadjo Beyt*Hasen à la ville de Roun-
djari» 1 1 jours — à la yille de WâUd-A*ly, 8 jours —
à Soba, grande ville et ancienne capitale du Darfour,
7. 3 jours — à Abou-el-Ghasim » 4-5 jours — à Salon
(n naasl)» 6 jours — à Therab, 8 jours — & Mârarit,
s jours — Il Beni-Djameh , 4 jours — à Châykh-Z&-
roug, 3. 3 jours — à Olgos, a. 5 jours — à Dar^Tha-
ma* 16 jours — à Saladou, 9 jours — à Hadji*Wadl,
4 jours, ou 6 en allant lentement — à Kis&nouriyn , 9
jours — à Thttmbftl-Nourttyn , 7 jours -* à Has-ed-Dyn,
8 jours — à Chftykh-Mahhmoud, 4 jours — à Ahmed*
ebn-Daoud , 7 jours — à Seyd-Nokili » 4 jours ; celte
ville a sept mosquées, — à son frère Daoud, 8 jours-~à
Abakr(AbouBekr?) 9 jours — àSaleh, 4 jours — &Wa-
ran*Douloum,4* 5 jours — à Abftforeh , 3 jours — à Aba-
el-Mahhdi, 4 jours — à Aba-Base , ville du neveu du roi,
6 jours — à la ville d'Abâkr , fils du roi, 9.5 jours — à Mou*
sa,9heures— D'Abâkrè lavilledeYambousa, mère du
( 355 )
roi» 3. 6 jours — à Robase, ii jours — à Ammet-
Sahan, i3 jours — à Thama» 9 jours, allant vite — à
Ri'tth» 30 fours — à Oroth, i5 jours — à Béni-Nafé»
allant vite, 8 jours — à Sokkor , 8 jours — à Rondou ,
i5 jours --> àRi'ah-el-Dakh&n, 96 jours sans aller très
vite — à CU^mr-'Doumo , 7 jours — à Cbfiykh-Sa*at » 4
jours — à Ifadfidounio, 3 jours ->— à Nour-ed-Dyn , iS
jours -^ à Oren-'Douloum , 19 jours — à Boulboul ,
grand tnHidi coulant avec bruit » 8 jours — à Golol «
9 jours — à Rotoke , eau chaude sortant à gros bouil-
lons » 3 jours ( ee mot signifie lavage , parce qu'on va
s'y laver comme remède) — à Bas-Udou , i5 jours —
à Kotkodomo, 4 jours — à Olgos, 1 1 jours — à Dar-
Djamous, i3. 5 jours — à Amàras, i5 jours — à Ba-
ySdero, 4 jours — à Daledoumo , ville du trésorier du
roi, 4 jours — è la ville d'Idris, 9 jours — & Saboun
{nom de roi) , ii jours — à Abilch, 7 jours — à
Djawrmifth, 3 jours — à la ville d*A'bd-er-Rahhmany
fils du roi, 9 jours — a Yatoy » 4 jours — à Dou*
bayn, I jour — ÀRéradoum, ville de ceux qui fa-
briquent la boisson fermentée (hhamar), 4 heures
— è Fftgiroun, 4 heures — à Outou, 4 heures — à
Rorokwa , 6 jours — à Djourenga , 4 jours — à Tha-
beldikoa, a heures— .à Mttrga-Rwangele» 7 heures —
à Sona-Kwangele » 4 jours et une heure ** à Batel-
Kwangelé, 3* jours — à Rera-Rwangele , 3. S jours —
à Rittb-Rwangele , 7 jours — k Bornou-Rwangele, ville
des gens du Bornou, 4-3 jours — à Thasa'-Rwangele,
4 heures ^ à Argel-Rwangele ,1.5 heures — à Base-
Rwangele» 3 heures — à Base-Oudou , 5 heures — à
la ville d'A'ly » fils de Yackoub» 8 heures. — k Djoun-
gour, 4 jours — àFttgi-Wada, 3.5 jours — à Hadji*el-
Bêdawwi, 7.3 jours — è Fagi-Foka , 1 .3 heures — \
XVIII. NOVRMBKK 4* ^3
- ( 554 )
Mdraril, 7. 3 jours — à ZSirou-Kwangele, 9* 5 jours
— à Maya-K^angele , 4 jours — à Raoî-Kwangele » s.
5 jours — ^ DjouryaÊj^ei^ 1. s jours — k Kame» 4)<Mir8
-r ^ Oumangela , 3 jours — & Daly angele , 8 |out8 —
i jSçt^-Kw^ngQie , 6 heure» ^ à GUd5ng» 5 îaors — à
ThfHirou, îille où Ton eoterre les rois du Darfoar , 6
jourA — A ]K.oul<iukpuria« ( n nasal ) , S jours — i Fo-
go'4ttMo« 3.5 jours — à Holôngl-Kwang-HôdiUS jours
(MdâîUeuidire IFatU)-^ à Abdkn (n nasal) IftkiU,
8 heuree — i Fogo*dô'do, 4 )ourfl( — ^^à Mouron-llAdil,
wady pleÎQ de lio]^ • 3 jours — à Dttbe » 4« S jours. —
( Le trait — signifie que chaque distance est comp We
du lieu qui précède ; ainsi, — à Dlbe veut dire : de
Uourou-Bl^dil à DSbe. )
GeUe liste contient , seloa le Cbftykh-Idrif , les noms
d'environ la nioitié des viHages du Dar-Four. Comme
je n*ai pkfisvu cet homme, il m'a été impossible de
contrôler ce travsil par des questions » et je n'ai d'ail-
leurs trouva par ici personne qui connût le Dar-Four.
Les rens^gnements suiyanta • du même Idris • sont
plus intéressants.
Les rivières de Boulboul et de Golol sont d'abord
s^arées par une montagne : elles se joignent ensuite
et vont dans le Bournau. L*eau de Rotoke passe par
S«gi| , et puis entre dans le Dar-Fr5tit (ainsi prononcé).
La rivi^fe de Thourovo va à Djftb&l-Mira, puis i
AiQârfSt puvi à Rjtbk^bya et puis à Fes [Ml)» car
toutes \^ eaux de notre pays s'en vont dans celte
grande mer qui mène à Stamboul. Ches nous les
petits vpisseaui vont se reposer dans les grands,
ceux-ci dans de plus grands, et à la fin tout s'en va
d^ns la: mer Tchad ; l'eau de cette mer s'en va dans la
grande mer de Stamboul par une rivière qui la dé-
( 355 }
charge du côté du nord-ouesi ; mais j'ai oublié le
nom de celte rivière : elle ne s'appelle pas Yéou.
Toutes les eaux du Dar-Four s'en vont du côté de
l'ouest: il y a bien quelques rivières qui coulent vers
l'est» mais elles finissent toutes par rebrousser che-
min. Le pays de Dar-Four est agréablement frais et
non pas comme liouszawwa, dont le climat est de feu*
NOTE SUR LE KAFA ,
Jbwme pikrmn esdaifeàgé^ de ce pays ^ qui partait biem
Rafa est le nom des Gallas: les Abyssins disent Si-
dama, et les indigènes appellent leur pays Gomara. La
plu0 graade rivière est le Godom» puia vient l'Ouma (il
peut y avoir quelque incertitude ici (i), car j'ai appris
plus tard qu'en ilmorma , ouma veut dire lac). Routa est •
un village gouverné par Gobe, près du Rafa, mais n'en
faisamt pas partie. Les villages -de Rafa sont: l'Boâga
* sur l'Ouma, régi par le roi (ou chef) Hâlalo; — a^'Ge-
mdr» sur TOuma s — 3* Doko , id. ; — 4* Tsftmbaro
(Thambaro desGallas?), id. ; — 5' Zala; — â'^Goldai
— 7*Wfilaytsa; — S^Gëfa» sur les bords d'une grande ^
mer (lac?) salée; — ^ Chora. — Routcha est une '
grande montagne de pierre blanche. Tsitso est une
montagne de pierre rouge , et très élevée.
Rafa est près de Gouma; dans la saison sèche, POuma
(i) Ce fcropule du coosciencienx voya^ur est Jeyé par un rensei-
0nemeot recueilli , le 29 mai 1841^ à Angolalla, par le docteur Char-
les Tilstone Beke, et publié dans le Journal de la Société géographie
qite de Londres, tome XII ^ page 87. H y est parlé de la rÏTÎère Omo ,
▼enant de Doko, et se jetant, derrière Kafa, damr la grande rivi^e
Goyih, qui coule tiu sud-ouest de Nftréa.— * A
( S56 )
est très petit; pendant les pluies, on le passe sur un
radeau d'outrés. La mer qui baigne Gofa est d'eau
amère » et on ne la boit pas ; elle porte de vilains petits
bateaux qui amènent du cuivre et des perles de verre
des pays inconnus; cette mer n'a pas de bâtiments è
mâts, et les blancs n*y sont jamais venus; il Faut un
mois pour traverser cette mer. Les montagnes du Kafa
n*ont pas de neiges éternelles. Waratha est au sud-est
de Rafa ; Limmou est au sud-ouest de Waratha.
Waratha , arrosé par l'Ouma , ne produit ni mais ni
sorghum, mais on y sème le froment et l'épeautre.
rkmseîgubmbnts donnés par des â'pae,
et recueillis à Hhoduydûk^ Hhanjalah et Mousdawiwi^^
Awsa est composé de huit wady , chacun arrosé par
une branche de TAwach : ces huit branches se réu-
nissent ensuite pour former un grand lac » où il y a
des hippopotames et des crocodiles. Il n'y a pas de lac*
natron. D*A'yd à Awsa 7 journées (d'après un habitant
d'A'yd. )
Selon AMy, de Hhanfal&h» il y a une journée de
chemin de chez lui au commencement de la plaine de
Selp qu'on nomme, en a'fïir, DttgA'd: elle. est atte-
nante à un lac salé où il y a des marsouins » et qui di-
minue de trois coudées dans la saison sèche , pour
croître de nouveau en hiver. Ce lac est très profond et
poissonneux. De là une journée de chemin à Talfenta,
gros village dankaly, d'où le nom de TSten, usité
chez les Abyssins de l'Agamé. Le 3* jour on arrive è
liiso , où réside le dardar ou suzerain des Danakil ; il
gouverne la moitié de la ville ; l'autre moitié est chré-
(357 )
tienne, et obéit à GUbrâ-Gouro. D'Iiiso à Â'di^Grat il y
a 3 journées.
La baie d*Ansley 3e nomme, en a'far, mer de Té-*
léphanl , à cause de l'excellente fontaine qui est tout-
à-fait au fond de la baie, et qui est, en biver , trèsfré-^
quentée par les éléphants. Selon le même A'iy les
Arabes nomment celte baie Ckoubb&h-el-Ckantr, à
cause des sautes de vent» fréquentes surtout pendant les
vents du nord , et qui ont fait périr plusd'une barque.
L'ancienne grande ville • dont il ne sait pas le. nom
( Adulis?)^ était autour de celte fontaine , el l'on y volt
encore des ruines de maisons, tandis qu'il n'y en a pas
une seule entre Afta et Zoulla, où n'aurait été, selon
A'iy, que le cimetière de la grande ville. Aujourd'hui
il y a un village un peu éloigné de la fontaine des Élé-
phants, mais quis*y abreuve: on le nomme Adgoub;
et un peu*plus haut esl le village de Gôla'.
Tout près de Hhanfâl&h est une plaine aujourd'hui
déserte et nommée Hheçi&lou , où , selon la tradition ,
les Fours (Gréco-Égyptiens?) avaient des blés, des
bananes, et de belles plantations de toute espèce.
Dans les montagnes, mais en vue de la mer, et près
de Hhanfàl&h, est Adgà, où il y avait jadis une belle
ville des Fours : mais en partant ils ont caché l'eau,
car on n'a jamaispula retrouver(seraient^eles AOoyaou^
de l'inscription d'Adulis?). GammeU(yot^SuXà), au sud
d'A*yd| était aussi une ville des Fours; il en était de
même de Gabala (yaSoXâ) entre Rahhaytd et la mer.
D'après A'iy , la mer de Dâgd'd aurait plus de deux
milles de large: elle esl fréquentée non seulement par
des marsouins, maisencore par des oiseaux maritimes;
à son rivage occidental, près du mont de Soufre, sous
les restes de l'ancien i/iWar , ony trouve des fragments
( 358 )
de poutres, etc. Lors des fenUdu sud , lej fagoes sodI
très graves. Bien sûr, celle mer esl plus basse que la
grande mer, car on descend beaucoup pour y arriver.
Ses eaux sonl forl lourdes. Près de là est un gros bloc
de sel rouge, employé dans la médecine vétérinaire,
et provenant d'une femme nommée Acha*lia, dont
on raconte une histoire lout-à-fait pareille à celle de
la femme de Lot A côté du lac esl un roc & caverne,
où, pendant les vents du sud, l'eau s'engouffre et se
)et(e en haut comme des narines d'un marsouin. Près
de là est une montagne qui fume toujours.
Selon A'bd-Allah, de Hhanftllah, Asftb senommail
fadis Saba ; les Fours y avaient une grande ville. —
Entre ce lieu et Rahhayiah est Medgeb'da, nommé
Goubbah par les Arabes; et (oui près, au sud, esl
TAlali, rivière qui a plus de deux mètres de profondeur
et qui coule toute Tannée; elle s'abtme devant ud
bois qui la sépare de la mer. A'bd-AUah place le site
de l'ancienne grande ville (Adulis) lout-à-fait an sud
de la baie d'AnsIey, an lieu occupé aujourd'hui par
Gomboudle ; le nom ancien est Ilfa'doo ; on y voit en-
core les fers qui servaient à attacher les bfitimeiits au
débarcadère, où les chameaux étaient déchargés par
les bâtiments sans l'intermédiaire de chaloupes. La
fontaine des Eléphants esl au sud-est de Gomboodi^*
Le nom a'filr de l'eau d'Awsa (la rivière ou le lac?)
esfWi'aylo. Je ne connais, dît A 'bd- Allah, ni leYasso,
ni TAnazo, ni même aucune grande rivière entre A*yd
et Awsa. La distance entre ces deux derniers lieux es)
6 journées, sans charge : les chameaux chargés la
parcourent en i& jours.
Je n'ai transcrit ici que ce qui me semble vrai;
mais je connais plu» que personne le danger qu'il y »
(559)
à se fier aveDglément k des renseigûements oraux : la
Société de géographie pourrait néanmoins les sid*
mettre comme on transcril en astronomie ou en géo-
désie des observations provisoires et hàttves qui servent
à préparer un calcul ou à esquisser un canevas.
Je suis toujours votre humble et dévoué collègue ,
Amtoiiib D'ABBADIE.
NOTE SUR LA LETTRE PRÉCÉDENTE.
Coup (tœil général sur les derniers travcuix géographiques
de M. (CAbbadie,
La lettre de M. Antoine d'Abbadie, que nous pu-
blions aujourd'hui , porte le N"* 9 dans la série des
communications qu'il nous a successivement adressées
durant le cours de son voyage. Ce chiffre « inscrit par
lui-môme en tête de son envoi, nous a paru rendre
convenable, pour nos lecteurs aussi bien que pour nous,
une récapitulation générale de sa correspondance an-
térieure , afin de reconnaître et de coordonner l'en-
semble des documents que nous devons à son zèle.
Nous allons les rappeler succinctement d'abord ,
suivant l'ordre des numéros et des dates » en interca-
lant, chronologiquement, les lettres adressées à quel-
ques autres personnes , avec l'indication précise des
divers cahiers du Bulletin où les unes et les autres ont
été imprimées.
N* I . — En mer, 26 septembre 1839.
Listes des villages Hh&bâb et Ghohou qui recon-
( 36o )
naissent rautorité du Nâyb de HlUrckyckou. — Iti-
néraire des caravanes entre Adwa et Moosiawwa*. —
Itinéraire de Gônd&r à Ôoâryâ « et renseignements sor
les pays voisins.
( Bulletin de septembre et octobre i SSg » ptges
181 à 190.)
N" a. — Alexandrie, .. octobre 1839.
(Cette lettre, qui devait accompagner les papiers
du voyageur Dufey , ne nous est jamais parvenue* et
n*a pu» conséqucmment , dofaner lieu à aucune inser-
tion dans le Bulletin. )
— — Le Caire, ao novembre 1839. — A M. Jomard.
Nouvelles de divers voyageurs en Abyssinie.
[Bulletin de janvier i84o, pages 4^ ^ 43. )
^-— Mouszawwa', 29 février 1840- — A M. Joniard.
Aperçu général des principaux résultats du voyage
de M. Arnaud d'Abbabie dans le Gojam et le Damot.
( Bulletin de juillet i84o , pages 57 à 61. )
■ Adwa , 8 avril 1840. — A M. Jomard.
Renseignements sur le pays de Gach, entre Sawakin
et Mouszawwa', et sur les peuples qui l'habitent.
( Bulletin d'août 1840 , pages 1 14 ^ > 17- )
N» 3. ^- Le Caire, 7 octobre 1840.
Renseignements sur le pays de Limmou. — Obser-
vations astronomiques pour la position d'Adwa et de
quelques autres points. — Liste d'azimuths observés à
Dôgsa , à Adwa et au mont Sttloda. — Observations
barométriques.
( Bulletin d'oclobre i84o, pages sSg à 256. )
(36i )
Le Caire^ 1 1 octobre 1 840.
( Simple lettre d'introduction apportée par M. Ro-
chet, et qui n'a point dû être insérée au Bulletin. )
— — Le Caire I i3 octobre i84o. *— A M. Jomard.
Itinéraire de Barbara à Harar.
( Bulletin de mars i84i » pages 173 à 175. }
A'yiat, 5 décembre i84o. — A M. Daussy.
Noms de lieux sur la côte orientale d'Afrique depuis
A'sttb jusqu'à Mozambique.
( Bulletin de septembre 1 84^ » pages 1 1 7 à «35. )
Barbarah , i5 janvier i84i*
(Simple lettre d'introduction, apportée par M. Ayr-
ton, et qui n'a point dû être imprimée. )
Mouszawwa', ai juillet i84i. — - A M. Daussy.
Observations astronomiques à B&rber&h et Toudjou-
r&h. — Renseignements sur le pays des Szomal.
( Bulletins de janvier t84a * pages 43 à 5o , et de
février, pages 89 à 99. )
^* 4 (?)• — Mouszawwa', a8 août i84i.
Renseignements sur divers idiomes de l'Étbiopie.
(Bulletin de février 1849 » pages lao à 196.)
W 5. — ...?....?.... ?
N* 6. — A'yiat , i4 novembre 1841.
Renseignements géographiques sur la côte méridio-
nale de l'Arabie.
( Bulletin de février 1849 , poges 196 è i3g. )
( 369 )
A'yial, 3 décembre i84i.— A M. Joniârd.
Visite aux ruineà d'Adulis.
{ Bulletin àt novembre 1849, page^ 6«^5 à 54i. ]
N' 7. — Omokonllou , aa décembre 184 1.
Renseignements géographiques et staHsHques sur le
pays de Barka et sur celui des Btlen.
{Bulletin de septembre i84a, pages 186 â 9o40
No 8. — Adwa, 27 mars 1842.
Géographie du Tôgray. — Itinéraires de Moaaufwwa*
à Adwa , et de là à Ônairya.
( Bulletin de septembre i84a , pages so4 à 917 .)
N<> 9. ~ Adwa, 3 juin i84'i.
Hauteur du plateau d'Ô^^rya. — Renseignements
sur le pays de Ghing'ethi. — Liste d'une partie des
villages du Dar-Four. — Note sur le pays de Kafa. —
Renseignements donnés par des Aïar.
( Bulletin de novembre i84s * pages 344 ^ ^^9*)
Tel est le bilan général des informations que nous a
transmises M. Antoine d*Abbadié sur la géographie
des contrées éthiopiennes dont il a visité une partie,
et dont Taulre partie a été pour lui fataleoMDt ina-
bordable.
On voit par ce résumé que ses investigations se sool
portées sur quatre principaux cercles d*étude géogra*
phique , savoir :
rLe T6gray» qu'il a exploré lui-même. Les ira-
vaux de Bruce, de Sait, de RùppeU, même ceox àe
MH. Combes et Tamisier, quand leur itinéraire aura
( 565 )
été plus soigneusement construit , ainsi que nous nous
proposons de le faire quelque jour» devront se com-^
biner avec les données du nouveau voyageur, qui
trouveront à leur tour un convenable contrôle , et sans
doute une pleine confirmation, danà les levés plus ré-
cents de MM. Ferret et Galinier.
9* La région compri<-e entre l'Albarah, la mer
Rouge , Souàkyn et Mosçawwa*. Les pays de Gach, de
Barka, et autres cantons de ce territoire, étaient restés
presque inconnus jusqu'à ce jour aux géographes ; les
indications recueillies sont trop vagues , trop insuffi-
santes, pour permettre d'en esquisser, quant h présent,
un tracé quelconque ; mais il y a lieu d*espérer que
le zélé voyageur parviendra à rassembler à ce sujet
quelques données plus précises et plus étendues.
5^ Le pays des Sçonmàl. C'était aussi une contrée
tout-à-fait inconnue ; nous avons assayé d*en dresser
une petite carte , en combinant entre elfes les in-
formations que M. d'Abbadie avait rassemblées à ce
sujet. (Voyez le Bulletin de février 1842 )
4* Le pays d'Enarya. On ne possédait à l'égard de
ce canton reculé de la haute Ethiopie que l'itinéraire
d'Antonio Fernandez , assec vaguement décrit dans le
livre de Teliez, où l'ont puisé pour le reproduire, notre
curieux Melchisédec Thévenot , et à long temps de là
le voyageur Bruce , qui en a donné le tracé en s'ai-
dant de renseignements obtenus par lui-même en
Abyssinie. Les informations que nous avait apportées
de sa terre natale le jeune Ouari , et que M. Jomard
a consignées dans son intéressante Notice sur les Gal-
Jlas de Limmou , les indications que M. Rochet et que
M. Charles T. Beke'ont recueillies en dernier lieu dans
leSchoa, doivent aussi être comptées parmi les rares ma-
( 364 )
tériaux que nous possédons à ce sujet , el dont dous
pourrons nous aider pour tenter une esquisse graphi-
que des données que nous ^ a transaiises sur ce pays
M. d*Abbadie.
Le zélé voyageur n'a point négligé d'enrichir son
portefeuille de notes géographiques sur divers autres
parages, tels que la côte méridionale de l'Arabie , le
Dar-Foar,le Schinqèthy; mais ce n'est qu'à titre de
contrôle des travaux antérieurs « ou qu'accidentelle*
ment, qu*il s'en est occupé.
Obsert^ations particulières.
Nous terminerons. cette note par quelques observa-
tions qui devaient prendre place à la suite des lettres
N** 7 et 8 insérées dans le BulieUn de septembre der-
nier, mais que le défaut d'espace avait fait ajourner.
Ces lettres , aus^i bien que celle que nous publions
aujourd'hui, offrent une nouvelle preuve du zèle infa-
tigable et consciencieux, disons aussi de la sagace
intelligence, que M. Antoine d'Abbadie consacre avec
une si noble abnégation de santé et de fortune , à l'é-
tude des contrées éthiopiennes.
Les réQexions qui terminent sa lettre N* 8 témoi-
gnent de son scrupule à recueillir et à reproduire avec
une minutieuse exactitude les nomenclatures géogra-
phiques indigènes ; mais elles révèlent en même temps
les incertitudes que lui laissent l'indécision de certai-
nes articulations , la variabilité de prononciation entre
les individus : et ce qu'il fait en pareil cas ( recueillir
et mettre en parallèle toutes les variantes ) est ce que
devaieni désirer, ce que devaient attendre de lui les
amis d'une étude critique et approfondie des sources
géographiques.
Il ne faut donc pas s'étonner de rencontrer, dans les
( 365 )
documents qu'il nous envoie , des imperfections . des
difersités, des anomalies orthographiques. Il est à cet
égard une observation à consigner ici : c'est que le
consciencieux voyageur se préoccupe bien plus de con-
stater ce qu'il apprend de la bouche de ses informa-
teurs , que de faire montre de son propre savoir :
aussi , en plaçant nous- même , à la suite de ses com-
munications » quelques observations sur divers points
de leur contenu , nous sommes loin de croire qu'elles
lui aient échappé, mais seulement qu'il a négligé d'en
faire part h ses lecteurs.
Ainsi, personne ne doit douter qu'en écrivant tour à
tour Zanzibar, Jinzibar, Djindjibaret Yinzibar , au gré
des prononciations arrivées à son oreille, il n'ait pas su
que la véritable orthographe de ce nom devait se con-
former à Tétymologie historique de Terre des Zendj ou
Zeng^ signification bien connue de la dénomination
de Zeng'àarr^ d'où les géographes routiniers de l'Eu-
rope ont tiré à la fois les deux prononciations de Zan-
guebar pour la terre-ferme , et de Zinzibar pour l'Ile
placée vis-à-vis.
Il appelle Sawahil les habitants de la côte comprise
entre Lamou et Kilwa i ou Quiloa suivant l'orthogra-
phe vulgaire empruntée aux Portugais). Nous avons
nous-mème entendu des voyageurs qui avaient hanté
ces parages nous parler de la langue souély^ des peu*
pies souélys^ sans faire sentir d'aspiration; nous n'en
sommes pas moins persuadé que ce mot se doit écrire
avec l'aspiration forte , et qu'il le faut rapporter au ra-
dical arabe Sâhhel^ rivage; Souâhhel^ les côtes; Souâ-
hhély, Souâhhyly les gens des côtes ; il s'agit en effet des
Arabes établis sur le littoral africain au sud des Sçou^
mat et au nord des populations Zeng et Kafres.
( 566 )
La détèrmÎDaiioD des aspirations offre beaucoup de
difficuiléa et d'incertitudes; ainsi, M. d'Abbadie a re-
connu l'aspiration forte dans le nom de Bkanqxqou^qae
Bruce nous avait habitués à écrire Arkiho. liait nous
pensons que l'aspiration forte mise par notre Yoyageor
au commencement du nom Hbadarebé eat contraire à
l'étymologie naturelle du mot. Les peuples ainsi ap-
pelés étant des Arabes venus du Hhadhramaut , il est
tout simple qu'ils aient gardé leur dénomination eth-
nique, précédée du vocable généralement emplogfé
dans le pays pour désigner une tribu, un corps de
population; or, ce vocable , M. d'Abbadia l'écrit 'Ad ,
comme on peut le voir dans 'Ad-Kelb, 'Ad-Tesfay, 'Ad*
Qabscha, 'Ad-Hhozbay , 'Ad-Tsafa'; 'Ad-Tsamfay,
'Ad-Brohhanou; il nous semble donc qu'il faut écrire
aussi 'Ad-'Arebdi. Et faisant application do même
principe de décomposition , nous écrirons encore de
même 'Ado-Klés» 'Ado-Mariam, où la forme *AJû
offre le damm, ou o bref grammatical, inséré ici pour
l'euphonie. Peut-être, mais c'est une conjecture sans
autre appui qu'une simple analogie, peut-être le nom
des Ha^dendwa doit-il être pareillement ramené à
l'orthographe *jéU-Dendiî^ah.
On pourrait être disposé à considérer également
comme surabondante l'aspiration insérée dans la dé-
nomination du mont Tah^ila^ qui offrirait, sous la
forme Thmouyl , un nom souvent appliqué en pareil
cas • et aigni&ant montagne langue ou allongée.
L'aspiration est probablement surabondante aussi
dans le nom du village de Baz-ed-Dyn, compris dans
la liste de ceux du Dav-Four : on ne peut guère dou-
ter qu'il ne faille lire 'Jz-el-D/n..
Bornons là ces observations : elles sufliscnt pour
( 367 )
montrer, ce nous semble , le véritable point de vue
SOU9 lequel doivent être considérées les transcriptions
orthographiques de U. d'Abbadie « savoir, qu'elles re*
présentent scrupuleusement les prononciations indivis
daeUe$ de ses infornxateurs , mais qu'elles réclament
une discussion attentive avant d'être admises définitive-
ment dans une nomenclature géographique épurée.
D*AVBSAC.
P^, déoenbr» 1842.
SECOND VOYAGE
A J.A DiCOUVBRTB OU HIL-BLANC
Depuis l'époque la plus reculée de l'histoire jus*
qu'à ces derniers temps* les efforts des Européens
pour pénétrer au cœur de TAfrique avaient été à peu
prés sans succès. Jamais fable n'a été mieusL réalisée
que celle du jardin des Hespérides » placé à Tune des
portes de ce continent : de redoutables dragons en
défendaient leis approches ; c'étaient aussi des mœurs
barbares, des hommes féroces, un climat inhabitable,
les prodiges les plus effrayants, c'est-à*dire un air en-
flammé , Typhon et sa suite ; en un seul mot, et selon
l'expression des anciens historiens, l'Afrique était le
pays des monstres.
Presque rien n'avait changé jusque vers 179a;
mais depuis une cinquantaine d'années, les travaux
des Sociétés de découvertes , aidées surtout du courage
des explorateurs , ont réussi à vaincre de grands ob-
stacles; on a enfinpénélré jusqu'à plusieurs points très
avancés dans l'intérieur; toutefois, ces points restaient
isolés entre eux«
( 368 )
L'Europe, entraioée par des intérèU bien différents,
et inattentive de ce c6té du globe , a peu songé aux
résultats obtenus par des hommes intrépides , par les
voyageurs français^ anglais etallemands, successeurs de
Bruce, Browne,lIungo«ParketHornemann. G^étaitlà
cependant un spectacle bien digne d'intérêt , que ces
nombreuses trouées faites dans l'intérieur de TA^rrique.
En iStfS, H. Frédéric Cailliaud, entrant par le. nord,
parvient au lo* degré de latitude sous le méridien de
l'Egypte; en i8s4, Oudney , Denham et Clappertoo
pénètrent jusqu'à la grande mer centrale soua le
méridien de la Gyrénalque; en i8s6, le major Laiog
et René Gaillié pénètrent jusqu'à la mystérieuse
Tembouctou : l'un par une ligne oblique partant de
Tripoli ; l'autre en venant de Sierra-Léone, et marchant
de l'occident à l'orient , puis sortant de l'Afrique par
le nord. Plus récemment, nombre de voyageurs
français et anglais pénètrent , les uns par l'orient de
l'Afrique, les autres par la vallée du Nil au royaume
de Choa , jusqu'à Ankobar et jusqu'aux Gallas inté-
rieurs. En i85g , un voyage mémorable est exécuté sur
le Nil-Bleu parle vice-roi d'Egypte jusque près du 9* de-
gré, etdeuxautres le sont par ses ordres, en 1840 et 1849,
sur le Nil-Blanc jusqu'au 6« et au 4* degré 4^ unn. de
latitude N. Je pourrais citer encore d*autres explora-
tions dans la moitié septentrionale de l'Afrique , pour
ne pas parler de l'autre moitié « ceux du cheykh Ibra-
him (ou Burckhardt), ceux du D' Rûppell, ceux de M. Li-
nant; enfin , ceux de voyageurs plus récents, comme
MM. d'Abbadie , Krapf, Rochet d'Hérrcourt, etc., etc.
Ainsi, de tous les côtés , par le nord, par l'orteot,
par le couchant , le continent africain est attaqué et
entamé. Tout annonce que le moment n est pas très loia
( 569)
OÙ il sera traversé de part en part , où les points isolés
dont la science a pris possession se rejoindrontde pro-
che en proche , ei formeront des lignes continues , sur
lesquelles se rencontreront quelque jour les voyageurs
de tous les pays.
Les voyages que vient d'ordonner le maître de TÉ-
gypte dans ces contrées qui touchent à l'équateur, ne
contribueront pas peu à ce résulat. En effet , le Sou-
dan oriental est en rapport habituel par les caravanes
avec le Soudan central, et» par là, avec la région du
Dhioliba ; il n'est donc pas impossible que nos voya-
geurs du haut Sénégal se donnent un jour la main avec
ceux qui explorent en ce moment les rives de l'Aouach
ou bien celles du Bahr-el-Abiad , en se rencontrant
sur les rives du lac Tchad. Certes , les résultats déjà
obtenus ne seront, pas sans fruit pour le commerce de
l'Europe, pour l'ethnographie, Tétude des races et les
sciences naturelles ; ils ne manquent pas de grandeur,
et ils sont faits pour fixer l'attention des hommes
d'ÉtaL
En publiant dans le ^u/Ze^/'/i du mois de juillet dernier
la relation du premier voyage à la recherche des sources
du Nil-Blanc, j'ai fait espérer la relation officielle de la
seconde expédition égyptienne. De récentes nouvelles
m'apprennent que cette relation n'est point encore
parvenue au gouvernement égyptien , mais qu'elle est
attendue incessammenL Pour satisfaire, au moins en
partie, à l'impatiente curiosité des amis de la science ,
je crois devoir publier les lettres non moins authenti-
ques que je reçois par le dernier courrier d'Alexan-
drie : l'une est du voyageur français M. d'Arnaud, qui
accompagnait Selim Binbachy ; l'autre est de M. le con-
XVIII. NOVEMBRE • 5. 94
( 370 )
sul^énéral de France en Egypte. II.Gaaltiei' d'Arc (i).
Ce n'est pas ici le Heu de faire rtasortir tous les ré»
sultats que fournissent déjà ces deux Toyages remar«>
quables : un tel travail serait prématuré : naoïi bot est
seulement d'en noter les phases prineipales, et dV
bord de faire remarquer plusieurs cireonslanoes géo*
graphiques.
Depuis le Mémoire de D'Anville • qui date de i j^h ,
les géographes s'étaient accordés à faire descendre du
sud-ouest» et à une grande distance, les premières
sources du Bahr-el-Abyad » c'est-à-dire le fleuve Blanc»
regardé comme le véritable Nil ou sà branche princi-
pale. Ils avaient en conséquence placé vers le 6* et le 7*
degré de latitude N., entre le si^et le aS'de longitude
E. , les montagnes de la Lune , autrement le Djebel-el'
Kamar ou ef-Kouniri des écrivains arabes» considéré
comme l'origine du fleuve. Aussi, lorsque James Bruce,
en 1788, publia son voyage d*AbySsinie, où il donnait
le Bahr-el'Àzraq ( ou la rivière Bleue ) comme le vrai
Nil, son opinion fut vivement contestée , et depuis
elle a été constamment mise en oubli par les carto-
graphes, qui continuent tous à placer les sources dans
le sud-ouest. On fut surtout surpris de la hardiesse du
tracé de la carte de Bruce , lequel ne pouvant mécon-
naître l'existence de la branche occidentale ( le fleuve-
Blanc ) , la rapprochait exirèmement dans tout son
cours de la branche orientale ( ou le fleuve Bleu ) , <*!
(1) En faisant connaître Tintéressante correspondance de SLd'ir"
nand, je rrganle comme an devoir d» mentioniter M. Loaiê StiMiier.
«le Beiitri, qui faisait aussi partie delà dauième expédition du Babr^
eNAbyad, el <|ui on a rapporté des observations |réagraphi(|oe^
avec une collection intéressante.
( 571 )
la faisait fléchir à l'orient en forme d'un arc parai*
lèle , ne nommant pas même sur sa carte le Djebel»
KoumrL Depnis ce temps jusqu'au moment où Moham-^
med*AH porta ses armes au Sennftret au Kordofan»
les eoniiaissanees de l'Europe n'avaient fait aucun pas«
même en tenant compte du séjour de Browne au Dar-
four, lequel n'avait rien éclaîret sur la posilion des
sources du Nil » question tant controversée depuis
l'antiquité* C'est alors que plusieurs Européens re*
montèrent le Bahr*el-Abiad , à quelques lieues au-
dessus du grand confluent de Ràs-el-Rhartoum ; entre
autres un ingénieur français M. Linant, un Anglais
M. Hay, un savant allemand le D'Rûppell, et quel-
ques autres. Le voyage du Defterdar-bey, le gendre du
vice roi d'Egypte, nous pracura une carte itinéraire do
Kordofan*
En i85i , un voyage de découvertes fut organisé ft
Paris pour le même objet; une somme suffisante fut
accordée » des instruments furent envoyés à Alexan-
drie avec des instructions. M. Linant, très instruit sur
ce qui regarde le pays supérieur, et au fait des mœurs
et des idiomes, devait diriger l'expédition : des circon-
stances qu'il est inutile de rapporter la firent ajourner.
Enfin» en 1837, le vice-roi étant allé voir pnr lui-
même les travaux d'exploitation des sables aurifères
du Fazôgio et de Fazangoro sur la rivière Bleue ( vers
le 10* degré de latitude N. ) résolut de faire explorer
la branche occidentale , et ordonna une expédition
toute égyptienne de 4oo hommes , montés sur un grand
nombre de barques. A sa tète , il plaça un capitaine
de sa marine, Selim Binbachy : j'ai donné sa relation ,
dans le Bulletin du mois d'août. On a regretté qu'au-
cune observation précise de géographie ne l'accompa-
( 57«)
gnàk; celte lacune esl réelle; mais ceux qui ook la
avec quelque aUention ce documeol original en ool
aisément tu Timportance sous plusieurs rapports; car
il résulte assez clairement du journal du voyage, tenoi
l'européenne heure par heure • i"* que l'on ne Iroo^e sur
la rive gauche , c'est-à-dire vers l'occident « aucun af-
fluent, mais seulementdes marécages; s* que vers la fia
de la navigation» l'on remarqua une branche asses im-
portante ( Bahr-elSeboth ou El-TMfy ) , niais ? enaok
du sud-est; plus loin, une bifurcation » qai est simple-
mentproduite par une grande Ile; 3^ qu'aucune chalûe
de montagne n*existe dans ces parages au dire des na-
turels ; 4*^ <iue la profondeur et la largeur du fleuve
étaient considérablement réduites, au point d'arrêter
la navigation; 5* enfin, que le Bahr-el-Abiad , so
terme de l'expédition, vers le 6* degré de latitude , ne
s'écartait pas sensiblement du méridien de Rhartoum»
et même était à l'orient de celui du Kaire (i).
Un nouveau voyage a été prescrit à Selim Binbach;
parle souverain de l'Egypte, impatient d'atteindre par
ses officiers jusqu'aux sources du Nil. Cette fois • des
Européens étaient associés au chef égyptien (a). Exa-
minons quels résultats a procurés l'expédition : elle a
remonté plus haut que la première d'environ deux
degrés; elle n'a point vu, ni entendu parler de chaînes
de montagnes, quoiqu'elle fût parvenue au 4* degré
4s min. ; pas d'affluents venant de l'ouest ou du sud-
ouest ; pas de cataracte ; direction de la branche
(i) Je pasMÎci d'antres rappocbemenis rewltant do Toyage, ti
qui trouveront leur place ailleurs.
(a) Outre MM. d'Arnaud et Sabatier, il faut nommer M. Thibault
connu en Egypte sous le nom d'Ibrabim-EfFendi , déjà associé à \*
première eipédition. ( Voy. Bulletin de juinet dernier. )
( 5/^ )
maîtresse vers le sud ; le fleuve prenant parfois
une plus grande largeur, mais toujours moins pro-
fond , du moins dans la saison des basses eaux ;
enfin, le dernier point atteint par les voyageurs , placé
sous le sg® i/a environ, c'est-à-dire encore à Test du
méridien du Raire. Ce résultat est, comme le premier,
tout contraire à l'opinion reçue.
Mais que faut-il penser maintenant de Djebel-Rou-
mri , des montagnes de la Lune , placées jusqu'ici
vers le 6* et le 7* degré de latitude? Faut- il les cher-
cher sous l'équateur, ou même au delà, comme le
supposait Plolémée? Ou faul-ii croire qu'elles sont très
loin à l'ouest , et alors, que l'expédition n'a pu en avoir
connaissance , surtout si leur direction n'est pas de
l'ouesl à l'est , mais du sud au nord ( ou à peu près ) ;
qu'enfin, un affluent du sud-ouest, déguisé par les
marais immenses du 9* degré, aura échappé aux ex-
plorateurs? Entre ces deux suppositions l'opinion peut
flotter encore. Ce qui permet le doute 1 c'est que Se-
lim dit dans sa relation que les nombreuses peuplades
des deux rives, différentes de race et de langage , sou-
vent hostiles entre elles, lui ont souvent dit n'avoir
aucune connaissance de ce qui existe au-delà de leur
territoire.
Ce qui est encore à noter relativement à l'opinioa
des anciens, c'est qu'ils placent les Lunœ montes au-
delà de l'équateur. D'un autre côté , M. d'Arnaud
parle du Misselad de Browoe ; on sait que celte rivière
douteuse . tracée par Browne au sud-ouesldu Darfour,
du 10* au lâ* degré de latitude N., à 6 et 8 degrés à l'oc-
cident du fleuve Blanc , n'a ni source ni issue connue.
Comment concevoir son existence tout auprès du Bahr-
el-Abiad ? Mais, si , en effet, vers le 7* degré de lati*
(374 )
êucfe» il y » ungrabd affluent ?enaiil de l'ouest appelé
Keilak ouMisaelad (peu importe)» cela n'expliquerait'
il pas la donnée géoéralement admiae? On voit qu'il
reste encore de riooertiiude sur celte partie de la
qucslioD*
Ce qui en présente moins, et offre peut-être plus
d'importance , c'est le fait de l'existence de plusieurs
nations j distribuées sur les rives du Nil-Blanc» toutes
intéressantes par leurs mœurs , leurs usages , leur ca-
ractère de race. Ici les voyageurs ont fait de curieuses
découvertes. Depuis le grand confluent d'El KharlouiHf
vers le i5*degré i/a jusqu'au 4*d^o- ^/*' ®^ au-delà des
tribus arabes, ontrouve six ou sept peuplades distinctes,
savoir : les Dinnkbas , les Scblouks , les Nowers , les
Ueliabs» la tribu des Ryks, les Bbours ou Behrs, et
encore les Bouderas. Les Dhmkhas révèrent la lune ;
quand deux peuplades sont aux mains, le combat cesse
dès que la lune s'est levée» Les Schhuks sont d'une
haute taille (. i*,8o ) et d'une belle physionomie ; les
Nowers ont la peau tirant sur le rouge » et des cheveux
lisses ou non crépus; les^^Ar^se distinguent par une
douceur de mâpur^ singulière, puisqu'au lieu de vivre de
la chair de leurs bestiaux , ils se nourrissent unique-
ment de racines et de fruits.
Ce fait est important pour la sécurité des explora-
tions futures : voici qui' le confirme encore. Au mois de
janvier 1840 , les troupes égyptiennes avaient sévi con-
tre les indigènes; en 1841 ceux-ci ont accueilli avec bien-
veillance la seconde expédition, et cependant la popu-
lation est armée , elle est 1res dense et les hommes
sont belliqueux; ils pouvaient aisément se venger,
et se défaire de quelques centaines d'hommes , bien
f 375 )
que pourvus d'armes à feu. lU onl des lances de '4
«élres ; le fer a un mètre de long.
On voit encore que la facilité du voyage sera bien
plus grande qu'elle ne l'a été , ai Ton part au mois
de septembre pour profiler des hautes eaux ; alors le
haut Nil demeure navigable» au moins jusqu'au 3* de«-
gré de latitude.
Un des points les plus curieux à éclaircir peur une
expédition européenne , si elle pouvait se réaliser, se-
rait la nature des rapports que les Behrs entretien-
nent avec les Indes. On a trouvé chez eux des marchan-
dises qui sembleraient mettre ces relations hors de
doute ; ce sont des étoffes de Surate.
Si la différence radicale des races dans un espace
qui n'a pas trois cents lieues en ligne droite est un ob-
jet digne d'attenlion , il en est un autre encore plus
curieux que tous ; je veux dire la présence d'un corps
militaire uniquement composé de femmes » lequel
compose la garde du roi des Behrs. L'antiquité ne nous
a parlé que des amazones de l'Asie ; encore sont-elles
contestées par la critique (1); celles de l'Amérique
sont plus certainement une fiction; mais Ton n*avait
pas encore connaissance des amazones du Nil. Toute-
fois , un religieux portugais , le père Jean de Los San-
tos» a mentionné en Ethiopie une république guer-
rière de femmes. Quant aux amazones d'Afrique »
comme on peut l'entendre des bataillons de femmes
dont parle M. d'Arnaud, il est difficile de révoquer en
(cj Elles habitaient, dit-on, entre autres lieux, sur les bords du
Pant-Bsuria; elles araienl pour armes une hacbit et un bouclier
ëchancré. — Le mémoire de Fréret (Ac. des inscriptions , tome xxi)
a réduit à leur véritable valeur IVsisteuce des am^xones, du m(»tnA
comme nation.
(376)
doute le témoignage d'une personne qui voyageait eo
compagnie de près de trois cents autres. Peut-on en dire
autant de ce fait , c que les ministres du roi ne sont ad-
• mis auprès de lui que lorsqu'il est en danger de mou*
f rir , et cela pour empêcher qu'il ne succombe à une
» maladie ou meure de mort naturelle comme les plus
1 vu Igaires de ses sujets • ? Je n'oserais l'affirmer, puisque
personne ne dit en avoir ètè le témoin. Quoi qu'il en
soit» on doit se féliciter que deux observateurs Avançais
aient ètè associés à ce lointain voyage , et qu'ils aient
sauvé du naufrage leurs journaux.
Liste des documents et objets rapportés par les voya-
geurs : Journaux de route, — Observations météoro-
logiques et astronomiques, — Profils en travers du
Nil , — Largeur et vitesse du fleuve , — Vues prises
chaque jour des rives du Nil , — Portraits des naturels .
— Vocabulaires , — Collections , etc. , etc.
Nota. Les lettres suivantes pourraient donner lieu à
un plus grand nombre de remarques qui ne peuvent
trouver ici leur place.
i" décembre 1843.
JOMAED.
1** Lettrk de M. d'Arnaud à M« Jomard, membre
de V Institut ( 1 ) .
Le Raire, la octobre i84a.
MoifSlfiQR ,
L'intérêt que vous prenez à toutes les découvertes
(i; Voy. la relation de la première eipëdition de Selim Biabacbi,
N«« de juillet, d'août et de septembre i84a.
(377)
africaines m'engage à vous adresser quelques lignes ,
bien que je n'ose me Qalter de vivre encore dans votre
souvenir.
En i83dy S. A. Mohammed^Ali m'engagea à l'ac-
compagner dans son voyage au Fazoqlo, pour y analy-
ser les terrains aurifères avec M. Lefèvre, décédé dans
le pays. Ce voyage» qui a duré deux ans, nous a valu
quelques renseignements géographiques ; mais ce n'est
pas de ceux-là que je vais avoir l'honneur de vous en-
tretenir.
Au retour du vice-roi d'Egypte « il fut question d'une
expédition scientifique sur le fleuve Blanc. Déjà un
premier voyage avait élé fait par M. Selim capitan ,
oflBcier turc de la marine d' Alexandrie ; mais il man*
quait un homme spécial. Les occasions de rendre
quelques services à la* science sont rares» et j'accep-
tai avec empressement cette tâche » malgré le mauvais
état de ma santé.
Le a3 novembre i84o , nous partîmes de Rhartoum »
pointe nord de l'Ile de Sennàr avec onze dahabiés ; de
retour au même point» le 18 mai 1841 pour nous ra-
vitailler, nous repartîmes encore le 96 septembre
i84if à l'effet de relever des détails, ne pouvant
mieux faire pour diverses causes qu'il serait trop long
et trop peu intéressant d'énumérer.
Nous avons parcouru le fleuve Blanc sur un dévelop
pement de 5 18 lieues de a5 au degré; nous avons at-
teint le 4* 4^' ^6 latitude N. et le 99* 4^' ^^ longitude
E. estimée » chez un peuple nombreux nommé Bebr.
Ainsi que vous l'avez pressenti depuis longtemps ,
monsieur» sous le 9"* 17' de latitude N. et 26* 4?' de
longitude E. , nous avons trouvé d'immenses marais ;
mais bientôt après nous avons trouvé des pays plus
{ s?» )
rianls habités par des peuples plus nombreui • el
d'uae race infinimeût plus belle. Depuis les Schloaks
jusqu'aux Behrs , nous avoos distingué quatre peuples
différents par le type physique et le langage. J*ai Eail
quelques collections d'histoire naturelle, géologie,
plantes , graines ; d'armes , flèches empoisonnées ,
ustensiles divers, etc. Une de ce» collections ne lar-
dera pas d'arriver au Jardin des Plantes de Paris • où
vous pourrez la voir. II y a divers objets fort curieax ,
entre autres un casse-tête de corne de rhinocéros, etc.
A la hauteur du 9" 1 1' de latitude N. et s8* 4>' ^^
longitude B. , nous avons trouvé sur la rive droite
l'embouchure d'une grande rivière nommée 5a»-
bae{\), seul affluent E. , et sur la rive opposée on
autre que tout me porte à croire èlre le Keîiak ou
le Hisselad de Browne.
Aucun indice sur les deux rives , aucun vestige de
monument égyptien ou arabe.
Dans tout le cours du fleuve parcouru , aucune ca-
taracte , mais quelques bas-fonds seulement « coqail*
liers sablonneux.
Nous n'avons rencontré de montagnes que dans le
pays des Behrs. Là , le Ht du fleuve étant devenu très
large et couvert de pierres et d*tIots, nous n^avoas pas
pu aller au-delà avec les eaux de la saison ; mais dans
les hautes eaux, le fleuve serait eiicore navigable , au
dire des naturels, au moins une cinquantaine de
milles, point où se réuniraient différentes branches ,
dont la plus considérable vient de Test , ce qui prouve
d*ane maciière assez évidente que Thypothèse gé-
(1) Babr-cl-Sebotb du premier ▼oya(^e , autrement Telqy ou Telkhj
selon les Schlouks. Voyez la relation du premier voyage , Bulletin de
septembre 1843, p. 171.
l «"^79 )
néralement adoptée , que les sources du Qeuve Blanc
viennent de Touest. est mal fondée. Nous avons trouvé
chez le roi des Behrs des conteries et un mélayé de
Surate, articles importés, je le présume, par la mer
Rouge , et qui vraisemblablement sont arrivés là par
TAbyssinie » la caravane N'naréa et le marché Berry ^
où, d'après les renseignements des naturels, viennent
des hommes de couleur cuwre , qui ne peuvent être que
Collas ou chréfiens.de Sidàma, d'après on renseigne-
ment de M. Blondeel Van Guelebrook , consul-géné-
ral de Belgique en Egypte, qui vient d'arriver de ces
pays au Sennâr.
Tout ceci, monsieur, n'est qu'une simple annonce
que je crois devoir.au doyen des explorations d'Afri-
que. Ha route a été faite avec beaucoup de soins;
à chacune des stations j*ai fait des observations astro-
nomiques, mais l'absence d'éphémérides ma empêché
de calculer les longitudes surtout. C'est ce que je vais
faire ici ; car bien que j'aie fait naufrage au retour
dans la quatrième cataracte de Gailliaud. où j'ai perdu
tous mes effets, j'ai néanmoins sauvé tous mes jour*
naux de route. Ce n*est qu'après deux heures à la nage
que je suis parvenu à gagner la rive.
Je vais m'empresser, monsieur, de mettre ordre à
mon travail, de dresser une carte de ma route , et je
prendrai la liberté de vous adresser copie du tout.
Veuillez agréer, etc.
d'Arhaud.
P. S. J'aî fait , il y a un an environ , jiour satisfaire
à l'impatieni^e de S. A. » une carte approximative de
ma route; mais« à vous, monsîeiAr, je ne puis com-
muniquer que celle que je vais dresser.
( 58o )
*i* EiTBAiT dune lettre de M. E. Gauttikr d'Abc, consul-
général de France en Egypte , au mente.
Alexandrie 9 a8 octoUre 1843.
M0K8IEUR ET CHER COLLkGUB,
Je vous ai adressé à la hâte , au commeocemenl du
mois, quelques détails fort iacomplels sur le beau
voyage de M. d'Arnaud; j'ai obtenu de lui-mèoie pour
vous une lettre fort complète, qui suffira pour vous
mettre h même d'apprécier tout ce que les découvertes
de l'expédition ordonnée par le vice-roî ont de pré-
cieux pour la science et le commerce.
J'ai remarqué» toutefois, que M. d'Arnaud ne vous
a donné des renseignements étendus que sur les der-
nières populations découvertes par lui. Mais avant de
pénétrer jusqu'à celles-là » l'expédition avait eu à recoo-
nailre diverses autres peuplades » moins importantes
sans doute, mais cependant fort dignes d'intérêt,
puisqu'elles sont à peu près inconnues. Voici ce que
j'ai appris à cet égard des compagnons de voyage de
M. d'Arnaud, et notamment de M. Thibaut» Français
qui voyage dans le sud de l'Egypte depuis plus de
vingt ans , et qui m'a communiqué des notes exces-
sivement précieuses sur les pays limitrophes de la Nu-
bie et du Sennaar, et de Selim-Gapitan', musulman
instruit qui commandait l'expédition.
A 100 milles environ au-dessus de Rhartoumse trou-
vent les lies Schlouks; là le cours du fleuve Blanc
s'embarrasse de pierres granitiques à fleur d'eau. Son
cours est d'une lenteur extrême. Les populations sau*
vages qui habitent ces lies et des rives du fleuve, pil-
( s«« )
lent fréquemment les voyageurs ; elles se retranchent
derrière les bosquets de mimosa qui couvrent ces pa-
rages, et profitent surtout d'un bas-fond, où l'on ne
trouve guère en avril et en mai que i4 pouces d'eau.
Plus loin les bois disparaissent, et font place à de
hautes herbes marécageuses qui s'élèyent à plus de
i5 pieds au-dessus du niveau de l'eau ( homsouf). Les
hippopotames deviennent très nombreux dans ces pa-
rages. On les chasse pour manger leur chair.
Au-dessus de celte région commence la végétation
de tamarins. Là se trouve sur la rive gauche du fleuve
la peuplade des Dinnkas, qui révère la lune, et ne
se permet jamais d'attaquer ses ennemis tant que cet
astre brille sur l'horizon. Là croit aussi le palmier
Deleb , dont le tronc est bombé vers le centre de l'ar-
bre , de sorte qu'il est extrêmement difficile d'avoir
son fruit. Les populations de plus en plus nombreu-
ses apparaissent au voyageur qui remonte le fleuve.
Les toits couverts en chaume abritent de nombreuses
tribus, qui vivent sous la domination dumeck. Tel est
le spectacle que l'on rencontre pendant un espace de
a6o milles. ,
On ne peut toutefois apercevoir du fleuve la bour-
gade de Fachoura, résidence du meck. Elle est située
dans l'intérieur, à 4 milles environ du Nil-Blanc.
Ses abords sont défendus par une épaisse forêt , et
par des ravins profonds qui se remplissent d'eau du-
rant l'inondation , et qu'il a fallu traverser à la nage
avant d'arriver. Les abords de la maison royale sont
mieux défendus encore par une garde composée de
deux bataillons de femmes « qui ne laissent appro-
cher du souverain que ses deux ministres. Ceux-ci
ne pénètrent point dans l'enceinte sacrée , mais le roi
( 589 )
sort pour les entendre. Us ne sont admis dans l'inté-
rieur du palais que lorsque le roi parait atleial d'une
maladie mortelle» Alors leur devoir est , dit-oo , d'é*
Iraogler le souverain poilr empêcher qu'il ne meure de
maladie comme le plus Uumble de ses sujets.
En quittant ce pays» les voyageurs atteignireni U
Telfi , ou rivière Bleue , dont le cours rapide et profond
vient du sud^st; les Dinnkas la nomment Rety (i).
Les habitants, pasteurs nomades» font paître des trou-
peaux de bœufs sur ses bords.
C'est au-dessus de cette embouchure que l'on aper-
çoit dans l'est* à a5 ou 5o milles» une très haute mon-
tagne où se trouvent , à ce qu'on assure » des mines
de fer.
Par 8"* latitude N. , on rencontre un lac qui n'a pas
moins de 9 milles de circonférence « que les voyageurs
ont relevé et sondé. C'est là que commence le pays
des Nouers, peuple cultivateur qui entoure ses bes*
tiaux et ses habitations de clôtures, et construit des
cabanes vastes et bien aérées. On dît ces peuplades
rusées et cruelles. La couleur de leur peau tire sur le
rouge; les cheveux ne sont point crépus.
Par 7* 4i' le Nil se divise en quatre branches « au
S.-O. -^ S.^'S.-O. et S.-E. ; les affluents ont moins d*in-
portance, et paraissent provenir des marécages voi»
sins ; mais le rameau principal vient de rE.*5.-E.
Ici l'expédition » dit-on , répondit aux avances bien-
veillantes des peuplades gningués ( Keks ) par des
actes de cruauté (premiers jours de i84o) (s). Telia
(1) Ce nom est écrit Telky on Teikhy dans la relacâon et Selim.
(3} Ce fait «6 rapporta k la premièro expédition 9 à U date do
aB ckawal oa 4 janvier i84o. Voy. Bulletin daoûc xB49 y p. 93.
( 383 )
est la douceur des mœurs de ces sauvages , qu'ils ne
tuent jamais pour s'alimenter les immenses troupeaux
de bœufs dont ils sont environnés. Us vivent de pèclie ,
de grains , de racines et de laitage , et suppléent au
sel » qu'ils ne connaissent pas , par l'urine de vache.
L'expédition, faute d'eau , s'arrêta le 95 janvier de-
vant une nouvelle bifurcation du Nil (i)au milieu des
peuplades behrs, bouderas et héliabs, sur lesquelles
M. d'Arnaud vous donne des détails.
Ce résumé • fort incomplet, vous montre » monsieur
et cher collègue, tout l'intérêt qui doit s'attacher à
l'exploration courageuse de nos compatriotes. Il y a
tout lieu d'espérer que le vice-roi , que le succès de
cette entreprise signale à la gratitude de tous les amis
de la science • donnera aux voyageurs les moyens de
faire connalre avec détail au monde savant toutes les
particularités qui se rattachent à cette magnifique ex-
ploration.
Agréez, etc.
Gauttibh d'Abc.
3» Extrait ddune lettre de Vi. le D* Pbbron , directeur de
r Ecole de médecine du Caire ^ au même*
LeRaire, a4 octobre 1843.
M. d'Arnaud, qui était parti à la découverte
des sources du Nil , aux frais du pacha, est de retour
ici depuis deux jours. 11 est allé jusque par-delà le
f I . On remarque, dans la relaiioB du premier voyage, que Texpé^
dition a rencontre, aussi le a5 janvier, une bifurcation du Nil-
Blanc.
(384 )
4* 4^' de latitude. Il avait fait de nombreuses collec-
tions de plantes, de graines, de minéraux, de des.
sins ; malheureusement il a naufragé sur le Nil à la
quatrième cataracte, et c'est tout ce qu'il a pu faire
que de se sauver la vie après avoir nagé plus de deux
heures à travers les écueils de ce passage. Toutefois ,
il a pu sauver son journal. Quelques objets qu'il avait
fait passer par terre ont été aussi sauvés. II est revenu
sans ressources, ayant tout perdu , bardes, argent» etc.
par son naufrage. C'est une perte énorme que celle de
la collection de M. d'A.rnaud
Pbrroiv.
( 385 )
fHSCXIÈME SE€TION«
Acte^ Ile U Société.
EXTRAIT DE» PROGÈS-YERRAUX DES SÉANCES.
PBiSlOBnCe DR M. JOMiAD.
Séamse du 4 no¥êm6n i84^*
Le proeès^verbal de la deroiète aéaoee esi ki et
adopté*
II. Gomo Gridaine» présîdeat de la Société, eiimoce
qu'il vient d'appeler de nouveau raileotion de Ai. le
marécbal » président du conseil , sut l'otiUlé que pré-
sente aujourd'hvi la publication du Dictionnaire ber-
bère de Venhire; il espère que II. le minieHre de la
guerte , dans rintérèt de noe relations avec FAbiqpae ,
js'enapressera de seconder les vues de Ja Société en In
faoiliitaAl les moyens de s'occepev promptement de
cette ittipertanle poblicafion.
M. Taipical conte WerhoeU, président, et M. de
Grand Pierre, direcleur de la Société des miseiona
évang^liques , écrirenl à la Société pour lui offrir wm
exemplaire de Toufrage de MM. Arboussel eiDaumaa,
ayant pour titre : Relation tCun v^jrc^ge d^ëXf^oraHeÊt
A» nord'-eside im coloêûeduoap de Bamne'-Eapéf^tMee, La
Oiinmîssion centrale acûueUle celte nouvelle publica-
tion avec beaucoup d'intérêt, et elle apricie icis ef-
forts que hki l!bonorable-Socté4ë des missions pour
c<mcourir au progrès des bnanères , tout en fraTaïUant
à répandre le cbristianisme et la civilisation chez les
peuples idolâtres.
XVIli. NOVEMBRE. 6. 25
( 386 )
Plusieurs autres ouvrages sont également oQerts à la
Société par MM. de Gastelnau , Dubois de liontpércox ,
le colonel Poinsett, le major Jervis et Wappaus. Li
Commission centrale vole des remerciements aux do-
nateurs • et ordonne le dépôt de leurs ouvrages à la
bibliothèque.
M. Jomard fait les communications suivantes : Par
une lettre du Caire , M. Chedufau » membre du con-
seil de santé d'Egypte, ancien médecin en chef de
l'armée égyptienne en Arabie, et qui a résidé plu-
sieurs années dans ce pays, manifeste le désir d'en-
trer en relation avec la Société. Il offre de répondre â
une série de questions qui lui seraient adressées par la
Commission centrale.
M.'Glot-Bey écrit du. Caire que MM. Feret et Gsli*
nier, officiers d'état-anajor envoyés eo Abyssinte par
le ministre de la guerre, sont de retour* et rapportait
plusieurs cartes du pays. -— La crue du Nil a été cette
année de aS pics ; les eaux sont restées vertes très long-
temps. — Une fâcheuse épizootie a régné en Egypte,
et a enlevé go,ooo bœufs. — ^ IL Fulgence Ftesnel a tra-
duit en français un conte en langue g;alla , qui donne
une idée des opinions morales de oe peuple. --^ On an*
nonce le retour do M. Kraft et de M. Sapeto d'Abys-
sinie. Le premier, après avoir séjourné plusieurs an*
nées à Apkober , et étudié le galla , l'amharique et le
geez, a rapporté» entre autres manuscrits» unegéogra-
phie ancienne de la^ Palestine du vu* siècle» écrite en
éthiopien ou geez; il suppose l'ouvrage traduit du
copte ou du grec. Le père Sapeto a rapporté un grand
nombre d'inscriptions éthîopienoes.
' M. d'Avezàc annonce que M. Charles d'Ochoa est
sur le point de partir pour un voyage dans les paya au
( 387 )
nord-oueslde Tindostan, et qu'il recevrait avec recon-
naissance les instructions de la Société.
M. Thomas^y lit un Mémoire sur les caravanes dô
rAfnque septeotrionale.
M. Gabriel Lafond lit une Notice sur un projet de
canal de l'océan Atlantiqae à Tocéan Pacifique dans
l'Amérique centrale. MM. Gochelet et Jomard présen-
tent à ce suj«t diverses observations qui confirment
l'opinion émise par M. Lafond sur l'avantage que pré*
sente le projet de canal par le lac de Nicaragua.
M. Jomard rend compte de l'état de la souscription
au monument de l'amiral d'Urville et du commence-
ment des travaux. M. de Lâroquette fait observer , à
cette occasion , que des journaux quotidiens ayant
paru Attribuer h l'administration l'idée de ce monu-
ment, il conviendrait, dansl'intérètde la vérité, de rec-
tifier cette erreur, qui enlève à la Société le mérite de
Tinilialive dans l'hommage rendu à la mémoire de son
illustre président. L'observalion de M. de Lâroquette
est prise en considération.
H. le Président annonce que l'absence de M. le secré-
taire-général doit se prolonger , et que M. de Lâro-
quette a bien voulu se cbarg<?r de rédiger le rapport
annuel.
Séance du i8 novembre 184 s.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
M. le ministre de la marine informe la Société que «
par une ordonnance du 16 octobre , le Roi a approuvé
la concession de 4 mètres de terrain , faite par la ville
de Paris dans le cimetière du Sud , pogr la sépulture
perpélueUe de M. le contre-amiral d'UrvilIe. Des re-
merciements sont adressés à M. le ministre.
M. le ministre du commerce accuse réception de
( 388 )
lii leUre que le Président de la €<M»aiÎ8i&Q(B oealnle
lui avait écrite aa sujet du pixx^ftin voyage -de JL Pèr-
rôttet dans Tlode. Les tèroMB daos lesqads oÉlte ré-
ponse est conçue font regretter que les offras <iéstnlé-
restées de ce voyageur et les rècommatidliiMos de la
Société n'utedt pas été cemptiseft Sous loor véritoble
point de vue.
IL le ministre de l'Inetriiction publique Iraosinet à
la Société « de la pari dé l'auteur, M. ^otoiûe Madioi ,
de Milan, un Mémoire ayant pour tUre : // Segestan
ot^plBro U oono deljktme Hihdmefu/*
M. Lûdde écrit de Mogdebouiigpour 'dfflîr à la Société
la suite de son journal géographique» et puor lut ei--
{mmer le désir d'être adoMS au nombre de sescorret^
pondants étrang^rk La CoRMauisioù centralo, prenant
en coilsidératâou U dattiande de M. Lidde » déckle^e
le Qoni de <se savant sera insbrît star la liste des eandi-
dals pour la place de currespondatti.
[ M. le 1)^ Vizer, nobie hongrois ^ faî4 hdamage h la
Société d'une grande carte qu'il ^ent de fMiblîor du
diocèse de Wessprim en Hongrie et dels contrées limi-
trophes. Cette carie , qui est appuyée sur des obser-
vaAioiis astronomiques et des opérations trigonométri-
ques y lui a coulé dix années de travaux pénibles et
de nom))reux sscrificeâ; il s'estimerait heareux qu'elle
fïkt aecaeillie favorablement par la Sociétés M. Viter
annonce qu'il s'occupe de divers travaux de cosnaolo*
gie t de géologie «t gée^hone» et qu'il compte publier
incessamment uiie description physique et géologîoi>*
géognostii|ue des monts Caarpaihôs de la'Hoagrîe.
IL le baron de Deorfelden de Hindersteio adresse la
(lescrifrtîon d'iltreclit ot de ses environs» do4Ét il avait
annoncé l'envoi dans ilne des prédédenles séances.
H. Kyriès est prié d'en rendre borepte.
(589 )
- D*fla(res oufrtrgèB sonl offotis à la Société fàr
MM. Desjàr'dhis , LaCoruf et Paiithwr. La Coituniarion
i^ele des reoherciettMntsaut (auteurs, et ordonne le dé*
pôt de leurs outrages A ta dii^HotlièqiBe.
M. Atfreâ Bitincfae, adws récemment dans la Se*
riété » loi adresse ms remcroiementi , et prosaet -de
faire ses eff<yils^ar.C0titribuer à ses uiiles traïaux.
Madame veuve Arfehue BerlTMid écrit è la Gom'oais-
ëiett centrale pour ta renaercier du iilre de isbraic^ de
)a Société qu'eite a bien nrnlu lui «oàeecver.
M. Jomard fait les communications suivantes :
1^ A {>ropoà de h lecture fiiile fMbr AL JUafoad 4 la
detnik*e sésioce ^ il iferit oomn^tre un proj^ de commu-
nication entre l'océan Atlantiqueetlaitiiei^oSiHl(par
k rivière S* -^tiaiii et le lac de Micai*agua ) <}ur remonte
à 1 7gi , et qui avait été proposé è la ce>UT d'£apagne ,
coctifme une entreprise ntHe et gkwÎBttSfe, par M. Mar-
tin de la ffastide. M. Jomard met sous les yeux de la
Société la carte de Tlsthme, publiée par Tauteur du
projet à l'appui de son Mémoire; celui-ci, à défaut de
la cour d^Espagne, proposait de former une compa-
gnie avec certaines concessions ; l'idée fut aooueUlie par
Laborde dans son Histoire abrégée des voyages dans
la mer du Sud. Paris, 1 7 « i •
s** II annonce le départ des deux derniers Africains
de Saint-Louis, instruits en France par les soins d'une
association provoquée par Mt le baron Roger, alors
gouverneur du Sénégal , -et adoptés ensuite par le mi-
nistre de la miarino. Sur tdis>'Bept noirs on hommes de
couleur, deux sont retournés précédemment» douae
ont payé tribut au climal d'Europe , et trois oal fût
des élude^«s6ez avaneées pour être adosîs à laptèlrisaa
ils erdt appfis leïrançaîs, le latin » le dessin, kgéogra*
phie, riiistoire naturelle. Le premier parli, l'abbé
{ 390 )
Moussa , noir, âgé uojourd'hui de vingl - sept ans . esi
curé à Corée ; les deux autres , H. l'abbé Fridoil , âgé
de vingUhuit ans, et IL Tabbé B<^ilat» âgé de Tiogl-
neuf ans, se rendent à Saint-Louis pour y exercer le
saint ministère. Ces messieurs doivent s'occuper de
former des vocabulaires, notamment de l'idiome ser-
rère peu connu, et du bambaca. Ils se proposent
aussi de faire des observations géographiques et des
recherches sur les mœurs , les usagea» les produclîons;
enfin , de compléter nos connaissances sur la langue
wolofe.
S"* Il donne lecture d'une lettre de ll« d'Abbadie ,
relative aux restes de l'apcienne ville d'AduUs. Renvoi
au comité du Bulletin.
M. Thomassy lit la suite de son Mémoire^ sur les ca-
ravanes de l'Afrique septentrionale.
M. Albert-Montémont communique un fragment du
nouveau Tableau de Paris qu'il se propose de publier.
MEMBRBS \DM1S DANS L\ SOCIÉTÉ.
Séance du 4 novembre,
M. Charles D'OcHOà.
Séance du \% nopembre^
M. Casimir Gu&aiif.
OUVBAGBS OFFBBTS ▲ LA SOCIÉTÉ.
Séance du 4 noi^embre.
Par Ia Société des missions .évangiliqmss de Paris :
Relation d'un voyage d'exploration au nord-est de la
colonie du cap de Bonae-Bspérance i entrepris dans
les mois de mars, avril et mai. 1 856 , par MM» Arboos-
sei et F. Daumas» missionnaires de la Soc des miss,
évang. Paris < 1 84^ t i vol. in«8 avec carte i vues et cqs-
( 39' )
tûmes* — Par M. le colonel Poinsêtt:Sy nop^isodhe cruise
of khe U. S. explaring expédition , duriug the.years i838,
59, 4o» 4i et 4^ ; delivered before the national Insti-
tute by its commander, Chartes Wilkes. Washington ,
i84a; broch. in-8 avec une carte générale du voyage.
— Par M, /• E. Wappaus : Unslerslichungen ûber die
geographischen Entdeckungen der Portugiesen unter
Heinrich dem Seefahrer , Ein Beitrag zur Geschichie
des Sechandels un der Géographie im Mittelalter*
Gottingen^ 1849 , 1 vol. in-8. — Par M, de Castelnau:
Vues et Souvenirs de rAmérique du Nord, 5' livraison,
iD-r. — Map of the disputed territory ( Maine ) redu-
ced from the original of M*'* Featherstonhaugh et
Mudge British commissioners, iSSq, 1 feuille. —Map
of theLouisiana, i feuile. — Par M. F, Dubois de Mont--
péreux : Voyage autour du Caucase, chez les Tcher-
kesses et les Abkhases, etc. Tome V, in*8. Paris (184 S)*
— Par M. le major Jervis : Records of ancien t science,
ezemplified and authenticated in the primitive univer-
sal standard of weights and measures. Communicated
in an essay transmitted to capt. H. Kater^ by capt
Jervis. Calcutta , 1 855 , broch. in-8. — Geographical
and statistical Memoir of the Ronkun. The revenue
and land tenures considered with référence to their
first institution and présent working. Calcutta, 1840,
1 vol. in-8. — Contributions to the statistics of wes-
tern India. Eitracted from a memoir of the Ronkun.
Drawn up by major Jervis in i8a3i85o, brdch.
in-8. — Frize essays on the condition of hindu females,
by Hari' Resavaji and Da* doba' Pa'ndurang, with an
introductory by the rev. D** Stevenson , broch. in-8.
— Par r Institution nationale de Washington : Second
bulletin of the National institution for the promotion
t
( ^9» J .
of science » march i84i to fekroary 1S4». Waalûas~
ton, i84s , broch. in«8 a?ec 5 planiches.
(La faite des ouvrages offerts ai» mméro pfockmi ).
■i< ■■>■
SoU9GBif TiOM ouverte dow le sein d^ Im ^oaiété de gèo--
graphie^ pqur le Atam^fient à élever à la mémoire du
çQtOre-çmiml DuifoiiT n'UyMfiitML
Liste des SousrripCeurs do iGoctoIxe au aS- jyiccwihw 1 84»*
MM. de PiAUA^oir , copîl^M de cprvetta. 5 ^^'
Pâma , id. 10
Dk ¥at» • député, 4^
LiFM» , enseigne d^ veÎMeai;^, 1 o
DBavus» comMÂft d'admiolsUatioo de 1^
marim. 3o
ViviBH > OQiambre de la SoeiHi» 10
AaoHDiACQif » agen trdQ-rcbange bonara^re. %o
Ctaîaiîr Ginini» , membre d^la Sociélé, ^o
JinumxoT» chirurgîfia.de la niaiw* i&
SiBaAT , ancâon pcincipal.du c0li499.de ToAilpOi. io
Le dèctear Mb&at* 9D
^Monvant dea premiibreo lialesi. . » . 4,760.^*^0
•w».^^— ^i*— ~— I»»
"Û/i (ic la, .ivc. c/e^'oy. "'CK'/a tS4zJ
!
C.AJiT£
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BOSPHORE CIJUMA
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ITffle delamateitta «uT«^,^ ^^^ ^^^^^
'^^^^^"'^'»f"i^: /\ elde ses affiumte
fl!» C4fnsàxnà/L/^Qr^Ayroai
1842.
' ' ' < 1 1 I . -^
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' ' -tct.- '•
J
mS
BULLETIN
DB LA
SOCIETE DE GEOGllAPHrE.
DiCBMBRB l84<.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
OD 3u DKGBMBRB lS^2,
DISCOURS
PRO.NO.NCK
PAR M. CVNIIV GRIDAINE,
Miuistre Je rAgriculture et du G)mmerce, Président
do la Société.
Messieurs,
En appréciant avec une profonde reconnaissance
tout ce qu'a d'honorable pour moi personnellement
ic choix de la Société de géographie qui m'appelle à
la présidence de cette assemblée , j'y vois surtout un
témoignage de la haute intelligence des besoins de
l'époque dont vous vous monirez animés. La géogra-
phie, en cflet, comme toutes les sciences vraiment
dignes de ce nom, et plus qu'elles toutes peut-être ,
n'est pas destinée à s'égarer dans le domaine de la spé*
culalion abstraite, pour n'étaler qu'une pénible éru-
XVUI. DÉCEMBRE. 1. '^6
( 3a4 )
dilion ou ne salisfaire qii*une vaine curiosité. Eiie csl
appelée à concourir, dans sa sphère, au progrès de
la civilisation en nous révélunl l'élendue et les res-
sources de ce domaine terrestre que Thomme a pour
destination de féconder et d*ombellir. Elle favorise en
même temps les progrès de la nation en perreclion-
nant, en éclairant par ses observations ragriculture
et le commerce, désormais les gages les plus assurés
de la grandeur et de la moralité des peuples.
G*est en considérant à ce point de vue, messieurs,
les travaux de votre Société , qu*à Texemple des minis-
tres qui m'ont précédé, je me félicite de manifester,
en ce qui me concerne , l'empressement du gouver-
nement à seconder vos efforts. Je ne négligerai rien de
ce qui pourra y contribuer , soit directement par tous
les moyens qui rentrent spécialement dans mes attri-
butions, soit indirectement par l'influence que peu-
vent exercer sur le progrès des sciences géographiques
les documents recueillis par mes ordres. J'attacherais
un grand prix à réaliser l'espérance que votre Société
a fondée sur ma coopération.
Je m'appliquerai donc, comme vous Tatteadez de
moi, messieurs, à vous faciliter l'obtention des moyens
et ressources nécessaires pour reprendre la coutume si
utile et si appropriée au but de votre institution , d'en-
courager par des prix le progrès des découvertes , et
de subvenir à la publication des relations de voyages
qui peuvent servir à l'extension de nos rapports com-
merciaux. Je sais combien il importe à l'honneur
scientifique de la France de ne pas se laisser prévenir
dans cette carrière par les nations étrangères.
Le temps n'est pas éloigné, messieurs, où me bâ-
tant de répondre à Tbonncur que vous m'avez conféré,
( 39Ô )
«t «le m'associer aux généreuses inlentions d^uu prince
dont la mort prématurée a fait tressaillir d'une dou-
leur unanime la France , TEurope et le monde civi-
lisé, j*ai Tait publier et répandre le programme du
prix de 9,000 fr. fondé par S. A. M**' le duc d'Orléans »
pour récompenser le navigateur ou le voyageur dont
les travaux géographiques auraient procuré à la Franco
ou à ses colonies la découverte la plus utile à Tagri-
culture, à l'industrie ou à Thumanilé. Ce dernier et
solennel hommage rendu à la grandeur de votre œuvre,
ajoutera , n*en doute/, pas, à l'efficacité des eObrls
que votre Société a déployés malgré l'exiguïté de ses
ressources » et vous assure en même temps de nou-
veaux droits à la reconnaissance publique, à l'émula-
tion des savants , et «^ la protection du gouvernement.
Je saisis cette occasion solennelle pour vous témoi-
gner mon intention de coopérer à la publicité du Dic-
tionnaire de la langue berbère de Venlure» que vous
m'avez signalé avec tant de raison comme indispensa-
ble au maintien et au développement de nos relations
politiques et commerciales avec l'intérieur de l'A-
frique«
Persévérez, messieurs , dans la noble tâche que vous
vous êtes imposée. Vous facilitez l'œuvre de Tadmi-
nistration en propageant par votre exemple le goût
d(S connaissancos fécondes, en donnant Tessor h des
explorations qui ont exercé et exerceront de plus m
plus une action salutaira sur la prospérité publique.
Par vous les i)cuples apprennent tout ce qu'ils gagnent
mutuellement à se rapprocher, aujourd'hui surtout
que , grâce aux progrès de la morale humaine , ils ne
se recherchent plus que pour se communiquer leurs
richesses scientifiques et industrielles, et prendre tou:>
(596)
pari aux avantages spéciaux doni diactm esl doué ,
soit par la muniiiceDCC de la nature , soit par les con-
quêtes de son aclivilé. L^s succès que tous avez obte-
nus sont les garants infaillibles de ceux qui tous atten-
dent, et votre Société conrpte déjà assez de titres poor
prendre place parnori les institutions dont s'enorgueil-
liront la France et rbumatiité.
(597 )
NOTICE AI\[IVIIGLLK
DE4 pnocnÈs
DES SCIENCES GÉOGRAPHIQUES
CT D^S TRAVAUX
DE LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE
PENDANT L*ANNÉE 1842.
Par H« ûm 1» Koqwette,
Vice-Président de la Gommlwloii centrale.
MfiSSIE1}RS ,
Appelé, eo Tabsence de voire se€rélaire*général » à
vous rendre compte des progrès de la géographie ^t
des travaux de la Société pendant Faninée qi^i va bien-
tôt s'écouler, je vais essayer de remplir cette tâche dif-
ficile, que je n'ai acceptée qu'après de longues hésita-
tions. Je m'estimerai heureux si vous ne trouvez pas
trop mal |)iacée la confiance que n^es coUègties de ja
Commission centrale ont bioi;) voulu jivoir en moi daiis
cette cixconstance«
^J*avais d'abord conçu un vaste projet; je voulais dé-
rouler devant vos yeux, et vous faire comprendre les
progrès ellesxx)nquèLes de la géographie pendant celie
dernière année, par Texameo compai*atif , pays par
pays» des cartes, des relations de voyages, et en gé-
néral de tous les ouvrages» géographiques les plus exacts^
{ H^ i
qui auraient donné le statu quo île la science au com-»
incncement de cette période ^ avec ce qui a été produit
dans le même genre durant la totalité de cette même
période. Les différences résultant de celle comparaison
eussent ofTerl les progrès réels faits par la géographie
dans l'inlervalle de temps que j'avais è examiner.
Mais je me suis bientôt aperçu que je serais enlrainé
fort loin en suivant une semblable voie, que ju man-
querais la plupart du temps de matériaux mérilaok
conFiance, qu'à chaque pas j'éprouverais des difficultés,
pour ainsi dire insurmontables.
Une autre route, celle que j'ai suivie, se rapproche,
en quelques points, de celles que d'autres ontdéjii par-
courues , et elle ne diffère pas essentiellement du plan
adopté par moi-*niôme dans le Bulletin de iSsS , dont
vos prédécesseurs m'avaient conHé la rédaction. Elle
consisl<* dans une revue méthodi ]ue et sommaire do
toutes les cartes, hydrograpliiques , géographiques et
autres, et de tous les ouvrages relatifs à la géographie
qui ont été publiés pendant l'année i8/|9 sur cliaq.x*
portion du globe. Celte revue n'offrira souvent qu'une
nomenclature par ordre de pays, et j'ai eu trop fré-
quemment h regp'lter de ne pouvoir vous donner que
les titres d'ouvrages publiés à l'étranger, dont rimpur-i>
tance m'a seulement été indiquée par le nom des au-
teurs « ou par la mention concise qu'en ont faite des
recueils périodiques justement estimés. Parfois, il ne
me sera même pas possible de vous présenter ces fai-
bles indications. Les lacunes qui en résulteront, et
qui proviennent du manque de renseignements , un
rapport subséquent les remplira , il faut l'espérer. Il
est à espérer aussi qu'à l'avenir les honorables corres-
pondants de la Société la nictlront en état d'olTrir un
(399 )
labloau plus coraplct ilcs progrès de la géographie.
Je n'ai point disposé en groupes séparés les infor-
malions de loule espèce que chaque nalion a pu four-
nir à la géographie du globe pendant la période qui
nous occupe. Mais, divisant mon travail par parties du
monde , et le subdivisant ensuite par pays , j'ai cherché
à réunir en un faisceau tous les renseignements que
j*ai eu la possibilité de recueillir sur chacun de ces
pays, sans me préoccuper en aucune manière de la
nalion à laquelle pouvait appartenir le voyageur , l'au-
teur, le compilateur, le géographe auquel je devais ces
renseignements, tout en l'indiquant néanmoins.
Après avoir examiné les ouvrages et les fails géogra-
phiques spéciaux, c^esl-à dire concernant particulière'
ment chaque partie du monde» prise séparément, et
i;hacune de ses subdivisions, je m'occuperai des atlas
ei des cartes générales , des dictionnaires géographi-
ques , des traités et abrégés de géographie ; enfin , des
ouvrages géographiques généraux, ci vous rendrai en-
suite compte des voyages de circumnavigation, des au-
tres voyages effectués . soit par mer, soit par terre en
différentes parties du Globe , et des voyages projetés.
Je vous parlerai, sous le titre de mélanges , des dif-
férents ouvrages qui ne se rattachent que d'une ma-
nière indirecte ù la géographie; puis viendront les
Mémoires des Sociétés savantes qui s'occupent de géo-
graphie , les Recueils et Journaux géographiques de
tous les pays publiés dans l'année. Je consacrerai un
chapitre aux Nouvelles et Faits divers, et je terminerai
mon rapport en vous entretenant des travaux particu-
liers et dos actes de la Société.
Tel est, messieurs, Tordre que j'ai cru devoir
adopter.
( 4oo )
KiLCflOLOGIR.
Avant de comnieDcer la revue que je me propose de
passer devant vous, messieurs» je vais vous exposer
les perles que la Société et la sdicnce ont eu à déplo-
rer celle année : c*est un bien triste devoir que j'ai à
remplir; mais avant de nous occuperdes progrès de la
géographie » n*est-il pas juste de jeter quelques fleurs
sur la tombe de ceux qui lui ont donné de nobles
encouragements , et aux:|uels elle doit d'importants
travaux.
L'une des p»!rles les plus cruelles pour nous,
comme pour la France » est celle d'un auguste
prince qui a péri a la fleur de son âge le i3 juil-
let dernier, victime d'un accident, aussi funeste
qu'inattendu; je n'ai pas besoin de vous nommer
M" le duc d*Orléans. Une voix plus éloquente que la
mienne vous tracera sa vie si courte et si utilement
remplie , et vous dira combien il prenait intérêt aux
progrès de lu science que nous cultivons, et que le roi
s*bonore d'avoir professée. Je vous parlerai plus lard
du prix que feu le duc d'Orléans, noire illustre pm-
tectenr, avait fondé en faveur du voyageur qui aurait
fuit la découverte la plus utile à l'humanité, cherchant
ainsi à diriger vers un but d'utilité immédiate les re-
cherches de la science.
l'armi les collègues que nous avons perdus cette
année , messieurs , quatre avaient concouru a la fon-
dation de la Société de géographie : le lieutenant*
général comte de Tromelin ; le capitaine de vaisseau
Frejcinet; le vicomte de Morel*Vindé, et le couU*e-
amiral Dunionl d'Urville.
(4o. )
Les deux premiers faisaient en même temps partie
de cette Commission centrale dont le célèbre Malte-
Brun était le secrétaire génér.l, et dont les membres
furent élus par votre première assemblée générale^
présidée par Timmortel Lnplacc , et qui comptait
M. de Ghateaubiand au nombre de ses vice - pré-
sidents.
Le lieutenant- général comte de Tromelin , que
je viens de nommer, était né h Morlaix on 1772.
Appartenant à une famille noble de Bretagne , élevé
à l'école militaire de Vendôme» et nommé en 1788
sous-lieutenant au régiment de Limousin, le jeune
Tromelin se crut obligé par devoir de quitter la France
au commencement de nos troubles civils. Je ne vous
tracerai pas, messieurs, ses courses aventureuses en
Allemagne, en Turquie, en Syrie et en Egypte, où on le
trouve attaclié comme lieutenant-colonel au grand vizir
Jonssouf-Pachaet au Capitan-Pacha Hussein. Je ne vous
dirai point ce qu*il fit au siège de St-Jean-d'Acre où il
servait b côté de son amiPbélippeaux, ni quels moyens
romanesques il employa pour faire évader du Temple
l'amiral sir Sidney Smith dont il avait été l'aide-de-
camp. Enfermé lui-même à TAbbayeen 1804» après
son retour en France , il sort de cette prison militaire
]iour entrer dans nos rangs dans le 112* de ligne ; at-
tachéensuite à Tétat major du duc de Raguse en DnI-
matie, il est chargé plus tard, avec le général Guillemi-
not^de la démarcation delà nouvelle frontière résultant
de la paix de Vienne. Après avoir commandé comme
colonel le 6' régiment de Croates, il devient maréchal-
ile-camp le lendemain de In bataille de Leipzig où il
s'était distingué. IMacé à la tète d'une brigade h Water-
loo, il est élevé le 22 mai i8i5 au grade de licntonanl*
( 402 )
gèûérul. Pondaul ceUe vie citudIo , Troinclin passionné
pour les sciences, et surloul pour les sciunced géogra-
phiques, nourri de la lecture des bons écrivains, et
obscrvaieur habile , éludiait avec soin tous les pays
qu*ii était appelé à parcourir^ et recueilhiit des ooles
ol des itinéraires. C'est ainsi que, ^c rendant par
terre en 1800 de Saint-Jean-d'Acre h Conslanlino-
ple , il décrit celte route peu connue ; que pendant
son conimandcmcnt en Ualmalie il fait, toujours le
crayon et la plume à la main, un grand nombre d'ex-
cursions dans cette contrée et dans la Croatie. Tous les
voyageurs quiontécrit sur l'Orient lui étaient familiers;
il les lisait tous, et en faisait des extraits. C'est en corn-
parant leurs relations cnlre elles et avec les notes qu'il
avait prises lui même qu'il a pu contribuer avec le gé-
néral Guilleminol au perfeclionnemenl des belles car-
tes de la Grèce et de la Turquie d'Europe qu'a pu-
bliées notre collègue M. le colonel Lapio. Ti*omelin
s'occupait dans les derniers temps de la traduction de
l'ouvrage du colonel Leake sur la Macédoine, et faisait
des recherches 6ur l'Asie-Mineuro, lorsque la mort a
interrompu ses travaux . le 3 mars 184^ > dans un<?
terre qu'il possédait près de Morlaix.
Vous vous rappelez tous, messieurs, la catastro-
phe qui nous a privés du contre -amiral Dumont
d'Urville. Ce fut le K mai iS^^ que ce navigateur
aprôs avoir sillonné les mers pendant plus de
trente ans , cl écliappé aux dangers de sa périlleuse
carrière , a péri , encore duns la force de l'Age, sur un
chemin de fer à quelques lieues de Paris. Né a Condé-
sur-Noireau, en Normandie, le a5 mai 1790, Jules-
Sébastien-César Dumont d'Urville, entra en 1808 dans
la marine militaire , comme élève de seconde classa*.
{ 4o3 )
La première expédition scientifique à laquelle il prit
part fut celle de la gabarl'e la Chevrette ^ commandée
par M. le capitaine de vaisseau Gaullier qui avait élé
chargé en 1820 de faire l'hydrographie de TArchipel, de
lamer de Marmara, du Bosphore et de la mer Noire. Pon-
dant ses courses à terre dans l'Ile de Milo, d'iirvillc,
alors enseigne, vit et admira une statue de Vénus qu'un
pâtre venait par hasard de trouver enfouie dans la terre.
Le jeune marin rédige immédiatement sur ce chef-
d'œuvre de la sculpture antique , auquel il donne le
nom de yénus vicirix, une notice chaleureuse qu'il
s'empresse de mettre sous les yeux du marquis de
Rivière, notre ambassadeur à Gonstantlnople. Il lui
fuit partager son enthousiasme , et la Fcnus de Milo ,
acquise au nom de la France, devient le plus bel orne-
ment de notre musée.
' Deux ans après, d'Urville commandait en second,
sous les ordres du capitaine Duperrey, avec le grade
de lieutenant de vaisseau , la corvette fa Coquille ex-
pédiée en 1822 pour exécuter dansl'Océanie des ex-
plorations d'après un plan conçu en partie par lui.
Passionné pour les sciences naturelles, et surtout pour
la botanique. d'Urville recueillit pendant cette campagne
plus de 3ooo espèces de plantes et plus de 1 100 espèces
d'insectes dont un grand nombre étaient nouvelles, et
se livra en outre à de profondes études d'ethnologie.
Nommé en 1835 capitaine de frégate, il obtint lecom-
mandement de la Coquille qui prit le nom de Vj^strolobe^
pour entreprendre un autre voyage, pendant lequel il
corrigea la configuration des côtes de la Nouvelle-Zé-
lande, traça celle de la côteN. delà Nouvelle-Guinco,et
rapporta de nombreux débris du naufrage de la Pcronsc.
(^ev»yagc,cnlreprisen 1826, se termina en î829,et, sui-
( 4o4 )
vanl l*exprcssion de G.Cuvier, encombra le niuscuni
d'histoire naturelle de richesses dans lous les genres.
Le troisième grand voyage d'exploration autour du
monde de d'Urville« fut exécuté de iSSy k i84o. Sans
entrer ici dans le détail des travaux auxquels se livra le
commandant de l*Astmlabe et de la Zélée ^ je ne men-
tionnerai que ses deux campagnes dans les glaces po-
laires, dont la première amena la découverte de h
Ten^ Louis- V hilippe t au sud des Nouvelleji-Shetland,
et dont la seconde signala enfin ce nouveau continent
austral qui avait fait l'objet des recherches infruc-
tueuses de l'intrépide Cook; ces découvertes lui valu-
rent votre grande médaille. Il venait d'être élu prési-
dent de votre Commission centrale, et s'occupait delà
publication de son dernier voyage , lorsqu'il a péri
avec sa femme et son fils dans un misérable wagon
enflammé*
Un autre navigateur célèbre , comme d*Urville , l'uo
d«s fondateurs de la Société de Géographie , Louis-
Claude de Saulses de Freycinet, capitaine de vaisseau
et membre, de l'Académie des sciences, a terminé éga-
lement sa carrière pendant le cours de cette année. Ni
à Montélimar le 8 août 1 779, Freycinel entra le 99 jan-
vier 1 794 comme aspirant dans le corps de la marine,
£n 1800 il accompagna le capitaine Baudin dans le
' v^oyage de découvertes aux terres australes, fait par
ordre du gouvernement par les corvettes le Géograplu
«t le Nataraliste.y ers la fin du voyage, Frejcinct, alors
lieutenant de vaisseau, eut le commandement delà
goélette la Casiiarina, frétée au port Jackson pour ac-
<compagner les deux corvettes. A son retour, après avoir
lédigéla partie hydrographique du voyage il fut chargé,
ixpvbs la mort de Pcron, de continuer et de terminer
( 4o5 1
la relation historique dont un volume seulement avait
4^té publié. II entreprit ensuite en 1817 , sous les aus-
pices des ministres de l'intérieur et de la marine, un
voyage autour du monde, sur la frégate VUranie; il était
à cette époque capitaine de corvette. Le but principal de
l'expédition, qui dura quatre ans, était lo recherche de
la figure du globe et celle des éléments du magnétisme
terrestre; plusieurs questions de météorologie avaient
aussi été indiquées par l'Académie des sciences comme
très dignes d'attention. Quoique la géograpliie ne dût
être dans ce voyage qu'un objet secondaire, on pon-
\ait croire que des officiers expérimentés, pleins de
7.èlo et munis de bons instruments , ne feraient pas le
tour du globe sans ajouter quelques précieux résul-
tais à ceux qu'on possédait déjà. L'attente de TAcadé-
mie et des savants ne fut pas trompée; aucune partie
des sciences physiques, nautiques ou naturelles, ne
fut négligée, et la multitude d'observations de tout
genre faites parM.Freycinet et par ses collaborateurs,
le grand nombre d'objets divers rapportés par eux, mon-
trèrent quel avait dû être leur zèle et leur constance.
Nommé, à son retour en 1 82 1 , capitaine de vaisseau ,
Freycinel concourut la même année à la fondation
de la Société de géographie et fut, ainsi que je l'ai déjà
dit , élu membre de voire première Commission cen-
tralo. En i8s6, l'Académie des sciences, dont M. Frey-
cinet avait éié longtemps le zélé correspondant, l'ap-
pela dans son sein , section de navigation et d'hydro-
graphie. Depuis lors il se consacra tout entier à la
rédaction du voyage de rUranie^ dont la majeure
partie est publiée , et à quelques travaux porliculiers ,
parmi lesquels je me bornerai à citer ses Mémoires sur
In distillation de reaii de mer, et sur les eaux thermales
( 4o6 )
fVAix. Admis à la rclraile en i833, la perle de sa
femme, personne aussi aimable que spirituelle , à la-
quelle il était tendrement atlaché » et quelques années
plus lard celle du contre-amiral Frej cinel , son frère,
distingué par sa bravoure et par ses connaissances nau-
tiques et administrateur intègre et habile» le plongèrent
dans la douleur. Sa seule consolation était le travail,
lorsque le i8 août dernier, la mort vint Tenlever à la
science et à ses amis, au nombre desquels il voulait
bien me compter. 11 habitait alors sa campagne de
Freycinet dans le département de la Drôme.
Une semaine est à peine écoulée depuis que M* de
Morel Vindé . pair de France » membre de TAcadémie
des sciences , l'un des fondateurs Je la Société de géo-
graphie, a terminé sa longue et honorable carrière.
Né le 20 janvier 1759, Charles-Gilbert de Morel Vindé
était à vingt-un ans conseiller au parlement de Paris.
Pendant les temps difficiles qui précédèrent et suivi-
rent la chute de la monarchie, il ne quitta pas la
France; mais il crut devoir s'éloigner des fonctions pu-
bliques pour se livrer exclusivement aux travaux agri-
coles et à la publication de nombreux et utiles Mémoi*
res sur la culture et sur l'élève des troupeaux. Ces
écrits, fondés tous sur une pratique éclairée, lui va-
lurent le titre de correspondant de l'Académie des
sciences, qui l'admit plus tard dans scm sein, dans la
section d'économie rurale, et de membre ou associé
des Sociétés d'agriculture de Paris, de Versailles, de
Lille, de Caen, de Toulouse. L'énumération de tous
les ouvrages publiés par de Morel Vindé sortirait du
cadre étroit que j'ai dû me tracer , et que je crains d'a-
voir trop agrandi; je n'en citerai qu'un seul, parce que
le sujet est, ce me semble» de nature à vous intéresser;
(407 )
il a pour litre : Des réi^olutions du globe, conjecture Jormee
diaprés les découvertes de t^voisier sur la décomposition
et la recomposition do l'eau , et a paru en 1797. Élevé
sous la reslauralion h la dignité de pair de France ,
de Moret Vindé fui tout élonné de voir les honneurs
venir le chercher; lui si simple, si modesle , qui,
loiil occupé de Inîre le bien et de cacher le hienFaitcur,
a désiré que son convoi eût lieu sans aucune pompe
extérieure , et n*a pas voulu que les corps savants aux-
quels il appartenait fussent convoqués pour assister h
ses obsèques , ni même que sa mort fût annoncée h
ses nombreux amis. Il s'esl éteint à Paris, le ig dé-
cembre, h l'âge de qualre-vingt-qualre ans.
La Société a encore fait cette année quelques autres
pertes. M. le baron Costaz, Tun des membres les plus
distingués de Tln^titut d'Egypte et de l'Académie des
sciences, connu par plusieurs Mémoires insérés dans
la Décade égyptienne, dans la Description de F Egypte^
dans la Collection de rinstitut, et enfin dans le Bulle^
tin de la Société de géographie dont il élaît vice-prési-
dent en 1899 , a cessé de vivre le 9 mai x^I^^,
Un autre de nos collègues , M. Chaumette dos Fossés,
est mort le 4 octobre 1841 « en revenant en France de
sa mission au Pérou, où il exerçait depuis plusieurs
années les fonctions de consul-général. On lui doit des
relations de Voyages en Bosnie , et dans le nord de
V Europe ,1a Carte de la Pampa del sacramento, el quel-
ques Mémoires sur la Norvège et sur V Amérique,
Les deux derniers membres de la Société dont j'ai à
vous entretenir sont :
MM. Arthus-Berlrand et Edwards.
Joseph- Jean-Bapiisle Arthus-Berlrand , libraire de
la Société de géographie, Télail en même temps de la
( 4o8 )
Sociétc^ des anlîquairos du Nord de Gopeohague. Sui-
vanlles traces de son père , également noire collègue,
il a rendu comme lui d'esscnliels services aux scicnce.s
géographiques en surveillant avec une consciencieuse
exaclitudc la publication de plusieurs des grands ?oya-
ges entrepris pour le progrès des sciences, et parmi
lesquels je m(^ bornerai à citer les voyages autour du
monde de In Favorite et de VArtémise, et le Voyage
en Islande et au Groenland. Il donnait une nouvelle
vie à ce recueil si justement célèbre, les Annales des
voyages f fondé par Malte-Brun, et continué par de
dignes successeurs, lorsque la mort est venu le frap-
per, le 10, octobre dernier, à peine âgé de quarante-
trois ans.
William Frédéric Edwards , né à la Jamaïque en
1 776, et mort à Versailles le s3 juillet 1 84^ . était mem-
bre de votre Commission centrale et de l'Académie des
sciences morales et politiques. Edwards est connu par
un Mémoire sur t influence des agents physiques sur les
animaux vertébrés ;i\ constata le premier dans un autre
Mémoire sur la liaison du règne ^végétal et du règne ani-
mal^ que les parties des conferves, en se décomposant,
peuvent acquérir une vie indépendanle. On lui doit
aussi des recherches sur Canatomie de rœil et sur Vin^
fluence . soit des saisons sur l^ économie animale , soit des
agents physiques sur la Die. Enfin , en 1829, Edwards
fit paraître une brochure , dont le sujet se rattache
beaucoup plus à la géographie que ses précédents tra-
vaux; elle est intitulée: Des caractères physiologiques
des races humaines dans leurs rapports aifec riùstoire.
Cette publication attira Tatiention générale des savants,
et dopuis, les amis d'Edwards voulurent prendre part
à de nouveaux travaux du même genre , cl étiidier
( 4o«j )
sérieusement avec lui la question des races humaines
qui ont peuplé la lerre. De 15 naquit la Société ethno-
logique dont ou peut ainsi le considérer comme h fonda-
teur.
J*ai terminé, messieurs, la pénible nomenclature
des pertes que la Société a faites cette année ; elles sont
immenses y et laissent dans son sein des vides difficiles
à remplir. Mais il est d'autres hommes remarquables qui
ont disparu depuis un an, et dont je dois vous parler
aussi. La mort de tous ceux qui prennent un vif intérêt
aux sciences géographiques et contribuent à leurs pro-
grès, à quelque Société , à quelque nnlion qu'ils appar-
tiennent , ne saurait vous trouver indifférents. Je citerai
d'abord parmi nos compatriotes :
Nestor l'Hôte, voyageur et naturaliste distingué, mort
récemment h Paris, à l'âge de trente-huit ans, épuisé
par ses travaux sous le climat brûlant de l'Egypte, et
dont notre dernier président, M. Villemain , ministre
de l'instruction publique , a fait un si bel éloge dans
l'assemblée générale du 17 juin.
Un autre Français, né à Paris, célèbre surtout par
ses malheurs, Pierre-Joseph Dumont, après une rude
captivité de trente-cinq ans en Afrique, revient en
France , fuit le récit touchant de ses longues souffran-
ces et des contrées qu'il a été forcé de visiter comme
esclave, et retourncen Afrique où il estmort au mois de
juin 1842» à Alger, où il exerçait les fonctions d'inter-
prète (1).
La société et la science ont aussi à regretter la mort
lie plusieurs étrangers auxquels la géogrnphre est émi-
(1) Si-s Mémoires, intitulés: Histoire de V esclavage en Afrinue^
1819, in-8«, ont été récli|»é!* par M. J S. Quesné en i83o, et ont eu
fin«\ éditions.
XVllI. DECEMBRE. 2. 2^
( 4io)
nemment redevable. Et d'abord je fous parlerai d'uo
illustre voyageur anglais , de sir Alezander Buroes, qui
a péri assassiné le « novembre i84i • viciiaie de la ter-
rible însurreclion qui éclata à celte époque à Caboal.
Né à Montrose, en Ecosse « le 16 mai iSoS, Bûmes.
lieutenant-colonel de l'armée britannique, est le pre-
mier européen qui ait suivi le cours de l'Indus depuis
son embouchure jusqu'à sa source. Ses tvoyagesàtra
vers le Caboul et l'Hindu-Koosh jusqu'à Bokbara par
lesquels il a constaté une route et une ligne de corn*
munication continue entre l'Asie occidentale et la mer
Caspienne» ont établi sa réputation. Vous ayez» aies-
sieurs » apprécié dans le temps le mérite des mémora-
bles explorations du voyageur anglais en lui accordant
voire grande médaille ; le même honneur lui fui dé-
cerné par la Société de géographie de Londres.
Une autre perle récente que l'Angleterre et la science
déplorent est celle du docteur Fréd. Forbes , auquel on
doit des observations sur les contrées arrosées par
l'IIelmend , à l'ouest do TAfghanistan , et qui a péri ,
comme Burnes, victime d'un assassinat
L'Allemagne a perdu au mois de mars i849»le célèbre
Ileeren (Arn. Herm. L.) , professeur d'histoire à l'uni-
versilé de GoUingue» auteur de Y Essai suri* influence des
Croisades^ du Manuel historique du système politique des
États de F Europe et de ses colonies , depuis la découuerte
des deuxindesi de la Politique et du commerce des peuples
lie C antiquité ^ ainsi que d'un commentaire plein d'éru-
dilion sur la géographie de Strabon.
C'est aussi en i84<« ^tle 8 juin, qu'un savant italien,
le général Campana, Napolitain de naissance , direc-
teur de l'Institut géographique de Vienne, est mort
dans cette ville. J'aurai occasion , dans le cours de ce
( 4i« )
rapport, de voua signaler les beaux travaux géographi-
ques qii'oB lai àmt , as iKNobre desquels il faut placer
sa coopéralion à la carie chorographique d'Italie.
Je terminerai cette liste funèbre par la mention d'un
savant et laborieux voyageur et archéologue danois,
Pierre Oluf Brônsted, né le 17 novembre 1780, en
Jûtland 9 dans la paroisse de Fruering. Brônsted visita
dans sa jeunesse la France , Tltalie, la Grèce et TAsie-
Mineure » et consacra la majeure partie de sa fortune à
des recherches scientifiques. Parmi ses travaux figurent
au premier rang ceux qu'il entreprit pour le déblaie-
ment de deux grands temples situés aux environs de
Paulizza, l'ancienne Égine. Auteur d'un grand nombre
d'ouvrages, dont les plus imporlanb ont été publiés à
Paris, ami de Malte-Brun, qui avait une haute idée de
son érudition et de la rectitude de son jugement ,
Brônsted venait d'être nommé conservateur en chef du
cabinet royal des monnaies et médailles, et en outre
recteur dirigeant {rector magnificus) de l'Université de
Copenhague, lorsqu'il est mort & soixante et un ans, le
«7 juin dernier, à la suite d'une chute de cheval.
Après vous avoir entretenus des hommesquiontrendu
des services à la géographie, et que vous avez perdus,
je vais vous parler des progrès que ces hommes distin-
gués, et ceux qui leur ont survécu, ont fait faire dans
l'année à cette science.
Je commencerai par l'Europe, en m'occupant d'a-
bord de la France.
( 4i» )
EUROPE.
FBAIfCE.
La géographie de la Fraoce a fait cette année quel-
ques acquisitions remarquables. Je vais passer succes-
sivement en revue les travaux qui la concernent, en
signalant , non seulement ceux qui sont entièrement
terminés , mais aussi ceux qui sont , ou en voie de Tètre
ou simplement préparés.
Cartes,
Le Dépôt hydrographique de la marine et le Dépôt
de la guerre figurent, comme à Tordinaire, en première
ligne. En m*occupant de ces deux établissements, je
ne parlerai ici que de ceux des travaux dont on leur est
redevable . relatifs soit aux côtes , soit à l'intérieur de
la France proprement dite^ me réservant de faire men-
tion des autres lorsque )'aurai à traiter les pays aux-
quels ils se rapportent.
Cartes hydmgraphiques,
La publication par le Dépôt de la marine des cartes»
qui sont le résultat de la reconnaissance hydrographi-
que des côtes occidentales et septentrionales de France,
avance avec rapidité. Tout fait présager que cet immense
travail, commencé en 1816 par le corps presque entier
des ingénieurs hydrographes, sous la direction de son il *
lustre chef, M. Beautemps-Beaupré, terminé, quant au
levé en i838, sera bientôt entièrement livré au public.
La cinquième partie du Pilote français , comprenant les
( 4«5 )
côtes septentrionales de la France depuis Barfleur jus-
qu'à Dunkerque, levées en i855, i834» i835 et i836,
a paru dans le courant de cette année. Elle contient
cinq cartes générales, dix huit cartes particulières,
huit plans et soixante-deux tableaux. Dans le nonobre
de ces cartes, neuf ont été complètement terminées en
i84S} les autres l'avaient été antérieurement (i).
Le marin qui a déjà tant de dangers à affronter lors-
qu'il approche du littoral, connaîtra au moins avec
certitude les moindres détails de nos côtes et tous les
lieux où il peut espérer trouver un abri, comme ceux
qu'il doit éviter. Les renseignements que H. l'ingé-
nieur Givry avait recueillis pendant les deux années
précédentes pour rédiger les instructions nautiques
destinées à faciliter la navigation de ces côtes, sont
déjà en partie imprimés et paraîtront incessamment.
D'un autre côté, l'exploration de notre littoral sur
la Méditerranée, commencée en i85g sous la direc-
tion de M. Monnier, ingénieur-hydrographe, par
MM. Duperré , Bégat, Lieussou et Delamarche, ses
(i) Lei neuf cartes des côtes de Fraace dont il a*agit comprennent
les parties situées :
i o Entre le cap Gri»-Mez et la frontière de Belgique ;
ao Entre la pointe de Saint-Quentin et Calais ;
y* Entre Pécamp et la pointe de Saint-Quentin ;
4** Entre Dives et Saint - Valéry -en- Gaux, embouchure de la
Seine ;
5° Entre la pointe de Barfleur et le cap de la Hève ; baie de la
«Seine ;
6^ Entre Beg-An-Fi^ et Tile Torné, rivière de Lannton, pl.iicau de
Triagos; les Sept Iles;
7" Entre l'île de Bas et Beg-An-Fry ;
Enfin ,
B" Le cours de la Seine , depuis le Trait jusqu'à llunflcur ,
9*^ Plan des passes et di; la rade de Morlais.
( 4i4 )
collègues, a été achevée cette anoée : ainsi, en quatre
campagnes , toute celte partie si importante de nos
côtos aura été reconnue. La publication des caries qui
sont le résultat de ce travail a dû se ressentir néces-
sairement de la grande activité mise dans les opérations
du levé : aussi deux plans seulement ont été publiés
cette année (i) ; mais plusieurs autres cartes et plans
sont à la gravure et ne tarderont pas à paraître. Nous
n'avons pas besoin de dire que toutes les cartes du Pi--
lote français sont levées avec une scrupuleuse exacti-
tude et qu'elles sont exécutées avec le plus grand soin,
puisque c'est M. Beautemps-Beaupré qui a dirigé le
travail. Les dernières qui ont paru , sont comme les
précédentes, des modèles de gravure.
C'est ici le lieu , ce me semble , de vous signaler
trois ouvrages qui ont un rapport immédiat et direct
avec l'hydrographie de la France, ce sont :
La Description sommaire des phares et fanatix allumés
sur les côtes de France, publiée par ordre du directeur
général des ponts et chaussées , et les Annuaires des
marées des côtes de France , pour les années i84s et
1843, dont l'auteur est M. Chazallon , ingénieur hy-
drographe de la marine.
Pour terminer ce qui concerne l'hydrographie de
nos côtes , je dirai que le dépôt hydrographique de
Madrid a publié, en 1 84 1 • une Carte de ta côte occiden-
tale de France , depuis les bancs de Flandre jusqu'aux
sables d'Olonne^ et que le même dépôt fait graver en
ce moment \eplan de VAdour^ depuis son embouchure
Jusqu'à Bajronne f ainsi que la carte des cotes occiden-
(ly Pluii de la r.iJe de Toulon et de ses divers mouillages; pbn
de la rade, des puris et passes de Port*Crus ( île d'Ilyèrcs )/
(4«5 )
taies de France^ depuis ie$ sables il' Olotme jusqu'à la
pointe du Raz. Ces caries ne sonl au resle que des
copies de caries françaises.
Cartes géographiques.
Le Dépôt de la guerre poursuit l'exécution du grand
canevas trigonométrique de la Nouvelle carte de France,
Ce ira?ail a reçu, pendant le cours de la présente an-
née , loute l'extension possible. Les opérations géodé^
siques du premier ordre, confiées comme de coutume
à des officiers d'état-major, sousThabile direction du
lieutenantvgénéral Pelet, directeur-général du Dépôt,
ont été portées à l'occident de la méridienne de Paris,
depuis le parallèle de Cordouan jusqu'à la chaîne des
Pyrénées (i). On peut donc espérer que , dans deux
campagnes au plus, la triangulation primaire des dé-
partements de laGironde et des Landes qui sont encore
à explorer de la sorte , complétera la nouvelle des-
cription géométrique de notre patrie.
Indépendamment de cette triangulation , celle du
second ordre qui devance la topographie d'un an ou
deux, ens'avaoçant vers le sud, a embrassé à l'occi-
dent de la méridienne lès déparlements de la Corrèzc
et du Lot, et à l'orient de celte ligne, les départements
du Cantal, de la Haute- Loire et de l'Ardèche. Elle a
ajouté à l'immensité des résultais numériques déjà ob-
tenus, une multitude d'autres données précieuses sur
les positions relatives des lieux et sur leurs hauteurs au-
dessus du niveau de In mer; connaissance si utile à
(i) On a fait ou presque terminé en 1843 (en ce qui concerne la
{>^o(lcsie 4U1 premier onire ou (vrnndi» triangle» ) les tlépariemenis de
Haute^-Pyrrnces, dr la Haute-Garonne el de la Dordo{»ne.
( 4'6 )
acquérir pour l'étude de tout projet relatif à de grandes
communications par terre et par eau, qu'on serait dans
l'intention d'établir, dans l'intérêt de la défense du
pays , du commerce ou de la navigation.
Les opérations des levés topographiques faites à
réclielle de i/4oooo', et réduites de moitié pour la
gravure, c'est-à-dire à i/8oooo% ont concurremment
été portées dans les feuilles de Bourbon-Vendée,
Guéret, Montluçon, Aubusson» Gannat* Roanne,
Limoges , Ussel , Clermont et Montbrison.
Par les travaux faits dans l'intérieur du Dépôt» on est
arrivé à terminer la gravure des feuilles de Bcrneville«
les Pieux, Falaise» Ghâtcaudun,Mortagne, Chaumont,
Châtillon , Nantua , Belley et Bernay;on a déplus
continué ou commencé la gravure de 97 autres. A la
fin de i84i t 68 feuilles étaient déjà publiées; et
comme les dix désignées ci- dessus ne tarderont pas
à l'être, le nombre total des feuilles mises en circu-
lation s'élèvera à 78 avant la clôture de l'année iiS4<.
Outre la nouvelle carte de France dont je viens de
vous entretenir, et celles d'Algérie et de Grèce dont je
parlerai plus tard , le Dépôt de la guerre a entrepris et
exécuté successivement un autre travail dont l'utilité a
élé généralement reconnue > je veux parler des caries
départementales. Les feuilles de la nouvelle carte de
France étant divisées en rectangles, sans avoir égard à
la circonscription ou aux limites des déparlements, on
a jugé utile d'exécuter des reports sur pierre des feuilles
ou portions de feuilles qui comprennent la totalité d'un
même département. Ces reports , qui permettent de
conserver intacts les cuivres originaux, sont exécutés
avec un lel soin qu'il est quelquefois difficile de distin-
guer la fouille tirée de l'aulograpUie de celle qui l'a été
du cuivre original. Déjà dix-sept départements ontleurs
( 4i7 )
cartes (i), el on eaireprend l'aulographie des autres
au fur et à mesure que de nouvelles feuilles sont Urées.
Je crois devoir mentionner encore ici un travail du Dé-
pôt de la guerre, admirablement gravé à une trèsgrande
échelle. C'est la Carte du département de la Seine , en 9
feuilles , exécutée en 1 839 sous la direction du général
Pelet au 1/40000*, d'après les levés des officiers du corps
royal d'état-major Quoique terminée il y a trois ans ,
cette belle carte, par des circonstances particulières ,
n'a point encore été livrée au public.
Cartes géologiques^
Immédiatement après les caries» qui sont les ré-*
sultats des travaux des Dépôts de la marine et de la
guerre , doit figurer la Carte géologique générale de la
France en six feuilles , dont MM. Dufrénoy et Élie de
Beaumont, ingénieurs des mines» avaient été chargés
par l'administration des ponts et chaussées et des mines
sous la direction de feu M. Brochant de Villiers ,
auquel on en doit le plan présenté par lui il y a plus
de trente ans, et qui a été publiée à la fin de Tannée
dernière. Ce fut en i8a5 que MM. Dufrénoy et Élie de
Beaumont commencèrent l'exploration géologique de
la France , et chaque année jusqu'en i836, c'est-à-dire
pendant onze ans. Ils ont consacré six mois à leurs
recherches sur le terrain. La France ayant été partagée
en deux divisions géologiques par une ligne tirée de
llonfleur sur Alençon, delà tournant au sud -est, vers
Âv^illon et Chalons-sur-Saône, puis suivant le cours de
la Saône et dn Rhône jusqu'à la Méditerranée, M. deBcau-
mont explora toute la partie à l'est de cotte ligne, et M. Du-
fresnoy se chargea de l'étude de la division de Pouest.
(1) Ces dix-sept déjinrtements sont ceux du Dns-Rhin, de la Meuse,
de la Moselle, du Pas-de-CaLûs, de In Somme, de la Marne , de la
Meurlhe, de l'Oise, de PEure, du Mord, du llaul-liliin, de Seine-
et-Marne, de PAisnc , des Ardcnncs, dr la Seine-Inférieure, du
Doubs et de la Uautc-Snône.
( 4«« )
Pour mellre reosemble nécessaire dans ce Iravail ,
ils se cornmuniqaaient chaque bWerleursobservalionSf
et les soumeltaienl à M. Brochant de Villiers. C'est
ainsi que la carte géologique est devenue un ounuge
dont toutes les parties sont en rapport entre elles, et
les nombreuses collections que MM. Dufresnoy et Élie
de Beaumont ont recueillies, et qui se composent de
trente mille étbantillons de roches et de fossiles , prou-
vent le soin qu'ils ont apporté dans leurs détermina-
tions géologiques. Le dépouillement des matériaux que
le lieutenant-général Pelet communiqua à ces deux
savants pour la topographie de la France , le dessin et
la gravure du relief par M. Desmadryl , dessinateur du
Dépôt de la guerre , et par M. Gollin , l'un de nos plus
habiles graveurs, employèrent encore plusieurs an-
nées. EnGn, le tracé des indications industrielles que
renferme la carte entraîna , en outre, des retards qu*on
n'avait pu prévoir ni éviter. Hais ces retards ne furent
pas sans avantage , car ils mirent à même de faire plu-
sieurs rectifications. On ne trouvera , sans doute , pas
superflus les détails dans lesquels je suis entré sur
ce travail extrêmement remarquable , qu'un écrivain
anglais appelle Vune des productions scientifiques les
plus impoHantes du siècle actuel ^ et qui , suivant
M. A. Rivière, surpasse sous tous les rapports la
Carie géologique de Vjingleterre et du pays de Galles,
publiée, en 181 g, en six feuilles, et un volume de
texte, par M. Greenough, et qui est parvenue & sa
secon de édition. Cet éloge a d'autant plus de prix, que
M. A. Rivière, dans un fort long article publié par luî
en 1843 dans ses Annales des sciences géologiques ^ sous
le titre de : Coup d^œil suf\ les cartes géologiques, et en
particulier sur la carte géologique de France comparée n
velle d* Angleterre , considérnil l'ouvrage de M. Grec-
(4i9)
nougb comme un des plus beaux modèles qu ^onpuisse doftner
aux géologues qui désirenl exécuter une carte générale.
Dans l'exécution de cette carte» on a adopté le tracé
de la carte hydrographique» publiée par l'adminis-
tration des ponts et chaussées à l'échelle de i/5ooooo ;
on y a ajouté un relief spécial dans lequel on s'est at-
taché à combiner Torographie du sol et les caractères
pétrographiques de sa surface avec la petitesse de Té-
chelle. Le texte ou l'explication de la carte géologi-
que comprendra 2 ^vol. in*4^ » dont le 1*' seul a été
publié avec une réduction de la carte A l'échelle de
j/aooonoo. Quelques cartes géologiques de départe-
ments ont été gravées vers la fin de ]84k Je me bor-
nerai à citer celle du déparlement des Ardennes en
5 feuilles grand-aigle , que l'on doit à MM. Sauvage et
Buvinier , et qui doit être jointe à une description de ce
département » pour concourir au prix de statistique ,
ainsi que celle des départements de Seine^et-Oise et
de Seine-et-Marne » accompagnée d'un Mémoire des-
criptif» dont l'auteur est M. de Sénarmont. Je men-
tionnerai simplement aussi un projet de carte agrono-
mique de la France par départements , que M. de
Caumont a proposé au conseil-général d'agriculture »
qui a approuvé cette idée.
Les nombreuses éludes auxquelles se livrent les in-
génieurs des ponts et chaussées, soit pour la reclifi-
cation des routes existantes, soit pour le tracé des
grandes lignes de navigation et de chemins de fer, per-
mettront un jour d'enrichir la science géographique
par la connaissance exacte des hauteurs respectives
des principaux points de la France rapportés à un ni-
veau commun. Mais il parait que les études ne sont
pas encore assez complètes pour que l'administration
s'occupe de leur publication.
( 4ao )
La troisième el avant-dernière livraison de Vy^^ilas
physique f politique et historique de In France que H. le
colonel Denaix a mise sous vos yeux dans le courant
de celle année mérile de fixer l'allention. Cette pu-
blicalion , accompagnée d'un volume de texte imprimé
aux frais du gouvernement, fait honneur à réruditîon
et au talent de notre savant collègue. Sa carte physi-
que est exécutée d'une manière touUà-fait neu?e y et sa
carte féodale, dans laquelle sont groupées les prin-
cipales possessions seigneuriales mentionnées dans
riiisloire , offre un intérêt particulier. J'en dirai antant
de la dernière livrabon de la Géographie prototype de
la France du même auteur, dont il n'est plus nécessaire
de faire l'éloge.
h'jitlas en miniature de la France en 86 départements
«
de M. Noël ; la Carte générale demi-topographique du
tracé du chemin de fer de Paris à Orléans par Êtam^
pes , açec embranchement sur Corbeil , en une grande
feuille au i/8oooo«, par M. Donnet, et la Carie des
étapes de France en 9 feuilles, par M. Revel^ sous-
intendant militaire, publiée par ordre du nriiDistre
de la guerre , et gravée au Dépôt de la guerre eu
1849 » termineront la nomenclature des cartes relati-
ves à la France qui ontparu dans le courant de l'année,
el qui méritent d'être citées.
Voyages , ouvrages géographiques , etc.
Parmi les voyages et autres ouvrages géographiques
publiés sur la France depuis les derniers mois de
1 84 1 > je citerai d'abord, sur Fancienne France, le ma-
gniPiquc Foyage pittoresque de M. le baron Taylor et de
MM. Charle? Nodier cl de Cailleiix. Ce monumentélcvë
( 4»! )
à la gloire passée de la France doit former 35 voluined
grand in*folio, et contenir environ 4»ooo planches; les
provinces de la haute Normandie , de la Franche-
Comlé, de l'Auvergne et du Languedoc sont termi-*
nées ; la Picardie » le Dauphiné et la Champagne sont
sous presse.
La Statistique de la France publiée par le ministère
du commerce et de Tagriculture est parvenue à son
4* volume , dont deux ont été publiés de i84i à i849.
Les tableaux statistiques compris dans ces derniers
volumes se rapportent aux départements du nord-
ouest et du sud-ouest. On ne peut que féliciter le
ministre de la suite qu'il fait donner à ce beau tra-
vail , d'autant plus précieux que les données qu'il ren-
ferme sont puisées dans des sources officielles. L'ad-
ministration des douanes aussi rend des services à la
géographie de notre pays par la publication annuelle
de ses Tableaux généraux du commerce de la France
avec les colonies et avec les puissances étrangères ^ et par
ses Tableaux de nai^igation. Ceux qui concernent Tan-
née 1841-1842 ont paru dernièrement sous le formai
in-4\
Je vous signalerai aussi :
Une Excursionpittoresque dans l 'ancien duché d 'Albrct^
par M. d'Andiran, qui est en voie de publication; un
Voyage. dans les Landes de Gascogne ^ par le baron de
Mortemar-Boisse« dont je fuis mention, quoiqu'il ait
déjà paru en 1 840 ; les Esquisses sur les Pyrénées^ écrites
par une dame anglaise, madame la vicomtesse de
Satgé Saint-Jean, et dont M. Emile Deschamps publie
en ce moment la traduction française (1) ; le Tableau
(i) Deux livraisons de rett«; Iraduclion contcntint tic belles Iilho-
(;ra|ihie$ ont paru rettc anncc.
pittoresque des Pyi^nées que M. Oliver vieni de publier
ik Londres avec s6 planches in-folio» et une notice de
M. de Quatrefages sur Vjirckipel de Chausejr ^ groupe
d*llo4s placé au nord-ouest de la baie du mont Saial-
Michel » bien que ces Ilots désignés sous le nom p^ai^
peux d'archipel , n*aienl guère plus de dix barbitants.
Je dois ajouter à ce sujet que Tarcbipel de Chausey
a?ait déjà été exploré en i Ss^ pftr HH. Milne-Edwards
et Audouin. La Statistifuedela France deVL Schnitxler,
dont la deuxième partie » qui traite de la création de la
richesse et des intérêts matériels , a été publiée en 9 vol.
in-S** en 184^ » ne doit pas être passée sous silence;
et je ne dois omettre non plus ni la 8* édition du Pré-
cis de r histoire et de la géographie du moyen^âge , etc. ,
de M. Desmichels, ni deux autres ouvrages que l'A-
cadémie des sciences vient de couronner. L'un est
le Traité de statistique', ou théorie d'après laquelle se
développent les faits sociaux, suivi d'un Essai de siatis*
tique physique et monde de la poptdation française ^ par
H. Dufau ; et l'autre» dont l'auteur est M. Surell, ingé-
nieur des ponts et chaussées» a pour titre : Etudes sur
les torrents des Alpes.
Je crois devoir mentionner encore ici» mais seule-
ment pour mémoire » les Observations statistiques , to-
pographiques ^ géologiques, minera logiques , agricoles,
industrielles et commerciales sur la Corse^ que M. Bellaire
a adressées pour le concours au prix de statistique» et
qui ont été renvoyées par l'Académie des sciences à la
future commission.
ILES BRITANIfIQOBS.
Je suivrai en parlant de l'Angleterre , et en généraK
lorsque j'aurai à ra'occuper dos autres pays» la marche
que» pour plus de clarté, j'ai cru devoir adopter pour
( 4s5 )
la France; c*esl-à*dire que je ne vous entretiendrai
d*abord, autant que cela me sera possible du moins,
que des travaux géographiques qui concernent les
Iles-Britanniques proprement dites. De même que
pour la France, je commencerai parles cartes.
Caries hydrographiques.
Les levés marilimes des côtes de la Grande-<Bre«
tagne , de Tlrlande , se poursuivent avec autant d'ac-
tivité que de talent par les soins du bureau hydrogra-
phique de l'amirauté anglaise.
Dix bâtiments de l'État sont actuellement employés
à lever la carte de toutes les mers qui baignent les côtes
britanniques, depuis l'embuuchure de la Tamise jus-
qu'à celle du Shannon , et deTtle deWight à l'extrémité
septentrionale des lies Shetland. Le capitaine BuUoch
a complété le levé de la Tamise , du pont de Londres
au Nore^ sur une telle échelle que tous les changements
futurs dans les bancs seront facilement reconnus.
Il est occupé maintenant A l'embouchure de la ri-
vière, et unit son travail avec celui qui s'exécute dans
la mer du Nord. Le levé de la partie de cette mer com-
prise entre le 5a*^ lo' de latitude nord, et les côtes de
Hollande et de Belgique va être complété par le capitaine
Washington, qui déjà avait avancé ce travail en i84k
Dix années de travaux habilement dirigés avaient
presque mis le commodore Slater è même d'avancer
la carte difficile des côtes d'Ecosse ; les parties les plus
orientales de la côte septentrionale de ce royaume
étaient à peu près achevées, et les reconnaissances
avaient atteint Thurso, lorsque cet officier périt, au
mois de février dernier, en tombant dans la mer du
haut du rocher de Holburn-Head. ]Le lieutenant Ollcr
a été chargé de continuer ce travail.
; 4^*4 )
Quanl au levé de la côte occidenlale d*Écosse, il est
déjà avancé au nord depuis le Solwajr Firth jusqu'au
Firth ofClyde^ el il sera probablement terminé dam
la saison prochaine. Six feuilles de la carte des côtes
orientales d'Ecosse ont été publiées cette année par
l'amirauté anglaise.
La première, A^ Eyemouthjusqu^au Tay^ comprend le
Firth ofForf h; elle aélé dressée par le capitaine George
Thomas , de la marine royale, à l'échelle de 4 pouces
anglais pour un degré de longilude. (loi millim. i/s.)
Deux autres feuilles s'étendent du Firth oj Tay a
Aherdcen; elles ont été levées k la même échelJe que la
précédente t sous la direction de feu le commander
Slatter.
Les troisautres feuilles, également à la même échelle,
comprennent l'espace entre Aherdeen et BanfJ.
Ces feuilles sont accompagnées des plans de
Peter-Head^ à l'échelle de 4 pouces par mille, (loi
millim. i/s.)
Fraserburgh, id. de 8 id. id. [%qo
millim.)
Banjfet Macduff^ à l'échelle d'environ 4 pouces par
mille.
Le levé des lies Shetland qï des lies Otvades (Orkney) se
continue par les soins de M. George Thomas; malheu-
reusement, par suite de la brièveté de la saison et de
l'âpre té du temps dans ces parages, il est impossible
d'avancer rapidement.
La carte très détaillée de Spithend ^ que le comman-
der Sherringham a lerminée, en i84i , sur une grande
échelle, va s'étendre maintenant par ses soins jusqu'il
la rade de Sainte-Hélène et aux bancs des Owers.
Le levé du canal d'Irlande, longtemps très impar-
( 4^5 )
fuilemenl exploré « a déjà fait de grands progrès sous la
direction du capitaine Bcechcy. Quand il sera terminé,
le marin qui voudra faire un usage judicieux de la
sonde , se verra en étal de traverser cette mer avec une
égale sécurité pendant la nuit, et avec le brouillard,
aussi bien qu'en plein jour lorsque le temps est clair»
La côte orientale d*Irlajride, depuis la baie de Done-
gal jusqu'à la baie de Dublin, levée par feu le com-
mander Mudge, a été publiée ; et le commander Fraser
s'occupe, vers le sud du côté de Wexford, d'examiner
celle série dangereuse de rocs qui s'opposent presque
 toute navigation dans ces parages.
Le hvé do SAannon y lerminé depuis Limerick jus-
qu'à la baie tic Fergus, s'avance en ce moment avec
rapidité, sous la direction du lieutenant Wolfe, vers
l'rnlr^e de celle rivière.
La première feuille de la carte de la mer du Nord
qui a élé publiée celle année comprend depuis Dou-
vres et Calais jusqu'à Orfordness et Scbewingen ; elle
est le résultat de 100,000 sondages. Plusieurs des bancs
anciennement connus se sont trouvés placés d'une
manière erronée ou mal sondés; on s'est assuré que
d'autres étaient d'une longueur double, et l'on en a
enfin découvert un grand nombre dont rexistence
^tait inconnue. Celui de Falls^ par exemple, est de
10 milles plus long qu'on ne le pensait, et n'a,
en certains endroits, que i\ toises d'eau à la basse
marée, tandis qu'il forme, ainsi que tous les bancs de
la mer du Nord, une crête si étroite qu'un vaisseau
pourrait avoir sous sa poupe et sous sa proue à la fois
un fond considérable, sans se douter de l'existence
du banc en travers duquel la quille se trouverait
placée.
XVIII. D#.GKMBnE. 3. 28
( 4^6 )
Quant aux travaux liydrograpbiques que les officiers
de la marine anglaise ont exécutés sur divers points de
la Méditerranée, aux lies Açores, aux Malouioes* sur les
côles de la Chine, de l'Australie, du golfe du Mexique,
du Saint-Laurent et des lies de Bahama, je vous en en-
tretiendrai lorsque je parlerai de ces différentes par^
lies.
Outre les cartes des côtes du royaume uni déjà men-
tionnées, le bureau hydrographique de l'amirauté en
a publiées en i84i et 1849 plusieurs autres dont
je donne la liste en note (t).
Cartes géographiques , etc.
La carte officielle de TAnglelerre {Great ordnance
ma/9), commencée en 1 796 à l'échelle de 1 pouce anglais
pour 1 mille ou au i/63, 000 environ, et qui depuis, du
moins quant aux six comtés septentrionaux de l'An-
gleterre et à l'Ecosse , doit être à l'échelle de 6 pouces
(1) Cartes de la càie occidentale d'Ecosse.
j. Loch'Byan ; levé par le capitaine Robinson , en 1839, publié en
1841.
a. Port A*Ardrossan\ pnr le même, en i84o, 1841. ^'*
3. LocU^Eil conduisant au canal calédonien ; par le mène, en 184 ■,
i84a.-
Carte desc^ies orientales d'Angleterre.
I. Feuille V, de Trusthorpe à Flamhorough'Head ; par le capitaine
Hei%-ett, en i83o, 1841.
a. Feuille VI, de Flatnborough-Head k la Tees; parle même, en i83o.
1841.
3. FeuiHe VII, de la TVes à Blyth ;par le commandant Haiter , en
i83a, 1843.
4. Feuille VIII, de Blytb à Eyeniouih; parle même, en i836 , 1843.
( 427 )
pour I mille ou au i/io»56o, se poursuit en ce mo-r
ment avec activité. Au 3i mars 1842» toute la partie
située au midi d'une ligne tirée est et ouest en partant
de Leeds, était publiée , à l'exception de trois feuilles
encore dans les mains des graveurs. Le levé se con-
tinue dans les comtés de Lancaster et d'York, dont une
partie, ainsi que les comtés de IVestmoreland^ deCurn^
berland , de Durham et de Northumberland , formaient
les seules portions de TAngletcrre dont le levé restât à
terminer. Les villes dont la population excède 4»ooo
âmes sont levées à l'échelle de 5 pieds pour 1 mille
ou au i/io56'.
L'Ecosse, restée longtemps sans carte nationale,
verra la sienne s'achever après celle de l'Angleterre ,
tandis que le docteur Mac Culloch l'a dotée d'une belle
et bonne carie géologique.
Quant à l'Irlande » sa carte, qui porte le nom de
Town land survey ou Irish'Survejr, est, à ce qu'on dit ,
l'entreprise la plus colossale que l'on connaisse en ce
genre. Elle comptera plus de 2,000 feuilles, à l'échelle
de 6 pouces pour 1 mille. Ce travail, auquel on n'em-
ploie pas moins de 2,000 personnes, marche avec
rapidité, et sur 32 comtés dont se compose l'Irlande,
Vois seulement restent à publier. Suivant le rapport
«jue M. Ilamillon a fait, le 25 mni 1842, à la Société
géographique de Londres, tous l^s comtés de Vlrtsh^
^w/vé/ avaient été publiés à l'exception de sept, dont
quatre étaient dans les mains du graveur; et sur les
1 15 villes {ci'ties and towns) d'Irlande, 74 avaient été
levées à l'échelle de 3 pieds pour 1 mille ou au 1/1 760^,
22 i\ de plus petites échelles; 19 plans de villes n'a-
«aienl pas été encore reçus. Il n'avail encore paru qu'une
(4.8 )
seule feuille des caries des grandes villes ( large to^vn
maps) fCéihii celle du chAteau de Dublin.
M, Paul Ghaii» auquel j'ai fait plus d'un emprunt,
exprime le regret que le gouvernement anglais ne
publie pas, comme la France, la Suisse et la Sardai*
gne , les bases de ses travaux dans un ouvrage spécia*
lement destiné & faire connaître les coordonnées géo^
désiques de toutes les stations; il faut espérer que
celte publication aura lieu plus tard.
Les travaux de la Carte géologique de l* Angleterre
{ordnance geological map) se poursuivent ; les feuilles
du Cornwa/lp du Devon et du H^est-Sommerset Botii com-
plètes, et deux volumes in -S** de texte ont été publiés par
ordre des lords commissaires de la trésorerie. Le pre-
mier contient un Rapport sur la structure géologique
dos districts ci-dessus , avec une Notice détaillée sur
leur industrie géologique ; et l'on trouve dans le second
la description des débris organiques rencontrés dans
les mêmes lieux. On s'occupe maintenant de la partie
méridionale de la principauté de Galles . et des comtés
de Montinouth , à! Herejord^ de Gloucester et d'jFa^/-
Sommerset. Les cartes de ces districts sont avancées, et
lorsqu'on les publiera elles seront accompagnées de
rapports spéciaux. L'importance de cette entreprise
sous le point de vue scientifique et économique est trop
évidente pour cliercber à la démontrer» et l'on doit
avoir une parfaite confiance dans l'exactilude de ses
détails, puisqu'elle est confiée à un géologue aussi
distingué que sir H. T. de La Bêche.
Je ne dois pas passer sous silence Y Atlas des
Cartes et Plans des principaux lieux où Varmèe an-
glaise a combattu pendant les guert^s de 1808 h i8i4 «
quoique celte mention puisse être considérée avec
raison comme n'étant pas ici tout-à-fait à sa vraie
(4»9)
place. Cet allas publié par M. James Wild» géo-
graphe de la reine, doit être composé de 55 sujets en
45 feuilles de caries ou plans. Une partie a déjà paru,
et le reste ne lardera probablement pas & être livré
au public. Les caries que j*ai vues sont admirablement
gravées sur un très grand format; je dois supposer
qu*elles sont exactes^
Foyagts , ounf rages géographiques , etc.
Quoique j'aie pu citer beaucoup de travaux cartogra-
phiques faits sur l'Angleterre depuis un an environ , je
crains fort d*avoir laissé plus d'une lacune. Je serai
plus concis, faute de renseignements, en parlant des
voyages faits dans le Royaume Uni et des autres ouvra-
ges géographiques qui le concernent, car je n'en rela-
terai que deux. Le premier eftt la Noui^elte Statistique de
r Ecosse^ qui se publie à Edimbourg et à Londres,
dans le format in-8°, sous la surveillance de la Société
en faveur des enfants des membres du clergé, et
dont un volume a paru en 1841 ; et la Relation (tune
excursion agronomique en Angleterre et en Ecosse ld\\.e
en 1840, par le comte Conrad de Courcy,etqui a été
imprimée à Lyon l'année suivante.
BOTAUMB DBS PATS-BA9.
Le gouvernement des Pays-Bas n'a pas négligé
l'îS travaux géographiques , et on en doit aussi de re-
marquables à des particuliers. Je n'ai point à vous
entretenir ici de la magnifique carte de l'archipel
indien de M. le baron Dcrfelden de Ilinderstein , ni
des caries du Japon de M. le professeur Siebold qui ont
paru celte année , car il ne s'agit en ce moment que
des travaux concernant spécialement les Pays-Bas.
( 43o )
Cartes géographiques et autres.
Les premières cartes géographiques que j'aurai à
vous citer forment Y atlas du royaume des Pays-Bas et de
ses possessions d^ outre-mer, C^est M. F. Deslerbecq, gra-
veur, qui vient de le publier à La Haye. Quoique l'au-
teur ne soit pas géographe , on doit reconnaître que
son atlas est très exact en ce qui concerne le royaume
des Pays-Bas proprement dit^ que c'est même le meil-
leur qui ait paru sur ce pays.On ne peut en dire
autant de la dernière feuille , représentant les colo-
nies néerlandaises dans l'archipel Indien, Elle est co-
piée d'ouvrages surannés, quoique, pour lui donner du
relief, l'auteur ait tracé la roule du gouverneur-gé-
néral baron de Capellen dans son voyage aux Molu-
quesen i894) route prise sur la carte de Tarchipel In-
dien de M. de Derfelden.
Je mentionnerai encore \di grande carte pfxjtftneiale
topographi'que du royaume des Pays-Bas ^ dont 4 ou 6
feuilles doivent être consacrées à chaque province.
La base de celte] carie est le relevé cadastral aug-
menté de tous les détails physiques , géographiques ,
industriels, etc. Le levé dos provinces de Gueldre et
d'Overyssel est le plus avancé. Des ingénieurs se livrent
dans les différentes provinces du royaume à un travail
extrêmement minutieux ; car on veut que ces cartes
indiquent le plus petit sentier , et les élévations du ter-
.rain assez variées dans la Gueldre. On sait que le ter*
rain n'est totalement plat que dans les provinces de
Nord et de Sud-Hollande , de Frise et de Groningue.
( 43' )
Foyages , ombrages géographiques , elc.
Aucun voyage remarquable exécuté en 184^ dans le
royaume des Pays-Bas n'est venu à ma connaissance.
Quant aux ouvrages géographiques publiés sur ce
royaume, )e dois me borner à citer :
\J Histoire générale de la patrie ( en allemand ) de-
puis les temps anciens jusqu'à nos jours, avec planches
et caries, dont l'auteur est M. J.-P. Arend. Les premières
livraisons de cet ouvrage ont paru à Amsterdam en
]84o; il n'est point encore terminé et se continue.
La Description (TUirecht et de ses environs^ (en langue
française ) est une espèce de manuel orné de petites
cartes et de vues qui a paru récemment. M. le baron
de Derfelden qui vous a envoyé cet ouvrage, garantit
l'exactitude de M. Vander Munde , son auteur.
Un grand Dictionnaire géographique des Pays-Bas (en
hollandais) publié par M. Vander Aa, sous les auspices
du gouvernement, d'après les meilleurs matériaux, mé-
rite aussi de fixer votre attention. Quatre volumes grand
in-8* ont déjà paru à Gornichen; le dernier, imprimé
en 1849 < s'étend jusqu'aux lettres GOL.
Le Journal pour r histoire^ les antiquités et la statisti^
qut de la proinnce d*Utrecht^ en hollandais comme le
précédent ouvrage , renferme des arliclcs fort intéres-
sants. Il en parait chaque mois un numéro , toujours
accompagné de cartes et de plans.
BELGIQUE.
Le gouvernement belge apporte aussi son tribut an-
nuel dans cette revue des progrès de la géographie.
J'aurai occasion de parler, en traitant de l'Aniériquc,
( 454 )
Le Dicliofmnii'c géograp/uqiie ^ topograpkiqtie^ histori-
ifue , statistique , ecclésiastique ^ administratifs judiciaire
et postal des commîmes^ section de communes et hameaux
de la Belgique^ avec les caries des neuf provinces, et
une carie générale du royaume, précédé d'un Essai
géographique sur la Belgique, par J.-M. Havard.
commis-rédacteur au minisiëre de la justice , publié à
Bruxelles , en un vol. in-8^
Le Dictionnaire géographique et statistique du royaume
de Belgique , contenant la description générale des pro-
vinces* et la description particulière de toutes les com-
mîmes de ce royaume , rédigé 3ur les publicalions of-
ficielles , et d'après un grand nombre de documents
parliculiers , avec une carte générale du royaume, et
des cartes des neuf provinces • par H. Charles Haerts.
Il a paru à Bruxelles, en i84i»
Xae même auteur a aussi fait paraître la même année :
1^ le Tableau des communes urbaines et rurales du
royaume de Belgique pm' proi^ince f en un voL 10-19 ;
a* La Géographie de la Belgique ^ d'après le trailé du
1 9 avril 1 839 ; ce dernier ouvrage est toul-à-fail élé-
mentaire.
C'est enfin à Leipzig que le D' Ferdinand Gobbi a
publié en i84s un écrit remarquable intitulé : 0ej
forces physiques de la population , auec application spc*
ciale à la statistique de la population de la Belgique.
DANEMARK.
Les sciences géographiques reçoivent en Danemark
des encouragements des Sociétés savantes, aussi bien
que du souverain éclairé de ce royaume, qui les proté-
gnait déjà comme toutes les autres sciences , n'étant
encore que prince royal. Depuis qu'il esl monté sur Itf
(455 )
trône, plusieurs voyages de déconverles ont élé enlie-
pris sous ses auspices, soit enlièrement , soit en partie
a ses frais. J'aurai occasion d'en parler lorsque je m'oc-
cuperai de l'Amérique.
Cartes hydtvgfXLphiques*
Le Dépôt de la marine de Copenhague ( Soe kaart
archw,)^ dirigé par M. le capitaine Zabrlmann, l'un des
meilleurs élèves du célèbre astronome Schumacher, a
publié depuis la fin de 1841 plusieurs nouvelles cartes
hydrographiques; ce sont:
I* Le golfe de Neustadt [Neustadt Bugten) , en une
feuille. Cette carte avait déjà paru en i8?8; elle a été
reproduite en i84i avec des corrections.
2** Le Sund ( Oresund ) depuis KuUen jusqu'à Hveen,
également en une feuille.
5® Lsi Mer du Nord (Nordsôen) en 2 feuilles.
4* Le Golfe d*HeUgoland [Helgolander Bugten) en une
feuille.
5* Le KattegaL
Les numéros 2 et 3 ont été publiés cette année, et
c'est en 1841 que le n*" 4 ^ été livré au public; quant
au n" 5, publié d'abord en i83] , il a élé corrigé et
reproduit en 1842; et l'on prépare en ce moment
au dépôt de la marine de Copenhague les cartes sui-
vantes , qui paraîtront probablement dans le courant
de 1843 :
1 ' Carte du Skagerak depuis Fœrder jusqu *à Hans»
tholmen;
3* Carte du Sund et des Belts , ainsi que île la poiiion
de la mer Baltique j'usquà OUind;
4" Carte du Sund depuis Vile de theenjnsquà celle de
de Moen ;
( 436 ;
5° Carte de la partie septentrionaie de la Sélande de-
puis Sjœllands'Odde et le Sutul jiisqnà Copenhague;
2"* Carte du petit Belt, dressée d*après de nooveaax
malériaux. Les trois dernières cartes sont eDlièremenl
nouvelles.
Je dois citer aussi une Description de la partie de la
mer Baltique depuis Bomholtn Jusqu'à Gotil anJ^ que
M. J. Iliorlh » commissaire de marine» vient de faire
paraître à Copenhague.
Cartes géograplUques et outres,
La Société royale des sciences de Copenhague a pu-
blié en 1 84 1 une carte du royaume de Danemark et du
duché de Schlesifig , dressée par le major 0,-N. OIsen
en 9 grandes feuilles à Téchelle de i/48oooo«» accom-
pagnée d'esquisses géognostiques » de profils » etc.
Celle carte doit être coloriée de manière à montrer les
divisions politiques et la constitution physico-géognos-
tique du terrain; toutes les sondes le long des côtes» les
bancs, lesrescifs, etc., doivent aussi être indiqués. Le
soin extrême avec lequel est exécuté ce coloriage, sans
lequel l'ouvrage perdrait beaucoup de sa valeur, exige
infiniment de temps» et n*a pas permis jusqu'ici d*an«
noncer la vente de cette carte » quoique la majeure
partie des feuilles soient prêtes.
Une autre carte du royaume de Danemark en lo
feuilles, dressée» dessinée et litliographiée par J.-H.
Mausa à l'échelle de i/i6oooo% a été commencée en
iSSy , et est en ce moment terminée. On dit qu'elle est
exécutée avec autant de soin que d'exactitude.
C'est en i84i qu'a paru \di carte du duché deSchlesvig
de la Société des sciences.
On fait espérer qu'en i843 nous posséderons une
carte exacte et détaillée de l'Islande d'après des relevés
faits par M. Gunlôksen» Irlandais de naissance» qui» pen-
( 45?)
dant plusieurs années, a voyagé à cet effet dans sa pa^
trie aux frais de la Société des sciences. Cette carte
aura 4 feuilles, et on assure qu'à juger des autres par la
première qui est terminée, elles formeront un ou-
vrage remarquable.
Une direction supérieure doit être chargée en Dane-
mark de tout ce qui concerne les cartes de ce pays» en
sorte que Tétat-major général, qui, jusqu'à présent, ne
s'est occupé que de la partie technique (i), confondra
ses travaux avec ceux du professeur Schumacher et de
la Société des sciences. Le premier et le plus impor-
tant résultat de celle concentration sera luie nouvelle
carie du rojauiite en 70 feuilles, dressée d'après une
nouvelle triangulation effectuée par les officiers de
l'élat-major eux-mêmes. Ce projet n'a pas encore
recula sanction du roi , mais on ne doute pas qu'elle
ne soit accordée par ce monarque, juste appréciateur
de l'utilité des travaux scientifiques.
La Société des antiquaires du Nord a publié plusieurs
caries des districts du Groenland» sur lesquelles je re-
viendrai en parlant des ouvrages géographiques.
Voyages^ ouvrages géographiques^ etc.
Des travaux hydrographiques dans le petit Bel t et dans
les golfes de la cote orientale du Jutland ont été effectués
celte année, et se poursuivront Tannée prochaine dans
le golfe dit Liimfjord. Deux naturalistes distingués ,
MM. Sclijodte et Kroyer , ont fait en Islande un voyage
dont les résultats ne sont pas encore publiés, et la So-
ciété royale des antiquaires du Nord de Copenhague ,
(i) Les opérations' relatives aux tiiungulatioiis et à la confection
des caries sont placées sous la direction du major O. N. OIsen, ofH-'
i-ier distingué , que j'ai déjà eu occasion de citer plus haut.
( 458 ..
qui ddiine une si \\\e impulsiuD aux explorations .
surtout en Islande et au Groenland » en a fait faire
plusieurs en 184 1 . dont j*ai déjh rendu compte dans
voire Bulletin. Le golfe à*lgaUkko dans le district de
Julianehnab a été examiné, et sa description a été pu-
bliée a?ec une carte représentant les ruines qu'on y a
découvertes. On a publié également la même année»
avec une carte» la relation d'un voyage exécuté 3
Amaraglik et dans plusieurs golfes du district deGodt-
haab , par M. Hôller ^H.-P.) ; il en est de même de la
relation du voyage au golfe Tunnudiiarbik qu'on doil
au pasteur Jôrgensen. La carte qui accompagne celle
dernière et celles dont j'ai déjà parlé » formeront d'ex-
cellents matériaux pour une carte générale du Groen-
land , quoiqu'il me semble que les recherches n'em-
brassent pas l'ensemble de ce vaste pays, que nous
n'appellerons pas un continent , et que je ne saurais
nommer une Ile. Les recherches prescrites par la So-
ciété sur les antiquités du Groenland ont produit un
certain nombre de documents, remis à M. le docteur
Pingel, qui a longtemps résidé dans ce pays, que peu de
personnes connaissent aussi bien que lui ; ils serviront
à former une Chorographie tTanfiquitê. Elle sera illus-
trée par des cartes, des plans et des vues, et formera
la troisième partie de V Histoire monumentale du Groen-
land, On doit au même savant un Mémoire sur rabais-
sement de la côte occidentale du Groéfdaiul , inséré dans
la collection des Mémoires de la Société de physique de
Scatidinai^ie.
Le Voyage en Islande et au Groenland exécuté pen-
dant les années i835 et i836 sur la Rechetvhe, par
ordre du roi, sous la direction de M. Gaymard , nous
apportera sans doute de ^nouvelles lumières sur la géo-
graphie de ces colonies danoises, lorsque le texte sera
L
( 459 )
enlîèremcnl publié. Déjà Y Atlas pittoresque ^ dû à l'h^-»
bile crayon de M. Mayer, et Y Atlas géologique de
M. Eugène Robert ont paru> Vk\n%\ (\\i^ \di Description
géologique et botanique de [^Islande dont ce dernier est
également l'auteur. Enfin, M. Lottin a terminé la
partie physique , et donné un plan de Reikiavik , dont
l'exactitude a excité l'admiration du gouverneur et
des habitants de la ville ; nous devons un plan de la
baie du même nom , levé en i84o , à M. de la Rocher-
Poncée, ingénieur hydrographe. Espérons que les
autres livraisons du voyage de la Recherche ne tarde»
ront pas à être livrées au public, et que l'ouvrage en-'
ti(îr sera bientôt terminé.
Un savant anglais, M. G.-S. Mackenzie, membre de
la Société royale de Londres, a fait paraître cette an"
née une nouvelle édition de son ouvrage sur l'Islande.
Je crois devoir me borner pour le moment à le citer»
en annonçant que M. Wilhelmi a publié à Heidelberg,
en 1843 , un ouvrage intitulé : Les Normands en Islande
et en Groenland , et leur uojrage en Amérique fait 5oa
ans aidant Christophe Colomb , avec une carte.
Je mentionnerai ici un excellent ouvrage géographi-
que de M. le capitaine A. Baggesen, intitulé : CÉtat da-
nois , ou Description de ce royaufne et de ses dépendances^
quoiqu'il ait été publié en i84o, et je recomman-
derai la Statistique de Vétat danois, dont l'auteur
M. A. -F. Bergsoe, a fait paraître la première livraison
en 1849 ; ainsi que les Tables statistiques du même
royaume publiées par une commission royale, et dont
6 livraisons sont déjà dans les mains du public. Je cite-
rai enfin la Description de rAnil ( préfecture) de This"
tedy dans le Jutland, publiée cette année par les soins
et aux frais de la Société d'économie domestique du
Danemark, et dont l'auteur est le pasteur Djomp. C'est
( 44o )
datis celte préfcclure que noire célèbre Malle-Brun a
pris naissance.
La Suède, placée dans les premières années do xtii'
siècle, an temps da célèbre Burœus, et sous le règne
de Cbarles IX, parmi les nattons qui cultivaient avec
le plus de succès la géograpbie , et qui a produit plus
tard de fort bonnes cartes hydrographiques, el quel-
ques cartes géographiques dont le mérite a été ap-
précié, semble aujourd'hui négliger totalement celle
science. Depuis la mort de l'amiral G. de Klinl,
on ne voit pas que ce pays ait produil de géographes
vraimonl distingués, ni d'ouvrage géographique re-
marquable; cl ce qui a lieu d'étonner, c'est qu'au-
cune des académies suédoises ne s'occupe de géogra-
phie comme science particulière. Je n'ai point ap-
pris que le gouvernement ail ordonné aucun grand
travail pour la reconnaissance de la Suède proprement
dite 1^ et le levé de ses provinces et de ses côtes si éten-
dues, ni qu'il ait provoqué des voyages scientifiques.
Je dois reconnaître toutefois que le souverain de ce
pays a encouragé autant qu'il était en lui l'expédition
que la France a envoyée en Scandinavie. Le roi de
Suède et de Norvège, comme celui de Danemark, ont
rendu un grand service à la Commission scientifique dn
Nord en autorisant des savants suédois, norvégiens et
danois à s'adjoindre aux membres de cette Commis-
sion , et à les aider de leurs lumières.
Cartes hydrographiques.
On doit néanmoins h M. G. de Rlint, fils du défunt
amiral, deux cartes des côtes de Norvège, qui ont
été publiées à Stockholm en 1842. J*en parlerai en
traitant de ce royaume.
(440
Cartes géographiques.
Depuis la carie -de la Suède et de la Norvège méri-
dionales « que Garl-Forsell a publiée en 8 feuilles à
Stockholm de i8i5 à 1896, je n'ai point appris qu'il en
eût paru d'autre qui mérite d'être signalée, ni que la
partie septentrionale des deux royaumes eût été faite.
Voyages^ ouvrages géographiques , etc.
Je ne connais que deux ouvrages imprimés en Suède
pendant Tannée 184a qui aient quelque rapport avec
la géographie; et même le premier est un ouvrage
général, un Traité de navigation^ en suédois » dont
Fauteur est M. Gustaf de Klint, cité plus haut. Le
second de ces ouvrages est la Description fies phares
et fanaux établis sur les cotes de Suède ^ depuis Hapa^
randa jusqu^à la frontière de Norvège , publiée par la
direction du pilotage.
M. de Hogguez a fait paraître en i84i • ^ Berlin,
son Foyage en Laponie et dans la Suède septentrionale;
cet ouvrage est accompagné d'un allas de so caries.
NOBVÊGB.
Cartes hydrographiques*
Vous avez vu dans la notice que j'ai insérée au
mois de mai dernier dans le Bulletin de la Société sur
les cartes hydrographiques des côtes de Norvège^ quels
ont été les travaux de cette nature exécutés dans ce
royaume depuis 1785* Je me bornerai à rappeler ici
qu'une carte hydrographique , comprenant l'espace
qui s'étend du 68* 9' au G9* 16' de latitude nord, et
renfermant la portion des lies Lofoten qui restait à
XVIII. DÂGEMBREr 4- ^9
( 44« )
décrire 9 les Vesteraalen et une partie du continent ûlué
à Test , a été terminée à la fin de 1 84i. Cette carte, la
douzième de celles qui ont été publiées depuis 178%,
et la cinquième de celles qui l'ont été depuis que la
Norvège a élé séparée du Danemark pour être unie à
la Suède» a été levée par le capitaine du génie Brodi,
le lieutenant de vaisseau Due» et le lieutenant d'iofan-
terie Rynning» dressée et dessinée par U. le lieulenant
du génie Vibe. Elle est, comme les quatre précédeoles,
accompagnée d'instructions nautiques, rédigées par
M. le professeur Hansteen. J'ajouterai ^ ainsi que je le
disais dans ma notice , que tous les travaux à faire sur
les lieux sont aujourd'hui terminés. On a donc Tespoir
de posséder avant peu d'années une collection complète
de bonnes cartes des côtes de Norvège , ainsi que
de la série de bancs de sable connus sous le nom
de Hapiroen, qui s'étendent le long de la cote oc-
cidentale du cap Lindesnœs à Vardôebus. J'ai àéfi
annoncé» en parlant do la Suède» que M. Gustaf de Klio^*
capitaine de la flotte suédoise» avait fait paraître à
Stockholm » en 1 84» » deux cartes-des côtes de la No^
vége. La première comprend l'espace situé entre Fre-
deriksvœrn et le cap Lindesnœs; et la seconde s'èteod
du même cap au golfe ou détroit de KarmÔ. Il est pro-
bable qu'elles ont été dressées d'après les anciennes
cartes hydrographiques des côtes de Norvège , s^ios
doute avec quelques améliorations.
Cartes géograptUques et autres,
11 n'a point été publié récemmeni , à ma connais-
sance du moins» de carte géographique de Norvég<*:
j'apprends seulement par ma correspondance que dcuJ
(448 )
cartes de ce royaume, en ce moment tcrminécs,et prêtes
à èlre livrées au graveur, contiennent des améliorations
considérables. La première est du capitaine de génie
Roosen, auquelon en doit déjà une qui a paru en iSsg;
cetof&cierseproposedese rendre bientôt àParispourl'y
faire graver; l'autre est du professeur d'histoire Munch*
Il est fâcheux que les cartes des amt ou préfectures de
Norvège, commencées par les capitaines Munthe et
Hamm , et qui se gravaient il Paris , n'aient point été
continuées, faute de souscripteurs en nombre suffisant
pour couvrir les frais. Le storthiog vient d'allouer des
fonds pour acheter les cuivres et tout lemalériel, et
pour poursuivre cette belle entreprise trop longtemps
suspendue.
Une carte géologique des environs de Christiania ac-
compagne la première partie de la Gdea Notvegica,
publiée en i858, par M. Keilhau, professeur de géo-
logie et de minéralogie à l'uoiversiié de Christiania ,
aux frais et sous les auspices de la Société royale des
sciences de Norvège; d'après ce que mande ce savant
professeur, plusieurs autres cartes géologiques de la
Norvège paraîtront avec la seconde partie de la Gaea
qui ne pourra être terminée avant deux ans.
Voyages^ ouvrages géographiques ^ etc.
La Non>ége et les Lapons en i84i . tel est le titre
d'un ouvrage en un volume que H. John Milford vient
de faire paraître à Edimbourg. Sans faire faire de
grands progrès à la géographie, Topuscule de M. Mil-
ford contient des informations utiles sur les mœurs et
sur les coutumes des Lapons, ainsi que sur la pêche
du saumon. Deux journaux anglais YEdinburgh Hei^iew
et le Quarterly Ra^ie^v, en rendent un compte avan-
( -444 )
tageux ; et la Bibliothèque universelle de Génëte a cru
devoir le reproduire en français dans son nomëroda
mois de septembre.
M. Keilhau» déjà cité, M. Blylt, professeur de bo-
tanique , et d'autres professeurs de l'Université de Chris-
tiania , sont dans l'usage de faire à peu près chaque
année des voyages, ou, si l'on veut, des excursions en
différetites parties de la Norvège dans l'intérêt de Ta-
vancementdes sciences qu'ils cultivent. Les relations de
ces voyages qu'ils publient ordinairement è leur retour,
ne laissent pas que de contribuer au progrès de la géo-
■graphie , quoiqu^e ces voyages soient entrepris dans uo
but tout spécial. Je crois donc utile de mentionoer
ceux qui ont paru récemment. Je commencerai par le
Voyage botanique de M. Blytt, exécuté pendant Télé He
1837 dans la partie orientale du iS/^d'Aggersliuus, bien
que déjà un peu ancien, puisqu'ila été publié en 18Ô9,
et qu'on n'y trouve aucun renseignement proprement
géographique. La même observation s'applique, quant
aux époques de la publication , aux deux Foj^apes géo-
gnostiques , faits par M. le professeur Keilhau, le pre-
mier dans VAmt de Lister et Mandai , pendant Télé de
1 809, et imprimé en 1840 ; et le second de Christiania
à la partie orientale du Slift de Chrisliansand pendant
Tété de 1840 , et imprimé en 1841. Ces derniers sont
accompagnés de deux petites caries, ou plutôt d'es-
quisses de cartes des contrées que le professeur a visi-
tées. Les Recherches magnétiques pendant un voyage en
Danemark et dans une partie de V Allemagne septentrio-
nalcy exécuté en 1 83g, par M. le professeur HansteeOi
ont été publiées en 1842. Une autre relation d'un
voyage , fait également en Norvège , et qui renferme
beaucoup plus d'observations géographiques que les
( 445 )
préccdenbf quoique entrepris également dans le bui
spécial des progrès de la botanique , est celui que H. N.
Lund, candidat de philosophie, a effectué à la fin
de if$4> » d^i^s le Nordland et le Finmark oriental, et
qui a paru & Christiania en i84a. Parti de Christiania
dans les derniers jours du mois de juin , M. Lund arrive
& Trondhiem au commencement de juillet C*est de
cette ville que commence , à proprement parler, son
voyage , rédigé sous la forme de journal. On y trouve
des renseignements utiles sur l'ancienne capitale de la
Norvège et ses environs , sur les côtes du Nordland , sur
la pêche qui s'y fait pendant l'été , et sur l'influence
qu'elle exerce, etc., sur les golfes nombreux, les villes
ou plutôt les habitations clairsemées de ces contrées
boréales dont la végétation fixe particulièrement l'at-
tention du voyageur, et dont il donne la Flore phané-
rogame, etc.
M. Bbm, amimand (préfet) de Drammen, vient de
faire paraître à Leipzig (1843), en langue allemande,
une Description statistique du royaume de Norvège ^ en
9 volumes in-8<>. La préface de cet ouvrage, qui est ac-
compagné d'une carte géographique , est duc à H. Karl
Ritter. Déjà, en 1840, M. Schweigaard, professeur à
rUniversité de Christiania , avait publié en norvégien
la première partie d'une excellente Statistique de la
Norvège; on attend encore la seconde partie. Des Re^
cherches géognostiques sur les montagnes primitives de la
Norvège ont paru à léna, en i84i) en un volume in-8*;
cet ouvrage est de M. Suckow.
Un fait queje ne dois pas omettre de vous signaler,
c'est que la Société royale des sciences de Norvège a dé-
cidé qu'un observatoire serait construit à Trondhiem ,
qu'elle a pris les dispositions nécessaires pour qu'on
( 446)
y fasse une suite d'observations météorologiques et ma-
gnétiques ; et enfin , que sous les auspices et aux frais
delà mémo Société, une géologie , une flore et une
faune norvégiennes vont être publiées prochainement
Quoiqu'il n'ait encore paru qu'une i'* livraison de
planches du Voyage en Scandinavie^ au Spitzherg et
aux îles Féroëj fait par ordre du roi et sous les auspices
du ministre de la marine, pendant les années i8i8,
1839 et 1840» sur la corvette la Recherche^ el sous la
direction de M. Paul Gaymard » il me parait conyenable
de parler ici des travaux particuliers que quelques
uns des membres de l'expédition ont récemment
livrés au public, soit par l'impression» soit par la com-
munication à VAcadémie des sciences^ UJperfu des
observations géologiques faites pendant les années 183;
et 1 838 dans le nord de r Europe, prineipalemeni sur les
traces anciennes de la mer, que M. Robert a inséré dans
le Bulletin de la Société géologique de France, et dont
H. Cordier a rendu compte à l'Académie des sciences,
est une véritable relation de voyage, et une relatioD
remplie de faits intéressants sur la Norvège septentrio*
nale, la Lapouie et le Spilzberg. Suivant H. Robert, la
plupart des côtes de la Scandinavie portent des traces
évidentes du séjour de la mer à des hauteurs qu'il est gé-
néralement difficile d'apprécier sous le rapport des dif-
férences de niveau, si toutefois il existe réellement des
différences, ainsi que l'ont avancé les géologues suédois.
D'après les terrasses et les rivages anciens qu'il a été
facile de compter dislinctement sur plusieurs points du
littoral, le phénomène d'exhaussement du sol entier
de la Scandinavie ou plutôt du reirait de la mer a peut-
être subi des intermittences, à moins de ne voir dans
ce caractère qu'une disposition propre à tous les délais*
{447 )
sements de mer, de lacs et de fleuves qu'on appelle^
relais. A une grande hauteur dans l'intérieur des
terres, et notamment au point de partage des eaui de
TAlten qui se rendent dans la mer glaciale et de celles
du Muonio qui se jettent dans le golfe de Bothnie » le
plateau offre des traces analogues à celles des côtes*
M. Robert croit donc pouvoir conclure avec quelques
historiens de Suède » notamment avec Dalin » que la
Scandinavie a été jadis une lie vaste en forme de crois*
sant séparée originairement de la Finlande ; ou bien
qu'elle a formé avec cette contrée, séparée jadis aussi
de la Russie » là où existent aujourd'hui les grands lacs
Onega et Ladoga , un grand acchipel hérissé de hautes
montagnes arides; puis toutes ces lless'élant réunies
<»ntre elles , par l'effet des atlerrissements aussi bien que
par suite de l'abandon de la mer, se sont trouvées enfin
annexées au continent. L'opinion émise ici par M. Rq«
bert sur un abaissement du niveau de la mer , abais«
sèment que l'astronome Celsius a signalé le premier,
et qui ne serait pas de moins de 45 pouces par siècle, est
partagée par M. Morin , ingénieur des ponts et chaus-
sées, dans un Mémoire lu au dernier congrès scientifique
tenu à Besançon au mois de septembre i84i «^t qui
depuis a été publié.
M. Bravais, membre, comme M. Robert, de la Com-
missionscîentifique duNord,etcommelui membre très
^ctif, croit au contraire au soulèvement des côtes Scandi-
naves. Dans un Mémoire sur les lignes d*anciens ftweaujc
de la mer dans le Fùimark, soumis à l'Académie des
sciences, et qui a été examiné par une Commission
dont M* Élie de Beaumont était rapporteur, H. Bra*
vais passe en revue les principales hypothèses, dis-
cute les opinions, et invoque l'autorité de son confrère
( 448)
Robert, et celle du savant géologae norrégien , le pro-
fesseur Reilhan. Il se prononce enfin positivement en
faveur de la théorie du soulèvement du sol, tantôt d^une
manière lente et graduée, tantôt par des sauts plus brus-
ques; ce qui donne un grand poids à son opinion,
c'est qu'elle est partagée par M. Élie de BeaumonL
La même question a occupé depuis peu l'Académie
des sciences de Suède , et l'on voit dans ses Mémoires
que M^ Almloef , un de ses membres, en recherchant
en 1 839 les marques faites au niveau de la mer i des
époques précédentes sur la côte entre Haparenda
et Soderkôping, a trouvé que plusieurs étaient au-
dessus du niveau précédemment indiqué, d'où il
conclut l'élévation progressive et graduelle des côtes
de Suède.
Dans son Mémoire intitulé : Observations sur le
phénomène dUuvien dans le Nord de F Europe^ dont
H* Élie de Beaumont a également rendu compte à
l'Académie des sciences, M. Durocher» ingénieur
des mines» et membre de la Commission scienti-
fique du Nord, décrit l'ensemble des phénomènes
d'érosion et de transport des blocs nommés erra-
tiques. Il désigne souvent ce phénomène dont H. Ro-
bert avait déjà parlé dans le Bulletin de la So-
ciété géologique , sous le nom de diluviiim du Nord ou
de dilupium Scandinave; mais M. Élie de Beaumont.
tout en reconnaissant que cette expression est consa-
crée par l'usage, quoique la théorie des phénomènes
dont il s'agit soit un objet de controverse, pense qu'il
vaudrait peut-être mieux appeler phénomène erratique
le phénomène ou l'ensemble de phénomènes , qui a
abouti au transport des blocs erratiques depuis le point
d'où ils ont été arrachés jusqu'à leur position actuelle.
( 449 )
Suivant M. Durocher, le transport des blocs erratiqoes
est le résultat de deux actions successives ; la première
serait celle d'un grand courant parti des régions po«
laires ; la seconde serait celle d'une mer soumise à des
hivers plus rigoureux que les nôtres » et dans laquelle
le phénomène connu du déplacement des blocs de
rocher par les glaces aurait eu un grand développe-
ment. M. Eugène Robert , dans un Mémoire dont jo
vous ai déjà entretenus , a aussi traité la quesUon^ des
blocs erratiques de la Scandinavie » qu'il ne résout pas
tout-h-fait de môme que M. Durocher.
Enfin, M. Charles Martins , noire collègue, membre
de la même Commission scientifique du Nord» a
adressé dernièrement à l'Académie des sciences un
Mémoire sur la distribution des grands végétaux le long
des côtes de la Scandinavie , et sur le versant septentrion
nal de la Grimsel en Suisse,
BUSSIE.
La Russie occupe un rang distingué parmi les puis-
sances qui ont fait faire depuis la fin de i84i des pro-
grès remarquables à la géographie ; et son gouverne-
ment a droit à la reconnaissance du monde savant
pour les importantes explorations exécutées par ses
ordres dans différentes parties du monde» sous lu
direction de l'Académie des sciences de Saint-Péters-
bourg. Je ne parlerai ici que des travaux relatifs à la
Russie d'Europe» et pour me faire mieux comprendre»
je remonterai au-delà de l'unnée 184 1 .
Cartes hjrdrographiques.
Le gouvernement russe avait ordonné en 1828 l'ex-
ploration des côtes du golfe de Finlande. Il désirait
( 45o )
que ce Uavail fûl digne de Télal avancé de la science
géodé&ique, et qu'il pûl se lier aux opéralioDs sembla-
bles que la Suède » le Danemark et la Prusse ont fait
exécuter sur leurs côies respectives. On résolut de com-
mencer par mesurer une chaîne de triangles le long de
la cote el sur les lies, afin de déterminer un certain
nombre de points » et les espaces entre ces points fu-
rent remplis par des sondages et autres opérations
nautiques. Les observations devaient être raccordées i
la triangulation exécutée parles généraux Schubert et
Tenner , et à la mesure de l'arc du méridien faite par
M. Struve.
Les opérations trigonoméiriques el astronomiques
commencées en i8sg arrivèrent à leur terme en i838.
On mesura une base è Revel et une autre à Aland en
Finlande. Plus de 600 points furent déterminés trigono*
métriquement » et pour obtenir une plus grande préci-
sion, la latitude et des azimulbs astronomiques on tété
observés en dix points différents. On se servit pour
mesurer les angles de théodolites d'Ertel, et d'un in-
strument universel de 12 pouces du même artiste
pour les observations astronomiques. La triangulsr
tion fut liée à une de ses extrémités à travers lejé/oRd-
//no/' avec la triangulation exécutée par le professeur
Cronstadt en Suède , et à l'autre aux opérations de
Jlessel en Prusse par l'intermédiaire des triangles du
général Tenue r en Courlande. L'expédition chrono-
métrique du lieutenant*>général Schubert dans la Balti-
que en i835 eut pour but de s'assurer de l'exactitude
de ces opérations.
Ces travaux préliminaires terminés» le levé de la cote
de Finlande commença en i833. On employa des ba-
teaux à rames pour le sondage en dedans des récib»
( 45i )
el à dix verstos au large ; et pour plus d'exactitude ,
la surface de la mer fut divisée en carrés d'une verste
de noté au moyen de bouées à pavillons dont Texacte
position était assurée par des observations trigouomé-
triques. Quatre ou cinq brigs ou schooners furent
mis à la disposition du capitaine Reinecke , qui corn-
mandait l'expédition , afin de prendre les sondages à
de plus grandes distances de la côte. Par ce moyen, les
sondes furent terminées dans l'été avec autant d'exaC'
titude qu'on en a obtenu à Cronstadt et à Revel pen-
dant l'hiver en perçant la glace. Le levé du golfe de
Finlande depuis Pétersbourg jusqu'à Haogôudd est
complété, et on prépare les cartes à une échelle de
1 pouce pour 4oo yards» ou i/i44oo* quelques unes
sont déjà dans les mains du graveur.
Le capitaine Reinecke était chargé en môme temps,
d'après les désirs exprimés par l'Académie des scien-
ces de Saint-Pétersbourg y d'établir sur les rochers
qui garnissent les côtes de Finlande, des marques
inaltérables pour mesurer l'abaissement successif du
niveau de la Baltique, travail dont il a rendu compte
dans on mémoire accompagné de plusieurs plans. Ce
document» si important pour les observations futures,
sera publié par ordre de l'Académie dans le recueil des
Mémoires des savants étrangers , et les plans seront
déposés aux archives de ce corps savant. On sait que
le ministre des finances de Russie a ordonné que de
semblables observations sur les changements de niveau
de la mer Caspienne fussent faites dans certains inter-
valles de temps à Bakou» d'après des instructions dres-
sées par M. Lenz*
Des opérations semblables furent commencées dans
le golfe de Riga au printemps de 1840, par le baron
( 4is )
Wrnngell» déjà connu dans le naondc sayanl poor
avoir coopéré à la mesure de la méridienne de
M. Siruve. Au commencement de i84a l'expédition re-
levait rentrée du golfe entre Swalferorl et la côte de
Courlaode.
Un autre résultat des opérations hydrographiques
prescrites par le gouvernement russe est Yatlas des
côtes de la mer Noire^ qu'on grave en ce moment, et
dont les matériaux ont été réunis pendant une série
d'années par le capitaine Hanganari , et par d'autres
officiera de marine, sous la direction de l'amiral Greig.
Cartes géographiques et autres.
Tandis que les officiers de la marine russe s'occu-
paient de l'hydrographie des côtes de Finlande et de
celles de la mer Noire, de savants voyageurs visitaient
les provinces de l'empire» et en dressaient Aes caries
géographiques. Ainsi, pendant un voyage statistique eié-
cuté en 1840 dans quelques gouvernemenb de la Russie
centrale» M. Kôppen leva la carte des sources du Folga
et de la Dmna occidentale^ travail qu'il accompagna
d'un rapport détaillé indiquant les points les plus con-
venables pour y établir des stations météorologiques.
Le but principal de ce voyage était de rechercher quelle
pouvait être l'influence exercée par la destruction des
forêts sur la diminution des eaux dans les fleuves;
question à laquelle avaient donné lieu les annonces
souvent répétées d'un prétendu abaissement successif
du niveau du Volga. On doit au même observateur
une carte en quatre feuilles de la partie méridionale
de la Crimée » péninsule sur laquelle M. Montandon a
fait paraître un ouvrage intéressant. Au Voyage dans
la Russie méridionale et dans la Crimée^ exécuté en iSS;,
(455 )
soùsla direclipD de M. de Demidoff^ et dont la publi-
caUon a élé entièrement terminée cette année, se trou-
vent jointes trois cartes, savoir: la carte générale du
voyage , une grande carte delà Crimée coloriée géologi«
quement par M. Huot, membre de la Société , et une
carte du terrain carbonifère du Donetz, exploré par
M. Le Play, ingénieur en chef des mines de France.
Je dois ajouter que ces deux savants français ont ac*
compagne M. de Demidoff dans son voyage, et ont con-
signé le résultat de leurs investigations sur ces cartes,
que notre confrère M. Pierre Tardieu a gravées avec
grand soin.
Une carte du district fie Kola , que M. le professeur
Middendorf a levé lors du voyage qu'il a fait dans la
Laponie avec M. Baer, pendant Tété de i84o, rectifie
le cours de la rivière du même nom. Suivant le travail
du savant voyageur, la direction de cette rivière s'ac-
corde assez bien avec celle qui se trouve indiquée sur
une ancienne cartepubliée par l'Académie des sciences
de Saint-Pétersbourg, et forme un angle presque droit
avec la direction que lui donne la carte détaillée {po-
drobnaia karta ).
Une autre carte non moins importante que celles
que je viens de mentionner est la carte géognostique gé^
nérale de la Russie européenne , la première de cette es-
pèce qui ait paru sur l'empire russe. M. Ilelmersen ,
auquel on en doit la publication, avait été chargé
en i84i d'examiner les gisements houillers dans les
gouvernements de Toula et de Kalouga ^ et d'en déter-
miner l'âge relatif; il a accompagné cette carte d'un mé-
moire justificatif. Ce travail , dont Texécution a néces-
sité de longues cl laborieuses étudos, ne lardera sans
( 454 )
doule pas à èlre complété ei rectifié par des redier-
ches uUérieures.
On ne tardera pas non plus, il faut Tespérer, à pablier,
si elles ne le sont déjà » les cartes dressées par Hll. Ru-
precht et Savelieff ^ des contrées visitées par eux pen-
dant leur nouvelle exploration des régions polaires de
la partie européenne de l'empire de Russie , ainsi qae
les plans qu'ils ont levés de la partie méridionale de
l'île de KolgouiefT, des environs èa cap Hi lUmHnnr, ds
cours de l'Indéga » à one dislance de 5o vcrstes daos
rintérieur do pays» et du cours entier do Roulol sur
un espace de 200 verstes.
f^oyages, ouvrages géograpidqnes ^ elc.
La partie la plus occidentale du pays des Samoièdcs,
et surtout la presqu'île de Ranine» non encore visitée
par des naturalistes, ont principalement attiré Tatten-
lion des voyageurs que je viens de nommer. Dans celte
expédition» pondant laquelle MM. Ruprecht et Savelieiï
ont fait une ample moisson au profit des sciences natu-
relies» ce dernier a observé la déclinaison de l'aiguiiie
aimantée sur quatre points, l'inclinaison sur dix points
et l'intensilédes forces magnétiques terrestres sur sept.
On a observé la latitude dans huit endroits, et la lonj;i-
tude géographique de deux points situés sur la côte
de la mer Glaciale a été déterminée par les distances
delà lune au soleil et à Vénus. Des mesures baromé-
triques faites à Kolgouieff, le long des côtes Timanski
et à Kanine , ont prouvé que les élévations indiquées
comme de hautes montagnes par les indigènes , ainsi
que sur les cartes géographiques , méritent à peine
( 455 )
le nom de collines; que La chaîne prétendue qui est
censée couper la presqu'île de Kanine du nord au
sud, n*eAÎsle réellement pas. On a observé aussi que
le sol de Tlle de Kolgouieff reste constamment gelé &
la profondeur de plus d'une archine (o"',^!). Un fait
qui a frappé les voyageurs pendant leur exploration ,
c'est que les forèls s'éloignent visiblement et de plus
en plus de la côte. On a trouvé des indices incon-
testables qui prouvent que des arbres à tige épaisse
croissaient autrefois tout près de la mer, tandis
que leur distance actuelle de la côte est de plus de
5o verstes.
La détermination géométrique de la surface des gou-
vernements et des districts de la Russie d'Europe »
est une grande opération géographique commencée
en i84i sur les instances de M. Kôppen , et sous
la direction de M. Struve» premier astronome de
l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, par
MM. Schweiaser de Zurich. Celle opération s'exécute
d'après la nouvelle carte spéciale publiée par l'état-
major , en ayant égard » comme de raison » aux déter-
minations astronomiques existantes; elle aura néces-
sairement pour résultat des rectifications aux cartes déji^
publiées.
Je ne ferai que mentionner ici le Voyage dans la
Bussie méridionale de M. J.-G. Kohi, publié en langue
allemande à Dresde en i84i» et qui forme a vo-
lumes in-S** (i), en me bornant à ciler une phrase du
(i) Voy.i(je dans les parties iiitcrieures de la Russie et de la Polo-
(;ne^par Kolh. Tome I*". Moshow, avec un plan de la ville. Tomes II
et III, la Bukowine, Galicie , Cracovie cl la Moravit, Dresde et
Lei|»zi{;, 1841 9 in-8*.
( 456)
voyageur s • Les contrées situées au nord de la mer
Noire , dit M. Kolil , sont au nombre des provinces les
moins connues de l'empire russe. Bien que des per-
sonnes instruites» venues de Pétersbourg» d*Odessa,
de Tangarog» les parcourent chaque année, il est très
rare qu'elles soient l'objet d'une relation de voyage, t
Les Tables de population que H. Kôppen vient de
dresser par gouvernements et selon les conditions » eo
s'aidant des registres des tailles et impôts , et la for-
mation d'un Recueil qu'il prépare et qui doit contenir
des Notices ethnographiques» tirées des rapports offi-
ciels et de ceux des auteurs les plus récents • sur
les différentes nations qui habitent le vaste empire de
Russie, me paraissent devoir être cités ici, quoiqu'ils
se rapportent, non seulement à la Russie euro*
péenne» mais aussi aux autres parties de cet empire
situées en Asie et en Amérique. La même observa-
tion s'applique aux travaux de la commission chaînée
de fixer les. mesures et poids de Tempire de Russie,
qui forment 2 grands volumes in-4* avec un atlas. La
description détaillée des opérations de la commission
pour établir sur des bases invariables les unités de poids
et mesures russes» et leur comparaison avec les poids
et mesures des pays étrangers, faites sur des copies
authentiques, des étalons originaux que le gouverne-
ment s'est procurés à cet effet» ne me parait pas étran-
gère à la géographie.
Parmi les ouvrages publiés sur la Russie européenne,
ou au moment de l'être» dont il me reste h vous entre-
tenir, je citerai : \^ La Russie d'Europe et les monts Ou-
rais décrits géologiqnement ^ par M. Roderick Impey
Murchison , président de la Société de géologie do
( 457 )
Londres, Ed. de Verneuii et le comte A. Von Royser-
ling, avec une carte géologique, des tables, etc., en ce
moment sous presse en Angleterre (i) ; 9* /a Russie et
les Russes en i849 , par M. J.-G. RohI , que j'ai déjà eu
occasion de menlionneré Cet ouvrage est en a volumes,
dont le premier a paru en allemand , à Saint-Péters*
bourg, et a été traduit en anglais. Il contient des ren-
seignements un peu prolixes, mais intéressants, sur les
mœurs et sur les coutumes des différentes classes du
peuple russe ; 5* un autre ouvrage du même auteur qui
a pour titre : Description de la ville de Pétersbourg, a été
imprimé h Dresde» en i84i » en a volumes in 8*.
Une dame anglaise a voulu aussi Toumir son contin*
gent , et ses Lettres écrites des bords de la mer Baltique^
et imprimées à Londres en i84u montrent une finesse
d'observation et une justesse de coup d'œil remarqua-
bles. Elles renferment sur la province d*Esthonie,
sur sa capitale , sur ses nobles , ses paysans , son agri •
culture, et particulièrement sur réconoraie domesti-
que et les habitudes de la noblesse qui vit dans ses
terres, des notions plus complètes que celles qui ont
été données jusqu'ici. Un ouvrage d'une haute im-
portance, offert récemment à la Société, doit fixer
votre attention : c'est Y Annuaire magnétique et météo-
rologique du corps des ingénieurs des mines en Russie ^
publié celte année à Saint-Pétersbourg, en un volume
in-4°f par ordre de l'empereur et sous les auspices
(i) M. Eogène Robert avait déjù publié en i84o dans le Bulletin
de la Société géologique de France un Mémoire intitulé : ObseV'
vations géologiqueg faites en Russie en 1889, depuis Saint-Pétersbourg
fusquà Arkangeletde cette ville à I^ijni-'Nowgorod^ Moscou ^etc , clont
M. Murchison et ses collègues ont en cronnaissa:.c.\
XVIII. DÉCRMBRE. 5. 5o
(4*8)
du comte de Gancrine • chef de ce corps 8a?aiiL Ce
▼olame, dont l'auteur est H. A. -T. Kupffer, mem-
bre de rAcadémie des sciences de Russie » est le
6« d*une collection commencée en 1837, el contient
la dernière série des obserTalions magnétiques el mé-
téorologiques , faites sur six points de la Russie, sa-^
voir : Saint-Pétersbourg, Caiherinenboui^ , Bogos-
lowsk, ZlaloYusle, Lougan et Barnaoul, et six tableaos
graphiques de la déclinaison de l'aiguille et des fana-
lions de l'intensité horizontale.
Avant de clore la liste des ouvrages qui ont paru
cette année sur la Russie, je vous signalerai une série
de bons articles que le Spectateur militaire^ dirigé par
M. Noirot, a publiés sur la Statistique des amies
ruS9€9, et dont l'auteur est M. Haillot, capitaine d^arlii*
lerie ; je vous recommanderai aussi les Jnnales consa*
crées à la connaissance scientifique de la Russie, que
M.Erman publie à Berlin , depuis 18 {1 .
ALLEMAGNE.
L'Allemagne . appelée à si juste titre la terre clas-
sique de l'érudition, n'est pas restée étrangère aui
progrès de la géographie , et les productions sorties
de ses presses, du burin de ses graveurs ou des main*
de ses lithographes, méritent d'occuper un rang dislin
gué, non pas seulement par le nombre, qui surpasse,
sous ce dernier rapport , ce qui s'est fait dans les autres
pays, mais aussi par la valeur intrinsèque.
Dans la masse de documents dont je n'ai eu , pour
la plupart, que les titres sous les yeux, et dont je dois
une grande partie à l'obligeance de M. Reinganum 1
notre savant collègue , faire un choix n'est pas chose
raclle. Je réserve pour une autre place ce que j'auraj
( 459 )
à dire des Iravaui géographiques fails en Allemagne »
soit sar d'autres contrées de l'Europe » soit sur d'autres
parties du monde. Ici , je ne m'occupe que de ce qui
concerne l'Allemagne proprement dite.
Cartes hydrographiques.
Uailas maritime prussien est le seul travail hydro-
graphique que j'aie à citer. C'est sous les auspices
du ministre du commerce de Prusse que parait cet
atlas, qui sera composé de deux cartes générales
à l'échelle de 1/400000, et de sept cartes parti-
culières, devant former en tout vingt-deux feuilles
h l'échelle de i/ 100000*; et enfin d*une série de vues
de côtes . avec la description des phares. Déjà les deux
cartes générales, ainsi que la cinquième carte particu-
lière, ont été publiées à Berlin en i84i ; cette der-
nière, divisée en 4 feuilles, donne toute la baie
de Dantzig, depuis le cap Brusterort jusqu'au cap
Rixhoft. Ce sont les opérations trîgonométriques
et topographiques exécutées depuis i833 jusqu'à i83g
par l'état-major-général, qui ont servi de base à la re-
connaissance hydrographique des côtes , et Ton a pris
tous les soins nécessaires pour rendre le travail des
sondes aussi exact que possible.
Cartes géographiques.
»
PRUSSE.
Puisque j'ai commencé par la Prusse, je continuerai
à m'occuper de ce royaume , qui , possédant dans son
sein les géographes les plus éminents de l'Allemagne ,
ne pouvait rester en arrière sur tout ce qui se rallaclie
aux sciences géographiques. Si son gouvernement, par
(466)
des motifs que je n'ai pas à apprécier, n*a point encore
rendu publics les travaux de ses habiles ingémeats
en ce qui concerne la carte o£Bcielle du royaume, des
particuliers remplissent les lacunes. Tandis que H. En-
gelhardt prépare une carte générale de la monarMe
prussienne , en 94 feuilles , on vient de publier à
Berlin (1S49), la première livraison en 4 feuiOes
in-folio 9 des cartes des cercles de la monarcAîe prussieime,
dont l'auteur ne s'est point fait connaître. Un aatre
anonyme a fait paraître la même année et dans U
même ville une carte de Prusse , spécialement destinée
aux commerçants; M. Pescbel publie à Posen (i84t)
la carte du grand-duché de ce nom ; déjà M. Grube avait
donné, en i84i • la carte topographique du gouverne-
ment de Dusseldorf d^jxs la Prusse-Rhénane» en 8 feuilles
in-folio; et celle du cervle d*Oppeln, dans la Silésie
prussienne 9 avait paru à Berlin, M. Lœwenherg a pu-
blié , en i84i f dans la même capitale, les troiûème
et quatrième livraisons de son jétlas historique de la
manarchie prussienne , contenant 8 cartes grand io-8't
et l'année 184s a vu se terminer, à Berlin , la cartespé-
ciale du IFart/ie-Bruch , en Prusse , partie des pays de
roder, la carte des environs de Cologne, Duren, Huns-
tereijel^ Bonn et Bruhl^ et le plan en pn^d du chenm
de fer de Berlin et de Francfort-sur-V Oder^ par Zimpt^l»'
et à Magdebourg la carte du chemin de fer de Bedin a
Potsdam, dont l'auteur es'l M. Werner.
AUTniCHE.
En même temps que le gouvernement autrichien fail
dresser une belle carte du royaume Lombardo -Véni-
tien , et travailler à la confection d'une carte général
de l'Italie , ainsi que nous le verrons plus tard , celle
(46i )
puissance ne perd pas de vue ses possessiods aUeman<«
des, dont ses ingénieurs s'occupent simultanément de
terminer les cartes» sous la direction du colonel
Scbribanecb. On a préparé le dessin de celle à!Aulri*
che, qui doit avoir 4? feuilles, de celle de Sqlzbourg
«n i5 feuilles» du Tjrrol en 94 feuilles, de WStyrie et
de Vllljrrde en 37 feuilles, et les travaux géodésiques de
toutes ces cartes sont achevés. La première feuille a
paru en 1811, et une soixantaine sont aujourd'hui
publiées. La triangulation de \u..Monwie est terminée,
et Ton s'occupe de continaer cette opération dans l^.
Bohême, la Hongrie^ et jusqu'aux frontières delà f^a*
lachîe. En 184 1 » deux chaînes de triangles furent por«
tées à la frontière de Transyl^nie, et cinquante trian*
glesdu premier ordre furent obtenus dans la direction
de S^inte-AnQe en Hongrie , versHermanstadt, où Ton
£t plusieurs, vérifications par de nouvelles observations
astronomiques. De semblables triangulations seront
portées sur toute la Transylvanie. On doit encore au
bureau topographique militaire de Vienne des cartes
de détail , parmi lesquelles je citerai celles des enuîrons
de tienne et de Baden en basse Autriche, sur les-»
quelles diversescouleurs indiquent les différents genres
de culture.
Pendant que le gouvernement autrichien occupe ses
ingénieurs à des cartes générales à grands points , né-
cessairement fort coûteuses, et que lui seul peut en-
treprendre, des particuliers zélés pour la science en
dressent de leur côté. C'est ainsi que Schuitz a publié
en deux feuilles une carte routière des routes et monta-'
gnes de V Autriche , du Sahbourg , de la Carinthief de la
Slyrie et du TjroljusqiCa Munich , renfermant les Alpes
autrichiennes et les hautes terres de la Bavière; que
46a )
M. de Fleckler a fait paraître à Vienne , en 1 84a » une
carte des contrées montagneuses du Schneeberg^ des Baxalr
pes et de ÎVechsel dans la basse Autriche; qu'on doit à
Pokorny une carte de la frontière militaire de F Autriche
en six feuilles ; que Schwarzer a publié cette année à
Prague la carte statistique et topographique du royaumt
de Bohême en deux feuilles in*folio; qu'on doit à
Schenk la première partie des cercles de la Moravie,
contenant le cercle de Brunn qui a paru dans cette ville
en 1841 ; qu'on a publié, en 184^1» k Lemberg, enone
petite feuille in-folio» la carte de la Buckowine oudur^
de de C:^mowitz en Galicie; que Schoenfelder a tracé
la même année à l'Institut militaire impérial de Vienne
la C€Lrte de la Styrie; et qu*on est redevable à Holger
de la carte géognostique du pays situé au nord du mont
de Hanbart en Autriche en une feuille in-folio , qai a
été publiée à Vienne en 1 84 a« Je citerai encore la carie
topographique du cercle de Mûld dans rAutriche ao-des-
sus de l'Ens , par Benedict Pelwein, format grand- atlas,
une autre carte topographique et statistique de l'Ja^
triche par Schmidt, une carte du diocèse de ff^esiprim
en Hongrie , construite en une feuille » en 1 84 1 1 par
H. Etienne Viser, et dont il tous a fait hommage, el
enfin une carte géologique complète de VEscla%H>nie , de
la Croatie et de la Styrie que le comte Breuner a rap-
portée de ses voyages , et qui comble une lacune.
S\XE.
Les autres États de l'Allemagne montrent chacun
de leur c6té autant de zèle. Le gouvernement de la
Saxe, qui avait terminé en i8o5 la triangulation et le
levé du royaume, commencés en 1781 , s'est servi
de ces éléments pour faire dresser une carte en so
(465 )
feuilles, a Téchellede 1/57600, et sur laquelle la hau-
teur de tous les points se trouve indiquée; elle a été ache-
vée en i835 : M. J.-G,WiemaDD travaille en ce moment
à Dresde à une carte de la Saxe qui sera très importante
pour la géographie physique, puisqu'elle fera connaître
surtout les hauteurs et les mouvements de terrain,
ainsi que les sources des principales rivièires. La pre*
mière section embrassera le pays autour de Dresde,
entre le Si"" 5' et le 3i°4o' de longitude orientale de
Vile de Fer,et depuis le 5o* 33' environ, jusqu'au 5 1^ 90'
de latitude nord. On a fait paraître à Dresde en i84i
la s5* feuille de la Carte du royaume de Saxe et des pays
voisins^ d'après les levés exécutés par ordre dugouver*
nement, et en 1849 , le a° 18 de la Carte géognostique
du même royaume. Le Plan de Dresde et des empirons ,
en une feuille in-folio y et la Carte du royaume rie Saxe ,
de Riedig, publiée par Leutmann» ont aussi paru
cette année. Enfin» l'école des mines de Freyberg a
dressé une Carte géologique de la Saxe accompagnée de
notes explicatives; j'ajouterai que la Saxe possède
depuis 1841 une Carte cadastrale commencée en
1834.
BAVIÈRE.
Là Bavière a presque terminé sa carte en io3
feuilles, commencée en 1818. La Bibliothèque Royale
de Paris n'en possède que âo feuilles , et une note
semblerait indiquer qu'il ne doit y en avoir en dé-
finitive que 97. On a encore publié, en 1841» trois
autres cartes concernant la Bavière, savoir: à Spire,
la Carte du palatinat bavarois , en 4 feuilles in-folio »
dont l'auteur ne nous est pas connu; à Munich,
la C-arle ecclésiastique de la Bavière^ en une feuille
'ir
( 464 )
in-folio; et enfin à Nuremberg, la Carte du royaume
deBaifière^ également en une feuille in-folio. On doilla
seconde a M. Mayr, et la dernière à H. Sicberi.
WURTEMBERG, UANOVRE, elC.
La grande Carte du royaume de Wurtemberg est
fort avancée, et on a publié à Slutlgard, en i84i,eD
4 feuilles in-folio , une Carte du royaume de IVurtembtr^
etdugrand'duchédeBade.Ovi travaille sous la directioD
du capitaine Papen à celle du Hanovre; elle doit avoir
63 feuilles à l'échelle de i pouce pour 3 milles gécH
graphiques , tandis que H. Siebert a publié à Norem-
berg en 1842, une carte en 6 feuilles in-folio qui com-
prend à la fois le royaume de Hanovre^ les duchés
d* Oldenbourg et de Brunswick^ les principautés de
Lippe t et les ^villes libres de Hambourg ^ Lubeck et
Brème.
GRAND-DOCRiï DE HESàK , BADE, ClC.
C'est à M. Eckhardt que le grand-duc de Hesse a
confié l'exécution de la carte de ses États i l'échelle de
i/âoooo en 5o feuilles, dont plus de la moitié est ter-
minée. MM. Roth et Meyer, qui s'occupent de la con-
fection d'une carte du grand-duché de Hesse-Dannsiadt^
d'après les levés trigonométriques faits par l'état-major
hessois, ont publié à Darmstadt en 1 841 • en une feuille
in-folio, la partie qui contient le district de Schoben^
et en 184^ celle qui renferme les districts de Lau-
terbach et de Herbstein,
U Atlas topographique du grand-duché de Bade^ qui se
publie par livraisons depuis iSSq, est le résultat du ca-
dastre général exécuté par le bureau topographique mi-
litaire du grand-duché. Ce travail repose sur une trian-
{ 465 )
gulalion» lertninée en 1 837, époque à laquelle onl cam-
mencéles opérations géodésiques du second ordre. Le
levé (opographiquc a été exécutée Téchelle de i/aSooo*,
et depuis i833 on s'occupe d'un nivellement géométri-
que. La carte a été dressée sur la projection de Flams-
teed modifiée» et sa graduation fait suite à celle de la
nouvelle carte de France. L'atlas, réduit de i/s5ooo à
i/5oooo' pour être livré au public» doit se composer de
56 feuilles de 1 8 pouces carrés , dont chacune ren-
ferme une superficie de g, 3 s milles carrés. Depuis
i83g> quatre livraisons de 6 à 8 feuilles chacune, ont
paru ; la dernière est composée des feuilles de Rastadt^
Bretten, Carlsmhe, IVertheim^ Dertingen et Mondfeld,
La gravure est correcte, et si les aulres feuilles de
Tatlas répondent à celles qui ont déjà été publiées, il
rivalisera avec ceux du Wurtemberg et de la Bavière,
si même il ne l'emporte pas sur ces derniers en quel-
ques parties. M. Montoux a fait paraître à Garlsroho
en 1 843 p en 4 feuilles in-folio , la seconde édition de sa
Carie du grand'duché de Bade; et M. Niebour a pu-
blié la même année, à Oldenbourg, en une feuille in-
folio , une Carte historique des comtes d* Oldenbourg et
de Delmenhorst,
Je citerai encore parmi les cartes particulières :
u La Carte générale du Palatinat, publiée par W.
Becker, à Deux-Ponts, en une feuille in-folio;
3** La Carte spéciale du district du gouçemement d^A*
rensberg en Westphalie^ qui a paru à Magdebourg
également en une feuille in-folio, et qu'on doit à RatI ;
3' Une Carte du Rhin sans nom d'auteur, publiée à
Cologne également en une feuille in-folio ;
4° La Carte de la Moselle que Hensen a donnée en une
feuille in-folio , à Deux-Ponts ;
( 466 )
6* La Carte topograpliique du pnys situé enOv Magdem
bourgs Leipzig et Dresde^ que Plall a publiée à Leipug,
en 4 feuilles à lYchellc de i/5ooo* ;
6* V! Atlas historique et topograpfUque du Rhin depuis
sa source jusqu'à ses embouchures» qu'un anonyme a
publié à DcuxPonls;
7<> Le Nouveau Panorama du Rhin et des enfuirons de
Spire à Mafence j par Deikeskamp, qui a paru à Franc-
fort-sur-le-Mein;
8° La Carte de la vallée du /leui»e d^Inn, de Zeile au
pont de Folders, par Mayr et de Gulrath» publiée a
Inspruck, en une feuille in-folio.
Les cinq premiers numéros ont paru en i84i, et
les trois derniers en \%l\^.
Outre la Carte routière et postale de l* Allemagne avec
indication spéciale des directions suivies par les ba^-
ieaux à vapeur et les chemins de fer, publiée à Munich
en 1 84 1 » en une feuille in«folio , sous les auspices des
postes royales de Bavière , par MM. de Hngedorn el
Loible » j'aurai à mentionner plusieurs autres cartes
générales, publiées en totalité ou en partie en i84v,
telles que :
La Carte militaire de l'Allemagne en aS feuilles in-
folio» dont I a ont déjà paru à Munich sous la direction
de M. Klein;
L'Atlas géographique et historique de l'Allemagne^ de
Kutscheit, dont nous ne possédons encore que la
r* livraison en 5 feuilles in-folio, sans indication du
lieu où ce travail a été exécuté ni du nombre de livrai-
sons dont y atlas doit se composer.
La Carte murale géognostique de l'Allemagne et des
pays voisins en 6 feuilles in-folio, que Voelter a fait pa*
raltre à Erlangen.
(467)
La Carte murale de C Allemagne , de la Belgique et de
la Suisse f de Montoux, publiée à Carlsruhe.
La Carte militaire des cttemins dejer de l* Allemagne,
publiée à Berlin sans nom d'auteur.
La Carte des chemins de fer de l'Allemagne qu'on doit
à Ruhlandt et qui a paru à Glogau.
La Carte des chemùis de fer entre la Saxe et la Ba*
vière» deWcrner» dont on ne connaît encore qu'une
feuille in-folio, publiée à Plauen.
La Carte des chemins de fer de Cologne à Hanotfre,
par Minden, en 6 feuilles, exécutée à rétablissement
géographique de M. Vander Maelen, à Bruxelles pour
le compte de la Société des chemins de fer rhénans*,
et publiée à Trieste.
La Carte des chemins de fer exécutés ou en construc-
tion en Allemagne et dans les pays Umitroplies.
Je ne dois pas omettre deux Cartes du duché de
Holstein qui sont en voie d'exécution. Ll'une est de
M. Geertz; et la seconde ^ dressée sous la direc-
lion du célèbre astronome Schumacher à l'échelle
1/940000* est le résultat des mesures trigonométri-
ques qu'il a prises pendant plusieurs années. Le plan
de Gluchstadi vient de paraître.
Je vous citerai en£n la Carte des chemins de fer, dçs
canaux 9 de la navigation à la vapeur dans les Etals do
l'Union allemande, des douanes et des pays limitro-
phes, que nous devons h notre collègue M. G. Desjar-
dins.
Voyages y ouvrages géographiques ^ etc.
pnusse.
Parmi les ouvrages géographiques qui ont paru en
1849 sur ce royaume, je mentionnerai: les Recherches
(4M)
sur r ancienne ville de Tolbiac et ses empirons , publiées à
Neuss par M.Broix ; la Description statisii'qaecompiètedu
États de Prusse , de Kux » dont la seconde édition vienl
d'être publiée à Leipzig; le Nivellement triganométnque
du fleuve Oder^ depuis Oderberg jusqu'aux Jhmtièresdi
l'Autriche , fait par ordre du minbtre des finances de
Prusse en iSSg et »84o, imprimé à Berlin , en un vo-
lume in-V » Q^ec s carlesjn-folio»
On trouve enfin dans le Bulletin de notre miniatère du
commerce du mois de septembre 1 84^ • un Recensement
officiel fait par ordre du gouvernement prussien » con-
tenant des renseignements sur les divisions administra*
tives de la Prusse , sur l'étendue territoriale de chaqoe
régence . avec le nombre de chcTaux ei de besliaui
existant dans la monarchie prussienne en i84i •
AtJTRICHB.
La Description topographique et historique Je l^empité
d'Autriche que l'on doit a M. Schîmmer, se publie à
Darmstndt par livraisons, dont cinq ont paru en i84<»
avec 18 planches, et deux en i84d.
M. SchmidI donne aussi k Stultgard une Description
de r empire d'Autriche. Les 6« et 7* parties , contenant
le royaume Lombardo-f^énitien^ ont paru en i84ï»
sous le format in-8^, avec des figures. On doit ^
M. Kohi un Voyage dans C empire d* Autriche ^ dont le
tome V, qui traite de la Styrie^ a été publié & Dresde an
184s. Le royaume de Bohême^ tel est le litre d'un ou-
vrage de M. Sommer, dont le tome IX comprenant la
Description statistique et topogràphique du cercle de Bud*
weis, a paru à Prague en 1 84 1 1 format in-8*. Le même
écriyain a donné h Daruistadt, en 1849 , la Descriptitfn
de Teplitzet de ses environs tWtec des figures; et M. V0I07
dans sa Description topographique, statistique et historique
de la Moravie a consncré au Cercle (VIgiau le tome VI
qui a paru à Brunn en 184^» avec s cartes s H. HaU
làscbka a publié la même année, à Prague » la Descrip*
tion géographique , topographique et historique de la ville
de Bautsch en Moravie ^ et n'est aussi en i84a que le
Voyage dans les Carpathes centrales de M» Reyemholl
a paru & Nefsse » avec une carie.
Enfin , on doit à M. Geinitz une Description géo^
gnostique des montagnes Saxo-Bohémiennes ^ avec des
planches et des figures» qui a été publiée» à Dresde,
sous le format in-4^*
SAXE, BAVIÈRE, WURTEXIBBEG , HBSSE , Clc.
Je n'ai point trouvé d'ouvrage à citer sur la Saxe.
J^en indiquerai deux pour la Bavière : la Géographie
du royaume de Bavière ^ qui est à sa seconde édition.
La 8* et la g® livraison , contenant la basse Franconie
et Aschaffenhourg ^ ont paru à Nuremberg en i84i;
Tauteur est M. Hobn. Le second , dont Tauteur n*est
point désigné , a pour litre : la Bavière décrite sous
les rapports géographifpies ^ historiques ^ etc. Les i5«
et iG" livraisons , ornées de figures , ont paru à Munich
an i843«
Le bureau statistique et topographique du royaume
de /^i/>/^/7i&er^ a publié à Sluttgard en 1 849» un volume
in- 8* des Annales géographiques ^ historiques, statistiques
et topographiques de ce royaume; Moser a fait paraître
la même nnnée, dans la même capitale y la Description
géographique , topographique et statistique de IVurtem'
bergy en 3 volumes» et Wiltmann a publié, \ Ulm, la
Géographie du même pays en un volume in-ii*; enfin ,
(470)
Griesinger a fuit paralli^ également en 1849, formai
in -8*^9 le Dictiofinaire nnit*erse/, c'est«à-dire» géogra-
phique ^ statistique^ etc.^ du If^iiriemberg ei des prinà»
pautés de MohenzoUem^-Hechingen et Sigmarùtgen; ei
Gerling a publié à Hesse-Cassel la même année la
deuxième partie des Mémoires consacrés à la géographie
de la Hesse et des pays "imsinsj d*après les levés et tra-
vaux géodésiques faits en 1835» 1 836 et 1837.
GRAND'DOCHâ DB BADE , etC.
On doit à M. Huhn une Description très détaillée da
grand-duché de Bade , qui se pablie par livraisons, et
par ordre alphabétique. Les 7* et 8* livraisons com-
prenant de Laada à Ramberg, ont paru à Carlsrohe
en 1 842 ; et un journal intitulé Badenia , rédigé par
M. Bader, et paraissant à Carisruhe, est consacré & la
connaissance géographique du même duché.
Tscharcr a publié à Chur, en 1842, \^ Description
historique^ statistique et géographique du capiton de
Graubuendten , avec des figures ; on doit à Stein la
Description des contrées du Aecker^ depuis Heilbronn
jusqu'à Heidelberg^ publiée la même année» à Heil-
bronn ; les 9^, 10% II*, is"*, i3* et i4* livraisons de
la Description de VOdenwatd et des contrées du Necker^
par Grimm, ont paru à Darmstadt en i84s; Storch
a donné à Gotha, la même année, le Guide du
voyageiur dans les montagnes de la Thuringe; Halten a
publié, à la même époque , à Darmstadt , la Descrip-
tion de Wisbade et de ses envifX}ns; de Ring a fait pa-
raître, à Frlbourg (1842), un ouvrage sur les Éta-
blissements celtiques dans le sud-ouest de V Allemagne;
Jean de Scbrœder, en i84i, à Oldenbourg, en 9 volu-
mes , la Topographie du duché de Holstein , de la
(4?« )
principauté de Lubeck et des villes libres de Hambourg et
de Lubeck^ et Ilansen a publié à Riel, en t843, là
Description de tAmt (préfeclure) de Bordesholm.
Je terminerai cette nomenclature passablement
aride par la citation de quelques ouvrages qui me pa-
raissent se rattacher à la géographie, ce sont : les
Obserifations magnétiques et météorologiques faites par
Kreil dans l'observatoire de Prague , et publiées en
1842 dans la même ville , en un volume in-8^ ; un Mé-
moire de MM. Koch et Scbmid , sur les traces d^ani-
maux gigantesques récemment découverteê dans les envie-
rons dléna^ publié dans cette ville en i84i>iQ>4*f
orné de figures.
Les Observations géognostiques sur la Forêt Noire ^
avec une carte de Fromherz , imprimées à Fribourg en
1 84s , in-'So.
La vallée du fleuve JVeser^ depuis Munden jusqu'à
Mimlen^ dont les 8"* et 9* livraisons in-8* ont été pu<^
bliées à Hcsse-Cassel , 1843.
La Description spéciale du pays situé sur le Mein , avec
figures, par Menk-Diltmarsch, in-8°, 1'* livraison, 1841*
Parmi les ouvrages qui ont paru en i84s sur VAl-^
lemagne en général ^ je mentionnerai :
Le Voyage en Allemagne fait de 1 837 a 1 84o , par
Jagemann, et publié à Leipzig en 2 volumes in-8^
Le Voyage dans différentes parties de l'Allemagne^
de Ratzeburg, imprimé à Berlin en un volume in*8% qui
traite principalement des animaux destructeurs des
forêts et de leurs ennemis, avec indication des moyens
de les détruire.
V Allemagne pittoresque , publiée à Leipzig par une
réunion de savants et d'artistes. Les livraisons qui ont
paru en 184^ contiennent la description du Tyrol et
de la StyriCj par Leitle, celle de la nier Baltique et de
( 47» )
la mer du Nord, par MM. de Kobbe et Coroelias, celle
delà Hessôy par M. Landau, et celle de la ^vallée du
Weser, par M. Dingelstedt On publie enfin à Stall-
gard le Journal trimestriel de r Allemagne , consacré en
partie à la géographie et à la statistique de ce pays.
MOlITElfEGRO.
Le petit pays appelé Monténégro ou Tsernogore,
forme depuis près d'un siècle un État indépendant
Dominant la Dalmatie , THcrtzegowine et tout ]e nord
de l'Albanie , la longue montagne du Tsemogore se
déroule en face de Tltalie comme le rempart extérieur
du peuple serbe.
On sait que le colonel Vialla , qui fut de 1 807 i
1 81 3 gouverneur pour la France de la province de
Gattaro» a publié h Paris en 1820 deux volumes sur le
Monténégro , et qu'il existe dans la bibliothèque de
Saint-Marc de Venise un manuscrit en langue italienne
contenant la Description du Sangiacat de Scutari^ dont
l'auteur, le commissaire vénitien Bolizza, visita en i6i4f
par ordre de son gouvernement» les guerriers monténé-
grins. Plus récemment, M. Slieglitz, voyageur allemand,
a fait paraître à Stultgard en 184 1 un Voyage au Mon-
ténégro , et la même année , M. Kovalevski a publié à
Pétersbourg en langue russe , une brochure de 7 à 8
feuilles intitulée : Quatre mois dans le Monténégro.
Elle réfute, dit-on, quelques unes des assertions du
prince des Wasoevitchs, et mérite de vous être signalée
malgré sa concision. En la lisant cependant, vous ne
perdrez pas de vue que le prince des Wasoevitchs se
présente comme un adversaire de la Russie, ce qui doit
faire admellre avec des réserves la critique qu'un Russe
fait de son ouvrage.
(475)
On trouvera aussi dans la Reifue des Deux Mondes
une série d'articles que M. Cyprien Robert a publiés en
1843» sous le titre du Monde gréco'slai^e ^ renfermant
de curieuses informations sur les Monténégrins et sur les
autres peuples de race slave. Enfin des Recherches géo*
graphiques^ historiques et linguistiques sur les races slaves
par M. Kaulfuss ont paru en i84i » à Berlin, en an vo-
lume in-8o.
TUBQUIB d'eDROPE.
Caries hydrographiques*
Les beaux travaux de triangulation de l'Archipel fails
parle capitaine Gaultier, en 1818 et 18 ig, ont produit
deux cartes hydrographiques de ces parages publiées
en i8*iy. Depuis, le capitaine anglais Copeland a passif
plusieurs années dans la même mer pour faire les dé*
tailshydrographiques; mais rien n'a encore paru, quoi-
que lescartes manuscrites existent d^ns les bureaux de
l'amirauté anglaise. Telle est la situation actuelle de
l'hydrographie dans cette partie de l'Europe.
Cartes géographiques et autres.
Quant aux cartes géographiques^ toutes les per-
sonnes qui prennent intérêt à la science» ont vu la
grande et belle carte de la Turquie d'Europe , que
H. le colonel Lapie a publiée en 182a, d'après les
matériaux recueillis par les généraux Guilleminot et
Tromelin, Sept ans après « c'est-à-dire en 1839, le
Dépôt de la guerre autrichien crut devoir copier
celte carie» en y introduisant plusieurs corrections
heureuses. Aujourd'hui M. Lapie a repris son travail
en sous-œuvre , et s'occupe des rectifications à y
XVIII. D&CBlIRnB. 6. 3i
faire. Il est à désirer que le monde saTanI puisse bienlol
jouir du résultat de ses élucubrations. Le même géo-
graphe travaille en ce moment à une carte de la Haate-
Macédoine et de l'Épire, dressée à Téctielle du i /80000',
d'après les itinéraires de MM. Viquesnel , Boue, Tro-
melin, Foy» Haxo» Andréossy» Favier et Leake » et il a
publié en 1849 h la même éctielle une carte géologique
de la Haute-Albanie et dune partie de la Sentie, da-
près les itinéraires de M. Viquesnel et les renseigne-
ments recueillis par ce voyageur. Cette carte, faite
avec le soin et le goût qui distinguent les ouvrages
de M. le colonel Lapie, renferme des parties entiè-
rement neuves, telles, par exemple, que les environs
du lac de Scutari. Elle est jointe au Journal du Foya^e
dans la Turquie d^Eumpe de M. Viquesnel, dont je
parlerai dans la section suivante. Un juge compé-
tent, M. Boue, auquel on doit l'un des ouvrages
les plus récents, et les plus considérables qui aient
paru sur la topographie de l'intérieur de la Turquie
d'Europe , accuse les meilleures cartes de la Tur-
quie de fourmiller encore d'erreurs , qu'il attribue à
l'impossibilité où sont les Européens d'exécuter des
travaux géodésiques sans l'autorisation du gouverne*
ment turc. Cette lacune ne peut, suivant lui, se com-
bler que lentement et partiellement. Le comte Karnc-
Eay, ajoute M. Boue , vient d'y travailler par la con-
struction d'une belle carte manuscrite de l^ Albanie; et
les officiers de l'état-major russe, par la déterminalion
astronomique de quatre-vingt neuf positions de la Tur- ;
quie orientale qui ont été insérées en iSSy dans /e
Bulletin scientifique de l'Académie des sciences de
Saint-Pétersbourg, et reproduites dans le huitième vo-
lume du Journal de la Société royale de géographie ^^ \
(475)
Londres. M. Mollke a publié à Berlin , en i84s $ une
carte de Cofutanlinople , de ses faubourgs et de ses en"
luirons, etc.» leyée en i836 et 1837 à Féchelle de
i/sSooo*.
f^ojrages, ouvrages géographiques ^ etc.
Le deuiiëme tome de Pile de Chypre dans Vantiquité^
de M. Engel, a été publié à Berlin en i84s en un vo-
lume in-8^ L*un des ouvrages les plus remarquables
sur la Turquie d'Europe, est le Journal du voyage géo-
logique fait par M, Viquesnel dans la Servie ^ la Bosnie ,
rAlbaniey la HauteMésie et la Macédoine. Quoique
Tauteur ait la modestie de ne considérer sa relation
que comme l'itinéraire du voyage qu'il a fait en i856
avec MU. Boue et de Montalembert , elle contient
cependant des notions si importantes sur ces pays peu
connus, que la Société géologique de France l'a fait
insérer en 1842 dans le tome V de ses Mémoires, en
l'accompagnant de la carte dont j'ai déju parlé.
M. Viquesnel a divisé son jouroal en six chapitres ;
le premier renferme la route directe de Belgrade à
Kragonievatz , et une excursion dans les montagnes
de Roudnik; le deuxième, la route de Belgrade à
Kroupagn , avec retour par Sokol à Kragonievatz ;
il décrit dans le troisième la route de Kragonievatz &
Novi-Bazar, par Krouschevatz et le mont Kapaonik, et
par Karadrovatz, Stoudenilza et la vallée de l'Ibar, ainsi
que la route de NoviBazar à Uskiup^ par Ipek , Pris-
tina et le défilé deKatschanik ; il place dans le quatrième
la route de Novi-Bazar à Skoulari, par Rojal (Rosalia
des cartes), Gouzinié, Schalia et Boga; le cinquième
chapitre contient la route de Uskiup à Saloniquc , et le
sixième celle de Skoutari à Janina en Albanie.
(470)
X'est dans la Romélie et à Brusa que le doctear Grl-
sebach a effectué en 1 83g son voyage , publié à Gôt*
lingue en 1 84 1 » en deux volumes in-8^» avec deux plan*
ches in-4^ Parti de Constanlinople , il se rend par
terre à Enos où il. s'embarque ; puis après avoir passé le
mont Athos , et traversé toute la Macédoine , il arrÎTe
de Salonîque dans la Haute-Albanie. Le docteur Gri-
sebacb a visité la Turquie d'Europe en botaniste, ei
MH.Murcbison, deYerneuiletReyserling l'ont explorée
en géologues. Les résultats de leurs observations sont
consignés dans un ouvrage sur la structure géologiqut
des régions centrales et méridionales de la Turquie d'Eu-
fxipe et des monts Ourals , imprimé à Londres en i84S'
Une Description de Constantinople^pdiV^A. Barrala,esteD
ce moment en voie de publication à Turin ; il a para
celte année à Rome une brocbure in-8* sur la Molda-
vie et la Falachie , extraite du Voyage en Orient de
l'abbé Dominique Zanelli ; enfin, déjà en i84i M. Blu-
taienbac)i avait publié il Vienne sa Description des pars
formant là frontière militaire de la Valachie.
ankCB BT ILES ionibniies.
Cartes hydrographiques.
4
Les dernières caries hydrographiques que nous pos-
sédons sur les lies Ioniennes sont déjà anciennes; on
les doit au capitaine W. H. Smyth. Depuis iSao, époque
à laquelle elles ont paru, rien de nouveau n'a été fait à
ce sujet.
Cartes géographiques et autres.
Je citerai d'abord V Atlas topographique et historique
de r ancienne Gfèce et de ses colonies, de M. KieperL II
doit être composé de 84 feuilles in-folio, et se publie à i
(477)
Berlin par livraisons. La première feuilte a paru en
1 841 et la seconde Tannée suivante.
Les officiers d 'état-major français employés au levé
de la car(e de Grèce ont achevé dans le courant de cette
année, par le levé du cours supérieur de TAspro Po-
tamos , les opérations dont ils avaient été chargés. Sur
les 1 2 feuilles doQt la carte générale doit.se composer»,
6 consacrées à la Morée sont corapléleo^ent termi-
nées a et sur les 6 autres consacrées à la Grèce dite
continentale, 31e sont également, et les 3 dernières
sont en voie d'exécution.
La Carte delà Grèce de Bobrik , qui a paru à Leipzig
en une feuille, ne peut qu'être mentionnée pour mé-
Oioire après le travail de nos officiers.
Voyages , ouvrages géographiquts , etc.
On doit au même géographe que je viens de citer,
11. Bobrik , une GéograplUe de la Grèce anciefine , pu-
bliée & Leipzig en 1843. M. Hermann a fait paraître
en 184 1» à Marbourg, les ^ntîquùatum Laconicaruni
Ubelliquatuoren un volume in-4^ ; M. E. Curtius a dooné
en 1843» à Halis, un ouvrage intitulé : de Portubu^ Mher
narum Comm^ntatiq^ avec une carte géographique, et
on a de M. S.-J.-W* Hof][mann la Grèce et les Grecs
dans les temps ancien^ , en un volume in-S"" imprimé à
Leipzig en i84i*
Parmi les ouvrages qui oat paru celte anpée sur
la Grèce moderne^ je citerai d'abord \e Journal d'une
excursion en Grèce et dans les Ues Ioniennes par M. Wil-
liam Mure de Gadevell, en a vol. in-i2. Le rédacteurdu
Quarterly Reviçw appelle ce journal l'ouvrage d'un ob-
servateur plein de finesse etd'intelligence» et d'un litté*
rateur profond , quoique modeste ; et c'est en même
(478)
lempSy suivanllul, un livre 1res agréable àlire. Le second
ouvrage à mentionner esldû^t M. Frédéric Slrong, con-
sul deBavière et deHanôvre à Athènes: il aétéitoprimé
à Londres en 1849, sous le titre de La Grèce considérée
comme royaume , ou description statistique de ce pays
depuis l'arrivée du roi Olhon , en 1 833 , jusqu'au mo-
ment actuel: il a été rédigé d'après des documents offi-
ciels, et est dédié au Roi. C*est pour ainsi dire un ouvr&ge
officiel sur l'exactitude duquel on peut à peu près comp-
ter. J'ignore l'époque précise à laquelle M. Ferdinand
Aldenhoven a publié en Français, à Athènes, soD^Â9^
raire descriptif de VAtiique et du Péloponèse ^ avec des
cartes et des plans, bien qu'il soit probable que celte
publication ait été faite en 1 84 1- Mais c'est en 1 84s qu*
été imprimée en un vol. in-8*,à notre imprimerie royale,
Y Histoire et phénomènes du volcan et des îles volcaniçuf^
de Santorin, avec un coup d'œil sur l'état moral être*
ligieux de la Grèce moderne , par M. l'abbé Pégoes,
ancien missionnaire dans le Levant , supérieur de la
mission de Santorin.
M. Ross a publié à Berlin ses Foyages en Grèce, dont
le I" volume» renfermant son Voyage dans te Pehpon^^
avec deux cartes et des inscriptions, a paru l'année <kf'
nière; M. Merleker a fait paraître également cette an-
née le !•' tome in-4" àe sa Description historique et gtd'
graphique de VÉpire et de ses habitants; M. Brandis, ws
Rapports sur la Grèce y en 5 volumes , publiés à Leip-
zig en 184 'i » dont le premier contient la relation de 500
voyage, et enfin Athènes a attiré spécialement l'atten-
tion de MM. Sander, Forchhammer etStademanaOû
doit au premier la Description d* Athènes et desesenv^'
rofis, avec un plan de cette ville, publiée i Mayenc*
( 479 )
€o i84i en un volume io-S*; au second la Topographie
d*jithènes avec un plan de l'ancienne ville, en un vo-
lume in-folio qui a aussi paru àKieien 1 84 1; et au troi-
sième le Panorama d*Atliènes en 17 feuilles, publié
la même année à Munich.
Le journal de Gadewell» dont j'ai parlé plus haut, ne
contient que quelques pages sur les lies Ioniennes •
tout étonnées de n'être plus grecques, tandis que
M. JohnDavy, inspecteur-général des hôpitaux de l'ar-
mée, leur consacre un volume tou testier qui a paru ré-
cemment, et qui est intitulé i Sur les îles Ioniennes. J'ai
sous les yeux un manuscrit fort intéressant sur ces mô-
mes lies, rédigé en 18 13 par feu le comte de Lesseps, à
cette époque commissaire impérial aux Sept Iles , mort
en i83s, consul général de France à Tunis, Le manuscrit
de M. de Lesseps est sous la forme de rapport : c'est un
exposé de la situation des lies Ioniennes sous leurs dif-
férents aspects, fait par un administrateur habile qui a
eu à sa disposition les meilleurs renseignements, et
qui en outre a vu par lui-même.
ITALIE.
BOYAUME D£S DEUX-SICII.BS.
Le bureau topographique du royaume de Naples,
dirigé par l'habile colonel Visconti, continue ses im-
portants travaux.
Hydrographie.
Vous avez pu voir dans l'extrait d'une Note que
M. Visconti m*a adressée , et que j'ai publié dans votre
Bulletin du mois de mai dernier, quels ont été les tra-
vaux hydrographiques exécutés dans le royaume des
V 48o )
Deuz*Siciles avant la fin de Tannée 1 84 1 ; )e ne tous en
enlreliendrai donc pas. Depuis cette époque , \espl4uu
des ports et rades de Brindes et de Trapcuii ont été po-
bliés à l'échelle de 1/18000*; ur\Q carte topogmphique du
phare de Messine Vi été commencée à l'échelle de 1/1000
et se continue ; la partie topographique devait être ter-
minée celte année. Quant au sondage des côtes , toal
porte à croire qu'il ne restera plus rien àfaire en i843;
il en sera probablement de même de la gravure de la
première des trois grandes feuilles d'une carie fydnh
graphique de la Méditerranée à Vusage de la marine.
Parmi les cartes et plans publiés cette année par
l'amirauté anglaise , concernant l'Italie et les pays voi-
sins y je citerai :
La Carte de la mer Adriatique à l'échelle de 5 pouces
anglais (environ 76 millimètres) pour un degré de lati-
tude ; les plans des ports d^jéncôneeide Tnestek l'échelle
de 6 pouces anglais (i5s millimètres) pour i mille»
et celui de la rade de Corfou , à l'échelle de 3 ponces
pour un mille.
Le Dépôt hydrographique de Madrid a publié aussi,
en i84i» une carte de la partie méridionale de la mer
Adriatique.
Cartes géographiques et autres.
La grande carie militaire et topographique du
royaume des Deux-Siciles qu'on lève à l'échelle de
1/210000* pour la graver au quart, c'est-à-dire & 1/80000*
fait des progrès rapides sous la direction de H. Visconti.
En 1840, la triangulation du premier ordre fut portée
le long des Calabres, et de la côte septentrionale de h
Sicile jusqu'à Palerme et Sciacca. En i84i » la même
triangulation fut conduite sur le parallèle de Naples,
(48i )
dans le but de mesurer un arc du parallèle d'environ
4 degrés el demi , entre l'Ile de Ponza et Fazana dans
la terre de Bari, près TAdriatique. On se propose de
mesurer ensuite un autre arc de parallèle de 4 de-
grés entre Tlle de Maretimo, et le cap Spartivento
dans la Calabre» comme aussi un arc du méridien
d'environ 5 degrés, entre l'Ile de Tremili et le cap Pas-
saro en Sicile. Le colonel Visconti avait aussi le projet de
faire exécuter dans le cours de 1 842 une série d'observa-
tions pour déterminer de quelle quantité et dans quelle
direction la montagne de San Angelo, près de Caste-
lamare , élevée au-dessus du niveaa de la mer d'envi-
ron 3/4 de mille» attire le fil à plomb et le fait dévier
de la perpendiculaire. On a aussi observé que lo
sol volcanique des environs de Naples éprouve des
changements de niveau, à de longs intervalles de
temps. M. Visconti doit déterminer exactement avec
le cercle répétiteur la différence de niveau entre
différents points marqués d'une manière perma-
nente, et fixés h une petite élévation au-dessus de
la mer» le long de toute l'étendue de la côte d'Ischia
et de Procida, le long des golfes de Pozuoli et de Na-
ples, jusqu'à Amalphi et autour de Sorrento, et de la
pointe de la Campanella. Celte opération devra être
répétée tous les dix ans.
Vn atlas des Deux^Siciles , par M. Maizola, a été
terminé en 184 1.
ROTAVllB LOMBARDO-vilIlTlEN, ÉTATS SARDES, Ctc.
L'Institut géographique et militaire de Milan, auquel
on doit la belle carte des duchés de Parme ^ Plaisance
et Guastalla, en 8 feuilles, dessinée à Féchelle de
I '28800' et gravée à celle de 1/86000*, publiée sous la
(48.)
direction de feo le général Campana^ a faii paraître oœ
carte du royaume Lombardo^yénUien ^ en 4^ feuilles, à
la même échelle que la précédente. Après la publicalion
de cette dernière carte qui donne un tableau de reten-
due, de l'élévation et de la plus grande profondeur des
lacs du pays , ainsi que des variations qu*éproa?e habi-
tuellement leur niveau au-dessus et au-dessous de la
hauteur moyenne, l'empereur d'Autriche, sur la propo»
sition du général Campana» s'est déterminé à faire exé«
culer une Carte générale de fltalie entière , à l'échelle
de 3 lignes pour looo toises ou au i/sSSooo. Avec le
consentement des cours de Rome» de Florence et de
Lucques, une triangulation a été commencée au
mois de mai i84i» depuis le Pô, à travers TÉtat ro-
main, et amenée jusqu'à Rome. Cette triangulation,
qui est en ce moment terminée , a été raccordée par
les ingénieurs autrichiens avec les triangles observés
en Toscane et dans le duché de Lucques par le père
Inghirami. A son extrémité méridionale , elle se
rattache a celle du royaume des Deuz-Siciles par le
colonel Visconli, dont j'ai déjà parlé, et c'est à cette
occasion que cet officier a fait et se propose de
faire les opérations signalées plus haut. Ces di-
verses opérations formeront la base d'une Carte gé-
nérale de toute V Italie qui sera la continuation de celle
du royaume Lombarde- Vénitien, et se liera aussi à
celle des ^/a/^ de S, M. Sarde en terre Jerme, que le
corps royal d'état-major dresse et publie sous la direc-
tion de son chef, H. le général de Saluces. Cette der*
nière carte, qui doit avoir six grandes feuilles» est à
l'échelle de i/s5oooo% Elle est fort bien gravée, et
accompagnée d'un exposé en une brochure in-8«t
des opérations géodésiques fondamentales et des di-
( 483 )
▼ers procédés mis en usage pour sa confeelion. Noire
confrère 9 M. le colonel Gorabœuf, que la Commis-
sion centrale a chargé de lui rendre comple de cet ou-
vrage» annonce dans son rapport, dont la première
pi^rtie a été lue dans une des séances de votre commis-
sion cenlrale/qu'îl a trouvé une concordance très satis-
faisante en comparant ces opérations avec les travaux
géodésiques que les ingénieurs français ont exécutés
dans les mômes contrées pendant les années 1808»
1809 et i8i 1.
. Outre les cartes que je viens d'énumérer, on a pu-
blié, ou on achève de publier en Italie et sur Tltalie :
Une Carte topographique des environs de Milan » dont
Tauteur est M. Brenna, ingénieur géographe du
royaume Lombardo-Vénitien ; une Carte d'Italie et de
ses confins, d'Antonio Litta Biumi ; et enfin, les cartes
qui accompagnent la chorographie de l'Italie dont je
parlerai plus bas*
Voyages y ouvrages géographiques^ etc.
Je mentionnerai d*abord les Recherches sur la géo^
graphie et r histoire de raficienne Italie ^ d'un savant
allemand, M. Grotefend; la cinquième partie de cet
ouvrage qui traite » spécialement des noms des peuples
de Vancieime Italie^ a paru à Ilan&vre • en 1843^ et
forme un volume in^4^ ; je citerai ensuite trois ou-
vrages de statistique , savoir : la Statistique îles dijfè-
renis départements de l'ancien royaume d! Italie, ou-*
vrage posthume de Melchiore Gioja qui se publie
en ce moment à Milan ; la Statistique générale de la
ville et de la pfx>vince de Milan, et la Statistique mé-
dicalt de la même ville, du docteur Giuseppe Fer*
( 484 )
rario^ œuvre remarquable dont il n'a paru encore
qu'un volume, imprimé à Milan, et accompagné d*aa
grand nombre de tableaux statisliques ; le a* volome
élail sous presse au commencement de i84s. Cet oo-
vrage, dans lequel l'auteur compare tous les faits
semblables observés dans les autres pays , est rédigé
d'après des documents officiels analysés avec infi-
niment de sagacité. La Description des États Sardes^
de Bartolomeis, imprimée> à Turin» grand centre des
publications de l'Italie, peut être consultée avec Fruit;
lorsqu'elle sera terminée» ce sera le complément del'oa-
vrs^e du général de Saluées sur le même royaume. Un
écrivain anglais resié anonymea publié à Londres un vo-
lumeintilulé : V Italie septentrionale et V Italie méridiondty
accompagné de deux cartes. Les Souvenirs de Dojrage de
M. le baron d'HombresFirmas » décrits dans une lettre
de Naples,qui porte la date du 38 octobre 184 1» four-
nissent quelques in formations assez curieuses.. Ilsnoas
apprennent, par exemple, que l'on construit k San
Salvador, non loin du Vésuve, un observatoire , dont
aucune relation n'a parlé» qui sera pourvu d'instru-
ments de physique 9 d'un laboratoire de chimie, etc.,
et dans lequel une commission de savants» sous la di*
rection de M. Melloni, associé de l'Institut, ira s'établir
pendant les éruptions, pour étudier» sous tous les rap-
porta» le volcan» les laves etlesmodiGcations atmosphé-
riques. Je dois encore faire mention des Observations
géologiques sur les phénomènes et sur les formations vol-
caniques dans la basse Italie de M. Abich » dont le tome
premier a été imprimé à Brunswick en 1H41» in-8*,
avec un atlas in-folio, et des Souvenirs dUm voyage en
Allemagne t en France et en Italie^ par Norden, dont le
5* volume*» imprimé à Hambourg en 1841» est consacré
( 485 )
à l'ilalie. La Chorographie physique ^ historique et statis-
tique de V Italie et de ses iles^ grand ouvrage d*AUilio
Zuccagni-Orlandini , qui se publie à Florence » mérite
une mention spéciale. Commencée en i 835 , on a déjà
fait paraître» outre la principauté de Monaco» les États
sardes de terre-ferme » les duchés de Parme » Plaisance
etGuastalIa ; le duché de Lucques» les fractions terri^
toriales italiennes » incorporées dans la confédération
helvétique et dans Tempire d'Autriche » et enfin le
grand-duché de Toscane et les États de la maison
d'Est. L'atlas géographique et topographique qui ac-
compagne le texte , contient des plans et des vues
assez médiocrement gravés. Je citerai encore le Covp
dkœil sur la constitution des pros^inces méridionajes du
royaume de Naples » que M. de Tschitschagoff a pu*
blié à Berlin en 1 84 a» en un volume in-8o ; le Diction-
naire géographique , physique et historique de la Toscane ^
parRepetti» imprimé à Florence et mentionné avec
éloge par Adrien Balbi, et enfin , le Manuel du -voya-
geur en Italie de Forster » dont la a^ édition a paru à
Munich en i84i » en un volume in*8*.
SUISSE.
Cartes,
Les travaux de la Carte générale de la Suisse, qui doit
avoir s5 feuilles» et se grave à l'échelle de i/iooooo* se
poursuivent, dit<on» avec activité, toujours sous la di-
rection du colonel Dufour. Vers la fin de i84r» 5 feuilles
de cette carte étaient entre les mains des graveurs. Il
est à espérer que quelques unes de ces feuilles ont élé
publiées , et que le travail des autres a fait des progrès.
La seule carte du territoire de Genève est, & notre con-
(486)
naissance, loui-à-fait terminée à l'échelle de i/sSooo*
La Carte physique , adminùtrative ei routière de la
Suisse que vient de publier à Paris M. Th. Du?otenaj,
notre collègue » n'o£fre pas le caractère officiel de b
carte du colonel Dufour, mais elle a du mérite» et
sera par sa dimension d'un usage plus géoérah GrsTée
à l'échelle de i/45oooo*, elle a été dressée d'après les
meilleurs documents existants en ce moment sur la
Suisse.
f^oyages^ ouvrages géographiques ^ etc.
Depuis les Souvenirs d*un 'voyage en Suisse que
M. Krug de Nidda a Tait paraître à Querfurt en 1840 ,
Kapffa publié à StuUgard» en iS^s, son Foyage en
Suisse en un volume in-S**; M. de Fulda a donné la
même année à Leipzig un autre Voyage en Suisse
et dans V Italie septentrionale par la Hesse, le pays de
Bade et de fFurtemberg , et vous verrez mentionnés i
l'article consacré à l'Europe considérée d'une manière
générale, deux autres voyages, dont lesaoteors ont aussi
visité et décrit la patrie de Guillaume-TelL
ESPAGRB.
Le gouvernement espagnol donne , à ce qu'il parait ,
de faibles encouragcmenls aux travaux géographiques,
et le zèle des particuliers ne semble pas très actif , car
on ne voit pas qu'il ait été effectué un seul voyage dans
rintérèt de la science» et qu'on ait entrepris d'ou-
vrage un peu remarquable, à quelques travaux hydro-
graphiques près. Tout cela peut s'expliquer par l'état
politique de la péninsule. Voici au surplus ce que je
puis citer :
(48; )
Cartes hydrogtnplUques.
Quelques cartes hydrographiques des côtes d'Eu-
rope, d'Afrique, d'Amérique et de rOcéanie ont été
publiées en 1 84 1 et même en 1 84^ par le Dépôt hy-
drographique de Madrid. J'aurai l'honneur de vous
en entretenir en traitant l'hydrographie de ces diflfë-»
rentes parties du monde. Mais je crois devoir faire
observer d'avance» qu'& l'exception des cartes hydro-
graphiques des possessions espagnoles , les cartes pu-
bliées à Madrid ne sont guère que des copies de cartes
déjà anciennes ) et de cartes françaises et anglaises.
Le Dépôt hydrographique de Madrid» toujours dirigé
par mon savant ami Don Martin Fernandez deNavarelte»
a fait paraître , en 184 1 » nne carte des côtes de là pénin-
suie d^ Espagne, de France et d* Italie jusqû* au cap Venere
avec la côte correspondante d^ Afrique ; et une carte de
la côte d! Afrique depuis Tlemecen /usqu*à Bougie f com-
prenant la côte d! Espagne depuis Aguilas^ dans h
royaume de Murcie jusqu* a Dénia dans celui de Valence 9
avec des parties des îles de ïviza et Formentera » ne lar-
dera pas à être publiée par le même Dépôt. Un plan
de Santander est à la gravure au moment où j'écris »
ainsi qu'une carte des côtes septentrionales d^ Espagne.
Caries géographiques.
Une commission spéciale a été formée à Madrid pour
arriver à la construction d'une nouvelle carte géographi-
que d^ Espagne, avec les matériaux déjà recueillis, mais
dispersés dans les divers établissements du génie civil
et militaire, du Dépôt hydrographique et du départe-
ment des routes , canaux et ponts. Le principal objet
de cette carte doit être de mettre la division territoriale
( 488 )
des provinces en harmonie avec les dernières déterai-
nations des Cortès.
La carte de Galice , levée à l'échelle de i/iooooo* ptr
H. Domingo Fon tan» directeur de l'Observatoire royal
de Madrid » et qui est gravée par notre collègue
M. L. Bouffard , fait des progrès. Les feuilles à peu
près terminées en i84a sont celles de la Corogne et
Betanzas» Mondonedo, Garballino et Chantada» Logo,
Pontevedra » Orense 9 Monforte , Vigo et Tuy, Monte-
rey et le Ferrol , sur lesquelles il ne reste plus à graver
que les hauteurs au-dessus de la mer, d'à peu près
65o points.
Voyages , ouvrages géographiques , etc.
Je n'ai k vous citer que le Voyage botanique dans le
midi de V Espagne^ exécuté pendant l'année i835.
L'auteur est M. Edmond Boissier, membre de la SociéUi
de physique et d'histoire naturelle de Genève. Cet ou-
ft*age, destiné à faire connaître la flore de la province
de Grenade» province jusqu'ici la moins visitée» el
peut-être la plus intéressante de la péninsule, doit
former 9 volumes in*4^» divisés en sa livraisons; so
avaientdéjà paru aumois d'octobre dernier. Un ouvrage
que je crois devoir meutionner, quoiqu'il ne soit encore
qu'en projet, est la nouvelle édition avec des correc*
tiens et un supplément du Dictionnaire géographique y
statistique et historique de VEspagne et du Portugal^
publié de 1826 à 1829» par notre collègue don Sé-
bastien de Miôano, et dont j'ai déjà 'rendu compte
dans le Bulletin. Cette nouvelle édition sera publiée
par M. Pascal Madoz.
(489)
PORTUGAL.
Cartes,
L'année i84« n'a vu paraître aucane carte hydrogra-
phique des côtes de Portugal , et j'ai seulement à vous
signaler 9 et un peu vaguement encore, deux cartes
géographiques; l'une de la province dCAlgatve qui
vient d'être publiée à Lisbonne ; la seconde , qui s'a-
chève maintenant dans la même ville, donnera le cours
du Duero depuis la frontière espagnole jusqiCà la mer, à
l'échelle de 4 pouces anglais pour une lieue portugaise.
Elle doit être accompagnée d'une autre carte du district
des vignobles environnants^ dressée à la même échelle.
Voyages, ouvrages géographiques, etc.
Je ne connais aucun voyage , ni aucun autre ou-
vrage géographique qui ait été publié cette année sur
le Portugal. Il parait que dans ce pays on s'est attaché
depuis quelque temps, plutôt à reproduire d'anciens
ouvrages, et à mettre au jour les documents du moyen-
âge» restés ensevelis si longtemps dans la poussière
des archives, et qui font tant d'honneur au génie por-
tugais, qu'à en donner de nouveaux. C'est, au surplus,
en traitant de l'Asie et de l'Afrique, ainsi dans la sec-
tion des ouvrages géographiques généraux, qu'on trou-
vera l'annonce des dernières publications de l'Acadé-
mie des sciences de Lisbonne et des autres sociétés ou
des savants portugais.
EUROPE EN GÉNÉRAL.
Je me suis occupé jusqu'à ce moment des cartes et
des ouvrages géographiques consacrés à des contrées
XVIII. DÉGEMERB. 7. 3a
( 490 J
particulières. Je Tais vous entreteDir maintenant, avant
de passer aux autres parties du monde, de ce qiû
m*a paru mériter de vous être signalé » soit sur TEo-
rope prise en général , soit sur plusieurs de ses par-
ties qui auraient été représentées sur la même carte,
ou dont il aurait été parlé dans le même ouvrage.
Cartes,
On doit à notre collègue M. Desjardins , outre aw
Carte hydrographique^ des Cartes météorologique^ ùrogror
phique et muette de l'Europe 9 publiées en 1842 « et a
M. Ober-Mûller ^ une Carte ethnographique de l'Europe;
cette dernière est la i** feuille d'un atlas daDs lequel
l'auteur se propose de représenter sur des cartes à la
même échelle les diverses localités de l'Europe habi-
tées aujourd'hui par des peuples de même race, de
même origine , de même religion et parlant la même
langue , ou au moins des langues dérivées de la même
souche. Les différentes cartes énumérées ci-dessos
ont été publiées à Paris*
C'est à Kœnigsberg que M. Brauns a publié en
1841» en 16 feuilles, une Carte murale de l'Europe,
titre qui me semble assez bizarre , quoiqu'il soii
adopté ; et c'est à Berlin, en 1 8/|S, que M. Krûmmera
fait paraître la 3" édition d'une carte semblable,
en 4 feuilles. Enfin M. Mahlmann a donné, en i84i *
dans la même ôapitale une Carte générale de l'Europe.
Voyages , ouvrages géographiques , etc>
J'ai peu d'ouvrages remarquables à vous citer.
Je porterai d'abord votre attantion sur le Voyage a
Constantinople , par le Rhin et le Danuife , en 1 84o » et en
( 49> )
Portugal^ en Espagne ^ etc*^ en iSSg, effectué par un
haut personnage diplomatique, G.-W. Vane» marquis
de Londonderry. Je n'ai point lu cette relation an-
noncée par VEdinburgk Reçiew dans son numéro d'oc-
tobre dernier » et qui vient d'être publiée en Angle-
terre en deux volumes in-8<^; je ne pois donc ga-
rantir qu'elle ait fait faire de grands progrès à la
géographie^ malgré les documents dont le noble auteur
l'a accompagnée , et qui se composent de sa corres*
pondance avec le prince de Mettemich , lord Ponson-
by, lord Palmerston, etc. Je vous signalerai ensuite
l'ouvrage de M. John Barrow, intitulé : laLomhardie au-
trichienne^ le Tyroletla Bauière; tine brochure pleine
d'intérêt sur la Hongrie et la Valachie que Ton doit à
M. Thouvenel » jeune et spirituel diplomate qui a visité
en observateur judicieux les pays qu'il décrit; une
deuxième édition de la Suisse , la Savoie et le Piémont ,
publiée en Angleterre par un auteur anonyme, et un
Aperçu général de la structure géologique des Alpes ,
par M. Struder , avec des observations générales de
M. Desor.
Je vous dirai aussi que M. Pirlot d'Ath, notre col-
lègue, a fait paraître cette année à Bruxelles un Tableau
synoptique et comparatif de V Europe en 1841; que
M. d'Amim a publié la même année , à Berlin » le
second volume de ses Observations pendant ses ^voyages
en France et en Espagne au commencement de i84if
et je terminerai en vous annonçant que M. de Tscha-
bufchnigg a fait imprimer à Vienne en 1 84d , en un
volume în-8*, la Relation de ses voyages en Italie, en
Suisse et en Allemagne.
(49« )
ASIE.
Cartes hydrographiques.
Pendant que nos officiers de marine et ceux de nos
hydrographes qui naviguent avec eux dans les mers de
l'Asie explorent les côtes» sondent les écaeils, prennent
note des dangers et réunissent des matériaux j les hy-
drographes restés au dépôt de la marine étudient ces
matériaux et s'en servent pour rectifier les cartes déjà
anciennes, ou pour en dresser de nouvelles plus exactes.
M. Daussy a continué cette année à s'occuper du re«
nouvellement des cartes des mers de l'Inde; il a publié
un routier des mers Australes 9 comprises entre le méri-
dien du cap de Bonne'- Espérance et du port du Roi George^
et une Carte des côtes orientales de la Chine.
Les officiers de la marine anglaise et le bureau hy-
drographique de l'amirauté ont rendu de grands
services à la science dans cette partie du monde.
Les commanders Graves et Brook ont examiné avec
soin les côtes occidentales de TAsie^Mineure. Le pre-
mier de ces officiers s'occupe maintenant de rezjrfo-
ration des côtes de Crète et de Chypre ; lorsque ce
travail sera terminé , il lèvera celles de la Syrie et de la
Palestine, et si une occasion favorable se présente, il
déterminera chronométriqucment la longitude de Jé-
rusalem. D'autres officiers anglais ont exploré les côtes
de l'Inde, de la Chine et les mers qui les avoisinent»
et l'amirauté a mis en œuvre les matériaux qu'ils
lui ont fournis. On trouvera en note la liste des car-
tes hydrographiques des côtes de Chine récemment
publiées par ses soins (1).
(i) Cartes hydroqraphùjues des côtes de la Chine ^ pabliéet parFaBiv
rautë anglaise en i84i et 1842.
Feuille V de Kwesan au golfe de WhangO'Ho; publiée en 1840,
corr. en iS4a*
Échelle, 1 millimètre pour 1 mille.
(493 )
M. John Walker^ géographe de la Compagnie des
Indes orientales, vient de publier de son côté plusieurs
cartes hydrographiques de la Chine :
I* Carte des passages pour aller par testa la Chine*
Feuille Vil. mer Jaune et golfe de Peehi^Li publiée eu
i84o9Corr. en 1843.
Échelle , a>B,65 pour 1 mille.
-^ Route de Fambassade anglaise le long de la rivière Yang-
Tie-Kiang^ par le capitaine lord Golchester, lev. en
1816, publ. en 1841*
Échelle 9>, 7 pour i mille.
— Port d*Amoy , par le commander GoUioson et W. Mate,
levé en i84i 9 publié en 1842.
^- Plan du canal deLowand^ dans les îles Chusan , par Dru-
ry, levé en 1 84o , publié en 1 84 1 •
Échelle 9 ii^^^S pour i mille.
— Plan du canal de Too^To-Shany dans les îles Chusan ,
par le lieutenant CoUinaon, i84t *
Échelle , 1 a",5 pour i mille.
— Plan des canaux de Kintang et Black-Wall , dans les îles
Chusan , par J. Pascae , x 84 1 •
— Plan de ienlrée du Vang-Tse^Kiang ^ par le capitaine
Béthane, i84i-
Échelle 9 6% a pour i mille.
-— Plan du port de Ting-Hae^ dans les îles de Chusan , par le
lieutenant CoUinson , 1 84i •
— Esquisse du ilétroit et des îles de Miatao , qui se trou-
vent à rentrée du golfe de Pécbeli, par Vf. Dillon,
levé en 1840 9 publié en i84i-
Échelle , 1 i^^i pour i mille.
— Esquisse de rentrée de la rivière Peiho et des bancs de Sha^
Lui-Tien^ par Norsworthy, master^ levé en i84o, pu-
blié en i84i»
Échelle f 9%6 pour 1 mille.
— Esquisse de la baie de Hu'lM-Shan ou Ross , par Sead ,
master^ levé en 1840 9 publié en 1841*
Échelle , i a"*,6 pour 1 mille.
( 494 )
Les feuilles 4 et 5 comprenant la c6t€ sepienlrionale
de l'Australie , et tous les passages entre les lies Sa*
lomon, le détroit de Torres , etc., sont ienninées;
2* Carte de la partie méridionale de la mer de CAime ,
avec les détroits de Singapore, Duriam, Banca» Sanda,
Gaspard , Carimata , etc.
Le même géographe annonce comme devant bientôt
paraître une carte des côtes orientales de la Chine, depuis
Macajo jusque auYang^Tse-'Kiang et aux îles Chusan^ en
deux grandes feuilles, accompagnée de plans séparés
des ports ouverts au commerce anglais d'après le der-
nier traité avec les Chinois, ainsi que du tracé de la na-
vigation intérieure entre Nankin et Chusan. On lui doit
aussi :
i"" Une Carte de Vocéan Indien» s'étendant da cap de
Bonne-Espérance à Calcutta , et comprenant la mer
Rouge et le golfe Persique. Cette carte , dressée d'après
les levés des officiers de la Compagnie des Indes orien-
tales et de la marine royale , est en deux feuilles.
s* Une Carie générale de la rivière Hoof^hif et de ses
entrées» depuis Palse^Point jusqtCà Calcutta^ d'après
les levés faits en i84i par le capitaine Lloyd et
par d'autres officiers. Je n'ai point la certitude qae
cette dernière soit la même que la Carte des bancs et
canaux formant Ventrée de la rivière Hooghfyp que le ca-
pitaine Lloyd a fait paraître à Calcutta, en i84si d'a-
près les levés faits par lui l'année précédente , en une
feuille , à l'échelle de 6 millimètres, 5 pour i mille.
CARTBS GioGRAPHlQUBS BT AUTRBS.
Turquie dAsie^ Perse.
Le voyage scientifique que M. le comte Jaubert vient
d'exécuter en Orient a déterminé M. le colonel Lapie
(495)
à dresser et à publier une Carte île la Turquie d* Asie et
de la Perse en 4 petites feuilles, à l'échelle de i/36ooooo.
Cette carte, qui contient les principaux itinéraires
des voyageurs botanistes qui ont visité l'Orient depuis
le zvi« siècle jusqu'à nos jours, est extraite d'un grand
travail dont M. Lapie s'occupe depuis longues années,
et pour lequel il a recueilli de nombreux matériaux;
il se propose de le publier à l'échelle de i/ 1200000.
Palestine^ Arabie^ Asie-Mineure,
Je ne ferai que mentionner ici la belle carte de la Syrie
méridionale de M. le commandant Gallier, parce qu'il
en a été rendu compte à l'avance dans le précédent
rapport, et je ne consacrerai également que quelques
lignes à deux autres cartes qui ont paru celte année à
Berlin » savoir :
Carte delà Palestine ^ tracée par M. Kiepert, princi-
palement d'après les recherches de H. Robinson^
en une feuille , et Carte historique de la Palestine et
de r Arabie pétrée que M. Mayr a publiée également
en une feuille. On grave en ce moment dans la même
capitale une Carte de la Phr/gie, de la Dycaonie , de la
Cafadoce et de la Cilicie , levée en i85S et iSSg par
les ^flEiciers prussiens au service de la Porte.
Inde et pays voisins.
Je ne bornerai à citer la Carte tle l'Afghanis^
tan, du Penjab, du Rajapoutana et de V Indus n dres-
sée par I. Wyld , géographe de la reine d'Angleterre.
La Carte ie F Afghanistan et des pays voisins, dressée
d'après leaderniers levés de ces contrées qu'on doit aux
officiers attachés à l'armée anglaise dans l'Inde , et qui
( 496 )
a été publiée en une feuille aous les auspices de U coor
des directeurs de la Compagnie des Indes orientales ,
et enfin la nouvelle carte de VAfghoidstan , du Ko-
hd, etc., qu'on doit à M. Qmmermann. Cette dernière
donne la position de tous les corps d'armée» et est ac-
compagnée d'un folome en allemand» petit in-4* mince,
mais qu'on dit très instructif. Dans VAdcu de VAsie oc-
cidentale du même géographe, dressé à l'échelle de
i/ssooooo» dont la 3« livraison a paru à Berlin en i^%,
on remarque une carte du Khorasan, tracée d'après la
géographie de Ritter. Ce dernier a accompagné le sep-
tième volume de son ouvrage sur l'Asie d'une carte
particulière où sont indiquées les principales chaînes
de cette partie do monde , savoir :
La chaîne de Ruenlen et autres grandes chaînes cen-
trales qui courent O.-E.
Les chaînes au nord du Ruenlen et des précèdes-
tes; elles se dirigent du S. -S. -EL au N.-N.-O.
Quelques petites chaînes à l'ouest de l'Indus qui cou-
rent N« -S.
Les chaînes à l'est de T Indus et d'flétra, direction
N.-O.» S.-E. Six profils sont joints à cette carte.
C'est peut-être ici que je dois citer un Mimoiresur
les sources du Tigre , et sur les progrès des sciaices
cartographiques de VAsie^Mineure que le célèbre gëigra-
phe prussien a lu le 4 juin i84s à l'Académii des
sciences de Berlin.
Notre collègue , M. Tassin , vous a fait himmage
d'une nombreuse collection de car^e^ <fe Flnoe^ dres-
sées par lui 9 et litfaographiées à Calcutta. Ules don-
nent sur les possessions anglaises de l'Cndoustan
et sur les pays voisins un ensemble de (Stails pré-
( 497 )
cieuz.. On en trouYera l'énumération en note ( i ).
La Compagnie des Indes orientales continue la pu-
blication de son Atlas de rinde; au commencement de
i84s, len^ 107 était dans les mains du graveur, et les
levés étaient complétés pour le n* 7g. La feuille qui
contient le port de Merguy a aussi élé publiée ; celtes
qui donnent la partie maritime des Sunderbunds ,
Temboucbure de la rivière de Cbittagong , ainsi que la
côte depuis la pointe Palmiras jusqu'à l'Hoogly sont à
la gravure , et paraîtront incessamment
Le levé de la côte occidentale de Cbeduba et des tles
et bas-fonds situés au midi de cette Ile a été complété
parle capitaine Halstead; celui du golfe de Manaar »
dont s'occupe H. Franklin, est avancé.
Le levé du Cachemire , avec ses passes , du Ladak
et du petit Tibet , ainsi que le cours de Tlndas dans les
montagnes où il prend sa source et la reconnaissance
des Alpes du Punjah^ dont s'occupe H. Vigne, doivent
être terminés en ce moment.
Outre la Carte de V Afghanistan et des contrées voisi-
nes dont )'ai fait mention plus haut, M. Allen, libraire
de la Compagnie des Indes orientales, annonce dans
}e dernier numéro de V Asiatic journal ^ les cartes sui-
Tantes comme étant complètement terminées.
(i) Cartes de l'Inde publiées à Calcutta par M. J.-B. Tassin , en
3i feuilles.
I* Carte des diverses routes entre f Europe et F Inde j comprenaut
PAsie septentrionale et occidentale avec l'Asie-Mineare et l*Égypte.
Calcutta , 1 834 ) 4 f<euilles.
3* Carte des frontières nonUouest de finde Britannique^ compre-
nant les États protégé des Sikh, ainsi que le Lahore, le Cachemire, le
Caboul, le Hérat, le Candahar, le Shikarpore et le Bhawalpore ,
laSiod et le Rajpoutana, le fleuve Indus et une partie du Belouchis-
tan. Calcutta, t83S, 4 feuilles.
(49» )
1" Carte de CInde , avec un ladex » sous le formai
in- 1 9, contenant les noms et les positions géograplû-
ques de tous les lieux placés sur ladite carte;
3** Carte routière de l'Inde avec des tables des disUfi-
ces entre les principales villes et les stations militaires,
en une feuille ;
3^ Carte des routes par terre entre V Angleterre et finit
avec les autres lignes de communication, en uoe
feuille ;
4^ Carte des provinces occidentales de rHindoostoMt
duPenJaub, du Kaboul ^ du Scinde, etc., comprenant tous
les États entre le Candahar et AUahabad • en^feuilles;
On doit enfin à H. John Walker , géographe de la
Compagnie des Indes orientales déjà cité, une Carte def
contrées situées sur la frontière nord^ouest de Vlnde^ qui
vient d'être publiée (i).
Chine.
On est redevable à M. Allen , que )'ai cité plus haut.
3° Carte du haut Àssam , comprenant les districts de Jourhat, Loc-
kimpore et Sudiya , indiquant les différents lieux où l'on cuiûff •'
Ûïéy d'après Brnce, et aussi les routes qu'on se propose doatnr
de Sudiya au Bouri-Dihing. Calcutta , iSSg, 3 feuilles.
4** Carte de VAiie orientale^ comprenant la CKioe , des parties di
Thibet et de la Mongolie, le Boutan , FAssam , le Burma et le Bcog»
oriental; avec TAnam, le Gambodia, le Siam, le Laos , la Pénmw*
malaise et Tarcfaipel Indien. Calcutta, iS4o, 3 feaillca.
S*" Carte de F Inde ( en indostàni ). Calcutta , 6 feuilles.
6* Carte des provinces du Bengale et Baharyavec Btn^resttl»^
ritoires adjacents^ montrant les divisions de districts et le* st»»**"*
civiles, militaires et de police, ainsi que les principau» po»"
Ton cultive l'indigo, la canne à socre. et où Ion élève les vris >
soie. Calcutta , i a feuilles.
(i) Quoique toutes mes citations soient faites sur de boona »«'
tontes, comme il ne m'a pas été toujours possible d'avoir sous
yeux les cartes que j'ai mentionnées, il est à craindre qn'il ne s*
(;li8sé de doubles emplois; je dois en prévenir.
( 499 )
une Carte de la Chute, en une grande feuille dressée
d'après les informations les plus authentiques, et qui
a paru cette année ; et M. Roost avait aussi publié à
Munich» en 1841» en une feuille» une Carte de la Chine
h Téchelle de i/65ooooo.
Japon.
M. de Siebold vient enGn de faire paraître en Hol-
lande (1849) plusieurs cartes nouvelles du Japon et
quelques plans; ce sont:
1 * La Carte de V empire du Japon^en une feuille grand-
aigle» dressée en i84o, d'après la carte originale com-
muniquée à M. de Siebold parles astronomes de la cour
de Jedo» et assujettie aux observations de l'amiral
russe de Rrusenstem. Les cinq villes impériales Miy ako »
Jedo , Obosaka , Sakai et Nagasaki , ainsi que les capi-
tales des 66 provines de l'empire sont placées sur cette
carte d'après leur latitude et leur longitude observées
par les astronomes japonais.
9* Le Plan delà baie de Nagasaki , dressé en i8a8»
est le résultat des trayanx de M. de Siebold pendant
plusieurs années. On trouve sur les marges une vue
coloriée du port de ce nom, et la coupe de la factore-
rie hollandaise placée dans la petite lie ou tlot de
Dezima.
S* Le Plan du détroit Fan-der-Capellen, que les Japo-
nais appellent Sunffo^Nada » et qui se trouve entre les
tles de Nippon et de Kiusiu, a été levé par les astrono-
mes du pays ; M. de Siebold en a vérifié l'exactitude
par une centaine d'observations faites è l'aide de la
boussole et d'instruments à réflexion.
4^ La Caiie de la presqu'île de Corée y dressée en 1 84o^
( 5oo )
est une copie de la meilleure carte que les Japonais
possèdent de ce pays. Elle est assujétie aux points de
la côte déterminés par les derniers foyagears.
Pendant les années 1808 à i8si6 . des cartes vpé-
ciales de tout l'empire ont été levées par les ordres
du gouvernement japonais à une échelle double de
celle que M. de Siebold a employée pour le plan
du détroit Van-der-Kapellen. Ces cartes et ces plans «
revus et approuvés par M. de Rrusenstem avant d*ètre
gravés sur pierre, font partie de l'atlas hydrographi-
que et géographique que prépare M. de Siebold.
Oural , etc.
De quelque importance que soient les travaux dont
je viens de faire mention , ce sont surtout ceux que le
gouvernement russe et l'Académie des sciences de
Saint-Pétersbourg ont fait exécuter» particulièrement
sur l'Asie centrale et sur la chaîne de TOural» et dans
lesquels il est honorable pour nous de voir figurer des
noms français» dont je dois vousentretenir avec quel-
ques détails. Vous ne pouvez avoir oublié qu'au mois
d'août dernier un officier russe» M. de Khanikoff» mit
sous vos yeux des cartes manuscrites de diverses contrées
de l'Asie centrale dans lesquelles il a résidé plusieurs
années » et entre autres une grande carte topographique
de la chaîne de t Oural » fondée sur des observations as-
tronomiques » et sur un grand nombre de levés spé-
ciaux. M. do Kbanikoff vous annonça que ces cartes, ré-
sulta tsd'un travail auquel ilavaitcoopéré,devaientservir
de base à deux ouvrages qu'il prépare, Vun consacré
à la géographie détaillée des pays situés etiU^ le Folge ,
r Oural ^ l'Oufa et le Tobol; et le second à la des-
(Soi )
cription de toutes les contrées entre V Oural ^ le Tobol,
VIrtisch , les sources de VEnissey^ la Chine proprement
dite, le Thibet, V Afghanistan ^ et la route de Mechid à
Tabretz. Quelques mois avant cette communication ,
sur laquelle je reviendrai , M. Murcbison » vice-
président de la Société géologique de Londres, sou-
mettait à la Société géographique de cette capitale
deux cartes des montagnes de VOural^ également manus-
crites. L'une d'elles représente les explorations le
long du flanc oriental de la chaîne, depuis le 60*
jusqu'au 65* de latitude septentrionale, faites pendant
deux étés consécutifs par le capitaine Strajefsky , de
l'école impériale des mines* maintenant résidant
à Bogoslafsk; l'autre contient la description de l'Ou-
ral méridional, qui diffère sous beaucoup de rap-
ports de l'Oural septentrional ; c'est la réduction
de plusieurs levés soigneusement faits sous la di»
rection du général Perofsky, et sous l'inspection du
général Rokasofsky. Aussi exacte dans les détails phy-
siques que remarquable par la délicatesse du tracé,
cette carte, dit H. Murcbison, ajoute matérielle-
mentaux connaissances que nous possédions déjà sur
le Sud-Oural, et corrige beaucoup d'erreurs relative-
ment à la direction de quelques branches de la chaîne
immédiatement au nord et au nord-est d'Orenbourg.
Endéfinitive , il semble incontestable que nous ne pos-
sédons pas encore une bonne carte gravée des monts Ou-
rals,malgré les travaux qui ont été faits jusqu'à ce jour.et
que je vais résumer, en puisant mes informations dans
ja notice que M. de Rhanikoff a bien voulu, sur ma de-
mande, rédiger pour la Société. Les voyages de Meyen-
dorff et d*Ëversman à Boukhara, la description des
steppes kirghises de Levschin, etc., avaient ouvert,
( 503 )
dans les commencemenls de ce stèclb, ooê ère
nouvelle à la géographie de TAsie centrale et desmoDis
Ourals. Plus récemment Helmersen» HotfmaDB,(l«
Humboldt , et quelques autres savants voyageon
ajoutèrent de nouveaux et précieux renseignements i
ceux qu'on possédait déjà sur l'Oural méridional;
Eichwald éclaircit plusieurs questions concernant
la mer Caspienne ; Gebel donna une description dé-
taillée des steppes entre TOurai et le Volga , et l'iA
dut à Nessedief des informations d'un haut intérêt
sur les habitants de ces contrées. Néanmoins, de
grands vides restaient à combler, et il fallait concilier
de nombreuses contradictions. Plusieurs savants et
voyageurs russes entreprirent cette tâche difficile de
i833 à 1643. MM. Federoff» Lem et Vasiliew ao;
•
mentèrent le nombre des points astronomiques qui
devaient servir de base au travail des levés topographi-
ques , et le littoral oriental de la mer Caspienne fut
étudié en i835 et en i856. Le nivellement opéré
entre cette mer et la mer Noire servit de base à l'esti-
mation de la hauteur absolue des steppes kirghises et
de l'Oural méridional : car c'est des bords de la mer
Caspienne que le nivellement a été conduit en 181S
jusqu'à la mer d'Aral , et trois ans plus tard à Oreo-
bourg» auquel se rapportent pour la plupart les
observations barométriques faites dans l'Oural mé-
ridional. La météorologie du pays fut étudiée arec
soin ; la géognosie , la zoologie et la botanique oc-
cupèrent M. Eversman , et M. de RhanikofT fit de
l'ethnographie et de la topographie des diflirentes
peuplades soumises dans ces contrées A la Russie , et
au milieu desquelles il avait passé cinq ans, l'objet de
ses plus sérieuses études. Ce qui avait paru de mieo^
( &o3 )
surTOural était dû» suivant M. Murchison^èM. le baron
Alexandre de Humboldt, à M. Ermann et à quelques
autres savants prussiens, et sans le secours des docu-
ments , fruit de leurs travaux , le docte Anglais et ses
amis n'auraient pu dans leurs dernières explorations
de l'Oural , auxquelles H. de Khanikoff fait allu-
sion, débrouiller la structure de la chaîne. Plusieurs
cartes détaillées des districts des mines furent dres-
sées par ordre du gouvernement russe, et surtout
la Carte générale de toute la chaîne de montagnes de»
puis la mer du Nord jusqu^au lac d'jéral, ouvrage
récent de M. Helmersen , et qui a le plus étendu nos
connaissances sur cette chaîne. Quoique M. Murchison
eût traversé déjà plusieurs fois le pays dans différentes
directions , la première inspection de la carte manu*
scrite de l'Oural méridional, mise par lui sous les yeux
de la Société royale de Londres » le détermina à exa^
miner de nouveau toute la chaîne de ces montagnes;
et cet examen le mit en état de faire une carte générale
avec le secours du comte Keyserling et de M. de Ver-
neuil» et de donner à la Société.de géographie de Lon-
dres une idée assez nette des différences qui existent
entre le Sud-Oural et le Nord-Oural. Ayant néanmoins
la conviction que les observations un peu précipitées
qu'il avait faites avec ses compagnons ne suffiraient
point pour le mettre en état d'exposer convenablement
les mérites de la belle carte qui lui avait été donnée »
M. Murchison crut devoir engager M. de Khanikoff, se-
crétaire du général Perofsky , dont je vous ai déjà entre*
tenus , et qui joint à une haute instruction l'avantage
d'avoir soigneusement étudié cette portion de lachalne,
à rédiger à loisir une description du Sud -Oural pour
senir d'explication à la carte.
( 5o4 )
M. de Khanikoff vous a informés lui-même, mes-
sieurs» que ee travail, qui lui avait été demandé, élail
terminé depuis quelque temps» et avait été remis à h
Société géologique de Londres • qui se proposait k
le faire imprimer incessamment.
VOYAGES y OUVBAGES GiOGBÂPHIQUBS^ ETC.
Asie centrale , Monts Ourals , etc.
Il est vivement à regretter que nous ne possédions
pas encore l'ouvrage de H. lebaronde Humboldt, eoce
moment sous presse , et qui doit par conséquent pa-
raître très incessamment à Paris , enli volumes io-S*.
avec une carte , sous le titre » à* Asie centrale ou /2^
cherches sur les chaînes de montagnes et la climatologie
comparée. Il serait superflu de dire qu'il fera bien con-
naître tous les travaux exécutés dans l'Asie centrale,
et qu'il apportera de nouvelles lumières sur la question
de l'Oural.
J'ai parlé de la carte de M. Helmersen » et j'ai rap-
porté les éloges que lui donne M. Murchison ; je dois
ajouter que la deuxième partie de la Relation historyp^
du voyage dans POuralet dans les steppes des Kirghiseswi
savant russe, renfermant les résultats scientifiques, était
sous presse à Saint-Pétersbourg au mois de décem-
bre 184 !• C'est ici le lieu de vous parler des Voyage
aux montagnes de V Oural et de V Altaï et à la mer Cùs-
piennCf faits par MM. de Humboldt, Ehrenberg etRos^;
dont le tome II , qui comprend le Foyage dans In par-
tie méridionale de V Oural et à la mer Caspienne a paro
à Berlin en 184 a » avec 4 planches, 9 cartes etplo'
sieurs vues.
On ne me saura sans doute pas mauvais gré de (âter
( 5oS )
aussi des Observations météorologiques Jaites à Ni/né-
Taguilsk {mont Oural) goinfemement de Perm^dii !•' oc-
tobre i83g au 3i décembre i 84o, publiées à Paris en
1849» en un volume in-8*.
Géorgie 1 Pajrs autour du Caucase , Arménie ,
jisie^Mineure t Perse.
Le I*' volume in-4* de la Description géographique
de la Géorgie t du tsarévitch Wakboucht, traduite du
géorgien en français, d'après Toriginal autographe,
par M. Brosset, membre de TAcadémie des scien*
ces de Saint-Pétersbourg, a paru dans cette ville
vers la Gn de i84i; il renferme de nombreuses cartes,
et tout porte à croire que la publication des volumes
qui devaient suivre est aujourd'hui terminée. Un ou-
vrage d'un grand mérite, où il est aussi question de la
Géorgie en même temps que d'autres contrées de
l'Asie, doit être mentionné, quoiqu'il remonte déjà
à plusieurs années : c'est le Voyage autour du Cau-
case chez les Tcherkesses et les Abkases^ en Colchide ,
en Géorgie , en Arménie et en Crimée , de M. Frédéric
Dubois de Monlpéreux , auquel la Société de géogra-
phie a accordé le prix annuel de 1 838. Sur les six vo-
lumes dont celte relation doit se composer , cinq ont
déjà paru à Paris ^ avec une partie de l'atlas, qui doit
être à la fois géographique, pittoresque, archéologi-
que , géologique , etc. ; suivant toutes les probabili-
tés, le sixième volume ne tardera pas à paraître.
M. Koch a aussi publié àStuttgard, en 1842, la re-
lation de son Voyage dans les pays du Caucase. L'au-
teur se propose d'entreprendre prochainement une
autre excursion dans les mêmes contrées.
XVIII. DÉCEMBRE. 8. 33
( 5o6 )
Par ses Recherches sur CAsie-Mineure, le Pont et V Ar-
ménie^ M. W. J. Hamil ton , secrétaire de la Société de
géologie de Londres » a rendu d'immenses services à la
géographie et à la géologie de l'une des portions les
plus intéressantes du monde habité , dont il fait bien
connaître également les antiquités. Son ouvrage a paru
à Londres^ en 1849» en deux volumes in-8*, accompa-
gnés d'une Carte de P Asie^Mineure ^ dressée par J.
Arrowsmith, d'après des documents originaux en
grande partie fournis par M. Hamilton lui- même.
La Société ayant déjà entendu citer plusieurs fois h
Description de l'Asie - Mineure que notre collègue
M. Charles Texier publie sous les auspices du ministre
de l'instruction publique » )e crois devoir me bornera
annoncer qu'il en a déjà paru S2 livraisonst dont 4 en
i84s» en faisant remarquer qu'elles se composent
uniquement de planches , à l'avertissement et à rin-
troduction près. C'est une observation qu'on peut faire
à l'égard de beaucoup d'autres publications par livrai-
sons» et appliquoren particulier au splendide ouvrage de
M* le comte Léon deLaborde sur rAsie-Mineure, com*
mencé en 1837» dont on possède de nombreux et très
beaux dessins, mais deux pages seulement du com-
mencement de l'introduction (i). Une partie des pays
explorés par MM. Texier et de Laborde l'ont étéégal^
ment par M» Coste , architecte connu par un bel oo-
vrage sur les monuments arabes du Caire ., et par
M. Flandin , jeune peintre fort spirituel. Mais c'est sar-
(1) L*ouTrage de M. Léon de Laborde a pour tiu« : Foyaget»
Orient^ et se divise en deux parties : 1* Voyage de VAne^Minentty
et a* Foyage de la Syrie i le premier seni est commencé, ainsi que je
l'ai dit. L'onvrage entier doit se composer de 400 tims liistorii|aef*<^
TAsie-Mineure et de la Syrie.
( 5o7 )
tout la Perse que ces deux voyageurs se sont attachés à
décrire en artistes et en archéologues; Adjoints» sur la
proposition de l'Académie des beaux-arts , à l'ambas-
sade française envoyée à Téhéran vers la fin de i SSg ,
MM. Coste et Flandin sont de retour de leur voyage •
pendant lequel ils ont fait une ample récolte. Il n'entre
point dans le cadre que j'ai dû me tracer de vous entre-
tenir des travauxartistiques des deux voyageurs, dont le
savant secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-
arts a rendu un compte avantageux à cette compagnie
dans son rapport du mois de septembre dernier. Je dois
me borner à dire qu'en explorantsousle rapport de l'art
les localités de Téhéran • Ispahan« Hamadan, Rirmans-
chah, Rengavar» Bisutun , Serpoul-Zohab , Hader-i-Su-
leiman, présumé le site de l'ancienne Pasagardje, Ista-
kar, l'ancienne Persépolis» Tschel-Hinar, siège du palais
des rois Achementdes» avec les localités voisines de
Nachshi-Radjab et de Nachshi*Roustan, Chiraz-Sha*
pour, Firouzabad , Fessa » Darabgerd et Selphistan , ils
ont rendu service à la géographie proprement dite.
Ils lui ont été surtout utiles en rapportant plusieurs
itinéraires, parmi lesquels je citerai ceux d'Ama-
ret à Ringevar , par Ouradgir et Nahavand ; de Ta-
briz à Baghdad par Ouroumiah-Saouboulad , Sche-
her, Banah, Suleimanih et Rifri; et de Djezireh h
Diarbekir par la rive droite du Tigre. Si la province
persane de Choster, partie de l'ancienne Sogdiane,
est restée seule en dehors de leurs explorations,
parce que des difficultés plus fortes que leur volonté ,
jointes au manque absolu de ressources» les ont empê-
chés à deux reprises de pénétrer dans cette province ,
jusqu'ici presque absolument inaccessible aux voya-
geurs européens» ils ont du moins visité les ruines de Ba-
( 5o8 )
byloDe et deClésiphon. Us onlpo examiner aussi celles
de Ninive, situées près de Hossoul ; et ce qai est on atan-
tage inappréciable pour le but qu'ils se proposaient,
il leur a été loisible de séjourner dans celles de ces
localités qui comportaient un travail considérable, tool
le temps qu'exigeait la pleine et entière exécution de ce
travail. Espérons que M. le ministre des affaires étraiH
gères , qui avait invité les deux Académies des beaox-
arts et des inscriptions à lui faire connaître leuratis
sur le mérite des travaux de MM. Coste et Flandio,
adoptera l'opinion émise en faveur de ces travaux dont
te rapporteur recommande la prompte publication qu'il
considère comme devant être l'une des plus utiles à la
science et des plus honorables pour le pays.
Vous n'apprendrez pas sans intérêt que H. Kieperi.
dont j'ai déjà eu l'honneur devons entretenir, explore
en ce moment , acompagné des naturalistes Law el
Berends, et de M. Schœnbom, archéologue et philo-
logue , les districts les moins connus de la partie suo-
ouest de l'Asie-Mineure , et qu'on a l'espoir de wir
bientôt paraître la relation du voyage que H. Edmond
Boissier. savant Genevois, a fait depuis peu en Oricnl,
et particulièrement dans l'Asie-Mineure.
Avant d'examiner quels sont les travaux géographi-
ques qui ont été effectués sur l'Inde et sur les pays voi-
sins, )e ne dois pas oublier d'annoncer la publicatioo
des Relations de voyage en Orient^ de i85oà i858, ^
M. Aucher-Eloy , voyageur intrépide et plein de lile
pour la science , qui , après avoir parcouru pendant
huit années la Turquie , la Grèce , la Syrie , TEgyple.
l'Arabie et la Perse » est venu mourir à Djalfo, ouDjulfc
près d'Ispahan (i). Ses relations, revues et annotfei
(i) Suivant le Journal de la Ubrairie, i84a , page 668, P»***'
( 5o9 )
par M. le comte JauberU el accompagnées d'une carie
géographique , sur laquelle sont tracés tous les itiné-
raires suivis par le voyageur, forment comme un ap-
pendice aux Illustrationes P/antaru/n orientalium » ou
choix de plantes nouvelles ou peu connues de TAsie
occidentale que M. le comte Jaubert publie en ce
moment. J'aurai encore à vous signaler une Notice
géographique et historique sur les contrée t situées sur
les bords de HEuphmte^ parle colonel Ghesncy, qui
a commandé l'expédition chargée en ]836 de s'assu-
rer de la possibilité de naviguer sur ce fleuve. Elle est
maintenant sous presse à Londres, et contiendra i4S
vues et i3 cartes, représentant le cours de l'Euphrate
et du Tigre» et les pays traversés par ces fleuves. Depuis
l'expédition du colonel Ghesney, la compagnie des Indes
orientales fait continuer les explorations si bien com-
mencées par cet habile officier, et elle a mis à cet effet
quatre bateaux à vapeur sous les ordres du capitaine
Lynch, auquel on doit une belle Carte du cours du Tigre ^
depuis Ctésiphonjusqu*à Moussoul^
STBIB, PALESTINE, ARABIE, ETC.
Je ne dois pas passer sous silence le Voyage depuis
les sources du Jourdain jusqu'à la mer Rouge, que M. Jules
de Bertou vient de faire paraître à Paris, et qui n'est ,
je crois, que la reproduction, avec quelque^ dévelop-
pements, des mémoires qu'il a insérés dans notre Bul*
letin ; et je mentionnerai aussi l'extrait d'une lettre de
H. Alderson, adressée à la Société royale de Londres,
renfermant une Notice intéressante sur l'opération trigo-
Martin-Reini Aucher, né à BloU,le a octobre 1793, est mort le 6
octobre i836 au couvent de Djal/a, à Ispahan.
( 5io )
nométriquefaite, à la fin de novembre i84i* parlebeu-
lenantSy monda, de la marine royale britannique^poor
déterminer la dépression si souvent contestée « da ni-
veau de la mer Morte relativement au niyeau de
la Méditerranée. Notre compatriote et collègue, M. de
Bertou , a eu la gloire de reconnaître le premier , par
des mesures barométriques , la dépression énorme da
sol de la vallée du Jourdain. Ses calculs , i peu près
conformes à ceux de MM. Moore , Beek et RussiDger,
ont été confirmés par les récentes opérations du liea-
tenant Symonds. Si , quant an niveau de la mer Morte
au-dessous des eaux de la Méditerranée, les évaluation!
de M. de Bertou (4i9"'»8) se rapprochent des résallats
obtenus par M. Symonds (i ,200 piedsanglais ou 4o9*)i
il n'en est pas de même du lac de Tibériade , qoe le
premier fixe & 95o",3 » et le second à SaS pieds an-
glais ou 100", au-dessous du même niveau, différence
énorme dont il est difficile de se rendre compte.
Pendant son voyage à Petra , M. le baron de Kolier
a décrit une route par terre du mont Sinaî à At<^
bah ; et ,1e dernier numéro du Journal de la Société
géographique de Londres a publié un extrait de cet
itinéraire, adressé à la Société par l'auteur, avec une
carte et une esquisse topographîque détaillée des en-
virons du mont Sina! , que Téditeur n*a pas cru deroir
reproduire. La notice de M. le baron de Kolier est
un supplément aux informations sur la péninsole
de Sinal contenues dans l'itinéraire de Rûppell de
Suez à Akabahy aux voyages du comte Léon de U-
borde, et au récit de M. Robinson, inséré dans
le même journal de la Société géographique de Loo^
dres. Le tome m de la traduction allemande de b
Palestine et des pays voisins^ de ce dernier voyageur 1
( 5'i )
a été publié à Halle en 1 84 1 ; el l'on doit à M. Drochster
un savant ouvrage qu'il a fait paraître en i849>
à Erlangen» en un volume in-4*ff sous le titre de:
De Arabicœ gerUis ac terrœ indole una eademque. J'au-
rai aussi à mentionner le savant Commentaire géo-
graphique sur r Exode et sur les Nombres , que M. le
comte Léon de Laborde a publié l'année dernière en
un volume in-folio, et qu'il a accompagné de dix
cartes. Après une introduction spécialement consacrée
à la cartographie chez les anciens, M. de Laborde s'est
livré à un ensemble de recherches sur les contrées où
se sont accomplis les faits de l'histoire sainte , et ses
propres voyages lui permettaient de faire avec succès
un tel examen.
AFGHANISTAN , INDE ET PATS VOISINS.
Les d^niiers événements survenus dans TAfghanis-
ian » quelque funestes qu'ils aient été dans le début
pour les armes anglaises » augmenteront certainement
nos connaissances géographiques sur ce pays et sur les
contrées voisines que plusieurs voyageurs ont par-
courus et décrits depuis peu de*temps. Je citerai» parmi
les relations les plus récentes, deux ouvrages sur l'Af-
ghanistan par M. James Atkinson , une Description de
rinde et de V Afghanistan qu'on doit à M. J. Harlan, et
le récit de diverses excursions dans leBeUmchistan^ V Af-
ghanistan et le Penjab^ faites par M. C. Masson, pendant
une résidence de douze ans dans ces contrées^ de
i8s6 à i838, qui a paru dernièrement à Londres en
3 volumes in-8*. H. Masson a parcouru le pays le
plus souvent à pied» tantôt comme simple particulier,
et tantôt comme agent politique ; il critique quelquefois
(5..)
avec amertume sir AlexanderBurnessous le rapportgéo-
grapbique,et ne traite pasraieuzle secrétaire M^Naghten
et lurd Aokland lui-même sous le rapport politique.
Les communications faîtes récemmentà la Société géo-
graphique de Londres par le major RawlinsoD» agent
politique à Candahar, offrent de TintérèL La deraière
qu'il ait adressée, le i*' mai i84i • a été insérée par
extrait dans le dernier numéro du Journal de cette So-
ciété sous le titre de Géographie compeirative de V Af-
ghanistan. Les matériaux de la géographie positive des
contrées à l'ouest de l'Indus s'accumulent journelle-
ment dans les cartons du gouvernement de l'Inde» dit
le major Rawlinson, et il est à désirer et à espérer que
le gouvernement ne tardera pas à en faire jouir le pu-
blic. 11 est à désirer aussi qu'on puisse retrouver les
notes et les dessins du docteur Forbes , qui , daus Télé
de i84i» avait été chargé de vbiter la province de
Seistan , le lac de Zurrah ou Zerreh » et le bassin infé-
rieur de la rivière Helmend « et qui a été massacré par
Ibrahim, Khan d'Ichanabad» au moment où il repas-
sait la frontière du Seistan.
M. N. Perrin a publié à Paris, en i84s, VAJghanii-
tan , ou Description géographique du pays théâtre de la
guerre^ etc., d'après l'ouvrage d'Elpliinskone sur la
même montrée» etsur des renseignements plus récents.
Cette description méthodique » qui fait bien connaître
le pays auquel elle est consacrée , forme un volume
in-8* , accompagné d'une Carte de V Afghanistan et des
pays voisins i copiée sur celle d'Arrowsmith ; c'est la
même que celle qui est jointe à la traduction du voyage
de Burnesà Lahor, Caboul , etc. (i)
(i) Puisqu'il écrivait pour des Français , M. Perrîn aurait dû, ce
me semble, dans sa traduction, r<fduire les mesures anglaises en
(5i3)
Le Voyage en bateau à vapeur sur V Indus de Sukkur à
Karrachée t Tait, au commeDcement de 18489 par
madame Poslans » a été inséré sous forme de lettres
dans VAsiatic Journal du mois de novembre dernier;
et la Société géographique de Londres a reçu du capi-
taine Wilson, attaché à Tarmée du Nizam, sur la par*
tie méridionale de l'Inde, quelques itinéraires très dé-
taillés qu'elle nous fera sans doute bientôt connaître.
H. G.F. MuUer a fait paraître à Stuttgard^en 1 84 1 »un
volume in-8% contenant la Description générale de Vin-
dostan et des peuples qui t habitent; M. de Ilugol conti-
nue sa description du Cachemire et du royaume des Siecks^
dont la partie première du tome IV a été publiée à
Stuttgard en 1 849; et M. Adolphe Delessert vient de nous
donner à Paris ses Souvenirs d'un voyage dans VInde ,
exécuté de 1 834 ^ 1 SSg^en un volume in-8^. Un Mémoire
sur l'instruction publique dans les États de VInde , suivi
d'un plan topographique de Goa, levé en i83i , a
été inséré dans les Annales de la Société royale maritime
de Lisbonne , qui contiennent entre autres documents
la 1** et la s* parties d'un Mémoire sur la statistique des
possessions portugaises en Asie,
Avant de quitter Tlnde et les pays qui Tavoisinent»
je recommanderai la traduction qu^on doit à H. Xavier
Raymond, notre collègue, et qui est en ce moment
sous presse , de la relation du séjour l'ait dans le Ca-
boul par feu sir Alexander Burnes , pendant les an-
nées i836, 1837 et i838, et j'unnoncerai que le texte
mètres, et rapporter les longitudes au méridien de Paris, sauf à con-
server entre des parenthèses les pieds anglais et les lon(}itudes du
méridien de Greenwich. Cest un tort qu'il partage, au surplus, avec
))eauconp ie traducteurs , qui n*ont même pas, comme lui, Vattention
d*eD prévenir leurs lecteurs.
( 5(4 ;
et les planches da Voyage dans ffnde de Viclor Jac-
quemont, paraissent avec régularité : sept livraisons
ont été publiées en 1 84^. Un autre outrage sur l'Iode
qu'on lira avec intérêt, et que je ne dois parconséqoeol
pas oublier, parce qu'il parait être le résultat des re-
cherches et des méditations d'un homme instruit et
impartial , c'est le Tableau politique et statistique it
Vempire britannique dans F Inde ^ par M. le général
comte de Biornstierna. Ce tableau , écrit en allemand
par son auteur , vient d'être traduit en français par le
général Jomini.
CHIRB.
De l'Inde je passe naturellement en Chine, ce vaste
empire du milieu, auquel on attribue une si haute an-
tiquité» que bien des savants contestent cependant
jusqu'à un certain point» et sur lequel les renseigne-
ments les plus exacts que nous possédons sont dus
au zèle infatigable et aux travaux géographiques des
savants religieux de la Compagnie de Jésus» fait in-
contestable à mes yeuXf et reconnu par Abel Rému*
sat» et même par Klaproth» qui n'était certaine-
ment pas le partisan de ces missionnaires. Depab
un certain nombre d'années toutefois on doit recon*
naître que les sinologues européens( i ) ont fait faire des
progrès à la géographie de la Chine; mais il ne faut pas
être ingrat envers nos prédécesseurs,dont plusieurs sont
nés en France» et que j'ai déjà eu occasion de défen-
dre devant la Société (s) .Quoi qu'il ensoit»et sans cher-
Ci) Abel Rénuuat, Sunislas Jalien , Dévies , Morrisson , Pautbier ,
Klaproth , etc.
{%) Note sur l'îie tTHai^Nan , sur les religieux de la mission île U
Cfnne et sur les Chinois, par M. de la Roquette. Bulletin de la Société
de géo|;rapbir , 1827, tome VII.
( 5i5)
cher àtracerrhistorique des progrès saccessifs qu'a faites
la coimaissance de cet empire, je me bornerai à citer les
principaux ouvrages qui ont paru dans le cours de cette
année* Je débuterai par la Notice sur le chapitra Yu^
Koung du ChoU'King , et sur la géographie de la Chine
ancienne , que M. Edouard Biot , qui porte un nom si
illustre dans les sciences, a lue le lo décembre i84i «
à la Société asiatique de Paris, etqu'il a publiée depuis
avec une carte. Suivant le savant traducteur, Gonfucius,
qui vivait au vi* siècle avant notre ère , a réuni dans ce
chapitre des souvenirs bien antérieurs à notre époque.
Le VI* siècle avant l'ère chrétienne est donc la date
la plus récente qu'on puisse attribuer à ce docu-
ment, qui serait, par conséquent, le plus ancien que
nous possédions » même en ne lui attribuant pas la
haute antiquité que lui donnent les auteurs chinois, qui
le font remonter au xxii* ou xxiii* siècle avant notre
ère. La première section du Vu ^ Koung mentionne
successivement les principaux travaux d'assainissement
exécutés dans les neuf grandes régions du monde chi*
nois, et donne d'autres informations d'économie do-^
mestique. Dans la seconde , les localités assainies sont
énumérées , non plus par régions , mais en suivant les
principales chaînes de montagnes et les principaux
grands cours d'eau qui arrosent la Chine supérieure ;
on y reconnaît la direction exacte des rivières les plus
importantes et des principales montagnes du s5*
au 4o* de latitude boréale. Ces données , réunies à
celles de la première section , font du chapitre Yu-Koung
un document très curieux pour la géographie de la
Chine ancienne, et l'on doit savoir infiniment de
gré à M. Biot de l'avoir traduit. Ce savant mérite éga^
lement notre reconnaissance pour son Dictionnaire des
(5.6)
noms anciens et modernes des villes et anx}ndiss€mentsdes
l 's %" et 5* ordre compris dans V Empire chinois^ qa*il a
aussi fait paraître cette année. Ce dictionnaire , dans
lequel M. Ed. Biol indique les latitudes et les longitudes
de tous les lieux de Tempire, avec les époques auxquelles
leurs noms ont été changés, est accompagné d'une carte
dressée par Klaproth d'après les matériaux chinois
les plus authentiques; elle a été gravée sous ses yeux
par M. Louis Bertbe , et publiée après la mort de l'au-
teur. Après avoir parlé de la Chine ancienne , je me
crois obligé au moins de citer un ouvrage du père Hya-
cinthe, qui a longtemps résidé à Pékin; c'est une col-
lection de dissertations sur la Chine, que leur auteur
a déjà publiées séparément, à diverses époques . en
langue russe, et dont on n'a traduit jusqu'ici que des ex-
traits. Les dernières expéditions des Anglais contre le
céleste empire nous fourniront sans doute bientôt des in*
formations neuves et précises sur ce singulier pays. D^i
nous connaissons trois ouvrages qui ont été publiés à
l'occasion de cette guerre ; mais ils contiennent peu de
documents qui puissent servir k l'avancement de la
géographie ; ce sont :
lu Historique de l^expéiUtion à la Chine , depuis le com-
mencement de la guerre Jusqu'au moment actuel^ par
H. J. EUiot-Bingham , en a volumes in-is; Deux
années en Chine ^ p^it H. M'Phersoo, médecin de
l'armée de Madras, et la Seconde campagne de Chine ^
dont l'auteur est M. Mackenzie : ce dernier ouvrage
a été traduit en français par M. Xavier Raymond , que
l'ai déjà cité, et que j'aurai occasion de citer encore,
parce qu'il ne se lasse pas de bien traduire des ouvrages
utiles. On trouvera quelques bons renseignements sur
la Chine dans un rapport daté de Manille, lo juillet
(Si7)
1841 • du capitaine de corvette J. deRosamel, com-
mandant la cor?cUe la Danaïde dans sa campagne dans
les mers du Sud , de l'Inde et de la Chine, inséré aux
Annales maritimes du mois de mars 1849.
JAPON.
Quittons maintenant la Chine et passons au Japon.
Kœmpfer, à la fin du xvii* siècle; Thumherg, à la
fin du xviii* ; et plus tard , Klaproth,- soit en s' aidant
des manuscrits de Titsingh, mort à Paris en 181s»
soit par la traduction d'ouvrages japonais» nous ont
donné de précieuses informations sur le mystérieux
empire du Japon, fermé à tous les étrangers depuis
l'expulsion simultanée du christianisme et des Por-
tugais en 1^40. Après les voyageurs que je viens
de nommer, trois membres du comptoir hollandais de
Dezima, MM. Meylen, Overmeer - Fischer et DoeiT,
ont publié sur cet empire, en langue hollandaise,
le premier, en i83o, et les deux autres, en i853 »
des écrits fort remarquables. Vers la même épo-
que, un savant Allemand, M. de Siebold, chargé
par le gouvernement hollandais d'une mission scien-
tifique au Japon , où il a résidé pendant sept années p
nous a fait connaître cet empire , mieux encore
que ses prédécesseurs, d'abord par les cartes qu'il
a publiées et dont je tous ai entretenus , et ensuite
par un ouvrage qui s'imprime h la fois en allemand et
en français. C'est à Leyde qu'a commencé de paraître
dès i853, la relation de M. de Siebold en langue alle-
mande , sous le titre de : Nippon ou Description du Ja^
pon^ et des pays voisins et tributaires ^ dont XII livres du
texte et un atlas de 340 planches sont en vente. La pu-
(5i8 )
blicalion française entreprise à Paris depuis 1 859 est
intitulée : Voyage ezéeuté pendant les annéesiS^iàiSio^
dans r empire du Japon; rédigéjpar MM. A. de Hootry et
E. Frayssinet. C'est avec regret que je suis forcé d'an-
noncer qu'on ne possède» quant & l'édition française,
que cinq livraisons du texte, qui doit en avoir dix, et
douze livraisons de l'atlas , qui sera composé de vingt
Rien n'a été imprimé depuis iS^o* et ce qui arrive an
sujet de cet ouvrage , que S. A. R. feu H. le duc d'Or-
léans honorait de sa protection , vient i Tappui de
l'observation que je ferai plus tard sur l'inconvénient
des publications scientifiques entreprises avec trop de
luxe. J'ajouterai que la relation du voyage de H. de
Siebold comprendra une faune « une flore » et une
bibliothèque japonaise , ouvrages pour la plupart pu*
bliés; et qu'un Épitome de la langue japonaise , dû
au môme savant» est en ce moment sous presse.
siBàaiB.
Maintenant » je vais m'occoper de la Sibérie , et
parler encore des travaux ordonnés par le gouver-
nement russe. Pendant l'été de i84if M. Kupffer, di-
recteur général des observations magnétiques des
mines» a passé six mois en Sibérie. Le but de sa mission
était plus spécialement de donner aux observations
magnétiques qu'on devait y faire pour coopérer à la
grande entreprise magnétique anglaise, une organisa-
lion conforme au nouveau plan qui avait été ar-
rêté. Nous aurons, sous peu de iemps, d'autres rensei-
gnements sur la même province , l'empereur venant de
confier la direction d'une nouvelle expédition en Sibérie
au jeune et savant docteur Middendorff, professeur de
( 5.9)
zoologie à l'Université de Kiew. 11 devra faire des ob-
servalions systématiques sur la température» à diverses
profondeurs du sol , au moyen d'un puits qu'un mar-
chand russe d'Iakoutsk, curieux de connaître la cou-
che de terre gelée , a fait creuser dans cette ville jus*
quli la profondeur de 58o pieds. M. Middendorff est
aussi chargé de visiter la contrée située au-delà du
Touroukhansk, entre les rivières Piassida et Khatanga,
et jusqu'aux bords de la mer Glaciale » contrée qui
paraît n'avoir jamais été examinée , jusqu'à présent ,
par un homme instruit.
Je terminerai ce que j'avais à vous dire de l'Asie
par la mention d'une notice que je trouve dans le Bul«
letin du ministère de l'agriculture et du commerce ,
qui en renferme tant de curieuses sur les relations
commerciales des différents peuples du monde. Celle
à laquelle )e fais allusion se rapporte à la côte arabi-
que, à Djeddah, à Suez, à la côte orientale d'Afrique,
à Massouah, à la mer Rouge, à Aden, au golfe Persique,
et enfin à Zanzibar et à Mascate. J'annoncerai enfin
la publication faite à Berlin, en i84i • du tome i*"', con-
tenant l'Asie orientale, desTables des matières de la géo»
graphie de CAsie de Ritter, publiées par M. Ideler fils.
AFRIQUE.
Caries hydrographiques.
Le Dépôt de la marine a publié celte année un
Plan de la rade de Mogador, sur la côte occidentale
d'Afrique, levé en i84o par H. J.-A. Prouhet, en-
seigne de vaisseau , et une Carte hydrographique de la
côte iV.-O. de Madagascar^ que M. Bérard, capitaine
( &S0 )
de vaisseau, a dressée diaprés ses observations el
celles de M. Jehenne , capitaine de corveUe. Celte carte
contient une amélioration qui mérite d'être signalée;
on y voit pour la première fois la petite lie de Hayotte,
figurée sous sa véritable forme. En outre de ses tra-
vaux sur Madagascar et sur les tles Gomore , M. Je-
henne a suivi de près la côte de Somawli , depuis
le cap Guardafuy jusqu'à l'entrée de la mer Rouge.
Ses observations, dont on n'a encore que l'annonce,
permettront sans doute de rectifier la' configuration
de cette partie du littoral de l'Afrique, très mal repré-
sentée jusqu'à ce jour sur toutes nos cartes. Le
voyage que M. le capitaine Bouet» aujourd'hui gouver-
neur du Sénégal, a fait en i84o et i84i sur la côte
d'Afrique » enrichira bientôt aussi nos collections hy-
drographiques de plusieurs plans des points les plus
remarquables de cette côte» et nous procurera en même
temps des données précieuses sur le commerce et sur
les mœurs des nations qui Thabitent. La publication de
ses observations, qui ne peuvent manquer d*ètre inté-
ressantes , est retardée par les importantes fonctions
auxquelles cet officier est appelé; mais ces retards lui
fourniront encore de nouveaux moyens de perfection-
ner son travail. Je dirai enfin que, chargé par le Bareao
des Longitudes de la révision de la Table des posi-
tions géographiques, imprimée chaque année dans la
Connaissance des temps ^ M. Daussy, hydrographe en
chef de la marine, a discuté, en ce qui concerne
l'Afrique , dans le volume de i84& > les longitudes de
Port-Louis de llle de France, de Saint-Denis sur TUe
Bourbon » de Foulpointe , de Tamatave et de Sainte-
Marie sur l'Ile de Madagascar, ainsi que de plusieurs
autres points.
( 5» )
Le Bureau hydrographique de l'Amirauté anglaise
a fait faire aussi de iS^i à i84s des explorations ma-
ritimes en Afrique. Le capitaine Vidal ^ après avoir ter-
miné Teiamen du point situé près des Açores, où Ton
soupçonnait que des écueils pouvaient avoir été for-
més par le dernier tremblement de terre, s'occupe
maintenant de le\er le groupe central de ces tles.
Les travaux que ce même capitaine avait effectués,
de i836 à i83g, sur la côte occidenlale d'Afrique,
depuis Sierra Leone jusqu'au cap Lopex, ont été en
grande partie publiés cette année par le Bureau hy-
drographique de Londres (i).
On doit au Dépôt hydrographique de Madrid
deux cartes des côtes d'Afrique, publiées en i84i: la
première, d^ une partie de la côte occidentale depuis le cap
Bojador jusquau cap Verga^ comprenant les lies du
cap Vert , è Téchelle de 53 millimètres pour i degré de
latitude moyenne ; la seconde, du golfe de Guinée^
depuis la riifiète de Bénin jusquau cap Lope Gonzalez ,
avec les lies de Fernando-Po, du Prince, de Saint-
Thomas et^d'Annobon , à l'échelle de 1 5o" pour i degré
(i) Liste des cartes de la cèle occidentale d'Afrique, levées par le
capitaine Vidal et le licuCenant Bedfort, de i836 à iSSg, et publiées
par l*amirauté anglaise, de 1841 ^ 1843.
Feuille IX. Carie de File Sherhoro au cap Mesurarta, échelle
3 millimètres, 3 pour 1 mille.
Feuille X^ du cap Memrada au cap Paimas, échelle 3%3
Feuille XI, du cap Palmas au Grand^Lahou^ — 3%3
Feuille XII, du Grand'Lahou au cap Trois- Pointes, — 3",i
VcuxWc W\\^ du cap Trois- Pointes h Barracoa^ — 6%3
Feuille XIV, de Barracoa au cap Saint- Paul ,, — 6">,a
Feuille KVll^ du cap Formosa h Fernando- Po, — a™,4
Feuille XVIII, de Fernando Po au cap Lopez, — a"»^^
Et enfin ia baie Corisco, — i6",6
XVIIl. DÉCEMBRE. 9. 34
( 53o )
de latitude moyenne ; les éléoienis de ces deux cartes
sont puisés dcins les cartes anglaises» portugaises elespa-
gnôles. Trois autres étaient à la gravure dans les bo-
réaux du même Dépôt au mois de décembre iS^t;
savoir :
La Carte de la côte méridionale d'Afrique^ do s4* ao 4o'
de latitude méridionale, el du 1 7* au 46* de longitiide
orientale du méridien de Cadix ;
La Cafie de la côte d* Afrique sur la Méditerranée^ de-
puis le golfe de TIemecen jusqu'à celui de Bougie;
La Carie de la côte orientale d^ Afrique et dm canal Jk
Mozambique,
On construisait à Madrid à la même époque, loujoon
sous la direction de M. de Navari^ele « une Carte d'une
partie des côtes d* Afrique depuis le cap f^erga jusqno»
cap LahoU'Town; et cnfîn une Carte de rue de Mada-
gascar et du canal de Mozambique,
Cartes géographiques et autres.
Le Dépôt de la guerre , dont |*ai dé)à signalé les im-
portants travaux en parliml de la nouvelle Carte de
France , a reçu cette année des officiers d'étal-major
employés à l'armée d'Afrique un grand nombre de
belles reconnaissances, qui onlmis à même de faire dos
rectifications importantes aux Cartes de l'Algérie, et
qui vont encore donner les moyens d'en faire de nou-
velles, surtout dans les parties du sud. Ainsi» par exem-
ple , on a rectifié la partie sud-est de la Carte de la
province d'Oran, d'après les reconnaissances faites»
dans les premières expéditions du général de Lamori-
ciêre , par M. le capitaine dcHartimprey ; dans la Carie
de la province d'Alger, la partie comprise entre Mi-
liana , Médenli, Aksar et Thiua , a été rectifiée d'aprt'S
( 5ii3 ]
les itinéraires relevés par M. Durieu pendant l'ex-
pédition du général Baraguay-d'Illiers; et dans celle
de Const^nline, la partie sud-est a été refaite d'après
le travail du général Duvivier, et les itinéraires du ca-
pitaine Saint-Sauveur. A l'aide de toutes ces reconnais-
sances et des travaux précc dcmment exécutés dans ces
mêmes contrées , le lieutenant-général Pelet s'est
trouvé en mesure de faire rédiger une Carte générale
de V Algérie et de Tunis ^ à l'échelle de i/iâooooo; la
gravure en sera terminée très prochainement.
M. Rôhler a publié é Leipzig» en 1842» une Carte
générale de l'Afrique , d'après les découvertes les plus
récentes; et R. Schulz a fait paraître la môme année ,
h Vienne» une Carte semblable.
Le rapport annuel de i84i vous a signalé le magni*
fique Atlas de Mappemondes et de Cartes hydrographi-
ques et historiques depuis le zi* jusqu'au xvn* siècle ^
pour la plupart inédites et tirées de plusieurs biblio-
thèques de l'Europe , que publie M. le vicomte de San-
tarem. Cet atlas, dônl les cartes doivent servir de
preuves à l'ouvrage de notre savant collègue , sur la
priorité de la découverte de la cète occidentale d'Afri-
que par les Portugais , et dont il sera fait mention plus
lard, s'est enrichi cette année de 17 planisphères ou
mappemondes, tous antérieurs aux grandes décou-
vertes du xv^ siècle. Le nombre des cartes et portulans
du moyen-âge, copiés et coloriés avec un grand soin ,
qui sont terminés ou entre les mains des graveurs,
s'élève aujourd'hui à vingt-six.
Voyages , ouvrages géographiques , etc.
Avant de passer en revue les ouvrages qui ont paru
sur l'Afrique actuelle pendant l'espace de temps qui
s'est écoulé depuis votre dernière réunion , je dois
( 5«4 )
vous en signaler quelques uns qui existaient déjà de-
puis long-lemps, ( t qui ont été récemment Iraduib,
ou qui se rapportent c^ d'anciennes découvertes. Je
commencerai par deux traductions de Tarabe, duesâ
M. le baron Mac Guckin de Slane, l'une de V Histoire à
la proifince tty^frique et du Maghrib , dont TauteDr est
Kn-Nowafri» qui vivait au vin* siècle de l'Hégire (xiv* de
Tère chrétienne) (i) ,et l'autre de la DescriptUm detJ-
frique d'Ibn-Haucal ^Abou'l-Racim-Hohammed) , célè-
bre géographe et voyageur qui florissait vers le miliee
du IV* siècle de l'Hégire (x* de l'ère vulgaire). Je vous
parlerai ensuite, i* de la Description des riinèntie
Guinée et du atp Feit, depuis le Sénégal jusqu^ au fleuvt
Santa Jnna^ écrit en i5g4 par le capitaine portugais
<
André Alvarez d*Almada, publié à Porto, en i84i*
par M. Diego Kôpke, et dont M. le vicomte de Santa*
rem a donné de bmgs extraits dans une brochure qa'il
a fait paraître celle année à Paris (s).
ï* Des reehefvkes sur la découiferte des pays situés
sur la cote occiilentale d*/1fnque au-delà du cap Bojaàor,
et sur les progrès de la science géographique après lesi»'
wga/ions des Portugais au xv* siècle ^ ou\rage que le
(i) L'extrait de l'ouvrage d*En*Nowaïri, am«i ()ue riiistoire <1^
Edrisiti'S., Aghiebites, Zérites et Falimites, seront réiraprin es avec k«
pclaircU-eineuts nécessaires clans la partie supplémentaire de This*
loiredesBerbersd'Ibn-khaldoun, dont le lexie aiabe ent sonspresse;
la traduction qui doit l'arcompagner se prépare en ce moment.
Je dois faire remarquer que le firafpaient de la chronique d*En-Vf
^aïri relative aux Agbiebites a déjà été ' publié daas les notes ^
M. Noël des Vergers a jointes à son histoire de l'Afrique , par Ibo-
Rhaldoun.
(2) Cette brochure porte pour titre : Notice sur André Ah'^ff-
dtAtmada^ et sa description delà Guinée, Paris, 1842, 1 Tol.in-S* ;<!'♦'
est accoinpa(*née d'une carie de ta Guinée septentrionale*
( 5»S )
même M. de Saniarem , toujours zélé pour la science
el pour la gloire de sa pairie, a également publié ceiie
uunée à Paris, en un voluïi e ia-8*, et qui est accom-
pagné de Tatlas dont je viens de vous entretenir;
3"* Des Recherches sur les découvertes géographiifues
des Portugais sous Henri-Je-IS/at^igateur: matériaux pou9
r histoire du commerce maritime et de la géographie data
le moyen-âge^ que VL le docteur J.-E. Wappaeus a fait
paraître en langue allemande à Gôtlingue en i84*-
ALGÉRIE.
Le département de la guerre ne se borne pas à fair«(
lever des cartes de notre colonie de l'Afrique septen-
trionale, il publie tous les ans un gros volume
in*4* , sous le titre de : Tableau de la situation des
établissements français dcms l^ Algérie. Le dernier (c'est
le 4*)i qui a paru au mois de décembre i84i » con**
tient : i* un précis bistorique sur les opérations
militaires qui se sont accomplies en Algérie, du
3 1 décembre 1 85g au 3 1 décembre 1 84o ; s* des no*
tices topograpbiques sur Boufarick et Cberchel dans
la province d'Alger s Médeab et Miliana dans la province
de Titeri; Mascara et Tlemecen dans la province
d^Oran; Djidjeli, Msilah etSétif dans celle de Cons-
tantine. Ces notices sont accompagnées de 9 cartes ,
représentant les environs de ces diverses places , dessi-
nées et gravées au dépôt général de la guerre , à l'é-
cbelle de i/ioooo% d'après les levés des officiers du
corpsroyald'état*major; 3* un tableau présentant lasi-
tualion de l'armée et celle des services civilsde l'Algérie,
divisés en quatre sections : administration générale ,
intérieur, justice et finances. L'appendice qui termine
le volume contient de précieux renseignements sur
l'organisation et la situation de la province de Constan-
( &»<> )
iiDe,aa moment de Toccupation française en i837;sQr
son industrie, son commerce et ses productions afanl
et depuis celte époque ; sur les Kabyles des entiroDs
de Bougie; avec un précis analytique de Tbistoire an-
cienne de l'Afrique septentrionale pendant la périodt;
carthaginoise , romaine , vandale et byzantine. Ce
précis instructif est suivi d'une dissertation du capi-
taine Garette« sur les divisions territoriales étabiiesen
Afrique par les Romains, d'une notice sur les prioci'
paux traités de paix et de commerce conclus par ia
France avec les régions barbaresques » et d'une biblio-
graphie algérienne, ou catalogue des ouvrages relatifs
à l'Algérie, publiés jusqu'à ce jour, ou qui se rattacbani
a cette contrée d'une manière piusou moins procbaioe.
Un autre ouvrage utile aussi aux progrés des conoais-
sances en Algérie, et que Ton doit également A la sol-
licitude du ministre de la guerre, c'est la Géo-
graphie ancienne des Etats barbaresques^ publiée efl
i84Vf d'après Mannert, par MM. Marcus et Dues-
berg , avec des additions et des notes de M. Marcus.
La mission <)e M. Suchet, vicaire-général do diu-
cèse d'Alger, auprès d'Abd-el-Kader , inspirée par
lâchante chrétienne, n'a pas été inutile à la science,
ainsi qu'on peut en juger par le compte-rendu que ce
respectable et courag4>ux ecclésiastique en a adresser
son évèque , et qui a été inséré dans le n* de mars
I %l\% des Annales île la propagation tie la foi. Écrite a*ec
une simplicité sans prétention , la relation de H. S*''
chet fournil d'utiles renseignements sur les contrées
qu'il a parcourues, d'Alger à Tagdemt, et sur k'
tribus qui l'habiteuL VJnnumre algérien pourla''
I 84a • dont la première partie a été rédigée par M. ^^'
cel, savant orientaliste, ancien membre de la cooi-
mission d'Egypte , et longtemps directeur de l'imp^'
(527 )
merie impériale , doit être aussi signalé, ainsi que le
Rapport sur C Exploitation forestière dtt cercle de la Calle ,
failen i84i par M. Kerris, officier du génie marili me.
Ce rapport conlienl des renseignements précieux sur
les forêls de la province de Bone elde quelques autres
parties de T Algérie, et l'on doit savoir gré au savani di-
recteur des Annules maritimes deVa^oir inséré dans son
recueil, où il a paru au mois d'octobre de celte année.
Je ne passerai pas non plus sous silence , l)ien qu'il soit
conçu dans un but hostile à la France , et qu'il
ajoute peu à ce que nous savons déjà de l'Algérie, le
Jnumal d'un séjour fait dansi' ESUkihLk (i) d'Abd-el-Ka-
der^ et de noyages dans le Maroc tt l'Mgéfie, qu'un An-
glais (H. Scott) a fait paraître cette année à Londres.
Depuis radiqinislration du général Bugeaud, nos con-
naissances géographiques se sont étendues à peu près
sur toute l'Algérie , des frontières du Maroc à celles de
Tunis; elles limites du Sahara ont été atteintes sur un
grand nombre de loints. Dans la province d'Oi^an ,
TIemecen, Mascara et même Tagdemt, ont servi de
point de départ à de nombreuses reconnaissances vers
l'ouest et le sud. On a abordé les frontières de Maroc ,
le désert au sud de Tlemecen , Frenda, les pentes du
grand massif de l'Ouanesris et Saida. Dans les pro-
vinces d'Alger et de Titeri, tout le massif de monta*
gnes compris entre Thaza et Médeah a été contourné ,
et les positions de^Thaza, de Boughar, du haut Chélif,
de Barouaguia» ont été déterminées. Dans lu province
de Gonslanline, on est parvenu à Msilah» on a vu les
pentes méridionales de l'Ouinnougha , et reconnu la
possibilité d'une route facile vers Alger et Médeah,
(i ) Les Français disent K-s Smela : le mot véiiiable est Zemmala ;
ce sont des tribus dont tous les homoies sont soldats, des espèces de
colonies militaires, reste de l'organisation turque.
( 5>8 ;
sans franchir les Biban. A l'est . des expédilions
poussées ju8qu*aux limiles de nos possessions afec
Tunis ont rattaché Tifêch et Tebessa à Guèlma et k
Constantine. Je voudrais pouvoir voussignaler les noms
de tous les oflBciers d*état-major qui ont pris parti ces
utiles et glorieux travaux. Les Bulletins de Taraiée nous
font connaître ceux du commandant Martimprey , qui
étudie la province d'Oran depuis plusieurs années,
du commandant Gouyon dans la province d*Alger, et
du capitaine Saget, qui marche sur l<«s traces d'un frère,
officier si distingué , si dévoué à la science, noort assas-
siné, victime de son zèle et de sa confiance.
Pendant les deux années qu'a duré leur mission ac-
tive» les membres de la commission scientifique de
i 'Algérie, que le ministre de la guerre a chargée d'explo-
rer l'Afrique septentrionale, ont rempli leur périlleuse
mission en suivant toutes les expéditions accomplies
dans l'ancienne régence. Les naturalistes qui en fooi
partie rapportent, chacun dans leur spécialité» unj^rand
nombre d'observations entièrement neuves qui feront
connaître la distribution des animaux , des végétaux
et des minéraux dans les contrées qu'il a été pos-
sible d'explorer. Des manuscrits d'un haut intérêl
ont été rencontrés par les historiens de la f-om-
mission. Les traductions qu'ils comptent en donner
jetteront un grand jour sur une période mytérieuse
de l'histoire, celle où le christianisme disparut
comme par enchantement pour faire place à une
religion nouvelle qui s'est maintenue depuis doute
siècles. Les archéologues prêteront quelques lumières
à l'histoire , en discutant un grand nombre d'inscrip-
tionsencoreinéditeselen restituantbeaucoupde pointe
mentionnés par les écrivains de l'antiquité, et sur la
position desquels on était resté jusqu'à ce jour dans la
( 5«9)
plus complète igoorance. Ces découvertes conduiront h
uDtracévcaiseaibiabledesvoiesmîlitairesdansrArrique
romaine» et aideront à la solution d'une question in-
téressante, celle de savoir quels ont été le principe,
l'origine et l'influence des divisions territoriales sous
les différentes dominations. Déjà cette question , en
ce qui concerne la domination romaine, a été traitée»
ainsi que je l'ai déjà dit, par le capitaine Garette. Une
autre question, celle des races, s'éclairera aussi des
recherches de la commission scientifique. En étudiant
les divers dialectes de l'idiome berbère (i), et les
peuples qui parlent ces dialectes dans la régence d'Al*
ger et dans l'empire de Maroc, on arrive à reconnaître
les lois géographiques de leur distribution, et les causes
qui ont successivement modifié, dans les diverses loca-
lités , le type originaire.
Vous serez sans doute bien aise d'apprendre que ,
pendant un séjour de six ans en Algérie et un voyage
dans la Régence de Tunis, M. Carette, dont je viens
de vous parler, a réuni des matériaux pour un ou-
vrage qui aura pour titre : Recherches sur le sol et la popu-
lation de V Algérie. La première partie comprend l'^'/o^^
des routes suivies parles Arabes dans la partie méridiouale
des Régences d^ Alger et de Tunis, Ce travail a donné lieu
à un canevas géographique qui l'accompagne , et qui
assigne les positions probables d'un grand nombre
de stations, vil.es ou villages, dont les noms mêmes
étaient demeurés inconnus jusqu'à ce jour.
Cl) Le ministre de la (^aerre, toujours empressé de faire ce qui
peut être utile, a chargé une Commission composée de MM. le che-
valier AmédéeJaubert, président, Eugène de NuUy , Brosselard , de
Laporce périt, et du scheik Ahmed , de rédi(^er un Dictionnaire des
idiomes berbères, dont le Dtciioiinaire de Venture formera sans
doute la base.
( 55o )
La partie la moins connue, le Sahara, esl celle à la-
quelle M. Garelte a donné le plus de soin. Sesétades
l'ont mis à portée d*obtenir et de déterminer les véri-
tables limites méridionales des deux Régences» fait
important qui était resté jusqu'ici dans une obscurité
complète.
Avant de terminer ce que j'a?ais À tous dire de l'Al-
gérie , je ne crois pas inutile de vous signaler un ou*
vrage de M. le général Duvivier. intitulé So/uUondela
question de P Algérie ^ et la discussion qui a eu lieu à
son sujet entre ce général et M. de Bois-le Comte,
chef d'escadron d'état-major, dans les numéros de fé-
vrier, avril , mai , juin et juillet dernier, du Speetatear
militaire. Les comptes-rendus que le même recueil a
donnés do \ M gérie prise au sérieux ^ par M. le capi*
talne Le Blanc de Prebois , et de l'ouvrage de M. le
général Bugeaud : Des moyens de conserver et d^uliUstr
V Algérie^ se lient aux précédents, et oJDfrenl un iolé*
rét qui n'est pas seulement géographique.
MAROC f GARARIKS, GAP VBRT.
Si de l'Algérie nous passons au Maroc, nous ne trou-
vons rien que le travail intéressant et puisé à de bonnes
f ources de l'un de nos zélés collègues , M. Thomassv.
sur les Relations de la France avec cet empire ; je le
cite quoique les renseignements qu'il renferme soient
plutôt historiques que géographiques.
On trouvera des informations bonnes à recueillir
dans deux ouvrages publiés récemment en Portugal,
que je vais mentionner, et qui ont pour titre : l'un,
Chorographiô du cap l^crt , par M. Chelmilchi, oflicier
du corps du génie portugais , et Tautre , Remarques
( 53i >
sur les langages des habitants des iles Canaries , par D.)in
J.-J. Costa Macedo, secrélaire perpéluel de TAcailé-
mie des sciences de Lisbonne.
ACUANTI.
L'empire des Acbunlis, puissance prépondérnnle
de celle partie de rAfricfue connue sous le nom de
Guinée ou Nigrilie, a élé visilé une première fois,
en 1889, par le révérend T.-B. Freeman, mission-
naire Wesleyen, qui s'y est rendu de nouveau à la
fin de 1841. Parti du cap Coast-Gastle le 6 novem-
bre de cette année, accompagné de deux jeunes
princes acbantis élevés en Angleterre, d'interprètes,
de quelques Européens et d'un grand nombre de natu-
rels, M. Freeman, après avoir passé par Akiasi etMansu,
où une petite école a été établie , traversa le Prab et
arriva à Rikiwiri le s5. Il passa le même jour les
monts Adansi , visita A kwanserem , Eduabin , Karsi.
auprès duquel existe une belle forêt, et atteignit le i3
décembre Coumassi, capitale du royaume. Ce fut
pendantsa résidence dans celte ville qu'elle fut à moitié
consumée par les flammes; il la quitta le i3 janvier
i84â, et était de retour au cap Coast-Caslle au mois
d'avril suivant. Sa relation, insérée dans le u® i5 du
journal The Friend of Africa , conlienl quelques inl'or-
malions curieuses sur la cour de Gouiuassi, mais pou
de détails proprement géographiques.
iiGYPTE.
L'Egypte, déj{\ si souvent explorée par les voya-
geurs, offre toujours de nouvelles découvertes î\ faire
539 ) ^ 1
à ceux qui se délerminent à la visiter encore. Sir
Cardner Wilkinson, si honorablemenl connu par
ses travaux géograpliiques sur cette contrée célèbre,
vient d*y explorer dans le plus grand détail la vallée
des lacs Natron » et une partie du Balir-ei«Farg,
connu aussi sous le nom de Bahr Belâ-US , dont il ■
donné la description. Il a aussi dressé une carte de ce
district » où il a observé plusieurs latitudes et mesoré
une base et des triangles.
Vous avez lu dans les numéros de votre Bulletin des
mois de juillet, août et septembre dernier, le récit du
nouveau voyage fait par ordre du vice-roi d*É)çypte,
sous la direction de Selim Binbachi , capitaine de (ré-
gate, pour découvrir les sources du Nil Blanc. Les
renseignements qu*on y trouve sur les contrées que
l'expédition a traversées , et le tableau des itinérai-
res sont utiles à consulter, quoique le problème qu'où
cbeicbait à résoudre ne le soit pas complètement. Il
ne l'a pas été non plus par le second voyage vers les
sources du Nil Blanc , exécuté en i84i et 18481 par or-
dre du même pacba , et auquel MM. d'Arnaud et Sa-
batier étaient associés, bien que cette dernière explo-
ration mérite surtout de fixer particulièrement votre
attention par les résultats inattendus qu'elle a of-
* ferts. Il résulte, en effet, de la correspondance de nos
deux compatriotes, qu'après avoir voyagé sur le Nil,
depuis Kliartoun, l'espace de 9»ooo kilométrés, on est
parvenu au 4* 4^' ^^ latitude , à peu près sous le mé-
ridien du Caire, ce qui change totalement la direc-
tion donnée jusqu'ici au Nil Blanc y en supposant tou-
tefois que les observations astronomiques aient été
bien faites, ce qui peut être douteux. On n'a rencontré
aucune chaîne de montagnes, bien que celles qu'on
( 635 )
appelle de la Lune soient tracées sur toutes les cartes,
flu 5* au 7* degré de latitude. Aucun autre cours
flVan ne ^icnt se réunir an fleuve dans cet espace ,
et les hirurcations trouvées par les membres de Texpé-
ditien ne sont formées que par des fies; il y a aussi d'im-
mensos marécages. Les voyageurs, qui étaient munis de
cordes, de sellants, de lunettes astronomiques, de ther-
momètres, etc., ont rapporté beaucoup d'observations
astronomiques et météorologiques, des profils en travers
de la vallée, des mesures de la pente et de In vitesse du
fleuve , des collections d'histoire naturelle et des vo-
cabulaires. L'un d'eux a fait naufrage à la quatrième
cataracte. Le fer et l'or abondent dans le pays. Les
peuplades sont d'humeur pacifique, très nombreuses,
divisées de races , de langage, de physionomie. Il y en
a une de couleur bronze à cheveux lisses. Un de ces
peuples est armé de lances de 4 mètres de long; le
frr seul est long d'un mètre; il travaille ce métal
avec quelque habileté. Un autre adore la Lune: tout
combat cesse à son lever. On a trouvé des marchandi-
ses des Indes chez le roi des Behrs. Ce chef a son pa«
lais situé au milieu des eaux : on n'y arrive qu'à la nage.
Il est gardé par deux bataillons de femmes, armées de
lances et de boucliers. On ajoute que les ministres
n'entrent dans l'intérieur du palais qu'au moment où
le roi est atteint d'une maladie mortelle. Us ont alors
la mission de l'étrangler pour l'empêcher de mourir
de mort naturelle. Ces intéressants détails ont été re<
cueillis dans le journal de votre Société , ainsi que les
informations sur le barrage du Nil , qui vous ont été
communiquées par Clôt Bey, et celles que vous a four-
pies notre compatriote M. Linant, ingénieur en chef
( 534 )
ries canaux el pouls et chaussées du vice-roi sur les
irrigations entreprises dans le Said. L'ouvraf^e du
docteur italien Hippolyte Rosellini , sur les monumetttt
fie l'f*^gypte et de la Nubie ^ int(*rprétés el illustrés par
lui , fera faire aussi dos progrès à la géographie de celte
partie de l'Afrique. C'est à Pise que M. Rosellini a com-
mencé la publication de ses travaux; mais elle ne pa-
rait pas devoir êlre terminée de quelque temps.
Espérons que l'expédition scientifique prussienne,
dirigée par le docteur Lepsius, fera connaître le résul-
tat de son exploration en Ëgyplc lorsqu'elle sera ter-
minée. On voit par des lettres du Caire, du %\ oclo-
hre dernier, qu'elle a fait une excursion aux Pyramides
de Ghizé , et qu'elle doit partir incessamment pour la
Haute* Egypte.
ABYSSIIIIB.
L'Abyssinie a occupé aussi cette année l'attention
des voyageurs. Le docteur Beke a adressé à la Société
pour la civilisation de rArri(]ue • des communications
sur la géographie de TAbyssinie méridionale , dans ses
lettres datées d'Ankober et d'Angolalla, des 5 mars
et 29 mai i84i > ainsi que la relation d*une excursion
qu'il a faite aux mois d'avril et de mai de la même an-
née, d'Ankober, capitale du Choa , que le voyageur
anglais appelle Shwa , h Kok-Fara, dans la province
de Gedem, qui n'avait été encore visitée par aucun
Européen, circonstance qui donne une haute impor-
tance à cette relation. Ces divers documents • ainsi que
des observations du même voyageur sur la roule de
Tajurrah à Choa, ont été insérés dans le numéro do
journal de la Société géographique de Londres, qui
vient de paraître. C'est au même voyageur que cette
( 555 >
Société doit la copie d'une carie de la roule de Ta*
jurrah à Ankober , suivie par le capitaine Harris ,
chargé d'une mission scientifique à la côte du Choa ,
ci qui parait avoir déterminé la position géographi*
que de Hurrur» et fourni des informations sur les
différentes tribus du voisinage. Un autre journal an-
glais ( The Friend of Africa ) annonce qu'après un
long intervalle de silence , de nouvelles lettres du
docteur Beke, datées de Dima, i5 décembre i84i»
sont parvenues en Angleterre. Il avait quitté Angolalla
le 16 octobre précédent pour se rendre éAngorcha dans
le pa\s d*Abba<Moalle» puissant chef galla dont les pos-
sessions s'étendent presque jusqu'à Abai. Le D' Beke
donne dans sa lettre la description des contrées qu'il a
parcourues jusqu'à son arrivée à Dima , représentée
par lui comme une grande ville de construction ré-
cente, divisée en quartiers, entourée de murs de pierre
et ayant plusieurs maisons également construites en
pierre. De son côté » notre zélé collègue H. Arn. d'Ab-
badie continue de visiter et d'étudier TAbyssinie et
les pays voisins. Les différentes lettres qu'il a écrites
à plusieurs membres de la Société, d'A 'glat, de Barba-
rah, de Monszaivwa, d'Omokoullou , d'Adwa, etc., et
qui ont été insérées dans votre Bulletin, fournissent des
renseignements pleins d'intérêt. M. d'Abbadie fait
connattre leTogray, la région comprise entre l'Atba-
rab,la mer Rouge, Souàkyn etMousrawwa, les pays de
Gach • de Barka et autres cantons de ce territoire , res-
tés presque inconnus. Il décrit le pn}s de Sçoumàl,
contrée également inconnue, dont notre collègue,
M. d'Avexac, a dressé une petite carie d'après les in-
formations de M. d'Abbadie; et enfin, le pays d'Enarya,
canton reculé de la Haute^Ethiopie. En recueillant des
( 536 )
noies géographiques sur le pays qu'il visile, M. d'Ab-
badie réunit aussi de précieuses inrormations sur les
idiomes des tribus abyssiniennes. On en trouvera égale-
ment sur les mêmes pays^dansla correspondance d*QQ
autre de nos collègues, M. Théophile Lefebvre, qui
nous a écrit deux lettres datées d*Adoa, les st mai et
3o août i84i-
EXPÉDITION DU NIGBR.
L'expédition anglaise dite du Niger, qui, sous les or-
dres du capitaîneHenri Trotter, devait ouvrir une com*
munication avec les chefs de la partie dé l'ATrique
arrosée par ce fleuve, et former des établissenaents dans
l'intérieur, a échoué à peu près complètement L'espoir
qu'on pouvait naturellement concevoir , de faire quel*
que découverte géographique , surtout en remontant le
Niger et en se dirigeant ensuite à Testvers les sources du
Tchadda, a été déçu par suite des maladies qui ont dé-
cimé les équipages des bateaux k vapeur attachés à l'ex-
pédition, ce qui a déterminé le gouvernement adonner
des ordres pour qu'elle fût abandonnée. Le capitaine
Becrofl, qui avait, en i84o, remonté avec le navires
vapeur VEthiope la rivière Formose, et pénétré dans le
Delta du Niger, dont il rejoignit le bras principal qu'il
suivit jusqu'au nouveau Bajobo , à environ 9* ^o' de
latitude, a exploré, vers la fin de 1841, la rivière do
Vieux «Calebar et celle de la Croix (Cross-River) , son
affluent jusqu'à Ommann, ville considérable bâtie dans
une lie à 70 milles environ au N.-O. i/4 N. de l'em-
bouchure. On sait que grâce au zèle de cet officier.
rJIbert, l'un des bateaux h vapeur envoyés par le gou-
vernement anglais, sortit d'une position périlleuse, et
( 557 )
parvint à descendre le Niger, d'où il fut conduit à Fer-
nando-Po. On trouvera des renseignements sur l'expé-
dition du Niger dans une relation intitulée : Journaux
des missionnaires Fred, Schô'n et Samuel Crowther^ qui
ont accompagné le capitaine Trotter; cette relation a
été publiée à Londres, en i84t » en un volume in-i9 ,
avec une petite carte des rivières Niger et Tchadda, dres-
sée par M. James Wyld. Du reste la carte du cours du
Quorra dressée par le commandant Allen , qui avait
fait partie de l'expédition de Lander en Afrique, et que
l'amirauté avait publiée en i84o, a été reconnue
comme parfaitement exacte.
AFRIQUE N&RIDIONALB.
Plusieurs ouvrages ont paru cette année sur celte
partie de l'Afrique. L'un , intitulé : Fojrage à la côte
orientale de V Afrique méridionale , est cité avec éloges
dans le compte-rendu de la séance de l'Académie des
sciences de Berlin du 6 juin 1849; son auteur est le D'
Peter. Il en est un autre que nous devons à deux Fran-
çais, MM. Arbousset et Daumas, missionnaires protes-
tants, qui mérite de fixer votre attention. Il a pour titre :
Relation (F un voyage d* exploration au nord-est de la colo'^
nie du cap de Bonne-Espérance, forme un volume grand
in-8* accompagné de 1 1 dessins et d'une carte spéciale,
et a été écrit par le premier de ces missionnaires. C'est
pendant les mois de mars , d'avril et de mai 1 836, que
MM. Arbousset et Daumas, établis, l'un h Morija, pays
des Bassoutos, et l'autre à Mekuntling chez les Lig-
hoyas prés de la colonie anglaise, dite du port Natal , '
ont fait, entre l'Orange et le Namagari, une excursion
q'Jli parait n'avoir pas été sans résultat pour la géogra<
xvni. JANVIER. 10. 35
( 558 )
pliic et la stulistîque de la partie sud de l'Afrique
qu'ils ont parcourue. Ces missionnaires onl étudié, et
plus soigneusement décrit qu'on ne l'avait fait avant
eux, plusieurs tribus indigènes. Ils ont révélé an fait
inconnu jusqu'à présent , celui de l'existence de hor-
dos cannibales dans le voisinage des Haloutis . et trouvé
la source des principaux fleuves de l'Afrique méridio-
nale dans une montagne qui eouronne au nord la
chaîne des montagnes Bleues. On sait enfin par eux que
rOrango , le Galedon » le Namngari , le Letouélé et le
Monouenou ont tous une commune origine et s'échap-
pent dans la direction sud-ouest , sud , nord , et nord-
est des flancs d'une montagne qu'ils ont,, par ce motif,
appelée le Monl-anx-Soitrces,
AMÉRIQUE.
Cartes hydrographiques-^
Le Dépôt de la marine a fait paraître cette année
sur l'Amérique : i^ une Carte des cotes septentrio»
nales du Brésil, depuis Maranham jusqu'à la rii^ière des
Amazones^ dressée par M. Daussy , d'après les maté-
riaux les plus récents, quoique encore un peu incer-
tains. Ces parages, explorés jusqu'ici avec peu de
précision , laissent beaucoup à désirer. M. Daussy a
employé tous les documents qui pouvaient fournir
quelques renseignements sur ces côtes , et il a donné
dans la Connaissance des temps pour i845» la dis*
cussion des longitudes de deux pointa de Temboudiure
de l'Amazone, Tlle de Bailique et celle de Maraca, qui
lui ont servi pour cette carte; a* Une Carte kydrogra-
( 559)
phique des j4n(Ules ^ dressée par M. Keller, ingéDieur
hydrographe, qui a fait usage pour sa confection des
derniers travaux des Espagnols et des Anglais. Je crois
devoir nocnlionner ici la nouvelle édition du Routier des
îles Antilles t des côtes de Teri^- Ferme et de celles du
golfe du Mexique, rédigé au dépôt hydrographique de
Madrid , et traduit pour la première fois en 1829 par
M. Chaucheprat, à cette épo]ue lieutenant de vais-
seau, et aujourd'hui secrétaire-général du ministère de
la marine. Le routier des Antilles, publié sous les aus-
pices de ce département, vient d'obtenir en France une
4* édition, en 9 volumes. M. RigauU de Genouilly» ca-
pitaine de corvette , qui a revu cette traduction sur la
dernière édition donnée en iHSy à Madrid, y a introduit
des améliorations essentielles, par les emprunts qu'il a
faits au IFest Indinn Directorjr , au Nautieal Magazine ,
et à Y American coast Pilot, M. le lieutenant de vaisseau
Dupérier, a donné» dans le numéro des Annales mari-
times du mois de mai dernier, des notes instructives
sur r atterrissage du Rio de la Plata , et sur les différentes
routes que ton peut suii^re pour remonter ce fleuve jusqu* à
BuenoS'Ajrres. Ces notes recueillies à la hâte , dit
M. Dupérier, dans les rares moments que laissait inoc-
cupés le service d'un pénible blocus, ne peuvent pas,
par conséquent, avoir le mérite d'exactitude d'un tra-
vail hydrographique , et ne sont destinées qu'à appeler
l'attention du navigateur sur la profondeur des eaux,
à l'ouverture et en dedans du Rio de la Plata, ainsi que
sur la qualité du fond : la connaissance exacte de la
sonde rendrait certainement presque nuls les dangers
qu'appréhendent tant les marins qui fréquentent ce
fleuve.
L'amirauté anglaise a publié en i84i et i84s, plu-
(540 )
sieur» belles cnrtes hydrographiques, relatiTea à TA-
mérique, doat je donne le détail en note (i).
La rivière de Saint-Laurent, depuis Montréal jusqu'à
nie d'Anlicosli, et les rives septentrionales du golfe de
ce nom jusqu'au détroit de Belle-Ile, ont été levées par
le capitaine BayTield , qui est occupé maintenant
(i) Cartes Bycîroçraphique* an(g{laises publiées par l'amiraoté e»
1841 ei 1843 :
AMÉRIQUE MÊBIDIOSALK.
jinse Gamkacho, doits le port âe Samanco^evé en i836, p«r
W. Reaumont, master^ publia en 184a.
Échelle, 53 millimètres pour 1 mille.
Ile WoUaston, — 3 plans levé» p «r les officiers du Bea^U en 1.834,
publiés en i84i*
Échelle , 1 3*" pour 1 mille , savoir :
Ile Saint'Martin^» baie Philipsbnrg — rocher Man ofwar^ i84'-
Échelle 75* pour 1 mille.
Esquisse de la baie de Matagorda , par un officier au service du
Texas, communiqué par le commander Ilamiltof>, i84i*
Échelle, 9«,4 pour i mille.
AMéniQDB SBI>TKMTni01IM.C.
Côte orientale de f Amérique du Nord, — Carte du ^Ife Saimi-
Lnurenti levée par le capitaine BayfielJ de 1837 à 1 839, publ. en 1841-
Échelle, i»,6a pour 1 mille.
Golfe Saint» Laurent. — Plan de la baie Mivamichi^ \e\4 par le
même, en i84i>
Échelte , 25" pour 1 mille.
Fleuve Saint- Laurent. — Rivière Saguenay^ levé par le même ei»
i83u, i84o.
Échelle, 17"' pour i mille.
Carte des Iles Turques^ par le capitaine R. Owen, comprenant Talter-
rage de tous les rôlp«, ainsi que le banc et la roche de TEndynion,
dans le sud.
Échille, 38 m. pour 1 mille.
(54i )
'Sur les fWes méridionales du golfe le long des côtes
du Nouveau Brunswick, et lève l*tledu Prince Edouard.
La côte de Mexico et les lies Bahama ont été explo-
rées par le commander Barnelt et M. Lawrence. Les
détails de ces dernières lies étaient, ii y a peu de temps
encore, absolument inconnus, et leur longitude offrait
en quelques endroits des erreurs qui s'élevaient jus-
qu'à un degré. L'examen minutieux des nombreux
écueils et des bancs qu'on trouve dans ces mers , pro-
duira un avantage réel. Le commander Bamett finit
maintenant l'intérieur du golfe du Mexique ; il a déjà
déterminé quelques récifs dangereux situés au lar*ge
de la côte de Gampèche.
L'Espagne même a fourni son tribut à l'hydrographie
de l'Amérique-; car le Dépôt de Madrid a dressé et
publié en 184 a la Carte particulière et chorographique
de Vile de Puerto-Rico et des îles voisines. On lui doit
égalen^nt un Pian du port de Rio^ Janeiro et de la baie
fia Saint-'Esprit, Ce dernier était à la gravure en dé-
cembre 184s.
M. le professeur F.-R. Hassler, né en Suisse et natu-
ralisé américain» a été chargé depuis longtemps, par
le gouvernement des États-Unis, de lever le plan de
toutes les côtes de celte immense république. On a mis
sous ses ordres plusieurs officiers de marine et d'autres
collaborateurs, et depuiscinq ou six ans il s'occupe de
ces tra?aax hydrographiques avec des instruments
qu'il a achetés en France et en Angleterre; mais il n'a
encore rien publié.
Cartes géographiques.
Nous devons à don José de la Torre une Carte de
aie de Cuba et terres circonifoisines^en une feuille. Cette
l 54» )
pelile carte ethnographique ei historique donne les
roules suivies par Christophe Colomb lors de la dé-
couverte rie ces contrées (i), et indique les premiers
établissements des Espagnols; elle est destinée i servir
d'illustration h une histoire ancienne que M. de la
Torre se propose de publier. On y trouve les divisions
territoriales qui existaient à l'époque de l'arrivée dts
Espagnols, et de plus l'itinéraire de Coloaib daos
son premier voyage. Les renseignements d'après les-
quels cette carte a été composée sont puisés en par-
tie dans des documents restés jusqu'à ce jour iné-
dits, et que M. de la Sagra a publiés dans l'appendice
de son ouvrage. Une autre Carie de Pi/e de Cuba a
aussi paru cette année» à Paris; elle doit servir à l'his-
toire de cette lie par M. Ramon de la Sngra » et en
représente l'état actuel. Elle offre de l'intérèl sous
les rapports orographique et hydrographique. Les
cartes géographiques qui accompagnent Y Histoire et
la description des voies de communication aux Etats-
Unis^ etc., de M. Michel Chevalier, sont utiles à con-
sulter parce qu'elles ont été construites d'après les
derniers matériaux géographiques qui ont paru de
l'autre côté de l'Atlantique. Quant à leur exécution ,
c'est en faire un suffisant éloge que de dire qu'elles
ont été gravées par M. Pierre Tardieu.
Je citerai aussi la carte des départements de JCalisco ,
Zagatecaset Àguas-CalienteSf construite parle capitaine
(i) M. de Mavanete avait d^j^ donaé les routes $aivirs p^t
Christophe Colomb pendant ses différents voyages, dans la carte <)»i
aiTompagne le premier volume de la Collection </es Foya^tt et Dé-
couvertes que lesEspagnoU ont faits par mer depuis la fin du xv* jièc/r,
H que j*ai jointe également ^ ma tra<luction français.
( 545 ')
de frégate de la marine mexicaine don José Maria Nar-
vaez, et dont la publication a été ordonnée en i84o
par le gouvernement du Mexique. Cette carte a été
gravée en i84s à l'établissement géographique de
Bruxelles. Celles des autres départements mexicains
seront exécutées d'après les matériaux que M. A. Ga-
leetti a recueillis dans le voyage qu'il a effectué de 1 835
à i84i« Ces cartes doivent accompagner le grand ou-
irrage d'bistoire natiireU«; que ce voyageur prépare
en ce moment sur le Mexique.
Je citerai encore la Carte de la Guyane anglaise d'Ar-
rowsmith» qui a paru en i84s , et je terminerai enfin
par la Carte de l^jimérique méridionale , que le même
géographe a publiée en une feuille au mois de mai de
cette année » d'après des documents originaux dans
lesquels figurent les levés faits en i834 et i855 par
les officiers des navires de la marine royale anglaise
VÂdifenture et le Beagle» On a «représenté à plus
grands points, et à part dans les marges de cette
carte, dédiée au capitaine Filzroy , les Iles Faickland ,
les Galapagos (i) , le port de San Carlos et les côtes
de la Patagonie jusques et y compris le cap Horn.
(i) Je crois devoir faire remarquer ici qu'il n'est pas une seule
des îles Galapagos qui ne porte un nom aiiçlain sur la carte d*Ar-
Towsniith, quoique ces îles eussent reçu des noms espagnols an-
térieurement k Gowley , le premier navigateur anglais qui les dé-
baptisa arbitrairement vers la fin du xvii* siècle. Ainsi les noms de
Mtucarin, Tabasco ou Tobaco, del Diabloj de la Salud , de San
Barnaba^ de Santiago^ etc., noms primitifs, furent changés par lui
en Carlos^ Crosman^ Bindtos^ Eures^ York ^ Norfolk y etc. De-
puis, d'autres navigateui-s anglais ont jugé convenable de changer
même ce qu'avait fait leur propre compatriote, et dans la carte
qui accompagne la relation des voyages de Vancouver (1795), dans
cfUes de Davidson , du capitaine Basil Hall et de John Rire ( 1823 ) et
enfin dans eelle dont je m'occupe ici , dressée en 1 835 par les officiers
( 544 )
Voyages , ouvrages géographiques , etc.
Plusieurs grandes publications géographiques, com-
mencées antérieurement a l'époque qui nous occupe,
ont fait quelques progrès en i849. C'est ainsi qu'oo u
publié cette année les 55' à 69* livrabons du Voyait
dans r Amérique méndionale de Ai Alcide d*Orbigoy ; el
les Sa* à Sg* de V Histoire physique , politique et naturelle
de Vile de Cuba , de M. Ramon de la Sagra ; que les
sept livraisons dont se composent les Plies et souvenirs
de V Amérique du nord de M. Francis de Caslelnau, ont
paru en 1 84» • et que le Voyage dans lUtUérieur de l'A-
mérique du nord du prince Maximilien de Wied-Neu-
wied, exi'^cuté de iSSs à i834. a vu augmenter le oom-
bre de ses livraisons. Les i5', 1 6 -, 1 7*' et 1 8* livraisons de
ce dernier voyage , qui se publie en allemand à Co-
blentz sous le format in-4^y ont paru en i84i et i84s-
Les Commtmications intérieures de r Amérique septen^
trionale, tel est le titre d'un ouvrage de feu M. Gertsoer,
du Beagle y on trouve les noms ê^Âlbemarle^ ^ Indefati^obte^ lie
Chatham , de James , de Charles^ de Hood, etc., substitués à ceiii que
Gowley avait imposés sans aucun droit. Ce qu'il y a de plus extraordi-
naire, c'est de voir que les noms anglais ont été adoptéssar les cartes
de notre propre Dépôt de la marine. Une semblable confusion ne peut
que nuire aux progrès de la géographie, et c'rst par ce motif que j'ai
dû consigner ici mon observation. Un navigateur n*èst,à mon avi^,
fondé à imposer un nom qu'aux lii;ux qu'il découvre le premier et
qui n'en portent pas encore. L'usage adopté par feu le contiv-ami-
ni Dnmont d'Urville et p;ir quelques autres marins, de con.«erver
aux lieux nouvellement visités les noms que leur donnent les habi-
tants, ne saurait être trop recommandé; il serait bon toutefois de con*
server aussi, p^urrviter toute confusion , ceux qu'à tort*ou à raison
on a imposés aux groupes et aux principales îles, et qui ont reçu une
espèce de sanction du temps.
( 545 )
dont M. Rlein a publié à Vienne, en i84'if après la
mort de Fauteur, le premier volume avec i5 planches
et une carie. Je citerai également les Observaliofis sur
les Etats-Unis de l* Amérique septentrionale pendant une
visite phrénologiqiie faite en i838, 3g et 4o» P^i*
M. Georges Combe» qui ont paru en 184 1 à Edimbourg
en 3 vol. in-is . accompagnées d'une Carte des princi-
paux canaux et chemins de fer des Etats- Unis et du Ca-
nadap dont le chapitre I" est consacré au voyage de
l'auteur de Bristol à New-York ^ et le Livre des Indiens ,
ou biographie et histoire des Indiens de l'Amérique
septentrionale , depuis la première découverte jusqu'à
l'année i84if publié à Boston , en un vol. grand in-8%
par Samuel G. Drake, et déjà parvenu à sa 8« édition.
Cet ouvrage contient des détails pleins d'intérêt et
puisés à des sources authentiques sur les migrations
et l'histoire en général des différentes tribus indiennes,
dont M. Drake se montre le zélé défenseur. \
Les lies Antilles ont été récomment explorées
par plusieurs voyageurs dont les publications n'ont
pas fait faire de grands progrès à la géographie; nous
citerons cependant : Un hii^er aux Antilles eu i83g et
en i84o» par Gurney, traduit cette année en français;
et le Voyage aux Antilles française^ anglaise y danoise^
espagnole y etc., de M. Granier de Cassagnac , qui
n'a donné encore que la première partie consacrée
aux Antilles fiançaises. La notice de M. Maussion de
Candé , capitaine de corvette , sur le golfe de Hondut*as
et la république du centre Amérique ^ insérée dans notre
Bulletin, fournit des informations qui manquaient,
et l'on trouve de bons renseignements sur les iVJon*
tagnes Rocheuses, sur la rivière P/f/^^?, que les Indiens
appellent rivière aux Cerfs, l'un des plus beaux cours
( 546 )
d'eau de rAinérique du nord , sur les mœurs, cou-
tumes el usages des Indiens qui en habitent les bords
dans une lettre du père Sinet, écrite de Saint-Louis,
le 7 Février i84i, et insérée dans les Afmahs de la
propagation de la foi.
Gomme ce ne sont pas toujours les gros volu-
mes qui en apprennent le plus» je crois devoir in-
diquer un article inséré dans les Nouvelles annales des
voyages sur Mazatlan et les deux côtes de la mer Fer-
meilley qui donne d'utiles informations hydrofçra-
phiques sur los côtes nord -ouest du Mexique, et
qu'on attribue à un de nos jeunes diplomates , et
des Renseignements topo graphiques sur l* isthme de Ps-
nama et sur les moyens de transport qui y sont offerts
nux voyageurs » que Ton doit à H. Lemoine , coosul
général de France en Bolivie ; on peut les lire dans
votre Bulletin du mois de mars. L'isthme de Panama
occupe en ce moment l'attention du gouvernement de
la Nouvelle-Grenade, et l'on voit dans une note trans-
mise à l'Académie des sciences par M. Warden, que
ce gouvernement fait faire des recherches pour s'assu-
rer de la possibilité de tracer un canal à travers. La
compagnie qu'il a autorisée h construire celte voie de
communication entre les deux Océans, a terminé l'ex-
ploration des terrains à travers l'isthme , et a fait un
chemin provisoire à partir de la baie de Gharera, sur
l'océan Pacifique, jusqu'à la ville de Chagres, sur IV
céan Atlantique. Ges explorations , faites sous la direc-
tion de M. l'ingénieur Morel, paraissent avoir démontré
que l'isthme de Panama , au lieu d'être une chaîne de
rochers, comme le disent la plupart des géographes,
est, au contraire, une vallée de 4 ^^ (3 milles de loo-
j;ueur, où se trouvent plusieurs élévations de forme co-
(547 )
nique, de 7°" à »o« de haut. Entre ces petites bau**
leurs coulent plusieurs rivières qui descendent de
l'extrémité des Andes ponr se jeter» par deux canaux
principaux, les unes dans lu mer Garibéenne par la
rivière de Cbag:res, les autres dans Tocéan Pacifique pur
le Rio-Grande. L'élévation du terrain entre ces rivières
n*est que de i3" au-dessus de la plus haute marée, et
de ai'^yôo au-dessus de la basse marée. Le creusement
nécessaire pour unir les deux mers, au moyen des
trois rivières Vino-Linto, Bernardino et Farran , n*a
que 12 milles et demi de longueur.
Vous trouverez également dans votre Bulletin les
documents que vous a communiqués M. Poinselt, sur
les négociations entre les États-Unis de TAmérique du
nord et le Mexique, relativement à leurs limites res-
pectives ; ils renferment des morceaux précieux pour
la géographie de cette partie du nouveau continent. On
ne lira pas sans profit l'ouvrage intitulé : les Etats-Unis
et la Havane, ou Souvenirs (Vun voyageur, que M.Isidore
Lowenstern vient de publier, ainsi que la Notice historique
et géographique sur la Trinidad de Cuba , com m uniquée à
la Société par M. Trançois Lavallée , et qu'il a fait
insérer dans le Correo periodico de Trinidad. La même
observation s'applique à une nouvelle production de
M. Warden , quoique son titre : Chronologie historique
des États-Unis , semble étranger à la géographie. Dans
des Remarques sur la géographie physique de l* Amérique
du nord, que M. Rafmesque a fait imprimer à Philadel-
phie en 1840, tout est géographique, le titre comme le
fond de l'ouvrage, dont la date est seulement un peu
ancienne. Le Journal d* une résidence sur la cote deMos-
quito, par M. Thomas Young, donne, non seulement
les informations les plus récentes , mais aussi les plus
{ 548 )
complètes et les plus exactes sur cette côte, et sur
quelques parties voisines. L'auteur» député surinteo-
dant de la compagnie chargée de former ua établisse-
ment à la Rivière-Noire « parti d'Angleterre aa mois
de juillet iSSg , a continué de résider sur les lieux jus-
qu'à la fin de i84i. Sa relation contient aussi une
esquisse de son voyage de retour par Balise et New-
York au commencement de 1849*
Les Excursions dans Vile de Ten^- Neuve et ses «»-
dirons t pendant les années iSSg et 1840, et Terre»
Neuve en \%l^^ ^ faisant suite au Canada en 1841 » deux
ouvrages qui viennent d'être publiés en Angleterre,
nous fournissent les renseignements les plus exacts et
les plus étendus sur celte lie si intéressante sous tant
de rapports» et presque une terre inconnue ^ même pour
les Anglais » malgré les débals récents qui ont eu lieu
au parlement à son sujet. Chacun de ces ouvrages se
compose de a volumes in•8^ Pour remplir convena-
blement la mission géologique dont il était chargé è
Terre-Neuve , M. J.*B« Jukes» à qui l'on doit le pre-
mier des ouvrages ci-dessus , a traversé le pays dans
toutes les directions, contourné les côtes dans un na-
vire frété à cet effet, et visité quelques unes des petites
Iles adjacentes. L'Ile de Terre - Neuve est tellement
couverlede lacs nombreux et d 'étangs , elles arbris-
seaux sont si touffus qu'il est louUà-fait impossible
de voyager dans certaines parties. Le géologue anglab
a donc rencontré des difficultés peu communes, et il
a fallu toute l'ardeur de son zèle scientifique pour les
surmonter. Il a donné dans un appendice un som-
maire de l'histoire naturelle de l'Ile, et un relevé
géologique détaillé. On doit regretter qu'il n'ait pas
accompagné son ouvrage d'une carte , eût-elle été sur
( 549 )
une petite échelle. Le chevalier Bonnycastle , lieute-
nant-colonel du corps des ingénieurs «auteur AeTerre*
Netwe en i849, peint cette colonie couleur de rose,
dit un critique de la Uterary- Gazette. Tandis que
M. Jukes l'a représentée telle qu'il Ta vue, M. Bon-
nycaslle la peint peut-être telle qu'il espère qu'elle sera
lorsque ses côtes occidentales seront colonisées, qu'une
nombreuse population civilisée l'habitera, que des
routes y seront tracées, et enfin que l'intérieur aura
été exploré. Il n'est pas toujours d'accord avec
M. Jukes, et a sur lui l'avantage d'avoir joint à son
œuvre une bonne carte de l'Ile.
On trouvera des renseignements précieux , et qu'on
peut considérer à peu près comme officiels, sur les re-
lations commerciales du Paraguay ^ de Panama et de
la haute Californie ^ dans le Bulletin du ministère du
commerce du mois de novembre i84i •
La Belgique ne veut pas rester en arrière des autres
nations en fait d'explorations; elle aussi envoie des
expéditions scientifiques pour visiter les payslointains;
l'une a été chargée d'explorer les parties méridionales
du Mexique, sous la direction de M. Ghiesbreght, et
l'autre, -dont la direction est confiée à MM. Linden et
Finch, doit visiter le Brésil , les rives de TOrénoque,
les provinces de Yucatan et de Tabasco. Une autre
expédition partie du même pays, également pour l'A-
mérique, a été envoyée par une compagnie belge sous
les auspices du gouvernement pour explorer une par-
tie de la province de yera Paz; elle se trouvait au
commencement de i84s dans les environs du lac izabiil
et du golfe Dulce. On compte parmi les explorateurs
des artistes, des botanistes , des zoologues, des géo-
logues el des géographes , ce qui fait supposer que la
science esl inléressée pour une partie dans celle eipc*
dilîon , quoiqu'elle doive son origine à une associalion
industrielle.
La relation du Voyage dans la Guyane et sur les
Titres de VOrénoque, exécuté dans les années i83d à
1839, par M. Robert Herniann Sctiomburgk , auquel
vous avez décerné une médaille au mois de juin der-
nier, a été d'abord insérée dans lo journal de la Soctélé
géographique do Londres. Elle a été réimprimée en-
suite à part en anglais, ol elle vient d'être reproduite
en 1841 , à Leipzig, en langue allemande, en un volume
grand in-S''^ par M. O.-A. Schombui^k, avec une
préface de M. le baron Alexandre de Humboldt.et
des observations sur quelques positions astronomiques
de la Guyane. La même carte qui se trouvait jointe;!
la relation publiée dans le journal de la Société géo-
graphique de Londres, se retrouve dans l'édition aile
mande, et on y a joint six vues coloriées.
L'ouvrage que M. Scherpf a publié en 1841 à Augs-
• bourg, sur l^ Origine et F état actuel de la république du
Texas ^ en un volume in- 8*, avec s cartes, doit être
consulté. J'en dirai autant de l'ouvrage de M. Koep-
Ri , intitulé: la Nouvelle Suisse^ colonie de VJméH'
que septentrionale , ou Description de son état dans les
dernières dix années^ qui a paru à Luceme en 184^.
et je vous engagerai à lire quelques notices que TId*
slftut historique et géographique du Brésil a publiées
dans son journal, bien qu'elles se rapportent à desex-
plorations dont quelques unes sont Fort anciennes , car
< lies remontent au xvii* siècle , mais elles sont non
vclles pour nous, puisque nous ne les connaissions pas
«l'en citerai seulement deux écrites en portugais, et
qu^il serait peut-être utile de traduire dans notit
( S5i )
Bullelin. La première sur les missions de Ceara , Maran^
ham , Para et de la grande riçière des Amazones , a été
écrite le 1 1 février 1607, à Maranham, par le |5ère An-
toine Vierra , de la compagnie de Jésus , et la seconde
esl un Mémoire sur la découverte et la colonisation de
Gnerapura. On la doit au père François de Ghagres
Lima» premier chapelain de l'expédition faite en
1809.
Il esl fâcheux que Timpression de VExamen cri-
tique de Chistoire de la fjéographie du nouveau conti-
nent et du progrès de V astronomie nautique , aux xv* et
XVI* siècles , qui se publie à Paris et doit former dix
V)lumes in-8®, dont cinq ont déjà paru, n'ait pas
avancé cette année. Le monde savant doit vivement
désirer que M. le baron Alex, de Humboldt termine
bientôt cet ouvrage.
OCËANIE.
Cartei hydrographiques.
Deux cartes hjrdrographiques ont été publiées cette
année sur l'Océanie par notre Dépôt de la marine , sa-
voir : celle des ilcs Marquises ou archipel de Mendana
ou de Nou kn-biva , ayant en ce moment un intérêt
tout-à-fail de circonstance, et celle d'une partie do
V archipel des Galapagos ( i ), situées à environ 1 5o lieue»
de la côte occidentale de l'Amérique méridionale.
Toutes deux ont été levées et dressées en i838 par
M. de Tessan , ingénieur-hydrographe à bord de h>
frégate /a Vénus ^ sous les ordres de M. le capitaine
(r) Voir In note page 543.
( 55.)
de vaisseau A. Du Petit-Tliouars, aujourd'hui conlre-
amiral. Les oI)servalions astronomiques aux résultais
(lesquelles les positions des lies sont assujetties, ont été
calculées par M. Enout.
Une grande partie de la côte nord-ouest de l'Austra-
lie venait d'être explorée par le capitaine Wickhatnde
la marine royale d'Angleterre, lorsque cel officier dis-
tingué fut forcé de rentrer dans sa patrie pour y réta-
blir sa santé. Le lieutenant Stoke, qui l'a remplacé, a
découvert plusieurs rivières navigables qui déboucheol
dans le golfe de Garpenlarie; on manque encore de
détails sur cette nouvelle intéressante. La suite de
l'exploration de ces mers est confiée au capitaine
Blackwood et à M. Yule, qui sont chargés d'examiner
le grand récif qui s'étend du 95* de latitude sud au dé-
troit de Torrès, de lever ce détroit, et d'étendre leurs rc
cherches le long de la côte méridionale de la Nourelie-
Guinée et de la Louisiade.
On trouvera énumérées en note les cartes hydro-
graphiques que l'amirauté a publiées sur l'Océauie,
de 1841 à i84fi» d'après les travaux des officiers de la
marine anglaise (1).
(1) i« Détroit de la Sonde ^ levé par le capitaine Ross , en 1819, pu-
blié en 1841.
Échelle de. 4 millimètres 9 pour i mille.
Port de Marak dans le détroit de la Sonde > levé par C Bi*
ley , en 1812 , publié en 1841*
Échell»{ aa6"* pour i mille.
3* Le$ passages h travers la barrière de récifs au N,^E, de U So»-
velle-Hollande^ levés par le capitaine Asmbore et aulrtu
publiés en i84i*
Écbclle, 4%^^ pour 1 mille.
( 565 )
M. James Wild, dont j'ai déjà signalé les travaux ,
a dressé et publié à Londres, en 1849, une Carte des
îles de la Nouvelle-Zélande , en deux feuilles , d'après
les levés des officiers des marines anglaise et française ,
et les observations des marins employés par la Com-
pagnie de la Nouvelle-Zélande , en s'aidant en outre
de travaux particuliers.
Le bureau hydrographique de Madrid a fait paraître
en 1841 une Carte du détroit de Carimata entre les îles
BUUton et Bornéo^ qui n'est au reste que la copie de la
carte du même détroit donnée par Horsburgh ; et M. le
professeur Sewart» membre de la commission des of-
ficiers de la marine néerlandaise, a publié , à Amster-
4* Porî Nieholson , dam VtU du Nord de la Nouvelle-Zélande,
leyé par M. E.-M. Chaffers , en iSSg, publié en i84a*
Échelle , 5o"> pour i mille.
Plan du canal Tory dans le détroit de Cook^ parle même, i84a-
Échelle ,11™ pour i mille.
5" Jfe$ Chatham, d^aprèi M. Fournier, lieutenant de vaisseau,
et Ch. Reaphj en 1840. publiées en 1843.
Échelle, 6%3 pour t mille.
6" Les ports de Papieti , de Toanoa , Papawa^ et baie Matawai
h Otahiti^ levés par le capitaine Reechey, en i8a6, publiés
en i84i<
Échelle, 75*° pour i mille.
7" Les tlesGalapagos{ï), levées par le capitaine Fitzroy, en 1 836,
publiées en 1 84 1 .
Échelle, 3", 1 3 pour 1 mille.
Juan- Femandet, levé parD.-F. Ansadorde Amaya, en 1795.
publié en i84>*
Échelle, I7"*,5 pour 1 mille.
^ Baie de Cumberland dans Ctle de Juan^Fernandez , levée par
les lieutenants Graves et Stanley, en i83o, publiéeen 1841.
Échelle, 74*" pour i mille.
(I) Voyts la notr p. M3.
Xnil. DÉCEMBRE. 11. 56
( 554 )
dam : i^ en i84i « une Carte de la cote occidentale de
Sumatra y de Padang à Taboejong^ par H.-L. Oslhof,
à laquelle sont joints plusieurs plans détaillés à une
plus grande échelle. M. le baron de Derfelden de
Hinderstcîn a fait usage du manuscrit original pour
sa carte générale de Tarchipel Indien ;
a* he plan de la rade de Bâta if ia , relevé trigonomé-
Iriquement par l'ordre du contre-anairai Lucas.
y Bn i8/|9 , une Carte des iles à l'est de Java^ dres-
sée par C.-W.-M. Van de Velde , aspirant de marine.
C'est proprement la carte de Horsburgh » corrigée
diaprés les observations faites sur les lieux, en 1837
et 1839, par les capitaines de vaisseau Edelin^ et de
Vriese, et par le lieutenant de marine de i** classe
de Baars. Elle a été publiée postérieurement â Tou-
vragede M. de Derfelden, qui a eu cependant le manu-
scrit sous les yeux, mais trop tard pour en faire usage,
sa carie étant déjà entre les mains des graveurs. Les
relevés sont principalement pour les côtes septentrio-
uales de Lombok et de Sombatva, la côte sud de Flores
ou Mangeray; el la côte nord-ouest de Timon Lereleté
de Timor a pleinement confirmé Texactitude des li's-
vaux de M. Duperrey. En résumé, cette carie est pré-
cieuse pour l'hydrographie , et il eût été à souhaiter
que M. de Derfelden eût pu Tavoîr à temps pour pro-
filer dos indications qu'elle contient, quelque exacts
qu'aient pu être les autres matériaux qu'il a eus à sa dis-
position. Il a la bonne foi de reconnaître que le nord
de Sombawa et le sud de Flores exigeraient, d'après les
relevés de MM. Edelingk , de Vriese et de Baars , quel-
ques corrections sur s^i carte.
In ouvrage qui fait naturellement suite aux cartes
précédentes est le Relevé de la cote occidentale de
( 555 )
Bomeo , fait par les officiers de la corvette néerlan-
daise Nahalennia , avec une grande carte qui s'accorde
exactement avec celle de Huiler» dont M. de Der-
felden a fait usage. Ce relevé a été inséré au mois de
novembre i84s » dans le Journal de la Marine ^ publié
en hollandais par J.-C. Pilaar et J.-M. Obreen» in-8*
avec des planches et des cartes , et paraissant à des
époques' irrégulières. Ce journal est à peu près dans
le même genre que les Annales maritimes et coloniales
de France.
Cartes géographiques et autres.
Je citerai en première ligne la Carte générale des
possessions néerlandaises dans le grand-archipel Indien »
que nous devons à M. le baron de Derfelden de Hin-
derstein, et qui se publie » ainsi qu'un Mémoire expli-
catif» en on volume in 4** par ordre de S. M. le roi des
Pays-Bas. Quatre grandes feuilles comprenant la près*
qu'Ile Malaise, Sumatra, Bornéo» Célèbes , les Molu-
ques» et toutes les petites lies voisines jusques et y com-
pris Timor» ont paru avec un grand nombre de plans
particuliers. Ce grand et beau travail . à la fois géogra-
phique et hydrographique, extrêmement détaillé, dont
notre illustre collègue» feu le contre-amiral Dumont
d'Urville» faisait un très grand cas» mérite l'estime du
monde savant, et fait honneur au gouvernement des
Pays-Bas qui le protège» comme à H. le baron de
Derfelden qui le dirige et le publie.
VOYAGES, OUVRAGES GÉOGRAPHIQUES, ETC.
Malaisie.
Le premier ouvrage géographique sur cette portion
de rOcéanie appelée Malaisie^ que je citerai, parce
{ 556 )
qu'il complète le travail de M. de Derfelden , est le
Recueil descriptif', historique, géogreipkique , eic., de
VInde néerlandaise , par le capitaine P. • P. Ronda
van &)singlia. On a publié à Amsterdam, de i84o
à 1849, 5 volumes grand in-S" de cet ouvrage qui
n'est point encore terminé. C'est le plus remar-
quable et le plus exact sur les colonies néerlandaises.
Son auteur, professeur de géographie et de langues
orientales à l'Académie militaire de Breda , est un
homme fort instruit qui a résidé longtemps aux
Indes.
Je mentionnerai ensuite le Traité de rhistoire natu-
relle des possessions dans les Indes orientales^ etc.,
de Muller. Ce traité, qui se publie à Leyde» forme une
espèce d'encyclopédie indo-colootale. C'est un bel ou-
vrage pittoresque, enrichi de planches représentant
des sites, vues, etc., avec un texte donnant de bons
renseignements sur l'histoire et la géographie. Il est
écrit, de même que le précédent, en langue hollandaise.
C'est en allemand que M. Fr. Epp vient de faire
paraître , à Heidelberg , les Tableaux de l*archipel
Indien; et c'est aussi dans la même langue qu'a été
publié le Voyage a Vile de Java, etc.^ de M. le doc-
teur Franz Junghuhn , officier de l'établissement hol-
landais dans cette Ile; il est accompagné de remarques
du docteur Ness von Esenl>eck» professeur et président
de l'Académie des sciences naturelles de Breslau. Un
jeune diplomate français» M. Maurice d'Argout, a
voulu aussi apporter son tribut , en publiant , à Paris ,
en 184^» une brochure intitulée: Java, Singapore et
Mtunlle, Elle a un but d'utilité pratique , celui d'indi-
quer quels sont les intérêts du commerce français dans
Tarrhipcl Indien, f*t les moyens de développer nos re-
( 557 )
lalions commerciales avec ces contrées. On y trouve des
détails utiles sur l'administration, la population et les
ressources de la colonie de Singapore» etc. Une lettre
écrite à notre Académie des sciences par M. Tévêque
d'Amata dansl'Océanie centrale, prouve que nos mis-
sionnaires ne veulent pas rester étrangers aux progrès
des sciences. Ce prélat mande que ses confrères éta-
blis dans les Nouvelles- Hébrides, la Nouvelle-Calédo-
nie, Samoa et Tonga, sont disposés h faire dans ces
pays les diverses observations de météorologie et ûe
physique du globe qui pourraient être jugées utiles
pour l'aTanceraent de la science , et qu'ils demandent
à ce sujet les instructions de l'Académie.
Polynésie.
Sous le titre de Polynésie y auquel il donne une accep-
tion plus étendue qu'on ne l'admet généralement , le
révérend docteur Russell vient de publier & Edimbourg
une notice historique sur les principales lies de la mer
du Sud» la Nouvelle-Zélande comprise. Si Ton s'en
rapporte BtxMonthijr Review et b VEdinburgk Magazine^
l'ouvrage du docteur Russell , qui est accompagné d'une
carte , forme l'un des meilleurs volumes de VEtlinbnrgh
Cabinet Library^ et donne des informations précieuses
sur l'introduction du christianisme dans les lies de la
mer du sud, ainsi que sur la condition des habitants
en ce qui concerne la civilisation , le commerce et les
arts de la vie sociale.
Australie,
On trouve quelques informations curieuses, sans être
bien étendues , sur la Nouvelle-Zélande , ce groupe
( 558 )
d'Iles qu'Abel Tasman découvrit le i3 décembre i64i»
que Cook a visitées dans son voyage de 176g & 1774»
et qui occupent en ce moment tous les esprits • dans le
récit d'un matelot français, que H. le docteur Eugène
Robert a communiqué à la Société. La correspondance
des missionnaires catlioliques, que s*empressent de re-
cueillir les Annales de la propagation de la foi ^ en four-
nissent aussi» principalement sur les mœurs et les usages
des habitants; et il est probable que les deux volumes
que vient de publier sur la Nouvelle-Zélande M. C. Hen-
pliy, et que je ne connais que par l'annonce du numéro
d'octobre dernier de VEdinburgk Rei^iew , en fourois-
sent également.
Les renseignements du capitaine anglais William
GornuvallisSymonds, qui a péri si malbeureusemenl
au mois de novembre dernier, sont plus précis. C'est
la partie septentrionale de l'Ile qu'il a d'abord explo-
rée, et suivant une lettre qu'il écrivait d'Auckland, le
4 octobre dernier» il aurait réussi à pénétrer dans l'io-
térieur de l'Ile, dont il préparait une carte avec ses ob-
servations , ainsi qu'un vocabulaire de 5,ooo mots, qui
complétera» sans doute , lorsqu'il sera publié» le vo-
cabulaire néo-zélandais 9 recueilli en i838 et iSSg» par
Guido Malulesta» chez les différentes tribus de Toko*
lubo » Akaroa, Piréka » Taoneroa et de la Baie des Iles,
et communiqué aux Nouvelles Annales des ifoyages.
Le capitaine Symonds avait tracé le cours des ri-
vières de Waipa et Waicato jusqu'à leurs sources» de
même que celui de la rivière Tbames » et avait reconnu
les sources des rivières Wanganai et Manewatu qui se
jettent dans le détroit de Cook. Il avait visité les vingt
lacs qui occupent une grande portion des parties N.-E.
cl centrales de l'Ile, et inspecte^ les sources chaudes
(559)
qui du mont Edgecombc , dans la baie Plenty, courent
directement à la côle occidentale auprès du mont Ëg*
mont. La rivière Owerrie fut explorée en i84o par un
détachement du Pelorus , qui lui donna le nom de ce
vaisseau; ses eaux sont assez profondes pour servir
d'espèce de port de refuge dans le détroit de Cook ,
quoique son entrée ne soit pas aisément aperçue.
Presque tous les marins et les géographes, en tète
desquels je citerai Adrien Balbi, avaient considéré
jusqu'ici la Nou^felle-Zélcinde y qu'on avait cru d'abord
ne former qu'une seule lie , comme composée de deux
grandes lies ; dont la plus septentrionale qui est la moins
étendue, quoique la plus peuplée, s'allongeant du N.
au S. • portait le nom de Eaheino Mautve ou lAa^na-
Mauwi^ et la seconde séparée de la précédente par le
détroit de Cook» s' étendant duN.-E. au S.-O.. s'appe-
lait Taf^^ai-Po^/iammou ou Tawaï^Pounamou{\). Quanta
la petite lie Stewart placée à l'extrémité méridionale de
cette dernière dont on a cru longtemps qu'elle faisait par-
tie intégrante, et dont elle est séparée par le détroit de
Foveaux, on ne la comprenait pas dans ce qu'on appe-
lait proprement Nouvelle-Zélande , du moins on ne la
désignait pas séparément. Hais dans un ouvrage que
(i) Un critique de la Revue britannique prétend que Tile du sud a
été improprement appelée TawaîhPoiinamou par Dumont d'Urville,
qui aurait pris le nom d*un canton de Test pour celui de Tile entière.
Si l'observation est juste , quant au fond , ce que je n*ai pat le temps
de vériBer^ ce n'est point à M. d*UrviUe que le reproche peut être
adressé, car sa carte n'a paru qu'en 1827, et avant lui, la carte de
la Nouvelle-Zélande qui accompagne le voyage de M. Duperrey ,
et qui a été dressée en 18241 par l'infortuné Blosseville , en s'ap-
pnyant sur des observations faites en i8a3 par le capitaine anglais
Edwardson, commandant le cutter le Snapper ^ donne h l'île du sud
le nom de Tawai'Poenammou.
( 56o )
M. Charles Ferry vient de faire paraître à Londres (i),
et qui est accompagnée d*une carte et d'un plan de la
ville (projetée) d'Aakland à laquelle on donne le Utre
de capitale de la Nouvelle-2iélande, et des districts
voisins, tout est changé ; la Nouvelle-Zélande est com-
posée de trois Mes; Eaheino-Mauwe , s'appellera Ne%v^
Ulster; Tawaî-Poenammou , New-Munster et l'Ile Sie^
wart recevra le nom de Nevip-Unster. Quant à notre
établissement d'Akaroa, il n'en est fait aucune men-
tion , on le considère comme non avenu. A pari ces
nouveautés qui ne sont pas toutes à l'abri de la critique,
et dont M. Ferry n'est pas au surplus l'inventeur, je
dois reconnaître que son livre renferme des détails in-
téressants pour la géographie de la Nouvelle-2iélande ,
ainsi que sur la prise de possession de cette lie im-
portante par les Anglais. Il sera utile aussi de lire
le nouvel ouvrage que C. Ritter a fait paraître à Ber-
lin en 1849. en un volume in-8*, sous le titre de Co-
lonisation de la Noupelle^Zélandey ainsi que le Vidage
dans la Nouifelle^Zélande , l* Australie du sud et la
Nouifelle'^GcUles méridionale^ du révérend G. Jameson.
Enfin , le rapport de M. Orr au gouverneur Latrobe
sur une expédition à la terre de Gipps dans la partie
sud-est de l'Australie , peut être consulté avec fruit
tJne notice sur les lies Chatham, situées au sud-est de
la Nouvelle-Zélande, a été publiée, avec le concours de
la compagnie qui porte le nom de cette dernière lie, par
M. le docteur Ernest Dieffenbach » médecin naturaliste
de la compagnie ; et la Société géographique de Lon-
dres l'a insérée dans son journal, en l'accompagnant
( I ) NciV-Zeland , ils advantayes and Pfospecis a$ a british coiony-yeÊc»
By Cil Ferry, London, 1843.
(56i )
d*une petite carte. Le {çroupe des lies Ghathaoi) décou-
vert en 1791 , par le lieutenant de la marine anglaise
Broughton » se compose de trois lies. La plus grande
appelée Ware^Kauriip^x les habitants, a reçu le nom
de Ghatham ; une autre plus petite est nommée Rangi-
Haute OM île Pitt, et la troisième, Rangativa ou lie du
sud-est. La superficie de la plus grande des lies
Ghatham est estimée par M. Dieffenbach à environ
5oS,s8o acres, dont 57,600 au moins sont occupés
par des lacs, et sur les 247,680 acres restants, le
sol de 100,000 est très propre à la culture , et le reste
est en majeure partie convenable pour des pâturages.
On y trouve beaucoup de matériaux de construction
et du chauffage, ainsi que de la chaux; l'eau y est
abondante, et les oiseaux aquatiques et les poissons y
sont nombreux. 11 y a de très bons ports sur la côte
occidentale de Ttle , dont le climat est tempéré. Une
lettre écrite par M. Dieffenbach, le i3 janvier 184s,
fait connaître que le grand lac Te fVanga^ qui
était complètement isolé de la mer au moment où il
l'a visité, tandis qu^il y déchargeait quelquefois ses
eaux , est maintenant en communication permanente
avec elle.
OUVRAGES GÉNÉRAUX.
J'ai cherché jusqu'ici à passer en revue, aussi exac-
tement qu'il m'a été possible , les travaux géographi-
ques exécutés depuis un an , ou dont il n'a point
élé fait encore mention , en ne signalant que ceux de
ces travaux qui ont traité séparément , soit d*une des
parties dans lesquelles le globe terrestre a été naturel-
lement divisé , soit d'une fraction de ces parties ; je vais
m'occuper maintenant de ceux qui embrassent, ou le
globe tout entier, ou à la fois plusieurs de ses grandes
( â(>3 )
divisions. Je commencerai par les allas el les caries
générales, el je parlerai ensuite des ouvrages géogra-
phiques généraux, des Dictionnaires, des traités de
géographie , etc.
Atlas , cartes générales,
U Atlas en langue catalane^ manuscrit de l'an iSyS ,
conservé à la Bibliothèque royale de Paris, ne vous
aurait point été signalé , parce qu'il est connu et ap-
précié depuis longtemps , si le texte complet de cet
allas» le monument le plus ancien que Ton connaisse
en France sur Télat du globe avant la découverte de
l'Amérique , et l'un des plus importants pour la géo-
graphie du moyen-âge » n'avait pas été reproduit cette
année par MM. Buchon et Tastu. Je dois ajouter que
ces savants l'ont accompagné d'une traduction qui
donne , autant qu'il a été possible » les noms géogra-
phiques modernes à côté des noms anciens.
La Carie du théâtre de la guerre des crDâiu£e#(Theatrum
bellorum a cruce signatis geslorum» etc. ), pour aerrir
à l'intelligence des écrÎTains de cette époque, et surtout
de l'archevêque de Tyr, dressée en une feuille, par
M. Jacobs , avec les matériaux scientifiques fournis
par U.Teulet» employé à l'École des Chartes, se re-
commande suffisamment par l'approbation de l'Aca-
démie des inscriptions et belles-lettres, sous les aus-
pices de laquelle cette carte a paru.
Parmi les atlas généraux qui ont été publiés ea
France depuis 1841 » je citerai : Y Ados unii^ersel de géo-
graphie ancienne et moderne^ par MM. le colonel Lapie
et Lapie fils. Les cartes de cet allas » parvenu en i84«
à sa 4** édition , ont été dressées conjointement par les
deux auteurs. Il parait que toutes ont été revues, et
( Ô63 )
plusieurs refaites entièrement. Quant à l'abrégé de
géographie physique et historique qui le précède, il a
été, dit-on, remanié et revu avec le plus grand soin.
IJAdas universel de géographie ancienne et moderne ,
dernier ouvrage de feu notre collègue Ambroise Tar*
dieu, se fait remarquer par une exécution pure et
soignée. Il forme un volume in-folio avec le texte
explicatif qui le précède, et dontTauteur est M. Amé-
dée Tardîeu, fils d'Ambroise.
Le Globe • atlas classique de géographie ancienne ei
moderne f dressé par A.-L. Dufour» revu par M. Jomard,
avec une statistique jointe à chaque carte » diaprés la
géographie d^Adrien Balbi, en un volume in 4*» se
compose de 4* cartes gravées et coloriées, et a paru en
1841 chez H. Jules Renouard ; les noms des collabora-
teurs annoncent que cet atlas a été fait avec soin.
Je citerai enfin la nouvelle édition publiée en 184 s
de y Atlas astronomique , historique et géographique de
M. Hech, en 60 feuilles in-folio, avec une Carte de
l'Algérie 9 et le tracé de tous les chemins de fer en con-
struction ou en projet, en France et à l'étranger «
ainsi *que de toutes les lignes des bateaux à vapeur
indiquant les ports où ils abordent.
On prépare en ce moment , à Edimbourg, un atlas
en 5i feuilles format impérial folio ^ qui sera au niveau
des connaissances géographiques, si Ton juge d'après
le prospectus et les noms des personnes qui y auront
coopéré; il coûtera huit guinées. Nous nous borne-
rons à donner son titre : Atlas national de géographie^
historique , commerciale et politique , construit d'après
les documents les plus récents et les plus authentiques,
par Alexandre K. Johnston, géographe delà reine;
avec des cartes do géographie physique , par Henri
( 564 )
Bergbaus , el une carte ethnographique de l'Europe
par le D' Gustaf Kombst.
L'Allemagne a produit aussi an grand nombre
d'atlas et de cartes générales dont je vais énumérer
les principaux :
Je mentionnerai d'abord Vj^Uos géographique, en
8i feuilles in-folio, de M. Stieler, dont le 5* supplément
a paru à Goiha, en f84i ;
h* Atlas géographique t dont Glaser a publié en 184^»
à Manheim, les 6* et 7* livraisons ;
\J Atlas universel de géographie ^ en 27 feuilles, qu*on
doit k Wagner, et qui a paru cette année à Darmstadt;
U Atlas géographique de Sohr, en 86 feuilles in-folio,
dont la 6* livraison a été mise en vente à Glogau en
1842 ;
U Atlas géographique' et historique de Spruner, dont
la 4* livraison , composée de 6 cartes in-folio , a été pu-
bliée à Gotha, en i84i. Les Allemands considèrent cet
atlas comme ce qu ils possèdent de mieux en ce genre,
et le mettent au-dessus de V Atlas français de Lesage
(Las Cases) ; il n'en est probablement qu'une imita-
tion peut être perfectionnée;
L'Atlas géographique et historique de Lowenberg , en
56 cartes in-folio , terminé en t84s » A Carlsruhe , par
la publication des deux dernières livraisons ;
L* Atlas géographique , ethnographique et statistique ,
in-folio, de Dommerich, dont la première partie, com-
prenant la géographie physique , et la seconde consa-
crée à l'ethnographie, ont paru à Cassel en i84t;
L'Atlas mural de toutes les parties de la terre^ de H. de
Sydois, parvenu à une seconde édition, du moins
quant A la première partie, composée de 1 1 feuilles con-
sacrées à TEurope , et qui a paru cette année à Gotha ;
V Atlas de géographie physique de Berghaus, dont
( 565 )
les 7* el S"* livraisons in-folio ont élé publiées à Golha,
en i84i et 1842;
\' Atlas géologique universel^ en 1 1 caries grand in-4'*»
par Léonard , qui a paru à Slutlgard en i84i*
M. Raffelsperger a publié à Vienne , à une époque
que je ne puis pas préciser , mais que je crois récente,
un Atlas typographique ^ qu*on dit remarquable pour
l'exécution et la netteté. Il y a trente ans environ |qu'un
membre de la célèbre famille des Didot avait donné
un travail semblable » sous le titre de Carte typogra-
phique de la France; essai déjà tenté» au surplus» dès
le XVI* siècle , et qui n'avait pas eu de suite.
On doit enfin à M. Bruckner de Neustadt sur-Hardt,
une Carie des deux hémisphères ^ en 8 feuilles in-folio ;
A M. Becknor, une Carte murale fies deux hémis-
phères, gravée à Deux-Ponts, en une feuille in-folio ;
A M. Platt de Magdebourg, une Mappemonde, en
1 o feuilles in-folio ;
Et à M. Roost , une Carte murale de VAsie , de CEu
râpe et tVune partie de V Afrique septentrionale et orien-
tale, dressée à Munich en 4 feuilles in-folio.
Ces quatre dernières publications sont de Tannée
1 84^ ; et c'est en 1 84 1 qu'a^ paru la Carte générale de la
navigation à vapeur, de Mogg.
Au mois de septembre 1841 • M. Boue écrivait de
Voerlau, près Vienne, qu'il n'avait pas encore ter-
miné, avec M. Hauslab , le coloriage géologique du
Relief de T Europe, de T Asie occidentale , et fie r Afrique
septentrionale, auquel il resterait probablement beau-
coup de vides qu'on ne pourrait combler qu'à Parij».
J'ignore si ce travail a été fait , et si l'auteur a publié,
ainsi qu'il l'annonçait, les cartes et les globes indiquant
l'emplacement des grandes chaînes et des grandes dé-
pressions du globe.
( 566 )
Ouvrages géographiques généraux ^ Uictùmnaires géo-
graphiques , Traités de géographie.
L'Académie des sciences de Lisbonne Tient de faire
sorlîrdelii presse le second folumedesf^a^ef^fVftii- 0a.
tnta. On réimprime sous ses auspices un livre très rare
sur la découverte de la Floride^ écrit en portugais en 1 5(7.
et on lui devra la Collection des Notices pour F histoire des
nations d^outre^mer , dont le premier volume renferme
les procès-verbaux des commissaires portugais et espa-
gnols chargés en 1694 de la délimitation des posaes*
sions des deux couronnes en Amérique. Le patriarcbe
de Lisbonne, vice-présidenl de celte Société savante»
a donné depuis peu un Catalogue chronologique des
navigations j voyages , découvertes et conquêtes des Por^
tugais^ effectuée dans les pays d^outre^mer, à par-
tir du XV* siècle^ qu'il a accompagné d*un Mémoire
sur les voyages des Portugais faits par terre dans VInde
et en Afrique dès la même époque. Don Diego Rôpka ,
professeur d'astronomie à l'Académie polytechnique
d'Oporlo » publie en ce moment les ouvrages de dom
Joao de Castro » qui contiendront ses deux Journaux
nautiques de Lisbonne à Goa^ et de cette ville à Diu; le
dernier peut être considéré comme un relèvement
de la côte entre ces deux ports. On espère aussi que
le même savant fera bientôt paraître une copie plus
authentique que celle qu'on possède déjà, du livre de
Duarto Barbosa , contenant A* Amples détails sur Vétat
des découvertes et du commerce des Portugais dans rAfri*
que orientale et en Asie . avant Can 1 Sa 1 .
J'ajouterai que l'amiral Quinlella a publié .récem-
ment, en % volumes in-S"", les Annales de la marine
( 567 )
portugaise^ daos lesquelles on trouve nécessairement
beaucoup de faits géographiques, et que M. le vicomte
(le Sanlarem nous a donné cette année , à Paris • en
Umgue portugaise, deux volumes in-8°d*un grand ou-
vrage sur les relations politiques du Portugal avec les
(liiTérentes puissances du monde, et spécialement avec
TEspagnc, Ces volumes contiennent plus de i5o docu-
ments relatifs aux démarcations des lles.Moluques et
aui délimitations géographiques des territoires appar-
tenant au deux nations dans les dififérentes parties du
(;lobe.
Dictionnaires géographiques.
En général • l^s auteurs des dictionnaires géographi-
ques» comme ceux de beaucoup d'atlas» font faire ra-
rement des progrés à la géographie» parce que» & un
pi'lit nombre d'exceptions près, ils se copient les uns les
iuilres . souvent sans la moindre rectification , et parce
qu'ils ne prennent pas la peine de remonter aux
sources en consultant les relations des voyageurs et
leurs itinéraires. Porter un jugement sur chacun des
dictionnaires dont je vais vous entretenir, serait une
lâche difficile qui demanderait un long temps, et il m'en
resie fort peu pour arriver à la conclusion du rapport
<iue vous avez exigé de moi. Je me bornerai à citer les
litres de la plupart de ceux qui ont paru depuis envi-
ron un an , et qui sont parvenus à ma connaissance.
Le nom de l'auteur du Dictionnaire unii^ersel d^ histoire
et fie géographie ^ terminé en i84a, M. Bouillet , pro-
viseur du collège royal de Bourbon » est déjà une ga-
rantie pour son exactitude. L'histoire proprement dite,
la biographie universelle» la mythologie, la géographie
ancienne et moderne, la géographie comparée, la géb-
.' 568 )
graphie physique ci politique, elc., sont traitées dans
cet ouvrage , qui fomie un gros Tolume de tooo pages.
Il n'a encore paru que trois livraisons du Dictionnaire
géographique et statistique que M. Adrien Guibort pu-
blie à Paris, et dont M. Jules Renooard est l'éditeur.
Le nombre des livraisons doit s'élever à i«; elles for-
meront un volume in-8* d'environ 1600 pages. Le plan
adopté me semble bon; M. Guibert a beaucoup In
avant de se mettre à l'ouvrage, et on doit le louer de
ce qu'il s'est attaché à ne pas défigurer, comme on ne
le fait que trop souvent, les noms des lieux étrangers
Les articles qu'il a consacrés aux pays que j'ai long*
temps habités m'ont paru réunir l'exactitude à la
concision.
Le Dictionnaire général de géographie umvers^le^
ancienne et moderne , de MM. Ennery et Hirth. imprimé
à Strasbourg en 4 volumes in 8*, dont le dernier a
paru à la fin de 1840, et le Dictionnaire universel de
géographie , d* histoire naturelle et de biographie , par
M. V. Tapie, imprimé i Paris en i84s et accompagné
d'un atlas de 1 90 feuilles , sont les seuls qu'il me reste
à citer parmi ceux qu'on doit à des Français.
En Angleterre, M. J.-R. M'CuUoch a publié, à Lon-
dres, un Dictionnaire géographique , statistique et historié
que. Cet ouvrage, composé de deux volumes , dont l'un
a paru en 1841 et l'autre en 1849 t est accompagné de
cartes, et jouit d'une bonne réputation.
M. Adrien Baibi porte un jugement favorable du Dir^
tionnaire encyclopédique^ géographique^ statistique . his*
torique et commercial^ que G. -G. Zanella a fait imprimer
À Venise; mais il n'indique ni de combien de volumes
cet ouvrage est composé , ni la date de l'impression;
il parait certain néanmoins qu'il a paru depuis peu de
(569)
temps. Il en esl de même du Dictionnaire géographique
de Cazalis , dont le savant géographe italien se borne
à donner le titre « en indiquant seulement que c'est en
Italie qu'il a été imprimé.
Parmi les Dictionnaires géographiques généraux pu-
bliés en Allemagne, )e n'en citerai que deux» par la
raison que )en'en connais pas d'autres, quoiqu'il en
existe probablement un plus grand nombre; ce sont :
Le Dictionnaire des sciences physiques de Gehler, dont
je parle ici parce qu*il contient beaucoup d'articles
géographiques d'une haute importance» et dont le
tome X a été publié à Leipzig en 1841 » et le Diction^
noire géographique et statistique universel, dont l'auteur
est M. MoehTer; la première partie du tome II conte-
nant les lettres de L à R» a paru à Gotha , en 1849 ,
Tormat in-8®.
Traités et abrégés de géographie.
Les traités et abrégés de géographie qui se publient
en grand nombre chaque année, soit en France , soit
dans les pays étrangers, ne sont et ne peuvent être,
comme les dictionnaires consacrés à la même science,
que des compilations plus ou moins exactes , plus ou
moins habilement faites. Il en est cependant qui sont
devenus des ouvrages presque originaux par le talent
et la profonde érudition de leurs auteurs , dont ils ont
fait la réputation; aussi sont-ils souvent réimprimés.
Mais quel qu^ait été le mérite de ceux qui les ont
composés, pour être au niveau de la science , il est in-
dispensable qu'à chaque nouvelle édition quelques
unes de leurs parties soient, ou entièrement refaites»
ou du moins grandement modifiées, quant à la géo»
xvni. picBMBiiB. 18. 37
( ho)
grtipine moderne du moins. C'est ainsi qu'à Ber-
lin,le célèbre RiKer perfectionne chaque année ses cours
de géographie ; qu'à Paris, depuis la mort de Malte-
Brun , Tun des fondateurs de noire Société» M. Iluot,
également notre collègue, donne successivement de
nouvelles éditions, parvenues cette année à la cin-
quième, du Précis de la géographie unit^rseUe du savant
Danois, que nous considérons et qui nous faisaU l'hon-
neur de se considérer comme Français; qu'un autre
de nos collègues , M. Adrien Baibi » que nous regar-
dons aussi comme on compatriote, et dont oo ne
peut qu'admirer le talent , le zèle infatigable et la per*
sévérance, va bientôt publier la 4* édition de son Abrégé
de géographie j qui depuis longtemps fait aolorité, et
dont il a paru des traductions en plusieurs langues (i).
Vous ne tarderez pas à posséder une réchiction de Tou-
vrage du docte italien , plus à la portée de ceux qui
abordent les sentiers de la science, sous le titre A* Élé-
ments (le géographie générale. M. Jules Benouard , s»i
connu par la correction des ouvrages qu'il publie, en
est rédit(*ur, comme il Test aussi des autres ouvrages
géographiques d'Adrien Balbi.
On a publié cette année à Londres an nouveau traité
de géographie , sous le titre de : Système de géographie
universelle , fondé sur les ouvrages de Malt»- Brun et de
(i Vne troisièfiM; écfition aNeinand« vieat de paralue à Pcttk, par
IWriri^uus formant d«ux gro9 volumes îo-8* de 600 pages cbacni».
Cette puMkaiioQ , faite sur la 3* édition firaïK^se et k a* édîeîoa
italienne, a reçu de notables augmentations des savants (;pogra|.lie«
Cannabich , Vdgel et Wimmer, ce qui peut faire considérer ce tra-
vail comme un ouvrage entièrement neuf, et eomme nne d«s pro-
ductions 1rs plus rem.irquables qui aient paru en AUemagnc depuis
1841.
I
(571 )
Balbi; mais sans faire connaître le nom da compi-*
lateur, qu'on doit féliciter d'avoir eu le bon esprit de
puiser à de telles sources.
Un savant allemand , M. Berghaus, a déjà fait pa-
raître à Stutlgard, en i84i . la troisième livraison du
tome V de sa Géographie et ethnographie uniiferselle ^
et la même année , il a publié à Breslau 7 livrai-
sons de ses Éléments, ou Manuel de géographie^ embras*
sant en cinq livres toutes les branches de la science,
et traitant avec développement la géographie mathé*
matiqae et la géographie physique. Cet ouvrage se
continue , et les deux ou trois livraisons qui manquent
encore pour qu*il soit complet, ne tarderont pas» il
faut l'espérer , à être livrées au public studieux*
Il y a des places honorables après les grands maîtres
que je viens de citer ; aussi je crois devoir vous signa*
1er encore , quant à l'Allemagne :
La Méthode de renseignement géographique ^ que
M. Ludde a fait paraître à Magdebourg en 1 84^ $ en
un volume in 8* ;
Le Manuel de géographie ancienne de Forbiger , dont
le lome 1*', contenant la partie historique et mathé-
matique, a paru la même année à Leipzig;
LeManiiel ele géographie qu'on doit à M. Selten, et
dont une i4* édition a été publiée à Halle en 1849 ;
En ce qui concerne la France, je citerai parmi les
traités élémentaires de géographie les plus modernes:
Le Conrs élémentaire de géographie ancienne et mo^
deme , de M. Leironne , modeste ouvrage d'un savant
académicien, en un volume in-ia, parvenu en i84a à
sa 24' édition.
La Nouvelle géographie méthodique d'Achille Meissas
et Auguste Hichelot, également en un volume in* 19,
(57»)
dont la 25' édition a paru en i849f et auquel se joint
un volume de Géographie nncienne. r estéà sa i ^ édition.
Le Nouvel abrégé de géographie^ par M. Poulain de
Bossay, en un petit volume in-is , parvenu en 1849 ^
sa io« édition.
Les Leçons de f^éographie ancienne^ par M. Pinart,
formant un vol. in-i a» publié en 1 842.
Le Précis de géographie ancienne et moderne compa-
rée de M. Félix Ansart, en un volume in-i 9 » avait ob-
tenu t en 1 84^ » une 1 7' édition ; un abrégé de ce pré-
cis » sous le titre de Petite Géographie moderne , a été
réimprimé la même année pour la onzième fois. Le
même professeur a commencé un cours complet de
géographie, qui doit se composer de 3 volumes io-8'*;
un volume a paru » en 1 83^ » sous le titre A* Essai de géo^
graphie historique ancienne. En 1839, notre collègue a
fait paraître un demi«volume du même cours intitulé :
Précis historique de la géographie du moy&i^âge. Le
demi-volume qui doit compléter le tome second ren-
fermera la p^éographie historique des temps modernes^ et
le troiûème volume sera consacré à la géographie con-
temporaine. A ces volumes sera joint un atlas spécial »
dont un abrégé est déjà publié.
M. Gortambert. qui est aussi membre de la Société»
a fait paraître des Leçons de géographie qui ont eu plu-
sieurs éditions» et dont il a extrait un Petit Cours de
géographie générale et de géographe de In France.
Un petit traité en un volume in 18 » connu sous le
nom de Géographie de Vabbé Ganthier^ revu par quel-
ques uns de ses élèves» est employé avec succès dans
les pensions de filles. Enfin HM. Barberet et H<igin
ont publié en i84i| en six cahiers in-19, un Cours
complet de géographie historique , extrait du Précis de
( «73 )
gêograplUe hUtorique universelle des mêmes autours ,
«D un gros vol in -8"; et MM. Burette, Duruy et A. Wal-
lon ont donné, en 1843» une seconde édition de leurs
Cahiers de géographie historique.
Presque tous ces ouvrages laissent beaucoup à dé-
sirer, surtout en ce qui concerne les pays étrangers,
€t je doute fort que leurs auteurs aient fait des rec-
tiGcations et des améliorations notables à chaque
nouvelle édition , en supposant même » ce qui est loin
d*être démontré, qu^il y ait eu réellement pour tous , le
nombre d'éditions annoncées. Les petits atlas qui ac-
compagnent assez souvent les manuels ne se font pas
toujours remarquer par leur exactitude et par le mé-
rite de leur exécution. Ce qui manque en général k
ces atlas» comme à presque tous les autres, ce sont
des cartes physiques des pays décrits.
On réimprime chaque année depuis trente ans • en
Angleterre , la géographie élémentaire du révérend J.
Goldsmith , sous le titre de : Grammar of gênerai geo-
graphy^ accompagnée du Tutors Kejr, ou série de ques -
tions. Il y a quelque temps qu'un autre abrégé de géo-
graphie, dont l'auteur est M. Guy, partage la faveur po-
pulaire avec Goldsmith.
Il ne parait pas, au surplus, que la science à la-
quelle notre société est consacrée soit mieux ensei-
gnée d'un côté de la Manche que de l'autre , et ce vice
doit être attribué » il faut le reconnaître , moins aux
ouvrages mis entre les mains de la jeunesse, quoi-
qu'on en rencontre fort peu d'irréprochables, qu'à
la marche adoptée dans la pratique de renseignement.
Pour ne parler ici que de la France , je dois décla-
rer franchement que Tétude de la géographie y est fort
(S74)
négligée» et qu'on ne met aucune suite dans rensei-
gnement, fait pour ainsi dire à bâtons rompus, et
comme par manière d'acquit, d'une science qu'il est
cependant si|néce8saire de posséder, et qu'on apprend
d'une manière tout autrement rationnelle en Alle-
magne, en Danemark, en Norvège, etc. Aucun prix
n'est donné au concours général de l'Université pour
la géographie contemporaine, et cela pourrait abso-
lument se concevoir» puisque en eflet on ne lui con-
sacre que quelques instants» si par une bizarre
contradiction , sa connaissance n'était pas exigée pour
l'examen du baccalauréat. Dans nos collèges» des prix
de géographie sont donnés» il est vrai , dans les classes
élémentaires (7* et 8* ) » mais l'enseignement de ces
classes ne s'élève pas au-dessus des premiers éléments,
et reste toujours incomplet. J'ajouterai que si des prix
A* histoire et de géographie historique sont donnés au
concours général dans les classes de 6^"*% 5^**» etc.»
jusqu'à la rhétorique» l'enseignement de la géographie
historique» dans ces différentes classes, est confondu
avec celui de l'histoire , et lout-^-fait iosuflisant.
J'aurais dû commencer» mais je terminerai du
moins ce chapitre par l'annonce d'une nouvelle édi-
tion de la Géographie de C, Ptolémée^ que H M. F. -G.
Wilberget G.-H.-F. Grashof ont publiée cette année»
à Essen , en un volume petit in-folio.
VOYAGES DB CIBCUMNAVIGATlOlf.
On vous a déjà entretenus des différents voyages de
circumnavigation et de découvertes exécutés, pendant
le cours de ces dernières années . par ordre du roi et
sous les auspices du ministre de la marine; je crois
donc suffisant de vous rappeler succinctement ici ceux
( 575)
qui sont encore en voie de publication, en vous faisant
connallre les portions qui en ont été publiées cotte
année » et celles qui restent encore à livrer au pu-
blic. Je ne puis à ce sujet m*einpêcher de faire ob-
server que ces publications se font, en général» fort
lentement» et peut-être à trop grands frais , .deux cir-
constances qui présentent plus d*un inconvénient; à
mon avis, on les surcharge de trop de dessins gravés
ou lithographies, et souvent coloriés, ce qui est de
peu d^utilité pour la science • contribue à rendre le
prix des ouvrages excessif, et les met, par conséquent,
hors de la portée de la plupart des hommes instruits ,
ou qui cherchent à s'instruire ; ce ne sont pas tou-
jours» on ne Tignore pas, ceux qui ont le plus de
moyens pécuniaires ( i ).
Je ne vous parlerai pas des voyages scientifiques exé-
cutés sous la direction de feu M, de Freycinet (a) et de
M. Doperrey (3), quoiqu'ils ne soient pas encore termi-
nés» parce qu'il y a déjà longtemps qu'on n'en a point
vu paraître de livraisons» ce qui est fâcheux; d'après le
(i) Je saU bien qu'on poiirr^iit répondre qu'en général on veut avoir
«n ensemble de tout ce qui a été fait dans ces voyages, et que l'histoire
naturelle, par exemple, exige beaucoup de planches et coûte fort
cher. Je reconnais aussi qu'il est utile et même convenable, relative-
ment du moins à quelques uns des grands voyages entrepris par ordre
du gouvernement, de donner de Toccupation à nos habiles artistes,
et de créer des monuments honorables pour la gloire nationale; mais
tout, ce me semble, pourrait se concdier.
(a) Foya^e autour du monde , entrepris par ordre du roi , sur les
corvettes VUranie et la Physicienne^ pendant les années 1817, 1818 ,
1819 et 1820, par M. Louis de Freycinet y capitaine de vaisseau,
(3; Voyage autour du monde ^ exécuté par ordre du roi^ sur la cor-
vettc la Coquille y pendant les années 1823, 18^3, i8a4 ^f i8a5, par
M. Duperrey^ capitaine de frégate.
(576)
mérite bien reconou de ces deux officiers et l'intérêt
qu'avait excité la publication des premières parties. Le
premier que je vous citerai est le Voyage autour du
inonde exécuté pendant les années 1 836 et 1 837 « sur
la corvette la Bonite , commandée par M, FaiUant , ca-
pitaine de vaisseau; il doit avoir i4 volumes et 3 atlas.
Sur les 9 volumes et les 6o livraisons de planches com-
prenant les parties historique , zoologique et botani-
que» 3 a livraisons avaient paru au i*' décembre i84«»
dont i4 pour la partie historique* la pour la partie
xoologique^ et 6 pour la partie botanique» ainsi qu'un
demi-volume de zoologie; sur les 5 volumes consacrés
è la physique et à l'hydrographie , à la géologie et à la
minéralogie, et qui doivent être divisés en lo livraisons,
les 3 premières livraisons de la partie physique ont
seules été publiées. Le second voyage de circumnaviga-
tion est le Voyage autour du monde » exécuté par ordre du
roi^ sur la frégate la Vénus , pendant les armées 1 8S6 ,
1837» i838 et 1839 y par Af. Abel Du Petit-^TAouars ,
•capitaine de vaisseau. Il formera 10 volumes grand
in*8**9 et un atlas composé d'environ i5o planches
et de ao cartes hydrographiques. L'atlas pittores-
que et les trois premiers volumes, comprenant la
relation du voyage» sont terminés; un 4*» qui con-
tiendra les pièces justificatives» doit paraître en i843.
Sur les 5 volumes de la partie physique et hydrogra-
phique confiée à M. de Tessan» ingénieur hydrogra-
phe de la marine» les a volumes d'observations faites à
la mer ont paru , et l'éditeur annonce que dans le
courant de ce mois il publiera le T' volume des obser-
vations faites à terre. M. de Tessan aura à nous don-
ner encore» d'ubord un volume pour compléter l'exposé
de ces dernières observations, et un autre pour les
( 577 )
considérations générales ; rien n*a encore paru de la
zoologie et de la botanique, dont le texte en un Viilumo,
divisé en lo livraisons, doit être rédigé par MM. Bron-
gniart , Decaîsne , Gaudicbaud , Isidore Geoffroy
Saint-Hilaire , Guillemaîn et Valenciennes; on nous
promet les premières livraisons pour le mois actuel.
M. le contre-amiral La Place a commandé la troi-
sième campagne de cii'cwnnasfigaUofi faite sur la frégate
r Artémise^ pendant les années 1807 à 1840. Sur les
4 volumes dont Touvrage se formera, a ont paru jus-
qu'à ce moment.
Le voyage au pôle du Sud et dans l'Océanie » sur les
corvettes t Astrolabe et la Zélée » est le quatrième
voyage de circumnavigation dont )*ai à vous entrete-
nir. Il a été exécuté pendant les années 1837, ^^* *^9
et i84o» sous le commandement de feu le coutre-ami-*
rai Dumont d'Urville ^ que nous avons perdu d'une ma-
nière si funeste , et qui s*esl illustré pendanlcette cam-
pagne par des découvertes appréciées par la Société et
par le monde savant. La- publication des 34 volumes
grand in-8®, et de latlas de Ô20 planches et de 64 car-
tes hydrographiques dont ce voyage doit se composer,
n'est pas encore très avancée ; cepcndant^sur les 10 vo-
lumes qui doivent comprendre la relation du voyage .
4 ont déjà paru avec 17 livraisons de l'atlas pittores-
que» 4 de la zoologie, s de la botanique et le i*' vo-
lume de physique. A la mort de l'infortuné amiral , ou
a trouvé dans ses papiers le journal qu'il avait ré-
digé ; il est complet jusqu'au débarquement à Tou-
Ion. M. VincendonDumoulin » ingénieur hydrographe
attaché à l'expédition , et qui avait toute la confiance
de d'Urville, a été chargé par le ministre de diriger
celte partie de l'ouvrage et de mettre en ordre tous les
(578)
matériaux qui s'y rallachcnt, en outre du travail, dont
il <'st naturellement chargé, pour la publication de tous
les levés et des observations de physique Faites pendant
celte importante expédition. Une petite édition de la
relation du voyage ci -dessus de r Astrolabe et de la
Zélée sera en outre publiée en lo volum(>8 in-8^, avec
dix cartes dressées par M. Vincendon-Dumoulin.
Je ne vous dirai rien d'un prétendu Foyage au-
tour du monde, qui porte le même titre que celui de
d'Urville, et qui est censé exécuté par le chirurgien-
major de la Zélée. II me serait difficile de vous en en-
tretenir de sang-froid après avoir lu la protestation de
tous les officiers qui ont accompagné l'amiral. J*ai dû
cependant le mentionner.
Le rapport annuel de i84i vous a rendu compte du
grand voyage de découvertes exécuté dans les mers
australes par M. le capitaine James Ross, et des bril-
l;<nts résultats obtenus par ce navigateur. Je n'ai rien
à y ajouter parce que, le capitaine Ross étant encore
en mer, le gouvernement anglais n'a pas fait connaître
encore sa décision relativement à la publication des
premières découvertes de l'illustre marin.
Il n'en est point de même en ce qui concerne le
voyage d'exploration exécuté sous les auspices et
d'après les ordres du gouvernement des États-Unis,
pendant les années i838y Sg, 4^» 4> et 4^» sous le.
commandement du lieutenant de marine Charles
Wilkes. C'est au commencement de juin 184^ que
l'expédition est rentrée dans les ports des États-Unis,
après une absence de près de quatre ans ; et le 90 du
même mois son capitaine lisait à l'Institut national de
Washington une notice détaillée sur cet important
voyage, dont le gouvernement américain a ordonné que
(579)
la publication serait faite en prenant pour modèle la
relation du premier voyage que Dumont d'Urville a
exécuté sur l^ Astrolabe. Établie sur une échelle plus
grande qu'aucune expédition scientifique entreprise
jusqu'à ce jour» elle a été signalée par Timporlanle
découverte d'une grande étendue du continent aus-
tral , et je ne crois pas faire tort à la mémoire de notre
illustre compatriote d'Urville en reconnaissant que,
comme lui, M. Wilkes a attaché son nom à ce nou*
Teau continent , biea que Ross ait élevé des doutes sur
quelques points de la découverte du navigateur
américain. Certes, personne ne disconviendra que
MM. Dumont-d'Urville et Wilkes n'aientété guidés dans
leurs recherches par leurs propres inspirations, et sans
avoir aucune connaissance des idées Tun de l'autre.
M. Wilkes dit dans son rapport qu'il a aperçu la terre
le 19 janvier, comme d'Urville , d'autres officiers
de l'expédition américaine prétendent l'avoir vue les
i5, 16 et 17; mais l'assertion de Wilkes. de même
que celles de ses officiers, ne paraissent pas prouvées.
On est d'ailleurs si sujet à des illusions dans ces para-
ges , qu'on ne peut considérer une découverte comme
certaine que quand elle a été bien vérifiée. Je ne
chercherai pas à discuter ici ce point: ce qui reste, et
ce qui doit rester, c'est que le capitaine Wilkes a re-
connu l'existence de ce continent sur une étendue de
plus de 60^ en longitude; mais il n'a pas mis pied à
terre, et les échantillons qu'il a rapportés ont été pris
sur des roches enlevées par les glaces. La partie que
d'Urville a explorée est sans doute beaucoup moins
étendue , mais il a pu y débarquer, et détacher du roc
même des échantillons du sol.
Les trois grandes nations navigantes ont, au reste,
( 58o )
chacune à revendiquer une gloire spéciale dans la re-
connaissance de cette nouvelle terre, et dT'rville,
Wilkes et Ross verront leurs noms à jamais attachés
à ces plages si longtemps inconnues : d'Urville pour
avoir le premier imprimé sur ce sol le pas d'un Euro-
péen , Wilkes pour en avoir reconnu la plus grande
étendue de TE. à 1*0., et Ross pour l'avoir exploré dans
la direction du pôle , jusqu'à une latitude à laquelle
personne jusqu'à lui n'avait pénétré. Se fais des vœux
pour que la nouvelle expédition que ce dernier a en-
treprise, et dont les résultais sont encore ignorés»
nous mette à même d'inscrire son nom sur une plus
vaste étendue encore, et découvre à notre curiosité des
plages ensevelies jusqu'à ce jour dans des glaces éter-
nelles.
L'expédition du capitaine Wilkes ne s'est pas bornée
à la découverte des terres antarctiques ; dans une pre-
mière excursion dans les glaces, en 1839, il avait
cherché à pénétrer dans les parages visités par Weddel.
et, comme d'Urville, qui lavait précédé d'une an-
née, il n'avait pas pu avancer au sud des terres Louis*
Philippe; mais il a exploré en outre ^ avec beaucoup de
détails, les archipels des lies Pomotou, des Navigateurs,
des Viti, des Sandwich, et sillonné le grand Océan
pour rechercher une foule d'Iles ou de récifs signalés
à tort ou à raison par des navigateurs précédents.
L'avantage qu'il avait de pouvoir employer en même
temps quatre bfilimentSi lui a permis de donner à
ses travaux un développement auquel ne peuvent pas
prétendre des expéditions moins nombreuses. Il a ex-
ploré aussi la côte N.-O. d'Amérique, depuis San Fran-
cisco jusqu'au détroit de Juan de Fuca et une partie de
rimniensc archipel qui s*étend le long de la côte au
( 58ï )
nord de ce détroit. Des détachements envoyés par
lerre ont parcouru tout le territoire de TOrégon , et
traversé le pays situé entre la Colombiaet San Fran-
cisco. A son retour aux États-Unis, par les Philippines
et la mer des Indes , M. Wilkes a fait encore dans le
grand archipel des Indes» sinon des découvertes , au
moins des rectifications d'une grande importance
pour les navigateurs qui parcourent ces parages.
De nombreuses observations de physique , de ma-
gnétisme de méléorologie et de toutes les branches
de l'histoire naturelle ont été faites dans ce voyage,
et si, comme j'aime à le croire, l'exactitude des
travaux répond à leur étendue , il devra certaine-
ment être regardé comme un des plus importants
de ce genre; les États-Unis, en entrant dans la car*
rière des explorations scientifiques, y auront débuté
par un coup de maître. Je finirai en rappelant le
Forage autour du monde par VAsic septentrionale et Us
deux Océans t fait par M. Erman en 1828 , 99 et 3o, et
dont la seconde partie, contenant les observations
physiques , a été publiée à Berlin en i84i*
VOYAGES Par MBB DAMS DlFFÊHBRTfiS PARTIES DU MONDE.
Outre les voyages de circumnavigation dont je viens
de parler, le ministre de la marine en a fait exécuter
plusieurs autres qui, tout en atteignant leur but spécial,
celui de protéger les intérêts de notre navigation et de
notre commerce, et d'exercer nos marins, ont été
utiles en même temps à l'hydrographie , aux autres
branches de la géographie, et même aux sciences na-
turelles. C'est ainsi que la frégate rErigone^ sous le
commandement du capitaine de vaisseau Cécile , après
( 58. )
avoir séjourné penilant quelque temps dans les men
de Chine, doit visiter, en faisaùl son retour en France,
la Nouvelle-Zélande • Taîti, Valparaîso, le cap Horn et
]e Chili, et qu'elle sera immédiatement remplacée par
/a Cicopatre , commandée par M. Roy, capitaine de
vaisseau « lequel ne tardera probablement pas à mettre
à la voile de Brest; que /a &a/iaMfe, placée sous les ordres
du capitaine de corvette Joseph Uucampe de Rosamel,
a parcouru pendant les six derniers mois de i84i et en
1843 le grand Océan et les mers de l*lnde et de la
Chine , et qu'on a reçu de son commandant , en ce
moment de retour en France, des rapports pleins d'in-
térêt sur les parages et les habitants de l'empire du
Milieu ; et que M. le capitaine de corvette Jeheone a
exploré avec la gabarre la Pré%fojrante les côtes N.-E.
d'Afrique et l'entrée de la mer Rouge , dont il a rec-
tifié quelques points, et que par des excursions péni-
bles dans l'intérieur de TYémen , il a pu se procurer
des semences el des plants de café qu'il a transportés
è l'iie Bourbon.
Je ne vous parlerai pas ici des expéditions de la /fe-
cherche , exécutées également par les ordres du roi,
sous les auspices du ministi*e de la marine et soos la
direction de M. Paul Gaymard , puisque je vous en ai
entretenus déjà.
Les capitaines de nos navires marchands montrent
aussi une louable émulation, et sans négliger les intérêts
commerciaux qui leur sont confiés , trouvent moyen
d'être utiles aux progrés de la science que vous cnltivex.
Je me bornerai à vous citer à ce sujet la Relaiion tCum
^voyage aux jéntHles ^ à Boston, au Sénégal j aux Ue»
Bermudas , aux lies Bourbon et Mauiice, à Pulo-Pinang
et à la côte de Tenassen'm, dans le royaume de Siam^ que
( 585 )
M. le capitaine Chaucharda eifeclué en iSSg, 4o et4i
sur VActéon de Nantes et le Philanthrope de Saint-
Malo.
VOYAGKS PAR TBRRB EN DIFFÉRENTES PARTIES DU MORDE.
Pendant que les navigateurs . en sillonnant les mers,
recueillent des informations que nous avons soin d'en-
registrer, d'autres explorateurs augmentent nos ri-
chesses en eOectuant des voyages par terre. Parmi les
plus importantes relations qui ont paru cette année , en
partie du moins, je signalerai à votre attention celle qui
j>orte pour titre : F'oyage en Afrique , en Asie , en Grèce
et dans diverses contrées de V Europe^ que M. Joseph Rus-
segger à exécuté pour l'avancement des sciences natu-
relles, de i835 à i84i> et dont la iv* partie a paru à
Stuttgard eni84^- Troiscartes, chacune en une feuille,
))ub1iées cotte année à l'Institut militaire géographique
devienne, accompagnent la relation de M. Russegger.
La première a pour titre : Carte pour le Doyage en Eu-
rope , Asie et Afrique , exécuté par M, Joseph Russegger
de i835 à i84i ; la seconde est une Carte physique du
Taurus et des pays voisins, et la troisième une Carte
géognostique des mêmes contrées; cette dernière est
coloriée t et toutes m'ont paru bien gravées. Tout en
reconnaissant que le pacha d'Egypte est un homme
extraordinaire qui a fait de grandes choses, le voya-
geur allemand, après avoir passé en revue les prin-
cipaux actes de Mohammed-Ali, qu'on vante, suivant
lui, beaucoup trop en Europe , en porte un jugement
qui nous parait sévère. Il le termine ainsi : c Le ma)
qu'a fait le vice-roi lui survivra, tandis que le bien
qu'on lui doit sera enterré avec lui. »
( 58/1 )
Le Voyage pittoresque en Espagne ^ en Portugal et sur
la côte (V Afrique ^ de Tanger à Tetouan, que publie
M. J. Taylor, et qui doit formel* deux volumes in 8*,
on 4^ livraisons avec sio planches, est un bel cl bon
ouvrage qui n'est point encore terminé. Les sa livrai-
sons de la I'* série oui déjà paru, et sur les so livrai-
sons qui forment la seconde » cinq seulement sont en
vente.
Le Caire, Petra et Damas, tel est le titre d'un ou-
vrage qu'un voyageur anglais judicieux» M. Jobn G.
Krinear, vient de faire paraître en un volume in-8*.
C'est la réunion des notes qu'il a prises pendant une
excursion en Egypte, en Syrie, etc.
VOYAGES PBOJfiTiS.
J'ai eu l'honneur de passer en revue devant vous
les voyages exécutés, soit par mer, soit par terre ^
sous les auspices de nos ministres de la marine , de
l'instruction publique , de l'intérieur , des affaires
étrangères et de la guerre ; et je n'ai point négligé
de vous entretenir également des voyages entrepris
par d'autres gouvernements étrangers , et par de sim-
«ples particuliers. J'ai à vous parler maintenant des
voyages qui ne sont qu'en projet. J'en connais six im-
portants projetés par la France , que je dois vous
signaler; on les devra tous au dernier président de la
Société, à M. Villemain, ministre de l'instruction pu-
blique. Le premier, confié à notre collègue M. de Cas-
teinau , dont le nom figure plusieurs fois dans ce rap-
port, sera un Foj âge d* exploration dans la partie cen^
traie de VJménque du sud. Partant de Rio-Janeiro, l'ex-
pédition traversera toute l'Amérique méridionale , en
( 585 )
suîvnnl u peu près la ligne de partage entre les eaux
qui se rendent au nord , et principalement dans TA-
mazone, et celles qui coulent vers le sud et se reu*
nissent dans la Plala. Après avoir atteint Lima et ex«
ploré quelques contrées voisines , le retour aura lieu
par un des affluents occidentaux de l'Amazone , par
l'Amazone même , et enfin par la Guyane française.
Dans la première partie de cet immense trajet conti*
nental de Rio-Janeiro & Lima , l'expédition se trouvera
dans un tel voisinage de la position présumée de
l'équaleur magnétique, qu'il lui sera facile de le couper
en plusieurs points convenablement espacés pour per-
mettre de tracer désormais sans incertitude cette im-
portante ligne magnétique au travers de l'un des deux
grands continents où sa marche est encore inconnue.
Outre les recherches et les observations scientifiques
auxquelles M. de Castelnau aura à se livrer , il remplira,
je n'en doute pas, beaucoup de lacunes qui existent
dans la géographie des contrées qu'il doit traverser. Il
est muni de tous les instruments nécessaires; il est
jeune, plein de talent, d'expérience et d'activité; on
peut donc espérer qu'il accomplira avec succès l'impor-
tante mission qui lui est confiée et à laquelle l'Acadé-
mie des sciences prend un vif intérêt.
C'est dans VMîe centrale que doit s'effectuer la se-
conde exploration. M. Ch. d'Ochoa, jeune orientaliste
fort instruit qui en est chargé, doit parcourir les États
de l'Asie centrale situés au nord-ouest de l'Indoustan,
entre le Cachemire et le Kaferistan, et recueillir pen-
dant sa pérégiination des documents relatifs à l'hîs-
toire, à la géographie, à la filiation des races, aux
langues et à la littérature de TOrient.
M. le docteur Robert, qui, malgré Tidcnlilé de
XVIIf. DiCEMBRF. iS. 58
( 586 )
nom et de qualité» n'est pas rinlrépîde et savant
voyageur et géologue que j'ai déjà cité en parlant des
travaux de la commission scientifique du Nord , en
Scandinavie» dans le Spitzberg et la Russie, doit,
comme H. d*Ochoa, parcourir TAsie centrale. Il a
pour mission de déterminer la géographie de l'Afgha-
nistan méridional et de faire des observations sur la
physique du globe , la géologie et l'histoire naturelle
de ces contrées. Son voyage , de même que celui de
M. d'Ochoa» doit durer trois ans.
Il est h présumer que ces deux derniers voyageurs
sont partis munis des instructions de l'Académie des
sciences ; la Société de géographie n'a pas été appelée
à leur en fournir.
C'est en Chine que M. Callery, chargé d'une mission
par le déparlement des affaires étrangères • se rend
pour recueillir des informations sur l'état de la littéra-
ture , des sciences 9 des arts et de l'économie politique
de l'empire du Milieu.
Les deux autres voyages projetés dont j'ai encore à
vous entretenir» vont s'effectuer également soas les
auspices de M. le ministre de l'instruction publique»
mais en Europe.
Le premier est confié & notre collègue M. Noël Des-
vergers » dont vous, connaissez tous l'instruction , Tac-
Uvité et le zèle pour le progrès des sciences. Il doit
visiter la péninsule hispanique pour rechercher des
documents relatifs» soit à l'histoire et à la géographie de
l'Afrique septentrionale , soit aux actes de la vie civile
chez les musulmans » à l'époque où ces peuples se
trouvaient en contact avec les chrétiens.
Enfin» M. Lebas» chargé d'exécuter le second voyage
en Europe» se rendra en Grèce pour y recueillirles
monuments épigraphiques encore inconnus qui
(587)
peuvent exister sur le continent ou dans les lies.
Mélanges t cuivrages dit^ers.
Il existe» messieurs» certains ouvrages qui» sans
rentrer dans aucune dos catégories dont la réunion
forme mon Rapport , ne sont cependant pas étran-
gers aux sciences géographiques » et que je dois par
conséquent mentionner ici.
Le premier dont j'ai à vous parler est le Catalogue
général des livres composant les bibliothèques du dépar^
tentent de la marine et des colonies. Il se compose de
4 volumes grand in-8' » doni le 4*» qui a paru cette
année, doit ôlre suivi :
1* D'une table alphabétique des noms d'auteurs et
des titres des ouvrages anonymes ;
a* D'un catalogue des bibliothèques de bord ;
3* D'une bibliographie maritime.
Ce catalogue» dont le plan conçu sous le ministère de
M. Tamiral Duperré • a été exécuté par notre collègue,
M. Bajot t conservateur des bibliothèques de la marine»
est un riche dépôt de renseignements précieux que les
géographes consulteront avec fruit. Il en sera de même
de V Essai sur la construction nai^ale des peuples extra^
Européens^ qui parait également par ordre du roi et
sous les auspices du ministre de la marine. Pendant
ses voyages autour du monde , à bord des bâtiments
de VtéiixKV jéstrolabe^ la Fai^orite et VArtémise^VL, Paris»
capitaine de corvette» a eu l'heureuse idée de me-
surer et de dessiner les navires et les pirogues con-
struits par les habitants de l'Asie, de la Malaisie» du
grand Océan et de l'Amérique. Il en a formé une col-
lection d'environ i3o planches accompagnéesd'un texte
explicatif. Sur les i6 livraisons qu'elle doit avoir, 5 ont
déjà été mises en circulation , et la 6* est sous presse.
Un autre ouvrage » qui doit trouver ici sa place ,
,588)
est le Dictionnaire universel et raisonné de marine , que
M. A.- J. de MoDiferrier, aoleur d'un dictionnaire es-
timé des sciences mathématiques» a publié cette année
avec quelques collaborateurs» parmi lesquels je re«
marque MM. Rigault de Genouilly» ingénieur de la ma-
rine» A. Barginet (de Grenoble) , J. B. Praz, ancien
officier de marine, etc. Il forme un tolume in-4^ h
double colonne avec 18 planches. Les auteurs de ce
Dictionnaire ne se bornent pas A donner une simple
définition des termes , mais ils résument des notions
exactes sur les institutions de la marine» sur son ré-
gime» sur ses besoins» soit permanents» soit éyentuels •
et offrent principalement aux navigateurs une réunion
presque complète des documents dont ils sont appelés
à faire un incessant usage. Je n*omettrai pas non plus
de vous signaler un autre Dictionnaire de marine^ celui
de M. le vice-amiral Willaumez» si bien accueilli dans
l'origine par nos marins. On en annonce une quatrième
édition de ce dictionnaire » revue par M. le capitaine de
vaisseau Edouard Bouel» en ce moment gouverneur do
Sénégal , qui doit y joindre les nouveaui termes de
la marine à voile et à vapeur.
Parmi les notices insérées dans les Annaks mari-
times de cette année » qui rentrent dans la catégorie
dont je m'occupe en ce moment, je recommanderai
k votre attention :
1* Un Mémoire sur V influence que les changements de
température exercent sur la marche des montres marines ^
et sur la nécessité de tenir compte de cette influence dans
le calcul des mesures chronométriques, par M. Ernest de
ComoUier , lieutenant de vaisseau ; 9* une Notice sur
les résultats des expériences relatives aux perturbations
du compas à bord des natnres en fer ^ faites par George
Biddel Airy» astronome royal» à la demande du bureau
(589 )
de Tamirauté anglaise» et les Instructions pour cornger
les compas à bord des navires en fer ^ du même fMivant »
dont la traduction est due à M. Darondeau » ingénieur
hydrographe de la marine ; S"* un Mémoire sur quelques
docianents génois relatifs aux croisades de saint Louis et
à d* autres éi^énements niaiitùnes qni intéressent la France^
dont l'auteur est M. Jal » historiographe de U marine,
auquel on doit un autre Mémoire sur les vaisseaux ronds
de saint Louis ^ couronné en 1857 par l'Académie des
inscriptions et belles-le lires» et imprimé avec de nom-
breuses additions dans son Archéologie navale; et 4* en-
fin un Rapport concernant r industrie sérigène, la culture
du mârierj etc,^ adressé au minisire delà marine et des
colonies 9 par M. Perrottet, botaniste agriculteur du
gouvernement» à la suit^ de sa mission dans l'Inde » à
Bourbon,àCayenne,&la Martinique etàla Guadeloupe.
J'aurai aussi à mentionner le Méfnoire sur le système
géographique des Grecs et des Arabes^ dû à M. Sédillot,
professeur d'histoire au collège Saint-Louis, avec des
cartes» et qui a paru en i849«
Les Observations nautiques et astronomiques sur tUo^
Janeiro, le cap de Bonne-Espérqnce, la Nouvelle-Zélande
et Falparaiso, rédigées en mer au mois de juin der*
nier» par un capitaine de navire marchand anglais » et
adressées par lui au Nautical magazine, qui le3 a insé*
rées dans son numéro de décembre.
La Nouvelle encyclopédie populaire qui se publie eo
ce moment à Turin » et les deux Mémoires que M. F.
de Luca a fait paraître à Naples vers la fin de 1841 « et
dont il vous a fait hommage » sur la question proposée
au 3* congrès des savants étrangers réunis à Florence »
relativement ù la géographie physique et & la géogra-
phie ancienne » et pour revendiquer, en faveur de
l'école italienne» des recherches de géomélrio ancienne.
( Sgo )
Ud recueil sur lequel je fixerai encore parliculiëremenl
voire allention , esl la collection A* Écrits ou opuscules
géographiques , statistiques et autres , d'Adrien Baibi ,
que son fils Eugène a recueillis et publiés à Turin en
5 Yolumes in-ia, dont le dernier a paru en i84s. Plu-
sieurs des articles de cette collection de notre docte et
laborieux collègue contiennent sur rilalie et sur
l'empire d'Autriche des documents .officiels très impor-
tants et peu connus, quelquefois môme inédits. Je vous
parleraiaussi d'un ouvrage récent (i 84s) de H. le lieute-
nant-colonel Wilkie, intitulé : Des colonies anglaises
considérées comme positions militaires. Quoique le point
de vue sous lequel l'auteur envisage les colonies soit
principalement politique et militaire » les géographes
puiseront néanmoins dans son ouvrage d'utiles infor*
mations; car il s'occupe aussi de la situation des lieuxi
de leur importance comparative, de leur population, des
mœurs, des coutumes et du caractère des habitants.
D'autres ouvrages remarquables publiés cette année en
Allemagne doivent vous être encore signalés, ce sont:
1* Une Notice sur les glaciers^ que M. Hugi a feit pa-
raître à Stuttgard en un volume in-8* ;
a* La Noui^lle méthode trigonométrique de mesurer la
hauteur des montagnes ^d^^ec 4 tableaux, due à M. Grui*
ihuisen de Munich ;
S* L'ouvrage de M* CoUa de Dresde « sur VÉtude de
la géographie et de la géologie ;
4* Les Recherches critiques et historiques sur Pytheas
de Marseille^ par M. Fuhr de Darmstadt;
5* L'œuvre que M. Link adonnée à Berlin, sur VÉtat
primitif de la terre comparé à V état actuel.
La Scjrthie et les Scythes d'Hérodote et description de
Vétat actuel de ces pays ^ ouvrage accompagné'de 4 cartes
que H. Lindner a publié à Stutigard en i84i » mérite
( 59> )
aussi de vous être indiqué, ainsi que quatre disserta-
tions dues également à des Allemands et qui ont paru
la même année , savoir :
Sur les changements non périodiques de la distribution
de la température qui a eu lieu sur la surface de la terre ,
tle 1789 à 1839 , par M. Dove.
Sur la population dans les anciens temps , par M. Lump t.
Ces deux ouvrages imprimés à Berlin.
Recherches sur la population » que M. Bernouilli a fait
paraître à Ulm.
Et enfin* Sur l'origine grecque du zodiaque indien, par
M. Holzmann , imprimé à Garlsruhe.
Je clorai cette liste en mentionnant V Univers pitto^
resque, ou Histoire et description de tous les peu-
ples j etc. » etc. 9 vaste recueil qui doit former 4o
volumes in-8» ornésde s,5oo gravures, et que publient
MM. Didot. Les diverses parties de ce grand tout , con-
fiées à des hommes spéciaux , ayant visité ou du moins
soigneusement étudié les pays dont ils parlent, sont en
général bien traitées. Parmi les volumes publiés cette
année , je citerai ceux qui sont consacrés au Mexique
et à V Afghanistan, Sous la plume élégante et facile de
M. de Larenaudière , notre collègue , dont vous con-
naissez tous l'érudition, la description du premier
de ces pays offre une lecture à la fois instructive et
pleine de charmes; ctThistoire de l'Afghanistan, confiée
à M. Xavier Raymond,mériteaussi de vousèlre signalée.
Vous trouverez, je le crains, que j'ai donné une trop
grande extension à celte nomenclature nécessairement
aride , étant présentée sans développements. Je ne la
clorai cependant pas avant d'avoir mentionné la Con*
naissance des temps ou des mouvements célestes, à l'usage
des astronomes et des navigateurs, pour l'année i845,
publiée à Paris en i84*i p&ir le Bureau des longitudes ,
59» }
e( doQt YAfinuaii'e du même Bureau, dcsiiûé à popula-
riser la science» n'est que le résumé. Oo me blâme-
rait certainement si je ne vous annonçais en même
temps la publication de la 3* édition d'un ouvrage qui
a obtenu depuis longtemps l'estime du monde savant ;
je veux parler du Traité de géodésie , ou exposition des
méthodes trigonométriques^ et astronomiques appli-
cables à la mesure de la terre et à la construction du
canevas des cartes géographiques , par M. le colonel
Puissant, membre de l'Académie des sciences. J'ai
sussi la certitude que vous approuverez la citation
d'une publicatioq faitç récemment en Angleterre d'une
seconde édition de la Pratique de la na$figatien , et as-
tronomie nautique, en un volumein*8^,qu*oudoitàM. le
lieutenant Râper. La Société géographique de Londres
a accordé sa médaille d'or de 1 84 1 à la première édi-
tion de cet ouvrage , qui est placé à bord de tous les
vaisseaux de la marine royale anglaise par ordre des
lords-commissaires de l'amirauté. Ce double suffrage
est un sûr garant du méiîte éminent et de l'utilité du
travail de M. Râper.
Mémoires des Sociétés saluantes et Journaux géo-
graphiques.
Si le temps et l'espace dont je puis disposer me
l'eussent permis» je vous aurais entretenus ayec quel-
ques détails des mémoires des Sociétés savantes et
des journaux géographiques qui vous ont été offerts ,
ou que j'ai été à portée de consulter. Je vous aurais
fait connaître la part plus ou moins grande dont cha-
cun d'eux a contribué cette année aux progrès de la
géographie ; mais cette tâche, que je n'aurais point
voulu borner & une simple nomenclature, je me vois
forcé à regret d'en renvoyer l'accomplissement à une
(593)
autre époque. Je ne puis cependant m'cmpècliçr de
vous signaler quelques uns des ouvrages périodiques
que j'ai consultés avec le plus de fruit, ou qui m'ont
été indiqués. Parmicoux qui ont étépubliésen France,
je citerai :
Les CompteS'rendus hebdomadaires des séances de l*À-
cadémie des sciences ^ rédigés par MM. les secrétaires per*
pétuels; \e Journal des savants; lesi^nnales maniimes; les
Nouif elles uinnales des voyages; le Journal de la Société
asiatique; ÏInstitut; VÉc/io du monde saluant; les An-
nales de la propagation de la foi; le Journal des missions
éçangéliques ; le Spectateur militaire; le Mémorial; et
surtout les ji anales des sciences géologiques^ le Bul-
letin de la Société géologique de France et les Mémoires
de la même Société (i)» recueils qui contiennent pé-
riodiquement une masse de faits géographiques. La
Re\fue des deux Mondes m'en a fourni aussi quelques
uns ; et si les différentes académies imitent celle des
sciences, les comptes- rendus de leurs séances pourront
être uliles au géographe.
On trouve en Angleterre : le Journal de la Société
rx)jrale géographique de Londres , la Litterarjr Gazette ,
la Quarterfy Reuiew ^ VEdinburg Reviewy la Foreign
Quarterly Review , VAsiatic Journal , la MorUhly Re^fiew,
Y United Serpice Journal^ le Nautical Magazine ^ et dans
rinde les Actes delà Société géographique de Bombay ^etc.
Je dois à la Suisse la Bibliothèque universelle de Genève.
A l'Allemagne : les Annales de géographie ^ d*ethno-
graphie et de statistique, rédigées par M. Berghaus, et
(i) L* étude de la géologie menace d'une complète révolution la géo-
graphie moderne , dit le Dublin University Magazine , et on est con-
vaincu lie 1 ejiactttude de cette remarque en lisant^ les RccueiU consa-
crés à la (jcotugie, et que les {;i'o(jrapIic9 feront bien de ne pas négliger.
( 594 )
qui paraisscnl lous les mois à Breslau; le Journal tle
géographie comparatisme de Johan Gottfried Lûdde, im-
primé à iMagdebourg, et qui a commencé de paraître
mensuellement avec l'année 1843» in«8*; les Comptes^
rendus des séances de V Académie de Prusse , qui se pu-
blient à Berlin ; XAlmanach géographique^ ou Rapports
sommaires sur ce que la géographie et Tethnographie
oITrenl de plus nouveau et de plus remarquable» avec
des figures. Journal publié à Prague depuis 189s,
in-12, par M. Sommer; la Géographie ancienne et les
anciens géographes » journal publié à Leipz/ig depuis le
commencement de l*année 1841 > par M. S.-T.-W.
Hoffmann; V ami' des cartes^ rédigé A Berlin depuis
]84o, par M. le colonel d'Oesfeld, chef du bureau tri-
gonomélrique royal , savant militaire , qui consacre
son journal à l'examen impartial des cartes qui parais-
sent et possède lui-même une collection remarquable
de caries en grande partie anciennes et rares; \e Jour-
nal du commerce , de la géographie et des arts , publié
a Berlin depuis le commencement de i84i « par M. A.
Hoffmann » et qui fait connaître les titres des nou-
velles publications des cartes qui paraissent; Ausland^
ou les Pays étrangers j journal géographique publié
depuis longtemps à Munich» par M. Widenmann; les
Annales de météorologie et de magnétisme terrestre^
commencées seulement depuis le mois de septembre
1849, par M. Lamont, publiées à Berlin, et dontiln'a
encore paru que la première partie ; le Répertoire de lit-
térature^ dont une partie est consacrée à la géographie»
publié à léna, par M. Gunther ou Junker» depuis le
commencement de i84'i» et qui a pour but de faire
connaître les litres de tous les mémoires géographi-
ques qui se trouvent épars dans les feuilles périodiques,
but louable que s'est aussi proposé la Revue littéraire.
(595 )
rédigée depuis plusieurs années par M. Brandes, à
Berlin ; le Journal de géologie^ publié à Berlin, par
M. Rarsten, elc.
Parmi les journaux géographiques qui se publient
en Italie , on distingue les Annales unwerselles (VècO'
nomie politique^ d' histoire ^ de voyages et de commerce ,
qui paraissent chaque mois à Milan , sous la direction
de M. Lampato.
La Norvège a le ^onueau Magasin pour les sciences
naturelles f etc.» et le Nor^ journal des sciences et de la
littérature^ qui se publient tous les deux à Christiania ,
en norvégien, le premier chaque mois et le second à
des époques irrégulières , et contiennent de temps à
autre, surtout le premier, des articles géographiques.
Je citerai pour le Danemark (en danois): le Journal
mensuel de la littérature y etc. ; les Archives de la marine ;
le Magasin maritime^ etc.
Il parait au Brésil une Revue trimestrielle d* histoire et
de géographie , publiée par l'Institut historique et géo-
graphique de Rio-Janciro; et les États-Unis de l'A-
mérique septentrionale ont le Journal américain des
sciences et des arts^ dirigé par le professeur Silliroan
et par M. Benjamin Silliman , qui parait tous les trois
mois à New-Haven , tandis que YAlmafiach américain
et dépôt des connaissances utiles , ne parait qu'une fois
Tannée à Boston.
Je ne dois pas omettre de citer les comptes-rendus des
séances de r Académie des sciences de Saint-Pétersbourg,
recueil très remarquable qui m'a beaucoup servi, pour
l'Asie principalement; et j'ai le regret de n'avoir pu
consulter les autres recueils périodiques et scmi-pé«-
riodiques publiés en Russie qui s'occupent de géogra-
phie» et dont il ne m'est pas possible de vous donner
aujourd'hui même les titres.
( âgC )
Nouvelles et faits divers.
Je rappellerai les nouvelles obsenaUuns que
M. Daussy vous a communiquées sur un volcan soos-
marin de l'océan AUanlique, silué par environ o*to'
de latitude sud, et aa* de longitude ouest. Depuis
le 16 août i838 , date de la première noie de
M. Danssy sur l'existence probable de ce volcan » de
nouvelles obscnalions faites par des marins anglais et
rapportées dans V United service Journal^ et dans le Nau--
tical magazine , tendent à confirmer le fait important
rapporté par notre collègue.
Deux éruptions remarquables de volcans doivent vous
être signalées. C'est dans les Indes orientales que
toutes deux ont eu lieu; l'une dans l'Ue de Banda» & la
fin de 1841 t a été accompagnée d'un tremblement de
terre qui a duré pendant plus de trois quarts d'heure *
en imprimant un violent roulis aux navires de la rade.
La seconde éruption est celle du volcan de Gunnong*
Gonlour, le plus élevé de ceux de Java, puisqu'il a plus
de 6,000 pieds; elle a continué pendant cinq jours sans
interruption.
Un autre fait qui ne doit pas être passé sous silence,
est la découverte d'un nouveau tertre tumulaire situe
aux États Unis , dans la vallée de l'Ohio , à une demi-
journée du chemin de Pitlsbourg en Canada. U a la
forme d'un cône tronqué, et sir John Elias Alexan-
der, Commodore dans la marine anglaise , qui Ta fait
fouiller dans tous les sens, nous apprend, dans un Mé-
moire qu*il a lu à ce sujet au mois de juin dernier à la
Société! géographique de Londres , qu'il ressemble en
tous points aux monuments du même genre qu'on
trouve dans les pays Scandinaves. Je renvoie à ce mé-
moire pour le détail des objets curieux retirés de cette
(597)
tombellc, qui rcmonlcrait, suivant M. Alexnnder» au
XIII* siècle» et fournirait une nouvelle preuve que, déj&
& celte époque, il existait des relations entre l'ancien
et le nouveau monde.
Un événement qu'il faut signaler aussi, c'est l'exten-
sion progressive des congrès scientifiques originaires
d'Allemagne où chaque branche des sciences a son con-
grès. Ils sont appelés à exercer une grande influence, et
la géographie ne pourra que gagner aux fréquentes
réunions de savants appartenant aux différentes parties
de l'Europe, et bientôt peut-être du monde entier.
Florence, où s'est ouvert un de ces congrès , au mois
de septembre i84i » a tu réunis dans son sein des sa-
vants de tous les pays ; et le congrès tenu en i84a » ^
Strasbourg , était composé de plus de 800 savants
étrangers. Il faut espérer que dans quelques années
les savants venant d'Amérique y d'Asie et même d'A-
frique , se réuniront à leurs confrères d'Europe ; et
qui peut douter des avantages qu'en retirera la science
géographique ?
Je ne dirai qu'un mot de l'ascension du pic de Né-
thou, sommet culminant de la Maladetta, vainement
tentée par Ramond^ Cordier, Ghaussenque et Arbanère,
effectuée au mois de juillet 1 84^ par M. de Tchihatcheff,
ancien officier au service de Russie , et je terminerai
cette nomenclature de faits qui ne paraîtront peut-être
pas tous géographiques, par un extrait du compte-
rendu de la dernière séance générale de la Société
des antiquaires du Nord, que m*a transmis H» le
professeur Rafn. Un savant danois, dont j'ai eu
plus d'une occasion de vous entretenir, le docteur
Lund, qui réside depuis plusieurs années, comme
vous savez , à Lagoa-Santa , dans le Brésil , a com-
muniqué à ses amis de Copenhague un] numéro du
( â98)
Journal hisioriqiœ et géographique de ^institut de Rio-
Janeiro , que la Sociélé de géographie n*a malheu-
reasement pas encore reçu. Ce journal annonce qu'on
a trouvé à Saint-Paul un testament d'un certain Joao
Ramafkaot souscrit le 5 mai iS8o par le notaire Lou-
renco Faz^ en présence du juge Pedro Diaz et de
quatre autres témoins» qui tous l'ont signé, dans lequel
le testateur déclare qu'il a vécu go ans dans ledit lieu.
D'où il résulterait qu'il y serait arrivé en 1490, c'est-à-
dire deux ansavant la découverte du nouveau monde par
Colomb. Pour prouver que cette déclaration n'est pas
sans quelque fondement , on cite un écrivain posté-
rieur, le frère GaspardetHsLàTe-de-Dios, qui raconte en
s'appuyant sur les documenb existants encore de son
temps 9 que Martin Affonso de Sousa^ qui. découvrît le
premier celte partie du Brésil «prit terre près de Saint-
Vincent le 17 août i%3s , et reçut d'importants services
d'un certain Ramalhao^ marié avec la fille de Teby-
rica, chef indien.
En admettant comme incontestable l'existence de
Joao Ramalhao , ainsi que celle de son testament et la
déclaration qui y est conteDue, qu'en résulterait- il ? Est-
ce que cet homme , qui devait être fort âgé lorsqu'il
a fait son testament » puisqu'il y déclare qu'il habitait
le Brésil depuis quatre-vingt-dix ans, n'a pas pn
se tromper sur l'époque précise de son arrivée dans
ce pays? 11 faut d'autres faits pour enlever à l'im-
mortel Génois la gloire d'avoir découvert le nouveau
. monde!
Traifaux de la Société.
Quelque développées qu'aient été les communica-
tions que je vous ai faites jusqu'ici, tout incomplètes
( 5y9 )
qu'elles sont néanmoins^ sur les progrès de la géogra-
phie » ou du moins sur les travaux géographiques
exécutés dans les différentes parties du monde depuis
Tolre dernière assemblée générale, je ne vous ai
point encore entretenus, vous avez dû le remarquer,
de votre Société elle-même. Mais vous l'avez remarqué
aussi, messieurs, je n'ai point négligé de vous parler
des travaux de ses membres en particulier ; leurs noms
ont souvent frappé vos oreilles, et vous dire ce qu'ils
ont fait, n'était-ce pas prouver indirectement que la
Société n'avait pas été au-dessous de la tâche qu'elle
8*est imposée ?
Les réunions de votre commission centrale ont été
remplies en partie par les communications que lui ont
faites nos collègues résidant à Paris, comme ceux qui
parcourent les différentes parties du monde ou qui les
habitent Elle en a également reçu de plusieurs savants
étrangers.
MM. d'Abbadie et Lefebvre nous ont tenus exacte^
ment au courant, pour ainsi dire jour par jour, de
toutes les découvertes qu'ils font en Abyssinie, de tout
ce qui vient à leur connaissance sur ce pays, qui excite
aujourd'hui tant d'intérêt. Vous devez à M. Gautlier
d'Arc , consul-général de France en Egypte , les nou-
velles qu'il a recueillies sur cette vice-royauté, sur
l'Abyssinie, sur le dernier voyage exécuté sur le Nil
Blanc par ordre du vice-roi d'Egypte, ainsi que la
traduction d'une inscription coufique gravée sur
marbre trouvée à Dénia, en Espagne, et dont il nous a
donné une empreinte. M* Lemoine consul-général de
France en Bolivie, a transmis une notice intéressante
sur l'isthme de Panama , et M. Warden a fourni des
renseignements curieux sur ce même isthme , ainsi
( 6oo )
que des inrormalions officielles sur la population des
Élals-Unis; M. le colonel Corabœuf a présenté un
rapport sur la belle carte des États sardes, publiée
par Tétat* major de Sardaigne sous la direction de
M. le général de Saluées s et M. Gochelet a parlé des
rivières navigables et flottables de Tempire de Russie,
et a communiqué une notice biographique sur H. Le-
fèvre, voyageur - naturaliste » mort h Mohamed -Ali-
Polis» le ig octobre iSSg» ainsi qu'une notice inté-
ressante de ce voyageur sur le Sennaar et le Gordofan.
Nous avons souvent entendu M. Jotnard parler de
l'Egypte et des différents travaux exécutés par ordre
du vice-roi» dans ce pays avec lequel il entretient
une active correspondance ; et vous saveE tous que
notre savant et laborieux collègue augmente chaque
)our les richesses du Cabùiet géograpftiqtœ de la BU
bliothèquû royale^ qu'il a créé, et dont il est conserva-
teur. Déjà Tune des merveilles de la capitale, ce ca-
binet en deviendra par ses soins l'une des merveilles
les plus utiles, si le Eèle de son fondateur est convena-
blement secondé (i). H. de Gastelnau a tracé la vie des
Séminoles de la Floride, État sur lequel il a fourni deux
itinéraires. Une notice sur la vie et les travaux de
H. Chaumelte-des Fossés , que la mort vient de nous
enlever ; un compte-rendu du Tableau de la situation
des établissements français dans V Algérie en iS^o , et un
rapport sur le prix offert par feu S. A. R. M^ le duc
d'Orléans, ont éié lus par M. Roux de Rochelle.
(i) A la mite de ce rapport on trouvera, sous la forme fTAppm-
dice , une notice rédigée par M. Jomard sur les principales aocpii-
sitions que le Cabinet géographique de la Bibliothètiite royale n f.iiles
celle année.
( 6oi )
M. Daaasyp malgré ses occupations aussi impor-
tantes que multipliées au Dépôt de la marine» a trouvé
le temps de présenter les résumés des renseignements
publiés sur l'eipédition anglaise du Niger, et des tra-
vaux de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pé-
tersbourg; d'extraire pour nous les morceaux les plus
intéressants du Nautical magazine , et de nous offrir
nne notice sur un volcan sous-marin observé dans
l'océan Atlantique. M. d'Avezac » dont le zèle et le ta-
lent vous sont connus, a donné de l'intérêt à nos
séances par la lecture qu'il y a faite de mémoires sur
la géographie du pays de Sçoumal , situé à l'extrémité
orientale de TAfrique , sur la géographie ancienne de
cette partie du monde, sur les lies fantastiques de
l'océan Occidental, et par les judicieuses observations
dont il a accompagné les lettres de M. d'Abbadie. Nous
devons la communication d'une notice sur le tremble-
ment de terre qui a eu lieu en 1840 dans le district
d'Erivan , à M. Barbie du Bocage; M. le capitaine Ga-
briel Lafond, qui a si longtemps voyagé en Amérique,
a fait connaître les divers projets conçus pour établir
une communication entre les océans Pacifique et At-
lantique par le lac de Nicaragua. D'autres membres
encore , et je me vois forcé de ne pas les citer tous ,
ont fait d'utiles communications. Ainsi , M. Thomassy,
qui n'est encore qu'adjoint à la commission centrale ,
quoiqu'il ait tout le zélé et toute l'activité d'un membre
qui serait très actif, a lu des morceaux pleins d'in-
térôt sur le Prêtre-Jean d'Asie et d'Abyssinie, sur un
nouveau manuscrit du voyage de Magellan par Piga-
fetta , sur les travaux de deux géographes , Guillaume
Fillastre et Didier Brugnon , et sur les caravanes de
l'Afrique septentrionale. M. Lavallée a envoyé uneno-
XVIII. DàCBMBBB. l4' ^9
^ 6o9 )
tice historique et géographique Mir Trinidad de Cuba,
où il exerce les fonctioDS de consul de France, et
M. Berthelot, notre sa?ant secrétaire-f^éDérai , dont
personne plus que moi ne doit regretter l'absence , a
lu une note sur les nouveaux éiablisaements agricoles
fondés au Venezuela, par le colonel Codazzi, et nous
a rendu compte de la statistique de Milan par Salari.
M. Guillaume Plate a lu une savante Dissertaiiam géo-
graphique sur un passage de Constantin Porphyrogé^
nète, concernant les fleuves du Palus Méotis » ei Cejcisienee
d'un second détroit nommé Bourlik, donnant issue aux
eaux de la mer d^Azof dans la mer Noire, Le busie de
l'infant de Portugal «l'immortel dom Henri, en ce
moment devant vos yeux , est un hommage de notre
collègue M. Ferdinand Denis. Ce buste ^ exécuté par
M. Jules Droz, d'après une miniature du xv* siècle
placée en lêle d*un manuscrit que M. Denis a décou-
vert , doit orner le local ordinaire de vos séances.
M. Droz se propose de faire des bustes sembla^
blés de tous les grands navigateurs et des mathémati-
ciens célèbres. Le buste du prince Henri sera rappro-
ché du portrait de Colomb , que )'ai eu l'honneur de
vous donner dans le temps, et de la statuette repré-
sentant une ancienne divinité javanaise que d'Urvilie
avait rapportée de Samarang . et qu'il vous a oQerteé
Nous avons entendu avec plaisir, dans l'une de nos
séanpes , la lecture de la notice de M. DesjardiBa
sur les progrès de la civilisation et de l'industrie en
Autriche, et j'ai moi même fait connaître à la commis*
sion centrale les travaux de la Société des antiquaires
du Nord de Copenhague , ceux de la Société royale des
sciences de Norvège , et les progrès de l'hydrographie
des côtes de cette intéressante partie de la Scandinavie,
( 6o5 )
dont les habitants élèvent des prétentions qui parais-
sent fondées à la décoaterte du nouveau monde avant
Colomb » et je vous ai lu le rapport sur le prii annuel.
M. le baron d'Hombres de Firmas nous a transmis
une note sur le Vésuve ; M. le colonel Jackson , secré-
taire de la Société géographique de Londres , son Ré-
sumé des observations de MM. Wilkie et Symonds sur la
dépression delà mer morte ; M. William Brown-Hodg-
son, diplomate des États-Unis , les Résultats de l'explo-
ration américaine dansles mers Australes, et nous avons
reçu, par Pintermédiairede M. Jomarcl,du docteur Clot-
Bey , directeur du service médical en Egypte, d*Artin-
Bey» premier secrétaire interprète de Mohammed-Aly,
et de M. de Linant, ingénieur en chef des canaux et
ponts- et-chaussées d'Egypte « de précieuses informa-
tions. Enfin , messieurs , un autre de vos collègues «
car les derniers que j'ai cités, quoique étrangers à la
France, appartiennent aussi à votre Société, le vénérable
Eyriès, le doyen, le plus laborieux et certainement l'un
des géographes modernes les plus érudils , sur la poi«
trine duquel nous regrettons tous de ne pas voir briller
l'étoile de la Légion*d'Honneur« distinction qu'il a si
bien méritée , a fait à votre commission centrale plu-
sieurs communications intéressantes. Il a rendu compte
d'une série de documents relatifs aux limites des États-
Unis, delà correspondance et des mémoires de M. Bore,
voyageur en Orient , de l'ouvrage de M. Perrier sur la
Syrie , etc.
Vous devez à M. le docteur Eugène Robert, membre
de la commission scientifique du Nord , la communi-
cation de Notices sur le Groenland, sur la Nouvelle-Zé^
I lande et sur la ifille et les empirons d^Archangel ; et à
I M. Darttey, un chapitre de ses Recherches sur V origine
(6o4 )
des peuples du nord et de Voccident de VEurope^ qu'il a
lu à l'une de vos dernières séances*
Des étrangers aussi, sans être membres de la So-
ciété, ont bien voulu fournir des renseignements sub-
stantiels & votre commission centrale.
M. le colonel Visconti, en répondant à des questions
que l'avais pris la liberté de lui soumettre , m'a mis en
état de tracer riiislorique des Progrèsde Chydrographie
dans le royaume des Deux-Siciles -, M. le colonel Sabine^
l'un de vos correspondants » a communiqué des Obser-
vations magnétiques faites à Toronto , dans le Canada^ à
Trepondrumy aux Indes orientales et à Sainte- Hélène;
M. Flachenakcr a lu un savant Mémoire sur les ruines
de Carthage^ qu'il a explorées pendant plusieurs mois:
M. Poinselt, minisire de la guerre des Éials*Unis, et la
Société philosophiquedePhiladelpbie, vous ont adressé
des documents curieux sur les limites des États-Unis»
ainsi que le rapport du lieutenant Wilkes sur son ex*
pédilion » lu à l'Institut de Washington ; et vous aves
reçu de M. le major Jervis un Rapport sur les tenures
(land tenures) de Bombay ^ et un Mémoire géographt-
qut et statistique sur le Konkun et sur la côte occidentale
de rinde, et plusieurs autres Notices dont il est l'au-
teur, et qui ont été insérées dans les jéctes de la Société
géographique de Bombay.
Votre Bulletin mensuel a été publié riguliéremenlp
et le comité auquel la commission centrale en a confié
la rédaction a fait tout ce qui dépendait de lui pour
vous tenir au courant des progrès de la science ,. en
offrant en même temps de l'intérèl. Si vous le voulez
sérieusement, messieurs, votre journal en acquerra
chaque jour de plus en plus, et il pourra devenir avec
le temps une source féconde d'utiles informations;
( 6o5 )
j'allais dire une autorité presque irrécusable. Le moyen
est facile • venez en plus grand nombre à nos séances
ordinaires » prenez part à nos discussions , ouvrez-nous
vos porte-feuilles , faites-nous part de vos observations.
Les communications que vous nous adresserez» soyez*
en bien convaincus » ne seront point cachées sous le
boisseau.
Si, depuis la fin de i84o, époque à laquelle a paru
le sixième volume de vos Mémoires, rien n'a été im-
primé dans ce recueil, ce n'est pas que la matière ait
manqué. La traduction de la Géographie d'Aboulfeda^
qui devait former le tome VU, avait été en effet termi-
née par le savant orientaliste M. Reinaud ; mais , faute
de fonds» votre commission de comptabilité a été forcée
d^ajourner indéfiniment la publication. C'est par le
même motif que nous avons dû ne pas donner suite
au projet conçu depuis longtemps» de publier le dic-
tionnaire berbère du docte Venture » ouvrage original,
neuf, et relatif à un dialecte particulier parlé dans les
environs d'Alger » à Cherchell et ailleurs. Des démar-
ches ont été faites à ce sujet pour obtenir une subven-
tion p et l'impression en partie gratuite à l'imprimerie
royale. Nous comptons beaucoup sur l'intérêt que
porte à notre Société le ministre du roi que vos suf-
frages ont placé à sa tète, et sur l'appui de l'illustre
maréchal , président du conseil.
Des documents importants sur l'Amérique centrale
nous ont été transmis depuis quelques années par
M. le colonel Juan Galindo ; plusieurs des dessins qui
les accompagnaient ont été lithographies ; mais nous
n'avons pu continuer celte publication, ni commencer
l'impression du texte. Ce que je viens d'avoir l'honneur
de vous dire plus haut me dispense de vous en indiquer
le motif.
{ 6o6 )
Aussitôt que le funeste éYénement qui a enlevé à la
Société le contre-amiral Dumontd'Urville» dernier
président de votre commission centrale, est parvenu à
la connaissance du bureau» il s'est empressé» après
vous avoir appelés tous à lui rendre les derniers bon*
neurs » d'ouvrir une souscription pour élever un mo -
nument à la mémoire de l'illustre navigateur. Cette
souscription, à laquelle plusieurs ministres du roi
et des étrangers distingués , parmi lesquels je dois citer
M. de Demidoff. qui mérite à tant de titres notre re-
connaissance , ont bien voulu concourir» a produit jus-
qu'ici une somme de l^,gio francs. Nous avons l'es-
poir qu'elle s'accroîtra. Le conseil municipal de la ville
de Paris s'est mis aussi au rang des souscripteurs en
concédant 4 mètres de terrain dans le cimetière du Sud
pour la sépulture de d'Urville et de sa famille; et cette
concession faite immédiatement après que la mort de
Tamiral a été connue , une ordonnance royale du i6 oc-
tobre l'a approuvée. Le comité du monument» choisi par
la commission centrale» a cru devoir s'adjoindre M. Vin-
cendon-Dumoqlin • ingénieur hydrographe de la ma-
rine» l'un des compagnons de Damont d'Urville, et Von
de ses plus habiles collaborateurs, qui jouissait de toute
sa confiance et de son estime. Un architecte d'une haute
réputation» U» Gau» auteur d'un Voyage en Nubie , et
M. Dantan, sculpteur» dont le talent est avantageuse-
ment connu» nous ayant offert gratuitement leurs ser-
vices, nous les avons acceptés, et nous noa9 sommes
concertés avec eux. Le programme du monument ar-
rêté par la commission leur a été communiqué pour
avoir leurs observations» et déjà les travaux du caveau
sont terminés ; on va s'occuper des travaux d'art.
Malgré la pénurie de fonds, l'impression et la pu*
(6o7 )
blicatioD de votre bullelin • ainsi que j'ai déjà eu occa-
sion de le dire , n'ont point souffert d'interruption ;
et» si nous n'avons pu faire pour votre bibliothèque ,
qui commence à prendre un grand développement»
l'acquisition de plusieurs ouvrages importants et de
quelques cartes remarquables utiles à consulter par
les membres de la Société t et par les étrangers qui
viennent fréquemment la visiter» la libéralité de plu-
sieurs des ministres du roi et de quelques parti-
culiers y a suppléé en partie» et a rempli bien
des lacunes. Deux recueils qui seraient pour nous
d'une haute utilité» les Comptes rendus hebdomadaires
des séances de t Académie des sciences et le Journal
des sai^ants^ nous manquent encore. Des Acadé-
mies et des Sociétés françaises et étrangères , et des
savants de toutes les nations » dont je voudrais pouvoir
citer tous les noms • enrichissent chaque jour de leurs
dons vos collections, qui s'augmentent aussi par des
échanges. Il est à regretter que nous ne possédions
pas encore certaines publications étrangères i relatives
à la géographie ; que d'autres telles» par exemple, que le
Journal de la Société de géographie de Bombay » la Rcifue
trimestrielle de Flnstitut historico^géographique du Bré^
sUj etc.y etc.^ ne vous parviennent pas toujours régu-
lièrement. Nous aurons à aviser aux mesures à adop-
ter pour nous procurer les publications qui nous man-
quent, et pour recevoir plus exactement les autres. Il
serait enfin à souhaiter que l'Académie impériale de
Saint-Pélersboinrg, qui a la bonté de nous offrir ses
importants mémoires, voulût bien y joindre» comme
complément» \eB comptes-rendus de ses séances ^ où Ton
trouve tant de faits géographiques pleins d'intérêt. C'est
un vœu que je me permets d'exprimer.
( 6o8 )
La sévère économie qui a dû présider à Temploi de
vos faibles ressources pécuniaires ne vous a point em-
pêchés de donner des encouragements aux voyageurs
qui ont contribué aux progrès des sciences géographi-
ques. Chaque année le prix annuel pour la découverte
la plus importante en géographie a été distribué ; ce
sont MM. Dease et Simpson qui ont obtenu en i84« la
première médaille pour leurs découvertes dans TOcéan
polaire arctique , et les autres se sont partagées entre
M. W. Schomburgk» pour son exploration de la Guyane
anglaise • et notre intrépide et savant collègue H. Arn.
d'Abbadie pour ses voyages en Abyssinia*
Les médailles d'encouragement pour des nivelle-
ments barométriques faits sur les lignes de partage des
eaux des grands bassins de la France , dont les fonds
ont été faits par notre collègue» M. Perrot, n'ont point
été distribuées depuis quelques années faute de con-
currentSy ce qui doit surprendre lorsqu'on connaît le
talent et le zèle de nos ingénieurs. Outre la médaille
annuelle qui sera décernée Tannée prochaine à Tau-
teur de la découverte la plus importante faite en 1 84o •
nous devons espérer que le prix fondé par feu S. A. R.
le duc d'Orléans en faveur du navigateur ou du voya-
geur dont les travaux géographiques auront procuré k
la France ou à ses colonies, avant le i*^ ami i843,
la découverte la plus utile à l'agriculture» à l'industrie
ou à l'humanité , cessera enfin d'être prorogé.
Vous pouvezhardiment vous dire, messieurs, qu'avec
des moyens aussi limités que ceux dont vous dbposes,
vous avez fait tout co qui était humainement possible
pour atteindre le noble but que vous vous êtes tracé.
Dans un avenir qui n'est pas très éloigné , le goufer-
nement du Roi, convaincu de l'utilité des services que
(6o9)
VOUS êtes appelés à rendre, viendra» n*en doutez pas,
à votre secours d'une manière assez efficace pour vous
mettre en état d'en rendre de plus grands.
Pendant le cours de celte année, vous avez entre-
tenu des liaisons amicales et réciproquement avanta-
geuses» quoique trop peu fréquentes avec les Sociétés
sœurs fondées à votre imitation à Londres, à Franc-
fort , à Bombay, à Berlin , en Amérique et avec des
savants de toutes les parties du monde. Ces liens se
resserreront de plus en plus; nos communications réci-
proques deviendront chaque jour plus multipliées, et
grâce À nos efforts réunis, le temps viendra, je l'es-
père , où toutes les portions du globe seront parfai-
tement connues et décrites, où il nous restera peu
à apprendre sur les races qui les habitent; et pour me
servir des expressions de Malle-Brun .où % le genre
humain aura achei^é de connaître sa tleineiire et de se
connaître lui-même. })•
(i) Je dois reconnaitre que j*ai dû. d'utiles communications à
MM. le baron de Derfelden de Hinderstein , de Navarrete , Reinça-
num, Vander Maelen, Thomas Wright , à M. te comte Arrivabene,
à M. de Siebold, à un jeune littérateur danois, M. Conrad Roihe, et à
quelques autres étrangers. Des SAvauts français, parmi lesquels je
citerai MM. le baron Walckenaer, le vicomte de Santarem, Jo-
mard, etc., ont bien voulu mettre à ma disposition leurs riches
collections, et je ne saurais trop me louer é(>alement de Textréme
obligeance de M. le lieutenant-général Pelet , directeur général du
dépôt de la guerre. J'ai aussi des remerciements à adresser à MM. Bo-
blaye et Garette, etc., etc. ; mais c'est à M. Daus«y , ingénieur-hy-
drographe en chef de la marine que j'ai ^ sans contredit , les plus
grandes obligations. II m'a rendu l'inappréciable service de revoir
avec moi , et de revoir 'plusieurs fois tout mon travail , en véritable
ami, qu'aucune difficulté ne rebute, et de m'a ider de ses bons avis.
Si mon rapport, qui offrira sans doute beaucoup de prise k la criti-
que , renferme encore des lacunes, si on a à lui reprocher de graves
imperfections, et certains jugements que quelques personnes trou-
veront peut-être hasardés, ces déFaui;*, dont une partie est prc's<iue
( 6io )
APPENDICE.
DàVELQPPlilfENT DB LA COLLECTION «ÈOGRàPHlQUE DE LA
BIBLIOTHEQUE AOTALB EN l84S-
Après avoir consacré plusieurs années à réunir les
cartes récentes , le conservateur de la collection géo*
graphique de la Bibliothèque royale s'est efforcé , pen«
dant l'année qui vient de s'écouler, de l'enrichir d'une
autre série de cartes également utiles pour la complé-
ter, c'est à savoir les bonnes cartes publiées depuis le
inséparable d'une œuvre semblable^ je dois, pour être juste , en
assumer toute la responsabilité.
Je terminerai cette note en exprimant mes reg^rets d*avoir reçu
trop tard pour pouvoir mentionner à sa place, le rapport de Af . U
colonel de Puydt^ pour faire suite à la collection de tous les docu'
wents relatifs au Guatemala^ formant une brochure in-8 de ao3 pa-
ges accompagnée d'une Carte du district de Santo^Thomas ^ État de
Guatemalay à l'échelle de 1/480000, d'une Carte particulière du p<nt
de Santo-ThomaSy à iVchelle de 1/60000 et en6n d'une petite Carte
de t Amérique centrale. Je dois me borner à dire ici qoe ce rapport
renferme des faits intéressants, qu'il relève des erreurs géognphiqiMt
échappées à Malte-Brun , à Baibi , etc.; et que son auteur, colonel do
génie , est commissaire spécial du gouvernement bel^ près l'Etat de
Guatemala et chef de la commission d'exploration dans l'ÂiDériqne
centrale.
En parlant des ouvr.iges pubhéssur la France, j'ai omis de citer
une brochure, intitulée: Diverses enceintes de Bourses y extraite des
mémoires joints aux travaux topographiques de la nouvelle carte de
France. M. le chef d'escadron detat-major Saint-Hypolite , auquel on
la doit, y a joint un plan de^ la ville de Bourges et de set environs
qu'il a adressé lui-même au 1 /aoooo.
Enfin , je ferai observer qu'à la page 5oo de ce rapport, les imprî^
meurs ont transposé la phrase qui commence par ces mots: ces car-
tes et ces plans.... revus par M. de Rrusenstern...., et qui s'applique
non aux cartes levées pur le gouvernement japonais , mai* aux cartes
«?t plans publiés par M. dr Siebold.
(6,1 )
commencemenl du siècle. La dimiDution des publica-
tions Doiivelles pendant la présente année était un
motif de plus pour rectiercher les cartes antérieures
qui, d'ailleurs, manquaient à la collection. On le sait
au reste, il ne faut pas croire que les dernières pu-
blications soient toujours les plus exactes et les meil-
leures : c'est surtout en cartographie qu'on peut recon-
naître le fait contraire. La cause en est évidente; les
éditeurs de cartes, voulant faire servir leurs planches
autant que possible, se bornent trop souvent à quelques
faibles changements qui allèrent toute l'économie du
dessin; et, par exemple, ils font un mélange d'itiné-
raires imparfaits avec des relèvements géométriques;
on y trouvera des positions déterminées astronomique-
ment d'après les nouvelles découvertes, à côté de po-
sitions purement idéales. C'est encore dans la partie
orographique, et dans l'hydrographie continentale,
qu'on est à mènie d'observer combien certaines cartes,
toutes modernes, sont peu satisfaisantes, malgré la
prétention des rédacteurs à profiter des nouvelles déter-
minations. Sur la simple description d'un voyageur,
ils tracent presque au hasard des bassins qui n'existent
pas, et supposent quelquefois des plateaux là où il y a
dépression. On doit bien regretter que les voyageurs
se dispensent trop souvent d'accompagner leurs rela-
tions d'une esquisse de carte, qui préviendrait sou-
vent des erreurs grossières, et qu'ils n'imitent pasgéné-
ralement les voyageurs anglais, qui rarement négligent
de tracer leur route. Est-ce chez nous défaut d'une
instruction spéciale , ou toute autre cause? Quelque
soille motif, il faut déplorer un oubli qui amène toutes
sortes d'imperfections sur nos caries. Ceux-ci estropient
la nomenclature, ceux-là vont jusqu'à changer Toricn-
(6i> )
talion d*uD des points cardinaux à l'autre. Cette ques*
tion de la construction des cartes modernes deman*
derait à fitre traitée ex professa; il ne s'agit ici que de
montrer qu'il est certaines cartes du siècle dernier qui
sont encore préférables à celles des mêmes pays don-
nées de nos jours, et qu'il faudrait, le plus souvent,
se borner à donner des monographies , des études to-
pographiques locales. Une fois ces matériaux réunis
avec le temps, c'est alors qu*on pourrait tenter de
bonnes cartes générales.
Le total des pièces qui sont entrées cette année dans
le cabinet géographique jusqu'au mois de décembre
s'élève à 4y8o : elles sont classées selon cinq grandes
divisions, comme dans le rapport de l'année dernière,
savoir : I, la géographie mathématique ; II, les cartes
chorographiques et la géographie proprement dite:
III, la géographie physique; IV, la géographie politi-
que, etc.; V, la géographie historique.
I. La première grande division de la cartographie
de la Bibliothèque royale, comprenant la géodésie,
Thypsométrie et aussi l'uranographie, n'a point reçu
de productions nouvelles de quelque importance ; il
faut pourtant faire mention d'un atlas d'astronomie
populaire par Madler, de la carie de l'éclipsé totale
du soleil en 1849 , et de l'atlas des phénomènes céles-
tes de M. G. Dien , en dix cartes parfaitement exécu-
tées ; la marche des planètes y étant ti*acée soigneuse-
ment, et tous les phénomènes d'occultation indiqués,
c'est une facilité donnée aux voyageurs pour le calcul
des distances horaires.
Dans l'article de la géodésie on citera une nouvelle
méthode trigonomé trique pour mesurer la hauteur
des montagnes.
(6.3)
II. Les carlea des conlrées et régions sont toujours
les plus nombreuses. On distingue, avant tout, la nou-
Vi'lle carte de France, 8 feuilles, avec le tableau des
coordonnées, la suite de la grande chorograpliie d'Ita-
lie , parvenue à sa 69* livraison; la belle carte du
royaume de Sardaigne , qui à la vérité ne fait que de
commencer, et que publie M. le chevalier de Saluces ;
le 5* volume du Pilote français^ une carte delà province
du Tyrol en 6 feuilles • et le duché de Hesse-Darmstadt
aussi en 6 feuilles; la suite des cartes officielles du grand-
duché de liesse et du grand-duché de Bade; celle de
Tntlas de Hanovre par Papen ; deux nouvelles feuille»
de la carte chorographique des Etals sardes ; une carte
d'Ecosse par Ainslie, en 9 feuilles ; la carte de Técueil
qui a succédé à Tlle Juliu ; latlas topographique de la
Hollande ou république Batave, en 6 feuilles; TA-
frique du nord-ouest; les nouvelles cartes de TAU
gérie du Dépôt de la guerre; la carte d'Afrique de
Mac Queen; la régence de Tunis d'après M. Falbe;
8 feuilles de la c&te d'ouest d'Afrique , et 4 feuilles de
la carte de Chine , par Tamirauté anglaise ; une carte
des lies Ioniennes de J. Arrowsmith , 1 840 ; le Kho-
rasan , par Zimmermann , 1841 ; une carte de Khivah
deJ. Arrowsmith, 1841; la collection des cartes de
l'Inde, données par M. Tassin à Calcutta , au nombre
de 59; une carte de la Jamaïque de J. Arrowsmith;
la Guyane anglaise, par Arrowsmith, i843; l'Ile
Falkland, d'après Fitzroy , par Arrowsmith, 1841;
4o cartes américaines, de Tanner et autres géographes
du pays, entre autres le Mexique» le Texas, des
cartes de la Floride, de Maryland, Honduras et la
Plata; dans l'OcéaniCy 6 feuilles de l'Australie, avec
les détails de quatre de ses ports; plusieurs cartes
( 6i4 ^
(le la Nouvelle-Zélande, publiées par Arrowsmith el
Wyld , telles que le port et la ville d'Aukland. On doit
rnenlionner aussi de beaux plans de ville, de Moscou ,
Kœnigsberg, Spa, Dlm, Wiesbaden , Vienne, Ofen ,
•Peslh. etc.
Parmi les caries plus anciennes y citons grand nom-
bre de cartes manuscrites sur Saint-Domingue . se rap-
portant à Tépoque de la révolution ; on y remarque le
plan d'une nouvelle ville tracé par le fameux Toussaint
Louverture; 1 8 feuilles de différents États de TUnion»
avec un atlas spécial pour la Caroline du sud ; le
Mexique avec l'Amérique centrale, de Laurie» i858;
Fredonia, c'est-à-dire les Ëtats-Cnis d'Amérique, pu-
bliés par le même, 1 84a; les embouchures de rHoo-
gly, en 2 grandes feuilles, par Benj. Lacam, Londres»
1840 ; la carte du cours de l'Haouach , par H. Rochet-
d'IIéricourt; l'ileChusan, et Âmoy, s feuilles.
La collection des cartes récentes du Dépôt de la ma*
rine, en 58 pièces; les Miellés et laisses de mer, dans
leCotentin, en 100 feuilles manuscrites, à trèsgrande
échelle , travail qui est très ancien , et qui peut servir à
reconnaître les changements qui se sont opérés depuis
un siècle; les embouchures de l'Elbe et du Weser, par
Wollmann etSchuback, Hambourg, i85i, une grande
feuille; la Moravie, par Brûnn, les trois premières
feuilles; sept cartes du Piémont et des Etats Sardes;
plusieurs comtés de l'Angleterre et de l'Ecosse, entre
autres Kent en 96 feuilles, Lincoln et Buckingham,
en 19 feuilles. On a reçu deux belles cartes récentes
de la Finlande et de l'Ile Aland , offertes à la Biblio-
thèque royale par le pasteur Sadelin : il est probable
que si l'existence du cabinetgéographique de la Biblio-
thèque royale , et la destination qu'il a de former un
( 6i5 )
dépôt central et une collection complète de cartes an-
ciennes et modernes ouvertes à l'étude tous les jours
et à chacun , indigène ou étranger» était plus connue ,
l'exemple de M. le pasteur Sadelin serait imité et
suivi dans toute l'Europe.
III. Parmi les cartes physiques récentes, les livraisons
de Y Atlas physique de Berghaus jusqu'à la g*Ja Carie
géognostique de la Saxe en so feuilles,par la chambre ca-
dastrale, 1840; la Carte géognostique de la Grèce ^ par
Fiedier, 1840, et surtout la grande Carte géologique de
France^ en 6 feuilles atlantiques, par MM. Élie de
Bcaumont et Dufresnoy, dont l'apparition a fait ou-
blier suns peine le temps qui s'était écoulé depuis
qu'on l'attendait : ouvrage des plus importants et qui
ne craint point le parallèle avec la belle Carte géolo-
gique dC Angleterre de Greenough.
On s'occupe beaucoup depuis quinze ans de la
communication de l'océan Atlantique avec la mer
du Sud, depuis que l'on a reconnu l'insuffisance,
ou plutôt l'impossibilité, sous le rapport commercial,
du passage du nord-ouest. Bien que la plupart des
bons esprits aient donné la préférence à la voie du lac
Nicaragua dans l'Amérique centrale sur les deux ou
trois autres lignes proposées, on n'est guère plus avancé
à cet égard qu'il y a un siècle; personne n'ignore que
le baron de Humboldt a exprimé son opinion nette-
mentsurl'avantaged'établircette communication parla
rivière San-Juan, le grand lac Nicaragua etle lac Léon»
qui arrive à quelques lieues de l'océan Pacifique. Ce n'est
pas le lieu de discuter cette question; nous voulons seu-
lement indiquer une carte dressée avant 1791, pour
établir l'avantage , la possibilité et la facilité du passage
d'une mer à l'autre , par ce même lac et cette même
1 616 )
rivière ; cette carie et le mémoire de H. Martin de la
Bastide , auteur du projet , étaient des pièces assez
curieuses pour être accueillies dans le cabinet géogra-
phique de la bibliothèque royale ; on peutlescomparer
au travail de M. Laborde, qui adopta » à peu près à la
même époque , l'idée de M. Martin de la Bastide, dans
son Histoire abrégée des vajrages de la mer du Sud avec
atlas, 1791-
Une autre carte ancienne , pour un canal moins im*
portant, mais du moins curieux pour Thistoire des
canaux français, est celle du Canal royal de Paris^ qui
est aujourd'hui réalisé dans les canaux de l'Ourque.
et Saint-Martin.
Les cartes et atlas géologiques et géographiques ac-
quis par la Bibliothèque royale , en outre de celles qui
précèdent , sont : la Carte géognostique du RAeinland ,
en 3 grandes feuilles» par Oeynhauser, etc., iSaS ,
la Carte géognostique de l'Oural et de V Altaï ^ d'a-
près Rose , Humboldt et Ehrenberg ; celle du cercle
de Manhartberg, par Holger, i84i ; la Carte géo^
logique des environs de Philadelphie, par TroosI,
i8a6, la Géologie de Léonhardt; la Géographie des
plantes , par Scbow , 1 8a3 , fait partie des cartes phy-
siques, ainsi qu'une grande Carte magnétique par
H. Barlow.
IV. Au premier rang des cartes de géographie sta-
tistique , nous placerons la Cfirte frontière annexée à la
dernière convention pour nos limites sur le Rhin, re-
marquable pour la beauté d'exécution comme pour la
grandeur : cette carte n'a pas moins de g mètres; en-
suite une nouvelle Carte des chemins de fer et des canaux
d'Angleterre^ une carte semblable pour la Pensylvanie,
la Ckirte des bateaux à vapeur atlantiques y de Wild, 1 84* ;
(6i7 )
une Carte générale de la navigation h vapeur^ par Mogg,
1 84 1 ; Isi Carte ecclésiastique de la Bavière et celle du du-
ché de Schleswig; l* Europe ethnographique , 1" carie
de Tatlas ethnographique de M. Oher Muller.
Parmi les caries ethnographiques» slatisiiques et
administratives » la collection a reçu 8 cartes frontiè-
res offertes en don à la Bibliothèque royale par
H. Albert Gallatin ( l'ancien ministre plénipotentiaire
des États-Unis en France), et relatives aux limites
disputées entre la république et la Grande-Breta-
gne; deux cartes dressées par notre administration
des postes» nécessaire pour ce service, qui est de*
venu colossal; une Carte des anciennes Jtvntières de
la république française ^ en sg feuilles; il faut surtout
faire mention de deux Cartes commerciales et agricoles
sur rinde, en 1 4 feuilles , faites à Calcutta par M. Tas-
sin; Tune pour la culture de l'indigo, du sucre et de
la soie, l'autre pour la culture du thé dans l'Assam
supérieur; enfin , de la carte ecclésiastique de Bavière ,
par G. Mayr , i8/|i.
V. Les caries historiques et la géographie ancienne
comptent principalement V Atlas historique de la Hel-
ladeet des colonies helléniques, en s4 feuilles, par
H. Kiepert, Berlin , 1841 ; deux Cartes du théâtre ac-
tuel de la guerre dans l^ Afghanistan , la 5* partie
de l'édition de Ptolémée, par Wilberg et Grashof ,
184s. Cette branche comprend les voyages nouveaux,
ou anciens, accompagnés de cartes qu'on ne pourrait
se procurer séparément. Nous citerons un Voyage en
Romélicy en 3 volumes; un Voyage de Kachemire , par
Vigne.
Il faut ajouter, pour les cartes des voyages, les
cartes historiques et le théâtre de la guerre, 1* un
XVIII. DÊGEMBRS. l5. 4o
( 6t8 )
assez grand nombre de voyages avec cartes anciennes
et modernes, tels que les voyages de Valentia, Sait,
Mungo-Park , etc. , dans Tlnde , en Abyssinie , dans la
Sénégambie , etc. • les derniers voyages à l'Oural , les
voyages dans l'Afrique supérieure ; le voyage du capi-
taine de la marine égyptienne Sélim à la recherche des
sources du fleuve Blanc; le théâtre de la guerre actuelle
en Chine et au nord- ouest de Tlnde. A cette branche
se rapportent trois grandes cartes originales manus-
crites, d'un beau travail, exécutées à Malte même
en Tan vu et Tan viii, pendant Toccupalion françabe,
et qui font voir la position des assiégeants , à Malte et à
Goze ; dans la géographie ancienne , l'édition de la
table de Peutinger par Ratansick , publiée à Bude.
Une sixième branche embrasse les pièces qui n'en-
trent pas dans les divisions précédentes; ces diiTé-
renlcs espèces de productions géographiques consis-
tent dans des cartes d*une espèce particulière , telles
que V Atlas typographique de M. Raffelsberg de Vienne,
tout à-fait remarquables pour l'exécution et la netteté ,
pouvant s imprimer en toutes sortes de langues (i) ;
les dictionnaires et les catalogues géographiques; les
recueils périodiques consacrés à la géographie et aux
cartes, etc. Cette partie s'est enrichie de la Géographie
statistique du duché de Saxe*Altenburg, parFrommelt»
du Dictionnaire du grand-duché de Bade, les 9 pre-
mières livraisons par Huhn, 1841* Le dictionnaire géo-
graphique publié par M. Edouard Biot mérite une men-
tion toute spéciale ; c*esl un ouvrage neuf en son genre
et dont le mérite est bien au-dessus de celui de Tà-pro
pos. L'utilité des dictionnaires spéciaux mérite qu'on
(1] M. F. Didot avait donné une carte typo(vraphiqae de la France
il y n trente ans. Cet essai n*a pas eu de suite. Ou en conoait quire*
01 uni en t au \vi« sicile
(6>9)
leur donne ici le premier rang; nous mentionnerons
le Dictionnaire géographique» topographique, etc.,
de la Bavière» par Seibert» Munich, i84o; un autre
d'Eisenmann , Erlangen , 1 84o , a vol. ; le Diction-
naire de la Souabe, Ulm, ]84o, a vol.; le duché
de Styrie, Leipzig, in-S*", i84o; le Dictionnaire géo-
graphique et historique de Bretagne, par Ogée ; le
Dictionnaire maritime espagnol ; le Dictionnaire des
Deux-Siciles, parRepetti; d'autres Dictionnaires géo-
graphiques et statistiques des Deux-Siciles« par Mas-
triani , et par Ortolani; le Dictionnaire topographique
de l'Irlande, par Lewis, iSSy, 2 vol. in-4«, et un
allas.
Il parait en Allemagne , depuis quelque temps , un
journal de géographie , intitulé : ZeUschnft der Erd^
kunde, etc., par M. Ludde, et le Kartenfreund ; les
Annales de Berghaus so continuent à Breslau. Les
Sociétés géographiques de Londres et de Berlin con-
tinuent leurs recueils périodiques; on attend toutefois
la suite du tome XI du journal de la première. Des ou-
vrages dogmatiques ont paru aussi en Allemagne, cette
terre classique de la géographie (car ce titre lui appar-
tient légitimement) ; c'est, par exemple, Touvrage inti-
tulé: Die Melhodik der Erdkunde ^ par M. Ludde y in-8'',
i84a. — Une des premières places appartient aux ^/e-
ments de géographie de H. Berghaus ^ embrassant en 5
livres toutes les branches de la science ; 7 livraisons
ont paru ; l'ouvrage en contiendra 9 ou 10; la géogra-
phie mathématique et la géographie physique y sont
traitées avec développement. Citons encore la Russie,
par Th. Bulgarin, renfermant une partie historique et
une partie de géographie statistique , 4 volumes ; le Ma*
nuel de statistique universelle , de W. Schubert, dont
â volumes ont déjà paru à Koenigsberg; la Statis-
( fiso )
ligue des Étais autrichiens , par Springer » Vienne ,
1840; l'Afrique de Dapper, et un assez grand nom-
bre de descriptions qui » bien qu'anciennes » ont
encore du prix ppur l'histoire de la science; des
traités scientifiques, tels que le Système de géogra-
phie ancienne et moderne de Playfair; le Catalogue
des cartes et ouvrages de géographie faisant partie
des diverses bibliothèques de la marine , formant le
troisième volume du Catalogue général. On a acquis
5i8 cartes manuscrites ou imprimées de la collection
qu'avait formée le général du génie Valazé , et encore
des cartes manuscrites fort curieuses , faites pour
Louis XV, et qui représentent Marly et Saint-Germain
à cette époque : Tezécution précieuse de ces cartes en
fait de véritables miniatures, des chefs-d'œuvre de
dessin.
On a lieu d'espérer qu'indépendamment des fonds
modiques affectés annuellement à la collection de la
Bibliothèque , des dons généreux viendront Taccroitre
gratuitement , et hâteront le moment où elle pourra
rendre de réels services. Plus le temps s'écoule , plus
on regrette vivement que l'on ne donne pas une impul-
sion plus grande et plus rapide à une institution dont
l'utililé ne pouvait se contester en aucun temps , el qui
est devenue d'une nécessité indispensable. N'est-41 pas,
en effet, urgent d'avoir un dépôt central et complet des
productions et des notions géographiques, aujourd'hui
surtout que la solution des questions d'administration
publique repose en grande partie sur la connaissance
exacte du sol, de sa configuration , de son relief, de
ses productions et de sa population ? Ne voit-on pas
que le défaut d'instruction géographique est ce qui a
retardé le plus les progrès de notre commerce ; que la
prospérité commerciale de l'Angleterre a crû en raison
(6«i )
de rexlension des connaissances , enfin que Tcsprit
de découverles ne peut prendre son essor que par le
progrès des études? II est tecùps de Consacrer à la col-
lection de la Bibliothèque royale des ressources plus
étendues, et un local digne, convenable, c'est-à-dire
vaste et commode, pour que Idpdblio puisse jouir des
richesses qui y sont déjà rassemblées.
CoMPTE-B£if DU (les Recettes et (les Dépenses de la Société
pendant Vexercice 1841*1842.
Recettes.
Reliquat du compte de 1840-1841 ;
intérêts des fonds placés ; souscription
du Roi; renouvellement des souscrip-
tions annuelles et produit des diplô-
mes délivrés aux nouveaux mem-
bres ; vente du Recueil des Mémoires
cl du Bulletin 10,612' S;**
Dépenses.
Frais d'agence, d'administration ,
de loyer; impression du Bulletin et
gravure des planches ; médailles dé-
cernées en 1849 8,49^ 87
En caisse le 3o décembre 1 84 1 • 2,119 7^
Plus, une inscription de 600 fr. de
rente 5 p. 100.
Certifié par le Trésorier de la Société et approuvé par
r /Issemblée générale.
Signé Ghapellieb.
Paris , le 3o décembre 1842.
( 6aa )
DEUXIEME SECTION.
^«
Actes de la Société.
»
EXTRAIT DES PROCÈS- VERBAUX DES SÉANCES.
PRÉSIDBNCB DB M. JOMiED.
Séance du a décembre i84s«
Le procès-verbal de la dernière séance est lu el
adopté.
M. Casimir Guérin adresse ses remerciements à
la Société , qui vient de l'admettre au nombre de ses
membres.
M. Peter Waren Dease écrit de Montréal , le aS oc-
tobre i84< , pour remercier la Société de la médaille
d'argent qu'elle a bien voulu lui décerner ainsi qu'à
son infortuné compagnon de voyage M. Simpson pour
leurs découvertes dans les mers arctiques. M* Dease a
reçu avec la plus vive reconnaissance cette honorable
marque de distinction , et les suffrages de la Société
sont pour lui la plus précieuse récompense des tra-
vaux et des fatigues de sa périlleuse exploration.
M. de Barruel-Beauvert écrit à la Société pour lui
annoncer son prochain départ pour l'Amérique cen-
trale, où il se rend avec une mission du Muséum
d'histoire naturelle , et aussi avec la qualité de direc-
teur de deux établissements agricoles situés dans les
États de Gostarica et de Nicaragua. M. de Barruel
offre son concours actif à la Société, et promet de lui
( 625 )
fournil' des rcnseigncmci>4s géographiques , histori-
ques et archéologiques sur cette partie du Nouveau-
Monde placée entre la Colombie et le Mexique, la mer
du Sud et la mer des Antilles. La Commission centrale
accepte avec empressement les offres de M. de Bnr-
reul , et lui vote des remerciements.
M. le général de Tcheffkine^ chef d'état-major du
corps des ingénieurs des mines en Russie» adresse à la
Société, par ordre de S. £. le comte de Cancrine ^ mi-
nistre des finances, un exemplaire de Y Annuaire magné^
tique et météorologique^ publié par l'administration
impériale des mines.
. M. le comte de Gr&berg de Hemso adresse à la So-
ciété deux opuscules; le premier en son nom , sous le
lilre de : Degli ultimi progessi délia geografm pour 1 84 1 »
et le second , au nom de M. Ranuzzi, sous le titre de :
Intomo allô stato attualle délie nostre cognizioni orogra^
fiche»
MM. Adrien Cochelet et d'Avezac font hommage à la
Société pour sa bibliothèque^ le premier du Diario his"
torico del ultimo viage que hizo M* de la Sale para des-
cubrir el desembocade/v y curso del Missicipi; le second
d'un exemplaire de V Histoire de la grande ile Madagas*
car , composée par le sieur de Flacourt,
M. le Président offre, de la part de M. Gaultier
d'Arc , une vue des lies Columbrettes.
La Commission centrale vote des remerciements aux
donateurs , et ordonne le dépôt de leurs ouvrages à la
bibliothèque.
M» Jomard donne communication de trois lettres
qu'il a nouvellement reçues au sujet du second voyage
de Selim Bimbachi à la découverte des sources du
Bahr-el-Abiad. La première est de M. d'Arnaud , le
voyageur français qui accompagnait rexpédtUon »
( 6a4 )
ainsi que M. Sabatier; la deuxième de M. Gaultier
d*Arc, consul-général de France en Egypte; la troi-
sième de M. le D' Perron, orientaliste» directeur de
l'école médicale du Caire. Il ajoute quelques obserra^
lions sur les résultats de cette expédilion, qui a atteint
le 4** degré 4^' ^^ latitude N. , sans qu'on ait aperça
les montagnes de la Lune , et qui a fait découvrir des
peuplades remarquables sous le rapport des races •
des mœurs et des usages. La môme lettre annonce que
MM. Feret et Galinier» oiBciers d'état*major envoyés
en Abyssinie par le gouvernement français, sont de
retour au Caire depuis quelques jours; ils ont rempli
complètement la mission dont ils étaient chargés.
M. Blondeel Van Cuellebroecke , consul belge, en-
voyé aussi en Abyssinie par son gouvernement , et qui
y éiait entré par Moussava , est revenu en même temps
que M. d'Arnaud. M. le D' Perron annonce également
le relour de M. Thibaut , chargé d'une mission par le
vice-roi. M. Thibaut, qui a voyagé chez les Schlouks
et chez d'autres peuplades voisines , est un homme
précieux pour les voyages dans ces contrées éloignées.
Enfin , M. Bell , jeune Anglais , qui a couru les plus
grands dangers en Abyssinie , est aussi de retour au
Caire. Ces diverses communications sont renvoyées au
comité du Bulletin.
M. Jomard annonce qu'il a fait une Notice sur les
nouvelles cartes en relief de M. Baucr Keller et sur les
tartes- rdief en général : le temps ne permet pas d'en
donner lecture.
M. de la Roquette lit pour M.le colonel Corabceof la
première partie d'un rapport sur la nouvelle carte to-
pographique des États continentaux de S. M. le roi de
Sardaigne, publiée, sous la direclion de M.le général
chevalier de Suluces, par le corps royal d'état-major
( CaS )
sarde. Renvoi de ce rapport au comité du Bulletin.
Le même membre exprime le désir de voir les cor-
respondants donner plus d'activité à leurs relations
avec la Société. On demande qu'il leur soit adressé à
cet effet une circulaire. La proposition est adoptée.
La Commission centrale décide , sur la proposition
de M. le Président, que Téloge de M. le contre-amiral
d'Urville sera prononcé dans la séance générale du
mois de mars prochain.
Il est rendu compte de Tétat de la souscription au
monument ; elle s'élève au présent jour à la somme de
4,81 5 fr. 5o cent.
M. le Président annonce que le Bureau s'occupe
de la séance générale qui doit avoir lieu dans le cou-
rant de décembre , sous la présidence de M. le minis-
tre de l'agricullure et du commerce. Outre le discours
d'ouverture de M. le Président et la Notice annuelle
des travaux de la Société et des progrès de la géogra-
phie par M. de la Roquette , plusieurs voyageurs se
proposent de faire des communications. M. Duflot de
Mofras , entre autres , lira un fragment de son voyage
en Californie , au Rio Colombia et sur la cdle nord-
ouest de l'Amérique.
Séance du i& décembre 1842.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
M. le baron de Derfelden de Hinderstein écrit h la
Société pour lui annoncer l'envoi des feuilles 4 et 8
de sa carte des Indes orientales. Les feuilles 5 et 6» qui
compléteront ce grand travail, seront publiées inces-
samment.
M. Jomard met sous les yeux de l'assemblée une es-
quisse de carte qu'il a tracée pour aider à suivre les
( 6 0 )
deux premiers voyages du capitaine de frégate égyp-
tien Selim Bimbachi à la découverte des sources du
Nil ; il rappelle que deux voyageurs français, M. d*Ar-
naud et M. L. Sabatier » étaient associés au second
voyage , et qu'ils en ont rapporté des observations géo-
graphiques pleines d'intérêt.
Le même membre présente deux documents qui lui
ont été adressés du Caire par M. Chedufau, ancien
médecin eu cbef de l'armée égyptienne en Arabie ;
l'un est une carte de l'Acyr et d*une partie de l'IIed-
jar, dressée, d'après les matériaux de M. Cbedufau.
par MM. Galinier et Feret , officiers d'état-major;
l'autre un Mémoire succinct sur la construction de la
carte, avec des observations sur les provinces de l'Ara-
bie qui y sont comprises. Il lit ensuite la traduction
faite par M. Fresnel d'un conte galla, avec des réflexions
de l'auteur sur les métamorphoses éthiopiennes. Ces
diverses communications sont renvoyées au comité du
Bullelin.
M. le Président appelle ensuite l'attention de la
Commission centrale sur la nécessité de s'occuper en*
fin d'ane table des matières pour la collection du Bul-
letin. Ce recueil périodique se compose aujourd'hui, en
effet, de 38 volumes qui renferment de très nombreux
et précieux documents, presque perdus aujourd'hui
faute de répertoire , et il demande que l'exécution de
cette table soit adoptée en principe , et que la ques-
tion soit renvoyée au comité du Bulletin pour propo-
ser le mode à suivre. Cette proposition , vivement ap-
puyée par plusieurs membres, est adoptée à l'unani-
mité.
La souscription au monument d^Urville, dont il est
rendu compte par M. le Président, s'élève aujourd'hui
à la somme de ^,{,00 h\ 5o cent.
( 627 )
M. Duflot de Mofras donne lecture d*un fragment de
son voyage en Californie , qu'il destine pour rassem-
blée générale du 3o décembre.
M. le Président annonce que M. Gay a préparé pour
la séance générale une Notice sur son dernier voyage
au Chili et à Cusco.
Assemblée générale du 3o décembre 1842.
. La Société de géographie a tenu sa deuiièrae as-
semblée générale annuelle le vendredi 3o décem-
bre 18429 à llIôtel-de-Ville , sous la présidence de
M. Gunin Gridaine. ministre de l'agriculture et du com-
merce. L'assemblée comptait un grand nombre de sa-
vants et de personnages du distinction» entre autres
M. le baron Van der Cappellen, ancien gouverntnir-
général des Indes néerlandaises, et plusieurs consuls
français et étrangers. On y remarquait aussi la fille du
célèbre géographe major Rennell, lady Rood, qui a
publié de nouvelles éditions des ouvrages de son père ,
ainsi que ses œuvres inédiles.
M. le Président a ouvert la séance, et dans un dis-
cours écouté avec une vive attention , il a considéré la
géographie dans ses rapports avec la prospérité de nos
relations politiques et commerciales, et avec les pro-
grès de la civilisation. M. le ministre s'est félicité de
pouvoir seconder les efforts de la Société pour le pro-
grès des découvertes , en appelant l'attention du gou-
vernement sur ses utiles travaux , et entre aulres sur
la publication du Dictionnaire et de la grammaire
berbère de Venture.
M. le secrétaire a lu le procès-verbal de la dernière
assemblée générale, et a donné communication de la
liste des cartes et des ouvrages offerts à la Société.
( 62S )
M. FcnliaanJ Denis, l'un des conservateurs de la
bibliothèque Sainte-Geoefiève, écrit à la Société pour
lui faire hommage du buste do l'Infant D. Henrique,
qui a contribué si puissamment à l'accroissement des
connaissances géographiques. Ce buste a été fait par
Tun de nos habiles statuaires , M. Jules Droz» diaprés
une miniature du xv' siècle» placée en tète d'un ma-
nuscrit portugais que M. Ferdinand Denis a signalé le
premipr à l'attention des amis de la science.
M. Jomard a présenté le fac-similé d'uo globe ter-
restre conservé à Francfort , et qu'il a trouvé dans la
bibliothèque de cette ville. Ce fac-^timile forme les
planches i5 et 16 de sa collection des Monumentt de
la géogtxiphie,
H. le Président proclame les noms des nouveaux
membres admis dans la Société depuis la dernière as-
semblée générale.
M. de la Roquette , vice-président de la Commission
centrale» faisant fonctions de secrétaire «général en
l'absence de M. Berthelot , a lu quelques fragments
de la Notice annuelle des travaux de la Société et des
progrès des sciences géographiques pendant Tannée
1849. Les importantes communications annoncées
dans Tordre du jour ne permettant pas de lire en entier
la partie du rapport consacrée au progrès des sciences
géographiques » M. de la Roquette expose le plan de
son travail» et se borne à faire connaitre par d'in-
téressantes Notices. les pertes que la Société et la
science ont eues à déplorer cette année , et à présen-
ter un résumé succinct des travaux de la Société. Le
reste de son travail est réservé pour l'impression.
M. Duflot de Mofras a lu un fragment de son voyage
en Californie» au Rio Colombia et sur la c6tc N.-O.
de TAniérique; et M. Gay , arrivé à Paris depuis quel-
(6.9)
ques jours, a lu un fragment de son voyage au Chili,
à Cusco et dans les contrées voisines. Ces importan-
tes communicalions ont été accueillies par l'assemblée
avec le plus vif intérêt.
L'heure avancée n'a pas permis à MM. Lafond et
Tbomassy de lire les Notices qu'ils avaient préparées ,
le premier sur Tongatabo'u et les lies des Navigateurs ;
le second sur les caravanes et les pèlerinages de l'Afri-
que septentrionale.
M. Chapellier, trésorier de la Société , a présenté le
compte-rendu des recettes et des dépenses de la So-
ciété pendant le dernier exercice.
L'assemblée avait à procéder à l'élection de deux
membres de la Commission centrale en remplacement
de MM. le contre-amiral d'Urville et Edwards ; elle a
nommé au scrutin M. Thomassy à la première place.
MM. Cortamberg, Couthaud, Desjardin et de Frober-
ville ayant obtenu le même nombre de suffrages , la
seconde place a été réservée au plus âgé de ces quatre
candidats.
La séance a été levée à lo heures.
MEMBBES ADMIS DANS LA SOCIÉTÉ.
Séance du i6 décembre i84a-
M. Laurt, ingénieur.
Séance générale du io décembre*
M. Jean Mallat, médecin de l'hôpital de Saint-
Jean-de-Dieu de Manille (Philippines).
( 63o )
OUVRAGES, CARTES, etc ,
OFFERTS A Là. SOCIÉTÉ.
pendant le second semestre de Vannée 1 84 s ( i ) .
EUROPE.
OCVRAGES.
TirnES. DONATEURS.
Statistica (générale délia re{pa, Città c Provincia di
Milano, compilata da G. Salari. i vol. in-fol. M. G. Salari.
Fragments de Statistique administrative sur l'ar-
rondissement de Savenay (Loire-Inférieure).
In-8% i835. M. Darttey.
Recherches sur rori(>;ine des peuples du nord et
de l'occident de 1 liurope. In-S'^, 1 889 ... Le même.
Die sporailen In$«t Sikinos ein Beitraj^ zur heU
lenischen Âiterthumskunde. In-8<^, 1839. . . M. Reiogauam.
Utreclit et ses beaux environs; coup d*œil sur les
particularités de celte ville et delà province,
par M. Van der Monde, ivol. m-ia. . . . M. le baron de Dcr-
felden de (iin-
dcrstein.
Guide universel de l'étranger à Paris, ou nou-
veau Tableau de cette capitale. Paris, i843;
1 vol in- 18 M. A. MoDtémont.
Statistique de la France, publiée par le Ministre
de l'Agriculture et du commerce. Territoire et
population, i vol.; Commerce extérieur, i vol.;
Agriculture, \q\. i à 5. Pariîi , 1837-1842,
7 vol. in-fol M. le Alinistre de
rAgr.etduCom.
Voynges piltoiesques et romantiques dans l'an-
cienne France, par MM. Charles Nodier, Tay-
lor et de Cailleux. Picardie, 73^ à 83e livraison. M. le Ministre des
Affaires étraiig-
Motice géographique sur Archangel. (Extrait de la
France maritime,) Brochure in-4 M. Eugène Robert.
Voyage de M. le vicomte R. Angles à Archangel.
Brochure in-8 M. de Froberville.
CARTES.
Caite géologique d'une partie de la Servie et de
TAIbanie, dressée par le colonel Lapie^ d'après
(1) Il m'a paru utile de réunir & la fia du Bulletin, qui est en même temps relie
du volume , tous les oUTruges , cartes, etc. .oITcitsà la Socie'tc pendant le conn
du socoud semestre do I81i. en lc& divi^uut mctbodiqucmcul diaprés le plan que
fui 8ui%i dans mon r^ppuit. D. L. R.
{G3i )
TITHES. nONAlF.l'hS.
les rens(i{jncments recueillis en i836 et iS38
par M. Vise|uenel. l feuille M. Visqiicnel.
Carte des Ëopes de Fronce, publiée par ordre de
M. le Minisitre de la Guerre et gravée au dé-
pôt delà G«rerre. 2 feuilles, 1 84a M. Rcvel.
Mappa geographica alm» diocesis Weszprimien-
sis per indytos comitatus Weszprim, Siini{jh et
Zala. Extenss atque in qninque archidiaco-
natus et octodecim districtus divisae. Astrono-
micis observa ttonibu s et tri{];onotnetricis operi-
bus superstructa. Anno MDCCCXLI. Opéra Sté-
phanie Viser. Pestini, bth. J. Watzinger^
2 feuilles M. Viser.
Carte particulière des côtes de France, partie com-
prise entre les roches de Porsal et Pontusval. . M. le Ministre de
la marine.
Plan de l'Abervrach et de ses environs. ... Le même.
Carie particulière des côtes de France , partie
comprise entre Pontusval et l'île de Bas. . . Le même.
Carte particulière des côtes de France, paitie
comprise entre Tile Grande et les Heaui . Le même.
Plan des rades de Brusr, de Bandol et du poit
de Saint-Nazaire Le même.
Plan de la rade de Bormes et du mouillage du
Lavandou Le même.
Plin du mouillage de Cavalaire Le même.
Département du Nord ( extrait de la Carte topo-
graphique de la France, levée parles officiers
de 1 état-major, et gravée au dépôt général de la
guerre, sous la direction de M. le lieutenant-
général baron Pelet). Paris, i84o, 4 feuilles . M. le Ministre de
la Guerre.
Département des Ardennes (extrait, etc.). Pa-
lis, i84() 4 feuilles Le même.
Départementde la Seine-Inférieure (extrait, etc.).
Paris, 184 1) 4 f^"^'^^^ Le même.
Département du Doubs (extrait, etc.). Paris,
1841 9 6 feuilles Le même.
Carte physique, administrative et routière de la
Suisse. Paris, 1842,1 feuille M. Duvoten«iy.
ASIE.
OUVRAGES.
Almannch de Pondichéry pour les années i838 et
1839. 2 vol. in-8 M. Constant Sicé.
Annuaire statistique des établissements français
dans rinde pour 1840. I vol. in-8 Le même.
Mémoire sur la chronologie de l'histoire des Ja-
ponais, et sur l'époque de la fondation de Mad-
japahit. Brochure in'4 M. le baron Walc-
keuacr.
( <>3» )
TITRFS. DOSATECRS.
Exercices pratiques d'analyse, de syntaxe et Je
lexigrnphie chinoise, i vol. in-8 M. Stanislas Julieo*
Voyage en Crimée, au Caucase, en Arménie, et
Ail.is. i6% 17* et 18' livraison, 184 a; tomeV.
Paris, 1843 M. Dubois de Mont-
péreux.
Geographical and slatistical Memoir of ihc Kon-
kun. The revenue and land tennres considered
vvitli référence to iheir first institaiion and pré-
sent working. Calcutta, i84o, I vol. in-8. . . M. le majorJervis.
Contributions lo ilie Statislics of Western-India.
Extracted from a Memoir of the Konkun. Drawn
upby major Jervisin 1823 — i83o. Brocb. in-8. Le même.
Prize essaya on the condition of hindu females ,
by Ilari'Kesavaji and DaDoba Pa'nduran{j,witb
an introductory notice by the rev. doctor Ste-
venson. Brochure in-8 Le métne.
Il Se{];istan ovvero il corso del fiume Hindmend
sccondo Abu Ishak-el-Farssi-el-Isslacbri , çeo-
grafo arabo (Edizione fuori del commercio).
Milano 1842, brochure in-4 M. Malini.
yindiciœ Sinicœ. Dernière réponse a M. Stanislas
Julien ; suivie d un parallèle de sa nouvelle tra-
duction du Lao-tseu, avec une traduction pré-
cédente par M. Pauthier. Paris, 184^, i vol.
in-8 *M. Pauthier.
Voyage en Orient , par M. Léon de Laborde. 1 2*
livraison M. le ministre de
rinstruct. publ.
Description do TAsie-Mineure , par M. Charles
Texier. a3* et a4' livraison . Le même.
L'Afghanistan , ou Description géographique du
pays théâtre de la guerre, accompagnée de
détails sur les tribus de ces contrées, leurs
mœurs, leurs usaf;es , etc. , par N. Perrin. Paris,
184a > I vol. in-8, avec une carte M»» veuve Arthns
Bertrand.
CAIITES.
New and improvedMap of various roules between
Europe and India, comprehending weat-
tcrn and northem Asia ; together with Asia-
Minor and Egypt. Calcutta, i834i 4 ^''^uil'^s* • M. Tassin.
'Map of the north frontier of British India, in-
cluding the protected Sikh stales, Lahore,
Cashmeer, Cabul, Herat, Candahar,Shikarpore,
and Bhawolpore ; together with Sinde and Raj-
pootana, the Indus river and part of Beloo-
chi>itan. Calcutta, i838, 4 feuilles Le même.
Map of Upper Assam, comprising the districts of
.loorhat, Lukimpore and Sudiya, shewing the
tea tracts y discovered by C, A. Bruce; aiso
( 633 ;
TITniS. DOSIATBUB8.
f.
the roads proposed to be opened fram Sudiya
to iheBooree DiYiing. Calcula, 1839. 3 feailles. M. Tas«in.
Mdp of Gasterii Asia romprising China, parti of
Tibet and Mon(rolia , Bootan , Assam , Baima
and Eastern Binga! ; together with Anain , Cam-
bodia,Siain,Laos, ihe Malay Peninsula and the
Indian Archipelago. Calcutta , 1840; a feailles. Le même.
Hind bà Hindustfaan Ka. Nakské ( carte de Tlnde
im Indostani). Calcutta ; 6 feuilles Le même.
'. ' A new and iroproved Map of the provinces of
Bengal and Bebar, with Benares and adjoining
territories, exbibiting tbe district divisions, the
j.z civil and military stations and police thamas ,
and likewise the principal indigo, silk and
sugar Works. Calcutta ; 1 a feuilles Le même.
AFBIQUE.
OUVRAGES.
Annuaire algérien pour i84a (ia58 de FHégire),
f partie, 1 vol. in-8 M.Marcel.
Relation d'un voyage d'exploration au nord-est de
la colonie du cap de Bonne-Espérance , entre-
pris dans les mois de mars, avril et mai i836,
par MM. Arboussel et F. Daumas , mission-
naires de la Société de« missions évangéliques.
Paris, i84a, 1 vol. in-8, avec carte, vues et
costumes Société det misa.
ëvang. de Paris.
Histoire de la grande ile Madagascar, composée
par le sieur de Flaconrt. Troyes, :663, un vol.
in-8 M. d*Aveaac.
Premier voyage à la recherche des sources du
Bahr-el*Abiad ou Nil-Blanc, ordonne par Mo-
hammed-Aly, vice-roi d'Egypte, sous le com-
mandement du capitaine de frégate Selim-Bim-
bachi , broch. in-8. M. Jomard.
Des relations politiques e€ commerciales de la
France avec le Maroc (suite et fin), 1 voL in-8 . M. Thomassy.
CABTES.
Plan de la rade de Mogador, levé en 1840 par
MM. Prouhet et Jamin, sous la direction de M. le ministre de
M. Bouet la marine.
AMÉRIQUE.
OCVRAGtt.
Rapports présentés au congrès de Venesuela par
les Ministres de l'Intérieur, de rAgriculture,
de la Gufrre et de la Marine sur les diven ser^
ZVIII. DiCBMBRB. l6. I^\
( 654 )
TITRES. BORATECM.
▼ices de ces d<5parteineol8. Caracas, r843y 3
vol. ii}*8. (en espagnol) M. Berthelof.
Tableaux des Tribas iadiennes de rAmërique du
Nord. I vol. in-8 M. Gallatin.
Vues et Souvenirs de rAmëriqne du Nord» 4% ^9
6« et 7e et dernière livraiaonsy in-ful, . . . . M. de Casteloan.
Voyages autour du inonde et Naufrages eélèbres.
— Voyages dans les Amériques. Paria, 1 843^
1'% a«, 3* et 4* livraisons. . * M. Gabriel Lafon.
Diario historico del ultiino Viaje que hizo M. de
La Sale para descnbrir el desembocadero y
curso del Missicipi , por M. T. Joutel, tradu»
cido al espagnol poc cl coronel J. M. Tomd.
Nueva-York, 1 83 u i vol. in- 13 M* A. Coch«Jet.
Voyage dan» TAinérique septentrionale, et parti-
culièrement dans les territoires de la Floride,
du Ouisconsin et an Canada (extrait de la nou-
velle Bibliothèque des f^oyages). Brochure in-8. M. de Cast^lnao.
Notes sur Tattérissage du Rio delà Plata,. et sur
les différentes routes que Ton peut suivre pour
remonter ce fleuve jusqu'à Buenos- Ayres, par M. le Ministre de
M. N. Du Përier. Paris, 184^ , brochure in-8. la Marine.
Voyage dans rAmérique méridionale, par M. Al-
cide d'Orbigny , 60", 61* et 6a* livraisons* . . M. le Ministre de
rinstruct. pnbL
CAnTBS.
Mapa de la isia de Cuba y tierras circumvecinas,
segun la division de los naturales, con las dnr-
rotas que seguiô el almirante don Cristobal Co-
lon en sus descubrimientos por cstos mares , y
los primeros establecimientos de los Espagnoles,
para servir de ilustracion à su Historia antigna, M. Ramon dr la
pur D. José de la Torre y de la Torre. 1 feuille. Sagra.
Map of the disputes terri tory (Maine) reduced
from the original of M. Fealerstonhaugl and
Mudge, briiuh commissioners. 1839, 1 feuille. M. de Castelnau.
Map of the Louisiana. v feuille .Le même.
Carte des côte» septentrionales du Brésil depuis
Maranharo jusqu'à l'embouchure de la rivière M. le Ministre de
des Amaxones, dressée. par M. Daussy. . . • la Marine.
Carte d'une partie d'e l'archipel des €raIap;igos,
levée et dressée en i83B parM. deTessan. . Le même.
Gartedes Antilles, dressée par M. Keller . . . Le même.
Carte de l'Amérique mériaienafee, indiquant ses
différentes époques géologiques. Paris , 1842,
1 feuille M. Alcide d*0i4»»*
Carte générale de k répnblic|ae de Bolivia, dres- ({ny.
sée par M. d'Orbigny d'après les itinéraires re-
levés dans le cours des années i83o, 3i, 32
et 33. Paris, 1839; revue en 1842 et coloriée
géologiquement ; a feuilles L^mème.
( 655 )
TITHE*. DOaATBOM.
OCÉANIE.
CARTES.
Carte des ties Marquises ( archipel deMendana ou
Nou-ka-Kiva)y levée et dressée en i838 par
M. de Tessao M. le Ministre de
la Marine.
Carte des possessions néerlandaises dans le grand
archipel iadien. Feuilles 4 et 8 M. le baron de Der-
felden de Hin-
▼OTAGES DE cuGOMEiAviOATioa. «tersteîn.
Synopsis of the Gruise of the U. S. exploring
expédition , dnring«the jears 1 838, 39, 4^, 4'
and 1843; delivered betoie the national Insti-
tnte by its commander, Charles Wilkes. Was-
hington, 1843. Brochure in-89 avec une Carte
générale du voyage M. le colon. Poiu -
Voyage autour du monde sur la corvette la Bontto, sett.
Physique, par MM. Darondeau et Chevalier. —
Observations magnétiques, tome 1*% 1^ partie,
in-8. — Album historique^ par M. Lauvergne,
7e livraison. — Botanique^ par M. Ch. Gaudi-
chaud, 4* et 5* livraisons. — Zoologie^ par M. le Ministre de
M. Eydoux, 10* livraison la Marine.
Campagne de circumnavigation de la frégate
VArtémise; tome II, in-8 Le même.
Voyage au pôle sud et dans l'Océanie sur les cor-
vettes Y Astrolabe et la Zélée, — Histoire du
voyage, par M. Dumont-d*Urville , tome II.
ir« partie, in-8. — Atla» pittoresque^ 6* à 16* li-
vraisons. — Atlas d* Histoire naturelle ^ — Zoo^
iogie^ par MM. Hombron et Jacquinot, 3« 4* ^^
vraisons. Le même.
MÉLANGES.
Annuaire pour 1843 Bureau des longît.
Eléments ne Thistoire du genre humain, a* cahier,
géographie M. Daily*
Mémoires des Académies et Sociétés des sciences et
d'agriculture (suite) pour 1839, 1840, i84i,
de Dijon , Evreux , Versailles , Troyes , Rouen ,
Angers , Lons-le-Saulnier , Meanx.
Mémoires de la Société géologique de France ,
tome V, f* partie Société géologique
Nuovi elementi di geoerafia ecc. qutnto periodo de France.
di geographia secundo Tordine aegli studi eeo-
graBci che contiene lo studio elementare délia
geografia antica, 1 vol. in-8. Napoli, 1837. M. F. deLuca.
Istituûoni elementari di geografia naturale, topo-
grafica, astronomica, fisicae morale ordinale
con nuovometodo, in otto periodi, i vol. in-8.
Napoli, i838 Id.
( 636 )
TITKES. 'dO!(4TEI)BJ(.
Geometria piana, i toI. io-S. Napolî, i8i3. . . M. F. de Loea.
Geometrica analitica, analLsi a due coordinate,
I Tol. io-8. Napoli, i8i3 Id.
G^omelria analitica a duc coordinate , i vol. iii-8.
Napoli, i8i4 id.
Tri(^nometna piana analitica , i vol. ki-8. Na-
poli, i8i4 Id.
Insititazione pratica di a^riaiieiisora da sarrire p«r
1 istmzione popolare, i voL iQ-8. Napoli, i84o. Id.
NooveUes annales des voyage», jnin , juillet, août,
septembre , octobre , noTembre Auteurs et édil.
Journal asiatique, octobre Id.
Annales maritimes et coloniales, jnin, juillet»
août, septembre , octobre, novembre. ... Id.
Annales de la propa^tion de la foi , novembre. . IJ.
Annales des sciences géologiques, mai, juin,
juillet, août et septembre Id.
Journal d'éducation populaire, novembre. . . Id.
Recueil de la Société polytecbnic|ue , mai , juin ,
juillet, octobre Id.
Écho du monde savant. Six dernitrsmois de 1843. Id.
Heviftta triroensal de historia e geographia du Bré-
sil n» 1 3 Id.
Bulletin de la Société de géologie, tome XIII,
feuilles 17 à aa, 33 à a6; tome XII, feuilles
3aà 36 ..... Id.
Revue scientifique , juin , juillet , août, septem-
bre, octobre 9 novembre Id.
Revue de la Société polytechnique, juin. . . . Id.
Journal de l'Institut historique, juillet, août,
septembre, novembre Id.
Journal des Missions évangéliques, août, septem-
bre, octobre , novembre Id.
Mémorial encyclopédique, juin , septembre. . . Id.
Journal de la société asiatique de Londres, n" 1 3. Id.
Bulletin de la Société éconoinique des amis du
pays de Valence ^ n<>* 1 à 9 Id.
Notice historique sur la vie et les ouvrages de
M. le major Rennel. Id-4, i84a M. le baron Waic-
keoaer.
Notices historiques sur MM. de Les seps, par
M. de La Roquette (extraites de la Biographie
universelle). In-8 M. de La Roquette.
Notice historique sur Georges Du val de Leyrit,
par M. de La Roquette. In-8, 184a Le même.
Address to the royal geograpbical Society of Lon-
don at ihe anniversary nheeiiog (a3aiai i84a).
by W. R. Ha mil ton , préaide ut. • - ■ , . Société gcogr. de
Londres.
Ode sur U mort du duc d'Orléans M. Albert Mont<^
(637 )
T1TRB8. DORATEORS.
Hiskiry of ibe Huguenots from 1698 (o i838.
I ▼ol. in-8. Pari4, 1889 M. Browning.
Memorie délia reale Accademia del Scienu di
Torino, a* série, tume III, 1841 Âcad des Sciences.
de Tarin.
Traniuictions of the philosophical Society held at
Philadelphia, vol. VlII , ■'''partie Société philos, de
Philadelphie.
Scritti geografici, statistici e vari di Adriano
Baibi , raccolti ed ordinati per la prima voila
da Eugenio Balbi. 5 vol. în-12, 1841-1843. . M.AdriendeBalbi.
Observations sur le Motus muUicauUs^ et sur une
nouvelle espèce voisine , in-8 M. Perrotet.
Mémoires de V Académie des sciences de Berlin
pour 1840 (en allemand) Acadé. de Berlin.
Comptes- rendus dfs sé.mces de TAcadémie des
sdences de Berlin, de juillet i84i à juin 1843.
( en allemand ') La même.
Geschichte der Ërd und Làtiderabbildungen der
Alten bcHonders der Grienchen und Romer, i
vol. in-8, 1839 M. Reinganuni.
f ntersuchiingen iiber die geographischen Eiitdec-
kungen der Portu^esen unter Heinrich dem
seefahrer, ein Beitng znr Geschichte des see-
handels und der Géographie im Mittelaher.
Gôttingen, 1843 M. J.-E. Wappâns.
Records of ancient Science exemplified and au-
thenlicated in the primitive universal standard
of vreights and measures; communicated în an
essay transmitted to capt. H. Rater, by capt.
Jervis. Calcutta, i835; bioch. in-8 M. le major Jervis.
Second Bulletin of the procedings of the national
institution for the promotion of science, March
1841 to february 184^. Washington, 184a;
broch. in-8 avec 5 planches Institution nation.
de Washington.
Annuaire magnétique et météorologique du corps
des ingénieurs des mines de Russie, rédigé par
A.-T. Rupfer (année i84o). Saint-Pétersbourg,
i84a; I vol. in-4 S. E. le comte Cm -
crine.
Degli ultimi progressi délia geografia , sunto pre-
sentnto e leito in parte il di 18 settembre alla
reunione degli scienzati italiani tenuta in Fi-
renze. Milano, 1842; broch. in-8 M. le comte Gra»-
berg de Hein^.
Intorno allô stato attnafe délie nostre rognizioni
lorografirhe. Brorhun* in-8. . .... M. Ranuz/i
TABLE DES MATIÈRES
COVTBICU
DANS LE XVIir VOLUME DE LA 2* SERIE.
N« 103 à 108.
(Juillet à Décembre 1843.)
PREMIÈRE SECTION.
MiHOIBBS, B1TAAIT8» AHàLTSBS BT BAPPOBTS.
Fagct
Premier voyagea la recherche des sourc;e« do NiVBIanc ordonné
par S. A. Mohammed-Âiy , vice-roî d*Ëgypte.
Note prëliminaire , par M. Johabo. ' S
Journal da voyage par Selim Bimbacbi , capitaine de
frégate de la marine égyptienne 7
Extrait en ce qui concerne la «éographie du compte-rendu de
rAcadémie den sciences de Saint-Pétersbourg pour Tannée
1 84 1 9 psr M. Fust , secrétaire perpétuel ( communiqué par
M. Daosst) 3o
Notice sur les nouveaux établissements agricoles fondés au
Vénéxuela , par M. BenTaBLOT 37
Notice sur la Nouvelle-Zélande, suivie de remarques sur la hau-
teur des lames au cap Horn , par M. Eugène Robbrt. . . SS
Navigation du capitaine Becroft dans la rivière Formosa « le
Quorra ou Niger et le Vienx-Calebar. (P. D.) 60
Sur nie Fotana(Allou-Faton ou Horn. ) (P. D.) 61
Note sur l'inauguration du monument élevé à la mémoire de
René CailUé à Labadère ( Charente-Inférieure ). ( J— O. ) . 63
Note succincte sur la mappemonde de Hereford, publiée en
six grandes planches coloriées, fac-similé, i^* livraison des
MonumenU de la géographie ^ jaskT M. JoMànD 67
Premier voyage è la recherche des sources du Nil-Blanc or-
donné par Mohammed-Aly, vice-roi d*ÉgypCe (a* article). . 81
Notice de divers documents envoyés è la Société de géogra-
phie par M. le colonel Poibsbtt, ministre de la guerre aux
Étals-Unis , et par ÏASociéié philosophique de Philadelphie^
par M. Etbiès * 107
I. Négociations entre les États-Unis de l'Amérique sep-
tentrionale et le Mexique sur leurs limites respectives. 108
H. Territoire de l'Orégon. — Rapport du comité des af-
faires étrangères sur le territoire au-delà des monts
Rocky III
(639)
Travaux géographiques sur l'Oural. — Notice adressée à M. Jo-
tnard^ président de la Commission centrale, par M. J. db
Rhakikoff, conseiller de S. M. Tempereur de Russie. . . 12g
l'ays d*Atech, en Nubie. — Extrait d*uDe lettre adressée à
M. Jomard par M. Abtih-Bey i3.S
Notice sur le Groenland, suivie de réflexions sur la pèche de la
baleine et les jets d'eau que Ton voit au milieu des champs de
glace flottante , M. par le docteur Eugène Robert. . . . x38
Population des États-Unis en 1840, d'après le dénombrement
officiel fait en vertu d'un acte du Congrès ( communiquée par
M. Warokh) z44
Lettre de M. Lirart à M. Jomard sur les travaux de canalisa-
tion en Egypte. . 145
Note au sujet des travaux de canalisation dans la Haute-Egypte,
par M. Jomard i46
Extrait d'une lettre de M. Gauttibr d'Arc, consul-général de
France en Éypte, à M. Jomard^ sur l'Abyssinie , la latitude
d'Ankuber , et sur diverses découvertes archéologiques dans
la Biisse-Égypte - 148
Extrait d'une lettre de M. le docteur Clot-Bbt à M. Jomard
sur le barrage du Nil et le projet de canal des Deux Mers . 149
Premier voyage aux sources du Nil-Blanc ( 3* et dernier ar-
ticle) 161
Lettres de M. Antoine d'Abbadib à M. é^Avetae sur divers
points de géo^^raphie éthiopienne 186 et ao4
Noms de lieux sur la côte orientale d'Afrique depuis A'sab
(mer Rouge) jusqu'à Mozambique, recueillis par
M. A. d'Abbadib '..217
Commentaire du pilote arabe sur les noms de lieux de la
côte orientale a Afrique. (A. d'Abbadib) 226
Note sur les renseignements qui précèdent. ( A. d'Ab-
badib.) ' b33
Publication des résultats de Texpcdition amérieaine dans les
mers australes. ( Lettre de M. W.-B. Hgdgsoh à M. dA"
vezac. ) 236
Note de deux itinéraires de Charleston à Tallahassée Floride) ,
par M. le comte Francis de Gasi*blrau 241
Notice sur TKurope antique; extrait d'un ouvrage inédit inti-
tulé : Recherches sur C origine des peuples du nord et de tocci"
dent de V Europe , par M. Darttet 269
Correspondance et Mémoires d'un voyageur en Orient, par
M. Eugène Bore ( compte-rendu par M. Etriès ] 265
Carte ethnographique de l'Europe, par M. Ober Millier (^B.
DO B. ) 282
Note sur les cartes en relief de M. Bauer Keller ( B. du B. ) . 294
Dissertation géographique sur un passage de Constantin Por-
phyrogenète^ concernant les fleuves du Palus^Méotis , et
l'existence d'un second détroit nommé Bowiik^ donnant
issue aux eaux de la mer d'Azof dans la mer Noire, par
M. Guillaume Plate (communiqué par M. B. du B. ). . 3o5
Voyage en Abyssin ie.
Lettre de M. Antoine d'Abbadib k M. Jomard j sur les
ruines d'Adulis 333
( 64o )
Lettre de M. Antoine n Abbadie à M. dtAutzae sur divers
points de ^ographie éthiopienne 344
Note sur la lettre précédente, pnr M. étAvezae^ . . . 359
Second voyage à la découveite des sources du NiWBIanc.
Dbservations de M. Jom ard 367
1*" Lettre de M. D*ARVAtTD à M. /oman/ 376
a* Kxtrait d*une lettre de M. E. Gaottier n*ABC, conial-
({énéral de France en E(;ypte, au même 38o
3* Extrait d'une lettre de M. le docteur Pi-rror, directeur
de rÉcole de mëdecine du Caire, an même. . . . 383
DEUXIÈME SECTION.
âCTBS DE LA SOGIÉTi.
At9tmblée généruU du 3o décembre 184a.
Discours prononcé par M. GuiviR GaiDAiSBy ministre de Tagri-
culture et du commerce , président de la Société 393
Notice annuelle des travaux de la Société et du progrès des
sciences géographiques pendant Tannée i84a, par M. db
LA RoQUBTTS, vice-président de la Commission centrale.. 397
Compte-rendu des recettes et des dépenses de la Société pen-
dant Texercice i84i-i84a
Procès-verbaux des séances de la Commission centrale de
juillet à décembre. . . . 70, i5o, 338, 397, 385, et
Procès'verbal de rassemblée générale du 3o décembre i84*<
Membres admis dans la Société. . . 76, i55, 3o3, 390 et
Ouvages offerts à la Société i56, 3a3, 390, et
Liste des Souscripteurs au monument de M le contre-amiral
Dumont iTUrville. .... 77, 160, a4o, 39a, et
PLAHCaSS JOIRTBS AU l8* VOLUMB.
Plan du territoire entre Caracas , Victoria et le port de Maya ,
indiquant les localités propres aux établissements coloniaux. 37
Carte au Bosphore cimmérien et de Tile de Tamatarkha on
Taman , dressée pour riiitelligence du teste de Constintin
Porphyrogenète 3o5
riH DB LA TABLB DU l8* VOLmiX.